01/08/2016

Tournai : évolution de la ville lors des dernières décennies (4)

La décennie quatre-vingt.

Les années quarante avaient apporté les ruines et la désolation, les années cinquante, le courage et la reconstruction, les années soixante étaient celles des espoirs les plus fous, les années septante nous ont soudainement rappelés à une dure réalité et le mot "crise" est venu pour la première fois (mais pas la dernière hélas) ternir le ciel presque sans nuage de l'économie mondiale.

Les années quatre-vingt vont confirmer celles qui ont précédé et seront caractérisées, à Tournai, par un nombre important d'évènements négatifs.

Les mouvements sociaux.

Au niveau social, "Amil", "les Ateliers Louis Carton", "Balamo", "Dunlop", "La Lactilithe", "Meura" et "les Trois Suisses", fleurons de l'économie locale sont en grandes difficultés, on y parle de licenciements, de chômage, de faillite et de grèves.

Les grandes catastrophes.

Ces années seront aussi marquées par des catastrophes :

1980 Tournai incendie du Shopping (1).jpg

Le lundi de Pâques 7 avril 1980, au début de la matinée, la galerie commerciale du "Tournai-Shopping", située entre l'Escaut et le quartier Saint-Jacques, est totalement détruite par un violent incendie qui va mobiliser pompiers, policiers et protection civile durant toute une journée pour venir à bout du sinistre. Grâce à l'intervention de ces services, on a probablement évité qu'une partie du quartier soit détruite, tant le brasier était violent et étendu. (NDLR : voir l'article que nous avons consacré à cet évènement dans notre rubrique : ce jour-là le 7 avril 1980).

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Le 22 octobre 1984, vers 7h15, la maison du Vicaire général, Mgr Thomas, située à la rue Garnier est soufflée par une explosion. Si, à ce moment, le religieux était absent, sa sœur qui occupait l'immeuble a été retrouvée indemne dans les décombres ! (NDLR : voir l'article que nous avons consacré à cet évènement dans la rubrique : "ce jour-là le 22 octobre 1984")

1985.04.10 explosion viaduc (2).JPG

Le mardi 10 avril 1985, vers 19h15, en provenance de la station-service, une nappe de gaz se répand au carrefour du Viaduc et s'enflamme soudainement, des véhicules en attente pour traverser le carrefour sont piégés. On dénombrera une victime et des blessés, gravement brûlés (NDLR : voir l'article que nous avons consacré à cet évènement dans la rubrique : "Ce jour-là : le 10 avril 1985).

1987 explosion rue A. Asou (1).JPG

Le dimanche 27 septembre 1987, un branchement défectueux d'une bonbonne de gaz est à l'origine d'une violente explosion dans la rue Albert Asou, les dégâts sont importants dans le voisinage, vitres brisées, portes éventrées, véhicules en stationnement endommagés... Si de nombreuses personnes sont choquées, là non plus, on ne déplore pas de blessés graves. (NDLR : voir l'article que nous avons consacré à cet évènement dans la rubrique : "ce jour-là : le 27 septembre 1987).

 

Le grand banditisme.

Les agressions contre les biens et les personnes sont nombreuses durant cette décennie :

lors des six premiers mois de l'année 1981, on ne dénombre pas moins de 13 attaques à main armée dans le Tournaisis.

Le mardi 21 juin 1988, vers 8h30, alors que les écoliers qui fréquentent l'école Saint-Michel viennent de rentrer en classe, un hold-up sanglant se déroule juste en face de l'établissement scolaire, devant le petit bureau de poste. Un fourgon postal de transport de fonds est attaqué à l'arme de guerre par des individus encagoulés, deux postiers seront blessés et de nombreuses personnes choquées par la brutalité de l'action. On relèvera un nombre incroyable d'impacts de balles sur la camion postal et les façades. L'enquête révèlera que les auteurs de ce fait divers sanglant ne sont autres que Patrick Haemers et sa bande.

Il sera encore question de Patrick Heamers quelques mois plus tard lorsque le 13 février 1989, vers 22h30, un chauffeur de taxi stationné à la gare sera interpellé par Paul Vanden Boeynants, l'ancien premier ministre belge, qui avait été enlevé dans le parking de son domicile de Bruxelles par des individus, le 14 janvier. Là aussi l'enquête révèlera qu'il s'agit du même Patrick Haemers et sa bande qui avait séquestré l'homme politique belge dans une villa du Touquet.

Des évènements plus heureux.

Heureusement, on relève durant cette décennie des informations plus heureuses :

1988 championnat de Belgique pros arrivée podium.JPG

En juin 1988, la ville de Tournai et le club cycliste de la Pédale Saint-Martin dirigé par le dynamique Léon Foucart organisent le "championnat de Belgique pour coureurs professionnels", celui-ci est remporté par le sprinter Etienne de Wilde.

 

1988 Union comité du 85e anniversaire (2).JPG

1981 Union Jules Bocande.jpg

 

En 1988, le club de football de l'Union de Tournai organise des festivités pour commémorer ses quatre-vingt-cinq années d'existence. Durant cette décennie, au sein du vieux club Rouge et Vert, a fait ses débuts sur le continent européen, un joueur qu'on verra ensuite à Seraing, Metz et Paris Saint-Germain : Jules Bocande !

Terminons cette revue par deux autres photos glanées dans la presse locale. la première représente deux Tournaisiens devenus célèbres depuis lors sur les antennes de la RTBF ou de No Télé : le chroniqueur Jean-Louis Godet et Annie Rak, la seconde celle d'un humoriste tournaisien qu'on aurait aujourd'hui bien des difficultés à reconnaître : Bruno Coppens, lauréat au festival du Rire de Rochefort.

1989 Jean Louis Godet Annie Rack.JPG

1982 Bruno Coppens.JPG

(sources des documents photographiques : presse locale et photos de J. De Ceuninck. Je remercie pour sa collaboration Jean-Paul Foucart).

S.T. août 2016.

 

13/10/2014

Tournai : accident de Joseph Collie, le football tournaisien en deuil !

