01/11/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (5)

Nous poursuivons notre balade à la découverte de cette Wallonie picarde dont Tournai est la ville principale. Après avoir évoqué Antoing, la capitale du pays Blanc et Ath, celle du Pays Vert, nous nous rendons à Beloeil, "la cité princière" et à Bernissart, celle "des Iguanodons".

Beloeil.

Cette cité, située à une trentaine de kilomètres à l'est de Tournai, est avant tout connue par son château des princes de Ligne. Ce manoir existait déjà au temps des croisades. Il a été fortifié par Antoine de Ligne, surnommé le "Grand Diable" en 1511 puis agrandi par Claire-Marie de Nassau, veuve de Claude Lamoral. C'est Charles-Joseph de Ligne qui lui a donné son caractère actuel.

Ses jardins à la française avec leurs fontaines, bassins et vastes étendues de pelouses entourées d'arbres font immanquablement penser au château de Versailles. Une allée d'une longueur de cinq kilomètres conduit tout droit aux anciens pavillons des gardes aux portes de Quevaucamps. Dans le parc s'élève une orangerie, à proximité de laquelle, on pouvait visiter, jadis, la Belgique miniature.

L'intérieur du château renferme du mobilier et des collections remarquables. Il est mis plus en valeur encore lors de l'exposition annuelle des "Amaryllis", organisée au printemps de chaque année.

En août, au cœur de l'été, se déroulent, dans le parc du château, "les Musicales", un événement qui attire, depuis vingt-sept ans, des milliers de personnes qui, au fil d'une promenade sous les frondaisons ou au bord des pièces d'eau, découvrent des formations musicales diverses (solistes, quatuors, orchestres philharmoniques, chanteurs classiques...) qui y interprètent les œuvres de compositeurs connus. Les concerts se terminent par un somptueux feu d'artifice... musical se reflétant dans les plans d'eau.  

Les possibilité de promenades sont nombreuses dans cette commune où on peut aussi découvrir l'église Saint-Pierre de style néo-gothique dont la crypte renferme les sépultures des princes de Ligne et des fontaines réparties sur tout le territoire (la pompe du Château, la fontaine à lattes, la fontaine du Major, celle du Gendarme ou encore la fontaine bouillante) . 

La cité est traversée par le canal Ath-Blaton, dont les chemins de halage se sont, au fil du temps, transformés en un véritable paradis pour les pêcheurs et en un lieu de rêveries pour les amoureux de promenades romantiques. 

Lors de la fusion des communes de 1976, huit villages ont été rattachés à la cité princière, tous sont à découvrir et renferment des richesses : Aubechies, Basècles, Ellignies Sainte-Anne, Quevaucamps, Stambruges-Grandglise - Rameignies, Thumaide et Wadelincourt.  

Celui d'Aubechies a reçu le label désignant un des plus beaux villages de Wallonie. Il est connu pour abriter l'Archéosite. Un lieu qui couvre 5.000 ans d'Histoire, du néolithique à l'âge de fer en passant par l'âge de bronze et en évoquant la période gallo-romaine. D'avril à octobre, ce site prend vie grâce aux nombreuses reconstitutions qui permettent de découvrir les activités de jadis. A l'approche d'une villa d'alors, une cohorte de soldats romains défile en rang serrés parmi les spectateurs, des Gaulois tissent et filent la laine ou forgent le fer et coulent le bronze. Autre élément important du patrimoine local : l'église romane Saint-Géry, vestige d'une ancienne abbaye, construite au XIème siècle à l'emplacement d'un temple païen.

Les habitants du village de Basècles disent qu'ils vivent dans "l'pus bieau (le plus beau) des villages". On est bien forcé de les croire. Ce gros bourg s'étendant tout le long de l'ancienne chaussée qui était, jusqu'à la création de l'autoroute, la route menant de Tournai à Mons est aussi surnommé :  "la cité des Marbriers". On y extrayait le marbre noir qui fit la réputation de la région en Belgique et à l'étranger. Sur la Grand-Place, le musée du Marbre et de la Pierre rappelle cette époque où de nombreux habitants travaillaient à l'extraction ou au polissage.

On découvre également "le château Daudergnies" du nom de son propriétaire, globe-trotter, qui le fit construire au XIXème siècle. 

Le samedi qui précède le Mardi-Gras, le carnaval anime les rues de la cité. Géants, fanfares, grosses têtes, groupes costumés symbolisant les activités et le folklore local forment un long et joyeux cortège qui attire des milliers de personnes qui y trouvent une ambiance festive comparable à celle connue à Binche.

