06/07/2016

Tournai : la lente évolution de la rue Royale.

Sur la rive droite de l'Escaut.

Après avoir évoqué les rues commerçantes de la rive gauche de l'Escaut, nous franchissons le pont (Notre-Dame) pour visiter aujourd'hui la rue Royale.

Débutant à la place Crombez, cette rue est la toute première empruntée par les visiteurs qui arrivent à Tournai par le train. Elle leur permet, dès la place Crombez franchie, de découvrir les cinq clochers de la cathédrale Notre-Dame. Sa longueur est identique, à quelques mètres près, à celle de la rue Saint-Martin. Elle est entièrement dévolue au commerce et, si même elle présente quelques cellules commerciales vides, elle semble un peu moins souffrir du phénomène actuel des vitrines vides comme c'est surtout le cas à la rue de l'Yser ou au piétonnier de la Croix du Centre. 

Un peu d'histoire.

Il est inutile de rechercher l'histoire de la rue Royale dans le livre de Bozière, "Tournai, Ancien et Moderne" car, à l'époque de sa parution, en 1864, elle n'existait pas encore.

Son histoire débute avec le démantèlement de l'enceinte communale décidé en 1863 et réalisé à partir de 1865 et avec la construction de la gare, oeuvre de l'architecte Beyaert à son emplacement actuel. Celle-ci sera inaugurée le 24 août 1879 par la famille royale. Alors créée depuis peu, son nom de rue Royale lui a été conféré par le Conseil communal en date du 29 avril 1876. A cette occasion, il est précisé que cette appellation sera également donnée à la rue des Jardins dans la partie située depuis l'ancienne rue Codieau (à hauteur de la rue des Campeaux) et le pont Notre-Dame. 

Les commerces disparus.

En 1904, un dénommé Frédéric Vorwerk y tenait une quincaillerie dénommée "A la Bêche d'Or", elle était située à l'angle de la rue des Jardins. On y vendait des articles en provenance d'Allemagne, d'Amérique, d'Angleterre, de France et, bien entendu, du pays. Au n° 16, le magasin "A la Ruche d'Or" était tenu par le droguiste Louis Mercier. Au n° 34, on trouvait déjà la Maison Smets spécialisée en instruments de musique et particulièrement en pianos. On notera qu'une fabrique d'instruments de musique en cuivre et en bois, la Maison Louis Mahieu, fondée en 1890, était située dans le bas de la rue Royale (sans précision d'adresse), le propriétaire de cette maison se proclamait fournisseur de l'armée, des Conservatoires et des Missions du Congo. Les anciens Tournaisiens se rappelleront le magasin situé au n° 23, il était tenu à l'époque par le photographe Jules Messiaen (père), il traversera le siècle. Ce qu'on sait moins c'est que cette maison vendait également, au début du XXe siècle, des bonbons et de la pâtisserie. En face de chez Jules Messiaen se dressait déjà l'imposant immeuble de la Banque Nationale. Au n° 30, la Maison Vilain proposait des conserves, des fruits et primeurs, du gibier, de la volaille, des vins et liqueurs mais fabriquait également des moutardes fines et ordinaires.  Au n° 35, le pharmacien Camille Jadot précisait dans ses publicités : "exécution soignée des prescriptions"! Cette maison sera par la suite transférée à la place de Lille. A cette même époque, au n° 82, le négociant J. Langlais-Kière offrait à la vente des chocolats et produits similaires de l'Union des Patrons Epiciers de Belgique. 

En 1912, au n° 31, la librairie Léon Delattre propose des journaux, livres, publications diverses ainsi que des cartes postales illustrées et vues diverses. Cette maison précise qu'elle porte la presse à domicile. 

1907 Tournai la rue Royale.JPG

Le Grand Bazar Parisien.

1928 Tournai Grand Bazar Parisien rue Royale (1).JPG

 

En 1906 existe au n°33, entre la rue De Rasse et de Monnel, le "Bazar Parisien" tenu par Mr. A Gallichet. En 1929, ayant pris le nom de "Grand Bazar Parisien", le bâtiment s'est agrandi et occupe alors les immeubles situés au n° 31 et 33. Il sera rasé lors des bombardements de 1940. A la place se dresse actuellement le magasin "Belgique Loisirs". qui a succédé à la "Supérette Crombez".

