22/11/2016

Tournai : le coeur de la Wallonie picarde (8)

Comines-Warneton et Ellezelles.

Le voyage touristique en Wallonie picarde se poursuit et les deux entités que nous allons découvrir sont toutes les deux situées le long la frontière linguistique.

Comines-Warneton.

Enclavée entre France et Flandre, à une cinquantaine de kilomètres de Tournai, voici la commune la plus occidentale de Wallonie et dès lors de la Wallonie picarde. Elle fut transférée de la province de Flandre Occidentale à celle du Hainaut en 1963 lors de la fixation de la frontière linguistique, un acte posé par des politiciens dans l'esprit de celui qui a prévalu à la construction du mur de Berlin. Cette ligne fictive sépare depuis plus de cinquante ans deux communautés dont la majorité des habitants ne formule qu'un seul souhait : "vivre ensemble". 

Les visiteurs qui font une confiance absolue au GPS devront se méfier de ne pas se retrouver à Comines-France, le pendant français uniquement séparé de la cité belge par la Lys qui fait office de frontière. L'entité englobe également les communes de Warneton et de Ploegsteert. 

Jadis, la commune de Comines était un haut-lieu de la "rubanerie". Fondé en 1980, un musée qui lui est entièrement dédié présente de nombreux souvenirs de cette époque et des métiers toujours en état de fonctionnement.

Le troisième week-end de juillet, la cité rend hommage à ces hommes et à ces femmes qui travaillaient dans les usines sur les bords de la Lys. A une époque, on a compté jusqu'à 3.500 métiers. Les apprentis rubaniers étaient appelés les Marmousets, un sobriquet qui tire son origine de la pièce de bois qui effectuait le va-et-vient sur le métier à tisser. La "Fête des Marmousets" qui se déroule toujours le 3ème dimanche du mois de juillet se caractérise par un cortège s'achevant sur la Grand-Place où des "marmousets", petites poupées de bois à leur effigie, sont lancés depuis le balcon de l'Hôtel de Ville. 

La "Fête des Louches" est traditionnellement organisée le second dimanche d'octobre, elle tient son origine d'une légende. Un seigneur emprisonné dans le château attira l'attention en jetant une louche frappée aux armoiries de sa famille. A la fin du cortège, depuis le balcon de l'Hôtel de Ville, ce sont des louches en bois qui sont jetées dans foule. 

Dans le hameau de Comines Ten Brielen se déroule, le deuxième week-end de septembre, la "Fête de la Moisson", à l'ombre du moulin Soete. Concerts, brocante, repas campagnard et barbecue, bal musette, concours de jeu de cartes et cucurbitale (exposition de cucurbitacées) sont au programme de ces deux jours de fête. Comme il se doit à Comines, la fin des festivités est marquée par un "jet de faluches", ce pain blanc et moelleux souvent mangé chaud avec une couche de cassonade, régal traditionnel du Nord de la France et de Wallonie picarde.

A Comines, grâce à "Ice-Mountain Adventure Park", les visiteurs peuvent se préparer au ski sur deux pistes couvertes de vraie neige avec tire-fesses et tapis de remontée. Les férus de parachutismes s'adonnent à leur sport favori dans l'Indoor Skydiving, le simulateur de chute libre le plus puissant actuellement et les amoureux de l'accro-branche se déplacent à 3, 6 ou 9 mètres d'altitude pour goûter au frisson des cimes.  

La commune de Warneton est regroupée autour de son église Saint-Pierre et Paul, érigée durant le VIIe siècle mais reconstruite après le premier conflit mondial. De style néo-roman et byzantin moderne, l'édifice religieux est si imposant qu'on le surnomme la "Cathédrale de la Lys". Warneton possède un musée de la brasserie ouvert aux groupes. Chaque année, le premier samedi de décembre se déroule la "Fête des Mountches". Des centaines de moines tout de blanc vêtus accompagnent leur géant Jehan et précèdent Saint-Nicolas monté sur un cheval. Les mountches étaient des moines de l'abbaye de Warneton fondée en 1131. On raconte qu'au moment de la fête de Saint-Nicolas, ils parcouraient les rues de la cité, juchés sur des ânes, et distribuaient des friandises. Comme il se doit, la fête se clôture au pied de l'Hôtel de Ville, où des poupées représentant ces petits moines sont jetées du haut du balcon.

