07/02/2017

Tournai : le coeur de la Wallonie picarde (16)

Péruwelz.

Notre balade parmi les entités qui composent la Wallonie picarde, débutée il y a quelques semaines déjà, touche, peu à peu, à sa fin. 

L'entité de Péruwelz se trouve à moins d'une quinzaine de kilomètres à l'Est de la cité des cinq clochers. Elle regroupe les anciennes communes de Baugnies, Bonsecours, Braffe, Brasménil, Bury, Callenelle, Péruwelz, Roucourt, Wasmes-Audemetz-Briffoeil et Wiers. Située le long de la frontière française, elle est voisine des villages de Flines-les-Mortagnes, Hergnies, Vieux-Condé et Condé-sur-Escaut (F). Elle est jumelée avec les communes françaises de Paray-Vieille Poste, Jaunay-Clan et Revest du Brion ainsi qu'avec la commune américaine de Brewton. 

La ville de Péruwelz est connue pour ses très nombreuses sources. Un très grand nombre de personnes habitant de part et d'autre de la frontière vient souvent s'y approvisionner en eau (à la fontaine du parc communal, de la Ferté, Tanchou, de Jaunay-Clan, de Verquesies...). Toutes les sources ne sont cependant pas potables, des mesures sont régulièrement réalisées pour le vérifier.

Le lieu de rendez-vous des Péruwelziens est le parc Simon situé au centre de la ville et son kiosque de style Art-Nouveau. Le dernier week-end du mois de juillet s'y déroulent les fêtes de la Sainte-Anne au moment de la grande ducasse de la cité. 

En ville, on découvre le buste de Jean Absil, le compositeur et pédagogue qui y est né en 1893. C'est aussi dans cette ville qu'a vu le jour, en 1896, le peintre Jean Leroy.  

On passe presque sans s'en rendre compte de Péruwelz à Bon-Secours. Cette commune est située à un peu plus de deux kilomètres de la frontière française. Au bout d'une longue avenue, elle est dominée par son imposante basilique, lieu d'un pèlerinage marial qui a débuté au Moyen-Age au lieu-dit : "Notre-Dame-du-chêne-entre-deux-bois". La basilique actuelle a été érigée entre 1885 et 1892. De style néo-gothique, elle est l'oeuvre de l'architecte anversois François Baeckelmans. Elle représente le point culminant des plaines du Parc de l'Escaut. 

En mai de chaque année, la cité rend hommage à l'occasion du "Remember Day" aux libérateurs et en particulier au premier soldat américain ayant pénétré en territoire belge, William Carroll. 

Au mois d'août se dispute la "Course des Sources", une épreuve de 13 kilomètres qui a la particularité de voir la plupart des participants porter des déguisements originaux pour le plus grand plaisir des spectateurs tandis que les athlètes engagés se disputent la victoire. 

Le dernier dimanche de septembre a lieu "l'Fiête des Rigolos", à cette occasion dans un grand cortège, les géants locaux et invités sont de sortie. On peut y voir, notamment, le "P'tit Fernand", géant à l'image de Fernand Bachelard, dit le Géant Atlas, qui fit les beaux soirs des émissions de la télévision française au temps de Jean Nohain. Né à Templeuve (Tournai), Fernand Bachelard a tenu durant longtemps un café sur la place de Bon-Secours, au pied de la basilique (voir l'article que nous lui avons consacré dans ce blog au moyen de la case "Rechercher").

 

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La forêt domaniale de Bon-Secours s'étend sur plus de trois cents hectares sur le versant belge (jusqu'à la limite de Blaton) et plus de six cents hectares en territoire français. Un peu plus de cent hectares sont classés en zone "Natura 2000". Certains disent même qu'en joignant les bois privés situés à la limite de celle-ci, on arrive à près de mille deux cents hectares composés d'arbres remarquables. Divers circuits à pied, en VTT, à cheval et même un parcours aux cimes des arbres sont possibles à partir de la Maison du Parc naturel des plaines de l'Escaut, aussi appelée "Maison de la Forêt".  

Certains ignorent encore que le village de Callenelle abrite la firme Saluc spécialisée dans la réalisation des boules de billard. Avec 80 % de la production mondiale, elle est le leader incontesté pour la production et la vente des boules pour le billard et le snooker dans le monde. 

Chaque année, le village de Wiers vous convie, lors du week-end de la Pentecôte, aux festivités organisées par le club de football local. "Wiers Pentecôte" est le rendez-vous des bons vivants depuis plus de cinquante ans et son succès est toujours confirmé (tournois de football, festivités sous chapiteau, repas, bals, animations pour petits et grands et surtout... une bière qui coule à flots). C'est la fête au village par excellence !

La région de Péruwelz est connue pour ses nombreux crossages qui ont lieu au moment du Carnaval (voir l'article que nous avons consacré sur ce blog à ces manifestations). 

Les autres villages qui constituent l'entité de Péruwelz ont conservé un caractère rural et intemporel.  

Pour les amoureux de la nature et ceux qui aiment prendre un bon bol d'air pur, voici une région de Wallonie picarde qui va totalement répondre à leur attente.

(sources : site de la ville de Péruwelz - et visites personnelles, photo : presse locale).

S.T. février 2017.

14/12/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (10)

Certains lecteurs auront remarqué que l'ordre alphabétique de présentation des entités qui prévalait jusqu'alors n'a pas été respecté lors du dernier article paru dans cette rubrique, c'était simplement pour ne pas dissocier les trois entités appartenant au Pays des Collines. Nous partons à la découverte d'Enghien et d'Estaimpuis

Enghien.

La "cité d'Arenberg", comme on la surnomme, est située sur la Nationale 7 qui relie Tournai à Bruxelles. Elle est distante d'environ cinquante kilomètres de la cité des cinq clochers. Jadis, dans l'esprit de certaines personnes interrogées, la ville d'Enghien était avant tout considérée comme une cité-dortoir pour les navetteurs qui travaillent à Bruxelles. M'y rendant régulièrement, même s'il est vrai que de nombreux habitants prennent tous les jours le train pour rejoindre la capitale, voilà un avis outrancier que je ne peux partager car la ville renferme un très riche patrimoine et mérite qu'on s'y attarde. 

L'entité d'Enghien est composée, depuis la fusion des communes de 1976, des anciennes communes d'Enghien, Marcq, Petit-Enghien et Labliau.

La cité, fondée au XIème siècle par Englebert d'Enghien, longe la frontière linguistique et il n'est pas rare de passer de la Wallonie à la Flandre en promenant dans une de ses rues. Elle est de ce fait une commune à facilités linguistiques pour les néerlandophones, les deux communautés vivant en parfaite harmonie.

Au milieu de la place se dresse "l'église Saint-Nicolas" de style gothique dont certains vitraux modernes sont l'oeuvre du célèbre maître-verrier français Max Ingrand (1908-1919) à qui on doit également des vitraux de la cathédrale de Washington, ceux de la Basilique supérieure de l'église de l'Annonciation à Nazareth, de l'église Saint-Désir à Lisieux, la décoration du théâtre du Palais de Chaillot à Paris et la mise en valeur de bien d'autres lieux prestigieux... Au sein de l'édifice, la chapelle Notre-Dame de Messine possède un ancien retable, oeuvre d'un auteur inconnu, évoquant des épisodes de la vie de la Vierge. Je n'ai pas trouvé l'origine du lieu appelé "Porte à Loques" au sein de l'édifice.

Autre lieu religieux à découvrir "l'église des Capucins" datant du XVIIème siècle, en pierre et briques, elle mêle les différents styles : roman, gothique et Renaissance. Cet édifice a été construit par Eustache Heudebault de Templeuve à la demande de Charles d'Arenberg. 

Par les rues et ruelles, on partira également à la découverte du "Couvent des Augustins" et des très nombreuses maisons anciennes.  

Construite sur les fondations de l'ancien donjon des Seigneurs d'Enghien démoli en 1194, la "Maison Jonathas" a connu de nombreux usages au cours des siècles, elle servit notamment à un dépôt de peaux ou au stockage de tonneaux de brasserie. Restaurée en 1986, elle est depuis lors ouverte au public et abrite le musée de la tapisserie d'Enghien.

Enghien est surtout connue par "le domaine d'Arenberg" qui s'étend sur 182 hectares et a été créé par cette famille entre 1630 et 1665. Le château qu'on y découvre a été construit en 1913 par le baron Empain et est devenu propriété de la ville en 1986. Dans le parc, les vastes écuries abritent bien souvent des expositions, concerts et réceptions. Une imposante pièce d'eau invite à la flânerie et à la rêverie. Sur le point culminant du domaine s'élève le "Pavillon des Sept Etoiles", aussi appelé Temple d'Hercule, construit en 1650, il servait à l'origine d’observatoire astronomique.

Le parc d'Enghien et le château d'Enghien sont le théâtre de nombreuses manifestations dont la réputation dépasse les frontières.

En avril se déroule la "Foire de Jardin".

Au début du mois de juillet, le festival "Lasemo" attire des milliers de participants (23.000 en 2016) et propose un panel de spectacles  : cinéma de courts métrages, théâtre, arts circassiens, ateliers de contes, fanfares, gastronomie (20 foodtrucks), artisanat... et aussi trois scènes sur lesquelles se produisent de nombreux artistes, groupes et chanteurs originaires de Belgique et de l'étranger.

Durant la seconde quinzaine d'Août, le château résonne des accords des élèves des Masters Classes venus du monde entier pour participer aux "Rencontres Musicales internationales d'Enghien". En résidence durant deux semaines, de jeunes musiciens de haut-niveau suivent les conseils éclairés de professeurs renommés dans les domaines du chant et la musique. Un concert auquel le public est convié clôture la session.  

