22/04/2015

Tournai : l'année 1860 sous la loupe.

Notre étude chronologique des événements qui marquèrent la vie locale, durant ces dernières cent cinquante années, progresse, nous abordons une nouvelle décade : 1860-1869.

En septembre de cette année 1860, on fêtera les trente ans de l'insurrection qui mèna à l'indépendance de la Belgique.

Au niveau international, le 16 août, les troupes françaises débarquent en Syrie et au Liban afin de protéger les chrétiens maronites contre les exactions des Druzes. Le 6 novembre, le républicain Abraham Lincoln est élu président des Etats-Unis. Il est connu pour son action contre l'esclavage. Notons les naissances de l'écrivain français Pierre Loti (le 14 janvier), de l'écrivain russe Anton Tchekov (le 17 janvier), du peintre belge James Ensor (le 13 avril) et d'un futur président de la République Française, Raymond Poincaré, le 20 août.

Au niveau national, une loi entre en vigueur le 21 juillet, elle abolit les octrois communaux qui étaient jusqu'alors perçus aux entrées des villes. Le 25 août, un procès qui se tient à Charleroi va apporter de l'eau au moulin des mouvements flamingants. Deux hommes, les dénommés Coecke et Goethaels vont être condamnés à mort. Ceux-ci ont été jugés pour meurtres mais l'interprète qui leur avait été assigné s'exprimait en néerlandais et non dans leur dialecte. Condamnés à la peine capitale, ils n'ont pas compris le déroulement des débats et n'ont donc pu correctement se défendre. Le gouvernement reste insensible aux voix qui s'élèvent au nord du pays. Le 20 avril, un des pères fondateurs de notre pays, Charles de Brouckère, décède à l'âge de 64 ans.

Au niveau local, l'actualité continue à ronronner, comme elle en a pris l'habitude depuis une dizaine d'années déjà. Excepté les nécrologies de personnalités qui nous quittent, ce sont, avant tout, les faits divers qui alimentent principalement la chronique locale ainsi que le courrier des lecteurs. Ce dernier nous donne un aperçu des préoccupations des Tournaisiens. 

Pour rappel, nous avons conservé les tournures de phrases des intervenants de l'époque afin de mieux nous imprégner de l'ambiance qui prévalait.

La population tournaisienne (Courrier de l'Escaut du 23 janvier)

Notre rubrique débute par le recensement de la population et on apprend ainsi qu'au 31 décembre 1859, la ville de Tournai compte 51.062 habitants, soit 125 de plus que l'année précédente.

Dans le détail, on dénombre au niveau des naissances légitimes : 579 enfants de sexe masculin et 580 enfants de sexe féminin pour un total de 759, tandis qu'au niveau des naissances illégitimes, on recense 36 enfants de sexe masculin et 39 de sexe féminin.

(Dans ces chiffres ne sont pas compris les enfants mort-nés et ceux domiciliés dans d'autres communes).  

La rubrique des décès enregistre 357 hommes et 298 femmes soit 655 personnes.

845 personnes sont venues habiter la cité des cinq clochers et 899 l'ont quittée pour un autre lieu de résidence. Ceci nous apporte un solde négatif de 54 personnes.

199 unions ont été enregistrées par l'échevin de l'état-civil :

171 mariages entre garçons et filles, 10 entre garçons et veuves, 12 entre veufs et filles et 6 entre veufs et veuves.

Il est à noter également qu'un divorce a été prononcé !

Le tribunal correctionnel (Courrier de l'Escaut du 28 janvier)

Vols, coups et blessures et fraudes aboutissent souvent devant le juge et on peut dire que la justice est loin de se montrer laxiste. Qu'on en juge si vous me permettez l'expression !

"Adolphe D, Florent L et Victor R, jeunes gens d'Antoing ont fait péché de gourmandise, ils ont mordu à belles dents 32 pêches qu'ils ont pêchées (sic) dans le jardin du prince de Ligne. Un jour de prison pour chacun.

Ont été condamnés pour coups de poings, coups de pieds, soufflets, griffes, atous (NDLR : terme qui n'est plus guère utilisé et ne figure pas ou plus au dictionnaire) et calottes en genre divers : Jules F de Frasnes à un mois de prison et 16 francs d'amende, François D, tailleur à Tournay (NDLR : orthographe de l'époque) à 20 francs d'amende...".

Les accidents du travail (Courrier de l'Escaut du 9 février).

La législation sur le travail, telle que nous la connaissons aujourd'hui, n'existe pas et les accidents du travail sont très nombreux. Certains secteurs sont particulièrement touchés : l'industrie textile, la construction et le travail en carrière l 

Dans les filatures et bonneteries, des ouvriers et ouvrières, souvent très jeunes, ont les mains ou les bras pris dans les machines et doivent parfois être amputés. Dans la construction, ce sont des chutes aux graves conséquences en raison d'un manque de moyens de protection. Dans les carrières, se sont des ouvriers ensevelis (surtout après de fortes pluies) comme ces neuf hommes, heureusement sauvés, en cette année 1860. Dans certains cas, la négligence peut être à l'origine d'accidents :

"Un accident qu'on attribue généralement à l'imprudence de la victime est arrivé, vers 8 heures et demie du matin, au faubourg de Valenciennes. Le nommé Gaspard Coutiaux, ouvrier de carrière et cabaretier à Guegnies (NDLR : Guignies) était occupé à travailler dans la carrière de Mme Vve Dumont lorsqu'une grosse pierre qui avait été lancée par l'explosion lui tomba sur la tête. Sa mort fut instantanée. Coutiaux, qui est âgé de 68 ans, laisse une femme et un enfant".

La météo (Courrier de l'Escaut des 2 et 9.3 et des 23, 24 et 31.12).