Quevaucamps est une ancienne cité bonnetière. Depuis 1988, le Musée de la Bonneterie et du Négoce de la Toile, accueille les visiteurs dans l'ancienne gare du village, sur la place Paul Pastur. La place du Pâturage est une place enherbée comme on en connaissait jadis dans de nombreuses petites communes.

Stambruges-Grandglise est une terre des légendes nées probablement dans la forêt toute proche où la "Mer de Sable" est un vaste étang de 410 hectares totalement asséché. L'été, ce lieu, un peu mystérieux, est le rendez-vous de nombreux promeneurs venus y passer la journée. Ceux-ci ne manquent pas de se rendre au "Rond des Sorcières" et à "l'Ottée des Fées" en parcourant cette lande sablonneuse couverte de bruyères.

Trois villages ont donné un nom étrange à cette région : "la Thurawanie" (contraction de Thumaide, Rameignies et Wadelincourt). L'église Saint-Vendrégésile est le siège d'un pèlerinage à Saint-Charalampe invoqué pour protéger le bétail des maladies.  

Bernissart.

Regroupant depuis la fusion des communes de 1976, Blaton, Harchies et Pommeroeul, voici la commune la plus à l'est de la Wallonie picarde. Appartenant au Parc naturel des plaines de l'Escaut, Bernissart se trouve à une trentaine de kilomètres de la cité des cinq clochers, aux portes du Borinage. Jadis, on y trouvait les premières mines de charbon du sillon hennuyer. En 1878, des mineurs travaillant dans la fosse Sainte-Barbe découvrirent vingt-neuf squelettes fossilisés et quelques autres éléments d'un dinosaure herbivore qui vivait dans nos régions, il y a environ 130 millions d'années. Un musée a été ouvert à Bernissart afin de découvrir "l'Iguanodon bernissartensis" présenté avec un mésosaure et des centaines de fossiles et minéraux d'ères géologiques différentes. Voilà la raison pour laquelle, Bernissart est surnommée "la cité de l'Iguanodon". 

Le "Musée de la Mine" rappelle le passé charbonnier de Bernissart. C'est en 1968, à Harchies, que la dernière mine a cessé ses activité. Ce musée présente une importante collection de matériel minier dont une partie a d'ailleurs été prêtée à Claude Berri pour le tournage, dans le Valenciennois, de son film "Germinal". On y découvre aussi les archives, photos et gravures relatives au travail des mineurs. 

La "Machine à Feu" qui s'élève à deux pas de la frontière française et à l'orée de la forêt de Bonsecours, est un imposant bâtiment construit en 1782 par la Compagnie des Mines d'Anzin (F). Il abrite une machine de l'ingénieur anglais Thomas Newcomen destinée à combattre la venue des eaux souterraines qui envahissent les galeries et puits de mines. Ce système ingénieux et le bâtiment ont été récemment restaurés et peuvent se visiter.

Les amoureux de la nature se rendent très souvent aux "Marais d'Harchies", une zone protégée de marais et de bruyères où on peut découvrir, à partir d'observatoires, 250 espèces d'oiseaux indigènes (dont le canard colvert, la gorge bleue, la mouette rieuse...) ainsi que des oiseaux migrateurs de passage et 350 variétés de plantes. 

Le village de Blaton est connu par sa grande bruyère, son église de Tous les Saints et par sa ducasse qui a lieu chaque année le 1er novembre. A cette occasion se déroule une étrange tradition, les hommes de la cité achètent du pain d'épice destiné à leur épouse pour se faire pardonner les petites incartades de l'année écoulée. Gare à celui qui retournerait chez lui avec plusieurs kilos ! La ducasse bat son plein jusqu'à minuit, tout s'arrête alors pour laisser la place aux souvenirs des défunts à l'occasion du Jour des Morts. Autre particularité de Blaton, les "crêtes à cayaux" (crêtes à cailloux), il s'agit de construction de murs en pierres posées de chant. Ces pierres plates se trouvent dans une roche qui affleure et de nombreux trous indiquent les endroits où les anciens du village allaient s'approvisionner, l'trau (trou) Magnon, l'trau Bachy... On y confectionne encore des murs de soutènement ou de séparation. 