Le 4ème dimanche de juin, dans le cadre de la kermesse, se déroule la traditionnelle "Procession de la Saint-Jean", riche d'une trentaine de groupes. 

Dans le village de Marcq les visiteurs seront intéressés par la "Ferme Musée" située à proximité de l'église Saint-Martin, édifice religieux datant du XIIème siècle dont l'orgue figure sur la liste du patrimoine exceptionnel de la Région wallonne. La ferme du XVIIIème siècle qui forme un quadrilatère a été transformée en musée consacré à une rétrospective du monde agricole. Elle possède une importante collection d'outils, un atelier de menuiserie, une laiterie mais aussi, c'est plus surprenant, une collection d'objets datant des deux guerres mondiales  (casques, obus et même un moteur d'avion).

Du village de Petit-Enghien, on retiendra un fait qui marqua l'histoire du cyclisme belge et international : c'est là, en effet, qu'Eddy Merckx remporta sa toute première victoire.

Estaimpuis.

L'entité d'Estaimpuis est située entre Mouscron et Pecq à une quinzaine de kilomètres de Tournai. Depuis la fusion des communes, elles se compose des anciennes communes de Bailleul, Estaimbourg, Estaimpuis, Evregnies Leers-Nord, Néchin et Saint-Léger, le canal de l'Espierre, prolongement du canal de Roubaix, reliant la Deûle (France) à l'Escaut, la traverse. Estaimpuis, commune essentiellement agricole, offre la possibilité de nombreuses balades : le circuit des Censes, du Petit Trieux, la Leersoise, le circuit des deux Leers... Tout au long de celles-ci, on part à la découverte de vieilles fermes, châteaux et arbres remarquables. A Estaimpuis se trouve la savonnerie Mc Bryde, spécialisée dans les produits d'entretien.

Estaimbourg est connu des deux côtés de la frontière grâce à son domaine de Bourgogne, vaste écrin de verdure qui s'étend sur 14 hectares au milieu duquel s'élève le château entouré d'eau. L'été, les visiteurs sont très nombreux à envahir ce parc, royaume des enfants avec le parc animalier et les jeux qui leur sont destinés et des adultes avec le mini-golf, les emplacements de pêche et la cafétéria où se dégustent notamment les bières régionales. C'est à Estaimbourg que se trouve la tannerie Masure fondée en 1837 qui exporte 98 % de sa production vers l'étranger et travaille pour une marque française bien connue. 

Dans le village d'Evregnies, "la Maison du Patrimoine", aménagée en 2006 dans l'ancien presbytère accueille diverses manifestations (expositions, bourses aux plantes...). En septembre a lieu la fête villageoise de "la Sabotine" dont les bénéfices sont versés pour le bien-être d'un enfant handicapé. 

A Leers-Nord a lieu, chaque année, le 3ème week-end de septembre, la fête champêtre organisée par la "Confrérie des Satcheux" sur les bords du canal de l'Espierre. Vêtus d'un long sarrau bleu, coiffés d'une large casquette de toile de la même couleur, les satcheux étaient ces hommes qui, jadis, tiraient les bateaux sur le canal. La "Maison du Canal" est une ancienne maison d'éclusier transformée en un estaminet comme on en trouvait encore au début du siècle dernier dans chaque village frontalier. Les rives aménagées du canal permettent de romantiques balades à pied ou à bicyclette.  

Dans le village frontalier de Néchin, on peut encore voir les vestiges du "Château de la Royère", dernier château de plaine datant du Moyen-Age. Néchin est connu dans l'Europe entière par le bref mais extrêmement médiatique passage qu'y a fait l'acteur Gérard Depardieu, venu s'y domicilier, avant de s'envoler sous d'autres cieux. 

Voici encore quelques dates de visites à ajouter à un agenda qui se complète peu à peu.

(sources : sites de l'entité - recherches et visites personnelles).

S.T. décembre 2016. 

 

12/12/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (9)

Après Ellezelles (voir le chapitre 8 publié précédemment), en visitant les entités de Flobecq et de Frasnes-les-Anvaing, nous restons dans le Pays des Collines. 

Flobecq.

Commune à facilités linguistiques pour les néerlandophones, Flobecq est située le long de l'axe Renaix-Lessines à environ 40 kilomètres de Tournai et est adossée à la Flandre.  

L'église Saint-Luc, située sur la place, possède une tour dont la base romane est le dernier vestige de l'édifice religieux qui s'élevait à cet endroit au XIIe siècle et qui dépendait de la puissante abbaye de Saint-Martin de Tournai. La population flobecquoise voue un culte particulier à Saint-Christophe, patron des voyageurs et, chaque année, le 4ème dimanche de juillet, a lieu la "procession dite de Saint-Christophe" dans laquelle on peut voir un homme orné d'une barbe, monté sur des échasses dissimulées par sa longue robe et portant l'enfant-Jésus sur les épaules.

La région de Flobecq est connue pour la culture des plantes médicinales qui a atteint son apogée au XIXème siècle avant de progressivement disparaître au milieu du XXème. Avant le premier conflit mondial, pas moins de 23 hectares étaient consacrés à la culture de plantes telles l'angélique, la valériane, la mauve et la guimauve, la bardane, la menthe... Pour perpétuer le souvenir de cette activité, le "Musée des Plantes Médicinales" permet de les découvrir, de les sentir, de les toucher. Le parcours didactique est complété par un jardin où poussent quatre-vingts espèces différentes. En fin de visite, un bar convivial vous propose des boissons (bières et apéritifs) confectionnées à partir de ces plantes.

Flobecq possède un site privilégié par ceux qui souhaitent retrouver la nature dans ce qu'elle a de vrai et effectuer des balades dans cette magnifique région des Collines : "les Venelles de l'Art" convient le promeneur à un circuit permettant des découvertes artistiques. Le parcours long de deux kilomètres, réalisé à l'aise, dure environ une heure.

Situé le long de la région flamande, le bois du Pottelberg à "la Houppe" culmine à plus de 150 mètres d'altitude et est bien connu des promeneurs qui y trouvent de nombreuses maisons de restauration. Ce haut lieu du tourisme wallon et flamand durant les années cinquante et soixante va subir prochainement une réhabilitation. La montée vers le hameau est au menu de tous les clubs cyclotouristes régionaux mais aussi un passage obligé des différentes classiques cyclistes flamandes. Le week-end du 15 août s'y déroule la ducasse. A cette occasion la "chapelle Saint-Christophe", fleurie, est accessible au public et les festivités ont lieu à la "Cabane Sylvie". Au début du XXe siècle, une dame, dénommée Sylvie, originaire des Flandres, après une vie consacrée à de nombreux voyages, vint se retirer dans une cabane construite au centre d'une clairière du bois de la Houppe. C'est la réplique de cette cabane en rondins érigée par les habitants du village qui sert désormais à de multiples activités culturelles et de promenades.

Frasnes-les-Anvaing.

L'entité de Frasnes-les-Anvaing résulte de la fusion, en 1976, de 14 communes : Frasnes-les-Buissenal, Anvaing, Arc-Ainière, Buissenal, Cordes, Dergneau, Oeudeghien, Forest, Hacquegnies, Herquegies, Montroeul-au-Bois, Moustier, Saint-Sauveur et Wattripont. Située sur l'axe reliant Tournai à Lessines, la commune de Frasnes se trouve à moins de vingt kilomètres, au Nord, de la cité des cinq clochers. 

Ancienne cité sucrière, cette activité symbolique, aujourd'hui disparue, est symbolisée par un carré de sucre géant dont semblent se délecter des fourmis tout aussi géantes, érigé au centre du rond-point au croisement des routes Tournai-Lessines et Renaix-Leuze-en-Hainaut.

La commune, porte du Pays des Collines, est dominée par son église Saint-Martin, de style gothique, qui abrite des statues de Saint-Christophe, Saint-Sébastien, Sainte-Catherine et Saint-Jacques, de vieux fonts baptismaux et un retable intitulé "triptyque de Saint-Jacques" que les seigneurs de Frasnes ont jadis offert à la Corporation des Drapiers.

Suite à la fermeture de la sucrerie par la Raffinerie Tirlemontoise, au début de ce XXIème siècle, le site a été totalement nettoyé et réaménagé par l'intercommunale Ideta. A front de route, on découvre désormais une zone d'activités économiques qui fournit de l'emploi à plus de personnes que celles occupées, à l'époque, par l'activité sucrière saisonnière.  Les anciens bassins de décantation ont été transformés en une réserve naturelle où nichent près de 150 espèces d'oiseaux et où pousse une flore spécifique. Cette zone est accessible au public à condition, bien entendu, de ne pas déranger la nature. Dans la foulée de la fermeture du site sucrier, le Musée du Sucre installé dans les bâtiments de l'ancienne gare a fermé ses portes mais des pièces issues de ses collections sont encore visibles à l'Hôtel de Ville.

Le nom du village d'Anvaing apparaît déjà dans des écrits à la fin du IXème siècle sous l'appellation d'Anvinium qui tirerait son origine d'une famille qui y demeurait probablement. Le village est connu pour son château appartenant à la famille de Lannoy. C'est dans ce prestigieux édifice que fut signée, le 28 mai 1940, par les représentants du roi Léopold III et les Allemands, la capitulation de l'armée Belge. La comtesse Stéphanie de Lannoy a épousé, en octobre 2012, le grand duc héritier du Luxembourg Guillaume.