On ne parlait pas encore de réchauffement climatique et les saisons étaient sans doute plus marquées qu'aujourd'hui mais les événements météorologiques relatés étaient semblable à ceux que nous subissons :

"La violente tempête d'hier après-midi (NDLR : 28 février 1860) a fait un grand dégât à la tour de l'église de Mont Saint-Aubert. La trappe qui servait de ci-devant plate-forme et qui la recouvrait en partie s'est envolée. Elle est tombée dans la ruelle dite des Pèlerins. Un mètre plus avant, elle écrasait la maison de Pottiaux, le boulanger. Voilà donc cette tour, déjà si misérable, privée de son dernier abri. Si on ne sa hâte pas de la restaurer et de la couvrir de sa flèche projetée, bientôt, il n'en existera plus. C'est une véritable honte pour le Mont Saint-Aubert et pour le Tournaisis de voir cette masure assise sur le point le plus culminant de la province...".

Il s'agit maintenant d'un extrait du courrier des lecteurs.

"Hier, pendant la journée (NDLR : le 8 mars 1860), un terrible accident est survenu dans la commune de Kain. Un moulin, qu'on nomme dans la localité le "Moulin Radis", a été renversé par le violence du vent. Les deux frères Vaucant (NDLR : suivant rectification car ils avaient été désignés tout d'abord sous le nom de Foucart), qui en sont les propriétaires, y étaient durant le danger. L'un d'eux, occupé à battre les meules, entendit un craquement menaçant et avertit son frère qu'il devait se sauver. Il se jeta par le fenêtre et tomba sur le sol. L'autre atteint par les matériaux détruits et par les marchandises eut l'estomac brisé. On parvint à le retirer des décombres et à la conduire à "La Jardinière" où peu d'instants après il cessa de vivre. Il était âgé de trente ans...".

"Le solstice d'hiver (NDLR : le 21 décembre 1860) nous a ramené, cette fois, un temps de saison, de véritables frimas. La neige tombe abondamment depuis deux jours et couvre les campagnes d'une couche épaisse, comme d'un manteau salutaire sur les terres ensemencées. La gelée, jusqu'à présent, n'est pas bien forte. Le thermomètre n'est descendu que jusqu'à 3° en dessous de zéro".

"La circulation est fort difficile dans nos rues et on pourrait y patiner d'un bout à l'autre de la ville. Aussi que de chutes ! ".

"Ceux de nos citoyens qui ont le cœur compatissant feraient bien de jeter quelques cendres ou de la paille hachée dans les rues, la gelée qui a succédé à la neige a rendu la voie publique très glissante et de nombreuses chutes ont eu lieu ces derniers jours. Un honorable fonctionnaire de notre ville s'est, dit-on, cassé un bras en tombant".

"Des compliments sont dus à nos édiles qui ont fait procéder, sans relâche, hier (NDLR : 30 décembre) pendant toute la journée, à l'enlèvement des neiges dans les principales rues de la ville".

Des citoyens (déjà) soucieux de la propreté de leur ville ! (Courrier de l'Escaut du 15.12).

Un lecteur écrit :

"Ne regrette-t-on pas le temps où notre ville était un petit bijou de propreté, objet de l'admiration des étrangers et de la fierté de nos pères ? Aujourd'hui, Tournay a changé sous ce rapport et si les anciens Tournaisiens pouvaient revenir dans leur ville, ils ne la reconnaitraient plus, tellement il y fait sale, tellement la plupart des rues sont mal pavées. J'insiste sur la malpropreté de la ville. A quoi cet état de chose est-il dû ? Au manque d'énergie de notre administration communale !".

La fraude (Courrier de l'Escaut du 9 novembre).

Après les bouchers qui ne voulaient pas baisser leur prix en 1859, cette fois, c'est une fraude sur le poids du beurre qui est constatée ".

L'hygiène publique (Courrier de l'Escaut du 30 mai).

"les Fossés Peterinck continuent à exhaler une odeur pestilentielle. Hier, pendant toute la journée, ils étaient presque à sec. Beaucoup de personnes se plaignent en raison de cet état de choses qui est devenu pour ainsi dire permanent. Plus de 70 cas de typhus se sont déclarés depuis le début de l'année dans le quartier de la Magdeleine (NDLR : orthographe de l'époque) qui a le triste privilège de ces exhalaisons".

Distraction ou... endormissement (Courrier de l'Escaut du 24 mai);

"Le garde des bois de Breuze (NDLR : au Nord de Tournai) qui était en tournée dans cette propriété, s'est arrêté au milieu du bois, se reposant sur le canon de son fusil. Abandonné à ses réflexions, il a oublié que l'arme était chargée. Tout à coup, une détonation se fit entendre et le coup partit en labourant le bras droit de ce garde infortuné !".  

Transparence (Courrier de l'Escaut du 5 août).

Chaque mois, la Caisse d'Epargne tournaisienne publie les mouvements enregistrés. Ainsi pour le mois de juillet 1860, on peut lire :

"Il a été versé par 301 déposants dont 27 nouveaux : 30.665,71 francs et il a été retiré par 70 personnes : 25.175,81 francs".

Visite royale (Courrier de l'Escaut du 2 octobre).

A peine trente ans après son instauration, la royauté suscite un élan extraordinaire dans la population belge et la visite du Roi et de la famille royale, le 1er octobre, est bien loin de démentir cette constatation :

Le journal paraît avec un énorme titre à la une : "Vive le Roi !".

Avec énormément de lyrisme, les journalistes nous décrivent cette visite sur les deux pages centrales.

Les rues sont ornementées de mats ornés d'écussons et d'oriflammes, des arcs de triomphe sont dressés et celui de la rue de la Tête d'Or est particulièrement remarquable. A l'arrivée du souverain en gare, des salves d'artillerie retentissent. Sur le parcours, la foule est tellement dense que le cortège royal a bien des difficultés pour se frayer un chemin vers l'évêché. Un cortège est organisé en l'honneur du roi sur la Grand-Place, toutes les compagnies, toutes les associations de plaisir ou caritatives, toutes les professions défilent durant près de trois heures trente. Sur l'Escaut, les bateaux sont pavoisés aux couleurs nationales. La ville est en liesse !

Il n'y a pas de fêtes patronales sans... (Courrier de l'Escaut du 8 décembre).

