25/01/2017

Tournai : balades en ville - Autour de l'Hôtel de Ville !

J'entame aujourd'hui une visite virtuelle de Tournai uniquement par l'image. Voici donc quelques documents photographiques extraits de ma collection, des photos qui datent des années 2003 à 2006, prises au cours de diverses balades dans les rues de la cité des cinq clochers. Il est à noter que si ces clichés ont été réalisés, il y a environ 14 ans, ils représentent des endroits de la ville qui ont été épargnés par les nombreux chantiers. Le visiteur pourra donc les retrouver aisément dans les quartiers proches de l'hôtel de ville.

2003 Tournai cloître de l'Hôtel de Ville.JPG

1. Le cloître de l'Hôtel de Ville vu du parc communal.

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2. Fontaine dans le parc communal

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3. La statue du peintre tournaisien Louis Gallait (au fond, à droite la cour d'honneur de l'Hôtel de Ville). Déplorons que ce superbe lieu soit en permanence pollué par un des symboles du progrès : la voiture !

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4. Le kiosque du parc communal où se produisit, a cappella, le baryton Jean Noté et où étaient donnés jusqu'il y a peu les concerts d'ouverture de la Kermesse de septembre par l'Harmonie des Volontaires Pompiers. 

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5. La place Reine Astrid vue du parc communal, havre de paix au cœur de la cité (à noter que la façade de l'immeuble a été rénovée récemment).

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6. La tour de la Loucherie dans la rue Garnier

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7. Tour de la Loucherie (vue sous un autre angle).

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8. La rue Saint-Martin et la cathédrale Notre-Dame pas encore corsetée d'échafaudages métalliques. 

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9. Ancienne ferme Casterman située à la rue de France

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10. La même ferme vue sous un autre angle.

(documents photographiques : 1-3-4-5-6-8 Serge Tranchant - 2-7-9-10 Francis Bauduin).

S.T. janvier 2017

23/08/2016

Tournai : promenade le nez en l'air (3)

A l'ombre des cinq clochers, la promenade continue !

Cette fois encore, nous allons partir à la découverte d'éléments architecturaux ou insolites que nos yeux de Tournaisiens habitués à déambuler dans la ville ne voient plus et que certains touristes ignorent totalement durant leur visite. 

 

Le chapiteau de l'homme qui tombe.

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Dans la nef de la cathédrale Notre-Dame, à proximité de l'entrée par la porte du "Capitole", une colonne représente un "homme qui tombe". J'ai entendu plusieurs versions concernant cette représentation. La plus généralement admise évoque l'hommage d'un sculpteur à ceux qui se tuèrent lors de l'édification de l'édifice au XIIème siècle. Un chanoine y voyait plutôt une colonne posée à l'envers. Pour ce religieux, le personnage aurait dû être placé dans le bas et aurait ainsi symbolisé l'humanité qui souffre sous le poids des péchés. La troisième version, plus coquine, se rapproche de l'avertissement contenu dans la pierre gravée, placée sous l'arche formée par la chapelle Saint-Vincent qui relie l'évêché à la cathédrale. Cet avis s'adresse directement aux "malpropres qui, sentant venir un besoin urgent, sont invités à passer leur chemin". Etant libellé en latin, il est dommage que les "malpropres" de notre époque connaissent de moins en moins ce qu'on appelle les langues mortes. Cette colonne, retournée, aurait ainsi fustigé, ceux qui se soulageaient (et continuent à le faire) le long des murs de la cathédrale. 

 

La rosace.

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Lorsque des touristes font une visite du prestigieux édifice, en compagnie d'un guide, celui-ci ne manque pas de leur décrire la rosace située au-dessus des grandes orgues et de l'entrée principale. Au centre, on trouve une représentation de la Vierge Marie puisque la cathédrale lui est dédiée. Autour d'elle, seize petits cercles représentent des angelots, les seize cercles suivants de taille moyenne représentent les signes du zodiaque, trois par trois, séparés par des personnages représentant les saisons. Les seize cercles extérieurs de plus grande taille représentant les prophètes mais aussi Salomon et Moïse. Cette rosace a été placée dans le courant du XVIIIe siècle. Placée au nord-ouest de l'édifice, elle ne brille malheureusement de mille feux qu'à la tombée du jour. 

 

La statue de Notre-Dame la Brune.

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Cette statue en bois représentant une vierge à l'enfant a été offerte, en 1568, par un officier durant l'occupation espagnole en remplacement de celle brisée par les iconoclastes, en 1566. Cette vierge au visage de teinte brune a fait l'objet d'une restauration à l'IRPA, voici quelques années. Pour les historiens, c'est probablement la polychromie de sa robe d'origine qui lui a valu ce vocable. Pour d'autres, c'était la couleur foncée du bois qui l'assimilait aux vierges noires qu'on trouve dans les pays du Sud de l'Europe. Au cours de cette restauration, on a découvert que la teinte "bronzée" n'était pas celle qu'elle présentait à l'origine mais qu'elle résultait probablement de fumées. Les Amis de la Cathédrale ont souhaité la présentait au public sous l'aspect qu'elle avait au XVIème siècle. Me trouvant à l'accueil de la cathédrale au moment de son retour, de nombreuses personnes, surtout âgées, m'ont faire part de leur étonnement et même d'une pointe de déception, elles avaient perdu leur "vierge noire". Peut-être craignaient-elles qu'elle n'exauce plus leurs prières ? 

 

 

 

 L'abbaye de Saint-Martin

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On retrouve les premières traces de cette abbaye au début du XIème siècle, celle-ci allait s'étendre pour occuper les terrains sur l'entièreté du parc communal actuel et possédait de nombreuses propriétés dans la région.Le plan de cette abbaye disparue au moment de la Révolution française apparaît sur le mur d'une habitation de l'Enclos Saint-Martin. A partir du parc communal, on peut découvrir le cloître reconstitué faisant aujourd'hui partie des bâtiments de l'hôtel de Ville. 