Le 3ème samedi de janvier, précédé par un cortège réservé aux enfants, le cortège carnavalesque composé de chars, des confréries dont s'enrichit le village mais aussi des groupes venant de Tournai ou des Flandres parcourt, dès 17h, les rues du village. C'est le premier carnaval de l'année qui se déroule en Belgique ! Lors de celui-ci est intronisé le couple royal et la soirée se termine par un grand feu d'artifice. Le lendemain sont organisés l'apéritif des Survivants et le dîner des Rescapés. Ces deux "activités" prouvent à suffisance combien est grande l'animation dans les rues de ce village rural d'ordinaire fort calme. 

La région de Frasnes-les-Anvaing est bien connue des membres des clubs cyclos de la région et du Nord de la France grâce à ses côtes au pourcentage sévère dénommées Bourliquet, Beau-Site, Dieu des Monts... Elles le sont tout autant des coureurs du "Triptyque des Monts et Châteaux", une course cycliste dont Frasnes est, chaque année, une étape obligée. 

Dans le vieux château des Mottes (où, dit-on, Charles-Quint aurait séjourné une nuit), en 1998, Marie Tack a fondé "l'Asinerie du Pays des Collines". Celle-ci compte désormais un élevage de plus de 150 ânes, ânesses et ânons. C'est le seul lieu en Belgique où est produit le lait d'ânesse, utilisé dans la fabrication de cosmétiques aux vertus thérapeutiques.

(sources : sites des communes présentées - presse régionale - recherches et visites personnelles).  

S.T. décembre 2016.

15/11/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (7)

Parmi les commentaires reçus dernièrement, un fidèle lecteur du blog, m'a fait part de sa préférence pour l'appellation "Hainaut Occidental" qui prévalait, il y a quelques années encore, pour dénommer notre région. Il s'agit là de l'éternelle divergence de vue qui se manifeste, régulièrement, lors des modifications d’appellation qui jalonnent notre Histoire. L'argument que ce lecteur développe est néanmoins pertinent et concerne principalement les régions d'Enghien, Lessines, Silly et Brugelette. Ces entités qui appartiennent au Hainaut Occidental sont-elles d'origine picarde ? Le débat est ouvert, certains se manifesteront, peut-être, au sein de la rubrique "commentaires", c'est un souhait que j'ai souvent formulé ! 

En attendant ces éventuelles réactions, notre visite nous emmène à la découverte des entités de Celles et Chièvres.

Celles.

C'est une des zones les plus rurales de Wallonie picarde. S'étirant entre Mont Saint-Aubert et Mont de l'Enclus, elle se présente sous l'aspect d'une campagne verdoyante parsemée de fermes, de champs, de prairies et de bosquets . Elle est composée des villages de Celles, Escanaffles, Molenbaix, Popuelles, Pottes et Velaines. 

Le village de Celles est situé sur l'ancienne chaussée romaine reliant Tournai à Gand. L'église Saint-Christophe édifiée au XVIème siècle, doit subir prochainement une importante restauration. Son état fortement dégradé le nécessite. L'édifice religieux est le siège, depuis 1923, d'un pèlerinage d'automobilistes, motocyclistes et cyclistes venus demander la protection du saint patron des voyageurs au moment de la neuvaine qui se déroule en juin.

Le village d'Escanaffles tire son nom de l'Escaut et signifierait même "prairie de l'Escaut". A cet endroit, le fleuve a longtemps fait la frontière entre la Flandre et la Wallonie. Lors de la rectification de son cours et la suppression des nombreux méandres afin de faciliter la navigation, une partie du village s'est retrouvée sur la rive gauche, tout comme une partie du village flamand d'Outrijve s'est retrouvée sur la rive droite. Dans ce village, entièrement voué à l'agriculture, une sucrerie a été en activité de 1872 jusqu'en 1990, époque de restructuration et de centralisation dans l'activité sucrière. Les bâtiments sont depuis lors occupés par le siège général de la société "Galactic", leader mondial en biotechnologie, qui procure 350 emplois dans le monde et possède des implantations aux Etats-Unis (Milwaukee), en Chine (Bengbu) et des bureaux en Europe, au Japon et au Brésil.

Le village de Molenbaix est dominé par l'église Saint-Ghislain, érigée en 1849 en remplacement d'une chapelle dédiée à ce saint. Au point de vue touristique, ce village, uniquement tourné vers l'activité agricole, est connu pour son annuel "gymkhana de tracteurs" qui se déroule, au début du mois d'août et propose également de multiples activités comme le souper campagnard et le bal sous chapiteau. En début de soirée, un nombreux public assiste aux "Montgolfiades", meeting d'aérostation qui existe depuis 2004 et permet d'assister à l'envol d'une douzaine de montgolfières multicolores.

Popuelles est un petit village de 180 habitants traversé par deux ruisseaux "l'Armont" et "le Lozet". Son nom apparaissant, jadis, dans des écrits sous la forme de "Papiola", on l'a cru dérivé du patronyme d'une famille romaine qui y habitait mais peut-être tire-t-il, tout simplement, son origine dans le fait qu'on y trouvait jadis de très nombreux peupliers, un arbre qui pousse dans les régions marécageuses. Pendant plus de 20 ans, les jeunes du village ont mis sur pied une fête qui se déroulait à la fin juin et proposait des "courses landaises", spectacle qui attirait un nombreux public. Hélas, cette fête familiale a été remplacée, depuis peu, par un "festival de DJ" comme on en trouve un peu partout !

Chièvres.

L'entité de Chièvres, regroupant également les villages de Grosage, Huissignies, Ladeuze, Tongre Notre-Dame et Tongre Saint-Martin, est située à environ 35 kilomètres de Tournai. 

Dans le village de Chièvres, on peut découvrir un fragment des anciennes fortifications qui ceinturaient la cité ainsi que trois des six tours qui s'y élevaient. Parmi celles-ci la "tour de Gavre" qui doit son nom au seigneur flamand époux d'Eva de Chièvres qui vécut au XIIème siècle. Face au Moulin de la Hunelle, la "chapelle de la Ladrerie" est le dernier élément d'une léproserie construite durant la seconde partie du XIIème siècle. L'église Saint-Martin, de style gothique, fut érigée en 1543. Sur la Grand-Place, on peut admirer la façade du château des Comtes d'Egmont, ancienne demeure du Comte Charles de Croy.

Le village de Chièvres est connu de tous les amateurs d'aéronautique en raison de la présence de la base aérienne occupée par le 424th Air Squadron intégré au Shape, à l'Otan et au Commandement Suprême des forces Alliées en Europe. Beaucoup ignorent que le premier terrain d'aviation fut créé par les Allemands durant la première guerre mondiale, une  simple piste en herbe et un hangar qui furent détruits en 1918, au moment où le lieu fut à nouveau transformé en terrains de culture. En 1940, lors du second conflit mondial, la Luftwaffe entreprit la création d'une importante base aérienne. Elle abrita jusqu'à 7.000 hommes et plus de 250 bombardiers. En 1944, les pistes et hangars firent l'objet de multiples bombardements alliés. Après la libération, ce qui restait de la base allemande fut restauré et occupé par le 7ème Wing de la Force Aérienne belge. C'est durant cette époque que de nombreux amateurs belges et étrangers se rendaient à Chièvres pour assister aux meetings aériens. Après la désactivation du 7ème Wing en 1967, la base de Chièvres a fait partie intégrante du Shape.  

Sur la chaussée qui mène de Mons à Ath, le rond-point qui donne accès à Chièvres est surmonté d'un chasseur Hunter et dans le village, on peut également visiter le "Musée international de la Base de Chièvres". 

Chaque année, au printemps est organisé "l'American Festival", un week-end festif qui permet de découvrir la culture américaine. 

Le jour du Mercredi des Cendres, les rues du village connaissent une activité particulière en raison du "crossage à l'tonne", une tradition qui date du moyen-âge et qui est également perpétuée dans les régions de Beloeil, Péruwelz et Bernissart. Ce jeu tient du golf et se pratique avec des crosses en bois terminées par un fer et une "soulette" de forme ovoïde qu'une équipe doit amener à heurter un tonneau de bière, situé les plus souvent, à la porte d'un bistrot. Elle devra néanmoins vaincre les pièges de l'équipe adverse qui peut "décholer" (c'est-à-dire envoyer le plus loin possible du but, la "chole" de bois). 

Grosage est un village d'environ 200 habitants situé à 6 kilomètres de Chièvres. Il est traversé par le ruisseau Domissart et possède un "petit musée du pain" installé dans une boulangerie artisanale au sein d'une ferme érigée en 1806. On peut y découvrir la fabrication du pain depuis le moment de la récolte des céréales jusqu'à la mise en vente du pain. Ouvert, sur demande, principalement aux groupes, il permet aux visiteurs de s'essayer à la cuisson du pain. 

Le village de Huissignies, situé lui aussi à 6 kilomètres de Chièvres, est dominé par son église Saint-Martin reconstruite en 1791 et restaurée en 1903. En 1985 y fut fondé le "Musée de la Vie rurale" qui attire plus de 5.000 visiteurs chaque année. A l'étroit dans son local initial, il a été établi par la suite dans une ancienne ferme rachetée par la commune et propose désormais aux visiteurs pas moins de quarante salles reprenant chacune un thème de la vie campagnarde : le vannier, la culture du tabac, le fournil, la laiterie, l'étable, le moulin, les tenues vestimentaires, les jeux d'enfants, les outils... et même la reconstitution d'une classe de l'école du village. Au mois d'octobre y est organisée la "Fête de la Pomme et du Bois".

