10/08/2016

Tournai : évolution de la ville lors des dernières décennies (5)

Les années nonante.

De nombreux événements vont marquer cette décennie. Nous les présenterons en quatre catégories principales :

Les  nombreux incendies, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, les disparitions de personnalités et la Fondation Follereau.

Les incendies :

Deux incendies spectaculaires vont avoir raison de la firme "Unisac" située à l'avenue de Maire.

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Le premier éclate au petit matin, le 16 avril 1995 (photo ci-dessus). Durant quelques heures le ciel tournaisien est assombri par une épaisse colonne de fumée noire visible à des kilomètres à la ronde.  

      

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Les installations seront totalement détruites mais le bâtiment sera reconstruit et l'usine qui imprimait notamment des sacs de papier reprendra ses activités sous le nom de "New Unisac".

Ce ne sera pas pour longtemps, hélas, car le 2 janvier 1999, un nouvel incendie criminel détruira définitivement l'entreprise tournaisienne, le personnel qui avait surmonté les restructurations successives et fait face au sinistre précédent ira, malheureusement, grossir les rangs des demandeurs d'emplois. 

Deux incendies toucheront également l'Administration Communale. Le 11 août 1990, vers 2h30 du matin, les bâtiments situés dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville sont en feu. Les services de l'Etat Civil sont particulièrement touchés, des archives inestimables reconstituées après les bombardements de 1940 sont à jamais détruites. Cinq mois plus tard, les locaux provisoires qui abritent ces mêmes services sont une nouvelle fois la proie des flammes. Cette fois, le bâtiment du Musée d'Histoire Naturelle est menacé. 

On notera également les incendies du magasin "Le Roi du Matelas" à Froyennes, d'une pizzeria à la rue Saint-Martin et la tentative criminelle dans une résidence à appartements du quai Sakharov, tous les trois en 1995. En 1997, ce sont les établissements "Blanchitou" à la rue Hautem qui seront détruits par le feu et en janvier 1999, la discothèque "l'Indigo" à la rue Saint-Martin.

Le Cabaret Wallon

Année noire pour les chansonniers tournaisiens, entre  les mois de février 1994 et de janvier 1995, ils vont perdre quatre des leurs :

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Anselme Dachy, le pianiste, avant-dernier à droite de la seconde rangée) décède en février 1994, Jean Leclercq (dernier à droite de la seconde rangée, voisin d'A. Dachy) décède en juillet 1994, Lucien Feron (2ème à gauche de la dernière rangée) nous quitte en octobre 1994 et Eloi Baudimont (2ème à gauche de le première rangée) décède en janvier 1995.

En 1991, le Cabaret avait déjà enregistré le décès de Cyril Delbecq. 

Des divergences de vues au sein de la compagnie quant à la pérennité de celle-ci vont amener la démission du président Lucien Jardez en novembre 1996. Heureusement, grâce à l'arrivée de jeunes pousses, la Compagnie va poursuivre sa route vers son centième anniversaire. Certains la voyaient déjà disparaître !

 

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Autres disparitions enregistrées lors de cette décennie : celle de Raoul Van Spitael, en 1992, qui était bourgmestre depuis 1976, de l'évêque Charles-Marie Himmer en 1994 et de Roger Leveau dit '"Casquette", sans nul doute, le plus connu des supporters du Racing de Tournai, en 1995.

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La fondation Follereau (antenne régionale des amis du Père Damien) :

Voilà une association dont les membres se donnent sans compter afin de venir en aide aux parias de notre société : les lépreux. Depuis les années soixante, on les rencontre à leur quartier général de la Halle-aux-Draps lors du dernier week-end de janvier dans le cadre de la "Journée Mondiale des Lépreux" et on ne peut manquer leur stand à la Braderie de Tournai installé alors en face de la teinturerie Godet. Durant cette décennie, les membres de la fondation vont multiplier les actions au service des malades de la lèpre. Ils tisseront des liens d'amitié avec la léproserie d'Abou Zabaal près du Caire où iront travailler chaque année de nombreux bénévoles comme ils l'avaient fait depuis les années septante pour la léproserie de San Francisco de Borja à Fontilles en Espagne. Ils accueillent des résidents du centre espagnol à l'ombre des cinq clochers.

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Le 8 octobre 1999, les membres de la fondation seront en émoi car des individus peu scrupuleux ont volé le buste de Raoul Follereau installé près de la chapelle Saint-Lazare (ou chapelle des Lépreux) inauguré en décembre 1997. 

Nous ne pouvons terminer ce rappel de la décennie nonante sans évoquer deux noms de Tournaisiens qui restent à jamais gravés dans la mémoire collective :

Bruno Méaux, para-commando assassiné avec neuf compagnons d'armes à Kigali en avril 1994 et Sabine Dardenne enlevée sur le chemin de l'école par un pervers le 28 mai 1996 et qui sera retrouvée 80 jours plus tard. 

(documents photographiques : photos remises par Jacques de Ceunink, photos tirées de la presse locale, collaboration appréciée de Jean-Paul Foucart).

S.T. août 2016.

22/10/2012

Tournai, ce jour-là, le 16 avril 1995

En cette année 1995, la fête de Pâques se situe à la mi-avril. Le dimanche 16, vers 6h15, le tocsin retentit en ville. La centrale 100 située, à l'époque, à la rue Perdue, dans la caserne des pompiers, vient de recevoir trois appels, presque simultanément. Le premier émane de la centrale de détection incendie de l'usine Unisac située à l'avenue de Maire, à l'angle formé avec la rue Lefebvre-Caters, le second provient d'un ouvrier présent sur le site, le troisième d'un riverain levé aux aurores en cette matinée dominicale. 