 

 

 

 

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L'Histoire de la ville résumée sur un bâtiment officiel.

Combien de personnes ont déjà pris le temps d'observer minutieusement les cartouches qui se trouvent sur le bâtiment des services administratifs de l'Administration Communale ! Ceux-ci reprennent chronologiquement (de droite à gauche) une succession de faits historiques : la louve allaitant Romulus et Remus rappelle la création de Rome, c'est à l'époque romaine que la cité des cinq clochers est apparue, les abeilles d'or de Childéric, père de Clovis, le roi des Francs qui avait fait de Tournai sa capitale, les drakkars des invasions des Vikings, la construction de la cathédrale Notre-Dame... le dernier représente les bombardements de la cité en 1940.

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Nous finirons notre promenade par des lieux peu connus du grand public mais dont l'histoire mérite d'être contée. 

(documents photographiques : F. Bauduin et collection personnelle).

S.T. août 2016.

29/11/2015

Tournai : les festivités de décembre 2015

Le mois de décembre est le mois des fêtes par excellence et, à Tournai comme ailleurs, on aura l'embarras du choix au cours de ce dernier mois de l'année. Une fois encore, on devra se résoudre à faire des choix !

 

Mardi 1, Séminaire, grand auditoire, 14h : "Romain Gary, le caméléon", conférence par Michel Verbogen, Psychiatre, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mardi 1, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h : concert de "Alice on the Roof", celle qui fut de tous les festivals cet été.

Mercredi 2, stade Luc Varenne, "Viva for Life", l'émission de Vivacité, joggings pour enfants et pour adultes, animations diverses. 

Mercredi 2, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "La petite fille aux allumettes", spectacle pour enfants d'après le conte d'Andersen par PAN ! (la compagnie).

Mercredi 2, Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18h : "Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie", conférence par Isabelle Feihle et Lise Nottebaert, logopèdes indépendantes au CHWApi, dans le cadre des Conférences-Santé 2015.

Jeudi 3, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Le génocide arménien, traces mémorielles", conférence par Philippe Raxhon, professeur à l'U.L.G, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 3, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Conversations avec ma mère" de Pietro Pizutti avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel

Vendredi 4, Halle-aux-Draps, 20h : "Noël de l'ATI"; Association Tournaisienne d'Improvisation au profit des enfants du "Noël pour Tous" organisé par le comité Saint-Jean.

Vendredi 4, Mourcourt, Centre Culturel, 20h : "Les Croque-Notes chantent Brassens".

Samedi 5, Maison de la Culture, salle Frank Lucas , 15h et 17h30 : "Petites Furies" par le Zététique Théâtre/ Justine Duchesne, spectacle pour enfants par Mélody Willame et Estelle Bibbo.

Samedi 5, salle La Fenêtre, 20 h : "Les Souffleurs de Mots, casting pour Saint-Nicolas", spectacle d'improvisation.

Samedi 5, Froyennes, la Guelière, 20h : "Rires jaunes, Humour noir", spectacle humoristique.

Samedi 5, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Stro Brothers et Lotte Remmen", concert de musique folk et country.

Dimanche 6, Esplechin, salle de la Bascule : "Marché de Noël " du Club des Jeunes de la Pérote.

Dimanche 6, Centre de la Marionnette, à 15h et 16h : "Visites guidées pour la Saint-Nicolas".

Mardi 8, Maison de la Culture, 20h : "Pierre Kroll" dans son one-man-show.

Jeudi 10, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Maroc, Haut-Atlas, une année berbère" par Louis-Marie et Elise Blanchard, reporters-conférenciers dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 10, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Orkestra Mendoza", musique sud-américaine.

Vendredi 11, Mourcourt, home les Blés d'Or, dès 17h : "Marché de Noël".

Vendredi 11, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Maurane, toujours aussi en scène", la chanteuse belge fête ses vingt-cinq années de carrière.

Vendredi 11, église Saint-Jacques, 20h : "Gospel for life", 150 choristes chantent au profit de l'association "les Amis du Père Damien".

vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, Marquain, la grange "Marché de Noël".

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, Halle-aux-Draps, de 10h à 20h : "Marché de Noël".

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, place de Lille : "Les commerçants fêtent Noël", animations musicales, atelier grimages...

Samedi 12, Froyennes, Foyer Saint-Eloi : "Marché de Noël", une trentaine d'artisans, de commerçants et de particuliers.

Samedi 12, rue de Courtrai et place Paul-Emile Janson, 16h : "Noëls du monde" par l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec.

Samedi 12, Vieux Marché aux Poteries, de 16 à 22h : "Snow Party", animations pour enfants, canon à neige, D.J. Stéphane Baert.

Samedi 12, école du Château, de 17h à 21h : "Marche des Illuminations" sur 7 et 12 kms.

Samedi 12, église Saint-Jacques, 20h : "Voyage romantique à Leipzig", concert avec la pianiste Juliana Steinbach, une organisation de la Chapelle Musicale de Tournai sous la direction de Philippe Gérard.

Samedi 12, Templeuve, église Saint-Etienne, 20h : "Concert de Noël" par les Cadets et l'Orchestre à Cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Christiane Diricq au profit de la Croix-Rouge.

Samedi 12, Froyennes, la Petite Fabriek, 20h : "Barimatango", concert de Jelena Milusic et Atilla Aksoj, musique traditionnelle des Balkans.

Samedi 12, Gaurain, salle le Coquin, 21 h : "New Wave and Rock Party".

Samedi 12 et dimanche 13, place Crombez : "chalets et terrasses d'hiver" produits gastronomiques, manèges pour enfants, château gonflable, petit train du Père Noël et ferme de Noël dans le parc.  