Le village de Tongre Notre-Dame se situe le long du canal Ath-Blaton, à environ 4 kilomètres de Chièvres. La basilique Notre-Dame de Tongre, érigée en 1777, est un haut lieu de pèlerinage en Wallonie picarde. On y découvre une très ancienne statue de la Vierge, sculptée dans du bois de poirier et en polychrome roman. Son apparition dans ce lieu est décrit comme un fait miraculeux qui se serait produit, le 1er février 1081, dans le jardin de Messire Hector, seigneur du lieu. On raconte que des anges la déposèrent de nuit dans une brillante lumière. En 2015, une relique du bienheureux empereur Charles d'Autriche fut remise, à titre définitif, et placée dans la basilique à la dévotion des pèlerins. Peu de gens savent que c'est dans ce village que le brasseur Charles Louis Durondeau créa la variété de poires qui prit son nom : la Durondeau. 

Voilà encore quelques pages d'agenda qui se complètent. Quand nous aurons abordé les différentes communes qui composent la Wallonie picarde, le choix des visites sera des plus ardus. 

(à suivre)

(sources : site des entités de Wallonie picarde et recherches personnelle sur place)

S.T. novembre 2016.

08/11/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (6)

La découverte des communes composant la Wallonie picarde se poursuit : Brugelette et Brunehaut sont au programme.

Brugelette.

Cette entité, située à une quarantaine de kilomètres de Tournai, vivait jadis autour de sa sucrerie dépendant de la Raffinerie Tirlemontoise. Une activité qui avait débuté en 1836 et qui prit fin en 2008. Cette fermeture a été vécue comme un drame social dans l'entité. Il faut dire que durant toute l'année et plus encore lors de la campagne sucrière, elle fournissait de l'emploi à la région et alimentait les finances de Brugelette. Lors de la fusion des communes de 1977, quatre villages lui ont été rattachés : Attre, Cambron-Casteau, Gages et Mévergnies. 

Le folklore est présent à Brugelette grâce à la "Ducasse du quartier des Montils" qui existe depuis 1899 et se déroule le deuxième dimanche de septembre. Elle est marquée, le samedi après-midi, par le mariage des géants Torien et Torine. Le couple a donné naissance à Victorien. Le dimanche, un cortège folklorique parcourt les rues du village et la journée s'achève par un grand feu d'artifice.

Le village d'Attre apparaît souvent dans l'Histoire. Il fut un lieu de séjour régulier pour l'Archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas et de son époux, Albert de Saxe. C'est là également que, le 28 septembre 1624, les Français enlevèrent Tilly, le général des Impériaux. Le château d'Attre est une une gentilhommière qui s'élève au milieu d'un écrin de verdure. Il a été construit en 1752, à l'emplacement d'une ancienne forteresse, par les Comtes de Gomegnies, chambellans à la cour d'Autriche. Le bâtiment s'élève au milieu d'un parc anglais dans lequel on découvre un rocher artificiel, construit en forme de ruines, symbole du romantisme du XVIIIème siècle. Remarquables aussi sont les écuries du château, de style néo-Louis XIV et la tour colombier, symbole des privilèges seigneuriaux des habitants du lieu. Le village permet aussi la découverte d'un ancien moulin et d'un pont en pierre du XVIIIème siècle, le pont de "Passe tout-outre" qui devra être restauré suite aux dégâts provoqués par un camion, il y a quelque temps déjà.

Cambron-Casteau est connu  à des centaines de kilomètres à la ronde, depuis la création, il y a près de vingt-cinq ans, du parc Paradisio devenu "Pairi Daiza", un nom qui signifie "jardin clos" en ancien persan. Ce domaine de 55 hectares entourant la tour abbatiale de l'ancienne abbaye cistercienne de Notre-Dame de Cambron, fondée en 1148, présente la plus importante collection d'animaux évoluant dans leur cadre naturel reconstitué. Ce parc s'attache à la conservation des espèces menacées et à celle du patrimoine. Il accueille, chaque année, de Pâques à la Toussaint, plus d'un million et demi de visiteurs. Trop de touristes qui se rendent au parc ignorent les richesses patrimoniales que compte le village de Cambron-Casteau : l'église gothique Saint-Vincent du XIIIème siècle, la Ferme Labrique, construite en 1768, ancienne dépendance de l'abbaye cistercienne, le moulin des Près, moulin à eau de la fin du XVIIIe siècle qui fut en activité jusqu'en 1989...

A Mévergnies, on peut admirer l'ancien moulin érigé sur la Dendre avec son importante roue à aubes en fer et en bois portée par son mur calcaire.

A Gages, la "ferme du Blocus" a été reconstruite au XVIIIe siècle, à l'emplacement d'un château féodal du XIème siècle. Son nom vient du néerlandais "Blochuyse" qui signifie maison fortifiée. Les habitants du village vouent toujours un culte à Sybille de Gages qui y naquit et mourut en 1250 à l'abbaye d'Aywières. 

Brunehaut.

Le nom de la commune de Brunehaut, située à une petite dizaine de kilomètres au Sud de Tournai, est apparu au moment de la fusion des communes du 1er janvier 1977. Cette entité est composée des villages de Bléharies, Guignies, Hollain, Howardries, Jollain-Merlin, Laplaigne, Lesdain, Rongy et Wez-Velvain. Elle fait partie du "Parc naturel des Plaines de l'Escaut" et s'étend tout le long de la frontière française. 

Sur la place de Bléharies se dresse l'église Saint-Aybert, oeuvre de l'architecte tournaisien Henri Lacoste, datant de 1926. De par sa conception art-nouveau, elle est probablement une des plus lumineuses de la région. Elle attire l'attention du visiteur par ces vitraux multicolores, ses bronzes patinés et ses arcs en béton armés qui remplacent les colonnes qu'on trouve dans la plupart des églises. L'église forme avec la cure et l'ancienne maison communale un ensemble à l'aspect équilibré au centre du village. L'entité abrite une brasserie, tout naturellement nommée "Brasserie de Brunehaut", elle est située dans le village de Rongy.

Le village d'Hollain dont le nom signifie "cavité marécageuse" est essentiellement connu pour deux éléments bien distincts. Le premier concerne le patrimoine, le second, le folklore. La "Pierre Brunehaut" (qui est à l'origine du nom de l'entité) est un mégalithe datant de l'époque néolithique qui se dresse à l'intersection des routes menant de Jollain à Bléharies et d'Hollain à Lesdain. Cette pierre élevée au milieu des champs et entourée de quatre peupliers d'italie qui la font repérer de loin est de forme légèrement trapézoïdale, elle s'élève à 4m25 au-dessus du sol, sa partie enterrée est d'environ 1m75, sa largeur est de 3 mètres et son épaisseur varie entre 55 et 60 centimètres. Elle ne pèse pas loin de 23 tonnes. A côté de ce géant de grès, une table d'orientation en pierre gravée désigne aux visiteurs la direction des villes régionales mais aussi des grandes villes nationales et internationales.  

Chaque année, à l'approche du 21 juillet, le village d'Hollain s'anime. Des échoppes, estrades et chapiteaux sont érigés sur la place Verte pour l'annuelle "Artifoire". Celle-ci a été organisée pour la première fois en 1975 et se présentait alors sous la forme d'un petit chapiteau dressé sur la place du village, à proximité de l'église, dans lequel huit artisans locaux montraient leur savoir-faire. Découverte par les visiteurs français se rendant à Tournai par la chaussée de Valenciennes, sa première édition connut le succès. Désormais, ils sont près d'une centaine d'artisans venus des quatre coins du pays, de France mais aussi des régions d'Europe et également des milliers de visiteurs à participer à ce rendez-vous incontournable de la Fête Nationale. Dédiée à Norbert, le tailleur de pierre, un des fondateurs aujourd'hui disparu, la foire donne hospitalité aux artistes locaux. Le caricaturiste Serdu, originaire du lieu, croque le portrait du visiteur soucieux d'emporter un souvenir original. Les organisateurs proposent de nombreuses animations grâce à la venue de groupes folkloriques du continent européen et parfois même de plus loin. Danseurs, musiciens, représentants de l'artisanat de leur région et spécialités culinaires donnent une touche colorée et exotique à cette foire.  L'Artifoire, c'est aussi un cortège folklorique composé des géants locaux et de fanfares. Un feu d'artifice clôture cet événement annuel.

Le village de Lesdain dominé par son église Saint-Eleuthère se trouve blotti au milieu de pépinières. Il est renommé pour son horticulture et sa production de fraises. Jusqu'en 2013, Lesdain attirait une toute grande foule lors de son annuelle "Fête de la Rose" du premier week-end de septembre qui connut 35 éditions. Celle-ci a été abandonnée et le village aurait pu s'endormir s'il n'y avait eu, depuis cette même année, l'organisation du "Lesdain Rock Festival" qui se déroule en juin.  

Howardries fut jadis un village de fraudeurs et de contrebandiers en raison de sa proximité avec la France. Il suffisait, en effet, d'utiliser les petites passerelles jetées sur l'Elnon, le ruisseau qui sépare les deux pays, pour passer cigarettes, tabac, alcools... L'action était facilitée par le fait que le village se trouve au milieu d'une forêt, à cheval sur les deux pays. Derrière l'église Sainte Marie-Madeleine, dont la nef date du Vème siècle, on découvre la crypte où sont enterrés les Comtes du Chastel de la Howardries. Chaque année, le village est envahi par des milliers de marcheurs participant à l'annuelle "Marche des Jonquilles". 

Le village de Rongy peut s'enorgueillir d'avoir été le premier village belge libéré en septembre 1945 par les soldats alliés parmi lesquels la "Brigade Piron". Une stèle rappelle cet événement. Chaque année, le premier week-end d'octobre, est organisée la "Fête de la Pomme" durant laquelle sont organisées les visites des vergers de Brunehaut. 

