28/09/2016

Tournai : les festivités de septembre (5)

Lundi 12 septembre : la Braderie.

Voici le troisième jour consécutif de sortie pour les Tournaisiens, un nouveau rendez-vous incontournable des festivités locales de ce mois de septembre. L'expression si souvent entendue depuis que cette manifestation existe : "Faire braderie" perd malheureusement, peu à peu, sa signification. Où sont les braderies d'antan ? Où sont les commerçants et surtout les particuliers qui étalaient la marchandise, parfois à même le sol ? Du haut de la rue Saint-Martin à la place Crombez, de l'église Saint-Jacques à celle de Saint-Piat, les chalands se frayaient, jadis, un passage souvent difficile dans une foule composée de milliers d'habitants de la cité des cinq clochers ou venus des villages voisins. Partageant désormais le calendrier annuel avec les soldes d'hiver et celles d'été, la Bazarderie et les Chiffonnades, les marchés aux puces de Froyennes et des Bastions, la braderie n'est plus le moment privilégié pour sortir ses "viés'ries" (vieilles choses auxquelles on n'accorde plus grande valeur) comme on dit à Tournai. Elle est devenue un grand marché !

Jusque dans les années nonante, les administrations, les organismes financiers et les écoles étaient fermées afin de permettre à leur personnel et aux écoliers de participer à ce soutien au commerce local. Alors que nous vivons une période de crise économique et que le commerce souffre tant à l'ombre des cinq clochers, les décideurs des entreprises du secteur privé et les directions d'écoles ne prévoient plus ce jour de fermeture depuis quelques années déjà. Seule l'administration communale continue à soutenir la manifestation en octroyant un jour de congé à son personnel. Les organismes financiers, désormais dans les mains de multinationales, ignorent totalement les initiatives locales pourvu qu'ils conservent la clientèle locale. Comble de la surprise, même des commerçants ayant pourtant pignon sur rue dans la cité scaldéenne profitent de cette journée pour laisser le rideau baissé, comprenne qui pourra !

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On monte les échoppes à la rue de l'Yser

Le matin, dès 6h, venus de Wallonie, de Flandres ou de France, les "bradeux" prennent possession du pavé tournaisien. Comme une peau de chagrin, le périmètre de la braderie se réduit chaque année, les rues Saint-Martin, des Chapeliers, du Bourdon Saint-Jacques ou des Clairisses sont désormais exclues de la manifestation, les rues de l'Yser et du Cygne n'attirent plus la toute grande foule. Même la Grand-Place affiche désormais son visage quotidien !

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Les premiers promeneurs arrivent  à la rue de la Tête d'Or

On se souvient du temps où des fanfares déambulaient dans la foule, où les Gilles de Saint-Piat martelaient les pavés de leurs sabots. On se rappelle, dans la rue de l'Yser, du magasin de fruits et légumes, aujourd'hui disparu, à l'enseigne "Aux Scoubidous", dont le propriétaire Serge Gruielle vendait des dizaines de caisses de raisin tout en présentant Vic Vony et son orchestre ou en amenant le joueur de football, Paul Van Himst, pour dédicacer ses photos. On a encore le souvenir de ces commerçants qui organisaient des jeux, prétexte à présenter leurs produits, attirant de nombreux badauds ravis d's'arrêter un instant et de se distraire. On entend encore les mille sons qui se chevauchaient en une indéfinissable cacophonie. Cette année, si on excepte les micros des bonimenteurs, c'était le calme plat, un peu comme si l'Association des Commerçants faisait déjà le deuil de cette journée, jadis festive. Osons faire la comparaison : c'est au son de nombreux groupes musicaux que les rues de la cité de Clovis avaient été parcourues, la veille, par la procession tandis qu'en ce jour de braderie les passants visitaient Tournai dans un silence propice à la dépression !

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La rue des Puits l'Eau connaît toujours une grande affluence.

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la rue de la Tête d'Or

Cette année, beaucoup d'amoureux du folklore de Tournai ont déploré l'absence du stand de la "Confrérie du Mutiau" qui, habituellement, invitait, à la rue de l'Hôpital Notre-Dame, les Tournaisiens et les visiteurs à déguster cette spécialité tournaisienne accompagnée de la bière éponyme. La braderie de Tournai sans son stand à la gloire du mutiau, c'est un peu la braderie de Lille sans ses traditionnelles moules. On nous dit que les membres de la confrérie avaient fusionné avec le stand d'un service-club, encore fallait-il le trouver ?