Dimanche 13, Office du Tourisme, 15h et 17h : "Toomaï des éléphants" d'après "le Livre de la Jungle" de Richard Kipling, spectacle pour enfants avec le Clap-Do : Charles Michiels (clarinette basse), Pierre Quiriny (marimba basse) et Eve Godart (comédienne).

Dimanche 13, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 17h30 : traditionnel "Grand Concert Viennois" par l'Ensemble instrumental de Wallonie avec la cantatrice Roxane-Isaura Decocq et les ballets tournaisiens de "Danse et Cie", une organisation de la Confrérie des Cinq Clochers, au profit de la jeunesse déshéritée du Tournaisis.

Du lundi 14 au dimanche 20, Centre de la Marionnette "Scènes à Noël - souvenirs du voyage du Père Noël".

Jeudi 17, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 14h : "Bouvines - 1214, bataille médiévale de deux villes du comté de Flandre, Lille et Tournai", conférence par Jean-Louis Pelon, historien, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 17, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h : "Vianney en concert", un chanteur à texte et à voix.

Du jeudi 17 au jeudi 24, Halle-aux-Draps, de 11h à 21h : "Halle de Noël", artisans, artistes, créateurs de décors...

Vendredi 18, Ere, salle culturelle, de 17h à 23h : "Marché de Noël" de l'asbl "Une place pour Tous".

Vendredi 18 et samedi 19, Office du tourisme, 20h : "Bonne Année !", spectacle de l'Atelier théâtre de Nathalie Wargnies.

Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20, place de Lille : "Les commerçants fêtent Noël" atelier de confection de boules de Noël, confection de cartes de vœux, balade en chariot, animation musicale.

Vendredi 18, samedi 19, dimanche 20, place Saint-Pierre : "Noël sur la place", tartiflettes, vin chaud, soupe à l'oignon, grimages, bar à vins et champagne, cabaret spectacle (le 19 à 19h).

Samedi 19, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "L'Enfant racine" d'après l'œuvre de Kitty Crowner, spectacle pour enfants par la Cie "la Bulle à Sons".

Samedi 19, cathédral, 18h : "Concert de Noël" par la Maîtrise et le chœur des enfants de la cathédrale.

Samedi 19, salle La Fenêtre, 20h : "le Tati Circus cabaret" spectacle de la compagnie "Mome Circus" de Tournai.

Samedi 19, Templeuve, église Saint-Etienne, 20h : "Concert de l'Etoile" par la Royale Union Musicale de Templeuve et la chorale la Pastourelle.

Dimanche 20, Willemeau, rue Dubus, 9h15 : "Marche des coquilles" sur 7 km à la découverte du village. 

Mardi 22, Pont des Trous, sur la péniche "Rayclau", 20h : "Concert de Noël" par l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec.

Samedi 26 et dimanche 27, Pont des Trous, sur la péniche "Rayclau", 19h : "Roberto Zucco", pièce de Bernard-Marie Koltès par l'atelier dramatique de Florent Simon.

Mardi 29, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h : "Ici Baba/ Ma mie forêt" par Samir Barris et Catherine de Biaso, spectacle pour enfants dès 4 ans.

Jeudi 31, Grand'Place, minuit : "Feu d'artifice de la Saint-Sylvestre".    

programme susceptible d'ajouts et/ou de modifications.

S.T. novembre 2015.

19/09/2011

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (24)

Plongeant de la ceinture des boulevards vers le carrefour du beffroi, la rue Saint-Martin tire sa dénomination d'une abbaye de moines bénédictins et ce nom est déjà présent dans le chirographe de 1253 où on peut lire : "Vente d'une maison en la rue Saint-Martin tenant en la capièle Saint Loi". Cette rue se caractérise par la présence d'immeubles modernes, construits après la seconde guerre mondiale, sur la partie droite en partant du beffroi, et d'immeuble plus anciens sur la partie de gauche. Le côté gauche de cette rue a été sauvegardé lors des bombardements de mai 1940 et avec lui les maisons bourgeoises et les hôtels de maître.

Parmi les hôtels de maître disparus citons, l'Hôtel de Rasse portant le nom du baron, bourgmestre et sénateur de Tournai qui l'avait acheté en 1839, après la mort de Madame Charlotte de Saint-Genois. Bozière nous dit qu'il se distinguait par l'élégance de sa porte d'entrée, ornée de colonnes accouplées, de style composite, un immeuble si parfaitement distribué pour les fêtes qui s'y déroulaient, érigé sur les plans du père de l'architecte Bruno Renard. Autre édifice disparu, la chapelle Saint-Eloi. De quand datait son origine ? Les avis divergent. Pour l'historien Cousin, elle est une des plus anciennes de la cité, spécifiée en 1108 dans une bulle du pape Pascal II mais dans un opuscule du vicaire-général Descamps sur Walter de Marvis, il est stipulé que Jean de Lens donna vingt-deux bonniers de terre, en 1231, aux chapelles de Saint-Pierre et Saint-Eloi, rue Saint-Martin, qu'il avait fondées. C'est en ce lieu que se réunissaient les corporations des orfèvres et des maréchaux-ferrant le jour de la fête patronale. En 1726, un écclesiastique du nom de Dupriez, la reconstruisit à peu près complètement et à ses frais. En 1855, l'édifice fut vendu par la Ville au bourgmestre Alphonse de Rasse qui l'incorpora à son habitation. On sait qu'elle était située à proximité de l'actuelle rue des Primetiers et de la chapelle Saint-Pierre (elle aussi disparue). Elle fut rasée dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Egalement disparue l'hôtellerie Saint-Christophe où logeait une compagnie de soldats irlandais au moment du siège de Tournai par Louis XIV.