Ville-Pommeroeul est un village connu pour son "croncq clocher", un clocher incliné de 1m80 par rapport à son axe initial, il est surmonté comme tous les autres d'une croix qui semble nettement pencher "du côté qu'elle va tomber" ! Contrairement à ce que certains imaginent, il ne s'agit nullement d'une erreur au moment de la construction de l'édifice religieux, en 1620, mais résulterait plus probablement de l'usure du temps et des fortes intempéries que le clocher a enduré depuis cinq siècles. 

Au niveau festif, outre sa ducasse, le village de Blaton organise le "Parc en Fête", chaque 21 juillet. Le décor en est le parc Posteau où sont mises sur pied des animations diverses pour petits et grands, un bal aux lampions, des balades romantiques et le traditionnel feu d'artifice. A Harchies, en décembre se déroulent, durant tout un week-end, "les Féeries d'hiver en roulottes", une foire aux artisans, un marché de Noël au milieu d'anciennes roulottes foraines et sous un chapiteau, ponctué de concerts et de spectacles.

Voici encore de quoi compléter l'agenda des visites à effectuer en Wallonie picarde. 

(à suivre)

(sources : syndicat d'initiative des communes - recherches personnelles lors de déplacements sur place).

S.T. novembre 2016.

27/10/2016

Tournai : le coeur de la Wallonie picarde (4)

Tourisme en Wallonie picarde.

En pleine reconversion industrielle, la Wallonie picarde possède un atout qui fut trop rarement exploité par le passé : le tourisme. Ses sites naturels exceptionnels, son patrimoine architectural et son folklore sont parmi les plus riches et les plus intéressants et l'inscription de nombreux éléments au patrimoine mondial de l'Unesco en est une preuve supplémentaire.

Pour le visiteur soucieux de découvrir les richesses de notre région, il est possible de consacrer une année complète de balades, tant le programme culturel et festif qui s'offre à lui est copieux. Il suffit de passer en revue ce que proposent les 23 communes composant notre Wallonie picarde.

Antoing.

Cette petite ville située à cinq kilomètres de Tournai, regroupe les anciennes communes de Maubray, Péronnes-les-Antoing, Fontenoy, Bruyelle et Calonne. C'est le cœur du bassin carrier du Tournaisis.

La ville est dominée par le donjon du château des Princes de Ligne bâti au XIIème siècle par un des seigneurs d'Antoing. Suite à la mort d'Hugues V d'Antoing à la bataille des Eperons d'Or, sans héritier, le château passa dans la famille de Melun et bien plus tard, par successions et mariages, à la famille des princes de Ligne. 

Antoing le château (1).JPG

La cité, entourée de carrières, est appelée "la capitale du Pays Blanc" et d'anciens fours à chaux du XIXe siècle se visitent régulièrement : le four "Saint-André" et le four "Soufflet-Leblond".

Le Musée de la Pierre est actuellement en cours de réaménagement.

Le parc archéologique avec son Tumulus à tambour et enclos funéraire nous font remonter aux premiers siècles de notre ère. Il s'élève au lieu-dit "Guéronde".

Jouxtant Antoing, le village de Péronne-les-Antoing est connu, de part et d'autre de la frontière, pour son vaste plan d'eau de 45 ha situé au confluent du canal Péronne-Blaton-Nimy et de l'Escaut. Réalisé au cours des années soixante, il possède, à chaque extrémité, une écluse permettant à la navigation de franchir un dénivelé de 18 mètres. Bien nommé, "le Grand Large", grâce au centre Adeps, est le rendez-vous idéal pour la pratique des sports nautiques et l'apprentissage de la voile mais aussi pour la pêche, les balades nature à pied, à vélo ou en V.T.T. ou le pique-nique au bord de l'eau.

Le nom du village de Fontenoy apparaît dans tous les livres d'Histoire. C'est là en effet que se déroula la célèbre bataille du 11 mai 1745 sous les yeux du roi de France Louis XV et de son fils, le Dauphin. Les troupes françaises du Maréchal Maurice de Saxe combattirent celles du duc de Cumberland, à la tête d'une coalition d'Anglo-Hanovriens et de Hollandais. La France y remporta la victoire mais le prix en vies humaines fut important : les Français ont perdu entre 7.000 et 7.500 hommes, les troupes du duc de Cumberland plus de 13.000 !

Au sein du village, on peut découvrir "la Vierge" offerte par Louis XV pour remercier les habitants d'avoir inhumé les corps des soldats, la "Croix celtique" offerte par les comtés irlandais de Dublin, Londres et New-York, inaugurée le 25 août 1907, un mémorial-ossuaire et différentes plaques commémoratives.