Situé à 12 kilomètres d'Ypres, une des villes martyres du premier conflit mondial, le village de Ploegsteert est le point le plus occidental de la Région Wallonne. Il se trouve au milieu de  la zone humide de la vallée de la Lys. On y découvre une vaste zone naturelle d'intérêt biologique où on peut rencontrer des plantes rares mais aussi des hirondelles de rivage, une espèce qu'on ne voit plus guère dans nos régions. Ploegsteert possède un musée de la menuiserie d'autrefois. Lors de la guerre 14-18, théâtre de sanglants affrontements entre les Allemands et les troupes britanniques parmi lesquelles se trouvait un certain Winston Churchill, la cité a conservé vivace le souvenir des 11.000 soldats du Commonwealth qui y trouvèrent la mort. Un mémorial s'élève le long de la route qui relie Ypres à Armentières. A proximité, implantée dans le bois, une structure semi- souterraine, le "Plug-Street 14-18" offre au visiteur un espace scénographique contant le pire moment de l'histoire de cette région. Depuis 1981, une "Course du souvenir" est organisée le 11 novembre et attire de nombreux participants venus d'Europe et même d'Afrique (ils étaient plus de 5.000 en 2016).

Le quartier frontalier du Bizet à Ploegsteert s'articule autour d'une artère principale commerçante bien connue des voisins français. Le dimanche de Pentecôte se déroule la "Fête de la Brique", la région étant connue pour ses briqueteries. Et comme il se doit... non, cette fois, on ne jette pas des briques du haut d'un balcon au moment de la clôture des festivités ! 

Ellezelles.

C'est le hasard du classement alphabétique qui a fait coïncider deux entités où le folklore est roi. 

Au cœur du parc naturel des Collines, à une trentaine de kilomètres de Tournai, le village d'Ellezelles auquel sont rattachés ceux de La Hamaide et Wodecq est peut-être le plus surprenant endroit de Wallonie picarde. Il se distingue par ses paysages et surtout par la conservation d'un folklore rural fait de contes et légendes d'antan. Il est composé d'une foule de hameaux aux noms poétiques comme Arbre Saint-Pierre, Aulnoit, Blanc Scourchet, Bruyère, Camp et Haye, Fourquepire, Grand Monchaut, Mont, Paradis, Quatre-Vents, Rigauderie, Trieu-à-Staques...

Voici un village qui affirme être le lieu de naissance d'Hercule Poirot, le détective belge, né de la plume d'Agatha Christie. A part le fait qu'il soit belge, il faut bien avouer que la romancière britannique n'a jamais fait aucune référence à ses origines. Les Ellezellois l'ont donc adopté et sa statue trône désormais sur la place.

Il y a bien des lieux à visiter dans ce petit village situé le long de la route qui mène de Renaix à Lessines :

le "Moulin du Cat Sauvage" s'élève au sommet d'une colline, à 112 mètres d'altitude. Il a été érigé au XVIIIème siècle et rénové dans la seconde moitié du XXème. 

Le "Moulin du Tordoir" est situé sur le ruisseau dont il tient son nom. Le courant de celui-ci permettait à la roue de tourner. On évoque déjà sa présence à la fin du XIIIème siècle. Il a cessé toute activité en 1954.

Le "Pilori" de haute-justice est situé à l'arrière de l'église, le coupable d'un fait délictueux y était exposé publiquement recevant moqueries et méchancetés des villageois.