Le ciel était gris, ce dimanche 12 octobre après-midi. Vers 15h45, un cyclo roulait vers Tournai. Lorsqu'il aborda, à hauteur de Barry, l'important carrefour où la chaussée de Mons qu'il venait de quitter rejoint la chaussée de Bruxelles, il fut soudainement happé, par l'arrière, par un automobiliste venant de la Nationale 7. Que s'est-il passé ? Laissons à l'enquête le soin de le déterminer; .

L'infortuné cycliste a été projeté à une trentaine de mètres du point d'impact et est décédé sur le coup.

Voilà malheureusement un triste fait divers comme il s'en passe chaque jour sur les routes du Hainaut.

Quelques heures plus tard, l'identité de la victime connue, la nouvelle va rapidement se propager non seulement à Tournai, mais dans toute la région et jusque dans le Borinage : 

Joseph Collie a trouvé la mort dans cet accident.

Au moins tous les sportifs de la région connaissent Joseph Collie. Agé de 68 ans, il était originaire du village de Molenbaix, au pied du Mont Saint-Aubert, où il fit son apparition en équipe première. C'était durant la saison 1963-1964, au sein de l'équipe locale évoluant alors au niveau de la troisième Provinciale. Repéré par les "scouts" du Royal Racing Club Tournaisien, il y fut transféré, un an plus tard, passant directement de cette série inférieure à la troisième division Nationale.

C'est lors d'une rencontre remportée par les "Rats" tournaisiens au Racing de Malines en février 1965, qu'il fit ses débuts en équipe fanion (0-2 en faveur de Tournai). La semaine suivante, il fut à nouveau aligné contre le V.G. Ostende en visite à la drève de Maire. Cette rencontre fut à nouveau remportée par le club "Jaune et Noir" sur le score de 2-1. En deux dimanches, le petit gars de Molenbaix avait marqué trois des quatre buts de son équipe.

A la fin de la saison 66-67, il fêtera la montée du club en division deux Nationale et remportera avec l'équipe le "challenge Pappaert" attribué au team ayant, durant la saison, réalisé la plus longue série de rencontres sans défaite (14). Hélas, dans le courant de celle-ci, il fut victime d'une fracture d'un orteil et ne put être aligné que durant 21 rencontres.

Lors de la saison 1969-1970, lors de la rencontre disputée à domicile contre le C.S. Verviers, il fut désigné par l'entraîneur pour remplacer le gardien Michel Wilfart, blessé. Durant une mi-temps complète, il se démena comme un beau diable dans la cage tournaisienne et... le Racing l'emporta sur la marque de 2-1. 

Au cours de la saison 1971-1972, il fera une courte infidélité à son club puisqu'il évoluera au sein de l'Albert Elisabeth Club de Mons. Avec les Rouge et Blanc montois, il a failli décrocher le billet pour la première division nationale, devancé par le club du Standard de Lokeren.

En août 1972, il revient à Tournai et il permet de suite aux Racing de créer l'exploit, en coupe de Belgique, en s'imposant au Football Club Malinois, pensionnaire de l'élite, sur le score de 0-1. Il fut l'auteur de cet unique et précieux but.

En 1975, il quittera le Racing et signera pour le club voisin et rival de l'Union Sportive Tournaisienne. Il apportera à l'équipe sa science, sa maîtrise du jeu et son sens du but. Il évoluera ainsi avec les Patrick Voiturier, Marcel Rouneau, Claude Carbonnelle, Jacques Durieux, Philippe Engels, Dany Duquesne mais côtoya également les Jean-Jacques Casterman, Jean Marc Debaisieux, Pascal Depret , Jean Marc et Pierre Thonnard, Gildo Foda et Didier Quain.

Après six années passées au service des "Rouge et Vert", Joseph Collie devint joueur-entraîneur au Sporting Club de Quevaucamps et passa ensuite comme entraîneur au Football Club d'Hautrage.

Joseph Collie laissera également des regrets à ceux qui fréquentèrent le collège Sainte-Marie de Saint-Ghislain où il était un professeur de mathématiques apprécié.

Le football tournaisien a perdu un de ceux qui marqua de son empreinte sa longue histoire avant la catastrophique fusion voulue par l'ancien bourgmestre Christian Massy.

Il restera pour tous, un gentleman de stades.

(sources : "Hourra, Voici les Rats" de Jacques Lefebvre - "la R.U.S.T, des infants aux quater-vingt cheonq candelles" de Serge Tranchant" - presse locale)

S.T. octobre 2014

 

05/05/2010

Tournai : l'année 1949 sous la loupe (3)

L'année 1949 connaîtra encore trois grands évènements. Durant la seconde quinzaine de juillet se tiennent les "Grandes Floralies Tournaisiennes". Elles sont accompagnées d'un programme riche et écléctique. Lors de l'inauguration, le public est convié à un concours d'élégance automobile, une manifestation fort prisée à l'époque. Durant la quinzaine, on pourra assister aux concerts donnés par la Grande Harmonie municipale de Lille, les cornemuses et tambours du 1er bataillon des Gordon's Highlanders, la Royale Harmonie "La Concordia" de Dottignies sous la direction du chef tournaisien, Alfred Verdière, professeur de clarinette au conservatoire. Le jardin de la Reine accueillera la "Renaissance de Valenciennes" lors d'une fête gymnique et le théâtre d'eau proposera "la grande Nuit de la Belle Epoque" qui se terminera par un grandiose feu d'artifice.

