29/11/2015

Tournai : les festivités de décembre 2015

Le mois de décembre est le mois des fêtes par excellence et, à Tournai comme ailleurs, on aura l'embarras du choix au cours de ce dernier mois de l'année. Une fois encore, on devra se résoudre à faire des choix !

 

Mardi 1, Séminaire, grand auditoire, 14h : "Romain Gary, le caméléon", conférence par Michel Verbogen, Psychiatre, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mardi 1, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h : concert de "Alice on the Roof", celle qui fut de tous les festivals cet été.

Mercredi 2, stade Luc Varenne, "Viva for Life", l'émission de Vivacité, joggings pour enfants et pour adultes, animations diverses. 

Mercredi 2, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "La petite fille aux allumettes", spectacle pour enfants d'après le conte d'Andersen par PAN ! (la compagnie).

Mercredi 2, Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18h : "Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie", conférence par Isabelle Feihle et Lise Nottebaert, logopèdes indépendantes au CHWApi, dans le cadre des Conférences-Santé 2015.

Jeudi 3, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Le génocide arménien, traces mémorielles", conférence par Philippe Raxhon, professeur à l'U.L.G, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 3, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Conversations avec ma mère" de Pietro Pizutti avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel

Vendredi 4, Halle-aux-Draps, 20h : "Noël de l'ATI"; Association Tournaisienne d'Improvisation au profit des enfants du "Noël pour Tous" organisé par le comité Saint-Jean.

Vendredi 4, Mourcourt, Centre Culturel, 20h : "Les Croque-Notes chantent Brassens".

Samedi 5, Maison de la Culture, salle Frank Lucas , 15h et 17h30 : "Petites Furies" par le Zététique Théâtre/ Justine Duchesne, spectacle pour enfants par Mélody Willame et Estelle Bibbo.

Samedi 5, salle La Fenêtre, 20 h : "Les Souffleurs de Mots, casting pour Saint-Nicolas", spectacle d'improvisation.

Samedi 5, Froyennes, la Guelière, 20h : "Rires jaunes, Humour noir", spectacle humoristique.

Samedi 5, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Stro Brothers et Lotte Remmen", concert de musique folk et country.

Dimanche 6, Esplechin, salle de la Bascule : "Marché de Noël " du Club des Jeunes de la Pérote.

Dimanche 6, Centre de la Marionnette, à 15h et 16h : "Visites guidées pour la Saint-Nicolas".

Mardi 8, Maison de la Culture, 20h : "Pierre Kroll" dans son one-man-show.

Jeudi 10, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Maroc, Haut-Atlas, une année berbère" par Louis-Marie et Elise Blanchard, reporters-conférenciers dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 10, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Orkestra Mendoza", musique sud-américaine.

Vendredi 11, Mourcourt, home les Blés d'Or, dès 17h : "Marché de Noël".

Vendredi 11, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Maurane, toujours aussi en scène", la chanteuse belge fête ses vingt-cinq années de carrière.

Vendredi 11, église Saint-Jacques, 20h : "Gospel for life", 150 choristes chantent au profit de l'association "les Amis du Père Damien".

vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, Marquain, la grange "Marché de Noël".

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, Halle-aux-Draps, de 10h à 20h : "Marché de Noël".

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, place de Lille : "Les commerçants fêtent Noël", animations musicales, atelier grimages...

Samedi 12, Froyennes, Foyer Saint-Eloi : "Marché de Noël", une trentaine d'artisans, de commerçants et de particuliers.

Samedi 12, rue de Courtrai et place Paul-Emile Janson, 16h : "Noëls du monde" par l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec.

Samedi 12, Vieux Marché aux Poteries, de 16 à 22h : "Snow Party", animations pour enfants, canon à neige, D.J. Stéphane Baert.

Samedi 12, école du Château, de 17h à 21h : "Marche des Illuminations" sur 7 et 12 kms.

Samedi 12, église Saint-Jacques, 20h : "Voyage romantique à Leipzig", concert avec la pianiste Juliana Steinbach, une organisation de la Chapelle Musicale de Tournai sous la direction de Philippe Gérard.

Samedi 12, Templeuve, église Saint-Etienne, 20h : "Concert de Noël" par les Cadets et l'Orchestre à Cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Christiane Diricq au profit de la Croix-Rouge.

Samedi 12, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Barimatango", concert de Jelena Milusic et Atilla Aksoj, musique traditionnelle des Balkans.

Samedi 12, Gaurain, salle le Coquin, 21 h : "New Wave and Rock Party".

Samedi 12 et dimanche 13, place Crombez : "chalets et terrasses d'hiver" produits gastronomiques, manèges pour enfants, château gonflable, petit train du Père Noël et ferme de Noël dans le parc.  

Dimanche 13, Office du Tourisme, 15h et 17h : "Toomaï des éléphants" d'après "le Livre de la Jungle" de Richard Kipling, spectacle pour enfants avec le Clap-Do : Charles Michiels (clarinette basse), Pierre Quiriny (marimba basse) et Eve Godart (comédienne).

Dimanche 13, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 17h30 : traditionnel "Grand Concert Viennois" par l'Ensemble instrumental de Wallonie avec la cantatrice Roxane-Isaura Decocq et les ballets tournaisiens de "Danse et Cie", une organisation de la Confrérie des Cinq Clochers, au profit de la jeunesse déshéritée du Tournaisis.

Du lundi 14 au dimanche 20, Centre de la Marionnette "Scènes à Noël - souvenirs du voyage du Père Noël".

Jeudi 17, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Bouvines - 1214, bataille médiévale de deux villes du comté de Flandre, Lille et Tournai", conférence par Jean-Louis Pelon, historien, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 17, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Vianney en concert", un chanteur à texte et à voix.

Du jeudi 17 au jeudi 24, Halle-aux-Draps, de 11h à 21h : "Halle de Noël", artisans, artistes, créateurs de décors...

Vendredi 18, Ere, salle culturelle, de 17h à 23h : "Marché de Noël" de l'asbl "Une place pour Tous".

Vendredi 18 et samedi 19, Office du tourisme, 20h : "Bonne Année !", spectacle de l'Atelier théâtre de Nathalie Wargnies.

Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20, place de Lille : "Les commerçants fêtent Noël" atelier de confection de boules de Noël, confection de cartes de vœux, balade en chariot, animation musicale.

Vendredi 18, samedi 19, dimanche 20, place Saint-Pierre : "Noël sur la place", tartiflettes, vin chaud, soupe à l'oignon, grimages, bar à vins et champagne, cabaret spectacle (le 19 à 19h).

Samedi 19, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "L'Enfant racine" d'après l'œuvre de Kitty Crowner, spectacle pour enfants par la Cie "la Bulle à Sons".

Samedi 19, cathédral, 18h : "Concert de Noël" par la Maîtrise et le chœur des enfants de la cathédrale.

Samedi 19, salle La Fenêtre, 20h : "le Tati Circus cabaret" spectacle de la compagnie "Mome Circus" de Tournai.

Samedi 19, Templeuve, église Saint-Etienne, 20h : "Concert de l'Etoile" par la Royale Union Musicale de Templeuve et la chorale la Pastourelle.

Dimanche 20, Willemeau, rue Dubus, 9h15 : "Marche des coquilles" sur 7 km à la découverte du village. 

Mardi 22, Pont des Trous, sur la péniche "Rayclau", 20h : "Concert de Noël" par l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec.

Samedi 26 et dimanche 27, Pont des Trous, sur la péniche "Rayclau", 19h : "Roberto Zucco", pièce de Bernard-Marie Koltès par l'atelier dramatique de Florent Simon.

Mardi 29, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "Ici Baba/ Ma mie forêt" par Samir Barris et Catherine de Biaso, spectacle pour enfants dès 4 ans.

Jeudi 31, Grand'Place, minuit : "Feu d'artifice de la Saint-Sylvestre".    

programme susceptible d'ajouts et/ou de modifications.

S.T. novembre 2015.

14/01/2015

Tournai : 1914-1918, quatre années d'occupation (5)

A la date du 1er janvier 1917, voici déjà vingt-sept mois que les troupes allemandes occupent la cité des cinq clochers. Une occupation qui s'est soudainement durcie avec le passage de la ville en "zone-étape". Le Tournaisien se doute que l'année qui commence sera encore très difficile, mais il ne sait pas à quel point !

Les conditions de vie se dégradent encore et toujours.

En ces premiers jours de janvier, les condition atmosphériques viennent aggraver la situation. Les pluies abondantes de la fin décembre ont gonflé les rus et les ruisseaux jusqu'à les faire déborder. Le village de Warchin, le faubourg Morelle mais aussi d'autre faubourgs voient une grande partie de leurs habitations sous eau. Bientôt la pluie sera remplacée par le froid et la neige. De terribles conditions qui coûteront la vie aux plus faibles, aux plus exposés. Entre le 1er et le 7 février, on dénombre 49 morts rien qu'en ville, c'est, selon Alexandre Carette, cinq à six fois plus que la moyenne habituelle en cette période de l'année.

Au même moment, de nouvelles restrictions sont apparues, elles touchent cette fois l'électricité. Dès 17h30, la ville est plongée dans la plus lugubre obscurité. Les seules habitations brillamment éclairées sont celles occupées par les officiers allemands. Pour ceux-ci aucune restriction, bien au contraire, on éclaire et on chauffe sans regarder à la consommation. Les Tournaisiens, quant à eux, ont été obligés de ressortir des appareils dont ils ne se servaient plus depuis longtemps, tels les "crachets", ces lampes à huiles dégageant de la fumée et une odeur très prononcée et les bonnes vieilles bougies. Comme ces produits ont eux aussi tendance à se raréfier, le plus souvent, on s'éclaire en ouvrant le couvercle du poêle, à la lueur dansante des braises, ce qu'on appelle "les soirées à l'écrienne" et on va se coucher tôt !

"L'Œuvre des Vieux Souliers" présidée par l'ancien bourgmestre, Victor Carbonnelle, récolte des vieilles chaussures souvent fort usées qu'elle répare pour les distribuer aux nécessiteux. Elles sont récoltées à domicile ou bien déposées au 14 de la rue de l'Athénée, à la rue de Cologne chez M. Dechaux, à la rue Royale à la Taverne française ou encore chez Mr. Carpentier, à la rue Fauquez.

La presse propose également des solutions pour venir en aide à une population démunie, on découvre ainsi cette suggestion :

"Comme il devient difficile de trouver des sabots en raison du manque de bois pour leur confection, on propose aux responsables communaux de faire abattre les deux rangées d'arbres, de taille inégale, à la chaussée de Lille et à la chaussée de Douai. Le bois servirait d'une part à la fabrication des sabots et, d'autre part, à la confection de fagots qu'on pourrait acquérir au magasin communal".

Les diverses réquisitions effectuées par l'occupant sont si régulières et si importantes qu'elles épuisent désormais les ressources de la commune, Alexandre Carette qualifie ce régime de retour à l'esclavage et au servage.

Le Tournaisien écrasé par l'occupant allemand.

En février, les "Boches" pratiquent la saisie des téléphones et des fils de fer, interdisent également, sans qu'on en connaisse la raison, la culture des trèfles, la saillie des juments et ordonnent la castration des chevaux.

Le 6 avril, l'occupant impose l'heure allemande, chaque horloge est avancée d'une heure (NDLR : il s'agit de l'heure toujours en application, à notre époque, durant l'été).

Le 16 avril, en la cathédrale Notre-Dame, un obit solennel est célébré pour le repos de l'âme des soldats tournaisiens tombés au champ d'honneur.

Le 7 mai, de nombreux Tournaisiens passent devant le conseil de guerre instauré par l'occupant. Beaucoup sont condamnés à des amendes mais onze d'entre eux dont les noms seront placardés le 7 juin sont condamnés à des peines d'emprisonnement allant de 2 mois à 2 ans. Il s'agit de François Mondo, joaillier, 62 ans, du Baron del Fosse et d'Espierres, propriétaire terrien, 48 ans, de Paul Brasseur, ingénieur, d'Henri Leroy, séminariste, 23 ans, de Marie Landrien, fille d'un cabaretier, 29 ans, de Victor Richeling, ébéniste, 51 ans, d'Edmond Carbonnelle, tourneur en fer, 37 ans, de Victor Honoré, rentier, 67 ans, de Victor Bail, horloger, 54 ans, de Joseph Devred, étudiant ingénieur, 21 ans et de Victor Masure, père jésuite, 52 ans. 