L'Eglise Saint-Pierre aux Liens érigée entre le XVème et le XVIIIème siècle domine la place du village où on découvre également la statue de "Quintine de le Glisserie", condamnée au bûcher en 1610 pour sorcellerie.

Le "Sentier de l'Etrange" emmène le promeneur dans la nature le surprenant au détour d'un chemin ou d'un bosquet par une sculpture de troll, de sorcière ou d'un diable grimaçant, des créatures chères à Watkine (Jacques Van de Wattyne), dit le "diable des Collines" qui est à la base du renouveau du folklore ellezellois. 

La "Maison du Pays des Collines" permet de découvrir toutes les richesses du terroir grâce à un parcours-spectacle d'environ 3/4 heures qui plonge le visiteur dans un monde imaginaire fait de trolls, de sorcières et de filtres magiques. Pour cette visite, il sera guidé par la "Dame Blanche", une chouette. 

Le village compte également une brasserie qui produit notamment la célèbre "Quintine"

Durant l'année 2017, Ellezelles va fêter la 45ème édition du "Sabbat des Sorcières" qui a lieu traditionnellement le dernier samedi du mois de juin. Les visiteurs sont accueillis dès le début de l'après-midi par un marché médiéval. De nombreuses animations de rues avec musiciens, saltimbanques, personnages enchanteurs les font patienter jusqu'à l'arrivée attendue (mais peut-être un peu redoutée) des "Chorchiles" (sorcières). Après l'intronisation de Chevaliers du Ramon, la foule se dirige alors vers un site naturel, un peu mystérieux, à l'extérieur du village où se déroule le sabbat des sorcières qui y rejoignent le Diable en compagnie du Loup-Garou, de la milice, des moines et des bourreaux. Le spectacle se termine par un grandiose son et lumière.

Chaque année, le lundi de Pentecôte, la plus ancienne société folklorique du village convie les visiteurs à la "Ducasse Jean Jean doû Ballon". Celle-ci commémore l’atterrissage d'une montgolfière au lieu-dit Camp du Mont en 1850. Un magnifique cortège composé de groupes internationaux (Hollande, France, Brésil, Ukraine...) parcourt les rues du village. La journée se termine par la reconstitution de cet événement qui marqua ceux qui y assistèrent et le simulacre de la montée d'un ballon.

Le troisième dimanche de septembre, depuis 1971, se tient une "Foire aux Artisans" qui a pris, récemment, pour nom celui de "Foire villageoise".

Dans le centre d'Ellezelles, le réputé restaurant "Le Château du Mylord" est étoilé au guide Michelin.

La Hamaide, situé sur la route qui mène de Frasnes à Lessinesest un village, grand défenseur de sa ruralité et de ses traditions séculaires. "L'Ecomusée du Pays des Collines" oeuvre depuis plus de quarante ans à la sauvegarde du patrimoine local. Il permet de découvrir l'évolution du matériel agricole mais aussi une foule d'éléments de la vie quotidienne des paysans durant les siècles précédents. Le premier week-end du mois d'août se déroule la "Fête de la Moisson" qui explique le travail aux champs, avant et au temps des premières machines agricoles. Le fauchage du blé, la confection des meules de paille, le battage du grain, le retour de la charrette de paille, le travail du cheval de trait tirant la charrue, un spectacle auquel les enfants d'aujourd'hui n'ont jamais eu l'occasion de participer. On peut profiter de cette journée à la campagne pour y déguster des produits locaux et participer au "Bal populaire" qui était organisé à la clôture de la moisson.  