"Ce n'est pas qu'à Tournay que la fête de Saint-Eloi, patron de tous ceux qui font usage du marteau, a donné lieu à de copieuses libations suivies de querelles et d'horions. A Kain, commune fertile ou les procès-verbaux du garde-champêtre poussent avec la même abondance que les asperges au printemps, il y a eu, dit-on, le premier décembre, une véritable grêle de coups de pieds et de coups de poings. Le sang a même coulé en plusieurs rencontres. Au "Musicien", il y a eu une prise de bec entre un jeune villageois et un citadin. Les combattants seront appelés aux prochaines audiences du tribunal correctionnel".

Un projet ! (Courrier de l'Escaut  du 25 février).

"On assure que le gouvernement a le projet de faire ériger sur la Grand'Place (NDLR : orthographe de l'époque), une statue représentant Marie de Lalaing (NDLR : Christine !), princesse d'Espinoy, la vaillante héroïne qui défendit, avec tant de cœur, notre ville assiégée par les espagnols au XVIe siècle".

Ainsi s'écoulait le temps à l'ombre des cinq clochers dans une petite ville ou richesse et pauvreté, beauté et laideur, bourgeois et ouvriers se côtoyaient probablement de façon plus voyante que de nos jours.

(sources : les éditions  du Courrier de l'Escaut de l'année 1860).

S.T. avril 2015.

30/03/2015

Tournai : les festivités d'avril 2015

Ce premier mois de printemps voit apparaître de plus en plus d'activités extérieures et le l'agenda est encore bien chargé, extrêmement disponible sera celui qui pourra assister à toutes les manifestations proposées.

 

Mercredi 1er : Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18h : " La pratique du sport après 60 ans" par le Docteur Hubert Dereppe, Cardiologue spécialisé en réadaptation cardiaque au CHwapi, dans le cadre du cycle des "Conférences Santé".

Jeudi 2 : Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h30 : "Rachmaninov" par Jean-Marc Onkelinx, Musicologie, conférence dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 3 : dans la rue Royale et sur les quais, de 6 à 18h : "Traditionnel Marché aux Fleurs du Vendredi Saint".

Vendredi 3 : au départ de l'église Saint-Quentin, 20h : "Traditionnel Chemin de Croix".

Samedi 4 : salle la Fenêtre, 19h30 : manche tournaisienne du "Mondial d'Impro Juniors", rencontres Suisse-Belgique et France-Québec

Samedi 4 : Halle-aux-Draps, 20h : "Les Filles, Celles Picardes", cabaret patoisant.

Dimanche 5 : Grand-Place, 13h30 : "départ de la 3e étape du Triptyque des Monts et Châteaux Tournai-Flobecq" course du calendrier international UCI Europe Tour classe 2.

Lundi 6 : Mont-Saint-Aubert : "Traditionnelle Marche à Bâton du Lundi de Pâques", animations diverses.

Lundi 6, plaine des Manœuvres, Hall des Sports, 10h : départ de la "4e Tournai générale", urbain trail.

Mercredi 8, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Olivier De Benoist", fournisseur d'excès.

Vendredi 10, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Jeff Panacloc et Jean Marc".

Vendredi 10 et samedi 11, Halle-aux-Draps, 20h : "Petit Cabaret" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Samedi 11, Esplechin, "La Bascule", 15h : "6e Boucles Esplechinoises" jogging sur un parcours campagnard de 9.350 km.

Samedi 11, plaine des Manœuvres, sous chapiteau, à partir de 15h30 : "La Smala Festival" avec Sensimilia, la Screed Connexion, Omar Perry, Demi-Portion, Nuttea et bien d'autres groupes (reggae, roots, hip-hop, electric swing et World) sur deux scènes.

Samedi 11 et dimanche 12, Froyennes, Foyer Saint-Eloi : "36e exposition Toutes Collections" organisée par le Cercle des Collectionneurs de Froyennes.

Vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19, Tournai Expo, de 10 à 19h : "Le salon du Village Provençal", la véritable ambiance des marchés de Provence et du Sud de la France.

Vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19, esplanade de l'Europe : "13e Custom Meeting International", organisé par l'American Tournai Club.

Dimanche 19, Halle-aux-Draps : "Election de Miss Tournai".

Jeudi 23, Maison de la Culture, 14h30 : "Se nourrir de microbes, la solution pour une bonne santé" par Georges Daube, Professeur à l'ULg dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 24, Maison de la Culture, 13h : "Le cabaret de la personne handicapée". 

Vendredi 24 et samedi 25, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "On a rendez-vous avec vous", textes et chansons de Georges Brassens par l'audition-spectacle de l'atelier technique de Marie-Christine Degraeve et les guitaristes de Bertrand Schot.

Vendredi 24, samedi 25 et dimanche 26 : "TournItalia prépare sa renaissance", week-end italien à Tournai proposé par le Collège Notre-Dame, exposition , conférences, activités pour enfants et repas italien, le dimanche, en la Halle-aux-Draps".

Samedi 25, Centre de la Marionnette, 11h : "Moustaches" par la Cie Zapoï, spectacle de Stanka Pavlo-Va, pour enfants dès 3 ans.

Samedi 25, église Saint-Paul, 20 h : "La MusiKaine joue pour Michaël", sous la direction de Raphaël Lahaise, concert philanthropique organisé par l'asbl Michaël.

Samedi 25, chapelle de l'Athénée Royal, 20h " Concert de Printemps" de l'orchestre à cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Christiane Diricq, dans le cadre du festival "Contrastes".

Samedi 25, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Un duo dans le cactus", spectacle de Jérôme de Warzée.

Samedi 25, salle La Fenêtre, 20h : "Les Pi-menteurs" reçoivent Anne Bierna, spectacle humoristique.

Jeudi 30, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h30 : "Les mécanismes mentaux du langage" par Alain Content, Professeur à l'ULg dans le cadre de l'Université du temps Disponible.

Jeudi 30, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 17 et 20 h "Bhoutan, Ladakh, Sikkim, Perles de l'Himalaya" par Guy Cousteix, dans le cadre du cycle de conférences "Exploration du Monde".