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En raison de la chaleur, le marchand de glaces a fait recette.

Heureusement, à côté des commerçants qui participent habituellement au marché du samedi, à côté des pakistanais qui vendent leurs vêtements à 5 euros, il y a toujours les incontournables symboles de la braderie : les bonimenteurs qui vous présentent des produits miracles vus à la télé, des éponges magiques, des coupe-légumes sans effort, des produits pour rendre votre véhicule étincelant ou pour essuyer facilement une vitre. Il y a toujours l'éternel noir vendant son carabouya, il y a encore les membres de la Fondation Follereau et leur stand de la rue de Courtrai où il fait bon se rafraîchir avec une Père Damien tout en n'oubliant pas de repartir avec la confiture-maison, il y a les buvettes tenues par des associations et par de joyeux moines, les barbecues qui fument et les restaurants qui font le plein de clients. 

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Le stand de la fondation Follereau 

Pour cette braderie 2016, le soleil, omniprésent, était accompagné d'une chaleur estivale. Certains se rappelleront ces deux affirmations entendues jadis : le marché aux fleurs du vendredi Saint permettaient aux belles dames d'étrenner leur toilette printanière tandis que la braderie de septembre annonçait presque l'arrivée de l'hiver. C'était, il y a plus de quarante ans, c'était avant le réchauffement climatique ! Autre symbole des temps nouveaux, beaucoup moins réjouissant, chaque accès au périmètre commercial était barré par d'énormes blocs de béton et des barrières Héras, triste constatation mais nécessaire sécurité.

Photos : S et R Van Rompaye, Vincent Dubois

S. T. septembre 2016

 

10/08/2016

Tournai : évolution de la ville lors des dernières décennies (5)

Les années nonante.

De nombreux événements vont marquer cette décennie. Nous les présenterons en quatre catégories principales :

Les  nombreux incendies, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, les disparitions de personnalités et la Fondation Follereau.

Les incendies :

Deux incendies spectaculaires vont avoir raison de la firme "Unisac" située à l'avenue de Maire.

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Le premier éclate au petit matin, le 16 avril 1995 (photo ci-dessus). Durant quelques heures le ciel tournaisien est assombri par une épaisse colonne de fumée noire visible à des kilomètres à la ronde.  

      

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Les installations seront totalement détruites mais le bâtiment sera reconstruit et l'usine qui imprimait notamment des sacs de papier reprendra ses activités sous le nom de "New Unisac".

Ce ne sera pas pour longtemps, hélas, car le 2 janvier 1999, un nouvel incendie criminel détruira définitivement l'entreprise tournaisienne, le personnel qui avait surmonté les restructurations successives et fait face au sinistre précédent ira, malheureusement, grossir les rangs des demandeurs d'emplois. 

Deux incendies toucheront également l'Administration Communale. Le 11 août 1990, vers 2h30 du matin, les bâtiments situés dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville sont en feu. Les services de l'Etat Civil sont particulièrement touchés, des archives inestimables reconstituées après les bombardements de 1940 sont à jamais détruites. Cinq mois plus tard, les locaux provisoires qui abritent ces mêmes services sont une nouvelle fois la proie des flammes. Cette fois, le bâtiment du Musée d'Histoire Naturelle est menacé. 

On notera également les incendies du magasin "Le Roi du Matelas" à Froyennes, d'une pizzeria à la rue Saint-Martin et la tentative criminelle dans une résidence à appartements du quai Sakharov, tous les trois en 1995. En 1997, ce sont les établissements "Blanchitou" à la rue Hautem qui seront détruits par le feu et en janvier 1999, la discothèque "l'Indigo" à la rue Saint-Martin.

Le Cabaret Wallon

Année noire pour les chansonniers tournaisiens, entre  les mois de février 1994 et de janvier 1995, ils vont perdre quatre des leurs :

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Anselme Dachy, le pianiste, avant-dernier à droite de la seconde rangée) décède en février 1994, Jean Leclercq (dernier à droite de la seconde rangée, voisin d'A. Dachy) décède en juillet 1994, Lucien Feron (2ème à gauche de la dernière rangée) nous quitte en octobre 1994 et Eloi Baudimont (2ème à gauche de le première rangée) décède en janvier 1995.