 

 

1928 Tournai Grand Bazar Parisien rue Royale (2).JPG

A l'angle de la rue Beyaert, on découvrait également le "Grand Bazar National", un bâtiment qui fut occupé, il y a quelques décennies par la firme Servagri, spécialisée en outillage de jardin et ensuite par le chausseur Rombaut. 

En 1923, au n° 64, se situe le magasin de G. Dubois spécialisé en éclairage, chauffage et force motrice, une maison fondée en 1908.  

Entre 1927 et 1932, à l'angle des rues Royale et Beyaert, Michel Vanden Broecke, alias Chelmy, patron du Palace, y tenait une taverne et hôtel (NDLR voir l'article qui lui a été consacré). Ce bâtiment abrite désormais, au rez-de-chaussée, le café "Chez Pech" et à l'étage des appartements. L'immeuble a été, malheureusement, le théâtre d'un fait divers tragique survenu il y a quelques années, lorsqu'un homme est décédé en se défenestrant en raison d'un incendie au dernier étage. 

A cette époque, un autre hôtel, café, restaurant avait pour enseigne : "le Café Vénitien".

Les bombardements de 1940 vont détruire la plupart des maisons que nous venons de citer. Il ne restera que des façades, ultimes témoins des commerces qui donnaient vie à cette artère. Lors du bombardement de mai 1940, cinq personnes y perdirent la vie : le 16 mai, Mme Joséphina Simons d'Anvers, 49 ans, Mr Jean-Baptiste Boucart, de Bruxelles, 55 ans, Mr Fernand Casterman, de Tournai, 59 ans, le 20 mai, Mme Juliette Waroquier de Tournai, 56 ans et Mme Marguerite Bonvarlet de Tournai, 54 ans. 

De nouveaux commerces.

 

1983 Grand Bazar parisien localisation.JPG

le magasin "A la ruche d'or" à l'angle de la rue des Jardins, en face le magasin Singer qui déménagera par la suite