Le village de Wodecq est situé sur l'ancienne voie romaine qui reliait Bavay à Verzeke. On y découvre la "Chapelle à Cailloux". Ce petit édifice reconstruit en 1897 est dédié à Notre-Dame du Mont Carmel mais aussi à Damien de Molokaï, l'apôtre des lépreux. Les exploitants de la "Ferme du Dorloû" ont décidé, dès l'année 1990, de se consacrer à l'agriculture biologique et de vendre directement au consommateur leur production. Dans la cour de la ferme, on découvre ainsi une boulangerie-pâtisserie, une boucherie-charcuterie et un magasin offrant les produits fermiers. Pour les visiteurs, il est intéressant de savoir que "le Dorloû" propose un camping à la ferme et la visite de l'exploitation. Ellezelles, terre de mystères, on dit que le trésor des Templiers serait enterré sous une ferme à Wodecq. Des fouilles n'ont, néanmoins, jamais été entreprises pour donner foi à ces allégations. 

Les deux entités que nous venons de visiter ont encore bien rempli l'agenda du voyageur soucieux de se retremper dans le folklore et les traditions. 

(sources : sites des entités et visites personnelles sur place et lors des événements)

S.T. novembre 2016.

16/07/2012

Tournai : "capitale" de la Wallonie picarde (3)

Seconde balade en Wallonie picarde, le Pays des Collines.

Cette fois, au départ de Tournai, c'est vers le Nord de la région que nous nous dirigeons, notre itinéraire nous fait emprunter la route provinciale qui relie Tournai à Renaix.

Après une petite quinzaine de kilomètres, dès que nous avons dépassé le Mont Saint-Aubert et le village de Celles, nous apercevons au loin le Mont de l'Enclus (ou Kluisberg), une élévation que les géographes nomment une "butte témoin". S'étendant du Mont de l'Enclus à l'Ouest au Mont de Mainvault (Ath) à l'Est, une élévation sépare deux régions, elle est appelée Pays des Collines.

L'Histoire du Mont de l'Enclus appelé aussi "Enclus du Haut" débute par une légende qui remonte au VIIe siècle. A cette époque, le prince Salvaert de Dijon traverse la forêt qui recouvre le mont. La petite troupe est attaquée par les hommes du comte Phinaert. Seule, l'épouse du prince, Ermengarde de Roussillon échappe, dans un premier temps, au massacre. Enceinte, elle accouche et cache l'enfant dans un buisson, elle est ensuite capturée par les hommes de Phinaert. L'enfant est découvert par un ermite qui va l'élever et lui donner le nom de Liedericq. Celui-ci, une fois adulte, le quittera pour aller fonder la ville de Lille. 

La commune de Mont de l'Enclus, avant tout touristique, regroupe également les villages d'Orroir, Anseroeul et Amougies. Elle s'étend sur une superficie de 27 km2 et compte un peu plus de 3.400 habitants. L'Enclus du Haut, culminant à 141 mètres d'altitude, est composé de 600 hectares de forêts parsemés de sentiers asphaltés ou de terre pour les promenades à pied, à vélo ou à cheval. Havre de verdure, cet endroit est propice aux randonnées sportives en raison de ses forts dénivelés. Sa côte est escaladée par les coureurs du Tour des Flandres au printemps. C'est également un lieu de détente fréquenté par des personnes venant de Flandre, de Wallonie ou du Nord de la France.

Au pied du mont, le village d'Amougies a connu ses heures de gloire, du 24 au 28 octobre 1969, lorsqu'y fut organisé le Festival pop. On était en pleine période hippie et trois grands festivals avaient déjà attiré la toute grande foule (Monterey, Woodstock et l'île de Wight). Durant quatre jours, ce petit village qui n'était pas encore fusionné avec le Mont de l'Enclus et qui comptait à peine un bon millier d'habitants allait voir défiler plus de 80.000 visiteurs venus écouter les Pink Floyd, Ten Years After, The Nice, Yes, Frank Zappa, Colosseum, Alexis Korner, les Pretty Things, East of Eden et des dizaines d'autres groupes...

Reprenant la route provinciale que nous avons abandonnée le temps d'une escalade, nous continuons notre balade à la découverte du pays des Collines. Après avoir passé l'enclave de Renaix, située en région flamande, nous apercevons, le Moulin du Cat Sauvage qui se dresse fièrement tout en haut de sa colline et nous indique que nous entrons à Ellezelles, un village entièrement consacré au folklore, coeur de ce Pays des Collines. 