Le village de Wez-Velvain était connu par sa sucrerie appartenant à la famille Couplet. Si des installations y sont toujours visibles, la production proprement dite a été transférée dans de nouvelles installation érigées à Fontenoy, dans l'entité d'Antoing.

A Jollain, chaque année, à la fin du mois de mai, la fondation Follereau de Tournai organise la "Marche des Fraises", des centaines de participants viennent, de façon originale et sportive, découvrir la campagne environnante avant de faire provision de ce fruit rouge qu'on y cultive.

Cette région de Wallonie picarde est propice aux balades dans une nature encore préservée, au milieu des champs, des près, bosquets et pépinières. Véritable paradis pour les promeneurs qui y trouvent de nombreux chemins ou de petites routes tranquilles, la région l'est aussi pour les cyclos venus de France ou de Flandre.

Voici encore de quoi alimenter de  nouvelles pages de l'agenda afin de découvrir le patrimoine et les traditions locales de ces communes qui composent la Wallonie picarde.

(à suivre)

(sources : sites des communes et recherches personnelles sur place).

S.T. novembre 2016

01/11/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (5)

Nous poursuivons notre balade à la découverte de cette Wallonie picarde dont Tournai est la ville principale. Après avoir évoqué Antoing, la capitale du pays Blanc et Ath, celle du Pays Vert, nous nous rendons à Beloeil, "la cité princière" et à Bernissart, celle "des Iguanodons".

Beloeil.

Cette cité, située à une trentaine de kilomètres à l'est de Tournai, est avant tout connue par son château des princes de Ligne. Ce manoir existait déjà au temps des croisades. Il a été fortifié par Antoine de Ligne, surnommé le "Grand Diable" en 1511 puis agrandi par Claire-Marie de Nassau, veuve de Claude Lamoral. C'est Charles-Joseph de Ligne qui lui a donné son caractère actuel.

Ses jardins à la française avec leurs fontaines, bassins et vastes étendues de pelouses entourées d'arbres font immanquablement penser au château de Versailles. Une allée d'une longueur de cinq kilomètres conduit tout droit aux anciens pavillons des gardes aux portes de Quevaucamps. Dans le parc s'élève une orangerie, à proximité de laquelle, on pouvait visiter, jadis, la Belgique miniature.

L'intérieur du château renferme du mobilier et des collections remarquables. Il est mis plus en valeur encore lors de l'exposition annuelle des "Amaryllis", organisée au printemps de chaque année.

En août, au cœur de l'été, se déroulent, dans le parc du château, "les Musicales", un événement qui attire, depuis vingt-sept ans, des milliers de personnes qui, au fil d'une promenade sous les frondaisons ou au bord des pièces d'eau, découvrent des formations musicales diverses (solistes, quatuors, orchestres philharmoniques, chanteurs classiques...) qui y interprètent les œuvres de compositeurs connus. Les concerts se terminent par un somptueux feu d'artifice... musical se reflétant dans les plans d'eau.  

Les possibilité de promenades sont nombreuses dans cette commune où on peut aussi découvrir l'église Saint-Pierre de style néo-gothique dont la crypte renferme les sépultures des princes de Ligne et des fontaines réparties sur tout le territoire (la pompe du Château, la fontaine à lattes, la fontaine du Major, celle du Gendarme ou encore la fontaine bouillante) . 

La cité est traversée par le canal Ath-Blaton, dont les chemins de halage se sont, au fil du temps, transformés en un véritable paradis pour les pêcheurs et en un lieu de rêveries pour les amoureux de promenades romantiques. 

Lors de la fusion des communes de 1976, huit villages ont été rattachés à la cité princière, tous sont à découvrir et renferment des richesses : Aubechies, Basècles, Ellignies Sainte-Anne, Quevaucamps, Stambruges-Grandglise - Rameignies, Thumaide et Wadelincourt.  

Celui d'Aubechies a reçu le label désignant un des plus beaux villages de Wallonie. Il est connu pour abriter l'Archéosite. Un lieu qui couvre 5.000 ans d'Histoire, du néolithique à l'âge de fer en passant par l'âge de bronze et en évoquant la période gallo-romaine. D'avril à octobre, ce site prend vie grâce aux nombreuses reconstitutions qui permettent de découvrir les activités de jadis. A l'approche d'une villa d'alors, une cohorte de soldats romains défile en rang serrés parmi les spectateurs, des Gaulois tissent et filent la laine ou forgent le fer et coulent le bronze. Autre élément important du patrimoine local : l'église romane Saint-Géry, vestige d'une ancienne abbaye, construite au XIème siècle à l'emplacement d'un temple païen.

Les habitants du village de Basècles disent qu'ils vivent dans "l'pus bieau (le plus beau) des villages". On est bien forcé de les croire. Ce gros bourg s'étendant tout le long de l'ancienne chaussée qui était, jusqu'à la création de l'autoroute, la route menant de Tournai à Mons est aussi surnommé :  "la cité des Marbriers". On y extrayait le marbre noir qui fit la réputation de la région en Belgique et à l'étranger. Sur la Grand-Place, le musée du Marbre et de la Pierre rappelle cette époque où de nombreux habitants travaillaient à l'extraction ou au polissage.

On découvre également "le château Daudergnies" du nom de son propriétaire, globe-trotter, qui le fit construire au XIXème siècle. 

Le samedi qui précède le Mardi-Gras, le carnaval anime les rues de la cité. Géants, fanfares, grosses têtes, groupes costumés symbolisant les activités et le folklore local forment un long et joyeux cortège qui attire des milliers de personnes qui y trouvent une ambiance festive comparable à celle connue à Binche.

Quevaucamps est une ancienne cité bonnetière. Depuis 1988, le Musée de la Bonneterie et du Négoce de la Toile, accueille les visiteurs dans l'ancienne gare du village, sur la place Paul Pastur. La place du Pâturage est une place enherbée comme on en connaissait jadis dans de nombreuses petites communes.

Stambruges-Grandglise est une terre des légendes nées probablement dans la forêt toute proche où la "Mer de Sable" est un vaste étang de 410 hectares totalement asséché. L'été, ce lieu, un peu mystérieux, est le rendez-vous de nombreux promeneurs venus y passer la journée. Ceux-ci ne manquent pas de se rendre au "Rond des Sorcières" et à "l'Ottée des Fées" en parcourant cette lande sablonneuse couverte de bruyères.

Trois villages ont donné un nom étrange à cette région : "la Thurawanie" (contraction de Thumaide, Rameignies et Wadelincourt). L'église Saint-Vendrégésile est le siège d'un pèlerinage à Saint-Charalampe invoqué pour protéger le bétail des maladies.  

Bernissart.

Regroupant depuis la fusion des communes de 1976, Blaton, Harchies et Pommeroeul, voici la commune la plus à l'est de la Wallonie picarde. Appartenant au Parc naturel des plaines de l'Escaut, Bernissart se trouve à une trentaine de kilomètres de la cité des cinq clochers, aux portes du Borinage. Jadis, on y trouvait les premières mines de charbon du sillon hennuyer. En 1878, des mineurs travaillant dans la fosse Sainte-Barbe découvrirent vingt-neuf squelettes fossilisés et quelques autres éléments d'un dinosaure herbivore qui vivait dans nos régions, il y a environ 130 millions d'années. Un musée a été ouvert à Bernissart afin de découvrir "l'Iguanodon bernissartensis" présenté avec un mésosaure et des centaines de fossiles et minéraux d'ères géologiques différentes. Voilà la raison pour laquelle, Bernissart est surnommée "la cité de l'Iguanodon". 

Le "Musée de la Mine" rappelle le passé charbonnier de Bernissart. C'est en 1968, à Harchies, que la dernière mine a cessé ses activité. Ce musée présente une importante collection de matériel minier dont une partie a d'ailleurs été prêtée à Claude Berri pour le tournage, dans le Valenciennois, de son film "Germinal". On y découvre aussi les archives, photos et gravures relatives au travail des mineurs. 

La "Machine à Feu" qui s'élève à deux pas de la frontière française et à l'orée de la forêt de Bonsecours, est un imposant bâtiment construit en 1782 par la Compagnie des Mines d'Anzin (F). Il abrite une machine de l'ingénieur anglais Thomas Newcomen destinée à combattre la venue des eaux souterraines qui envahissent les galeries et puits de mines. Ce système ingénieux et le bâtiment ont été récemment restaurés et peuvent se visiter.

Les amoureux de la nature se rendent très souvent aux "Marais d'Harchies", une zone protégée de marais et de bruyères où on peut découvrir, à partir d'observatoires, 250 espèces d'oiseaux indigènes (dont le canard colvert, la gorge bleue, la mouette rieuse...) ainsi que des oiseaux migrateurs de passage et 350 variétés de plantes. 

Le village de Blaton est connu par sa grande bruyère, son église de Tous les Saints et par sa ducasse qui a lieu chaque année le 1er novembre. A cette occasion se déroule une étrange tradition, les hommes de la cité achètent du pain d'épice destiné à leur épouse pour se faire pardonner les petites incartades de l'année écoulée. Gare à celui qui retournerait chez lui avec plusieurs kilos ! La ducasse bat son plein jusqu'à minuit, tout s'arrête alors pour laisser la place aux souvenirs des défunts à l'occasion du Jour des Morts. Autre particularité de Blaton, les "crêtes à cayaux" (crêtes à cailloux), il s'agit de construction de murs en pierres posées de chant. Ces pierres plates se trouvent dans une roche qui affleure et de nombreux trous indiquent les endroits où les anciens du village allaient s'approvisionner, l'trau (trou) Magnon, l'trau Bachy... On y confectionne encore des murs de soutènement ou de séparation. 