A l'arrivée des premiers pompiers sur place, quelques minutes plus tard, le magasin du vaste bâtiment est déjà la proie de flammes gigantesques. Les hommes du feu, sous les ordres du commandant Francis Léchevin, comprennent rapidement qu'il serait vain de vouloir s'attaquer, directement, à cet énorme brasier, leur tâche prioritaire consistera donc à protéger, au mieux, le bâtiment administratif et un local qui contient des produits hautement inflammables et toxiques. 

Un élément va leur prêter main forte, le vent souffle légèrement du Nord-Ouest vers le Sud-Est et empêche le sinistre d'atteindre ce local ce qui aurait pu engendré des dégagments toxiques mettant en danger la santé des habitants du quartier de la drève de Maire (comme on l'appelle à Tournai). Le feu est avant tout alimenté par du carton, du papier et du polyéthilène. La combustion de ces matières, principalement fabriquées à base de carbone, dégage une fumée irritante mais non toxique. C'est l'unique raison pour laquelle, les pompiers conseillent aux habitants de l'avenue de Maire et des rues avoisinantes de rester calfeutrés chez eux.

Rapidement le bâtiment est dévenu un énorme brasier. Depuis la rue du Casino, située face à l'usine, de l'autre côté de l'avenue, les curieux découvrent un impressionnant mur de flammes hautes de plusieurs mètres. La chaleur dégagée par le sinistre est à ce point importante que des maisons situées de l'autres côté de la (pourtant large) rue Lefebvre Caters ont vu leurs peintures des boiseries brûlées comme par un chalumeau et leurs double-vitrages fissurés. 

L'ampleur du sinistre a nécessité la fermeture de l'axe routier allant du rond-point de l'Europe vers Froyennes, les véhicules sont déviés par les quais ou par la rue Saint-Eleuthère, toutefois, la circulation n'est pas fortement entravée en ce matin de Pâques, la plupart des habitants faisant la grasse matinée et ignorant probablement ce qui se passait pas loin de chez eux. 

Les pompiers tournaisiens ont fait appel à leurs collègues de Mouscron et de Leuze-en-Hainaut ainsi qu'à la Protection Civile de Ghlin. Une vingtaine de véhicules et une soixantaine d'hommes sont à pied d'oeuvre. Les hommes de la Protection Civile vont tirer une ligne de tuyaux à fort débit, longue de plusieurs centaines de mètres, pour rejoindre l'Escaut qui coule derrière les installations d'Unisac.

Autre avantage météorologique non négligeable, le temps est clair et cela permet à l'immense et épaisse colonne de fumée noire de ne pas stagner dans le voisinage, elle monte en volutes et s'étend en une écharpe sombre qui survole une partie du centre-ville pour se dissiper, peu à peu, au-delà des villages de Saint-Maur et de Wez-Velvain, allant, par endroits, jusqu'à obscurcir le jour naissant. Présent, durant la matinée, sur la place de Saint-Maur, je vis des centaines de "noirets", petites parcelles de suie ou de papier en combustion, tomber comme une neige noirâtre.

Déversant des tonnes d'eau, les hommes du feu se rendent peu à peu maîtres du sinistre, vers 11h30, soit un peu plus de cinq heures après les premiers appels, le feu est contenu, le risque d'extension s'amenuise. Il faudra néanmoins arroser les ruines fumantes de ce bâtiment de cent mètres de long, trente-cinq de large et dix de hauteur, jusqu'au milieu de la journée de lundi. La police lève l'interdiction de circuler, peu avant midi, la nouvelle s'est répandue en ville, les curieux sont de plus en plus nombreux.

Se déroulant un dimanche de Pâques, l'incendie n'a, heureusement, fait aucune victime parmi les cinq ouvriers chargés de la maintenance de la chaîne d'extrusion située à l'opposé du lieu de départ du feu.

L'usine Unisac fait partie du groupe allemand Schoeller qui l'avait rachetée, en décembre 1991, à l'U.C.B. (Union Chimique Belge). Le groupe a des implantations en Allemagne, Autriche, France, Suisse et également à Gand. A Tournai, l'usine compte quatre unités de production : une activité en continu, l'extrusion, mais aussi la confection de sacs poubelles, une sacherie et un département impression. C'est la totalité du stock de papier de cette dernière qui est parti en fumée. Suite à la dernière restructuration qui avait eu lieu quelques mois auparavant, en septembre 1994, il restait encore 155 personnes sur les 194 occupées précédemment. 

L'enquête va débuter dès le lendemain et, très rapidement, l'affaire est mise à l'instruction (le mercredi 19 avril). L'expert désigné par le parquet a relevé de nombreux indices qui donnent à penser que l'origine du sinistre était loin de paraître accidentelle. Aucun élément sur place ne pouvait avoir spontanément provoqué une combustion. Le feu semblait avoir été bouté à l'intérieur du bâtiment et à proximité de son point de départ, il a été découvert une petite porte donnant dans rue Lefebvre Caters ouverte, alors que normalement celle-ci est toujours fermée. Si une personne était à l'origine de la mise à feu, elle devait connaître parfaitement le bâtiment. 

Vengeance d'un membre du personnel licencié quelques mois plus tôt, fraude à l'assurance ou début de liquidation de l'unité tournaisienne, le tribunal allait devoir examiner les raisons de ce gigantesque feu qui rappela bien de mauvais souvenirs aux pompiers car, c'était également le week-end de Pâques de l'année 1980, quinze ans plus tôt que le Tournai-Shopping avait été détruit par un incendie spectaculaire (fait divers dont l'Optimiste vous a déjà parlé).