Jusqu'à l'aube des années 2000, le commerce de la rue Royale sera florissant. Actuellement on y trouve encore l'enseigne, "A la ruche d'Or", droguerie Mercier au n°16 (voir photo ci-dessus), immeuble désormais occupé par une de ces nombreuses agences de travail intérimaire qui foisonnent en ville, le photographe Jules Messiaen (fils) au n° 23, la Maison Smets, instruments de musique, au N° 34, la "Banque Nationale", immeuble désormais occupé par la "CBC Banque" au n° 64, la "Société Générale" devenue "BNP Paribas" au n° 83. On a vu apparaître, entre autres car la liste n'est pas exhaustive, : le magasin Toubon, spécialités alimentaires de tous pays au n°1, bâtiment aujourd'hui occupé par une agence immobilière "Carré Immobilier", un magasin d'articles religieux, bougies... au n° 2 qui, selon certaines sources, aurait été tenu par la soeur du chanoine Dumoulin, bâtiment aujourd'hui occupé par un magasin de nuit, à côté, la "Maison Delneste", encadrements..., la Maison "Lintex", fine lingerie, au n° 3, immeuble occupé désormais par la sandwicherie "Pas sans Toi" , la parfumerie "Blondez" au n°5, le restaurant chinois "Kow Loon", fermé depuis quelques années, le magasin "Qualité", tout pour enfant au n°11, l'opticien "Nitelet", au n°12, l'agence immobilière "GIT" au n° 14 b, la Maison "Raymond Bariseau", radio-télé au n°15, devenu la brasserie "le Picardie", la boucherie-charcuterie "J. Vandaele" au n° 17, immeuble occupé aujourd'hui par une société de prêts "Auxifina", la boulangerie "Charles Lesaffre" au n° 18, reprise par le boulanger "Vienne" et devenue par la suite "Maximilan's Bakery", le restaurant asiatique "Sumo" au n° 19, le restaurant chinois "Pékin" au n° 21, Photoplan Eclair" devenu "Scol'Art création" au n° 23, "Au Royal", spécialiste des vins, spiritueux, champagnes... au n° 25, "Partners Assurances" au n° 28, "l'Imprimerie Royale" au n° 30, le fleuriste "Flore-Home" au n° 35, la "Maison Belin" au n°38, devenue par la suite les établissements "Merchez", spécialiste audio-visuel. Suite à la fermeture de ce dernier, le magasin est en cours de transformation et sera prochainement occupé par une autre agence de travail intérimaire "Konvert", le restaurant "la Médina" au n° 37, le "Comptoir général d'Horlogerie Suisse" tenu par Maurice Cainck-Mary au n° 40 (à l'angle de la rue du Sondart),  la mercerie, chemiserie, ganterie, les "Magasins Réunis", aux n° 42-44, le n° 42 est désormais occupé par le restaurant "Pitta Cléopatra", la pizzeria "Villa Réal" au n° 46, le chauffagiste "Steuve" au n°48 devenu le salon "Eco Chic Coiffure", la "Maison Jeudy", décoration, antiquités,  "Clair et Net opticien" au n° 49, "Belgique Loisirs" au n° 51, la boulangerie-pâtisserie "Bruynhooge" aux N° 50-52, "Vivaldis" agence intérim au n°54, "Adventure House III, articles cadeaux, au n°55, le nettoyage à sec "Nett-Eclair" au n° 57,  la pharmacie "Holvoet" au n°62, dont la façade rappelle les officines du temps jadis, la librairie "Press-Shop" au n° 63, la pharmacie "De Timmerman" au n°65, la "BeoBanque" au n° 64, le magasin "Singer" au n° 68 qui a succédé au magasin de vente de matériel de bureau Demillecamps, la boucherie-charcuterie "Jean Vandehemel" au n° 68 bis, la banque "Jules Joire", d'abord devenue "CBC Banque" et cédant les locaux à "Ethias" au n° 71, la "Haute Couture Selection" au n° 75 occupé ensuite par le dentiste Chamart, la "Maison Chanteclair", disques, radios, enregistreurs, guitares tenu par Mr. Coudoux, au n° 76 devenue "Beauty Non Stop", la boucherie-charcuterie "Guerin" au n°78, la sandwicherie "Dog sandwich" au n° 82, "Crédissimo Hainaut" au n° 85, le Centre PMS provincial au n° 87, le coiffeur "Easy Style" au n° 91, la pâtisserie "Delhaye" au n°95, successeur de la boulangerie pâtisserie Ballegeer, l'opticien "Charles Fritz" au n° 97 devenu l'optique "Desmet", l'épicerie "Royale Primeur" au n° 99, le fleuriste "Jean-Pierre Caudrelier" au n° 101, devenu "Art-Floral Desablens", la "Friterie Royale" au n° 103, la banque "Belfius" aux n° 105 à 109, le photographe "Photo-Rob" au n° 111, Les pizzas "La Régina" au n° 115, "Couture et Retouches" au n° 117, "Tout pour l'auto" René Duwelz, au n°121, bâtiment aussi reprit par un organisme financier qui après fusion est devenu "Fintro". 

1986 famille Bruynhooge.JPG

Qui se souvient encore du café "La Cave de l'Aigle", celui-ci accueillait de nombreux promeneurs dans les années cinquante et soixante, il s'appelle désormais "Les Coquelicots" et est à remettre. Qui voit encore le magasin "Discomatic-Shop" remplacé par un magasin "Carrefour Express" face auquel se retrouve, quotidiennement, une bande de marginaux accompagnés de leurs chiens qui y refont probablement le monde. Après deux tentatives infructueuses, le restaurant "Le Réfectoire" a fermé ses portes et attend un éventuel repreneur. On se rappellera aussi la "Maison Marvan", confection hommes, devenu "Christiansen", jouets pour enfant, le magasin "Pacherchic", confection pour dames, "Chauss'Beau" chaussures pour hommes et dames occupé désormais par un magasin de confection, chaussure et sacs chinois "Miss Jin", le "Bloc d'écume" rendez-vous des fumeurs notamment de pipes, le coiffeur "Delhoye", le bureau de comptabilité tenu par Jean-Pierre Tricot, trop tôt disparu, la boulangerie Debillemont etc...

Et maintenant ?

La dernière rénovation de la rue Royale date d'un peu plus de trente ans. Depuis lors les travaux réguliers pour la pose d'impétrants et la circulation automobile de plus en plus importante ont malmené son revêtement en pavés. Le parking n'y est pas toujours aisé. L'administration communale a pour projet de rendre à cette entrée de ville un aspect plus convivial et des travaux sont prévus pour les années à venir.

