22/03/2017

Tournai : souvenirs du Cabaret Wallon (7)

1995, Année sabbatique !

Après le Grand Cabaret d'octobre 1994 et après la disparition de trois de ses membres sur une courte période, la Compagnie est entrée en léthargie. Allait-elle disparaître ? On le redoute car la journée du 1er février 1995 est une nouvelle date à marquer d'une pierre noire, on apprend le décès d'Eloi Baudimont, né le 17 mars 1917, une des figures de proue du Cabaret. 

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Facétieux, au premier rang, Eloi Baudimont se retourne probablement pour dire à ses amis un de ces bons mots dont il avait le secret. 

 

1994 RCCWT décès Eloi Baudimont (1).jpgEloi Baudimont  était présent au Cabaret depuis 48 ans (il y est entré en 1947) et était Vice-président administrateur depuis 1980. On ne compte pas les œuvres que ce chansonnier de talent a écrites. Celles-ci traduisent les multiples facettes de cet auteur patoisant fécond, tendres ou caustiques, poétiques ou journalistiques. Parmi toutes celles qu'il nous a léguées, j'ai voulu reprendre quelques-unes que j'ai particulièrement appréciées et le choix fut extrêmement difficile :

"Eine partie d'fier", une chanson qui durera tant qu'on jouera au Jeu de fer à Tournai, elle explique ce jeu typiquement tournaisien aux profanes, "Karmesse" décrit cette atmosphère de fête qui envahit Tournai durant le mois de septembre,  "A l'Eau, à l'Eau" raconte, avec énormément d'humour, la mésaventure survenue à deux policiers tournaisiens au volant d'un tout nouveau véhicule lorsqu'ils se retrouvèrent dans l'Escaut quelques jours avant la Noël, "L'zizi" est une réponse à la sauce tournaisienne à la chanson de Pierre Perret qu'on entendait à longueur de journée sur les ondes. "L' Moulin d'chez Mamour", "Dins les rues d'Noter-Dame", "Quand ch'est Cabaret" chantent cette cité des cinq clochers qu'il aimait profondément. "Ein infant", "Papa et Manman", "Noces d'argent", "Eine femme", "Eloi" (chanson pour son petit-fils), sont des compositions dans lesquelles il donne libre cours à une tendresse qu'il dissimulait parfois sous un air sévère. Personnellement, j'ai toujours eu un faible pour sa chanson "Diminche" décrivant le déroulement d'une journée dominicale à la fin des années quarante. Dans "On n'fait pus c'qu'on veut", il parle des aléas de la vie moderne comparée à celle de jadis, une époque où on prenait le temps de vivre. L'évasion de 38 prisonniers de la maison d'arrêt de Tournai  en 1983 sera une source inépuisable de situations cocasses qu'il traduira sur un pot-pourri d'airs connus.

Avec son compère Albert Coens, Eloi Baudimont était à l'origine de tous les textes et mises en scène des "Revues de la Kermesse" . Indépendant à la tête d'une entreprise de plomberie située à la rue Duquesnoy, il était également supporter de la Royale Union Sportive Tournaisienne et une des voix (avec Bruno Delmotte) des marionnettes "Popol et D'siré" sur No Télé (voir l'article que nous lui avons consacré précédemment sur le blog).

Ce départ allait plonger un peu plus le Cabaret dans le doute quant à son avenir. Quatre membres vont relever le défi : Philippe De Smet, Eric Genty, René Godet et Jean-Pierre Verbeke. Ceux-ci ne peuvent admettre que les "Anciens" mettent la clé sous le paillasson. Le cabaret doit continuer à exister. Ils vont remuer ciel et terre et quatre aspirants vont répondre à leur appel et entrer au Cabaret en cette année 1995.

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On les appelait les "quatre barbus", ils représentaient le sang neuf dont la Compagnie avait le plus besoin. La légende de la photo demande cependant à être rectifiée. De gauche à droite : Rudy Sainlez - Freddy Dequesnes, Géry Derasse et Pierre Vanden Broecke. 

Mettant fin à son année sabbatique, le Cabaret célèbre son renouveau en septembre 1995, lors de l'hommage à la Chanson Wallonne et ensuite lors du Grand Cabaret d'octobre. Tout cela ne sera-t-il qu'un feu de paille ? Nous verrons qu'au sein de la société patoisante tournaisienne, la vie est loin d'être un long fleuve tranquille et que l'arrivée de nouveaux membres ne présage pas de nouveaux beaux jours car elle n'a pas occulté la profonde lassitude des "Anciens" ! Un fossé va se créer...

