27/03/2017

Tournai : le carnaval 2017

Tournai fête le retour des beaux jours !

Dans l'impossibilité de m'y rendre, j'ai heureusement pu compter sur la collaboration d'une amie qui m'a transmis une série de photos prises à l'occasion de l'édition 2017 du Carnaval de la cité des cinq clochers.

Cet événement annuel qui prend place le week-end du Laetare fut tout à fait exceptionnel car tous les ingrédients étaient réunis pour assurer le succès de cette journée et apporter un large sourire sur le visage des organisateurs.

Comme il est rare qu'à la fin du mois de mars, on puisse bénéficier de pareilles conditions météorologiques, une foule immense fut au rendez-vous. On évoque un nombre de 10 à 15.000 personnes, c'est possible mais difficile à évaluer ! Dès le début de l'après-midi, les parkings mis à disposition des participants affichaient "complet". Il fallait chercher bien longtemps pour encore trouver une place sur le parking du Conseil de l'Europe (plaine des Manœuvres), sur celui de la Maison de la Culture, de la Maison des Sports et tout le long des boulevards de ceinture (des automobilistes avaient même stationné leur véhicule sous le chapiteau communal dressé à l'avenue des Frères Rimbaut) ! Des milliers de personnes, presque toutes déguisées, ont pris d'assaut les rues de la ville. 

Que ce soit à Binche, Malmédy, Stavelot, Chapelle-les Herlaimont tout comme à Kain, Vaulx ou Tournai... partout où il est organisé le Carnaval permet à la population locale et aux visiteurs de fêter dans la joie la fin d'un hiver parfois trop long, de retrouver le pavé des rues abandonné pendant de longs mois et surtout, à notre époque, d'oublier durant quelques heures un monde fait d'une violence exacerbée et d'agressions, de mettre entre parenthèses, une vie très souvent teintée d'inquiétude et de pessimisme. 

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Toutes les statues sont à la fête, quelques jours avant l'événement, elles sont habillées aux couleurs d'une confrérie qui les parraine. Martine et son chien patapouf n'ont pas été oubliés.

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Sur la Grand-Place, Christine de Lallaing est devenue la reine de la fête. 

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On découvre d'étranges personnages au détour d'une rue.

Le carnaval de Tournai a la particularité de ne pas présenter une cavalcade, un cortège organisé, mais trois grands groupes composés de confréries qui se rejoignent au centre-ville pour des temps forts : l'hommage à la Naïade, le lâcher de ballons, le jet de "pichous" du beffroi (des petits pains confectionnés par les boulangers tournaisiens pour l'occasion), le sacrifice du Roi carnaval sur un bûcher dressé au milieu du forum tournaisien et la marche funèbre de la Grand-Place à l'Escaut afin de jeter ses cendres dans le fleuve. 

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Un singe qui semble surpris par l'objectif ou tout simplement en admiration devant la photographe.

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Les Gilles de Saint-Piat étaient de sortie.

Il n'y a pas de cortège sans chars, certains ont demandé des heures de travail.

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Les vikings étaient de retour à Tournai mais beaucoup plus pacifiquement que ce qui nous envahirent au Moyen-Age. 

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Le carrosse des "Monsenors" emporte les ballons pour le lâcher.

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Tout comme les premières fleurs, le Carnaval symbolise l'arrivée du printemps.

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Il est impossible de photographier l'ensemble des participants. Qu'on sache simplement que la photo ci-dessous prise à la rue des Puits l'Eau lors de l'hommage à la Naïade ne représente qu'une petite partie de la marée humaine qui avait envahi Tournai.

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Le char du Roi Carnaval représentant les éléments, thème de cette année, défile dans les rues avant de rejoindre la Grand-Place où il terminera dans un immense brasier. Il faut savoir que ce char a été confectionné par des institutions accueillant des personnes handicapées ou socialement défavorisées. 

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Différents fanfares et groupes musicaux dont l'un vient chaque année de Suisse animent cette manifestation.  

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Le "Pirate" est rentré au port ! Le Carnaval 2017 est terminé, nul doute que, forts de son succès, les organisateurs préparent déjà l'édition 2018 !

(photos : Renelde Rauwers).

S.T. Mars 2017.

10:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, carnaval, christine de lallaing, martine |

08/07/2013

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (1)

Depuis la création de ce blog en avril 2007, nous avons déjà eu l'occasion de feuilleter la presse locale des années 1900 à 2005. Nous continuons la rétrospective des évènements qui ont rythmé la vie tournaisienne dans le domaine politique, sportif, culturel et des faits divers en abordant cette fois l'année 2006. Sept ans nous séparent de celle-ci mais certaines informations nous semblent déjà si lointaines ou ont peut-être déjà été oubliées.

La présentation a volontairement été bouleversée, nous suivrons une progression chronologique mais, afin de ne pas raviver des blessures récentes chez des lecteurs directement concernés par ceux-ci, certains faits dramatiques comme les suicides, les morts par overdose ou les accidents de la route seront volontairement omis. Ce serait, à mon sens, du voyeurisme de bas-étage.

2006 dans le monde et en Belgique.

Comme nous en avons pris l'habitude, il est important de remettre les évènements qui marquèrent l'actualité locale dans le contexte de ce qui s'est passé dans la monde ou en Belgique. Les sportifs se rappelleront que cette année 2006 a été celle de la Coupe du Monde de football disputée en Allemagne et remportée par l'Italie face à la France. On se souviendra aussi que le maître à jouer français, Zinedi Zidane, a quitté la partie... sur un coup de tête. 

Parmi les personnalités décédées durant ces douze mois, retenons les noms de Wilson Pickett (64 ans), véritable légende américaine de la soul-music, de Benno Besson (83 ans), metteur en scène suisse bien connu des habitués de la Maison de la Culture de Tournai où furent souvent programmées ses créations, de Jean Roba (75 ans), dessinateur belge, père de Boule et Bill, de Ferenc Puskas (79 ans), légende du football hongrois et d'Augusto Pinochet (91 ans), ancien dictateur chilien.

La convention relative aux droits des personnes handicapées est adoptée le 13 décembre 2006 au siège de l'ONU. C'est le premier grand traité du XXIe siècle en matière des droits de l'homme. 

En Belgique, l'alerte à la grippe aviaire amène l'obligation de claustration des volailles de février à mai. C'est aussi l'année de l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer sur les lieux de travail et celle du meurtre de Jo Van Holsbeek, le 12 avril, en pleine gare centrale de Bruxelles, par deux jeunes qui voulaient s'emparer de son baladeur numérique. Deux semaines plus tard, une marche blanche en sa mémoire réunira près de 80.000 personnes dans les rues de la capitale.  

Janvier . 

En ce tout début d'année 2006, on apprend que la ville des cinq clochers compte 67.500 habitants, c'est environ 300 de plus qu'au 1er janvier 2000. Ceux-ci sont répartis sur un territoire de 214 km2, la densité de population est donc de 315 habitants/km2. Pourtant sans bouger de chez eux, en ce début d'année, près de 15.000 Tournaisiens vont devoir modifier leur adresse, conséquence d'un changement de dénomination des noms de rues afin de satisfaire les exigences des services postaux en évitant que plusieurs villages de l'entité tournaisienne ne portent le même nom, exemple : rue de l'Yser à Tournai-Ville et à Kain, rue du Château à Tournai-Ville et à Ere et les très nombreuses rues des Combattants, de la Place ou du Curé... Pour rappel, cette situation dure depuis la fusion des communes intervenue au... 1er janvier 1977, vingt-neuf années plus tôt. Mieux vaut tard que jamais !

Un duo de Tournaisiens fait parler de lui dans la capitale française, Les "Okidoks", Benoit Devos et Xavier Bouvier (voir article qui leur est consacré dans ce blog) prolongent leur spectacle débuté le 29 novembre au Ranalagh jusqu'au 20 janvier. A Paris, c'est environ 700 spectateurs qui assistent à chacune des représentations, un succès mérité. 

Deux politiciens de sensibilités différentes, Pol Olivier Delannoy (PS) et José Lericque (CDH Estaimpuis) initient une conférence de soutien à Ingrid Bétancourt, otage détenue en Colombie. 

Tournai a déjà souvent servi de décor à des téléfilms, en ce mois de janvier 2006, la RTBf va débuter le tournage d'une série intitulée "Septième ciel Belgique", un feuilleton sur fond d'astrologie dont les extérieurs auront pour décors différents quartiers de la ville, même la salle des Concerts sera utilisée. 