(sources : "Histoire de Tournai" de Paul Rolland, ouvrage paru en 1956 - "Tournai sous les bombes 1940-1945" d'Yvon Gahide, ouvrage paru en 1984 - "Le démantèlement des fortifications de Tournai et ses conséquences" de Robert Sevrin, étude parue dans les Publications extraordinaires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tourna en 1985 - "Tournai" de Jacky Legge et Marc Secret, dans la collection Mémoire en Images, ouvrage paru en 1998 - "Tournai, un siècle de chocolatiers 1850-1950" d'Anne-Florence Biltresse, ouvrage paru en 2011 et recherches personnelles sur le terrain. Documents photographiques fournis par Jacques de Ceuninck et Jean-Faul Foucart que je remercie).

S.T. juillet 2016.

 

13:26 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rue royale, bombardements |

10/11/2014

Tournai : le point sur les chantiers de novembre

Comme tous les mois, voici un petit point sur les (trop) nombreux chantiers qui empoisonnent la vie quotidienne des Tournaisiens.

Au centre-ville.

Tournai, ville martyre, offre toujours ce spectacle désolant de tranchées (qui n'ont rien à voir avec celles de l'Yser), de trous, de rues barrées et de multiples déviations. Tous les jours ouvrables, les rues résonnent du bruit des marteaux de paveurs, d'engins de chantier creusant ou déversant des dalles, de camions évacuant des gravats...

Le parvis du beffroi.

Cela fait près d'un mois que le parvis du beffroi est interdit à toute circulation, excepté celle des piétons à condition qu'il ne s'agisse de groupes. Un trou de grande dimension ouvert à l'entrée du Marché aux Poteries est le prélude aux travaux d'égouttage qui y seront réalisés lorsqu'on aura découvert une solution pour réparer les égouts à moindre frais.

La place Paul-Emile Janson.

On a dallé la partie située le long des immeubles faisant face à la cathédrale. Une bande d'environ cinq à six mètres est toujours en attente de dalles, le litige entre les différents intervenants dans le problème de l'importante fuite d'eau survenue au mois de janvier dernier ne semble pas encore résolu et à tout moment des ouvertures peuvent encore être réalisées. Lenteur des expertises et méthodes procédurières sont au rendez-vous en raison de l'importance du dédommagement qui devra être alloué aux différents habitants évacués depuis cette date.    

La rue de Courtrai.

Les travaux de pavement de cette axe qui fait partie de la jonction Ouest-Est traversant le centre-ville progressent, les ouvriers sont presque parvenus au carrefour des Quatre Coins Saint-Jacques. On peut espérer qu'à la fin de ce mois de novembre, la circulation pourra être enfin rétablie (les travaux ont débuté dès avant les congés). Les commerçants l'espèrent à l'approche de Noël et de la fin d'année, période habituellement favorable au chiffre d'affaires.

La place du Becquerelle et le quai Saint-Brice.

Les crèches sont en activité depuis quelque temps déjà, l'intercommunale Idéta est dans ses nouveaux locaux depuis un mois, on termine les appartements sur le quai Saint-Brice. Il faudra probablement attendre la fin complète des travaux pour que les trottoirs soient réalisés et que le quai retrouve un aspect plus agréable, enfin débarrassé de ses nombreux containers de chantier.

La rue Royale.

Le chantier touche à sa fin, il concerne la partie entre les quais et la rue des Campeaux. Si la route n'est plus barrée, la circulation y reste cependant difficile et les croisements parfois hasardeux ! 

La rue des Croisiers.

C'est LE chantier pourri par excellence. Quelques intervenants l'ont traité avec un certain laxisme au point de provoquer des inondations lors de chaque importante averse. Dans la section entre l'église Saint Jean-Baptiste et la rue Saint-Brice, la circulation se fait sur du laitier. On a récemment appris par la presse locale que les trottoirs vont être à nouveau ouverts pour la pose de canalisation d'eau. Il est déplorable de constater que les intérêts des uns (riverains et commerçants) et des autres (distributeur) ne peuvent être coordonnés, c'est malheureusement le mal dont souffrent depuis toujours les travaux publics en Wallonie, un manque flagrant de coordination des divers intervenants. On attend (sans plus trop espérer) un peu plus d'intelligence et un peu moins de sectarisme au niveau des personnes qui doivent mener à bien ces chantiers.