D'autres Tournaisiens se dressent contre l'occupant : Gabrielle Petit et Louise de Bettignie (cette dernière est originaire du Nord de la France mais habitant Tournai), elles collaborent à des service d'espionnage (NDLR : voir les articles que nous leur avons consacrés).   

Le 22 mai, les Tournaisiens sont confinés chez eux, dès 7h du matin, avec interdiction de sortir avant 13h. Le Kaiser Guillaume arrive en gare à 8h00, traverse la ville et, au boulevard Bara, pratiquement à hauteur de la rue Prévot (NDLR : actuelle rue Jean Noté), remet 600 décorations aux soldats et officiers. Il quitte la ville en fin de matinée après avoir visité la cathédrale.

Ce même jour, dans le courant de l'après-midi, une petite escadrille d'avions survole la ville. Une déflagration est perçue par les habitants, une bombe vient d'exploser à proximité de l'église Sainte Marie-Madeleine. Une dame qui se trouve dans le corridor de sa maison est atteinte par des éclats et décède moins d'une heure plus tard. Elle laisse quatre enfants en bas-âge. Quatre personnes sont également blessées à des degrés divers, une cinquantaine de maisons sont endommagées, les vitraux de l'église sont brisés.

La baisse de la moralité publique.

Les rapports des curés de paroisse font état d'un abaissement alarmant du sens moral, celui-ci est constaté tant chez les bourgeois que chez les ouvriers. Certains bourgeois ont des complaisances coupables envers l'ennemi, exercent un trafic avec sa complicité ou travaillent volontairement pour l'occupant. De nombreuses femmes et jeune filles se compromettent avec des soldats allemands et deviennent leurs "mascottes" (NDLR : terme encore utilisé à l'époque pour désigner ce qu'on nomme aujourd'hui une maîtresse). Chez les ouvriers, l'oisiveté (NDLR : mère de tous les vices comme il est dit) et la paresse les amènent à l'ivrognerie, à la fraude et au vol. Des domestiques volent leurs patrons comme dans une ferme à Esplechin. On assiste également à des règlements de compte ou à des actes de mauvais gré édicté par la jalousie. Ainsi, en juillet 1917, dans un jardin ouvrier du faubourg Morelle, une main malveillante coupe une centaine de plants de tabac et les abandonne sur le jardin, simple plaisir de nuire à autrui ?

Tracasseries, vexations, nouvelles condamnations.  

Un avis du commandant d'étape, le sinistre Hoppfer, stipule que la population ne peut se permettre aucun écart de conduite, que les soldats cantonnés chez l'habitant doivent être traités, à tous points de vue, mieux que les étrangers et les belges, quels qu'ils fussent. Alexandre Carette rapporte à ce sujet l'incident suivant qui s'est déroulé aux magasin Van Rolleghem. : un soldat allemand souhaite obtenir des bretelles, mais trouve le prix de celles qu'on lui présente beaucoup trop élevé. La vendeuse lui dit simplement :

"J'en ai à plus bas prix".

Elle sera condamnée parce que le "Boche" a compris ou a feint comprendre le mot "saloperie".

En juillet, septembre et octobre, huit civils sont convaincus d'espionnage et fusillés dans l'enceinte de la caserne d'infanterie (NDLR : actuelle caserne Ruquoy ou existe toujours un mémorial à l'endroit appelé "mur des fusillés") parce qu'ils ont osé braver l'ennemi. Parmi eux deux femmes, Flore Lacroix et Georgine Danel et un jeune homme d'à peine dix-sept ans, Léon Marlot de Roubaix.

D'autres vont échapper à la mort, voici deux récits collectés dans les rapports des prêtres de paroisses :

"Henri Papegay et Irma François de Kain, cultivateurs, ayant recueilli des pigeons voyageurs lancés en parachute par les alliés, furent arrêtés, ainsi que leur fils René, âgé de 15 ans. Convaincus d'espionnage pour avoir lâché les pigeons après avoir rempli la feuille de renseignements qui leur était attachée, ils furent condamnés à mort et leur fils à trois ans de prison, le 9 décembre 1917. Grâce à l'intervention de plusieurs personnes et à la supplique adressée par la duchesse d'Arenberg à l'empereur Guillaume, ils seront graciés en février 1918 et envoyés en forteresse" (rapport du curé de la paroisse Notre-Dame de la Tombe à Kain).

"Le bourgmestre d'Orcq, Mr. Ghislain, fut expulsé du village, de septembre à décembre 1917 pour avoir allumé un feu afin de brûler des déchets et l'avoir laissé couver toute la journée. Celui-ci s'est réactivé en soirée en raison du vent. Des aviateurs anglais ont bombardé le champ d'aviation allemand situé à proximité". Les Allemands y voient un lien de cause à effet, ce feu avait été allumé volontairement pour guider les alliés" (rapport du curé du village d'Orcq).

"Une Kommandantur est installée à Templeuve en novembre 1917, à partir de ce jour, il n'y a plus de communications possibles pour les habitants avec les villages voisins de Blandain, Ramegnies-Chin et Bailleul" (rapport du curé de Templeuve).

Une troisième année complète d'occupation se termine, les Tournaisiens se demandent ce que va leur réserver l'année 1918.

(à suivre)

(sources : "La Grande Guerre sous le regard de l'élite tournaisienne occupée" de Céline Detournay, étude parue dans le tome IX des Publications extraordinaires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai en 2003 - "Comment la population du Grand Tournai a vécu la guerre 1914-1918" de Thierry Bertrand et Jacques Pycke, ouvrage paru en 2014 - "Au nom de tous les Nôtres" ouvrage collectif publié par les Ecrivains publics de Wallonie picarde en août 2014 - Les éditions du "Courrier de l'Escaut" parues en 1917. Je remercie également Mme Jacqueline Driesens et Mr. Jacques De Ceuninck pour les documents ou renseignements fournis).