(Sources : "Florilège du Cabaret", ouvrage paru en 1982 à l'occasion du 75ème anniversaire de la R.C.C.W.T - "Chint ans d'Cabaret" de Pol Wacheul, ouvrage paru en 2007, à l'occasion du centenaire de la Compagnie - articles de la presse locale. Photos : "le Courrier de l'Escaut" grâce à l'aimable collaboration de Jean-Paul Foucart).

S.T. mars 2017.

27/07/2016

Tournai : Pierre Vanden Broecke, un des piliers du Cabaret !

Avertissement au lecteur !

tournai,pierre vanden broecke,cabaret wallon tournaisien,grande procession,pasquier grenierA la lecture de ce titre, il ne faut surtout pas faire une confusion entre un pilier du Cabaret, terme qui qualifie un membre assidu de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien dont les prestations sont attendues par le public et l'expression tournaisienne "ein potieau d'cabaret" qui stigmatise un individu passant ses journées appuyé contre le bar dans un état qui devient, au fil du temps, de plus en plus second. Par ses multiples activités, Pierre Vanden Broecke, même s'il ne refuse pas, de temps à autres, de boire une bonne pinte n'a vraiment pas le temps de s'attarder à ce genre de futilité.

Une passion pour sa cité natale !

Pierre Vanden Broecke est né le 22 novembre 1957, le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des "canteus" (chanteurs). Après des études à l'école des Frères et au Collège Notre-Dame, il entre à la Fucam à Mons. Ses parents étant des fidèles auditeurs du Cabaret Wallon, adolescent, il va découvrir, en leur compagnie, les chansonniers tournaisiens lors des "Orvues de l'Kermesse" (Revues de la Kermesse), dans le courant des années septante. Ce sera pour lui une révélation au point que pour animer les soirées (bien arrosées) des étudiants tournaisiens de la faculté montoise, il se mettra à écrire quelques "cancheonnes" (chansons) dans le patois de la cité des cinq clochers. Plus tard, au sein de l'Alifucam frontalière (régionale des Anciens de la Fucam), il sera désigné comme responsable du folklore.

Notre étudiant a pourtant bien d'autres passions, celle de la philatélie tout d'abord. Tout jeune, il collectionne les timbres et, à une époque où on ne parle pas encore d'internet, il découvre les continents, les pays, les monnaies, un véritable cours de géographie. Au cercle tournaisien de ces amateurs de timbres, il deviendra trésorier et ensuite Vice-Président. Il sera à l'origine de la parution de timbres spéciaux consacrés à Tournai, en 1992 pour le 9ème centenaire de la Grande Procession, en 1998, à l'occasion du 8ème centenaire de la chapelle Saint-Vincent, en 2005 pour le 8ème centenaire de la châsse de Notre-Dame flamande et, en 2007, pour les cent ans du Cabaret Wallon. C'est au sein de ce cercle de collectionneurs qu'il fera la rencontre d'un véritable amoureux de Tournai, un homme qui se passionnait pour l'histoire de la cité, André Rouneau. C'est peut-être celui-ci qui l'amènera à la Société tournaisienne d'Histoire et d'Archéologie. Défenseur de sa ville natale, de ses traditions et de son patrimoine, Pierre Vanden Broecke ne pouvait qu'entrer à l'ASBL Pasquier Grenier, dont il devint administrateur et membre du comité de rédaction de la revue en tenant la rubrique dénommée "Clin d'Œil" évoquant les restaurations réussies ou... ratées.

Son dévouement pour Tournai ne va pas s'arrêter là, tout jeune, à la demande de son père, membre du comité, il participa en qualité d'enfant de chœur à la grande Procession de septembre. Il en devint par la suite commissaire, membre du comité d'organisation et depuis 2014 Président. En 1992, il s'attela à constituer un fonds d'archives en rassemblant des centaines de documents photographiques, un nombre tellement important qu'il permit d'organiser une exposition à la Maison de la Culture dans le cadre du 9ème centenaire de l'événement religieux annuel. Plus de 10.000 visiteurs la parcoururent.

Un navetteur... pas trop amoureux de la SNCB !

Pierre Vanden Broecke aurait pu s'arrêter là. Se donnant avec cœur dans chacune de ses activités, il avait de quoi remplir ses loisirs, lui, que sa profession amène chaque jour à Bruxelles au moyen de ce légendaire train de la ligne 94, tortillard très rarement à l'heure sur une liaison bien souvent oubliée des responsables de la SNCB. Il paraît que le bougre a noté, dans des carnets, chaque retard du train qu'il a emprunté. A ce jour, il possède donc une documentation aussi épaisse qu'un annuaire téléphonique qui surprendrait plus d'un ministre fédéral de la mobilité.

Un sportif dans l'âme !