Sur une colline du village de Maubray se dresse le moulin du Maugré. Suite au film tourné en ce lieu, il y a une quarantaine d'années, le village peut se targuer du titre de "capitale du Maugré" ou haine de cense. 

Au chapitre des festivités notons qu'à Antoing, chaque année, le 3ème dimanche de septembre, le site de Saint-Druon accueille la "Fête des Courges" qui en était à sa 14ème édition en 2016. Organisée par L’ASBL "Les jardins biologiques du Hainaut", cette manifestation qui attire des milliers de visiteurs venus de Belgique et de France, amoureux de cette cucurbitacée, transforme, le temps d'un week-end, la capitale du pays Blanc en "Capitale wallonne du Potiron".

Ath.

"Ath, c'est Géant", ces mots interpellent et peuvent même paraître audacieux pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette cité, aussi appelée "la Capitale du pays Vert", située à trente kilomètres de Tournai.

Il n'est pas présomptueux de déclarer que la réputation de cette ville de 29.000 habitants a dépassé depuis bien longtemps les frontières et est notamment connue aux Etats-Unis en raison, non seulement, de la présence, à quelques kilomètres, des installations du Shape mais surtout à cause de son cortège des Géants qui se déroule le 4ème dimanche d’août. Depuis 2005, cet événement exceptionnel est, en effet, repris comme chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité par l'Unesco. Des milliers de personnes assistent, dès le samedi après-midi, au mariage du géant Goliath (Gouyasse en patois local) avec Madame Gouyasse en l'église Saint-Julien, un édifice religieux construit à la fin du XIVème siècle. Ce dernier abrite "el grosse cloque" (la grosse cloche) qui sonne pour l'ouverture de la ducasse, le samedi midi. 

Le mariage terminé, la foule se déplace vers la Grand-Place, face à d'l'Hôtel de Ville, pour vivre le combat entre le berger David, un rôle tenu par un jeune enfant de la cité et le Géant philistin. Une légende raconte que si l'enfant parvient à placer une balle dans la petite ouverture pratiquée dans le géant pour permettre au porteur de se guider, il y aura du bonheur à Ath pendant toute l'année. Le contraire ne se vérifie heureusement pas !

Le lendemain, le cortège va parcourir deux fois les rues de la ville, en matinée et durant l'après-midi, entre deux rangées compactes de spectateurs venus souvent de très loin. C'est durant la ducasse qu'on déguste la célèbre "tarte à mastelles" que les vrais athois accompagnent d'un verre de vin de Bourgogne ou... d'une bière de la Brasserie des Géants.  

Une promenade dans la cité des géants permettra aux visiteurs de constater que les Athois vouent une véritable admiration à leurs "postures" comme ils les appellent (Samson, l'Aigle à deux têtes, Mam'zelle Victoire, le cheval Bayard, Ambiorix, Goliath et Madame Goliath). Commerces, restaurants, cafés portent bien souvent des enseignes à leur effigie ou à leur nom. 

La "Maison des Géants" est LE musée à visiter en premier lieu lorsqu'on arrive dans cette cité située au confluent des deux Dendres. On le trouve à la rue de Pintamont, juste à côté du syndicat d'initiative, dans le château Cambier. On ne manquera pas de visiter également "l'espace gallo-romain" qui se trouve dans les bâtiments de l'ancienne Académie de dessin.

Au cœur de la ville, on découvre encore :

une grand-place possédant des bâtiments remarquables comme la "Grand-Garde" qui fut jadis la halle des bouchers, l'Hôtel de Ville ou la Maison espagnole de 1564.

la "Tour Burban", donjon anglo-normand du XIIème siècle, construction carrée de vingt mètres de hauteur et de 14 mètres de côté, possédant des murs de quatre mètres d'épaisseur,

la Salle des Fête, "le Palace", le centre culturel local, immeuble de style art-nouveau,

l'Hôpital et la chapelle Saint-Jacques, ancien gîte pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle,

le "château Bourlu", jadis hôtel de maître, abritant aujourd'hui la Justice de Paix.

Parmi les villages rattachés à Ath, celui de Mainvault est connu pour son calvaire du sculpteur sonégien J.J. Bottemane qui vécut au XVIIIème siècle. Il représente une mise au tombeau comme on en érigeait un peu partout en France dans le courant du XIVe siècle. 