S.T. janvier 2015.

04/12/2013

Tournai : l'année 1851 sous la loupe.

Après avoir passé en revue les évènements des années 1849 et 1850, nous abordons l'année 1851. Nous la survolerons rapidement car la lecture du journal nous apporte des informations qui, au niveau local, ne diffèrent pas beaucoup de celles des années précédentes. Une monotonie risque donc de s'installer et de lasser le lecteur.

Sur le plan international, l'information principale nous vient de France, où un véritable coup d' état est réalisé, le 2 décembre, par le Président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte. A quelques mois de la fin de son mandat et de l'interdiction qui lui était faite par la Constitution de se représenter, l'homme qui avait probablement pris goût au pouvoir, édicte des décrets amenant la dissolution de l'Assemblée Nationale, instaurant le rétablissement du suffrage universel (pour les hommes seulement, les femmes n'ayant pas le droit de vote à cette époque) et préparant une nouvelle constitution qui remplacerait celle de la seconde république. Un an plus tard, il deviendra, Napoléon III, empereur des Français. Opposant déclaré à ce Prince -Président, l'écrivain Victor Hugo arrive à Bruxelles, le 12 décembre, sous une fausse identité.  

L'année 1851 verra la disparition de la romancière anglaise Mary Shelley, le 1er février, à l'âge de 54 ans, connue pour son roman : "Frankenstein ou le Prométhée moderne" et du Français Louis Daguerre, le 10 juillet, à l'âge de 64 ans, peintre mais aussi un des inventeurs de la photographie.

Sur le plan national, l'année sera marquée par les remous politiques suscités par le projet de loi du ministre libéral Frère-Orban concernant les droits de succession. Afin de venir en aide aux classes les plus déshéritées, celui-ci souhaite imposer un léger sacrifice aux classes supérieures par l'instauration d'un impôt de 1% sur les successions en ligne directe. Seulement voilà, à cette époque, le droit de vote dit "censitaire" était accordé aux plus fortunés. Le gouvernement chutera en juin sur ce sujet et les "Catholiques", farouches opposants à ce projet, verront leur représentation renforcée. Néanmoins, après les élections, le roi Léopold Ier demande à Frère-Orban de poursuivre son projet tout en l'amendant (pour ménager la chèvre et le chou !). Le nouveau projet, pourtant fort édulcoré, sera une nouvelle fois rejeté. Outré, le Roi propose de le soumettre au vote des électeurs. Après ce scrutin, il sera finalement adopté, le 22 novembre, mais ressemblera à une coquille vide. Il aura coûté une vingtaine de sièges aux "Libéraux" et renforcé des "Catholiques", peu enclins à prendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres. Comprenne qui pourra !

Sur le plan local, voici une sélection d'informations traduisant au mieux la vie quotidienne, pour rappel, un titre a été apporté, les articles n'en possédant pas à l'époque, étant tous repris sous celui de "Chronique locale".

Drame de la jalousie.

Voilà, hélas, un sujet aussi vieux que le monde.

"Une jeune fille, étrangère paraît-il à la province, a reçu au village de Templeuve (fusionné avec Tournai en 1977), dans la matinée du dimanche 5 janvier, un coup de pistolet à bout portant, en pleine poitrine. Mr. Le Procureur du Roi et Mr. Belin, 2e juge d'instruction, se sont rendus sur les lieux. Le prévenu a été arrêté. La victime a été traversée d'outre en outre par la balle. En grand danger de mort, elle a reçu les secours de la religion et, calme et résignée, elle a, hier (le mardi 7 janvier), fait ses déclarations aux magistrats qui l'ont entendue avec tous les ménagements que réclame son état. Le prévenu est l'amant de la victime qui l'avait, paraît-il, délaissé".

Exécution capitale.

La peine de mort était encore régulièrement prononcée et exécutée. 

"Pour la deuxième fois, la place Verte vient encore d'avoir sa tragédie sanglante. Alexandre D. de Froidmont (notons que l'identité complète du coupable était alors rapportée, la Loi dite "Franchimont" du nom de cet avocat qui en a eu le projet, votée il y a quelques années, ne permet plus de donner les identités des victimes et des auteurs, tout au plus une initiale ou un nom d'emprunt. Si elle protège les malheureuses victimes, elle passe également sous silence les identités des pires criminels) condamné à la peine capitale par la cour d'Assises du Hainaut, a subi sa peine, ce matin (15 janvier) à 9h. Une foule immense assistait à cette lugubre cérémonie (!). Voici quelques détails sur les derniers moments de ce malheureux. Alexandre D., élevé bien chrétiennement dès sa tendre enfance, a senti le sentiment religieux renaître en son cœur et le dominer déjà à la prison de Mons. Profitant de la grâce des jubilés, accordée aux personnes, il s'y est approché des Sacrements. A la prison de Tournai (le jour de son exécution), il servit lui-même la messe durant laquelle il devait communier, il avait longtemps été enfant de chœur. Au moment d'être livré à l'exécuteur des hautes œuvres, il déclara d'une voix forte : Mes amis, profitez de mon triste exemple, je demande pardon à Dieu et aux hommes, je donne mon âme au Ciel et mon corps à la terre. Une minute plus tard, la justice humaine était satisfaite !"  

C'était beau, c'était grand, c'était triste, c'était digne des "Misérables" de Victor Hugo ou autres romans mélo-dramatiques écrits à l'époque.

Catastrophe ferroviaire. 

L'année sera marquée par deux déraillements de train à hauteur du village d'Havinnes. Ils seront spectaculaires, feront d'importants dégâts mais heureusement pas de victime. Voici la relation du premier.

"Un terrible accident est arrivé dimanche (le 6 avril), vers 8h1/2 du soir, au convoi de Tournai à Jurbise. Pour une cause que nous ignorons encore, le convoi a déraillé au-dessus d'Havinnes, mais avec une telle violence que la locomotive fut renversée, sens dessus-dessous et le machiniste lancé à plusieurs mètres de là. Plusieurs voitures ont été brisées, mais sans occasionner de malheur. La nouvelle de cette catastrophe est arrivée vers neuf heures à la station de Tournai où l'on s'empressa d'envoyer des voitures pour recueillir les voyageurs. Quant au machiniste, ce n'est que deux heures après l'accident qu'il fut retrouvé, il était blessé à la jambe".