Toujours en ce mois de janvier, à l'initiative du service club Richelieu, une première aventure de Martine, l'héroïne de BD créée en 1954 par Marcel Marlier et Gilbert Delahaye est traduite en picard grâce au talent de Bruno Delmotte. "Martine à l'cinse" permettra peut-être aux jeunes (et moins jeunes) de sa familiariser avec le patois, une langue qui fut (trop) longtemps décriée dans les milieux de l'enseignement, considérée comme trop populaire.

Culture et humour font souvent bon ménage, le 19 janvier "Le Jeu des Dictionnaires-La Semaine Infernale", une émission radiophonique animée par Jacques Mercier, fait escale à l'école des Frères. Les bénéfices de cette soirée sont destinés à la Fondation Follereau de Tournai, organisatrice de l'évènement. 

Le 21 janvier, la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps affiche "complet" pour la première représentation des "Filles, Celles Picardes", un cabaret patoisant au féminin alliant charme, chansons et comédie, tout le monde se dit que cette joyeuse troupe a de beaux jours devant elle. 

Rire encore le 25 janvier à la Maison de la Culture qui accueille dans la salle Jean Noté, l'humoriste d'origine algérienne Fellag et son spectacle d'auto-dérision, "Le dernier chameau". 

Un fait divers tragique se déroule la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 janvier, l'immeuble situé au n° 21 de la rue de la Ture est la proie des flammes, son habitant y perd la vie, Alain Leroy, employé des services du Cadastre à Bruxelles est bien connu à Tournai. A la fin des années soixante, il fut le chanteur de l'orchestre les "Aigles Stars" animant de nombreuses soirées dansantes régionales.

Février .

Le mois de février s'ouvre par la présentation d'un important projet, celui de la construction d'un nouvel hôpital sur le terrain de l'Union, club de football ayant émigré à Kain suite à la fusion avec le Racing pour donner naissance au Football Club de Tournai. Les travaux devraient débuter dans le courant de cette année 2006.

La Maison de la Culture accueille quatre acrobates et deux musiciens dans un spectacle dénommé "Tangentes", une création de Mathieu Bolze.

Un fait divers sordide a pour cadre la place Saint-Pierre. Durant la nuit du 10 au 11 février, un habitant de Brunehaut, sorti d'un café pour passer un appel téléphonique, est enlevé par les occupants d'un véhicule immatriculé en France. Délesté de tout ce qu'il possédait, il a été éjecté de la voiture quelque part dans le Nord de la France et est rentré à Tournai en stop avant d'aller conter sa mésaventure à la police. 

Dans son local d'alors, le café Le Trianon à la chaussée de Frasnes à Rumillies, la troupe du "Bistrot Patoisant" souffle ses dix bougies lors des représentations qui se tiennent durant ce deuxième mois de l'année. 

Un autre café, dans le quartier Saint-Piat, est à la une de la presse locale pour d'autres raisons beaucoup moins festives. Il est tout simplement le coeur d'un vaste trafic de drogues et faisait l'objet d'une surveillance discrète depuis de nombreuses semaines par le S.E.R. (Service d'Enquêtes et de Recherches). Lors d'une descente de police des armes sont également découvertes et cinq personnes sont arrêtées.

Mars.

Au début du mois de mars, un chantier démarre en haut de la rue Perdue, à l'emplacement de l'ancien théâtre communal détruit par les bombardements allemands de mai 1940. Ce terrain abandonné pendant plus de soixante ans, jamais reconstruit et où croissaient les herbes folles, a servi, durant tout un temps, de parking pour les agents d'un bureau syndical installé en face. On va y ériger une résidence-services pour personnes âgées qui prendra le nom de "Résidence du Théâtre".

La presse annonce l'arrestation d'un escroc international. Parmi un panel de délits, il avait notamment fait croire aux responsables du club de basket de Division I, le "B.C Tournai", en difficultés financières, qu'il allait éponger les dettes. L'homme est un habitué des tribunaux, il se déclarait aussi être le grand patron d'une radio privée.