Ville-Pommeroeul est un village connu pour son "croncq clocher", un clocher incliné de 1m80 par rapport à son axe initial, il est surmonté comme tous les autres d'une croix qui semble nettement pencher "du côté qu'elle va tomber" ! Contrairement à ce que certains imaginent, il ne s'agit nullement d'une erreur au moment de la construction de l'édifice religieux, en 1620, mais résulterait plus probablement de l'usure du temps et des fortes intempéries que le clocher a enduré depuis cinq siècles. 

Au niveau festif, outre sa ducasse, le village de Blaton organise le "Parc en Fête", chaque 21 juillet. Le décor en est le parc Posteau où sont mises sur pied des animations diverses pour petits et grands, un bal aux lampions, des balades romantiques et le traditionnel feu d'artifice. A Harchies, en décembre se déroulent, durant tout un week-end, "les Féeries d'hiver en roulottes", une foire aux artisans, un marché de Noël au milieu d'anciennes roulottes foraines et sous un chapiteau, ponctué de concerts et de spectacles.

Voici encore de quoi compléter l'agenda des visites à effectuer en Wallonie picarde. 

(à suivre)

(sources : syndicat d'initiative des communes - recherches personnelles lors de déplacements sur place).

S.T. novembre 2016.

27/10/2016

Tournai : le coeur de la Wallonie picarde (4)

Tourisme en Wallonie picarde.

En pleine reconversion industrielle, la Wallonie picarde possède un atout qui fut trop rarement exploité par le passé : le tourisme. Ses sites naturels exceptionnels, son patrimoine architectural et son folklore sont parmi les plus riches et les plus intéressants et l'inscription de nombreux éléments au patrimoine mondial de l'Unesco en est une preuve supplémentaire.

Pour le visiteur soucieux de découvrir les richesses de notre région, il est possible de consacrer une année complète de balades, tant le programme culturel et festif qui s'offre à lui est copieux. Il suffit de passer en revue ce que proposent les 23 communes composant notre Wallonie picarde.

Antoing.

Cette petite ville située à cinq kilomètres de Tournai, regroupe les anciennes communes de Maubray, Péronnes-les-Antoing, Fontenoy, Bruyelle et Calonne. C'est le cœur du bassin carrier du Tournaisis.

La ville est dominée par le donjon du château des Princes de Ligne bâti au XIIème siècle par un des seigneurs d'Antoing. Suite à la mort d'Hugues V d'Antoing à la bataille des Eperons d'Or, sans héritier, le château passa dans la famille de Melun et bien plus tard, par successions et mariages, à la famille des princes de Ligne. 

Antoing le château (1).JPG

La cité, entourée de carrières, est appelée "la capitale du Pays Blanc" et d'anciens fours à chaux du XIXe siècle se visitent régulièrement : le four "Saint-André" et le four "Soufflet-Leblond".

Le Musée de la Pierre est actuellement en cours de réaménagement.

Le parc archéologique avec son Tumulus à tambour et enclos funéraire nous font remonter aux premiers siècles de notre ère. Il s'élève au lieu-dit "Guéronde".

Jouxtant Antoing, le village de Péronne-les-Antoing est connu, de part et d'autre de la frontière, pour son vaste plan d'eau de 45 ha situé au confluent du canal Péronne-Blaton-Nimy et de l'Escaut. Réalisé au cours des années soixante, il possède, à chaque extrémité, une écluse permettant à la navigation de franchir un dénivelé de 18 mètres. Bien nommé, "le Grand Large", grâce au centre Adeps, est le rendez-vous idéal pour la pratique des sports nautiques et l'apprentissage de la voile mais aussi pour la pêche, les balades nature à pied, à vélo ou en V.T.T. ou le pique-nique au bord de l'eau.

Le nom du village de Fontenoy apparaît dans tous les livres d'Histoire. C'est là en effet que se déroula la célèbre bataille du 11 mai 1745 sous les yeux du roi de France Louis XV et de son fils, le Dauphin. Les troupes françaises du Maréchal Maurice de Saxe combattirent celles du duc de Cumberland, à la tête d'une coalition d'Anglo-Hanovriens et de Hollandais. La France y remporta la victoire mais le prix en vies humaines fut important : les Français ont perdu entre 7.000 et 7.500 hommes, les troupes du duc de Cumberland plus de 13.000 !

Au sein du village, on peut découvrir "la Vierge" offerte par Louis XV pour remercier les habitants d'avoir inhumé les corps des soldats, la "Croix celtique" offerte par les comtés irlandais de Dublin, Londres et New-York, inaugurée le 25 août 1907, un mémorial-ossuaire et différentes plaques commémoratives.

Sur une colline du village de Maubray se dresse le moulin du Maugré. Suite au film tourné en ce lieu, il y a une quarantaine d'années, le village peut se targuer du titre de "capitale du Maugré" ou haine de cense. 

Au chapitre des festivités notons qu'à Antoing, chaque année, le 3ème dimanche de septembre, le site de Saint-Druon accueille la "Fête des Courges" qui en était à sa 14ème édition en 2016. Organisée par L’ASBL "Les jardins biologiques du Hainaut", cette manifestation qui attire des milliers de visiteurs venus de Belgique et de France, amoureux de cette cucurbitacée, transforme, le temps d'un week-end, la capitale du pays Blanc en "Capitale wallonne du Potiron".

Ath.

"Ath, c'est Géant", ces mots interpellent et peuvent même paraître audacieux pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette cité, aussi appelée "la Capitale du pays Vert", située à trente kilomètres de Tournai.

Il n'est pas présomptueux de déclarer que la réputation de cette ville de 29.000 habitants a dépassé depuis bien longtemps les frontières et est notamment connue aux Etats-Unis en raison, non seulement, de la présence, à quelques kilomètres, des installations du Shape mais surtout à cause de son cortège des Géants qui se déroule le 4ème dimanche d’août. Depuis 2005, cet événement exceptionnel est, en effet, repris comme chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité par l'Unesco. Des milliers de personnes assistent, dès le samedi après-midi, au mariage du géant Goliath (Gouyasse en patois local) avec Madame Gouyasse en l'église Saint-Julien, un édifice religieux construit à la fin du XIVème siècle. Ce dernier abrite "el grosse cloque" (la grosse cloche) qui sonne pour l'ouverture de la ducasse, le samedi midi. 

Le mariage terminé, la foule se déplace vers la Grand-Place, face à d'l'Hôtel de Ville, pour vivre le combat entre le berger David, un rôle tenu par un jeune enfant de la cité et le Géant philistin. Une légende raconte que si l'enfant parvient à placer une balle dans la petite ouverture pratiquée dans le géant pour permettre au porteur de se guider, il y aura du bonheur à Ath pendant toute l'année. Le contraire ne se vérifie heureusement pas !

Le lendemain, le cortège va parcourir deux fois les rues de la ville, en matinée et durant l'après-midi, entre deux rangées compactes de spectateurs venus souvent de très loin. C'est durant la ducasse qu'on déguste la célèbre "tarte à mastelles" que les vrais athois accompagnent d'un verre de vin de Bourgogne ou... d'une bière de la Brasserie des Géants.  

Une promenade dans la cité des géants permettra aux visiteurs de constater que les Athois vouent une véritable admiration à leurs "postures" comme ils les appellent (Samson, l'Aigle à deux têtes, Mam'zelle Victoire, le cheval Bayard, Ambiorix, Goliath et Madame Goliath). Commerces, restaurants, cafés portent bien souvent des enseignes à leur effigie ou à leur nom. 

La "Maison des Géants" est LE musée à visiter en premier lieu lorsqu'on arrive dans cette cité située au confluent des deux Dendres. On le trouve à la rue de Pintamont, juste à côté du syndicat d'initiative, dans le château Cambier. On ne manquera pas de visiter également "l'espace gallo-romain" qui se trouve dans les bâtiments de l'ancienne Académie de dessin.

Au cœur de la ville, on découvre encore :

une grand-place possédant des bâtiments remarquables comme la "Grand-Garde" qui fut jadis la halle des bouchers, l'Hôtel de Ville ou la Maison espagnole de 1564.

la "Tour Burban", donjon anglo-normand du XIIème siècle, construction carrée de vingt mètres de hauteur et de 14 mètres de côté, possédant des murs de quatre mètres d'épaisseur,

la Salle des Fête, "le Palace", le centre culturel local, immeuble de style art-nouveau,

l'Hôpital et la chapelle Saint-Jacques, ancien gîte pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle,

le "château Bourlu", jadis hôtel de maître, abritant aujourd'hui la Justice de Paix.

Parmi les villages rattachés à Ath, celui de Mainvault est connu pour son calvaire du sculpteur sonégien J.J. Bottemane qui vécut au XVIIIème siècle. Il représente une mise au tombeau comme on en érigeait un peu partout en France dans le courant du XIVe siècle. 

Ath est un pays de moulins, on peut encore en voir trois dans le centre ville, on s'arrêtera donc aussi à Moulbaix pour voir le "Moulin de la Marquise" mis en activité en 1752, toujours opérationnel et à Ostiche pour découvrir le "Blanc Moulin" restauré au XXème siècle, tirant son nom de ses murs de briques badigeonnés à la chaux.  

Votre promenade vous emmènera probablement dans les 15 autres villages également rattachés à la cité d'Gouyasse !.

(sources : recherches personnelles - site des villes d'Antoing et Ath).

photos : transmises par D. Glissoux que je remercie

S.T. octobre 2016.