Marché aux Fleurs.

Celui-ci avait lieu le vendredi 18 avril.

"Ainsi que nous l'avions prévu, rien de réel, de varié comme les nombreuses collections de fleurs exposées sur le quai du Château qui est transformé en un véritable jardin d'été où se presse une foule brillante, l'élite de notre population et des villes voisines. Dès six du matin, le marché est envahi par les acheteurs, ainsi les transactions ont-elles été nombreuses. Ajoutons que le soleil n'a pas peu contribué à faire de ce marché l'un des plus importants du pays".

Inondations.  

Lu dans le journal du vendredi 2 mai.

"La situation des eaux de l'Escaut présente quelque chose d'effrayant pour toute la magnifique vallée de ce fleuve depuis Tournai jusqu'à Gand, c'est-à-dire sur un parcours de vingt-cinq lieues. Les eaux, loin de diminuer, augmentent encore chaque jour et maintenant l'escalier du radier du Pont Notre-Dame en cette ville marque dix-huit pieds d'eaux de hauteur (mesure de longueur qui valait 0,3248 m soit ici 5,85 m environ). Dans les villages, en aval de Tournai, les terres basses sont inondées comme lors de la grande inondation d'avril 1850. Cette inondation s'étend souvent à plus d'un quart de lieue de largeur (une lieue valant 4,445 km, cela donnerait ici un ordre de grandeur de plus d'un kilomètre de part et d'autre du fleuve !)".

L'ivresse peut être dangereuse.

Si l'ivresse au volant est souvent responsable d'accidents graves de la circulation à notre époque, le fait que nous rapporte le journal du 12 juin montre qu'elle pouvait parfois avoir des conséquences tragiques même pour une personne assoupie.

"Hier, un individu pris de boisson, s'était endormi près du jeu de fer d'un cabaret de la rue Clercamps. Il dormait depuis quelques temps déjà mais d'un sommeil agité, quant tout à coup, il tomba par terre, face en avant. Par malheur, dans sa chute, il rencontra l'extrémité du jeu qui l'atteignit à la tempe et le tua sur le coup. Le malheureux laisse une veuve et six enfants".

Les élections.

Les élections qui se déroulèrent à la fin septembre ont donné les résultats suivants à Tournai :

Parti Ministériel : 570 voix, parti Conservateur (Mr. Dumon) 1.070 voix.

Dans le pays, le parti Ministériel remporte 21.744 voix et le parti Conservateur 28.823 voix.

Drame de la folie ordinaire.

"Ce matin (mardi 14 octobre), un ouvrier de la rue Marvis, en proie à un accès de fièvre, a voulu se suicider en se jetant dans un lieu d'aisance. Mais il a été empêché dans son funeste dessein par les domestiques de Mr. Rucq qui parvinrent à le retirer avant que l'asphyxie fut complète".

Avec ce nouveau fait divers se termine cette revue des évènements qui marquèrent l'actualité tournaisienne au cours de cette année 1851, une année sans grand relief !

(sources : Le Courrier de l'Escaut, éditions de l'année 1851 et "Chronique de la Belgique", édition de 1987). 

S.T. décembre 2013

 

09/10/2012

Tournai : des projets qui font débat ! (1)

Notre époque actuelle est marquée par d'innombrables et parfois interminables débats car, contrairement à ce qui se passait il y une soixantaine d'années, lors de la reconstruction de Tournai, chaque projet doit maintenant être soumis à l'approbation d'une quantité d'instances communales et régionales ainsi qu'à l'information de la population voisine des travaux à effectuer. Pouvoir donner son avis est ce qu'on appelle la démocratie. La définition de ce mot permet de bien le comprendre et d'éviter de le galvauder.

Démocratie : régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même sans l'intermédiaire d'une organe représentatif. On parle dans ce cas de démocratie directe. Le peuple peut cependant se faire représenter par des personnes élues par lui, on parle alors de démocratie représentative. C'est le régime qui est sensé prévaloir dans notre constitution.

Depuis quelques années, la consultation du peuple se heurte à un phénomène "Nimby" (de l'expression anglaise "not in my back yard" c'est-à-dire "pas dans mon jardin"). Appliqué à la lettre ce syndrome peut, à lui seul, bloquer tout projet uniquement présenté aux populations pour avis. A ce phénomène s'ajoute les groupes de pression, associations de citoyens partageant la même vision quant à la réalisation d'un projet ou... défendant des intérêts personnels. 

La ville de Tournai n'échappe pas au problème, de très nombreux projets présentés ces dernières années sont au point mort en raison de la réaction des voisins peu soucieux de voir leur environnement détruit.

La dalle de la discorde.

Le plus ancien est probablement celui de la dalle de compostage que l'Intercommunale Ipalle veut édifier sur le territoire de Templeuve dans une zone verte de prairies et de bosquets. La levée de boucliers des habitants du coin n'a pas tardée. Les arguments qu'ils soulèvent sont les suivants : le compostage dégage des odeurs nauséabondes, l'immense hangar va détruire le site paysager, le charroi des camions amenant la matière première sera important sur une étroite voirie non prévue pour un tel passage régulier, d'autres ont aussi évoqué le bruit généré par l'entreprise. Pétitions et dépôts de plaintes auprès de la région Wallonne ont jusqu'à présent retardé la mise en oeuvre de cette installation. L'Optimiste a visité le centre d'incinération de Thumaide où pareille dalle est en activité depuis des années. Il est vrai que sous le hangar l'odeur n'est pas celle d'un grand maître parfumeur mais pour autant que le produit en décomposition ne reste pas à l'air libre, plus on s'éloigne du bâtiment moins l'odeur est perceptible, il est vrai également que le transport routier des déchets verts risque de générer des embarras de circulation sur cette voirie à deux bandes qu'il serait alors souhaitable d'aménager pour la sécurité de ceux qui l'empruntent, il est vrai enfin que l'arrivée et le déchargement des camions ne sont pas silencieux. 