Le lundi 6 mars, le propriétaire de l'armurie située dans la rue de l'Hôpital Notre-Dame est réveillé, vers 5h45, par un énorme fracas, le volet de fer qui protège sa vitrine vient d'être arraché par un véhicule. Arrivé dans le magasin, il tombe nez à nez avec des malfrats encagoulés qui sont occupés à faire main basse sur des armes de poing, une imitation de kalachnikov tirant des billes et un fusil à lunette. Abandonnant au milieu de la rue le véhicule immatriculé en France qui leur avait servi pour pénétrer dans l'armurerie, ils fuient au volant d'une Porsche Carrera de teinte noire. Celle-ci sera retrouvée quelques heures plus tard à Esplechin, à deux pas de la frontière française. 

Quelques jours plus tard, la nuit du 15 au 16 mars, une voiture signalée volée en France est repérée à proximité du boulevard Léopold. Deux individus s'enfuient et trouvent refuge dans les locaux abandonnés de l'ancien Casino et dancing Le Paradise. Les forces de l'ordre cernent le vaste immeuble et appellent les pompiers pour venir éclairer les lieux au moyen de puissants projecteurs. La fouille du véhicule laisse apparaître qu'il s'agit probablement des auteurs du casse de la semaine précédente dans la rue de l'Hôpital. Dans le coffre rempli d'armes, on retrouve des cagoules, des gants et également une écharpe noire comme celle portée par un des malfrats aperçu par l'armurier. Il apparaît vite que ces deux individus ont également commis de nombreux méfaits en France.

Les 8 et 10 mars, la Maison de la Culture accueille la pièce "Mesure pour Mesure" de William Shakespeare dans une mise en scène de Philippe Sireuil. 

Le 15 mars, au Palais de justice, se déroule, en soirée, un (faux) procès, celui fictivement intenté à la langue française qui attire, en deux séances, la toute grande foule. "Impro Justitia" est une pièce dans laquelle on retrouve, parmi d'autres, les humoristes Bruno Coppens et Virigine Hocq, Dieudonné Kabongo... et maître Pannier dans son propre rôle d'avocat.

En cette seconde partie du mois de mars 2006, la presse locale révèle que les Ateliers Louis Carton (ALC) situés à la chaussée d'Antoing qui occupent encore trente-cinq ouvriers et vingt employés sont passés dans le giron du groupe Socom Metallurgy basé à Marcq-en-Baroeul dans le Nord de la France.

La nuit du jeudi 23 au vendredi 24 mars, à la résidence Marcel Carbonnelle, une main criminelle boute le feu à deux garages situés en sous-sol. L'incendie est à ce point important que les fumées envahissent les immeubles situés au n°114 et 119. Il faut rapidement évacuer leurs habitants vers l'école communale toute proche. Maîtres du sinistre, les pompiers autorisent les locataires à regagner leurs appartements vers 1h30. Hélas, cet incendie fera indirectement une victime. Retournant dans le noir, un homme est tombé dans une bouche d'évacuation du parking souterrain ouverte pour dissiper les fumées. Gravement blessé, il décèdera à l'hôpital dix jours plus tard. 

Dans l'optique du prochain Carnaval de Tournai, le vendredi 24 mars se tient l'élection du Roi Carnaval, ils sont pas moins de vingt candidats issus de différentes confréries à briguer ce titre éphémère. Le samedi 25, les "carnavaleux" envahissent les rues de Tournai. Un des héros de celui-ci, "l'Bourguémette" (le bourgmestre) Pierre Vandenbroeck qui déclare avec la sobriété qu'on lui connaît : "Un p'tit pas pou l'bourguémette, un grand pas pou tous les rambiles" (la confrérie dont il est issu). 

(sources : presse local de l'année 2006).

S.T. juillet 2013

 

24/01/2011

Tournai : Marcel Marlier, le rêve mis en images !

Alors que la ville de Tournai lui rendait un vibrant hommage pour ses quatre-vingts ans et la parution de son soixantième album de Martine en novembre dernier, Marcel Marlier fut une première fois hospitalisé. Ses dernières apparitions en public furent au salon "Tournai, la Page", le 14 novembre et à l'exposition organisée par le centre commercial des Bastions, le 17, veille de son anniversaire. Ce lui qui avait donné vie à Martine, cette petite fille modèle dont les soixante aventures ont bercé probablement les soirées de millions d'enfants de par le monde depuis 1954, l'année de sa naissance, venait d'entamer le combat contre la maladie qui allait l'emporter.