Le 27 janiver 2000, alors que le tribunal venait de conclure que les affaires précédentes étaient probablement des fraudes à l'assurance, un nouvel incendie éclata, cette fois, trois ouvriers furent légèrement intoxiqués en portant secours à un des leurs resté dans le local où avait démarré le feu.

Ce nouveau fait divers sonna le glas de l'entreprise tournaisienne, l'usine Unisac fut mise en liquidation, Tournai perdait un de ses fleurons dans le domaine de l'industrie du papier, une aventure qui avait débuté, juste après la seconde guerre mondiale, avec le Monobloc dont l'usine était située à la chaussée de Lille. Rachetée par les Papeteries de Genval, elle allait donner naissance à Unisac qui s'installa à l'avenue de Maire à la fin des années soixante. 

(sources : journaux "Le Courrier de l'Escaut" et "Nord-Eclair" d'avril 1995, de janvier 2000 et souvenirs personnels)

(S.T. octobre 2012)

09:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, unisac, monobloc, groupe schoeller, incendie, sinistre, pompiers |

12/08/2009

Tournai : l'année 2001 sous la loupe (1)

L'année 2001 débute par une fusion, celle de la Police et de la Gendarmerie, deux corps regroupés sous le vocable de Police Fédérale. Celle-ci fait suite aux évènements de l'année 1996 et à l'affaire Dutroux. On s'est rendu compte, à cette occasion, de la rivalité exacerbée qui régnait entre ces deux corps de forces de l'ordre, chacun allant jusqu'à faire de la rétention d'informations afin de pouvoir être le premier à résoudre les disparitions d'enfants. Attitude puérile d'une hiérarchie qui recherchait plus les honneurs que l'efficacité sur le terrain et qui a, très certainement, abouti à la mort de jeunes victimes innocentes enlevées par un monstre. Cette fusion va entraîner quelques modifications à Tournai. A partir du lundi 15 janvier 2001, les plaintes devront être, désormais, uniquement déposées à l'ancien commissariat de police de la rue de l'Athénée, tandis qu'à la rue de la Citadelle, dans la caserne de l'ancienne gendarmerie, subsisteront le centre de communication et une centaine d'hommes chargés des interventions et de la circulation. Situation transitoire dans l'attente de la construction d'un bâtiment unique qui regroupera l'entièreté des services. Le commissaire Jacques Minne sera désigné pour prendre en main les destinées de ce nouveau corps et aura une mission délicate à mener, l'intégration de deux mentalités différentes, naguère concurrentes. De plus, la population constatera rapidement que si le législateur a pris une bonne mesure en instaurant cette fusion, il ne donna cependant pas à la nouvelle entité des moyens financiers suffisants pour assurer une bonne protection de zones de police parfois démesurées, comme l'est celle de Tournai. Alors que la sécurité devient un argument sans cesse évoqué dans les sondages effectués auprès du citoyen, les gouvernements successifs se montreront sourds aux demandes des communes. Finalement cette fusion tant attendue se révèle une demi-mesure et les policiers sont trop peu nombreux pour exercer toutes les tâches qu'on leur demande de remplir.

La nouvelle Police Fédérale sera confrontée, dès le mercredi 9 février, au blocage de la ville par des centaines de tracteurs. Les agriculteurs en colère ont décidé de bloquer les accès au centre-ville en s'installant aux différents carrefours situés sur les boulevards de ceinture. Alors que cela n'était pas prévu, ils débordent les forces de l'ordre et envahissent les rues de la ville provoquant une immense pagaille. La situation économique n'est pas bonne, les fermiers se plaignent, que dire alors des 18 personnes encore occupées par l'entreprise New Unisac à l'Avenue de Maire. Jadis fleuron de l'industrie tournaisienne, héritière de la firme "le Monobloc" installée à la chaussée de Lille, appelée Unisac alors qu'elle appartenait aux Papeteries de Genval, cette firme spécialisée dans la fabrication de sacs en plastique, ayant fourni de l'emploi à des centaines de personnes, annonce sa fermeture le 30 avril 2001. New Unisac avait été bâtie sur les... cendres de l'entreprise devenue propriété d'un actionnaire allemand et victime, par le plus grand des hasards, de plusieurs incendies successifs qui allaient précipiter sa perte.

Et la série noire devait, hélas, se poursuivre.... Le 10 octobre, les Ateliers Louis Carton annoncent un licenciement collectif de 25 employés sur les douze mois à venir. Pour justifier ceux-ci, la direction de l'entreprise parle de "l'effet Toulouse", l'explosion de l'usine AZF et d'une situation économique cahotique qui s'est installée après les attentats du 11 septembre à New-York, le carnet de commande souffrant de l'incertitude créée au niveau de l'économie mondiale par ces faits récents ! Une autre entreprise, bien connue à Tournai, dépose son bilan, la firme SHS (Soft and Hardware Solution) est en faillite. Fondée en 1988 et tout d'abord établie à la rue d'Espinoy, son développement rapide lui avait permis d'ouvrir une antenne à Mouscron en 1990 et à Ath en 1992. L'entreprise s'était ensuite établie à l'avenue Delmée où se trouvaient ses bureaux et magasins. Elle occupait une dizaine de personnes à temps plein et s'appuyait également sur un réseau de travailleurs indépendants. Spécialisée dans la vente de matériel informatique, la mise en place de logiciels et de programmes spécifiques pour les entreprise, la bureautique et les télécommunications, la société tournaisienne s'adressait aux particuliers, aux professions libérales et aux établissements scolaires. Une concurrence impitoyable a fait perdre de nombreux marchés à la firme SHS qui avait régné durant 13 ans sur ce secteur de pointe... La série des faits divers n'aura rien à envier à celle de l'année précédente, nous en parlerons dans le prochain article !

09:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, police federale, unisac, shs, ateliers louis carton |

08/06/2009

Tournai : l'année 1999 sous la loupe (2)

Nous avons vu que la météo avait été à l'origine de situations catastrophiques durant cette année 1999. Les faits divers feront eux aussi, très souvent, la "une" des journaux locaux. Pour la seconde fois en quatre ans (la précédente datée du 16 avril 1995), l'usine Unisac située à l'avenue de Maire est la proie des flammes, est-ce un hasard si le sinistre se déclenche une fois encore durant un week-end ? Le samedi 2 janvier vers 22h30, les pompiers sont appelés à combattre un important incendie qui, attisé par un vent violent, dirige les fumées (toxiques) sur l'entité de Kain, au point que les habitants de ce faubourg de Tournai sont invités à ne pas ouvrir portes et fenêtres. La direction de la société "New Unisac" qui appartient désormais au groupe allemand Stöll affiche sa volonté de poursuivre ses activités, l'enquête conclut à un incendie criminel, plusieurs foyers ayant été découverts. Un mois plus tard, le vendredi 4 février, un nouvel incendie spectaculaire détruit totalement le café-dancing "l'Indigo" situé en haut de la rue Saint Martin. Jadis à l'enseigne du "Café de l'Enclos", ce bâtiment a abrité ensuite un magasin de meubles. Le dancing avait fermé ses portes à 6h30 du matin et les pompiers avaient été appelés vers 7h00 ! Arrivés sur place, ils pouvaient constater que l'immeuble entier était la proie des flammes ! Le 8 octobre, c'est la désolation chez les membres de la Fondation Follereau de Tournai, le buste de Raoul Follereau inauguré le 7 décembre 1997 et situé à proximité de la chapelle du Val d'Orcq a été volé ! La nuit du 2 au 3 décembre, c'est la stèle érigée en mémoire du caporal Bruno Méaux, para-commando assassiné au Ruanda, qui est saccagée, la plaque rappelant son souvenir a été arrachée et cassée, probablement un acte de vandalisme de la part d'un inconscient. Le jeudi 16 décembre, la police tournaisienne réalise un joli coup de filet, elle met à jour un trafic de stupéfiants et d'XTC, quatre personnes sont arrêtées.

En ville, les travaux de rénovation se poursuivent. Après la création du parking de l'Esplanade de l'Europe sur la Plaine des Manoeuvres, la réfection de la place de Lille et de la Grand'Place débutent, durant le mois de janvier, les travaux de la jonction entre le forum tournaisien et les quais, ce sont d'abord la rue des Chapeliers et le place Paul Emile Janson qui sont en chantier. En janvier également, on détruit le grand panneau publicitaire qui se trouve sur la Grand'Place, à proximité de l'église Saint Quentin et qui proclame, depuis des années, "Bienvenue à Tournai". Le site des Douze Césars se dévoile, il va faire, dans un premier temps, l'objet de fouilles archéologiques, on annonce, à cette occasion, la prochaine création d'un parking souterrain souhaité par les commerçants, mais ce projet ne verra jamais le jour ! Au mois de janvier également, on débute la construction de deux pavillons d'accueil sur la Plaine des Manoeuvres, entre le parking de l'Esplanade de l'Europe et la Maison de la Culture, l'un sera destiné à vanter les atouts touristiques de la ville auprès des visiteurs, l'autre comportera des blocs sanitaires. Le samedi 14 mars, on inaugure la statue en bronze de 95 kilos de l'héroïne tournaisienne de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, "Martine" et son chien Patapouf est une oeuvre fondue par les Ateliers Casting d'Audenaerde, elle concrétise l'idée du Président du club Richelieu, Jean Pierre Leclercq. Après un court séjour de découverte à l'Hôtel de Ville, elle trouvera place au pied du Fort Rouge, à la rue Perdue.

10:14 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, unisac, club richelieu, martine |

13/05/2009

Tournai : l'année 1997 sous la loupe (3)

Dans le domaine économique, l'année 1997 s'inscrit dans la continuïté des années précédentes. Le mois de janvier voit la fermeture définitive d'un magasin ancré depuis des décennies dans le centre de Tournai, situé rue Soil de Moriamé, au pied de la cathédrale. L'enseigne "Sarma" disparaît. Elle fut, avec la Coopérative l'Avenir, une des premières grandes surfaces tournaisiennes antérieurement à l'implantation du magasin Unic et, ensuite, du Grand Bazar à la rue de la Tête d'Or, bien avant l'apparition du magasin Colruyt sur le quai des Salines et bien avant les centres commerciaux qui s'érigeront, à l'extérieur de la ville, à Froyennes ou aux Bastions dans les années septante. Sarma avait connu une première restructuration en 1981, abandonnant l'alimentation, il était devenu "Sarma Shop", se consacrant exclusivement au domaine vestimentaire. C'est un nouveau pôle attractif du quartier piétonnier qui ferme ses portes après le magasin de chaussures "Batta" disparu l'année précédente. Le Sarma Shop occupait 5 employées et une gérante.