Le Cercle Artistique organisera à la fin de l'été une rétrospective consacrée au peintre tournaisien Hippolyte Boulanger.Celui-ci est né à Tournai le 8 octobre 1837 et résida durant son enfance au n° 14 de la rue de Cologne (actuelle rue de l'Yser). Après la mort de son père, il partit habiter chez sa grand'mère à Paris et revint ensuite s'installer à Bruxelles où il suivit les cours de l'Académie de dessin. Il habitera successivement Uccle, Ruysbroeck, Auderghem, vivant de petits métiers qui lui assuraient à peine de quoi vivre. Il découvrit un mécène en la personne du peintre Camille Van Camp qui l'installa à "l'Auberge du Renard" à Tervueren. Amoureux des paysages de la forêt de Soignes, il fonda avec d'autres peintres, "l'école de paysage dite de Tervueren". On dira de lui qu'il était le plus remarquable paysagiste belge des temps modernes. Ses tableaux figurent aux musées de Bruxelles, Anvers, Gand et Liège. Sa ville natale possède dans son musée des Beaux Arts quelques oeuvres comme "Approche de l'orage", "Printemps à Boisfort", "La petite Vanne", "Verger à la tombée du jour" et deux paysages. Il est mort à Bruxelles, le 4 juillet 1874, âgé de 37 ans. 

A partir du mois de septembre se tiendra également une grande exposition d'Art Religieux ponctuée par des colloques et des concerts. Pour terminer la longue revue des évènements qui marquèrent l'année 1949 à Tournai, il nous reste à parler de l'actualité sportive.

Le samedi 8 janvier, le stade Gaston Horlait accueille une rencontre internationale de football entre l'Admira de Vienne, six fois champion d'Autriche, trois fois vainqueur de la coupe et leader du championnat de Division I autrichienne et le Royal Berchem Sports emmené par Marcel et Léon Aernoudts. Le club anversois l'emportera sur la marque de 3-2. Le 17 janvier, Joseph Preyse rencontre Billy Thompson, Champion d'Europe des légers, pour le titre. Thompson, 34 ans, a jusqu'alors livré 300 combats et n'en a perdu que six. Le boxeur tournaisien est, une nouvelle fois, déclaré battu aux points à l'issue des 15 rounds.Le 15 mai, le championnat de Belgique de division I de football prend fin. l'Union de Tournai se classe à la neuvième place avec 29 points (10 victoires, 9 nuls et 11 défaites) tandis que le Racing termine à la dernière place avec 11 points (3 victoires, 6 nuls et 21 défaites). Il est à noter que les derbies s'étaient terminés sur un score nul (un "drawn" comme on disait à l'époque en raison du souvenir demeuré vivace du passage des troupes anglaises). Le club Jaune et Noir a vécu une saison marquée par des remous internes. Le samedi 2 juillet, le Tour de France est de passage dans la cité des cinq clochers lors de la 3e étape menant les coureurs de Bruxelles à Boulogne. Dans le cadre des Floralies, Tournai accueille l'arrivée d'une étape du Tour de Belgique des Indépendants, une catégorie aujourd'hui disparue.On peut donc constater qu'à partir de cette année 1949, le tournaisien essaie d'oublier peu à peu les affres de la guerre, il y a quatre ans que celle-ci a pris fin.

(sources: "Le Courrier de l'Escaut" éditions de 1949 et "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefebvre, ouvrage paru en 1990, édité par la Société d'Archéologie industrielle de Tournai).

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21/04/2010

Tournai : l'année 1948 sous la loupe (3)

L'année 1948 fut aussi marquée par quelques faits divers dont le plus important se déroula durant les premiers jours de janvier. Un commerçant tournaisien avait installé son magasin au lieu-dit le "Pont Royal". Une nuit, des malfrats se sont introduits dans le bâtiment et ont emporté manteaux de dames, canadiennes, pantalons, paires de gants en peau, choisissant même au passage les articles les plus luxueux et délaissant les autres. Le butin de cette razzia s'éleve à environ 40.000 francs de l'époque. Comme le signale la presse, lorsque le propriétaire du magasin découvrit le vol, au petit jour, il y avait probablement bien longtemps que la marchandise avait été écoulée sur les marchés du Nord de la France. Après la parenthèse de la guerre, la criminalité transfrontalière reprenait peu à peu ses droits !

Si l'offre culturelle s'était étoffée par rapport aux deux années précédentes, les "sportifs" tournaisiens furent à la fête en cette année 1948. Le samedi 1er mai, une réunion cycliste qui se déroule sur la Plaine des Manoeuvres attire les plus grands champions de l'époque : Jef Scherens, dit le "Poeske", le roi du sprint qui sera reçu en l'Hôtel de Ville, Van Vliet, Van Loovere, Albert Sercu, Raymond Pauwels, Gosselin et Jean Adriaenssens entre autres se disputent sprint, poursuite et américaine tandis que le dimanche 5 septembre, le Grand Prix de la Ville de Tournai, disputé lui aussi sur la plaine, voit la participation, parmi les coureurs cyclistes les plus connus, de Jean Robic, vainqueur du Tour de France 1947, de Théo Middelkamp, le champion du monde 1947 et ancien vainqueur à Tournai, Brick Schotte, Rik Van Steenbergen, le hollandais Gerrit Schulte, Stan Ockers, Raymond Impanis, Désiré Keteleer, le coureur français Edouard Kablinsky, membre de l'équipe des Aiglons au Tour de France et l'italien Primo Volpi. Le jeudi 17 juin, le boxeur tournaisien, Joseph Preyse, s'impose aux points lors d'un combat disputé à Liverpool face à l'espoir britannique, Hughes Kid Germain.

Mais l'évènement qui nous retiendrons sera le titre de champion décroché par le club de l'Union de Tournai en Promotion et la montée en Division I où le club Rouge et Vert va retrouver son rival de toujours qu'est le Racing Club Tournaisien. Les "Unionistes" terminent à la première place du classement avec 15 victoires, 11 nuls et 3 défaites, ils ont scoré à 49 reprises et encaissé 24 buts. Avec un actif de 42 points en 30 matches, ils devancent le SC Menin (37 pts), l'AS Ostende (35 pts), le Stade de Courtrai (34 pts) et le FC Izegem (34 pts). Le Stade de Mouscron qui talonnait le club tournaisien à la mi-championnat termine à la 6e place avec 33 unités. Durant le championnat, le club de la rue des Sports avait aligné Edgard Robin (qui garda le but durant les trente rencontres), De Ridder, Genné, Van Calenberg, Victor Appelmans, André Messines, Lyssen, Deruytter, Herings, Renaud, Turpin, Carbonnelle, Fontaine, Fauck, Bataille, Guelton, Dewasme, Lamblin, Ratte et Wauquez. En Division 1, le Racing de Tournai termine à la 13e place avec 11 victoires, 3 nuls et 16 défaites. Avec un actif de 25 points, il devance le Vigor Hamme (23), Tubantia Borgherout (17) et l'AS Renais (12 pts).