24/10/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (3)

Voici le troisième volet de cette étude de découverte de la Wallonie picarde. Après les chapitres consacrés à la population, au logement, aux soins de santé et à l'enseignement, nous développons trois thèmes interactifs de l'économie : l'emploi, le chômage et le revenu moyen par habitant.

L'emploi.

Les dernières statistiques de 2014 renseignent que la Wallonie picarde compte 101.616 travailleurs salariés et 29.528 travailleurs indépendants. 78,8% de la population active travaillent dans le secteur tertiaire (services et secteur non-marchand), 20,9 % dans le secondaire (industrie) et 0,3% seulement dans le primaire (agriculture). Le taux d'emploi est de 58,6%, un chiffre supérieur à celui du Hainaut (53,6%) ou de la Wallonie (56,6%) mais inférieur au chiffre national (61,1%).

Peu à peu, les emplois sont centralisés dans des zones aménagées par les deux intercommunales : Ideta (Tournai-Ath) et IEG (Mouscron-Comines). Ces zones d'activités représentent 17,5% de l'emploi total du territoire. On les trouve principalement à Tournai-Ouest, Mouscron, Comines, Ath, Ghislenghien, Lessines, Péruwelz (site Polaris), Leuze-en-Hainaut, Bernissart et Frasnes. Une de ces zones a également fait récemment son apparition à Pecq, le long de l'Escaut (au lieu dit, quai Batindus). 

Les travailleurs se répartissent entre 46,1% d'employés, 37,8% d'ouvriers et 16,1% de fonctionnaires. L'enseignement, les Administrations communales et CPAS et les activités médico-sociales et sociales avec hébergement sont parmi les plus grands pourvoyeurs d'emplois de Wallonie picarde. 

Dans le secteur privé, citons le groupe pharmaceutique Baxter-Travenol à Lessines (près de 2.200 emplois), McBride à Estaimpuis (980), Valéo-Vision (977) et Waldico à Ghislenghien (+ de 600), Lutosa à Leuze-en-Hainaut (690 emplois), le secteur carrier du Tournaisis (près de 600 emplois), Cofidis à Orcq (388), Konvert Intérim à Tournai (360) les transports Fockedey à Leuze-en-Hainaut (+ de 350 emplois) ou encore le groupe Dufour-Cogétrina (près de 200 emplois à Tournai).

Un bel exemple de reconversion réussie est celui intervenu à Frasnes-les-Anvaing. Il y a quelques années, la sucrerie a fermé ses portes dans le cadre de la rationalisation du secteur sucrier. Le site assaini, de nombreuses petites entreprises y ont pris place et 135 emplois ont été créés, soit un peu plus que ce qu'offrait la sucrerie jadis. 

Ayant perdu son secteur textile employant des milliers d'ouvriers et employés, ayant vu disparaître des centaines d'emplois dans la sidérurgie (Meura et Carton à Tournai notamment), dans l'imprimerie (Gédit, Casterman), dans le secteur bancaire (ING, BNP Paribas, Crédit du Nord Belge, Banque Nationale...) suite à la fermeture de leurs sièges tournaisiens et de la plupart des agences rurales, la Wallonie picarde se reconvertit peu à peu grâce à la création de petites et moyennes entreprises, parfois plus stables que les grandes multinationales, championnes des délocalisations. Elle se tourne désormais vers les secteurs d'avenir représentés par l'informatique et la haute technicité. 

Créé il y a une vingtaine d'années et en constante évolution, le parc Pairi-Daiza, à Cambron Casteau, offre 250 emplois. 

Depuis près de quarante ans, on a vu apparaître de vastes zones commerciales édifiées dans les faubourgs des cités et regroupant différents magasins sous la forme de grandes et moyennes surfaces. C'est le cas de Tournai-Froyennes et Tournai-Bastions, de la zone commerciale des Dauphins à Mouscron, de celle du Quevaucamps entre Dottignies et Estaimpuis... Une zone similaire souhaiterait s'implanter à Marcq (Enghien) au grand dam des habitants du quartier qui y voient une perte de tranquillité et une augmentation de l'insécurité résultant d'une circulation accrue dans ce quartier à caractère rurale. Ath a préféré faire confiance à son commerce local situé dans son centre-ville. Du coup, ce dernier est sans doute le plus attractif de toutes les villes de Wallonie picarde.

Dans les périodes de crises comme celle que nous connaissons actuellement, les décideurs politiques ont tendance à multiplier ces zones tentaculaires en espérant y créer de nombreux emplois nouveaux. Le résultat, hélas, n'est parfois pas à la hauteur des espérances et il se fait presque toujours au détriment du commerce intra-muros. Quelles sont les raisons qui font qu'ils ne changent pas d'avis ? "Errare humanum est, perserverare diabolicum !".  

Le chômage.

En juin 2015, le taux de chômage s'élevait en Wallonie picarde à 13,3%, c'est mieux que dans le Hainaut (15,7%), à peine inférieur au taux de la Wallonie (13,4%) mais nettement moins bien que celui de la Belgique (9,5%) où le taux est tiré vers le bas par une Flandre qui offre encore de nombreuses possibilités d'emplois. Déplorons à ce sujet, l'extrême frilosité des habitants de Wallonie picarde qui ne profitent pas de ces offres d'emplois flamandes vacantes et les laissent à des travailleurs français plus dynamiques et plus mobiles. Doit-on redouter chez certains habitants de la région une culture du chômage bien enracinée ou un caractère casanier digne des époques révolues ?

Les demandeurs d'emplois inoccupés âgés de moins de 25 ans représentent 23% du total, le Hainaut avec 21,9% et la Wallonie avec 20,3%  font mieux que notre région. 

Les demandeurs d'emplois de plus de 50 ans représentent 26,7% (24,8% en Hainaut et 25,5% en Wallonie). Ces chiffres ont très probablement été influencés par les nombreuses pertes d'emplois enregistrées ces dernières années dans les secteurs de l'imprimerie, des banques et de la Vente par Correspondance qui se séparent en priorité du personnel plus âgé et redéploient les plus jeunes vers d'autres régions. 

Nous allons rapidement aborder le problème de la Mobilité. 67,5% des travailleurs résidant dans une des communes de la Wallonie picarde sortent de celle-ci pour travailler. On trouve les travailleurs les plus mobiles au Mont-de-l'Enclus, la plupart sont occupés en Flandre et le long des axes Jurbise-Lens-Chièvres (ils se déplacent vers Mons) ou d'Ath-Silly-Enghien (vers Bruxelles).

Un des fleurons de la Wallonie picarde est le secteur brassicole. Quinze brasseries y sont établies, ce qui représente pas moins de 10% du secteur brassicole belge.

Autres secteurs spécifiques : les pépinières. Le village de Lesdain (commune de Brunehaut) est la capitale wallonne des pépinières avec ses 240 hectares de production (soit 50% de la superficie totale des pépinières wallonnes). 

Le revenu moyen par habitant.

On détermine le niveau de richesse d'une région en étudiant le revenu moyen par habitant. Le niveau moyen par déclaration est 28.116 euros. Il est supérieur de 1.392 euros à celui de la province du Hainaut. il est inférieur de 678 euros à celui de la Wallonie et de 2.524 Euros par rapport à la moyenne nationale (ce chiffre étant tiré vers le haut par la région bruxelloise, les provinces de Brabant flamand et wallon et certaines régions de Flandre). 

Les revenus moyens les plus élevés sont enregistrés dans les communes de Silly-Enghien, Mont de l'Enclus et Chièvres (on y voit l'influence des emplois exercés à Bruxelles, en Flandre ou dans la région montoise). A Silly et Enghien, ils sont mêmes supérieurs à celui de la Flandre. Les extrêmes : 12,6% des habitants renseignent des revenus supérieurs à 50.000 euros/an et 13,9% des revenus inférieurs à 10.000 euros.

Il existe une richesse en Wallonie picarde qui commence, peu à peu, à être exploitée mais qui peut encore se développer si nos décideurs économiques et politiques font un effort de communication.

(à suivre)

(sources : "Atlas socio-économique de Wallonie picarde" -2e édition 2016 édité par Wapi25 - presse régionale et recherches personnelles).

S.T. octobre 2016

17/10/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie Picarde (1)

La Wallonie picarde, une région pleine d'atouts mais parfois méconnue !

Le concept de "Wallonie picarde" date d'un peu plus d'une dizaine d'années. Auparavant, cette région située à l'ouest de la province du Hainaut s'appelait tout simplement le "Hainaut Occidental", dénomination purement géographique qui ne reflétait nullement le caractère spécifique de ce territoire situé à l'extrémité occidentale de la Wallonie, aux portes de la Flandre et de la France.

A l'ouest d'une ligne allant de Bernissart à Enghien, la Wallonie picarde englobe également la région de Comines-Warneton, enclave hennuyère en territoire flamand. 

Son paysage est composé de zones agricoles parsemées de zonings industriels, de villes à échelle humaine et de villages ayant conservé le charme et la tranquillité tant recherchée à notre époque. On y trouve le "Pays blanc" qui s'étend autour d'Antoing et de Gaurain-Ramecroix et qui tire son nom des carrières de chaux qui firent sa richesse. On y découvre le "Pays vert", tout autour d'Ath, se composant de champs, de prairies et de bosquets, une vaste zone vouée à l'agriculture où il fait bon se balader. On peut également y parcourir le "Pays des collines" et ses ondulations de terrain où se nichent des villes et villages au riche folklore et aux traditions bien ancrées. Il y a enfin le "Parc naturel des plaines de l'Escaut" aux paysages bucoliques qui s'étendent de part et d'autre de la frontière.

La Wallonie picarde, jadis renommée pour son industrie textile de Mouscron à Leuze-en-Hainaut et de Tournai à Quevaucamps, est désormais une région en pleine reconversion industrielle tournée vers les services, les nouvelles technologies et le tourisme.