Dans le courant du mois d'avril, le dossier Unisac refait surface, un nouveau repreneur s'est manifesté auprès de la curatelle, le groupe allemand Stoll. On apprend que son offre de reprise date déjà de novembre 1996 et qu'il souhaitait redémarrer les activités en décembre 1996, le rachat des actifs avait été fixé à 140 millions de Fb (env. 3.470.000 Euros), le groupe Stoll avait trouvé les crédits nécessaires mais, une fois encore, la "Commerzbank"avait un catégorique véto à ce rachat, on commence vraiment à se demander dans les milieux économiques tournaisiens quel rôle joue ce banquier allemand opposé jusqu'alors à toute reprise des activités. Les négociations se poursuivent et l'horizon ne s'éclaircit pas ! Une autre entreprise tournaisienne en difficulté est la firme Delphi située dans le zoning d'Orcq, dans le courant du mois de mai, on apprend que trois grands groupes industriels japonais, américains et hollandais ont l'intention d'investir sur le site et on évoque la possibilié de créer 300 emplois.

De l'économie à l'écologie, il n'y a qu'un pas que nous franchirons. Le lundi 26 mai, l'antenne belge de la Fondation Nicolas Hulot se réunit à Tournai en présence de son fondateur-défenseur de la planète, de Bernard Carton, Président de la Fondation belge et d'une jeune tournaisienne, Céline, initiatrice de cette rencontre. Lors du colloque organisé à la Maison de la Culture participe un spectateur attentif, le Prince Laurent de Belgique. Avec les rubriques consacrées au sport et à la culture, nous terminerons cette revue des évènements qui rythmèrent la vie quotidienne des Tournaisiens en cette année 1997. On commence tout doucement à évoquer la fin de siècle, le prochain passage au nouveau millénaire et dans les milieux financiers, on se prépare à une autre arrivée, celle de la monnaie unique européenne !

09:48 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, nicolas hulot, maison de la culture, unisac, sarma, delphi |

30/04/2009

Tournai : l'année 1996 sous la loupe (2)

Sur le plan social, l'année 1996 à Tournai fut encore marquée par de nombreux évènements. Au début du mois de février, on apprend que l'entreprise Unisac, située à l'avenue de Maire, a été revendue pour le franc symbolique à un consultant strasbourgeois, le géant allemand Schoeller s'est débarrassé, le mardi 6 février, de la totalité de ses actions. Le consultant viendra rencontrer les membres du personnel tournaisiens, l'usine occupe encore 140 travailleurs dont une centaine d'ouvriers. Il n'y aura pas de miracle, face au gouffre financier, les banques refusent toute nouvelle ouverture de crédit et le lundi 19 février, la société tournaisienne se voit contrainte de déposer son bilan. Une fois de plus, une entreprise jusqu'alors performante tombée dans le giron d'un grand groupe international n'a pas obtenu le renforcement espéré de ses activités mais, au contraire, a été vidée de sa substantifique moëlle. Dans les mois qui suivirent, des candidats repreneurs se manifesteront mais se heurteront à un véto catégorique de la part de la banque allemande qui veut récupérer l'entièreté du crédit accordé, même une solution de reprise par des anciens cadres de la firme tournaisienne échouera.

Au début du mois de mars, No Télé organise, en direct, à la Maison de la Culture, un débat télévisé sur l'enseignement, alors que celui-ci est en pleine tourmente suite aux propositions de la Ministre de l'Education Nationale, Laurette Onkelinckx. Celle-ci, invitée à y participer, ne se dérobe pas et fait front à la "haie d'honneur" de manifestants assez virulents, la huant copieusement. En juillet, une nouvelle entreprise dépose son bilan, la société Darwin à Orcq, spécialisée dans le préfabriqué. Elle présentait un passif de plusieurs dizaines de millions de francs belges. Durant l'automne, d'autres problèmes vont surgir à Delphy Orcq et aux Ateliers Louis Carton. A la fin du mois d'octobre, les ouvriers de cette dernière usine, située à la chaussée d'Antoing, partent en grève. Le lundi 4 novembre, des négociations entamées entre les représentants du personnel et la direction débouchent sur une convention acceptée à l'unanimité (moins deux abstentions). Le personnel est appelé à consentir un nouvel effort, on évoque une dizaine de licenciements à la place des 46 précédemment annoncés. Les jours de repos compensatoires sont réduits de 17 à 15. Selon la direction, une restructuration était nécessaire en raison de la mauvaise situation économique. ... Dans le prochain article nous évoquerons l'année culturelle 1996 à Tournai.

09:12 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, no tele, unisac, ateliers louis carton |

04/04/2009

Tournai : l'année 1995 sous la loupe (2)

Au rayon des "Faits Divers", l'année 1995 commence par une statistique qui devrait faire réfléchir plus d'un automobiliste. Durant l'année précédente, la presque totalité de la population du plus petit village du Tournaisis a été rayée de la carte par les accidents de la route. On a, en effet, dénombré 110 morts, sur les routes de notre région, au cours des douze mois écoulés. L'année 1995 n'apportera aucun espoir de changement au niveau des habitudes de conduite, le même nombre sera atteint en décembre. Piétons tués sur des passages protégés, cyclistes heurtés par des voitures, collisions frontales et pertes de contrôle du véhicule alimenteront le rayon des drames de la route. La vitesse excessive, l'alcool au volant et la distraction sont, une fois encore, les responsables de cette dramatique hécatombe. 

