16/01/2017

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (14)

Nous poursuivons cette série d'articles consacrés aux communes composant la Wallonie picarde par la découverte de l'entité de Pecq

Pecq.

La commune de Pecq, située sur l'axe Tournai - Kortrijk (la N50), est distante d'environ neuf kilomètres de la cité des cinq clochers et de dix-sept de la cité des Eperons d'Or. 

Depuis la fusion des communes du 1er janvier 1977, les villages d'Esquelmes, Hérinnes, Obigies et Warcoing lui ont été rattachés.

Pecq et Esquelmes se trouvent sur la rive gauche de l'Escaut, Hérinnes et Obigies sur celle de droite.  

A Pecq, l'église Saint-Martin, située sur la place, est de style gothique tournaisien tardif, elle a été édifiée entre le XVème et le XVIème siècle. 

Pecq est la cité natale (en 1916) de Lucien Jardez, auteur patoisant reconnu et ancien Président de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

La particularité de cette commune réside dans le fait qu'elle est surtout connue par les activités des villages qui lui ont été rattachés.

Esquelmes, situé le long de l'Escaut, au milieu d'un paysage bucolique, possède une petite église dédiée à saint Eleuthère. Située au bout d'une allée arborée, entourée de son cimetière, elle est une des plus anciennes églises de Belgique. De style roman, elle date en effet du XIème siècle.

Le village d'Hérinnes, situé sur l'axe qui relie Tournai à Oudenaarde (via Escanaffles), est une localité principalement agricole. L'église Sainte-Aldegonde, de style roman, a été construite au milieu du XIXème siècle, elle est l'oeuvre de l'architecte tournaisien Justin Bruyenne. Dans le hameau de Léaucourt situé entre Hérinnes et Obligies, la "Maison de Léaucourt" est un lieu touristique, point de départ de belles balades guidées et d'animations pédagogiques consacrées à la découverte de la zone humide. La Maison de Léaucourt est située le long d'un ancien méandre de l'Escaut. La "Ventelle de Léaucourt" date de 1905 et a fonctionné jusqu'en 1953. Elle protégeait les localités des inondations provoquées par les débordements du fleuve. Elle a été restaurée en 1995. 

Le village d'Hérinnes est connu en Belgique et à l'étranger grâce à son "Brass Band". En 1861 fut fondée la fanfare "l'Union" d'Hérinnes. En 1977, sous la direction d'un jeune chef tournaisien ayant grandi à Warcoing, Edouard Elekan, elle adopta un large virage musical et devint le "Brass Band d'Hérinnes". Sous sa direction passionnée, le groupe musical donna de nombreux concerts en Belgique mais aussi au Grand-Duché de Luxembourg, en Allemagne, au Pays-Bas, en France et en Angleterre. Le chef se lia d'amitié avec le compositeur et arrangeur allemand Heinz Koldtiz qui vint régulièrement écouter l'orchestre et parfois même le diriger. Les prestations musicales du Brass Band d'Hérinnes furent gravées sur disques et sur CD. La télévision locale tournaisienne No Télé lui consacra un long documentaire et relaya même un concert donné à la Maison de la Culture de Tournai. En 2013, après plus de quarante années passées au service de la musique, ce chef que certains croyaient inamovible quitta brusquement le groupe et fut remplacé par Madame Aurélie Ducat. Les tensions apaisées, le Brass Band a poursuivi son petit bonhomme de chemin et fête, en 2017, ses 176 années d'existence.

Quel jeune (ou moins jeune) ne connaît pas le nom du village d'Obigies. Depuis plus de quarante ans, sa "Fête des Jeunes" organisée, chaque année à la mi-août, est le lieu de rendez-vous de milliers de fêtards durant quatre jours. Après avoir attiré des vedettes confirmées tel Carlos, Demis Roussos, les Charlots ... elle s'est transformée, il y a quelques années, pour devenue "l'Obigies Festival". Celui-ci propose, durant quatre jours, une suite de méga-concerts avec lasers et jeux de lumière animés par des D.J réputés venus de Belgique, de France et d'ailleurs. Le village est également connu pour sa "Fête du Géranium" qui a lieu chaque année, le premier week-end de mai. Après plus de vingt années d'existence, l'événement est cependant à la recherche d'un second souffle. 

Sur une colline appartenant à l'ancien domaine des Seigneurs de Crécy qui y vécurent au XIIIème siècle avant de venir s'installer au Saulchoir, se dresse le vestige de l'ancien moulin de Barbisart, détruit en partie lors du premier conflit mondial. 

A Warcoing, installé dans une maison de maître du XIXème siècle, le "Musée de Jules Jooris", du nom de son fondateur, est consacré à l'histoire de la vie dans les campagnes et permet au visiteur de se promener dans une salle de classe, un estaminet, d'une cuisine... le tout parfaitement reconstitué ainsi que de découvrir une salle des métiers. Le musée propose, en outre, des animations pédagogiques comme celle consacrée à la "chasse au Gaspi". 

Voici encore des dates à ajouter à l'agenda des festivités en Wallonie picarde.

(sources : site de Pecq et visites personnelles des lieux).

S.T. janvier 2017