Marcel Marlier est né à Herseaux, le 18 novembre 1930. En 1946, il s'inscrit au cours d'arts décoratifs à l'école Saint-Luc à Ramegnies-Chin, il en sortira en 1951 avec la plus grande distinction. Durant ses études, les éditions de la Procure à Namur organise un concours de dessin dont il sera le lauréat et il sera engagé par cette maison d'éditions pour illustrer les ouvrages destinés aux écoliers. La collaboration avec cette maison durera plus de vingt-cinq ans et il illustra notamment des livres comme "Je lis avec Michel et Nicole" ou "Je calcule avec Michel et Nicole"...

En 1951, Pierre Servais, un des responsables du département éditions de la maison Casterman à Tournai, séduit par ce jeune talent, lui propose d'illustrer des livres destinés à la jeunesse. Celui qui était, depuis 1953, professeur de dessin à Saint-Luc va alors participer à la création de la collection "Farandole" et rencontrera, en 1954, le poète et écrivain tournaisien, Gilbert Delahaye. De leur collaboration naîtra Martine, cette petite fille de cinq ou six ans qu'on appellera Tiny dans la traduction néerlandaise, Debbie aux Etats-Unis, Malika au Portugal... et qui va emmener à sa suite toutes les petites filles de Belgique et du monde entier.

De "Martine à la ferme" à "Martine et le prince mystérieux", le dessin de Marcel Marlier et les écrits de Gilbert Delahaye (jusqu'à sa disparition en 1997) et de Jean Louis Marlier ensuite vont transporter les lecteurs dans un monde de tendresse, de douceur, de gentillesse, un monde ou la vulgarité et la violence étaient bannies, une atmosphère trop aspetisée peut-être aux yeux de certains pour qui la bande dessinée était devenue porteuse de monstres, de robots transformeurs, d'extra-terrestres, de batailles inter galactiques ou de lutte entre le Bien et le Mal.

Pour ses décors, Marcel Marlier qui habitait dans la campagne proche de Tournai trouvait l'inspiration dans son environnement et, en cherchant bien, le lecteur tournaisien reconnaîtra des lieux qui lui sont ou lui furent familiers comme le Grand Bazar de la rue de la Tête d'Or où Martine fait ses courses et beaucoup d'autres endroits de la région.

Si Martine a évolué (sa coupe de cheveux et son habillement ont suivi la mode de l'époque de parution), elle n'a que très peu grandi puisque Marcel Marlier disait lui-même dans une interview donnée à No Télé qu'elle est passée de l'âge de cinq ou six ans à celui de huit ou neuf ans.

On peut dire que Martine était pour les petites filles, l'égale de Tintin pour les garçons et comme ces deux personnages étaient édités par la Maison Casterman, on comprend que celle-ci soit devenue une locomotive dans le domaine de la bande dessinée, les nombreux prix récoltés au cours des éditions du Festival de la Bande Dessinée à Angoulème en témoignent. 

Martine a été éditée à 65 millions d'exemplaires en langue française et à plusieurs dizaines de millions en différentes langues étrangères. Les comédiens Benoit Poelvoorde et Laurence Bibot ont croisé plusieurs fois la route du dessinateur tournaisien mais la rencontre la plus insolite qui lui a été donnée de vivre est celle avec Michaël Jackson. C'était en 1997, alors qu'elle se trouve en tournée en Allemagne, l'idole découvre un puzzle de Martine et est frappé par la douceur qui s'échappe du dessin. Il veut absolument rencontrer le dessinateur et c'est ainsi que rendez-vous est pris dans un hôtel parisien. Marcel Marlier accompagné de son éposue a emporté quelques planches originales pour satisfaire sa curiosité mais a toujours refusé de s'en séparer même au profit du chanteur le plus adulé de l'époque.

Le ciel est uniformément gris sur Tournai en ce mois de janvier, il semble avoir oublié les tendres couleurs qui garnissaient la palette de Marcel Marlier et la pluie qui tombe de temps en temps évoquent probablement les larmes de Martine qui pleure son papa. Elle restera présente dans la ville des cinq clochers grâce à la statue qui lui est dédiée en compagnie de son chien Patapouf, hommage du club Richelieu à celui qui avait illustré les rêves d'enfants (visible dans la série de photos de la colonne de droite en n°11). Comme Hergé l'avait souhaité en ce qui concerne Tintin, la petite héroïne ne survivra pas à son créateur mais on est convaincu que de nombreuses mamies vont continuer à acheter, dans les années futures, les aventures de Martine pour leurs petits-enfants.