Un peu plus haut dans la rue, en retrait, au milieu d'un petit parc, l'Hôtel des Artilleurs était accessible par un porche muni d'une grille situé face à la Roquette Saint-Nicaise. Il était occupé par les Artilleurs-Volontaires-Tournaisiens, société constituée le 29 février 1836. Dans le jardin, on trouvait des berceaux pour le tir à l'arc, à l'arbalète et d'autres jeux. Par la suite et jusqu'aux début des années soixante, l'hôtel devint le local de la section des supporters de la Royale Union Sportive Tournaisienne qui y organisait les réunion et les festivités. Il est depuis près de cinquante ans la propriété de la Ville de Tournai qui l'a intégré au Musée d'Histoire Naturelle.

Au n°50, une maison bourgeoise a été aménagée, il y a une vingtaine d'années, pour accueillir le Musée de la Porcelaine et des Arts de la Table. Le numéro 52 est un porche qui mène à l'Hôtel de Ville, le n° 54 est le local de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. Au n° 64, jusqu'à son déménagement pour la Salle des Concerts, se trouvait le Conservatoire de Musique, les vastes bâtiments sont désormais occupés par l'Auberge de Jeunesse.

Sur le trottoir d'en face, au n° 47, le Centre de la Marionnette et le Créa-Théâtre occupent les bâtiments de l'ancien hôtel acquis en 1852 par Charles Peeters qui lui donna son nom. Ce prestigieux bâtiment, dont nous aurons l'occasion de vous reparler, a été acheté par la Ville dans le milieu des années quatre-vingt. Le n° 87 était occupé jusqu'au début des années 2000 par le couvent des Soeurs Servantes des Pauvres. Ces religieuses qui étaient surnommées les "Petites Soeurs des Pauvres" par les Tournaisiens avaient pour vocation de soigner les malades, ensevelir les morts et secourir les plus démunis. Je me souviens avoir visité régulièrement ce bâtiment car ma grand'mère maternelle y assurait l'entretien journalier. Le couloir distribuait à gauche, une salle d'attente et à droite le dispensaire où on venait pour une piqûre, nettoyer une plaie ou faire soigner mille petits maux. A gauche de l'entrée principale, une grande porte ouvrait sur le vestiaire où étaient conservés les vêtements et les couvertures ramenés par la population en faveur de leurs petits protégés. Derrière, dans une cour ouvrant sur un jardin toujours fleuri, un petit bâtiment à deux étages qu'on appelait l'hôtellerie. C'est là que les religieux de passage recevaient gîte et couvert. A 16h, une religieuse sonnait la cloche pour annoncer que le goûter était servi. Sur la table, d'épaisses tranches d'un grand pain, du beurre, de la confiture et une cafetière fumante étaient disposés pour combler les meilleurs appétits. Face à l'hôtellerie, la chapelle toute simple mais avec de magnifiques petits vitraux accueillait les voisins lors des offices journaliers. Sur deux étages, en façade, les chambres de religieuses. Le souvenir que j'ai gardé de mes visites, c'est l'odeur qui y régnait, un mélange de savon noir, d'encaustique, de fleurs et parfois d'encens qui constrastait avec l'odeur d'éther qui émanait du dispensaire et qui vous prenait dès l'entrée. Au départ des religieuses, le bâtiment a été aménagé pour accueillir des personnes handicapées fréquentant le centre de Jour "La Marelle". On le connaît désormais sous le nom de l'Entracte.

Juste à côté, le café à l'enseigne "Les Amis Réunis" est un des plus typiques estaminets de la ville. Avec son comptoir ancien aux pompes décorées de porcelaine et ses banquettes en bois, on y vient pour jouer aux cartes ou faire une partie de jeu de fer, en dégustant une "bonne crasse pinte", un endroit que le chanteur Renaud a découvert et apprécié lors du tournage du film Germinal dans la région de Valenciennes. Enfin à l'angle de la rue de France se trouvait, naguère, un autre établissement du secteur Horéca, à l'enseigne du "Café de Foy", tenu par Emile Jacquerie et son épouse, Madeleine. Il était également le rendez-vous des joueurs de cartes et de jeu de fer. L'interdiction de fumer dans les cafés n'étant pas d'application à cette époque, on pouvait encore y humer le parfum des "touquettes" (pipes) sur lesquelles tiraient les vieux joueurs en pleine concentration ! Emile Jacquerie était bien connu à Tournai car il tenait la "grosse caisse " dans l'harmonie communale des Volontaires Pompiers. Depuis la disparition de ce couple sympathique et la fermeture du café, le bâtiment a accueilli une vidéothèque et a été transformé récemment en un commerce de vente de pain et dégustation de viennoiseries.

Située à proximité du carrefour de la Porte Saint-Martin, une voirie ouvre sur la gauche, elle a pour nom "rue de l'Enclos Saint-Martin" et rappelle la présence de la puissante abbaye dont il a été souvent fait référence dans ce blog. Rue étroite et pavée, accessible par un porche, elle longe l'Auberge de Jeunesse et le Musée des Beaux Arts et se termine à la rue Fauquez.

La rue Fauquez présente la particularité d'être bordée de longs murs dans lesquels s'ouvrent les portes donnant accès à des propriétés situées au fond de jardins. Son nom lui a été donné en souvenir de Jean Baptiste Fauquez, mécène et collectionneur, né à Valenciennes en 1778 et décédé à Tournai en 1843. En 1789, lorsqu'éclate la révolution française, la famille se réfugie à Tournai mais doit rapidement quitter la Ville pour Pragues lors de l'arrivée des révolutionnaires. En 1803, ils reviennent habiter dans la rue des Carliers. Mécène, Fauquez consacra une partie de son immense fortune à soulager les démunis. Il fut également un collectionneur de tableaux, d'estampes, de livres et de médailles. A sa mort, il légua à la Ville de Tournai : 410 tableaux, plus de 2.000 gravures ou litho-gravures, 40.000 médailles, des livres, des bijoux et des objets rares. Reconnaissante pour ce leg "colossal", l'administration communale lui fit ériger un monument au cimetière du Sud et donna son nom à cette rue, le 22 octobre 1870.