Ce qui est en jeu dans ce bras de fer, c'est le saccage d'un endroit encore bucolique (et ils ne sont plus si nombreux avec l'extension continuelle des zones d'activité économique), c'est la tranquillité des riverains qui ont construit leurs habitations, il y a quelques dizaines d'années, dans un endroit qu'ils pensaient être à l'abri de toutes dégradations visuelles, sonores et olfactives. C'est l'éternel équilibre entre le bien-être des habitants et la création d'emplois et les économies d'énergie (la dalle de Templeuve permettant d'accueillir les déchets verts de l'ouest du Hainaut et de réduire ainsi le transport et son coût jusqu'à Ath ou Thumaide).

Un observateur neutre préconiserait qu'on recherche un autre terrain dans la région pour la réalisation du projet mais il semble que ses promoteurs, vexés d'une telle levée de boucliers, s'acharnent pour obtenir raison et gain de cause. Ce sera là et nulle part ailleurs !

La cité malvenue.

Dans le même village de Templeuve, un terrain de deux hectares enclavé entre les rues de Tournai, Camille Dépinoy et Herbo a fait l'objet d'un projet de constructions de cinquante maisons sociales par la société Le Logis Tournaisiens. A proximité de ce terrain existent des maisons et villas, propriétés de personnes (venues parfois de France) qui ont fait le choix de s'exiler à la campagne pour bénéficier d'une qualité de vie qu'on ne trouve plus en ville. Là aussi ce projet a soulevé des craintes parfois exagérées et, pour un observateur neutre, on ne peut faire la part des choses entre la peur de l'arrivée de certains locataires (la peur de l'inconnu) et le soucis de conserver son univers pour soi comme si on n'était habitué à un paysage et qu'on ne souhaite vraiment pas qu'il change (l'égoïsme). 

Ce dossier a fait lui aussi l'objet d'une pétition forte de plus de deux cents signatures et les raisons évoquées par les signataires sont, avouons-le, pour le moins maladroites. Lié à celui de la dalle de compostage, il leur donne l'impression que Templeuve va devenir un "village poubelle"! Ces propos, probablement sortis de leur contexte, sont alors insultants pour les allocataires sociaux qui y trouveront un logis et ressemblent à un rejet pur et simple des plus pauvres que notre société génère. Les signataires s'en défendent avec des arguments qui ne manquent malheureusement pas de vérité même si ceux-ci sont très mal exprimés. 

A Tournai, tout le monde loue la mission accomplie par le Logis Tournaisien, une société de logements sociaux saine qui ne s'est jamais distinguée comme beaucoup d'autres l'ont fait, en Wallonie, dans des affaires retentissantes, une société qui entretient ses habitations et les propose parfois à la vente pour ses locataires. Le Logis Tournaisien gère un parc immobilier situé dans des cités relativement tranquilles au Maroc, au Vingt-Quatre Août, au Vert Bocage ou du Beau-Séjour, toutefois les nombreux faits divers qui ont porté les feux de l'actualité sur d'autres lieux de résidence tournaisiens ne plaident pas totalement en la faveur de quartiers peu fortunés sans histoires (vandalisme, bagarres, destructions de véhicules, deal de drogues dures, expéditions punitives, incendies...).

Lors d'une récente réunion tenue en l'Hôtel de Ville de Tournai, la presse nous révèle que les personnes concernées ont, quelque peu, pris conscience de la portée de leurs propos et du choc qu'ils ont provoqué. Je vous avoue que j'ai bondi face à certaines affirmations, telle "laisser moi bronzer à l'aise" parues dans la presse locale, affirmation d'un égoïsme scandaleux ou propos fallacieux comme si on avait peur de mettre l'accent sur la principale crainte éveillée par cette construction en constatant que les gestionnaires de la société de logements sociaux sont souvent confrontés à l'obligation légales d'heberger certaines personnes qui sont très loin d'être des anges (mais qui ont sans doute de bons "avocats") et que celles-ci risquent de briser la quiétude du quartier et d'y développer l'insécurité. Ne s'agirait-il pas tout simplement d'une traduction de cette peur d'exportation d'une certaine insécurité qui existe en ville, un fléau qu'on ne parvient malheureusement plus à juguler.

Le village de Templeuve est devenu un cas d'école pour ceux qui continuent à croire en la démocratie et les réactions démontrent que la population souhaite désormais attirer l'attention des responsables de projets sur les conséquences qui sont, par eux, soit sous-estimées, soit volontairement ignorées.

(S.T. octobre 2012)

 

01/08/2012

Tournai : les festivités d'août.

Deuxième mois des vacances, le mois d'août se caractérise, une fois encore, par les fêtes en plein air, sous chapiteau ou par les ducasses.


Jusqu'au 19 août, Tournai les Bains vous accueille sur le quai Andréï Sakaharov, à proximité du Pont des Trous.

Plage - concerts - soirées à thèmes - animations pour les enfants et les adultes - sport - bar.


Du 3 au 5 août : Templeuve - Ducasse du Cazeau

jogging - tournoi de pétanque - barbecue géant - concert années 60.


Du 10 au 12 août : Tournai Expo - salon des Antiquaires et de la belle Brocante


Du 12 au 15 août : Maulde - Ducasse de Mansart

Brocante - balade à moto - spectacle de variétés avec Paul Severs - soirées DJ.


Mercredi 15 août : zoning Tournai Ouest à Orcq 

5e Super Moto - Grand Trophy Wallonie Picarde.


Du 16 au 19 août : Esplechin - "la Fête des Jeunes"

Soirée Techno - soirée années 90 - soirée années 80 - Festival auto, moto, quad et Pit Bike.


Du 17 au 19 août : Gaurain - quartier de la Louvière - "Les Loups d'Août en fête"

concert accordéon - bal country avec les Kentucky - spectacle de variétés avec les Chocolat's

 

Les 18 et 19 août : Willemeau  "Ducasse de la vallée du Rieu de Barges"

animations diverses - marches - promenades à la découverte des villages.


Le 19 août, sur les quais, "Les chiffonades".


Du 23 au 26 août : Tournai  - Plaine des Manoeuvres

Championnat de la ligue équestre de Wallonie-Bruxelles

jumpings - manèges à poneys - restauration au village équestre...