(S.T. Janvier 2011 - sources : le Courrier de l'Escaut édition spéciale ainsi que la brochure éditée lors des festivités de Tournai et l'interview donné par Marcel Marlier sur NoTélé) 

09:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, casterman, marcel marlier, martine, bd, michaël jackson |

08/06/2009

Tournai : l'année 1999 sous la loupe (2)

Nous avons vu que la météo avait été à l'origine de situations catastrophiques durant cette année 1999. Les faits divers feront eux aussi, très souvent, la "une" des journaux locaux. Pour la seconde fois en quatre ans (la précédente datée du 16 avril 1995), l'usine Unisac située à l'avenue de Maire est la proie des flammes, est-ce un hasard si le sinistre se déclenche une fois encore durant un week-end ? Le samedi 2 janvier vers 22h30, les pompiers sont appelés à combattre un important incendie qui, attisé par un vent violent, dirige les fumées (toxiques) sur l'entité de Kain, au point que les habitants de ce faubourg de Tournai sont invités à ne pas ouvrir portes et fenêtres. La direction de la société "New Unisac" qui appartient désormais au groupe allemand Stöll affiche sa volonté de poursuivre ses activités, l'enquête conclut à un incendie criminel, plusieurs foyers ayant été découverts. Un mois plus tard, le vendredi 4 février, un nouvel incendie spectaculaire détruit totalement le café-dancing "l'Indigo" situé en haut de la rue Saint Martin. Jadis à l'enseigne du "Café de l'Enclos", ce bâtiment a abrité ensuite un magasin de meubles. Le dancing avait fermé ses portes à 6h30 du matin et les pompiers avaient été appelés vers 7h00 ! Arrivés sur place, ils pouvaient constater que l'immeuble entier était la proie des flammes ! Le 8 octobre, c'est la désolation chez les membres de la Fondation Follereau de Tournai, le buste de Raoul Follereau inauguré le 7 décembre 1997 et situé à proximité de la chapelle du Val d'Orcq a été volé ! La nuit du 2 au 3 décembre, c'est la stèle érigée en mémoire du caporal Bruno Méaux, para-commando assassiné au Ruanda, qui est saccagée, la plaque rappelant son souvenir a été arrachée et cassée, probablement un acte de vandalisme de la part d'un inconscient. Le jeudi 16 décembre, la police tournaisienne réalise un joli coup de filet, elle met à jour un trafic de stupéfiants et d'XTC, quatre personnes sont arrêtées.

En ville, les travaux de rénovation se poursuivent. Après la création du parking de l'Esplanade de l'Europe sur la Plaine des Manoeuvres, la réfection de la place de Lille et de la Grand'Place débutent, durant le mois de janvier, les travaux de la jonction entre le forum tournaisien et les quais, ce sont d'abord la rue des Chapeliers et le place Paul Emile Janson qui sont en chantier. En janvier également, on détruit le grand panneau publicitaire qui se trouve sur la Grand'Place, à proximité de l'église Saint Quentin et qui proclame, depuis des années, "Bienvenue à Tournai". Le site des Douze Césars se dévoile, il va faire, dans un premier temps, l'objet de fouilles archéologiques, on annonce, à cette occasion, la prochaine création d'un parking souterrain souhaité par les commerçants, mais ce projet ne verra jamais le jour ! Au mois de janvier également, on débute la construction de deux pavillons d'accueil sur la Plaine des Manoeuvres, entre le parking de l'Esplanade de l'Europe et la Maison de la Culture, l'un sera destiné à vanter les atouts touristiques de la ville auprès des visiteurs, l'autre comportera des blocs sanitaires. Le samedi 14 mars, on inaugure la statue en bronze de 95 kilos de l'héroïne tournaisienne de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, "Martine" et son chien Patapouf est une oeuvre fondue par les Ateliers Casting d'Audenaerde, elle concrétise l'idée du Président du club Richelieu, Jean Pierre Leclercq. Après un court séjour de découverte à l'Hôtel de Ville, elle trouvera place au pied du Fort Rouge, à la rue Perdue.