Programme susceptible d'ajouts et/ou de modifications.

 

09/09/2013

Tournai : l'année 2008 sous la loupe (1)

 

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Un projet d'aménagement de l'église des Pères Rédemptoristes est proposé en cette année 2008

 

Une année sombre

Imagine-t-on le premier janvier de cette année 2008 que le monde plonge peu à peu dans une crise financière et économique. C'est pourtant le début de l'affaire dite des "subprimes" qui a commencé en juillet 2007 aux Etats-Unis et qui va provoquer bientôt un effet domino pour la finance mondiale. Les premiers soubresauts qui gagnent l'économie apparaissent furtivement le mercredi 2 janvier lorsque, pour la première fois dans l'histoire, le baril de pétrole atteint les 100 dollars aux Etats-Unis. On sait combien le secteur de la production pétrolière est devenu, depuis 1973, un baromètre pour l'économie mondiale. La Société Générale française annonce d'ailleurs une perte de deux milliards, ce n'est qu'un début...  

En ce début d'année, on apprend la mort du chanteur Carlos, le 17 janvier et celle d'Henri Salvador, le 13 février. Au cours de ce premier trimestre sort en France, un film qui va bien vite se retrouver à la tête du box-office : "Bienvenue chez les Ch'tis" de Dany Boon dépassera le nombre de spectateurs enregistré par la "Grande vadrouille" avec Luis De Funes et Bourvil. Après son divorce, le Président français Nicolas Sarkozy épouse le mannequin italien Carla Bruni, celle-ci devient la "Première dame de France". Durant ce premier trimestre, Yves Leterme, l'homme aux huit cent mille voix de préférence en Flandre, nommé premier ministre, est chargé de trouver une solution aux problèmes communautaires qui pourrissent la Belgique depuis la seconde guerre mondiale. Il y a du pain sur la planche et le cadeau semble empoisonné, la mission impossible tant la Flandre affiche un esprit nationaliste et séparatiste... 

A Tournai, comme nous allons le constater, ce sont surtout des faits divers qui vont faire la "une" de l'actualité.

Janvier.

Cette année débute mal, un violent incendie éclate dans une petite maison de la rue de Saint-Maur, deux personnes, sympathiquement connues dans la cité des cinq clochers, y perdent la vie. 

Le dimanche 6 janvier est la date qui a été retenue par les personnalités locales et régionales pour organiser leur second "karaoké" à caractère philanthropique. La salle "Chez Nous" est comble et les bénéfices sont destinés à la Maison des Familles qui offre un "souper des rois" aux plus démunis. 

Le jeudi 10 janvier, vers 15 h, une violente bourrasque a raison du vieux moulin de Thimougies qui se dressait fièrement au sommet d'une colline depuis 1612, année durant laquelle, il avait été bâti par Jean de Thimougies. Il était resté en fonction jusqu'en 1926. C'est un coup dur pour les amoureux du patrimoine et surtout pour les Amis du Moulin qui œuvraient pour sa restauration. Le moulin était classé au patrimoine des Monuments et des Sites. Bien vite, on apprend que sa reconstruction est compromise et son déclassement est annoncé quelques semaines plus tard. 

Le dimanche 13 janvier, la Maison de la Culture accueille le "Quatuor Ysaye", fondé en 1984. Celui-ci se produit dans le cadre du festival "Les Voix Intimes".

En ce début d'année, la police change de commissaire-divisionnaire, Jacques Minne part à la retraite et est remplacé par Philippe Hooreman qui devient le nouveau chef de zone.

Le mercredi 16 janvier est marqué par un étrange fait divers. Un individu téléphone à la centrale 101 du Brabant flamand et annonce qu'une bombe va sauter au palais de justice de Tournai. Il déclare vouloir ainsi venger la condamnation de son "frère". Rapidement le bâtiment est évacué et une fouille minutieuse qui s’avérera négative est organisée. Si on retrouve l'individu à l'origine de cet appel, il risque jusqu'à quatre ans de prison. 

Le vendredi 18 janvier, le carrefour formé par l'avenue de Maire et la chaussée de Roubaix est le théâtre d'un dramatique accident, un jeune ouvrier qui revient d'une nuit de travail dans une cimenterie de la région effectue une embardée et heurte un pylône qu'il cisaille. Sous la violence du choc, son véhicule prend feu. Quand les secours arrivent, il n'y a plus rien à faire pour sauver ce jeune homme de 21 ans.

Le dimanche 20 janvier, le Cercle choral Tornacum, dirigé par Michel Jakobiec, interprète, pour sa fête de Sainte-Cécile, une messe musicalement inédite dont l'auteur n'est autre que le Français Patrick Salmon, bien connu dans la cité des cinq clochers. Habitant Chéreng, il est le complice du Tournaisien Philippe Desmet au sein du duo "Les deux pianistes", il est aussi le directeur de l'harmonie et de l'école de musique de Hem, organiste titulaire à Saint-Maclou de Hem et organiste adjoint à l'orgue de chœur de Saint-Sulpice à Paris. Il lui arrive même de remplacer, pour les offices, Philippe Desmet au clavier de l'orgue de Saint-Brice à Tournai. A l'issue du concert, un hommage particulier est rendu à Félicien Doyen, présent depuis 62 ans au sein de ce chœur d'hommes.   