Ainsi lorsque débute, en septembre, le championnat 1948-1949, les deux clubs tournaisiens se retrouvent-ils dans la même Division, celle de l'antichambre de l'élite. Le premier derby se déroule au stade Gaston Horlait, le dimanche 28 novembre, les Rouge et Vert et les Jaune et Noir ne peuvent se départager et se quittent sur le score de 0-0. Hélas, après une dizaine de journée, les deux clubs tournaisiens naviguent en bas de classement, le Racing occupant même la dernière place. Dans le cadre des festivités de la kermesse de septembre, outre le concours hippique au trot attelé disputé sur la Plaine des Manoeuvres, une rencontre internationale de football est organisée, le mardi 14 septembre, au stade Gaston Horlait, elle met en présence le RC Lens (F) et le Lyra (Lierre). C'est sur cette longue évocation sportive que se termine la revue des évènements qui marquèrent l'année 1948 à Tournai.

(sources : Le Courrier de l'Escaut).

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14/04/2010

Tournai : l'année 1947 sous la loupe (3)

Pour clôre ce chapitre consacré à l'actualité de l'année 1947 à Tournai, nous vous livrons, en vrac, différentes informations qui ont émaillé la chronique locale du Courrier de l'Escaut d'alors. 

Au niveau culturel, on assiste, à nouveau, à des concerts, l'annuelle prestation musicale du Conservatoire, la venue des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, le 22 février, ou encore aux petits cabarets de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et aux prestations du Théâtre Wallon Tournaisien d'Edgard Hespel.

Le sport a repris la place qui était la sienne avant guerre. En football, lors du championnat 1946-1947, à mi-parcours, à la veille de Noël, en Promotion, l'Union de Tournai compte 9 victoires, 4 nuls et 2 défaites, ses joueurs ont marqué à 34 reprises et sa défense a encaissé 16 buts. Le club Rouge et Vert, leader de la série, compte ainsi 22 points, soit deux points d'avance sur le Stade de Mouscron et 4 points sur Meulestede. En Division 1 (série A), l'antichambre de l'élite, le Racing de Tournai occupe la 8e place, le club Jaune et Noir a remporté 7 victoires, concédé 1 nul et a été vaincu à 7 reprises. Avec un actif de 15 points, il compte un retard de 9 unités sur le leader, le Racing de Malines qui devance le S.K. Saint-Nicolas. En boxe, le dimanche 6 juillet, le Championnat d'Europe des Légers a lieu au stade Gaston Horlait. Les amateurs tournaisiens de cet art qu'on dit "noble" n'ont d'yeux que pour leur concitoyen, Joseph Preyse, Champion de Belgique, qui défie le Champion d'Europe en titre et Champion d'Italie, Proietti. La rencontre se termine sur une victoire aux points du boxeur italien. Parmi les nombreux combats organisés en lever de rideau, dans la catégorie des Welters, l'espoir tournaisien Clovis Lequenne fait match nul avec le Champion de Belgique Delmine.

Un autre évènement festif va avoir des répercussions jusque dans l'hémicyle du Conseil Communal. On annonce l'organisation, le samedi 28 septembre, d'une grande fête de l'Aviation sur la Plaine des Manoeuvres. Au programme sont prévus des vols en formation de Pippers-Cub et d'Aeronca, un vol acrobatique d'un avion Auster et la présentation d'un Sokol. De plus, le public sera convié à des baptêmes de l'air. Cette annonce provoque un engouement certain parmi les Tournaisiens mais aussi au-delà de la frontière française. Ce n'est que la veille, alors que tout est pratiquement prêt, qu'il est constaté que le terrain est beaucoup trop court et que la piste d'atterrissage n'a pas les 400 m requis pour une telle organisation ! La fête est annulée et les autorités communales ont la tête basse car ils n'avaient pas respecté les consignes émises par les organisateurs ! Il va sans dire que l'opposition fait ses choux gras de ce couac aéronautique.

C'est dans le courant de cette année 1947 que vont débuter les travaux de réhaussement du Pont des Trous. On va procèder à l'élévation d'une tour à la fois. En juillet, la première tour est soulevée, tout d'abord de 10cm et ensuite de 24 cm. Lors d'une seconde opération, on la monte de 30 cm. La technique utilisée est impressionnante, la tour est préalablement coupée à sa base, 26 vérins hydrauliques sont introduits, les espaces créés par le réhaussement sont comblés, au fur et à mesure, par des poutres de béton qui remplacent progressivement les vérins. Il faut relever chaque tour d'environ 2m40, c'est dire si le travail sera long car il doit être également minutieux. On estime à 3.000.000 de kilos le poids de chaque tour, les vérins ont une pression de 110 tonnes et il a fallu 80 km de fil d'acier pour cercler les tours ! 

Pour être complet, signalons qu'en cette année 1947, on assiste également au retour du cirque De Jonghe, dans le cadre de la kermesse de septembre, il dresse son chapiteau dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville, à partir du dimanche 7 septembre.