En 1991, le Cabaret avait déjà enregistré le décès de Cyril Delbecq. 

Des divergences de vues au sein de la compagnie quant à la pérennité de celle-ci vont amener la démission du président Lucien Jardez en novembre 1996. Heureusement, grâce à l'arrivée de jeunes pousses, la Compagnie va poursuivre sa route vers son centième anniversaire. Certains la voyaient déjà disparaître !

 

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Autres disparitions enregistrées lors de cette décennie : celle de Raoul Van Spitael, en 1992, qui était bourgmestre depuis 1976, de l'évêque Charles-Marie Himmer en 1994 et de Roger Leveau dit '"Casquette", sans nul doute, le plus connu des supporters du Racing de Tournai, en 1995.

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La fondation Follereau (antenne régionale des amis du Père Damien) :

Voilà une association dont les membres se donnent sans compter afin de venir en aide aux parias de notre société : les lépreux. Depuis les années soixante, on les rencontre à leur quartier général de la Halle-aux-Draps lors du dernier week-end de janvier dans le cadre de la "Journée Mondiale des Lépreux" et on ne peut manquer leur stand à la Braderie de Tournai installé alors en face de la teinturerie Godet. Durant cette décennie, les membres de la fondation vont multiplier les actions au service des malades de la lèpre. Ils tisseront des liens d'amitié avec la léproserie d'Abou Zabaal près du Caire où iront travailler chaque année de nombreux bénévoles comme ils l'avaient fait depuis les années septante pour la léproserie de San Francisco de Borja à Fontilles en Espagne. Ils accueillent des résidents du centre espagnol à l'ombre des cinq clochers.

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Le 8 octobre 1999, les membres de la fondation seront en émoi car des individus peu scrupuleux ont volé le buste de Raoul Follereau installé près de la chapelle Saint-Lazare (ou chapelle des Lépreux) inauguré en décembre 1997. 

Nous ne pouvons terminer ce rappel de la décennie nonante sans évoquer deux noms de Tournaisiens qui restent à jamais gravés dans la mémoire collective :

Bruno Méaux, para-commando assassiné avec neuf compagnons d'armes à Kigali en avril 1994 et Sabine Dardenne enlevée sur le chemin de l'école par un pervers le 28 mai 1996 et qui sera retrouvée 80 jours plus tard. 

(documents photographiques : photos remises par Jacques de Ceunink, photos tirées de la presse locale, collaboration appréciée de Jean-Paul Foucart).

S.T. août 2016.

14/09/2014

Tournai : les journées du patrimoine 2014

La caserne Baron Ruquoy et le souvenir du premier conflit mondial.

Cette journée du samedi 13 septembre a débuté un peu avant dix heures du matin. Comme le thème de ces "Journées du patrimoine" était, cette année, consacré au centenaire de la guerre 1914-1918, nous avions convenu de nous retrouver à la rue de la Citadelle, face à la caserne Ruquoy.

Des petits groupes emmenés par un guide militaire ou ancien militaire pénétrèrent dans l'enceinte ordinairement bien gardée et interdite au public après avoir entendu un exposé sur l'historique du lieu. D'abord citadelle française édifiée par Vauban sur ordre de Louis XIV, ensuite citadelle hollandaise sur une étendue un peu plus restreinte et enfin caserne depuis l'indépendance de la Belgique, ces bâtiments abritèrent le célèbre "Troisième Chasseur à pied", mieux connu des Tournaisiens sous le nom de "3 Chass". La caserne porte le nom du Général Louis Hubert Ruquoy, né à Frasnes-les-Buissenal, le 3 novembre 1861, affecté au Troisième Chasseur à pied, le 26 mars 1913, commandant du régiment, le 26 juin 1914, décédé à Braine l'Alleud, le 24 janvier 1937.