Ath est un pays de moulins, on peut encore en voir trois dans le centre ville, on s'arrêtera donc aussi à Moulbaix pour voir le "Moulin de la Marquise" mis en activité en 1752, toujours opérationnel et à Ostiche pour découvrir le "Blanc Moulin" restauré au XXème siècle, tirant son nom de ses murs de briques badigeonnés à la chaux.  

Votre promenade vous emmènera probablement dans les 15 autres villages également rattachés à la cité d'Gouyasse !.

(sources : recherches personnelles - site des villes d'Antoing et Ath).

photos : transmises par D. Glissoux que je remercie

S.T. octobre 2016.

25/07/2012

Tournai : "capitale" de la Wallonie picarde (7)

Sixième balade en Wallonie picarde, de la "cité princière" au "pays des iguanodons". 

Notre balade nous emmène, tout d'abord, à une dizaine de kilomètres à l'est de Leuze-en-Hainaut, à la découverte de Beloeil aussi appelée la "cité princière".

La commune s'étend sur 61,5km2 et compte un peu plus de 13.700 habitants. Elle regroupe, depuis 1977, les villages d'Aubechies, Basècles, Ellignies-Sainte-Anne, Grandglise, Quevaucamps, Rameignies, Stambruges, Thumaide et Wadelincourt. La cité est jumelée avec Crosne en France, Schotten et Bogen en Allemagne, Maybole en Ecosse, Arco et Rocella Jonica en Italie, Ozymek en Pologne et Tymarov en Tchéquie.

Beloeil doit son titre de cité princière à la présence en son centre du château des Princes de Ligne, propriété de cette famille depuis le XIVe siècle, érigé au milieu d'un parc de 25 hectares. D'abord forteresse médiévale, l'édifice est devenu par la suite un château de plaisance. Demeure princière, plans d'eau et parc à la française font un ensemble qui peut lui valoir le titre de petit Versailles à la belge. Lors de sa visite, vous pourrez admirer du mobilier datant des XVI et XVIIe siècles, une bibliothèque riche de plus de 20.000 ouvrages, des tableaux représentants les membres de la famille princière...

Au printemps, les différentes salles, l'imposante montée d'escalier et les plus petits salons s'ornent d'Amarillys dans de prestigieuses compositions florales. Pendant neuf jours, le château est métamorphosé par des dizaines de créations, de bouquets, aux couleurs vives et changeantes exhalant des senteurs spécifiques. 

Une fois par an, au mois d'août, du parc s'envolent les notes de la "Nuit musicale", un évènement qui attire des milliers de visiteurs. Sept scènes réparties dans le domaine sur lesquelles évoluent trois cents musiciens vous font la surprise d'un concert, d'une interprétation en solo, de quelques chants, au détour d'un chemin, sous une frondaison, au bord d'un plan d'eau. Dédiée chaque année à un compositeur, la nocturne se termine en apothéose dans un somptueux feu d'artifice.

Pas bien loin de Beloeil, le village d'Aubechies vous propose la visite de son "Archéosite", parc archéologique à ciel ouvert, transportant les visiteurs bien au-delà du début de notre ère. Le parcours où sont reconstituées les structures préhistoriques, protohistoriques et gallo-romaines, vous permettra de circuler du néolithique à l'âge de bronze et de fer par la reconstitution fidèle, non seulement de l'habitat de nos ancêtres mais également au travers du travail réalisé par des figurants en costumes d'époque. Une villa gallo-romaine, un temple, une nécropole, une péniche gallo-romaine, un atelier de taille de silex, un grenier à grains, l'atelier du bronzier, la forge sont parmi beaucoup d'autres des points qui jalonneront votre itinéraire dans le parc. Des démonstrations de ce savoir-faire ancestral complètent votre visite.

Le village de Quevaucamps, aussi appelé la "cité des Bonnetiers", fut d'abord un village d'extraction de la pierre. A l'extinction de cette activité, vers le milieu du XIXe siècle, l'activité bonnetière a pris le relais, on a compté jusqu'à 150 bonneteries au milieu du XXe siècle qui procurait de l'emploi à près de 1.500 personnes. Il n'en reste désormais plus que deux en activité. Le rappel de ce riche passé industriel est présent au "Musée de la Bonneterie", établi depuis 1988 dans les bâtiments de l'ancienne gare. 