(sources :  Le Courrier de l'Escaut)

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02/04/2010

Tournai : l'année 1946 sous la loupe (3)

Les cinq années de guerre ont modifié bien des choses, à commencer par la circulation automobile, malgré les restrictions d'essence, on voit progressivement circuler de plus en plus de véhicules. Parmi les nombreux accidents qui ont fait une dizaine de victimes sur le territoire de la ville en cette année 1946, nous en avons relevé quatre. Le premier peut paraître insolite. Lors d'une collision survenue sur les boulevards de ceinture entre un camion et une voiture, paradoxalement, on releva un blessé grave souffrant d'une fracture du crâne, le chauffeur du camion, et des blessés (très) légers, les occupants de la voiture ! Beaucoup plus grave sera l'accident qui se produit le jeudi 5 septembre 1946 sur la chaussée de Saint Amand, à proximité du café à l'enseigne du "Prince Régent". Une remorque de paille avait été trop chargée, il lui était impossible de passer sous le pont de chemin de fer qui enjambe la route à cet endroit. Après avoir rangé le convoi sur le côté de la route, les ouvriers commencèrent à décharger la paille. A ce moment surgit, venant de Tournai, un camion d'une firme de Deinze chargé de 10 tonnes de troncs d'arbre. Apercevant l'obstacle, le chauffeur appuie sur la pédale de freins mais constatant que ceux-ci ne répondent plus, ne trouve d'autre solution que de sauter en bas de son véhicule abandonnant la conduite de celui-ci à son convoyeur qui parvient difficilement à éviter l'obstacle. Malheureusement, il se trouve alors dans le rétrécissement formé par le pont, frolant celui-ci, il ne peut éviter un homme âgé qui marche sur le trottoir et une mère et sa fille qui le suivent. Le vieil homme sera grièvement blessé, les deux dames tuées sur le coup. Les occupants seront arrêtés mais le convoyeur sera rapidement remis en liberté car, se substituant au conducteur, il avait, au péril de sa vie, tenter d'arrêter le lourd véhicule. 

La reconstruction génère aussi ses victimes. Durant l'été, on découvrit dans l'Escaut, le corps d'un homme vêtu d'une salopette, l'enquête déterminera qu'il s'agissait d'un ouvrier venu de Flandre pour peindre le parapet d'un pont. Seul pour exécuter cette tâche, il avait basculé dans le fleuve en l'absence de tout témoin susceptible de lui porter secours. Ayant soufferts durant cinq ans, les habitants de la ville ont un impérieux besoin de distractions, il n'est donc pas étonnant de voir les guinguettes et les fancy-fairs faire le plein, les dimanches, la bière coule souvent à flot et certains ne s'en privent pas. A Saint-Maur, durant l'été, un homme revenant d'une de ces fêtes, sous l'effet de l'alcool, s'endort sur les rails du tram et est écrasé lors du passage du premier convoi.

Des scènes tragiques parfois dignes d'un scénario de film. En 1946, les cinémas ont retrouvé leur public, pourtant on ne peut pas dire que les films qui y sont projetés soient de grands succès. Pour exemple, durant la semaine du 31 août au 5 septembre, le Kursaal, au quai des Salines propose "Mon Pays" un drame de guerre (on va en produire énomément durant près de deux décennies) avec Charles Laughton et Maureen O'Hara, le Palace affiche "A la belle époque", un mélodrame avec René Dary et le cinéma Saint Brice qu'on appelait aussi le "cinéma des familles" avant qu'il ne devienne l'Astra présentait "Blondine", un conte féérique avec George Marchal.  D'autres distractions attireront le public, signalons les expositions et particulièrement celle intitulés "Exposition de la reconstruction"qui ouvrira ses portes au printemps.

Notons le championnat de football qui a repris ses droits en septembre 1945 et qui voit le 5 mai 1946, le Racing de Tournai terminer 12e de la division I (l'équivalent de l'actuelle Division II), le titre étant remporté par le FC Bruges qui monte en Divsion d'Honneur. L'Union termine 13e du championnat de Promotion C, le titre étant enlevé par Cappelen. Parlons de la visite du Nouveau Cirque de Paris qui dresse son chapiteau sur la Plaine des Manoeuvres du 5 au 7 octobre annonçant trois heures de spectacle et la présentation du plus extraordinaire des zoos itinérants. Parler de cirque nous amène inconsciemment à évoquer les mémorables joutes du conseil communal. La guerre avait apporté une trève, la paix a ranimé les ardeurs des combattants. Lors des élections de novembre 1946, les urnes livrent les résultats suivants : Parti Catholique 8.831 voix, Parti Socialiste 4.299, Parti Libéral 3.927 et Parti Communiste 3.172. C'est le cartel Libéral-Socialiste-Communiste qui va diriger la ville à parti du 1er janvier 1947. ... Avant de refermer cette chronique des évènements de l'année 1946 à Tournai, apportons une dernière information. Au 31.12.1945, la ville et ses faubourgs comptait 31.566 habitants (14.884 hommes et 16.682 femmes), cela représentait 34 habitants de moins qu'un an auparavant.

(recherches : S.T. mars 2010)

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03/12/2009

Tournai : l'année 1935 sous la loupe (2)

La relation des faits divers dans la presse locale durant l'année 1935 est totalement différente de celle qui prévaut actuellement. Il faut dire que la circulation automobile étant peu importante, les accidents de la route n'étaient pas nombreux. Aussi lorsqu'un tel fait survenait, le reporter rédigeait un article d'une colonne sur l'entièreté de la page. Le mieux est de résumer (pour ne pas heurter les âmes sensibles) un grave accident survenu le dimanche 20 janvier sur la chaussée de Lille. L'article débute par une partie descriptive : quatre jeunes femmes se rendaient du village d'Orcq à Tournai à bicyclette. Arrivées à la fin de la voie cyclable située à gauche de la route, elles durent traverser celle-ci à hauteur du lieu-dit "la barrière d'Orcq". Pourquoi ne virent-elles pas une automobile venir de France ? On ne le saura jamais, toujours est-il que le chauffeur ne parvint pas à les éviter. Une jeune femme ne se relèvera jamais, tuée sur le coup, une autre victime décèdera à l'hôpital. Débutent alors une foule de détails quant à l'identité des victimes, les résultats de l'autopsie réalisée par le Docteur Lefebvre, médecin-légiste, l'identité des policiers venus effectuer le constat et des membres du parquet qui les rejoignirent. L'émotion des témoins et des gens du village est également traduite. Une relation complète qui ne serait plus possible de nos jours en raison de la loi Franchimont qui souhaite la plus grande discrétion quant aux circonstances du drame et aux identités des personnes concernées. 