10:14 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, unisac, club richelieu, martine |

07/04/2008

Tournai : Gilbert Delahaye, poète et conteur.

Le nom de Gilbert Delahaye est connu dans le monde entier. Il est, avec Marcel Marlier, le dessinateur, le père spirituel de "Martine", cette petite fille dont les aventures sont racontées dans les albums de la collection Farandole de chez Casterman.

C'est le 19 mars 1923 qu'est né en Normandie, plus prècisément à Saint Pierre-de-Franqueville (à côté de Rouen), Gilbert Delahaye. Son père est belge, sa mère normande. En 1923, la famille déménage à Dunkerque, il passera une partie de sa jeunesse dans la cité de Jean Bart, partageant ses vacances entre la Normandie et Tournai où résident ses grands parents paternels. Il débutera ses études à l'institut Notre-Dame des Dunes et les poursuivra au collège des Jésuites à Tournai où ses parents viendront s'installer définitivement en 1937. Trois ans plus tard, la guerre éclate, comme pour une majorité de tournaisiens, c'est l'évacuation, le départ sur les routes de France. La famille Delahaye passera une année en Charente avant de revenir à Tournai. Gilbert Delahaye poursuit des études de typographie à l'institut Saint Luc de Ramegnies-Chin. En 1944, âgé de 21 ans, il entre au département composition des Editions Casterman, il y restera jusqu'en 1973. En 1946, il épouse une tournaisienne et le couple aura deux enfants Bernadette, née en 1947 et Jean Pierre, né en 1949. Cette année là, en compagnie de Robert-Lucien Geeraert, il fonde" Jeune Tournay" qui prendra par la suite le nom d'Unimuse. Au sein de cette association littéraire, il rencontrera notamment Maurice Carême, Géo Libbrecht, Guy Trézel... C'est en 1950 que Gilbert Delahaye publie sa première plaquette intitulée "Marines". Suivront beaucoup d'autres oeuvres parmi lesquelles "C'était" (1952), "Les enfants de minuit" (1958) qui obtiendra le prix Max Rose, "Les racines du coeur" (1960) qui obtient le prix Auguste Marin, "Figures de sel" (1965), "L'étrangère" (1971), "Du coq à l'ane" (1978) récompensé par le prix Albert Dauzat, "Perce-neige" (1981), "le cactus et le violon" (1992) et "Air de flute" (1994). En 1974, il reçoit le Prix de poésie de l'Ile de France, en 1992, le Prix de l'Alliance française et en 1993, le Prix Maurice Genevois de l'Académie des provinces françaises. Il se verra attribuer également les prix Corneille et Jacques Prévert, décernés par la fédération Nationale des écrivains de France, pour l'ensemble de son oeuvre. En 1994, en compagnie du dessinateur Marcel Marlier, Gilbert Delahaye fête à la Maison de la Culture de Tournai les 40 ans de "Martine". C'est en effet en 1954 qu'est paru le premier album, "Martine à la ferme" suivi de "Martine en voyage". Les aventures de cette petite fille modèle ont été traduites en une cinquantaine de langues et publiées à plus de 50 millions d'exemplaires ! Pour les enfants, Gilbert Delahaye a aussi publié "Gentil coucou", chansons enfantines en 1973 et "La jeannette des îles", prix de l'Oeuvre suisse des Lectures pour la Jeunesse parue en 1976. Relevons également trois contes : "La sonatine pour carillon", "Le champ lorrain" et "L'harmonie des ombres".

En 1973, Gilbert Delahaye quitte les éditions Casterman et devient "indépendant". On retrouvera des écrits de cet auteur dans Poésie du Nord en 1977, "Le plaisir des mots" chez Gallimard en 1982, "Ca rime et ça rame", aux éditions Labor en 1985 et "l'encyclopédie poétique" des Editions Grassin. De 1962 à 1985, il assurera la vice-présidence d'Unimuse, il sera également parrainé par René Fauchois et Wilfried Lucas à la Société des écrivains normands où il rencontrera Michel de Saint-Pierre. En 1997, Gilbert Delahaye s'éteint, son corps repose désormais au Jardin des Poètes au Mont Saint Aubert. Il avait depuis longtemps pris place dans le Cercle des poètes...tournaisiens !

(recherches personnelles)