Boulevards de ceinture.

Des travaux vont prochainement débuter afin de placer des câbles électriques au boulevard des Combattants et Walter de Marvis. La circulation risque d'être rendue plus difficile en raison de ceux-ci. Comme c'est le prolongement de la voie empruntée par les automobilistes venant de la chaussée de Bruxelles (nationale 7) réduite à une bande de circulation entre le rond-point "Ma Campagne" et la porte Marvis, le temps de parcours aux heures de pointe risque d'être encore un peu plus allongé. A l'heure où on demande des économies structurelles à tous les niveaux, aucune personne n'est capable (ou ne veut comprendre) que les pertes de temps dans les embouteillages quotidiens coûtent des dizaines de millions d'euros chaque année !

Extra-muros.

Avenue des Peupliers.

La réalisation des trottoirs de l'avenue des Peupliers (dernier opus du chantier de rénovation du quartier Beau-Séjour-Vert Bois) a débuté voici quelques semaines, un côté est presque réalisé. Un aspect négatif doit cependant être signalé : dans la section de voirie comprise entre le chemin Willems et la jonction avec l'avenue Beau-Séjour, le passage continu des lourds engins de chantier a créé des nids de poules et parfois même... d'autruches. Emprunter cette voirie, surtout le soir, exige la prudence du sioux et la capacité de slalomer si on veut conserver son véhicule en bon état. L'état des finances communales ne nous permettent pas d'espérer une rénovation rapide de ce tronçon mais au moins pourrait-on, proprement, reboucher les trous autrement qu'en y mettant un peu d'asphalte à froid et en tapant dessus avec une pelle pour l'aplanir, ce qui a pour effet de remplacer comme on dit à Tournai "eine fosse pa eine bosse (un trou par une bosse) !

Les chantiers immobiliers.

Ceux-ci se poursuivent aux quatre coins de la cité de Clovis : résidence à la rue Jean Cousin, résidence de la Corne Saint-Martin à la plaine des Manœuvres, salle culturelle et appartements de standing en l'église Sainte-Marguerite à la place de Lille, rénovation de la toiture de la salle des Sports à la plaine des Manœuvres, résidence aux anciennes usines Allard au quai des Salines, garde-meuble, commerces et appartements aux anciens établissements Roland à la rue Saint-Eleuthère, partie résidentielle dans l'immeuble Ideta sur le quai Saint-Brice, construction de l'hôpital sur le site Union du Chwapi, extension des locaux de la clinique sur le site Notre-Dame de ce même Chwapi, extension de la zone commerciale des Bastions dans la rue éponyme, zone résidentielle sur le site de l'ancienne usine "Sacallain" à Allain, construction de la nouvelle concession Renault à Froyennes...

A la rue de l'Hôpital Notre-Dame, on a (enfin) évacué l'énorme tas de briques sur lequel était juché un engin de chantier. Cet important mont de gravats était tout ce qui restait du restaurant italien qui se dressait à cet endroit, à l'angle de la rue de l'Arbalète, jusqu'il y deux mois environ. Il n'y a toujours pas de fumée blanche pour la démolition des anciens bâtiments du "Courrier de l'Escaut", à l'angle de la rue du Curé Notre-Dame, ni pour l'occupation de l'Espace Depardieu, il semble que tout cela soit interdépendant.

Il fut un temps où on disait : "quand le bâtiment va, tout va", c'est bien loin d'être le cas désormais ! 

(S.T. novembre 2014)

 

04/07/2013

Tournai : commerce local et effet papillon.

"Le battement d'ailes d'un papillon...", tout le monde connaît cette métaphore et la chanson de Bénabar qui décrivent les conséquences, parfois dramatiques, d'un fait apparemment anodin se déroulant sur un point précis de la planète. 

Dans la cité des cinq clochers, le commerce du centre-ville, déjà sinistré par l'importance et la durée des travaux de revitalisation, vient d'encaisser un nouveau coup dur. En cause, l'important chantier de la cathédrale Notre-Dame qui vient d'entrer dans sa seconde phase, la plus spectaculaire. 