Un événement dont les habitants de la région ne mesurent pas encore très bien l'importance se déroule le lundi 28 janvier. Quatorze partenaires institutionnels du Nord de la France, de Wallonie Picarde et du Courtraisis ayant marqué leur accord, l’Euro-district "Lille-Courtrai-Tournai" est officiellement créé. On le désignera par la suite sous l'appellation d'"EuroMétropole"

En cette fin janvier, la presse se fait l'écho de nouveaux projets intéressants pour la plaine des Manœuvres. L'article n'émeut pas beaucoup de monde car depuis 1968 et la cession de la plaine à la Ville par la Défense Nationale, on ne compte plus les projets d'aménagements proposés. On les a parfois officiellement présentés, ensuite placés dans le tiroir d'un bureau d'une administration et rapidement oubliés. Cette fois, cela semble du solide ! On parle de la création d'un terrain propre à la pratique du football américain, l'équipe tournaisienne étant obligée de jouer sur le terrain Omnisports de la rue Aimable Dutrieux, et à celle du soft-ball, un cousin éloigné de cette même pratique. On évoque aussi la création dans le vaste espace compris entre les immeubles qui fleurissent le long de l'avenue Montgomery et les bâtiments de la Maison de la Culture, le long de l'avenue de Gaulle, d'un espace vert et d'un parcours santé qui fait cruellement défaut dans la cité scaldéenne.

Le mois de janvier se termine comme il avait débuté par un grave incendie qui a pris naissance au troisième étage de la résidence Eisenhower, à proximité des ateliers de la S.N.C.B. Un appartement est totalement détruit, les autres ont souffert du dégât des eaux mais heureusement il n'y a pas eu de victime. L'incendie a été provoqué par la surchauffe d'un radiateur électrique.

Février.

Ce second mois de l'année va être marqué par un très violent fait divers. Le lundi 18 février, vers 10 h 15, deux individus coiffés de perruques et portant postiches (barbes et moustaches), munis d'armes de poing et d'une batte de base-ball pénètrent dans la salle du Trésor de la cathédrale Notre-Dame. L'huissier, chargé de la surveillance des lieux et de l'accueil des visiteurs, essaie de se défendre avec le seul objet qu'il trouve à proximité, un manche de brosse mais il sera roué de coups et blessés tout comme deux autres personnes présentes, un touriste américain, attaché culturel à l'ambassade des Etats-Unis et le secrétaire de l'évêché, qui ont tenté en vain de s'interposer. Les individus pulvérisent les vitrines et parviennent à attaquer le verre blindé (malheureusement de manufacture assez ancienne) qui protège une pièce inestimable : la croix byzantine (voir l'article que nous avons consacré à l'époque à ce sujet). Il la déroberont ainsi que huit calices des XVII et XIXe siècles et des bagues épiscopales en or. Est-on devant un vol commandité par un collectionneur peu scrupuleux ? Les deux hommes n'ont pas hésiter à faire preuve de violence pour parvenir à leurs fins. 

Après avoir été amenés à combattre deux incendies importants à la rue de Saint-Maur et au boulevard Eisenhower, les pompiers tournaisiens sont appelés, le vendredi 22 février, au zoning commercial de Froyennes où le magasin D.M.I est la proie des flammes. Quand ils arrivent sur place, les hommes du feu constate que c'est un véritable mur de feu qui lèche presque le talus de l'autoroute qui passe à proximité. Ils vont s'employer à protéger au maximum les commerces voisins. Du magasin incendié, il ne reste que quelques murs calcinés tandis que deux autres sont en partie endommagés. On apprendra rapidement que le sinistre n'est pas accidentel et le pyromane sera rapidement intercepté. Le préjudice s'élève à plusieurs centaines de milliers d'euros.

Quelques jours plus tard, la rubrique des faits divers relatera un nouveau drame de la route. Un jeune homme de 25 ans fait une banale chute de scooter le long de la chaussée de Bruxelles à Gaurain. Tout cela aurait pu se terminer par quelques égratignures, mais, hélas, il est heurté par le camion qui le suivait. Le jeune homme de 25 ans est mortellement blessé. 

En cette fin du mois de février, les habitants du quartier de la Madeleine, plus précisément ceux du Floc à Brebis sont en émoi. La cause de celui-ci sont des travaux d'égouttage qui s'éternisent. Débutés au début du mois d'octobre 2007, ils devaient normalement être terminés pour la mi-février selon un avis reçus du maître d'oeuvre, la société Ipalle. Le chantier va avoir plusieurs mois de retard et provoquer d'importants embarras de circulation dans un quartier où les établissements scolaires sont nombreux. Ce qui chagrine les riverains, c'est qu'il n'y a, dans un premier temps, aucune réaction de l'intercommunale. Ses responsables sont-ils embarrassés ou bien indifférents à leur préjudice ? Quelques semaines plus tard, ils déclareront qu'ils assument la responsabilité d'une mauvaise communication par manque d'expérience et que le retard trouve son origine dans un enchevêtrement de câbles et de canalisations posés par le passé (gaz, eau, électricité), ce qui a obligé les ouvriers à travailler à la pelle au lieu d’utiliser les engins de chantier. Le problème de communication défectueuse lors de retards de chantiers existe depuis toujours et personne n'en a jamais tiré une expérience afin de tenter d'améliorer les relations entre les responsables et ceux qui subissent les désagréments. 

Mars.

Le mois de mars sera-t-il un peu plus joyeux ? On peut l'espérer car il débute par le carnaval de Tournai qui amène des milliers de personnes dans les rues sur le thème des "années soixante". La veille, ils avaient déjà été très nombreux à assister à la Nuit des Intrigues. 

Hélas, pendant que la foule joyeuse et bigarrée envahissait les rues de la cité des cinq clochers, un nouveau drame de la route se déroulait sur la chaussée de Courtrai à Ramegnies-Chin. Deux motos arrivant à vitesse excessive (on évoque 150 km/h alors que la vitesse est limitée à cet endroit à 30) ne peuvent éviter un véhicule qui, sortant d'un parking, traverse la route pour rejoindre la bande de circulation en direction de Tournai, juste en face de l'institut Saint-Luc. Le premier motard percute le véhicule et sera gravement blessé, le second avec sa passagère couche sa moto mais, par malchance, va heurter de la tête une bordure, il sera tué sur le coup et sa passagère transportée dans un état critique dans un établissement hospitalier. 