Un autre fait concerne un "incident" qui s'est déroulé au même endroit, le lundi 22 juillet 1935. Un troupeau de moutons avait emprunté la chaussée de Lille (cela était courant à l'époque), une automobile (on utilisait très peu le terme voiture à l'époque) immatriculée en France ne put l'éviter, il en résultera un véritable boucherie, quatre ovins tués et plusieurs blessés à des degrés divers. Suite au choc, le véhicule a versé sur le flanc et les deux occupants ont été légèrement blessés. Un médecin a été appelé pour les soigner. C'est à ce moment que la relation de ce fait devient dramatique : à la vue du "carnage", un témoin, une dame de 65 ans, sera terrassée par une crise cardiaque et décèdera sur place.

Si les accidents sont rares, les vols sont beaucoup plus fréquents. On vole même tout et n'importe quoi comme le révèle le fait qui se déroule en avril 1935. Circulant à vélo, trois habitant d'une courrée, située à la rue des Croisiers, sont repérés durant la nuit, vers 0h30, par une patrouille de police. A la vue des représentant de l'ordre, deux individus s'enfuient, le troisième est intercepté. Le matin même, un samedi, un vol avait eu lieu dans un wagon de chemin de fer stationné à la gare "Margarine" (c'est ainsi qu'on appelait la gare des marchandises) au boulevard Delwart. En fuyant, les deux hommes laissèrent tomber un sac contenant justement les marchandises dérobées, signant ainsi leur forfait. L'objet du larçin : du son et du bois de réglisse !

Un dernier fait qui mérite d'être mentionné est dramatique. Le mercredi 9 octobre, vers 17h45, au moment de la pesée, une génisse s'échappe de l'abattoir de Tournai situé près de la rue du Désert (à proximité de l'actuelle clinique Notre-Dame), commence alors une course folle. Dans la rue du Château, elle renverse un enfant qui sera légèrement blessé, poursuivant sa corrida par les quais Dumon, Saint-Brice, Vifquin et le Luchet d'Antoing, elle parviendra à passer l'Escaut sur le pont situé près du carrefour de Valenciennes et s'élancera dans la rue Saint Piat où un homme courageux tentera de l'arrêter et se fera projeter à cinq ou six mètres, l'animal continue son périple vers le quartier saint-Brice et c'est à la rue Childéric que survient le drame, le chanoine Warichez ne peut éviter l'animal qui le projette au sol, il succombera d'une fracture du crâne. Inconsciemment, la bête furieuse revient vers l'abattoir, non sans avoir encore renversé le patron d'un café de la rue Royale. Elle sera finalement maitrisée et abattue. 

Cette année 1935 verra la mort de la reine Astrid de Belgique, le 29 août dans un accident de circulation dans le village suisse de Küssnacht. A Tournai, le glas de la cathédrale et du beffroi sonnent pour annoncer le deuil national à la population, un office est célébré à la cathédrale et par décision du conseil communal, la place du Parc devient place Reine Astrid, le 27.11.1935. La presse glorifie également les artistes locaux et notamment Mr. Joseph Cannieau, violoncelliste-virtuose, qui, après avoir été un brillant soliste lors du concert du Conservatoire en janvier, se produit à Paris où il obtient un grand succès et est félicité par les nombreux artistes parisiens présents à la réception qui suivait le concert. Elle relate le derby qui oppose l'Union et le Racing de Tournai, le dimanche 6.1.1935. Les Rouge et Vert l'emportent sur le score de 3-2. Libert (2) et Deligne marquèrent pour les Infants tandis que Casterman inscrivit les deux buts des "Jaune et Noir". Elle nous apprend que l'Administration Communale avait organisé, le dimanche 6 septembre, une course cycliste sur la piste en terre de la Plaine des Manoeuvres. On dit même que près de 20.000 spectateurs avaient acclamé le vainqueur, Romain Maes et ses coéquipier du Tour de France. Elle nous annonce le concert des petits Chanteurs de Vienne à la Halle-aux-Draps, le dimanche 24 novembre, à l'invitation de la Société de Musique. Elle relate l'émotion des Tournaisiens lorsqu'ils ont appris, en mai, le déplacement du 11e régiment d'Artillerie, en garnison dans la cité des cinq clochers depuis 1920. Celui-ci rejoint Mons, chef-lieu de province, titre plus prestigieux pour accueillir son commandement. Elle évoque enfin la vision de deux boules verdâtres et lumineuses aperçues dans le ciel tournaisien le mardi 6 août en soirée, une traversée du ciel qui dura cinq à six secondes, d'est en ouest. On apprendra par la suite que deux aérolithes sont tombés en France entre Houdan et Dreux, à la même date. Voilà ce qu'on pouvait lire en 1935. On était bien loin d'imaginer que des engins bien plus dangereux tomberaient bientôt sur les immeubles tournaisiens !

(source : Courrier de l'Escaut de l'année 1935)

07:15 Écrit par l'Optimiste dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, union de tournai, racing de tournai |

05/11/2009

Tournai : 1950-2005, l'évolution sportive.

Juste après la seconde guerre mondiale, le sport-roi à Tournai était, comme partout ailleurs, le football. Les distractions étant peu nombreuses à l'époque, la rencontre dominicale attirait donc pas moins de quatre à cinq mille personnes au stade, un nombre de spectateurs qui ferait l'envie de certains clubs de la Division Un actuelle ! On y venait à pied, à vélo, en bus et en voiture, on y venait de la ville mais aussi des villages voisins, lieux de résidence de l'un ou l'autre joueur. Les clameurs poussaient dans les tribunes de la rue des Sports pouvaient s'entendre jusqu'au centre de la ville et après la rencontre tout ce petit monde s'éparpillait dans les différents cafés apportant une franche animation aux soirs de victoires.