Chacun sait qu'on construit actuellement un échafaudage qui cernera et "emballera", à terme, les cinq clochers. Dans un futur proche, pour monter les matériaux à plus de quatre-vingts mètres, il est également nécessaire d'assembler une grue gigantesque sur la place Paul Emile Janson. Ce travail de mécano géant a commencé ce lundi 1 juillet à 4 h du matin.

On a amené la flèche utilisée dans le cadre de la construction d'éoliennes. Elle doit installer la trentaine d'éléments qui composent le futur engin de levage. Pour d'évidentes raisons de sécurité, on a donc interdit la circulation dans le périmètre concerné et la rue de Courtrai a été transformée en une impasse, la rue des Orfèvres à peine ouverte suite à sa rénovation a déjà vu son sens de circulation inversé pour désenclaver le quartier cathédral et permettre aux automobilistes de ne pas vivre une situation comparable à celle décrite par l'humoriste Raymond Devos dans son célèbre sketch du rond-point. Tout devait se dérouler en trois jours afin de bloquer le moins de temps possible la clientèle désirant se rendre dans les commerces de la Croix du Centre. Hélas, on s'est rapidement rendu compte que les camions devant amener la trentaine d'éléments se trouvaient toujours bloqués en Allemagne en raison de la défaillance du transporteur. Le temps de trouver une solution de remplacement, il a fallu prolonger la fermeture du quartier à toute circulation.

Une fois encore les citoyens d'une ville qui fut, jadis, pompeusement dénommée la première capitale d'Occident grâce à Clovis, ont pesté contre les balbutiements de cette Europe continuellement naissante, une soi-disant communauté économique qui n'a pas banni la concurrence entre les pays et à laquelle on continue d'accrocher régulièrement des maillons faibles. Un effet papillon : une entreprise qui ne respecte pas son contrat en Allemagne et voici les commerçants tournaisiens, déjà mal lotis en raison de la crise et des chantiers, qui risquent de voir fuir une clientèle tant espérée pour la période des soldes. 

Ce jeudi 4 juillet, de chez moi, on aperçoit la flèche d'élévation à nouveau déployée ce qui laisse espérer que le travail d'assemblage va pouvoir enfin commencer. Pourvu que les bouchons ne retardent pas l'arrivée des camions. 

Un quartier commercial bloqué, c'est dérangeant pour ses habitants et ses commerçants, que dire alors des nombreux autres endroits de la ville qui connaissent les mêmes problèmes. 

Depuis ce mardi 2 juillet, on pave l'avenue de Troyes et pour réaliser ce travail, il a été nécessaire de la fermer dans les deux sens de circulation. Quant ce chantier sera terminé, la presse nous a déjà révélé que c'est le carrefour formé par cette même avenue de Troyes, la rue de la Madeleine, l'allée latérale du boulevard Léopold et la rue Péterinck qui sera fermé au moins deux semaines à la circulation pour son réaménagement.

On nous apprend également que la rue Royale sera fermée dans sa section entre la rue des Campeaux et le quai Saint-Brice alors que les travaux de la rue de l'Hôpital Notre-Dame, située dans son prolongement, ne sont pas terminés. La rue des Fossés est également en chantier et interdite au passage des véhicules. Au début de cette semaine, c'était la rue de la Ture qui était inaccessible. 

Peu à peu les automobilistes qui veulent traverser la cité des cinq clochers risquent de perdre patience. Un ouvrier a déclaré : "Nous, on doit travailler" et nul ne consteste ce droit mais un peu de coordination résultant d'une vue d'ensemble du centre-ville aurait été plus judicieuse. Chacun semblant faire son chantier dans son coin, mettant devant le fait accompli le service de police chargé de trouver des solutions et déclenchant également au niveau local, un effet papillon. 

Au-delà de la métaphore de l'effet papillon, on a également coutume de dire : "Qui aime bien, châtie bien", vous avez probablement déjà deviné, si vous êtes de fidèles lecteurs de ce blog, que j'aime ma ville, c'est pour cela que je me permets de relever parfois les errements qui la font souffrir depuis trop longtemps ! Au XXIe siècle, les gestionnaires de chantiers devraient, au moins, avoir un minimum d'organisation sauf si cet élément passe en dernier lieu sacrifié sur l'autel de la sacro-sainte rentabilité ou si cela n'est plus enseigné dans les écoles techniques !

 (S.T. juillet 2013)

11:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, travaux, rue royale, avenue de troyes, chantiers |