Ellezelles qui regroupe les villages de La Hamaide et Wodecq s'étend sur une superficie de près de 45 hectares peuplés par environ 5.900 habitants. En le parcourant, vous irez de surprise en surprise, le point de départ de votre promenade se situe au pied de l'église Saint-Pierre-aux-Liens, sur la place, à la Maison des Collines qui vous donnera un avant-goût de ce que vous réserve les "étranges" petits sentiers de l'entité cher au chantre local Watkyne (Jacques Vandewattyne). 

Avant de partir, vous ferez peut-être connaissance avec les célébrités du village. Tout d'abord, le comte d'Egmont qui y est né en 1522. Célèbre opposant au roi Philippe II d'Espagne, il sera décapité en compagnie du comte de Hornes. 

On vous parlera des sorcières ("les chorchilles") dont l'histoire remonte au XVIIe siècle. On y brûla en effet cinq femmes convaincues de sorcellerie : Agnesse de la Plache (80 ans), Martine de la Vigne (50 ans), Catherine de la Voye (60 ans), Magdeleine Lestarquie (65 ans) et Quintine de la Glisserie (38 ans). Cette dernière est restée dans la mémoire collective, peut-être à cause de son plus jeune âge. Chaque dernier samedi de juin, à la tombée de la nuit, les habitants d'Ellezelles et les visiteurs venus de Belgique et de France rejoignent le "marais à chorchilles" pour le grand sabbat. 

Le troisième personnage qui fait honneur au village est légendaire, il s'agit du détective belge issu de l'imagination d'Agatha Christie, Hercule Poirot. Cette dernière n'a jamais situé son lieu de naissance et comme des recherches entreprises par des passionnés locaux ont permis de découvrir que le 1er avril 1850 est né à Ellezelles, un petit Hercule, fils d'une femme originaire de Flandre et portant le nom de Van Prei (du Poireau en traduction littérale), il n'a pas fallu bien longtemps aux facétieux habitants du coin pour s'arroger le lieu de naissance de ce policier bedonnant, à la moustache gomminée, imbu de lui-même, sorte de Sherlock Holmes à la sauce belge.

Quintine et Hercule ont donné leurs prénoms à deux bières artisanales renommées brassées par la Brasserie ellezelloise.

Vous ne manquerez pas le lundi de Pentecôte d'aller voir le cortège "Jean Jean doû ballon", une fête et un grand cortège qui rappelle l'atterrissage d'une montgolfière au hameau de Guynomont. Ellezelles, c'est aussi un grand nombre d'endroits aux noms aussi étranges que l'Histoire du village fait de sorcières, de fantastique et de merveilleux : Crimont, Grand-Monchaut, Fourquepire, Miclette, Paradis, Quatre-Vents, Rigauderie, Blanc Scourchet, Trieu à Staques ou encore Vieux Marais ou Vieux Moulin et bien d'autres.

A La Hamaide, vous ne manquerez pas d'assister à la "Moisson à l'ancienne" organisée le premier dimanche du mois d'août et de visiter l'Ecomusée du Pays des Collines, créé en 1975, où vous découvrirez tous les aspects de la vie d'antan au village, la reconstitution fidèle d'un estaminet, d'une forge, d'une saboterie et de multiples outils. 

Par Wodecq, village qui fut le triste décor d'un fait tragique, en avril 1944, lorsque 26 ellezellois furent arrêtés et fusillés par la Gestapo et par un passage à la ferme bio du Dorloû, vous gagnerez Flobecq.