Au bout de la rue Fauquez qui se termine en impasse aux grilles d'entrée du parc communal, une allée, à droite, donne accès à quelques petites maisons dans la ruelle des Moines, en souvenir de ceux de l'abbaye située à cet endroit.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière, "Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre et souvenirs personnels).

 

30/03/2009

Tournai : les chantiers de la rénovation (2)

"Le visage de la Ville se transforme" était le titre provisoire donné à cette étude sur les chantiers en cours. Après avoir évoqué ceux entrepris par le privé, nous allons aujourd'hui parler des nombreux travaux entrepris par les services publics. Le plus important est, bien entendu, la rénovation de la cathédrale Notre-Dame. Le chantier de la nef romane a débuté en septembre 2008. Toutes les ardoises ont été enlevées, la sous-toiture en bois a été totalement rénovée, les feuilles de plomb ont été posées sur la presque totalité du versant Sud, les travaux occuperont prochainement le versant Nord, dès qu'ils seront terminés, on enlèvera le dome plastifié qui protège les ouvriers des mauvaises conditions atmosphériques et on conservera uniquement l'échafaudage afin de rénover les façades de la nef (nettoyage des pierres noircies par la pollution, remplacement de celles victimes des outrages du temps, scellement d'autres qui semblent éprises de liberté...). Il est prévu, sans aléas de dernière minute, que ces travaux seront terminés avant le prochain hiver.

Autre monument tournaisien en cours de restauration, sur la rive droite cette fois, la Tour Henri VIII, dernier vestige de l'occupation de la ville par les troupes anglaises. Là aussi, un échafaudage surmonté d'un dome plastifié permet aux archéologues d'effectuer des recherches sur le sommet du massif géant de pierre. Toutes les terres qui recouvraient l'extrémité de la terrasse ont été enlevées, on a pu ainsi se rendre compte de certains détails de la construction mais, selon les pécialistes, les découvertes furent moins spectaculaires qu'espérées. Là aussi la façade sera nettoyée. A deux pas de ce chantier, celui entrepris dans les anciens bâtiments de la "Coopérative l'Avenir", à la rue du Rempart, progresse, la façade a été sauvegardée, l'intérieur a été consolidé et parfois reconstruit.

L'Hôtel de Ville est désormais équipé d'un ascenseur permettant aux personnes à mobilité réduite de se rendre dans les salles située à l'étage et, notamment, au Salon de la Reine où sont organisées conférences et réceptions diverses mais aussi dans la crypte pour assister aux réceptions et dîners qui s'y déroulent parfois. Celui-ci a été construit à l'arrière du bâtiment, côté parc communal, et a necessité la construction d'une verrière accolée à la façade s'intégrant, le mieux possible, au style spécifique de la Maison Communale. Grâce à cette amélioration d'accès, c'est désormais la totalité du bâtiment qui est accessible aux personnes handicapées et c'est, bien au-delà des considérations d'ordre esthétique qu'émettent certains puristes, l'aspect le plus important de cette réalisation.

Autre chantier qui devrait débuter bientôt, celui qu'entreprendra la SPW (ex-MET), le service chargé de l'entretien des routes régionales, dès le 6 avril. On devrait procéder à la construction définitive du rond-point dans le carrefour du Viaduc, celui que les Tournaisiens appellent "le rond-point Imagix" puisqu'il a été "provisoirement" installé en 2005 lors de l'inauguration de cette nouvelle salle de spectacle. Constitué d'éléments plastifiés rouge et blanc, il avait, au fil du temps, pris l'aspect d'un point de contrôle comme ceux qu'on rencontrait à Berlin durant la guerre froide. Les travaux débuteront-ils réellement avant Pâques (ou à la Trinité), s'éterniseront-ils comme ce fut le cas pour la construction du rond-point de la chaussée de Bruxelles ? Bien malin qui pourra répondre à ces interrogations car, que ce soit à Hollain, Tournai, Warcoing ou ailleurs, ce ministère brille par un évident manque de qualité et d'efficacité et les délais sont rarement respectés !

24/02/2009

Tournai : l'année 1991 sous la loupe (1)

L'année 1991, sur le plan international, est marquée par l'offensive éclair des troupes dites de la coalition qui, le 27 février, délivrent le Koweït, envahi l'été précédent par son voisin l'Irak de Saddam Husseïn et par la proclamation, le 8 décembre, de la fin de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et la création de la Communauté des Etats indépendants (CEI). 

Se remémorer les évènements qui se sont déroulés durant l'année 1991 à Tournai, c'est à nouveau plonger au sein de la presse locale, dans de (trop) nombreuses pages consacrées aux "faits divers". Le mois de janvier débute par un coup de filet de la police tournaisienne, celle-ci appréhende l'auteur d'un vol perpétré durant la nuit de Noël dans un commerce de la rue Saint-Eleuthère. Des titres, des bijoux, des chèques et de l'argent avaient été subtilisés dans un coffre. Le cambrioleur arrêté, une partie du butin est retrouvée, l'argent avait cependant été totalement dilapidé en moins de deux semaines, une somme estimée à 200.000 Fb ( env. 5.000 Euros) !

Le fait divers suivant n'a pas eu Tournai pour cadre mais deux douaniers de la brigade volante de Tournai pour témoins. Le jeudi 10 janvier, ils effectuent une ronde habituelle aux abords de la frontière. Passant dans le bois d'Howardrie, à moins d'une dizaine de kilomètres de la cité des cinq clochers, ils aperçoivent, dans un chemin forestier, un véhicule qui achève de brûler. En compagnie de la gendarmerie arrivée sur place, ils découvriront trois corps totalement calcinés dans l'habitacle de la voiture. L'enquête fera apparaître qu'il s'agissait d'un couple de chinois et de leur garçon de 3 ans. Etait-ce un accident, un suicide ou un réglement de compte ? La solution viendra de France, le vendredi 15 février, deux chinois résidant à Saint-Amand-les-Eaux sont arrêtés et avouent le meurtre, les commanditaires ont disparu. Il semble que ce triple assassinat trouve son origine dans le milieu de l'immigration clandestine.