Même s'il avoue ne pas être un sportif pratiquant, il fut supporter du Royal Racing Club Tournaisien où son père était membre depuis bien longtemps et, à l'âge de 42 ans, il a assouvi une autre de ses passions : posséder un cheval. Ainsi, régulièrement, il se rend au manège pour monter sa fidèle "Epona". Peut-être un jour, le verra-t-on en tête de la procession parmi les cavaliers portant les bannières ?

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Si vous êtes des habitués du Cabaret, vous avez très certainement remarqué que les noms étaient inversés. Ainsi il faut lire :  de gauche à droite : Rudy Sainlez - Freddy Dequesne - Géry Derasse et Pierre Vanden Broecke

 

Infin su l'ponteon !

En 1981, lors de son service militaire, il écrivit une chanson sur l'armée et la présenta, pour avis, à Ghislain Perron, membre du Cabaret Wallon. Celui-ci l'incita à participer au concours Prayez. En cette même année, il obtint un 2ème prix en catégorie "chansons", doublé du Prix Charles Maillet, pour "Sévices militaires", en 1983, un 2ème prix en catégorie chansons - de 35 ans pour "Ch'éteot l'beon temps", en 1987, un 2ème prix pour sa chanson "I feaut toudis faire s'devoir", en 1988, un 3ème prix pour "Voyache dins les îles" et en 1994, un 3ème prix pour "Si j's'reos bourguémette" et un 2ème prix pour "I n'est jamais treop tard". Même si on se perfectionne toujours avec le temps, il maniait déjà le patois en participant à l'époque à la confrérie carnavalesque "L' P'tits Rambiles"  qui avait les chansons tournaisiennes à son répertoire.

Celui qui écrivait des billets en picard dans la revue "Confetti" de l'ASBL Carnaval sous le pseudonyme de "L'Ouèl du drageon" frappa alors à la porte du Cabaret et devint tout d'abord membre aspirant en 1995 et définitif un an plus tard. Il sera Vice-président de la Royale Compagnie de 2002 à 2007. Il faisait partie de ce qu'on a appelé la "bande des quatre barbus" avec le regretté Rudy Sainlez, Géry Derasse et Freddy Dequesne.

Présenter les œuvres qu'il a produites depuis son entrée au Cabaret demanderait d'allonger cette présentation. Il y en a plus de quatre-vingts écrites par lui-même ou en collaboration avec d'autres membres notamment dans le cadre des revues. Aussi, je préfère vous en citer quelques unes, un choix totalement subjectif, je m'en excuse d'avance auprès de lui :

"J'rasine" (1999) raconte cette habitude gourmande d'aller jusqu'à racler le plat pour tout manger, "Féaut faire du sport" (2003) conte les conseils d'un médecin à un homme qui n'a vraiment pas envie de se mouvoir, dans le même ordre d'idées, "Ein riche régime" raconte les déboires d'un homme qui voudrait perdre du poids mais qui a trop d'occasions au cours de l'année pour faire bombance, "J'aime Tournai" (2010) est une déclaration d'amour d'un habitant à sa ville, "Au théâte d'Chelmy" (2006) rend hommage à Michel Vanden Broecke, un membre de sa famille qui fut un organisateur de spectacles bien connu dans la cité des cinq clochers (NDLR : voir l'article que nous lui avons consacré), "T'n'es jamais si bin servi que par ti-même" (2014) décrit les petites entourloupes à tous les niveaux qui ont défrayé la presse tournaisienne, "L'fin du meonte" (2013) dépeint l'inquiétude provoquée par la fin du calendrier des Mayas, "L'crémier d'Saint-Piat" (2012) dresse le portrait attachant d'un de ses petits commerçants de quartier qui ont tendance à disparaître et qui était son "presque" voisin, "Ode à l'Tournay" (2005), célèbre le breuvage mis au point par la brasserie de Templeuve. Personnellement, j'ai apprécié "Scieince-Fictieon", un texte écrit au lendemain de la diffusion par la RTBF d'une émission spéciale (très spéciale) annonçant la sécession de la Flandre, une chanson dressant avec une touche humoristique les conséquences tragi-comiques pour notre Wallonie Picarde. 

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Tantôt tendre, tantôt caustique, humoriste dans l'âme, Pierre Vanden Broecke qui confesse ne pas être un poète puise, dans la vie quotidienne, ces petits faits qui, mis en musique, surprennent et ravissent les auditeurs. Renouvelant sans cesse son répertoire, il continue à nous surprendre.

Tout comme il le fut pour la grande Procession, le chansonnier tournaisien a également été à l'origine de l'exposition consacrée au cent ans du Cabaret en la Maison de la Culture et les auditeurs de Vivacité l'entendent très souvent, le lundi soir, dans l'émission "Hainaut Rachennes" d'Annie Rak, elle aussi tournaisienne (NDLR : voir l'article que nous lui avons consacré).