Après les chutes de neige de la première semaine de janvier, ce sont d'abondantes précipitations qui sont à l'origine d'inondations et de coulées de boue dans la région, elles se dérouleront en deux phases, la plus importante ayant lieu à la fin du mois de janvier, ces informations météorologiques alimentent, elles, la rubrique des faits d'hiver !  Durant la soirée du jeudi 9 février, gros émoi au zoning commercial de Froyennes, le magasin "Le Roi du Matelas" est en flamme, l'incendie est visible à des kilomètres à la ronde, ce magasin occupe 5 travailleurs et est installé depuis 1990. Les pompiers lutteront une bonne partie de la nuit. L'enquête révèlera que le sinistre était d'origine criminelle, l'expert désigné relevant trois départs distincts de feu. Le dimanche 16 avril restera gravé dans la mémoire des tournaisiens. Au moment de leur réveil, le ciel est assombri par d'épais nuages noirs poussés par un vent de Nord-Ouest. Ils proviennent de l'Usine Unisac située à l'Avenue de Maire. Vers 6h15, l'alarme a été déclenchée, quand les hommes du feu arrivent sur les lieux, à peine cinq minutes plus tard, ils sont confrontés à un énorme brasier, le magasin de la firme est totalement la proie des flammes. Pompiers de Leuze, de Mouscron et Protection Civile de Ghlin sont appelés en renfort, il faut absolument protéger les bâtiments voisins. Pour les tournaisiens qui assistent de loin au combat des pompiers, le sinistre est aussi spectaculaire que celui du Tournai-Shopping d'avril 1980. Le dimanche soir, il ne reste plus que quelques murs calcinés et quelques poutres tordues. L'usine travaillant en continu au niveau de son département extrusion (étirage de polyéthylène), on avait craint d'éventuelles victimes mais les ouvriers présents avaient pu quitter les lieux dès qu'ils avaient constaté le sinistre. Les 150 ouvriers qui avaient survécu à l'importante et douloureuse restructuration imposée en septembre 1994 par le repreneur allemand, se trouvaient, à nouveau, confrontés à une vive inquiétude en ce qui concerne leur avenir. 

Durant la nuit du 26 au 27 juin, c'est un incendie accidentel qui détruit totalement une pizzéria située au n° 15 de la rue Saint-Martin, il a été provoqué par la surchauffe d'un frigo situé à proximité du four. Heureusement, les étages n'étaient pas occupés et la pizzéria avait fermé deux heures plus tôt. Le 8 novembre, vers 2h40, un incendie, une nouvelle fois d'origine criminelle, se déclare dans un immeuble du quai Sakharov. Une jeune femme et une personne âgée auront la vie sauve grâce à la rapide intervention de policiers en patrouille qui avaient remarqué de la fumée s'échappant de l'immeuble. Ils parvinrent à éveiller les locataires après avoir enfoncé la porte d'entrée et prévenu le service d'incendie. Une main criminelle avait bouté le feu à des tapis dans un débarras accessible par le terrain voisin.

Dans le courant de cette année 1995, les policiers tournaisiens réalisent d'autres faits marquants : l'arrestation le 4 juillet d'un trio de malfrats qui, durant des semaines, avaient commis des agressions envers des dames seules, bien souvent âgées, mais également un vol dans une librairie du centre-ville et la dégradation nocturne de nombreux véhicules, l'arrestation, un mois plus tard, d'une bande occupée à commettre un cambriolage dans un magasin de Vaulx. L'enquête qu'elle déclencha a permis de résoudre d'autres vols commis par les mêmes auteurs dans la région flamande. Au niveau social, l'année 1995 apportera également son lot de turbulences, nous le verrons prochainement...

13:34 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, unisac |

20/03/2009

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (2)

L'année 1994 est encore marquée par de mauvaises nouvelles sur le plan économique. Le 25 août, Unisac, entreprise de l'Avenue de Maire spécialisée dans la cellulose et la confection de sacs pour la grande distribution, subit une nouvelle restructuration. Depuis le 31.12.1992, l'effectif ne cesse de diminuer passant de 213 personnes occupées à cette date à 185 au 30.6.1994. L'actionnaire allemand, le groupe Schöeller, constatant une diminution de 25% du chiffre d'affaire en trois ans, décide de licencier 46 personnes supplémentaires, ce qui ramènera le personnel à 139 unités. Voici encore un fleuron de l'industrie tournaisienne, ancienne propriété des Papeteries de Genval, en difficulté après... son rachat par un puissant groupe étranger sensé lui apporter un développement des activités et une stabilité de l'emploi. On commence à s'interroger : nos entreprises ne sont-elle finalement pas "vampirisées" par des repreneurs qui en sucent la substantifique moelle, s'enrichissent du savoir-faire local et s'approprient carnet de commande, acheteurs existants ou potentiels ? On verra dans un avenir très proche que d'autres questions surgiront à ce sujet.

La série noire continue. Après la faillite d'Orbetra (entreprise de travaux), c'est la S.A. Ateliers électrotechniques et Van Caspel qui met la clé sous le paillasson, le 14 octobre 1994. Le holding Target 21, propriétaire de ces sociétés spécialisées en électricité industrielle et en matériel de malterie dépose le bilan. Cent personnes perdent leur emploi. L'avenir de la Maison de la Culture devient plus serein, le Ministre Thomas annonce une augmentation substantielle de l'aide de la Communauté française, une convention de gestion est signée, en mai, par le Ministre, les autorités communales, provinciales et régionales, permettant à la MCT de voir, avec confiance, se profiler les quatres années à venir.