Le mardi 15 janvier, vers 5h30, un passant qui promène son chien aux abords du parc communal voit une épaisse fumée se dégager des bâtiments provisoires qui abritent les services administratifs de l'Hôtel de Ville, notamment celui de l'état civil, érigés suite au sinistre de la nuit du 11 au 12 août 1990. Lorsque les pompiers arrivent sur place, les locaux sont totalement embrasés et ils constatent que le Musée d'Histoire Naturelle voisin est menacé par le foyer. Après quelques heures de lutte, les hommes du feu seront maîtres de la situation, toutefois, tout ce qui avait pu être sauvé lors du sinistre précédent est, cette fois, irrémédiablement perdu. Le club de radio-amateurs ON5RC qui entreposait son matériel dans une annexe déplore la perte de celui-ci , son président, Mr. Claude Feihle estime à 500.000 Fb (12.500 Euros), le préjudice subi. Il ne fait aucun doute que, cette fois encore, l'incendie est d'origine criminelle, des traces d'effraction ayant été relevées.

Le mois de janvier sera encore riche en évènements. Le lundi 21 janvier, la gérante de la station-service située au complexe commercial des Bastions est victime d'un hold-up, deux voleurs emportent un somme estimée à 150.000 Fb (env. 3720 uros), trois jours plus tard, le jeudi 24, c'est un homme armé et portant cagoule qui fait irruption vers 19h15, au moment de la fermeture, à peine remise du choc de la première agression, la gérante doit remettre, sous la menace, l'argent qui se trouve dans la caisse. L'homme s'enfuit à pied. Les deux vols ne semblent pas avoir été perpétrés par les mêmes auteurs. Le mardi 29 janvier, c'est la station-service située au boulevard Delwart qui est, cette fois, victime des mêmes faits. Vers 18h40, un individu menace l'employée et se fait remettre une somme de 4.000 Fb (100 Euros). Alerté, le gérant revient de l'arrière du magasin et est aspergé au moyen d'un spray lacrimogène. Profitant de la confusion, le malfrat s'enfuit vers un véhicule au bord duquel l'attendait un complice. Comme le jeudi 14 février se tient, à la rue Saint-Eleuthère, la reconstitution de l'attaque du fourgon postal, en présence de Basjrani mais en l'absence de Patrick Haemers qui proclame ne pas avoir été mêlé à celle-ci, la population tournaisienne commence vraiment à en avoir assez de ces faits commis par des oisifs à la recherche d'argent facile et n''hésitant pas, à blesser ou à traumatiser les victimes de leurs sordides méfaits. ... Dans le prochain article, nous continuerons à nous promener dans le temps au sein de cette année 1991 à Tournai.

09:47 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, hotel de ville, faits divers |

19/02/2009

Tournai : l'année 1990 sous la loupe (2)

Poursuivons l'analyse de cette année 1990, d'autres "faits divers" viendront marquer les esprits. Le samedi 11 août, vers 2h30, un incendie d'origine criminelle détruit les locaux de l'administration communale situés dans le Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville. Les services de l'Etat Civil sont particulièrement touchés, parmi les archives détruites, on trouve des documents datant de 1900, reconstitués après les bombardements de mai 1940. Les dégâts sont estimés à 10 millions de FB (250.000 Euros) mais la perte de ces archives est inestimable. L'enquête diligentée par la police communale mènera à l'arrestation des auteurs de ce méfait. Le mardi 20 novembre, deux facteurs sont victimes d'agressions, l'un à Kain, l'autre à Froyennes. Sous la menace d'une arme, ils doivent remettre leur sacoche, le butin total sera estimé à 70.000 Fb (1.735 Euros), les deux malfaiteurs circulaient à bord d'un véhicule volé à Gembloux et s'exprimaient avec un fort accent picard. La voiture ayant servi aux deux agressions sera retrouvée le lendemain dans la région de Charleroi.

Il n'y a pas que les mauvais garçons qui perturbent la tranquilité à Tournai, la météo joue aussi de vilains tours. Le jeudi 25 janvier, une violente tempête souffle sur le Tournaisis et provoque des dégâts considérables sans toutefois faire de victime. Le service 100 recevra plus de 1.000 appels en quelques heures, tuiles envolées, cheminées écroulées, fils électriques sur la chaussée, catenaires décrochées interrompant la circulation ferroviaire. Les vents ont soufflé à 110 km/h. La tribune debout du Racing de Tournai en a perdu sa toiture et l'église Sainte-Marie Madeleine, sa couverture de la nef. Un mois plus tard, le lundi 26 février, Eole fait encore des siennes, les dégâts les plus importants sont, cette fois, constatés au toit de la clinique Saint-Georges. Pourtant la plus violente des trois tempête arrive la nuit du 28 février au 1er mars, cette fois, elle causera la mort de cinq personnes en Belgique et on avance le chiffre de 20 millions de Fb (500.000 Euros) de dégâts rien que pour l'entité d'Antoing.