 J'sus bin seûr qu'i-va ête saisi pa l'initiale de m'préneom au bas d'ceul artique pasque cha fait des ainnées que c'brafe garcheon quançqu'i-m'rinconte, i-m'appelle... Patrick !

(documents photographiques datant de 1995 et 1997 tirés du "Courrier de l'Escaut" avec mes remerciements à Jean-Paul Foucart pour sa collaboration, photo récente : collection P. Vanden Broecke).

S.T. juillet 2016.

 

31/10/2012

Tournai : une voix tournaisienne sur Vivacité !

Elle est LA voix des émissions dialectales programmées par Vivacité et part à la rencontre des amateurs de ces langues de chez nous, chaque lundi entre 20 et 23h, avec "Hainaut Rachènes" (mot qui signifie "racines" dans nos régions). Des soirées consacrées au patois du Pays de Charleroi, de Mons-La Louvière et du Borinage et de la Wallonie Picarde. Un moment de pur bonheur pour ceux et celles qui aiment retrouver leurs racines, le patois de leurs parents ou de leurs aïeux.  

Elle, c'est Annie Rak, originaire de Tournai où elle est née en 1952 et où elle passa sa jeunesse à la rue Charles Mauroy dans le quartier du faubourg de Lille. Elle consacra d'ailleurs, en ce mois d'octobre, un temps d'antenne à Caroline Jesson, représentante des Ecrivains Publics de Wallonie picarde pour la présentation des "Mémoires" écrites par les habitants d'un des plus anciens faubourgs de Tournai, porte ouverte sur la campagne. 

Depuis longtemps, cette licenciée en Droit à l'UCL voue une passion pour le théâtre et fut récompensée par un premier prix en Art dramatique et déclamation au Conservatoire de Mons.

Entrée à la RTBf en 1979, aux studios de Mons, qu'on appelait encore à l'époque "Radio-Hainaut", elle eut très vite l'envie de faire connaître les poètes et romanciers de la Communauté française grâce à son émission "façon d'écrire, façon de parler". Désormais, au sein de l'institution de la place Anne Charlotte de Lorraine, elle est à la fois productrice et animatrice.

La qualité de ses émissions tout comme la finesse de sa plume lui ont permis de recevoir de nombreuses récompenses comme le "Prix de la création radiophonique de la SCAD" en 2000, le "Prix de la littérature picarde" en 2003 ou encore le "Prix des langues régionales de la Communauté française" (dans la catégorie réalisation audio-visuelle) pour le mise en ondes de "Martine à l'cinse", une oeuvre de Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, traduite par Bruno Delmotte. Ce prix honorait un quatuor d'auteurs tournaisiens !

Annie Rak est également auteur d'une pièce écrite en français "J'attends un enfant et vous..." et d'une nouvelle intitulée "Le dernier voyage". On lui doit aussi un ouvrage en patois : "L'curé bataille".

La défense de la langue patoisante l'a tout naturellement amenée à faire partie du "Conseil des langues régionales Endogènes" et, en 2006, de la "Commission du Patrimoine Oral et Immatériel" où elle retrouve un autre tournaisien, Jacky Legge. 

Lors des soirées dialectales consacrées au patois de Wallonie picarde, on y retrouve bien souvent comme invité, Bruno Delmotte, chantre du patois tournaisien, animateur à la Maison de la Culture de Tournai (voir l'article que l'Optimiste lui a consacré) et des interventions du "bourguémette" Pierre Vanden Broecke, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien présentant, sous forme humoristique, l'actualité de la cité des cinq clochers. 

En dehors de l'antenne, Annie Rak est également directrice, auteur et comédienne à la Roulotte théâtrale d'Elouges où, les 23, 24 et 25 novembre 2012, elle jouera dans le spectacle "Les trois coups vont encore frapper" de Bobette Jouret. On l'a vue également dans de nombreuses pièces au théâtre de l'Ancre à Charleroi et à la Maison de la Culture de Mons.

Je me rappelle la première fois que je fus interviewé par elle, c'était dans les locaux de l'agence de la Société Générale de Banque sur la Grand'Place de Tournai dans le cadre de l'Opération 48.81.00, cela ne date pas d'hier, c'était au début des années quatre-vingt !

En septembre 2012, Annie Rak a été tentée par une participation au concours Prayez organisé par le Cabaret Wallon Tournaisien, elle y fut primée dans la catégorie "Poèmes". 

Poète, écrivain, scénariste de théâtre, productrice de radio, présentatrice, défenseur de notre parler, Annie Rak a été, judicieusement, choisie par Annick Veys et les Amis de Tournai pour être la marraine du prochain salon "Tournai la Page" qui se déroulera les 17 et 18 novembre 2012 en la Halle-aux-Draps de Tournai. 

(S.T. octobre 2012)