La série des "faits divers" est encore bien longue, nous en avons extrait certains. Le 7 février, un violent incendie se déclare dans un immeuble du boulevard des Nerviens, alors que des voisins appellent les secours, un agent de la police communale passant sur les lieux, constate que trois des six occupants du bâtiment n'ont pas pris conscience du sinistre. Il n'hésite pas à entrer au péril de sa vie, à prevenir les habitants et à les regrouper auprès d'une fenêtre, toute retraite par l'escalier étant devenue impossible en raison des fumées qui l'avait envahi. Les pompiers arrivés sur place parvinrent à évacuer les trois personnes en état de choc. Sans le courage de Philippe D., le policier courageux, on aurait très certainement dénombré trois victimes dans ce sinistre. Le vendredi 11 mars, vers 23h, un véhicule immatriculé en France roule à très grande vitesse sur la chaussée de Renaix. Celui-ci vient de forcer deux barrages de police, l'un au pied du beffroi, l'autre dans la rue de la Tête d'or où quatre personnes ont été blessées, deux policiers et deux participants au carnaval de Tournai. Il apparaît rapidement que le véhicule a été volé, le matin même, à Roubaix. Deux véhicules des forces de l'ordre le prennent en chasse, il sera intercepté à Renaix et quatre des cinq fuyards seront interpellés, le cinquième parvient à s'enfuir, vole un vélo et se fait pincer par les policiers alors qu'il revenait vers Tournai. Le vendredi 1er avril, la chaussée de Douai à Tournai est le théâtre d'un accident spectaculaire. Un véhicule immatriculé en France effectue une violente sortie de route, heurte un poteau, décapite le toit d'un abri de jardin et termine sa course, on peut même dire son vol, sur le toit, dans un arbre, le conducteur, sorti avec difficultés par les services de secours de sa position délicate, est gravement blessé, son passager plus légèrement. Des trombes d'eau s'abattent sur le Tournaisis le jeudi 2 juin vers 16h30, provoquant des inondations à Mourcourt, Froyennes, Calonne et dans le centre-ville. Le dimanche 6 novembre, une puissante voiture immatriculée au Luxembourg emprunte l'autoroute vers Mons à contre-sens. Son conducteur ne peut éviter un véhicule immatriculé en France, deux jeunes françaises seront tuées sur le coup, la voiture emboutit un second véhicule dans lequel on dénombrera deux blessés. Le conducteur-fantôme sort indemne de l'accident qu'il a provoqué. ... Dans le prochain article nous aborderons la saison culturelle.

08:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, unisac, orbetra, van caspel, fait divers |

22/05/2008

Tournai : l'année 1960 sous la loupe (2)

Dans le courant de l'année 1960 de nombreux chantiers vont s'ouvrir en ville. Le mercredi 24 février, on enfonce les premiers pieux au nouveau quartier industriel et le 13 juin on pose la première pierre de l'usine Unisac (unité des Papeteries de Genval) à l'avenue de Maire. Au même moment, à l'avenue Delmée sortent de terre les bâtiments du futur centre médical des Fédérations de Secours Mutuels. Bientôt s'érigera à cet endroit la maternité Notre-Dame et plus tard la clinique et le centre de diagnostic Léo Chevalier verront le jour. Le 1er mars débutent les travaux de construction de la piscine couverte à la rue Madame et à la chaussée de Lille, dès le printemps, les ouvriers s'activent à la restauration de la chapelle du Val d'Orcq, mieux connue à Tournai sous le nom de chapelle des Lépreux. C'est tout ce qui reste, en effet, de la léproserie située à cet endroit au moyen-âge. L'entreprise dirigée par Mr.Walter Devray quitte Gaurain pour s'installer sur le quai, derrière le terrain du Racing.

Ouverte un an auparavant, la section locale de l'Ecole supérieure de l'Accordéon de Belgique, dirigée par Pierre Duchateau, pionner de cet instrument dans notre région, se déplace, le samedi 9 avril, dans le Pas de Calais afin de participer au 7e Festival d'accordéon organisé par ce département du Nord de la France. Face à 400 participants issus des académies de Lille, Dunkerque, Toulouse... quatre jeunes tournaisiens se distinguent et remportent le premier prix dans leur catégorie : André Cominotto obtient la médaille d'or en "Juniors", Georges Fervail et Raymond Durenne, celle de la catégorie "semi-professionnels" et Walter Procureur dans la catégorie "excellence".

Dans le domaine sportif, on relèvera que le Racing de Tournai, descendu de division I à l'issue de la saison précédente, est contraint à un test-match afin d'éviter la place de second descendant. Celui-ci a pour cadre le stade de La Gantoise et les "Rats" l'emportent sur le Racing de Malines sur le score de 3-1. Il est remarquable de constater que de nombreux unionistes avaient fait le déplacement pour encourager leurs "rivaux" d'alors : Georges De Ruyter, capitaine de l'équipe fanion, Raymond Delbauve, François Loncheval et René Renard, anciens joueurs Rouge et Vert. Bien avant la fin du championnat, on avait appris à la Drève de Maire que Louis Verstraeten n'entraînerait plus les "Jaune et Noir" la saison suivante. Durant les sept saisons passées à Tournai, il avait remporté avec le Racing, le challenge Breitling, la Coupe de Belgique, le challenge Pappaert, le Mérite sportif tournaisien et avait fêté la montée en Division I. Celui qui allait devenir l'entraîneur de La Gantoise avait accompli de l'excellent travail à l'ombre des cinq clochers. Jean Dedonder, son adjoint, ayant décliné l'offre de le remplacer, préférant s'occuper des jeunes du club, le Racing fit alors appel à Jacques Favre, ex-gardien de Reims, de l'OGC Nice et de Nancy et ex-entraîneur de Nancy, Metz et de La Gantoise ! Cette fin de saison sera marquée par le décès tragique dans un accident de voiture près de Saint Trond de Lucien Nivesse, un jeune espoir du club tournaisien. Autres évènements sportifs, les frères Eddy et André Carbonnelle sont sélectionnés, pour la seconde fois consécutive, au sein de l'équipe nationale belge de hockey, pour participer aux Jeux Olympiques de Rome, quatre ans après avoir participé à ceux de Melbourne et l'athlète Louise Fricq de la Royale Union Sportive (section athlétisme) bat les records du 80 m et du 150 m, ce qui attire l'attention des sélectionneurs nationaux. Il y a encore bien des choses à dire au sujet des faits de cette année 1960, nous vous donnons donc rendez-vous dans un prochain article...