 La tempête souffle également à l'institut Saint-Luc à Ramegnies-Chin, les étudiants manifestent leur révolte le mercredi 28 mars. La veille, un de leurs professeurs a été tué en sortant de l'établissement. L'année précédente, c'est un étudiant qui avait été fauché devant l'établissement. Ces deux morts viennent s'ajouter à une, déjà trop longue, série commencée à la fin des années soixante. Ils demandent aux pouvoirs publics d'enfin reconnaître la dangerosité de l'endroit et de prendre de réelles mesures afin de réduire la vitesse des véhicules sur cette longue ligne droite qui débute au virage "Tentalu" (du nom d'une firme qui s'y trouvait) à Ramegnies-Chin pour se terminer à l'embranchement de l'autoroute. Un vent de colère souffle également sur la résidence Cathédrale. Le 29 mars, le Ministre Liénard renouvelle le refus qu'il avait prononcé un an plus tôt. Il n'accepte pas que le permis de bâtir bafoué lors de la construction de l'immeuble soit remanié. Alors que le chantier avait été suspendu par arrêté le 21 février 1988, l'entrepreneur a continué à aménager la construction, une toiture étant venue surmonter l'excroissance contestée. Un tel coup de force ne surprend pas les Tournaisiens, l'homme étant coutumier de tels faits, c'est un fonceur que rien n'arrête ! La tempête souffle également sur le monde agricole, le mardi 25 avril, la circulation est extrêmement difficile à Tournai, en cause, la colère des agriculteurs qui ont organisé une opération "escargot". Durant toute la matinée, les tracteurs rouleront à pas d'homme sur les boulevards de ceinture. La baisse de 25% du prix des céréales alors que le prix du pain ne cesse de monter est à l'origine de leur ras-le-bol. Lors d'une période de crise, c'est toujours le monde agricole qui est le premier touché. La tempête souffle aussi sur le monde de l'enseignement, le lundi 21 mai des piquets de grève interdisent l'accès aux principaux établissements scolaires tournaisiens. Trois mille enseignants défilent dans les rues de la cité des cinq clochers après avoir bloqué les différents accès à la ville dès 7h du matin. La tempête souffle enfin sur le portefeuille des automobilistes, au mois de septembre 1990, le prix des carburants est une nouvelle fois en hausse, l'essence super coûte 33,10 Fb le litre (0,82 Euros), le diésel : 22,50 Fb (0,557 Euros). Le climat économique est mauvais surtout qu'on dénombre pour le Tournaisis au 1er juin 90, 11.511 chômeurs indemnisés (5.222 hommes et 6.289 femmes), soit une augmentation de 398 unités en un an. ... Dans le prochain article consacré au domaine culturel, les propos seront moins pessimistes ou... un peu plus "Optimiste"s...

10/08/2008

Tournai : l'année 1970 sous la loupe (1)

Notre long feuilleton consacré à l'histoire locale de Tournai a débuté le 1er janvier 1950 et nous voici déjà arrivés au début d'une nouvelle décennie : les années septante.

L'année 1970 sera jalonnée de nombreux évènements. Dès la fin du mois de janvier s'ouvre la "Quinzaine du Théâtre National de Belgique". Durant près de deux semaines, elle va offrir spectacles et expositions de qualité, connaissant un énorme succès avant même son ouverture puisque près de 2.000 tournaisiens avaient réservé un abonnement. Le 6 février, au moment de la clôture, on enregistrera plus de 7.800 spectateurs qui participèrent aux représentations du TNB, à celle du Théâtre au Noir de Pragues, au récital de Juliette Gréco. Quelques semaines plus tard, Tournai rendait hommage à un de ses illustres enfants, le peintre Joseph Lacasse dont nous avons parlé dans notre article précédent, en organisant une exposition de ses oeuvres. 

Le 12 mai, en présence du Roi Bauduin et de la reine Fabiola, l'Hôtel de Ville reconstruit est inauguré pratiquement 30 ans, jour pour jour, après sa destruction lors des bombardements allemands de mai 1940. Au cours de cette inauguration, le Ministre des travaux Publics, Jos de Saegher, évoque, devant le Roi, deux sujets brûlants : l'ouverture prochaine de l'autoroute de Wallonie et l'élargissement de l'Escaut pour permettre le passage de péniches de 1.350 tonnes. Ce dernier sujet est suivi avec attention par les habitants des quartiers Nord et Est de Tournai, menacés d'expropriations, en cas de contournement de la ville par le fleuve. Le Roi marque son intérêt pour le projet de création du zoning d'Orcq, créateur d'emplois pour la région tandis que la Reine visite le Musée de Folklore Le jeudi 28 mai, nouvelle visite d'un chef d'Etat à Tournai, cette fois, c'est Mr. Franz Jonas, Président de la République Fédérale d'Autriche qui est reçu dans le nouvel Hôtel de Ville par le bourgmestre, Jean Hachez.

Et les évènements se succèdent, du 11 au 21 juin, la "British Week" transforme la cité des cinq clochers en un faubourg de Londres. Musique miltaire britannique, pub anglais érigé sur la Grand'Place, autobus londonien à double étage parcourant les rues de la cité, véritables bobbies, le sergeant Mac Donald et l'agent Jerry, se mêlant à la foule, groupes de cornemuses, spectacle de mimes du Théâtre Machine de Londres, réceptions organisées par les brasseries anglaises ou les commerçants tournaisiens auquelles participe l'ambassadeur de Grande Bretagne, conférences, drapeau de l'Union Jack flottant dans chaque rue, vitrines de magasins décorées, les artères de Tournai ressemblaient à Carnaby Street et ses parcs à Hyde Park. Les Tournaisiens vivaient à l'heure de Shakespeare, des Beatles et... de la Watneys.

Le lundi 28 septembre, de nombreux ministres sont présents pour l'inauguration du tronçon de l'autoroute de Wallonie compris entre Froyennes et Gaurain-Ramecroix, ils reviendront le 21 décembre pour mettre en service celui reliant Lamain à Froyennes. Le contournement de Tournai est une réalité, désormais, les nombreux poids lourds venant de France pour se rendre dans les carrières du Tournaisis ne devront plus emprunter la Nationale 7, ni les boulevards de ceinture de la ville au grand soulagement des riverains qui retrouvèrent ainsi un peu de tranquilité et beaucoup de sécurité. Dans le prochain article, nous examinerons d'autres évènements qui marquèrent l'année 1970 à Tournai.