Du 24 au 26 août : Tournai  "Ducasse du Faubourg Morelle"

Bal country - spectacle "Crazy Girls" - cortège folklorique - Marco chante Johnny...


Du 24 au 26 août : Tournai - "Kermesse Saint-Antoine"

cabaret patoisant - Fernando chante Iglesias - Hommage à Dalida - années 60 et 70 avec le Trio Stevy - humour avec Bazar et Truc...


Dimanche 26 août : "7e fête des partenariats" sur les pelouses de l'avenue Delmée et Leray, marche adeps, village du monde avec 40 associations et artisans, animations diverses pour petits et grands, concert apéritif de l'ensemble HLaiMe, concert de Chicas y Mendez, spectacle de Saïdou Abatcha, humoriste, conteur franco-camerounais, possibilité de restauration. 


A partir du vendredi 31 août, festival "les Inattendues" dans sept lieux prestigieux de Tournai.


Exposition :

prolongation de l'exposition "101 chefs-d'oeuvre de Manet à Dürer" au Musée des Beaux Arts;


(programme susceptible de modifications ou d'ajouts)

23/02/2012

Tournai : l'année 1907 sous la loupe (3)

Terminons cette revue des évènements de l'année 1907 par diverses informations glanées au hasard et représentatives d'une époque aujourd'hui révolue.

Durant les trois années qui viennent de s'écouler, un correspondant de presse qui n'a pas chômé est celui qui couvre, pour le Courrier de l'Escaut, le petit village frontalier de Templeuve entre Tournai et Roubaix. Cette fois, il va falloir dénouer un mystère, comme dans un roman, celui de la découverte d'un trésor. A la fin du mois de mars, on remarque qu'un homme nommé Braeye qui exploite une petite culture sur des terres qu'il loue au Trieu du Pâpe fait des dépenses peu en rapport avec sa situation financière bien fragile. Plus étrange encore, il paie toujours au moyen de pièces de cinq francs presque neuves. La rumeur se répand rapidement dans le village et une enquête est ouverte par la police. Braeye déclare à ceux qui viennent l'interroger qu'en bêchant la terre, il a trouvé des pièces pour une valeur de 2.000 francs contenus dans un pot. En fait, il travestit la vérité car il en a découvert plus du double. Ce sont des pièces de cinq francs à l'effigie de Louis XVIII et de Louis-Philippe, relativement récentes car émises entre 1830 et 1848. Quelques jours après avoir été interrogé, il met au jour un second pot contenant cette fois 4.925 francs en pièces de cinq millésimées 1831. Comme les enquêteurs lui ont demandé, il a déposé ces pièces chez Mr. Dubois, le propriétaire du terrain. Quelques jours passent et voici qu'il trouve un troisième pot contenant 1.520 francs en pièces datant de 1831 à 1836. Quelle est l'origine de ce véritable trésor ? Que sont devenues les pièces déposées chez le propriétaire ? Nul ne le sait et plus aucun article ne paraîtra à ce sujet ! Une preuve qu'à cette époque, le journalisme d'investigation n'était pas de mise. Tout juste a-t-on appris que le terrain était l'emplacement d'un vieux fournil. On aurait donc pu intituler cet épisode : le magot du boulanger !

Plus horrible est la relation d'un accident survenu dans le village de Mourcourt sur les pentes du Mont Saint-Aubert. Nous n'avons rien voulu changer à ce qu'a écrit le correspondant de presse de l'époque : "Vers midi, un fermier est allé atteler deux chevaux à un chariot. L'homme ignorait que son fils de trois ans y était monté. Au moment où le chariot quittait le "charril" (mot qui n'est pas ou plus repris au dictionnaire), l'enfant se leva et il eut la tête littéralement écrasée entre une poutre fixée au travers du seuil du charril et le montant arrière du chariot. Horrible détail : la cervelle a jailli dans le véhicule. Inutile de dire que la mort fut immédiate. Nous renonçons à dépeindre la douleur des infortunés parents". On croit rêver en lisant de pareilles descriptions à une époque où la pudeur était de mise et la dernière phrase n'en est que paradoxale !

La cité des cinq clochers va connaître un évènement, le dimanche 11 août, on assiste à une grande animation dans le quartier des Sept-Fontaines (actuel faubourg de Maire), on attend avec impatience sur la Drève de Maire l'arrivée des participants de la première étape du Tour de Belgique cycliste pour amateurs, une organisation du tout nouveau journal "La Dernière Heure", dont le fondateur est le Tournaisien Maurice Brébart. Cinquante-neuf concurrents se sont élancés de la place de Brouckère à Bruxelles pour rejoindre Tournai au terme d'une étape de 160 kilomètres passant par Malines, Termonde, Gand, Deinze et Courtrai. Ils sont trente-sept belges, seize français et six luxembourgeois, quatre d'entre-eux se présentent au sprint, vers 4h15 de l'après-midi, face à l'établissement du Petit Colysée. Le belge Devoghelaere coiffe de peu son compatriote Van Landeghem. La victoire est saluée par une foule qui crie "Vive la Belgique, Vive la Flandre". Les derniers concurrents sont arrivés vers 8 h du soir. Le lendemain, ils n'étaient plus que quarante-cinq à prendre le départ de la Grand'Place de Tournai pour une seconde étape qui devait les emmener à Namur au terme d'un périple de 150 kilomètres. 

En ce début d'année 1907, la maison d'édition Casterman connaît un nouveau deuil, cinq semaines après son frère Louis, décédé le 13 décembre 1906, Henri s'éteint le 24 janvier, à l'âge de 53 ans.  Pour maintenir l'activité de la maison jusqu'à la majorité des enfants de Louis, une société anonyme est créée, elle sera dirigée par Léon-Séverin Mallie tandis que l'avocat Goblet sera nommé au poste de président du conseil d'aministration. 

(sources : le Courrier de l'Escaut éditions de 1907 - "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècle de Gaston Lefebvre)


01/09/2011

Tournai : la Fête à la Vie !

C'est la vingtième "Fête à la vie" ce week-end à Templeuve.