Flobecq (Vloesberg) est une commune qui s'étend sur 23 km2 et compte environ 3.500 âmes. Vous y découvrirez la Houppe (Potelberg) qui culmine à 157 mètres d'altitude. Situé en plein milieu des bois, c'est un paradis pour cyclo-touristes et pour promeneurs. La commune fut un haut lieu de la culture des plantes médicinales, jadis presque toutes les familles en cultivaient, cette pratique a cependant disparu au début du XXe siècle mais on peut toujours y visiter le "Musée de la Plante médicinale". Le quatrième dimanche de juillet s'y déroule la procession de Saint-Christophe, un saint représenté par un homme sur échasses portant une longue robe rouge et tenant sur ses épaules l'Enfant Jésus pour l'aider à traverser un gué. Le folklore est également présent lors des "Antoniades" qui ont lieu, au coeur de l'hiver, lors de la dernière semaine de janvier (marché artisanal, cortège, reconstitutions, feu d'artifice, buffets campagnards...).

Vous ne devez plus parcourir qu'une une dizaine de kilomètres pour arriver à Lessines (Lessen),  "la cité du porphyre", appelée ainsi, car, lors de la révolution industrielle du 19e siècle, s'y développa l'activité des carrières de porphyres, une vingtaine de sites d'extraction qui procuraient de l'emploi à près de 5.000 ouvriers carriers. 

Depuis la fusion des communes intervenue en 1976, la commune de Lessines regroupe désormais les villages de Bois de Lessines, Deux-Acren, Ghoy, Ogy, Ollignies, Papignies et Wannebecq. S'étendant sur une superficie légèrement supérieure à 72 km2, elle compte près de 18.500 habitants.

Au centre de la cité, une visite est incontournable, celle de "l'Hôpital Notre-Dame à la Rose", patrimoine exceptionnel de Wallonie, centre hospitalier fondé en 1242 par Alix de Rosoit, Veuve d'Arnoud IV d'Audenaerde, seigneur du lieu, afin de soigner les indigents et les malades. le bâtiment a tenu ce rôle jusqu'en 1980. Depuis lors, il a fait l'objet d'une remarquable rénovation qui se termine et qui permet de le visiter dans son entièreté. 

Parmi les personnalités nées à Lessines relevons :

René Magritte, le peintre surréaliste, décédé en 1969,

Jean Claude Drouot qui y a vu le jour en 1938. Connnu à ses débuts pour son interprétation du rôle de "Thierry La Fronde" dans un feuilleton télévisé diffusé entre 1963 et 1966, il sera acteur de nombreux films, directeur du Centre dramatique de Reims, du Théâtre National de Belgique et Membre de la Comédie Française de 1999 à 2001. Il est également le directeur artistique de la Compagnie qui porte son nom,

Claude Criquielion, coureur cycliste professionnel, né à Deux Acren en 1957, champion du monde sur route en 1984, champion de Belgique en 1990, vainqueur du Tour des Flandres 1987, de la Flèche Wallonne 1985 et 1989, du Midi-libre 1986 et 1988, du Tour de Romandie 1986, de la Semaine catalane 1979... Il occupera également de nombreuses places dans le top 10 du Tour de France (5e en 1986), du Giro ou de la Vuelta.

Lou Deprijck, interprète, compositeur et producteur, le créateur de "Ca plane pour moi", succès interplanétaire et chanteur des groupes "Lou and the Hollywood Bananas" (Kingston, Les petites rues de Singapour...) et de "Two Man Sound". 

Ville de folklore et de tradition, Lessines attire de nombreux visiteurs de Belgique et du Nord de la France à l'occasion de "La procession des pénitents et la mise au tombeau du Christ" du Vendredi Saint, du "Cayoteu 1900", festivités et cortèges de géants de la mi-août au quartier Saint-Roch, quartier des anciens tailleurs de pierre, ou lors des "Fêtes historiques du Festin" (fin août-début septembre) qui commémorent la victoire de la milice bourgeoise de Lessines sous les ordres du capitaine Sébastien de Tramasure. 

Voici un second itinéraire de découvertes à réaliser au départ de Tournai pour visiter la Wallonie picarde. 

(S.T. juillet 2012)