La Wallonie picarde veille jalousement sur son patrimoine historique et architectural, sur son parler local et ses traditions séculaires. Loin de se figer sur le souvenir d'un riche passé, elle se tourne résolument vers l'avenir sans omettre de conserver un environnement où il fait bon vivre.

Tournai, capitale de la Wallonie picarde.

Avec ses 69.751 habitants (statistiques au 1.1.2015), la cité des cinq clochers est la ville la plus importante d'une région que nous allons analyser par le détail pour mieux la faire connaître non seulement à ses habitants mais aussi à ceux et à celles qui, bien souvent, la considèrent comme le "Far-West" wallon et la snobent encore régulièrement. Beaucoup trop de Liégeois, de Carolos et de Namurois, bien souvent issus du monde politique, croient depuis bien longtemps que la Wallonie s'arrête à Mons et que le reste n'est qu'un "No man's land", une zone tampon aux portes de la rivale flamande. 

La Wallonie picarde compte 23 communes. Avec Lille, la tentaculaire ville du Nord de la France et Kortrijk, l'opulente et dynamique cité flandrienne, Tournai fait partie, depuis 2008, de l'Eurométropole, un groupement européen de collaboration transfrontalière entre la France et la Belgique qui couvre une surface de 3.553,5 km2 de part et d'autre de la frontière. Au sein de celle-ci, forte de 2.100.876 habitants, la Wallonie picarde en représente 348.507 (10% des habitants de la Wallonie) répartis sur 1.377 km2. Une population qui est en constante augmentation puisqu'il y a dix ans elle n'était encore que de 329.206 habitants. 

Densité de population en Wallonie picarde.

Avec 253 habitants/km2, la densité de la population de Wallonie picarde est inférieure à celle de la province du Hainaut (353), de la Belgique (367), de la Flandre (477) mais est supérieure à celle de la Wallonie (213). Parmi les villes les plus peuplées, relevons donc Tournai (69.751 habitants, densité de 326 habitants/km2), Mouscron (58.009 habitants, densité exceptionnelle de 1.424 hab./km2), Ath (28.543 - 225 habitants/km2), Lessines (18.637 - 255 hab./Km2), Comines-Warneton (18.111 - 292 hab./km2), Péruwelz (17.158 - 285 hab./km2), Beloeil (13.771 - 224 hab./km2), Leuze-en Hainaut (13.519 - 184 hab/km2), Enghien (13.459 - 331 hab./km2), Bernissart (11.679 - 269 hab/km2), Frasnes-les-Anvaing (11.454 - 104 hab./km2), Estaimpuis (10.281 - 317 hab./km2). Parmi les communes les moins peuplées, on trouve Flobecq (3.480 - 151 hab./km2), Brugelette (3.513 - 124 hab./km2), Mont de l'Enclus (3.585 - 133 hab./Km2), Rumes, (5.184 - 217 hab./km2), Pecq (5.599 - 169 hab./km2), Celles (5.619 - 83 hab./km2), Ellezelles (5.907 - 132 hab./km2), Chièvres (6.665 - 142 hab/km2), Antoing (7.814 - 247 hab./km2), Brunehaut (7.901 - 171 hab/km2) et Silly (8.370, 123 hab./ km2).

Avec 39.562 habitants, la population étrangère représente 11,4% de la population totale de la Wallonie picarde. Ce nombre est supérieur à celui de la Wallonie (9,8%), de la Belgique (11,2%) et du Hainaut (11,7%). Parmi ces personnes d'un autre pays qui ont fait le choix de vivre en Wallonie Picarde, on trouve : 31.033 Français, 2.287 Italiens, 617 Espagnols, 582 Marocains, 493 Portugais, 483 Roumains, 343 Américains, 262 Polonais, 256 personnes issues de la République Démocratique du Congo et 221 d'Algérie. Ces chiffres datent de janvier 2015 et ne tiennent pas compte de l'arrivée massive de migrants en Belgique (et en Wallonie picarde) lors des vingt derniers mois. 

L'offre de logements en Wallonie picarde.

Comme partout, le logement représente un problème de notre époque. Bien souvent le logement est vieillissant, parfois insalubre, toujours insuffisant. La Wallonie picarde comptait au 1er janvier 2015, 160.956 logements, ce qui représentait une augmentation de 14.929 unités depuis 2005, une évolution positive de 10,2% qu'on rencontre aussi en Hainaut (+8,5%), en Belgique (+9,5%) et en Wallonie (+9,9%). Notre région fait donc mieux que ces différentes entités.

A Tournai, on assiste à un véritable boom de l'offre de logements neufs, des projets viennent de se concrétiser ou sont en cours de construction, à la rue Jean Cousin, à la plaine des Manœuvres, à la rue Barthélémy Frison, à la rue des Choraux, sur le quai des Salines et bientôt au quai Sakkharov ou sur le boulevard des Combattants.  Il en est de même à Ath (projet des Deux Dendres...), à Mouscron (les Jardins de l'Ours...), le projet de l'agri-quartier dans le prolongement du quartier Bon-Air à Leuze-en-Hainaut, à Enghien...

Le prix moyen du foncier est de 56 Euros/m2 en Wallonie picarde, supérieur à celui du Hainaut (52 Euros), de Wallonie (51), mais inférieur à celui de la Belgique (117) et de la Flandre (175).

Voici une première série de chiffres qui peut paraître indigeste mais elle est nécessaire pour effectuer une bonne comparaison entre diverses régions. 

(à suivre). 

(sources : Atlas Socio-Economique de Wallonie Picarde 2e édition 2016 - édité par Wapi 2025 ASBL et statistiques population du Service Public Fédéral Intérieur). 

S.T. octobre 2016.

 

 

17:17 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, wallonie picarde, densite population, logement |

23/09/2014

Tournai : la cité des cinq clochers ignorée par les instances wallonnes

Incroyable mais vrai ! (ou quand Paul Magnette et Paul Furlan dribblent Rudy Demotte !)

C'est un article paru ce mardi 23 septembre dans le Courrier de l'Escaut sous la signature de Géry Eykerman qui a retenu toute notre attention et titillé notre légendaire chauvinisme tournaisien.

Pendant longtemps, la Wallonie a été réduite à deux grandes villes : Charleroi et Liège. Carolos et Liégeois se considéraient souvent comme le nombril de la région francophone du pays. Grâce à leurs industries, principalement sidérurgiques, elles étaient connues au-delà de nos frontières.

La création de la Région Wallonne et l'installation de son gouvernement à Namur a permis à la petite cité mosane de sortir, elle aussi, du lot tandis qu'héritant du titre de "capitale culturelle de Wallonie", Mons, vint former le quatuor des grandes villes de Wallonie, grâce surtout à la présence de celui qui allait devenir, bien plus tard, le Premier Ministre du gouvernement fédéral.

Cinq autres villes réparties le long de la dorsale wallonne allaient composer un second peloton : Mouscron, Tournai, La Louvière, Seraing et Verviers, Ces villes, rayonnant sur les régions qui les entourent et comptant au moins 50.000 habitants, ont été désignées comme "grandes villes" par le gouvernement fédéral du temps où l'entièreté du territoire belge était de sa compétence.

Pouvant être assimilées à des petites capitales régionales (Tournai est la capitale de la Wallonie picarde), ces villes, par les services qu'elles offraient à la population de la région, recevaient, en compensation, des moyens provenant des fonds structurels européens pour leur redéploiement économique et leur revitalisation.

La note de politique régionale du nouveau gouvernement wallon sous la houlette du carolo Paul Magnette a repris huit villes au lieu de neuf dans la notion de grandes villes wallonnes éjectant... Tournai. Faisant fi de ses 70.000 habitants, de son patrimoine historique beaucoup plus riche que celui de Mons (soit dit en passant), du rayonnement économique sur toute une région où le dynamisme est encore de mise, de sa participation à l'Euro-métropole (ou peut-être à cause de celle-ci qui éveillerait des jalousies politiciennes), de son titre d'une des plus anciennes villes de Belgique partagé avec Arlon et Tongres.

Qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas d'un simple oubli mais bien d'un nouveau partage du gâteau pour tirer à soi une plus grande part.

Tournai est la ville de Rudy Demotte, ancien Ministre-Président de la Région Wallonne détrôné par l'ambitieux Magnette et actuel Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une fonction qui, aux yeux de nombreux électeurs, semblerait, de plus en plus, assimilée à une voie de garage honorifique. Tournai est, pour les Liégeois et les Carolos, le lointain far-west de la Wallonie, qu'ils situent parfois en Flandre, parfois en France car pour eux la Wallonie s'arrête à Mons !

Comme justification donnée par ces spécialistes, jamais à court d'arguments quand il s'agit de défendre leurs initiatives, il paraît que Tournai est une ville riche, dont le rendement de l'impôt des personnes physiques est très proche de la moyenne wallonne. Est-ce à dire que des villes qui dépensent régulièrement et sans compter pour la mise sur pied de manifestations de prestige, le font alors que leur population tire le diable par la queue ? Ce ne serait pas à l'honneur de leurs dirigeants !

Un vrai tournaisien de souche se doit de défendre sa ville, le blog "Visite Virtuelle de Tournai" chante, depuis sept ans, la cité des cinq clochers, ses enfants célèbres, ses faits historiques, son patois, c'est donc dans la même logique que cet article a été rédigé. Il risque de ne pas plaire à tout le monde mais comme disait Molière : "Qui se sent morveux, qu'il se mouche !".

(S.T. septembre 2014) 

19:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, wallonie, wallonie picarde |