C'est une fête familiale par excellence avec ses concours de whist, de jeu de manille et de pétanque, sa foire aux moules, sa marche ADEPS, son jogging ACRHO, sa balade familiale en vélo, les animations pour enfants, les baptêmes en hélicoptère et en side-car.

La soirée de ce samedi 4 septembre sera animée par l'orchestre "Prestige" avant le Feu d'Artifice du 20e anniversaire.

L'après-midi du dimanche 5 septembre verra la participation du groupe des Rigolos, du géant Omer, de l'accordéoniste Rémy et de "The Hills Country Band" avant le tour de chant de Christian Croain.

Ne manquez de visiter l'exposition du 20eme anniversaire et de participer aux "20 heures de Dessin".

Les bénéfices de ce week-end sont intégralement versés, comme lors des éditions précédentes, à la recherche scientifique pour la découverte d'un taitement de la "maladie des os de verre".

 

18:58 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, templeuve, fête à la vie |

22/07/2007

Tournai et ses villages : Templeuve

Avec près de 3.350 habitants répartis sur 1.221 hectares, Templeuve, village aux portes de la France, est avec Kain et Gaurain-Ramecroix l'un des trois plus importants villages de Tournai. Possédant une frontière avec le pays voisin, il jouxte également les villages de Néchin (entité d'Estaimpuis), Ramegnies-Chin, Froyennes et Blandain.

Si en 1103, Baudry, évêque de Noyon-Tournai, confirme à l'abbaye de Saint Martin le don de la dime de Templeuve par deux chevaliers et un chanoine, ce n'est qu'en 1145, que Simon de Vermandois, évêque de Tournai, fait don de l'autel du lieu à la dite abbaye. Le territoire de Templeuve était alors réparti entre le châtellenie de Lille et le Tournaisis. La seigneurie de Templeuve, au XIIIème siècle aux mains des Mortagne passa ensuite dans celles de Philipotte du Quesnoy, au XVème siècle dans celles des de Lannoy et au XVIIème siècle dans celles des Desmaisières dont Nicolas-Joseph fut le dernier seigneur. Le château de Templeuve, maison communale jusqu'à la fusion des communes de 1976, rappelle ce passé seigneurial. C'est également par la Convention des limites que Louis XV céda Templeuve à l'Impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.

Si le village est tourné vers l'agriculture comme le témoignent les imposantes fermes de Rumez, du Carnoy, de Bettignies, on y trouve aussi, au fil du temps, de petites exploitations industrielles, des tisserands à domicile, six brasseries, une tannerie, une raffinerie de sel, deux moulins et une distillerie. Au début du XXème siècle, on note également la présence de deux filatures mécaniques dont l'une occupait encore, il y a une trentaine d'années, plus de 70 travailleurs.

Chassées de France, au début du XXème siècle, de nombreuses congrégations religieuses vinrent s'installer dans notre région et notamment à Templeuve. L'une d'elles y a fondé le "Home Alphonse Marie" accueillant de très nombreuses personnes agées. Autre témoignage du passé du village, l'hôtel "A la Rose", situé au pied de l'église, près de la place, rénové et actuellement propriété d'un organisme financier, était un relais pour voyageurs.

La nouvelle église Saint Etienne, située au centre du village, est un exemple d'architecture futuriste en béton et grandes baies vitrées, sa tour aux cloches apparentes fait songer à l'avant d'un vaisseau qui se serait échoué au milieu des terres. L'édifice inauguré en ce début du XXIème siècle a remplacé l'ancien bâtiment de style néo-gothique, oeuvre de l'architecte Justin Bruyenne, de Tournai, construit en 1870 sur l'emplacement d'un sanctuaire du XVème siècle. Il comportait une nef et bas-côtés de six travées, un transept saillant à tourelles d'angle, un choeur à deux chapelles latérales avec chevets à pans coupés et une sacristie située à l'ouest. La façade, à trois porches, possédait une tour inspirée de celle de l'église Saint Julien d'Ath. D'importants problèmes de stabilité sont apparus dans les années nonante qui nécessitèrent de raser le bâtiment pour d'évidentes raisons de sécurité.

Templeuve est le village natal de Fernand Bachelard qui y est né en 1922. Ce nom n'est peut-être pas connu du grand public, mais son histoire le fera découvrir au-delà de nos frontières. Ses parents y exploitaient une ferme. Quand le "petit" Fernand eut dix ans, ils partirent pour le village de Roucourt, dans l'entité de Péruwelz. Et le petit Fernand grandit, grandit. A 15 ans, il mesurait déjà 1m55. A 27 ans, il atteindra 2m32 et pèsera 218 kilos. Il débutera comme catcheur et remportera tous ses combats. La fédération lui interdit d'encore pratiquer ce sport car, il n'avait pas d'aversaires... à sa taille. Ayant atteint 2m35, il se tourna alors vers le cabaret et se produisit au casino de Cannes. Jean Nohain, le célèbre animateur de la télévision française, le remarqua et l'engagea pour animer les émissions "Trente-six chandelles" et "Reine d'un jour". On l'invitera à suivre le Tour de France où on confectionna un maillot jaune à sa taille. On le retrouve ensuite comme géant débonnaire promenant dans un parc d'attraction au Danemark et il tourna même dans un film à Londres. Il accompagnera les tournées de Fernand Raynaud et de Maurice Chevalier, se produira au cirque Médrano. En 1960, las de parcourir l'Europe, il dépose ses valises à Bonsecours, village frontalier de l'entité de Péruwelz, où il ouvre un café à l'enseigne "Au géant Atlas". Plus tard, après son mariage, il déménagera à Gerpinnes et décèdera en 1975 à l'hôpital de Charleroi au cours d'une intervention chirurgicale. Il est inhumé à Roucourt. Le musée que sa veuve avait ouvert à Bonsecours où étaient rassemblés les souvenirs du doux géants (ses chaussures étaient de pointure 62) fut malheureusement détruit par un incendie. Désormais, une rue du village de Templeuve porte le nom du Géant Atlas.

(sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "répertoire des sanctuaires de Belgique" édition 1982, "Biographies Tournaisiennes " de Gaston Lefebvre et recherches personnelles).

09:22 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : convention des limites, geant atlas, templeuve |