En ce mois du printemps fleurit un nouveau projet pour la transformation de l'église des Pères Rédemptoristes située sur le quai Notre-Dame. Un bureau d'architecte tournaisien propose d'y aménager des appartements de haut standing, l'église garderait la façade qu'on lui connaît mais on aménagerait au rez-de-chaussée un parking, au deuxième niveau un appartement et six autres aux troisième et quatrième niveaux. Tout comme les projets précédents (salle de lecture, de conférences...) ce projet ne dépassera pas le stade des plans et des intentions.

Les fêtes pascales se déroulent à la fin du mois de mars et sont marquées par une violente tempête, le Vendredi Saint, 21 mars. Au sommet du Mont Saint-Aubert, le chapiteau dressé pour les festivités du week-end s'envole. Les organisateurs se voient dans l'obligation d'annuler les concerts qui devaient y avoir lieu le samedi et le dimanche. La marche à bâton du Lundi de Pâques est maintenue mais c'est dans des paysages enneigés que se promèneront les 5.000 participants. On assiste en effet à une offensive tardive de la neige.   

(sources : presse locale et souvenirs personnels).

S.T. septembre 2013.

27/03/2013

Tournai : les festivités d'avril

Le mois d'avril débute par les vacances de Pâques, il y a moins d'activités festives durant cette période ce qui a pour conséquence que le programme est un peu moins étoffé par rapport aux précédents, mais la qualité et la diversité sont néanmoins présentes.


Du 1er au 14, Esplanade du Conseil de l'Europe : "La Fête des Animaux", création 2013 du cirque Alexandre Bouglione.

Lundi 1er, Mont Saint-Aubert : "traditionnelle marche à bâton" du lundi de Pâques, festivités diverses, exposition.

Mercredi 3, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "La vie n'est qu'une succession de naissances faites de rencontres et de séparations" par le psychosociologue et écrivain français Jacques Salomé

Samedi 6 (20h) et dimanche 7 (16h), Halles-aux-Draps : "L'ormise à Nuèf", spectacle patoisant des Filles, Celles Picardes.

Dimanche 7, Eglise Saint-Piat, 15h, "Le quartier Saint-Piat revisité", promenade découverte en compagnie de l'Association des Guides de Tournai.

Mercredi 11, Maison de la Culture, salle Lucas, 20h30 : spectacle de " Marc Herman", l'humoriste belge bien connu.  

Samedi 13, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 14h30 : "Le monde Magique de Chantal Goya". Un spectacle familial pour bien terminer les vacances scolaires.

Mecredi 17, Maison de la Culture, salle Lucas, 20h : "En toute quiétude", tragi-comédie de et avec Jean Luc Piraux.

Mercredi 17, Espace Choiseul, "A la rencontre du sport adapté" en présence de Christophe Hindricq, handbiker aux Jeux Olympiques de Londres 2012.

Jeudi 18, Maison de la Culture : "La cancérologie au XXIe siècle", conférence par le docteur Jean Pierre Dumont dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 19, Espace Coworking, rue de Pont 6, 9h30 : "Le Burn-Out au point de vue de la philosophie" par Pascal Chabot, philosophe, auteur de "Global Burn-Out", prix Psychologie magazine 2013, dans le cadre des rencontres Culture-wapi.

Vendredi 19, Maison de la Culture, salle Lucas, 20h : "Et pis un jour", spectacle en picard par Christiane Calonne et Jacques Dupuich. 

Vendredi 19, église Saint-Nicolas, 20h : "Cors à Cors", concert de cornemuses, cors de chasse, cors des Alpes, cors et orgues, une organisation des Amis de Tournai.

Vendredi 19, samedi 20 et dimanche 21, esplanade du Conseil de l'Europe : "11e Custom meeting international". 

Samedi 20, salle du Forum, 20h : Le Jazz Music Orchestra en concert dans le cadre de la parution de son nouvel album "Just Friends".

Samedi 20, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h " Rougemanoff" le nouveau spectacle d'Anne Roumanoff. Une organisation de la Confrérie des Cinq Clochers. 

Samedi 20 et dimanche 21, salle La Fenêtre, "Roméo et Juliette".

Dimanche 21, Esplechin : "visite du cimetière" en compagnie de Marcel Beaucarne à la découverte de l'histoire de familles et du village frontalier. 

Dimanche 21, église du Sacré-Coeur, 16h : "concert de chorales" avec la Chanterelle, la Cantilène et la Chanterie. 

Mardi 23, Maison de la Culture, salle Lucas, 20h : "La Vieille et la Bête" spectacle avec Ilka Schönbein (comédienne) et Alexandra Lupini (musicienne).

Mercredi 24, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Benjamin Bioley" en concert.

Jeudi 25, Maison de la Culture : "Espace public, territoire et citadelle" conférence par Daniel Bodson, professeur à l'UCL dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 26, collège Notre-Dame, à partir de 17h : " RockauCo" avec Alouest, Bathernay, Crossroads, Fanfare Toi-Même, Feel...

Vendredi 26, Maison de la Laïcité, 20h, "Cabaret Wallon", séance offerte par les membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien au profit des oeuvres sociales du quartier Saint-Piat et de l'Maseon du Pichou. 

Vendredi 26 et samedi 27, Maison de la Culture, salle Lucas, 20h : La Chorale est une fanfare comme une autre", une centaine de musiciens dirigés par Eloi Baudimont et Patrick Joniaux.

Du vendredi 26 au dimanche 27 : "Journées italiennes" organisées par Tournai Commerces, marché fermier consacré aux produits italiens, rallyes vespas, animations diverses sur la Grand'Place et en la Halle-aux-Draps, visites par les Guides de Tournai sur le thème des rapports de la cité avec l'Italie. 

Samedi 27, esplanade du Conseil de l'Europe, "Childrock".

Samedi 27, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 16h : "Le Cirque à trois pattes" par le Théâtre d'Oz.

Samedi 27, salle La Fenêtre, 20h : "Les nouvelles de l'Espace" avec en invité Christophe Bourdon, lauréat du jeu de Naguy "Tout le monde veut prendre sa place", chroniqueur à la RTBf...

Dimanche 28, Tournai-Expo : "Election de Miss Tournai 2013".