Commune voisine, Basècles, est appelé, par ses habitants, "l'pus bieau des villaches" (le plus beau des villages, comme quoi on n'est jamais mieux servi que par soi-même). Elle possède son "Musée de la Pierre et du Marbre", situé sur la Grand'Place. Il rappelle le travail des carriers, tourneurs, polisseurs, chaufourniers... autant d'emplois qui ont fait la richesse locale. Si on ne peut le comparer à ceux de Binche, de Malmédy ou d'Alost, le "carnaval de Basècles", remis à l'honneur en 1980, par le groupe des "crocheux à l'tonne" attire chaque année des milliers de spectateurs venus de Wallonie picarde, de la région montoise et du Nord de la France voisin. Dans une série d'articles consacrés aux jeux populaires dans le Tournaisis, j'ai déjà évoqué le crossage (ou crochage), je vous invite à vous y référer. 

Stambruges, situé au sud de Beloeil et à l'est de Quevaucamps, est un village de maisons de pierre régroupées autour de l'église Saint-Servais (érigée en 1831) possédant la particularité de présenter un clocher à bulbe, extrêmement rare dans nos régions. Inscrite au patrimoine majeur de Wallonie, la "Mer de Sable" est une réserve naturelle de landes séches, de tourbières et de bruyères, elle a jadis pris la place d'un étang de 40 hectares désormais asséché. Le nom de Stambruges signifie "étang des bruyères". Lieux de promenade, les entités de Stambruges et de Grandglise sont à moitié couvertes par la forêt.

Aux confins orientaux de la Wallonie picarde, la commune frontalière de Bernissart s'étend sur 43,1 km2 et compte environ 11.700 habitants par le regroupement des villages de Blaton, Harchies, Pommeroeul et Ville-Pommeroeul. Tout comme à Aubechies (et voilà sans doute la raison pour laquelle nous avons groupé les deux entités de Beloeil et Bernissart), les amateurs d'archéologie ne seront pas déçus. On appelle Bernissart, la "cité des iguanodons" depuis qu'en 1878, au fond de la fosse Sainte-Barbe, des mineurs ont découvert un véritable cimetière de ces dinosaures herbivores vivant à l'époque du crétacé. Pas moins de trente squelettes furent mis à jour à plus de trois cent mètres de profondeur. Bernissart possède un musée de géologie, justement nommé "Musée de l'iguanodon", où on peut voir, outre des minéraux et des fossiles, ces gigantesques animaux dont le squelette a été reconstitué. 

A proximité de la fosse Sainte-Barbe, on découvre les vestiges d'un bâtiment autrefois appelé "la machine à feu". Celle-ci servait à pomper l'eau qui envahissait les galeries des mines. C'est un édifice impressionnant, haut de 14 mètres, aux murs d'une épaisseur d'un mètre, racheté en 2005 par l'administration communale bernissartoise et dont la visite a été intégrée aux circuits qui sillonnent le Parc naturel des plaines de l'Escaut. La machine à feu est un des derniers témoignages de l'activité minière de cette région jouxtant le Borinage, elle appartenait à la compagnie des Mines d'Anzin (dans le Nord de la France). 

Pommeroeul est connu dans la région pour son "cron clocher" (clocher qui penche), celui de l'église Notre-Dame, il ne s'agit nullement d'une impression d'optique, résultat d'un effondrement minier ou d'une erreur à la construction ?

Le village d'Harchies est reconnu pour sa zone marécageuse, situé au sein du site Natural 2000 d e la vallée de la Haine, celle-ci appelée "Marais d'Harchies" occupe 568 hectares de prairies inondées suite à des affaissements miniers. Paradis des ornithologistes, les marais abritent près de 270 espèces d'oiseaux nicheurs (canards colvert, grèbes, grand cormoran, hérons cendrés...) et migrateurs (aigrettes, cigognes blanches, oies cendrées, busards...), une quantité d'insectes dont plusieurs espèces de libellules et des plantes rares. 

La particularité du village de Blaton est sa ducasse qui a lieu le 31 octobre avec ses attractions foraines et ses commerces ambulants. La tradition veut que c'est le jour où les maris offrent du pain d'épice à leur épouse pour se faire pardonner les petites (ou grosses) fredaines de l'année écoulée. Comme dans un conte de fée, à minuit tout s'arrête, lumières et flonflons s'éteignent, c'est le jour de la Toussaint dans quelques heures les couples iront fleurir les tombes des défunts ou participer à l'office à l'église de Tous les Saints.

(S.T. juillet 2012)