La Royale Union Sportive Tournaisienne évolua au sein de l'élite du pays, la Division d'Honneur, et les Tournaisiens purent ainsi accueillir ces clubs prestigieux qu'étaient alors Anderlecht, le Standard de Liège, le Daring ou l'Antwerp. Le rêve ne dura qu'une saison, insuffisament préparée pour ce niveau, l'équipe qui avait forcé les portes de la Division 1 redescendit l'année suivante. Cinq ans plus tard, le club rival des Rouge et Vert, le Royal Racing Club de Tournai connut lui aussi son heure de gloire en remportant la Coupe de Belgique aux dépens de Verviers. Ce match laissa sans voix, le plus célèbre des reporters de l'époque appelé à le commenter sur les ondes de la radio nationale, Luc Varenne, enfant de Tournai et supporter numéro Un des Jaunes et Noir. La victoire dans cette compétition nationale ne donnait cependant pas encore le droit de jouer en coupe d'Europe. Par la suite, "Infants" et Rats", les surnoms donnés aux clubs, évoluèrent entre Division 2 et Promotions, l'Union connaissant même un bref passage par la Provinciale. En 1964, lors d'un homérique combat pour le titre entre l'Union et le White Star Lauwe, on enregistra même, lors de la rencontre décisive disputée à la rue des Sports, pas moins de 10.500 spectateurs entassés autour du terrain. Deux clubs au sein d'une même ville de l'importance de Tournai ne pouvaient que vivoter, le nouveau bourgmestre, Christian Massy l'avait compris, il fut l'artisan d'un rapprochement qui donna naissance à la fusion en 2002. Les couleurs Rouge et Vert et Jaune et Noir disparurent au profit des Sang et Or. Désormais, dans son nouveau stade Luc Varenne, situé à Kain, le Football Club Tournai évolue en Division 2 nationale et il disputa même le tour final pour la montée en division un lors de la défunte saison. Le stade de l'avenue de Maire a fait place à au nouvel arsenal des pompiers et celui de la rue des Sports voit actuellement la construction d'une aile complémentaire de l'Hôpital voisin.

Une autre discipline s'affirma voici quelques années. Jusqu'alors, en basket-ball, les clubs tournaisiens s'appelaient Asart (Association sportive de l'Athénée Royal de Tournai), Union (le club de basket de la rue des Sports), BC Tournai. Au début des années 2002, le BC Estaimpuis se retrouva privé de salle, les responsables de la ville de Tournai l'accueillirent, à bras ouverts, en la salle CET, nouvellement construite sur la Plaine des Manoeuvres. Décrochant le titre en Division 2, le BC Tournai-Estaimpuis avait conquis le droit de se mesurer aux meilleures formations nationales. Loin de faire de la figuration, ils firent trembler les meilleurs et de Mons à Liège ou d'Anvers à Gand, on commença à entendre parler du club de la cité des cinq clochers. Lui aussi se qualifia, dès la première saison, pour le tour final désignant le champion de Belgique. Hélas, de graves problèmes financiers liés à des dissensions parmi les dirigeants précipitèrent le club dans la faillite en 2003. L'émulation créée en à peine trois saison avait cependant rejailli sur des clubs comme le Tournai-Mini et les dames prirent le relais de leurs collègues masculins en évoluant, elles aussi, au plus haut niveau en compagnie du Dexia Namur ou de clubs néerlandophones. Dans le prochain article nous parlerons des autres disciplines qui évoluèrent positivement ou négativement durant ces cinquante cinq années...

31/08/2009

Tournai : l'année 2002 sous la loupe (4)

En cette année 2002, après des années de disette, les sportifs tournaisiens vont vivre une folle saison . Fin avril, une semaine avant la fin du championnat de promotion B, grâce à sa victoire sur le score de 3-0 face à Braine conjuguée à la défaite de Waregem sur le score de 0-1, le club de football de l'Union de Tournai est sacré champion de la série et accède à la Division 3 Nationale. La semaine suivante, les Rouge et Vert terminent par une victoire acquise sur le terrain d'Eernegem. Avec un actif de 61 points représenté par 17 victoires, 10 nuls, trois défaites et un goal-average de 49 buts marqués pour 20 encaissés, les "Infants" (surnom des joueurs unionistes) devancent Waregem (57 points) et Winkel (51). Le Racing de Tournai termine à la huitième place du classement à 17 points du rival de la rue des Sports. Les supporters qui, au soir de la montée, laissent éclater leur joie dans les rues de la cité ne la savent pas encore mais ce sera là le dernier titre remporté par le club cher au Président Mauro Tognelli, le 6 mai, à 21h15, on apprend, en effet, que l'Union et le Racing vont disparaître pour donner naissance au Football Club de Tournai, les fusionnés porteront les couleur Sang et Or et évolueront sous le matricule 26 (celui de l'Union). Fondée en 1903, l'Union ne fêtera pas son centenaire l'année suivante, le folklore local perd un de ses fleurons (le derby) mais le sport tournaisien partira peut-être à la conquête de nouveaux exploits. Christian Massy, le bourgmestre de la cité des cinq clochers, rêvait depuis longtemps de doter sa ville d'un club de football capable d'évoluer au sommet de la hierarchie, un premier pas vient d'être accompli, il présidera aux destinées du nouveau club entouré de dirigeants des clubs disparus. Dans un premier temps, le F.C. Tournai évoluera dans les installations de la rue des Sports car sur le terrain du Racing, à l'Avenue de Maire, s'érigera dans les mois qui suivent le nouvel arsenal des pompiers. On parle de la création d'un nouveau stade, il sera érigé près du hall de Tournai-Expo à Kain, à l'embranchement de l'autoroute.