Dimanche 28, Halle-aux-Draps, 15 et 17 h : "conférence-dégustation de bières spéciales italiennes" par Luca Giaccone.

Mardi 30, Hôtel de Ville, salon de la Reine, 19h, "Condamné à plaider", conférence par Maître Dupond-Moretti, le médiatique avocat pénaliste français.


Expositions :

Jusqu'au 7 avril, Maison de la Culture, Espace bis : "Les manouches sur la piste".

Jusqu'au 14 avril, Musée d'Histoire et des Arts décoratifs : "Regards sur les faïences fines de Tournai, le don Cosyns"

Jusqu'au 3 mai, bibliothèque du Cerist : "Pierre TombalLa Mort... et alors" consacrée à Raoul Cauvin et Marc Hardy, les créateurs de ce héros de BD.

A partir du 26 avril, Maison de la Culture, Espace bis : exposition consacrée à "Laurent Impeduglia" du Collectif Mycose Comix-Factory. 


(programme susceptibe d'ajouts et/ou de modifications).

S.T. mars 2013 

19/11/2012

Tournai : Le saint qui domine Tournai !

A Tournai, dans l'inconscient populaire, ce saint n'a pas la renommée de ses compères Piat ou Eleuthère pourtant il a donné son nom à une colline qui domine la cité scaldéenne : le Mont Saint-Aubert. 

Aubert (mort en 669) était évêque de Cambrai durant le VIIe siècle et la tradition nous enseigne qu'un jour il vint prier en haut du mont qui veille sur la cité des cinq clochers. Il fut ainsi à l'origine de ce pélerinage qu'accomplissent les Tournaisiens depuis des siècles. Vénéré en ce lieu, le village prit le nom de Mont-Saint-Aubert. On y érigea d'abord une humble chapelle dédiée à la Vierge où la population vint prier la Vierge, Saint-Aubert et par la suite la Sainte Trinité. C'est pourquoi on appelle aussi cette élévation, le Mont de la Trinité

Chacun sait que le Moyen-Age fut une époque marquée par le mysticisme et c'est de ce moment que date la coutume des "flagellans", une secte composée de fanatiques qui souhaitaient obtenir la miséricorde de Dieu pour les débauchés qui alors étaient nombreux suite au relâchement des moeurs. Ils étaient vêtus d'un caleçon et d'une longue chemise de lin serrée à la ceinture, coiffé d'un chapeau noir et avançaient, pieds nus, en se flagellant le dos. Partant de la Grand'Place de Tournai, ils gravissaient le Mont tout en s'infligeant des coups de fouet. A partir de 1349, ils furent rejoints par des habitants venus des villages environnants, portants bannières, croix et cierges. Ensemble, ils gagnaient le sommet du Mont pour écouter les homélies prononcées par des religieux. 

Les pélerinages se poursuivirent à travers le temps. Les fidèles venaient prier pour leurs défunts morts durant l'année et s'arrêtaient aux sept stations du Chemin de Croix érigées tout le long de la route, entre le village de Kain et Mont-Saint-Aubert. Des familles venaient également y faire dire une messe à l'intention d'un trépassé, dans la huitaine du décès.

Voici que nous conte Walter Ravez à ce sujet :

La famille se rassemblait dans la pièce qui avait servi de mortuaire. Au moment du départ (pour le pélerinage), un des proches parents mettait en croix deux petits morceaux de bois; il empruntait le passage qu'avait pris le cercueil pour sortir de la maison et jetait devant lui la croix en disant : "Va, nous te suivons". Dans la croyance populaire, l'âme du défunt précédait donc le groupe familial et portait elle-même sa croix. Et l'on se rendait ainsi, à pied, jusqu'à l'église du Mont où on commençait une neuvaine pour le repos du trépassé. On déjeunait ensuite avec des pains chauds et l'on faisait le tour des cabarets où coulait la bière blanche.

Il était aussi de coutume que les membres de la famille, arrivant au pied de la montagne, prennent une pierre avant de le gravir, ils ne jetaient leur charge qu'à la fin du voyage expiatoire, les pélerins s'imaginaient avoir porté le mort sur le dos.

A partir du XIXe siècle, les pélerinages perdirent peu à peu leur côté profondément religieux et se transformèrent en une tradition plus festive organisée le lundi de Pâques, le jour où les Tournaisiens se rendaient au Mont avec un bâton. Tradition qui se perpétue puisque la marche à bâton draîne chaque année des milliers de marcheurs venus de la région, de Flandres et de France. 

Ordinairement représenté en Belgique accompagné d'un âne chargé de deux paniers remplis et portant au cou une bourse destinée à récolter l'argent des livraisons, Saint-Aubert est devenu le patron des boulangers. Une confrérie tournaisienne de patrons boulangers et pâtissiers a fait du Mont sont lieu de rencontre annuelle.

Depuis 2008, à la mi-juillet, le village du Mont-Saint-Aubert juché tout là haut à... 147 mètres d'altitude organise la Fête du Pain. C'est à l'initiative d'une de ses habitantes, Monique Willocq, fille du dernier bourgmestre du lieu avant la fusion des communes de 1976 et le rattachement du village à Tournai, que cette fête a vu le jour. Elle s'entoura des conseils de Pierre Pollet, qui assure le volet technique de nombreuses festivités en Belgique et dans le Nord de la France. 

Deux ans plus tard, en juillet 2010, la Fête du Pain attira plus de 7.000 visiteurs au sein d'un village qui compte à peine 700 âmes. Si le pain, produit de base de l'alimentation, en est l'élément principal, les organisateurs ont étendu l'activité aux produits artisanaux et régionaux de bouche (fromage, chocolat, pâtisseries...). Les temps forts de la journée sont : le petit déjeuner paysan, la messe en picard, le marché artisanal, le bal campagnard et le feu d'artifice. 

L'asbl local "Les leongs tchus" redistribue les bénéfices générés par cette journée au profit d'enfants malades ou différents. 

le jour où l'évêque Aubert vint prier, il y a près de quatorze siècles, imaginait-il qu'il serait depuis lors l'objet d'une telle dévotion. 