26/05/2007

Tournai : l'Hôtel de Ville

Quittons le parc communal dans lequel nous venons de nous promener. En franchissant des arcades, nous débouchons dans la cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville. Cour carrée, pavée, agrémentée de deux pièces de verdures et de fleurs avec en leur centre un petit bassin alimenté par un jet d'eau.

Les locaux administratifs sont logés dans les bâtiments qui ceinturent la cour, hormis le Musée d'Histoire Naturelle. Le bâtiment qui jouxte celui-ci date du 17ème siècle. L'Hôtel de Ville a été installé dans les anciens bâtiments de l'abbaye de Saint Martin vendus en vertu des lois du 16 brumaire de l'an V, 15 et 16 floréal de l'an X. En 1809, le bourgmestre (dénommé maire dans certains écrits d'alors), Mr. de Rasse installa le siège de l'administration municipale dans ces bâtiments.

La description de l'époque faite par Bozière dépeint parfaitement l'édifice que nous pouvons encore admirer actuellement. Nous vous la livrons :"La façade de l'hotel de ville, d'un dessin sévère et harmonieux, se distingue par la grandeur des lignes et la sobriété des ornements. Elle offre à ses extrémités deux avant-corps peu saillants, reliés au frontispice par deux ailes. Ce frontispice est composé de pilastres cannelés, aux chapiteaux en volutes et à festons, surmontés d'un entablement et d'un fronton décoré des écussons de Belgique et de Tournai. Au-dessus règne une attique amortie par des vases d'une restauration récente. D'autres vases et des lucarnes ornées surmontent aussi les ailes de l'édifice".

Détruit lors de la seconde guerre mondiale, le bâtiment a été restauré identique à l'ancien de 1950 à 1969. Il a été inauguré en mai 1970 par les souverains Bauduin et Fabiola. Cette magnifique cour est cependant quotidiennement enlaidie par les véhicules des employés de l'hôtel de ville et des administrés qui viennent pour différentes démarches citoyennes. Ce n'est que lors de la venue de visiteurs importants ou d'hôtes royaux qu'elle se présente sous son meilleur aspect, vidée des voitures ventouses. Alors qu'il existe un important parking toujours vide à 300 mètres à peine, les usagers voudraient probablement entrer dans ce magnifique bâtiment comme on entre dans un service "drive-in".

En ce sanctuaire sont édictées des réglementations, entre autres, concernant le stationnement envahissant dans la ville, ne pourrait-on pas commencer par montrer l'exemple ? Il faut dire que nous vivons une époque où la marche à pied n'est plus considérée comme étant salutaire pour la santé, mais tout simplement synonyme de corvée ! L'intérieur mérite une visite : son hall monumental et le grand escalier menant au premier étage, la salle des mariages et le salon de la Reine, la crypte, le couloir du cloître et la salle où siège le conseil communal rappellent le passé glorieux du lieu.

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne" et recherches personnelles).

09:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, hotel de ville |

24/05/2007

Tournai : le quartier du Parc

Le parc communal est, avec le jardin de la Reine et le parc Marie Louise, un des poumons verts de la ville. Il a été créé sur les terrains de l'ancienne abbaye de Saint Martin qui s'étendait jadis entre la rue Saint Martin, le boulevard Lalaing et la rue du Chambge. C'est à la suite de la révolution française et au décret qui supprima les ordres, congrégations, couvents...que disparut l'abbaye des moines bénédictins.

Les plantations du parc datent du début du 19ème siècle et offrent un panel d'arbres, de plantes et de fleurs. Sa partie basse située au niveau de la place Reine Astrid présentent deux bassins avec jets d'eau qui attirent de nombreux promeneurs en quête de rafraîchissement aux jours de canicules. Les pelouses deviennent alors des lieux de farniente et de bronzage pour des jeunes, parfois peu soucieux du respect de l'environnement ! Dans sa partie haute, sur une pelouse bordée de marronniers, s'élève le kiosque, oeuvre de Simon Roland où, en septembre, le samedi de l'inauguration des festivités locales, la Royale Harmonie des Volontaire Pompiers exécute son annuel "concert de l'karmesse". Celui-ci se termine traditionnellement par un pot-pourri (on dit désormais un medley) des airs et chansons tournaisiennes. Jusqu'il y a quelques années, les membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisiens s'y donnaient rendez-vous pour reprendre en choeur ces chants, véritables hymnes tournaisiens. Hélas, avec la disparition des Lucien Jardez, Marcel Roland ou Anselme Dachy, cette tradition prit fin.

Lorsqu'il réalisa son livre "Tournai, ancien et moderne" Bozière déplorait en 1864 que le projet de placement de grilles ceinturant le parc et permettant de le clore le soir était perpétuellement reporté aux calendes grecques. Ces grilles ont été placées dans les années qui suivirent et ont subsisté jusque dans les années 1980-1990. Désormais, le parc, éclairé le soir, est ouvert à la circulation des piétons. De nombreux bancs offrent la possibilité d'une pause au promeneur qui se laisse alors bercer par le chant des oiseaux qui ont trouvé refuge dans les arbres et haies.

Durant la journée, ii est dommage cependant que de nombreux automobilistes se rendant à l'Hôtel de Ville, tout proche, empiètent sur les pelouses ou sentiers en gravier parce que chercher un parking et faire une centaine de mètres à pied est devenu tellement inconcevable à notre époque. Les autorités communales ont bien tenté de mettre fin à ce qui semble parfois être une invasion, mais après quelques jours de surveillance et la pose de papillons sur les pare-brise, les premiers véhicules sont revenus. Il faut malheureusement être conscient que la zone de police a d'autres chats a fouetter que de faire la chasse à ces irrascibles chauffeurs ! Indifférent à cette agitation, veillant sur cet espace vert, Louis Gallait, statue en bronze de l'illustre peintre tournaisien, semble monter la garde sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville, à quelques pas du Musée des Beaux Arts où ses oeuvres sont présentées au public.