(sources : le Courrier de l'Escaut)

05/07/2007

Tournai : le faubourg de Maire (2)

Comme nous l'avons vu, la rue Saint Eleuthère est une voirie importante de ce quartier du faubourg de Maire, elle n'est pourtant pas la principale. L'avenue de Maire, appelée aussi chaussée de Courtrai par les tournaisiens, relie les boulevards de ceinture à la route menant aux portes de la Flandre Occidentale toute proche (25 km à peine séparent Tournai de Kortrijk). Jadis, certains enfants l'appelaient cette route : la "route de la mer", en quittant Tournai, elle était empruntée par les voitures particulières et les services de cars de la firme Georges assurant la liaison Tournai-La Panne. Longue et large avenue bordée d'arbre, elle traverse les anciens près de Maire sur lesquels, il y a une centaine d'années, on pouvait encore voir des bergers faire paître leurs moutons. Proches de l'Escaut, les près de Maire étaient une zone marécageuse qui fut asséchée et bâtie à partir de la fin du XIXème siècle. Au début du XXème siècle, le tram à vapeur qui menait alors les usagers vers la frontière française y embarquait, aux aurores, les nombreux ouvriers frontaliers tournaisiens occupés dans les lainières de Roubaix.  

Lorsqu'on emprunte l'avenue pour quitter Tournai, on constate que sa partie de gauche est principalement réservée à l'habitat, rangées de maisons ouvrières au début, importantes maisons bourgeoises, villas et résidences ensuite. Sur la droite, une suite de petites et moyennes entreprises dont l'alignement est seulement interrompu par l'emplacement de l'ancien stade du Racing Club de Tournai sur le terrain duquel a été construit le nouvel arsenal des Pompiers et également par les nouveaux locaux de la Police Judiciaire.

Le Royal Racing Club Tournai est né en 1908. il fut fondé par un cercle d'étudiants catholiques, alors que le club voisin, l'Union, trouvait ses racines dans le monde libéral de l'époque. C'était un époque où les clivages étaient encore fort marqués. Les "Jaune et Noir" devaient connaître des heures de gloire en 1956, lorsqu'ils remportèrent la Coupe de Belgique, le 10 juin, face au CS Verviers et en 1959 lorsqu'ils évoluèrent en Division I. Le club fut le berceau d'excellents joueurs tels Jean Dedonder, Michel Liénard, Pierre Decaluwe ou Pierre Crombez qui fit les beaux jours du Racing White. Il fut surtout connu à travers la Belgique par son supporter numéro 1, Luc Varenne, reporter sportif à la RTB et par son pluys fidèle serviteur, Roger Leveau, dit Casquette, connu sur tous les stades de Belgique. Les derbies avec son voisin étaient de grands moments du folklore tournaisien, à la veille de ceux-ci, les très nombreuses sections de supporters des deux camps fourbissaient leurs armes, mais si la rivalité était grande, les rencontres se déroulaient toujours dans la plus grande correction, le plus grand fair-play et il n'était pas rare, à la fin du match, de voir les supporters des deux clubs fraterniser autour d'un verre tout en promettant la revanche pour la rencontre suivante. Désormais, Union et Racing forment le Football Club Tournai, une page de l'histoire du football tournaisien est tournée. Avec l'accession de ce nouveau club, désormais aux couleurs sang et or, en deuxième division nationale et sa participation, dès la première saison, au tour final désignant un montant en division Un, après un parcours plus qu'honorable en coupe de Belgique où il s'inclina avec les honneurs au parc Astrid face au Sporting Club d'Anderlecht, on a longtemps cru qu'il était le digne successeurs de ses glorieux ainés mais, hélas, la roche tharpéenne est souvent proche du Capitole et le club à connu la descente en troisième division, glorieuse incertitude du sport !

Sur l'avenue de Maire s'élevaient aussi les bâtiments de l'usine Unisac, spécialisée dans la confection de sacs pour la grande distribution, victime à quelques années d'interval de deux spectaculaires incendies dont le dernier lui fut fatal. Le long de l'Escaut, sur le quai Donat Casterman, était établie depuis 1962 l'imprimerie Casterman, les locaux de la rue des Soeurs Noires ne permettant plus de faire face à son développement continu. Maison réputée, spécialisée dans l'impression de bandes dessinées et de l'annuaire téléphonique, l'imprimerie Casterman éditait les albums de Tintin et ceux de Martine, deux fleurons de l'édition pour les jeunesse, deux personnages connus dans le monde entier. En 2005, l'entreprise fit face à des difficultés, on redouta sa disparition mais ses activités furent reprises par un jeune et dynamique patron. Scindée en deux sociétés, Casterman Printing et Evadix, ce renouveau a permis de sauver des centaines d'emplois qualifiés dans ce domaine. 

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière et recherches personnelles)