Les supporters de football ne sont pas les seuls à se réjouïr en ce printemps 2002, en handball, les joueurs de l'Estudiantes obtiennent leur ticket pour évoluer dans le championnat de Division 2 Nationale et en basket-ball pour sa première apparition parmi l'élite, le BC Tournai-Estaimpuis qui évolue en la salle des sports CET sur la Plaine des Manoeuvres se qualifie pour les Play-Off. Le club a enregistré 15 vicoires et 15 défaites. Les organisateurs du circuit Franco-Belge, course par étapes pour coureurs cyclistes professionnels, ont choisi Tournai comme lieu d'arrivée de l'ultime étape de leur épreuve. Le 29 septembre, le français Sandy Casar remporte au pied des cinq clochers la 4eme et dernière étape. Au classement final, Robbie Mac Ewen devance Tom Boonen et l'allemand Van Kleinsorgen.  Notons enfin que la ville de Tournai sera choisie pour être le décor du téléfilm "L'année de mes sept ans" dont les vedettes sont Marie Josée Nat et Clémence Meyer. Entre le 10 et le 13 avril, les pentes du Mont Saint Aubert et la rue de la Marnière à Tournai servent de décor et, entre les prises de vue, les habitants du quartier peuvent converser avec la comédienne française dont la simplicité frappe tout ceux qui ont la chance de l'approcher.

Dans le prochain article nous terminerons la revue de l'actualité de l'année 2002 à Tournai en ouvrant une (longue) page culturelle...

15/08/2009

Tournai : l'année 2001 sous la loupe (4)

Dernier coup d'oeil dans le rétroviseur avant de refermer la rétrospective des évènements de l'année 2001 à Tournai, nous restons dans le domaine culturel et de la distraction. Les 2, 3 et 4 mars, les artistes chinois de la troupe acrobatique de Gangzhou (Canton) raflent les trois prix les plus importants de la Piste aux Espoirs : la Piste d'Or, le Prix du Public et celui des Enfants. une seconde Piste d'Or est attribuée à la canadienne Andriane Leclercq. La Piste d'Argent revient à Michaël Vassereau dans un spectaculaire numéro aux sangles aériennes tandis que le duo composé d'Hella Stichmaier et de Klaus Bartl de la compagnie allemande Jonglobat remporte la Piste de Bronze récompensant un numéro alliant jonglerie et acrobaties. En catégorie "Amateurs" sont primés les frères Socrates et Angelo (Mikiz Minier Matsakis) qui remportent la Piste d'Or, originaire d'Allemagne, Miriam Willems remporte la Piste d'Argent et Sonia Vandame aux cerceaux retournera à Paris avec une Piste de Bronze. Depuis 1986 et la prestation d'Elodie et Chloé, pas un seul artiste local n'était parvenu à conquérir le public, Jean Michel Pipers comble cette lacune dans un numéro d'acrobaties sur vélo. Autre révélation de cette nouvelle édition de la Piste aux Espoir, le Babelout's Brass Band, dirigé par Eloi Baudimont qui anime musicalement les intermèdes. Amoureux des arts circassiens, les Tournaisiens auront encore l'occasion de se rendre au Cirque des Etats de Russie qui dresse sa tente du 24 août au 2 septembre sur la Plaine des Manoeuvres et au cirque suisse Fligenpiltz qui revient à Tournai, trois ans après son premier passage, il plante son chapiteau sur le parking de Tournai Expo. Le nom de ce cirque ne vient pas, comme c'est souvent le cas, d'un nom de famille comme les Bouglione, Amar ou Rancy mais bien de l'appellation allemande de l'Amanite Tue-Mouche dont la couleur et la forme ressemblent à celles du chapiteau du cirque. Présentant une tente à quatre mâts centraux, ce cirque peut accueillir 1.200 spectateurs, il propose des numéros avec hippopotame, zèbres, dromadaires, lamas et cochons mais aussi un embrasement de gigantesques jets d'eau en final.

Autre rendez-vous annuel, le Festival international des Imitateurs, il fête, en cette année 2001, son dixième anniversaire et se déroule pour l'occasion sur deux soirées, les 16 et 17 novembre. Thierry Garcin de Carcassonne remporte le prix du Grand Jury et Raphaël Lacour de Lyon celui de la Presse et du Public. Berlu, lauréat du Luron d'Or en 1995, chauffe la salle le vendredi, Olivier Laurent lui succède tandis que Popeck clôture la première soirée. Le samedi, c'est Yves Lecocq accompagné de six danseuses qui assure la seconde partie de soirée d'un festival d'une cuvée extraordinaire. Relevons encore pour les mélomanes, le concert du Choeur byzantin de Grèce, qui, le samedi 22 septembre, fait résonner la chapelle du séminaire dans la plus pure tradition du Mont Athos et le Concert des Nations, une semaine plus tard, dirigé par Jordi Savale qui se produit pour la première fois en Belgique.

Au niveau sportif, notons que l'Union de Tournai réalise un beau parcours durant la première partie du championnat 2001-2002, après 15 rencontres, le club tournaisien occupe la première place du classement de la promotion B (4e Division) avec un actif de 36 points représentant 11 victoires, 3 nuls et une seule défaite, le second Wetteren est à 8 points, le Racing de Tournai, en sixième position, accuse déjà un retard de 10 points sur les leaders Rouge et Vert. Le 26 décembre, c'est de Tournai que s'élance la caravane du Bénélux du Paris-Dakar. Le site de Tournai-Expo accueille le bivouac provisoire et les véhicules belges sont visibles dans le hall des expositions où le public assiste au traditionnel show du "Dakar". Durant l'heure de midi, les participants se rendent, en cortège, sur la Grand'Place où le départ est donné pour Arras, la famille et les amis du Rumois Michel Vinckier sont venus le saluer avant son odyssée. Cette manifestation qui a attiré un nombreux public est une réussite pour Olivier Deplechin et Vincent Leclercq, les deux chevilles ouvrières locales de TSO Bénélux . En cette année 2001, Tournai a accueilli le club de Basket d'Estaimpuis qui, jouant en la salle CET, a pris le nom de BC Tournai-Estaimpuis, il rivalise avec les meilleurs en Division 1 Nationale et occupe une sixième place à la fin de l'année 2001, dans la première partie du championnat. ...