(sources : " le Folklore de Tournai et du Tournaisis" de Walter Ravez paru aux éditions Casterman en novembre 1975 et recherches personnelles). 

(S.T. novembre 2012)

28/06/2012

Tournai : les festivités de juillet

Dimanche 1, Maulde, trial 4X4, 18h30, concert de Christian Vidal, 20h Mister Cover.

Dimanche 1, Blandain, Gymkhana Tracteurs, 17 h, spectacle d'humour et de cirque avec Francesco, 20h, concert d'Alain Delorme

Dimanche 1, 15h, "Tour insolite de la ville" organisé par les Guides de Tournai.

Dimanche 1, Tournai, Grand'Place, "Podium de Sud-Radio", animations, jeux, flashmob, diffusion de l'étape du Tour de France sur écran géant, 18 h : Silva, Thierry Dell et Jean Pierre Mader.

Lundi 2, Boulevard Bara, entre 16h30 et 17h30, arrivée de la 2e étape du Tour de France 

Lundi 2, Grand'Place, 18h, "Podium du Tour" avec Lou Deprijk, Grand Jojo et les Fritkots et Axelle Red

Dimanche 8, 10h, quai Donat Casterman, balade (gratuite) à bord du bâteau "La Tournaisienne" à destination de Valenciennes, à la découverte des paysages industriels et patimoniaux de l'Escaut. 

Dimanche 8, 15h, "A la découverte des quais rénovés" avec le petit train touristique. 

Dimanche 8, 15h, "Visite des galeries souterraines" par les Amis de la Citadelle

Du vendredi 13 au dimanche 22 juillet, semaine française.

Samedi 14, Gaurain : meeting d'été du Show Band Laurette.

Dimanche 15, Mont Saint-Aubert, "La Fête du Pain"

Dimanche 15, 15h, "A la découverte de l'Art Nouveau" par les Guides de Tournai.

Samedi 21, 12h30, départ de la 1ère étape du Tour de Wallonie cycliste (Tournai-Lessines)

Samedi 21, Grand'Place, Tournai Enchanté, "Podium des jeunes talents", Gad 80 et Lââm.

Samedi 21, Grand'Place, 23h, Feu d'artifice de la Fête Nationale

Samedi 21, Blandain, Fête Nationale, brocante, expo vieilles voitures, apéro concert avec "Combo Jazz", concert "Cova 10" (ska), "Mémorial Elvis Show" et feu d'artifice.

Dimanche 22, 15h, "A la découverte des aménagements du quartier cathédral".

Samedi 28, Esplanade du Conseil de l'Europe, dès 18h, "Tournai Tempo Festival" , Alexandre Deschamps, les Anges Gardiens, La Grande Sophie, Jean Louis Aubert

Dimanche 29, Esplanade du Conseil de l'Europe, dès 18h, "Tournai Tempo Festival", MathéO, Camping Sauvach, Gérald de Palmas, Thomas Dutronc.

Dimanche 29, Ere, "festivités organisées par les Gens d'Ere", Gad 80, Cover Queen, Grand Jojo et Bernard Minet

Les expositions :

L'exposition "101 chefs-d'oeuvre, de Manet à Dürer" qui se tient au Musée des Beaux-Arts est prolongée jusqu'au 30 septembre. 

Celles consacrées à "l'arrivée du Tour de France à Tournai en 1966" et au "Musée du Tour de France" sont accessibles à l'Hôtel de Ville jusqu'au 22 juillet. 

Programme susceptible d'ajouts ou de modifications


26/12/2008

Tournai : la croix Jubaru

Sur les pentes du Mont Saint-Aubert, les cyclos régionaux mais aussi ceux venant de Flandres ou du Nord de la France escaladent le col de la Croix Jubaru (altitude 99m). Même si sa hauteur prête à sourire par rapport aux grands cols alpestres ou pyrénéens parcourus par les coureurs du Tour de France, il répond entièrement à la notion de col puiqu'il permet le passage entre deux vallées.

Il tient son nom de la présence d'une croix en fer érigée à cet endroit à la mémoire d'un cycliste français, Armand Jubaru. Un 14 juillet, jour de fête nationale française, un jeune Tourquennois, agé de 26 ans, décide de venir en excursion dans le Tournaisis en compagnie de deux amis. Au moyen d'une de ces premières bicyclettes, lourdes machines peu comparables aux modèles qu'on trouve désormais sur le marché, ils entament l'escalade du Mont Saint-Aubert qui domine Tournai du haut de ses 147 mètres. Après s'être reposés et avoir passé de longs moments à contempler le panorama sur la vallée de l'Escaut, la France toute proche et les collines renaisiennes, les trois amis décident de reprendre la route pour Tourcoing, ville distante d'une bonne vingtaine de kilomètres et redescendent la sévère rampe (+ de 10%) qui passe au lieu-dit "Ma Campagne". Armand Jubaru ne peut maîtriser son vélo et prend de plus en plus de vitesse, arrivé au croisement de la route du Mont avec celle menant de Tournai à Molenbaix, il lui est impossible d'amorcer le virage et il part tout droit s'écraser contre le mur de la propriété de Mademoiselle d'Ogimont. Perdant son sang par de profondes blessures à la tête, il sombre rapidement dans le coma. Un de ses amis, Gustave Bourgeois, descendant précipitamment de sa bicyclette, afin de lui porter secours, fait lui aussi une lourde chute et se blesse assez gravement. Le Docteur Parent arrivé sur les lieux donna les premiers soins aux deux blessés mais se rendit rapidement compte de l'état désespéré d'Armand Jubaru. Quelques instants plus tard, celui-ci décéda. Sa dépouille fut transporté à la Maison Communale et à l'autre compagnon, Georges Caillau, revint la douloureuse mission de prévenir la famille qui vint dans la soirée chercher le corps. Depuis lors, une petite croix en fer forgée rappelle le souvenir de cet infortuné cycliste, on l'appelle la Croix Jubaru....

18:58 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, col jubaru, mont saint-aubert |