La première visite est consacrée à la reconstitution, grandeur nature, d'une tranchée allemande du front de l'Yser qui débouche sur un no man's land garni de barbelés et miné. Ce travail minutieux de reconstitution a pris trois mois à celui qui l'a réalisé. Les visiteurs découvrent ensuite la cour d'honneur où des générations de soldats ont appris le drill. Trois des quatre coins du quadrilatère central sont occupés par des monuments. Le premier rappelle le souvenir de l'officier Rademaekers, mort sur le front de l'Yser. Le second est élevé en mémoire des 1026 morts des compagnies de troupes de transmission et par extension à celle de tous les morts de ce qu'on appelait anciennement l'Ordonnance et qu'on nomme désormais la Logistique. Le troisième est une statue du "Petit Chasseur", si cher au cœur des Tournaisiens. Le militaire qui a posé pour le sculpteur était, tout comme lui, natif de Gaurain. On dit qu'il n'était pas mécontent de participer à ces longues séances de pose qui lui permettaient d'échapper aux corvées traditionnelle de la vie militaire.  

La visite nous amène ensuite dans les cachots. L'un d'entre eux a été transformé pour l'occasion en mémorial aux sept victimes civiles fusillées lors de la guerre 1914-1918 pour détention de pigeons. Sur les murs blancs d'un autre cachot, on peut découvrir une fresque dessinée par un prisonnier, dessins représentant quatre femmes dont l'une d'elle peut aisément être identifiée comme étant la comédienne Arletty. Ces cachots aux murs chaulés étaient  totalement dépourvus de confort car uniquement composés d'une simple planche inclinée servant de lit et d'une seau hygiénique. Ils étaient privés de lumière naturelle. Ils ont été utilisés jusqu'au début des années septante.

Tout aussi émouvante sera la visite au "Mur des Fusillés", situé le long de l'enceinte du côté de la rue Despars. A cet endroit, sept élèves de terminale de l'Athénée Jules Bara présentent un petit spectacle mis en scène avec la collaboration de leur professeur d'Histoire, Mme Decuyper. Brève évocation de la disparition d'un de ces hommes dont le nom figure sur le mémorial élevé juste après la première guerre, un patriote qui renseignait les alliés sur les mouvements des troupes dans la région par l'envoi de pigeons voyageurs.

Dans la cours principale, des collectionneurs de matériel militaire venant de Belgique et de France présentaient, dans des containers, de nombreux objets de leurs collections, tandis que des véhicules utilisés durant la seconde guerre mondiale étaient également exposés. Dans le bâtiment du B.M. 29, de nombreuses vitrines permettent de se replonger, une fois encore, dans les souvenirs du premier conflit mondial.

Les visiteurs avaient ensuite la possibilité de découvrir les remparts de la citadelle ainsi que les souterrains grâce aux "Amis de la Citadelle" qui œuvrent depuis quelques années pour la conservation et la découverte de ces témoignages du passé militaire de la ville des cinq clochers.

Il était près de midi, lorsque la visite se termina.

L'athénée Royal Jules Bara.

Quelle émotion de retrouver, l'après-midi, un bâtiment quitté il y a près de quarante-cinq ans. Guidé par des professeurs d'Histoire, on eut l'occasion de redécouvrir une chapelle magnifiquement restaurée, il y a une vingtaine d'années. On oublie parfois que ce sont les Jésuites qui créèrent cet établissement bien avant d'en être chassés par la Révolution française. Devenu par la suite "collège Saint-Paul", il fut transformé en Athénée sous le régime hollandais. Il est le plus vieil Athénée de Belgique. Les bâtiments, entièrement rénovés ces dernières années, accueillaient environ 450 élèves durant les années soixante et septante avant de voir ce nombre porté à près de 1.000 durant les années nonante. Actuellement, il compte environ 590 élèves. 

On arpenta les locaux fonctionnels du sous-sol au grenier. Dans les caves subsistent les catacombes, septante niches avaient été créées pour recevoir les corps des Jésuites, une trentaine étaient occupées lors de la remise en état du lieu. A proximité, une grande cave, fermant par une porte étanche, servait d'abri lors des bombardements de 1940 et 1944, il y avait là une de pièce de décontamination avec douches (car on redoutait le gaz utilisé en 1914) et le PC de la Défense passive.

La visite se terminait par une évocation des journées du 24 août élaborée par des élèves de la classe d'Histoire de Mme Decuyper, décidément fort sollicitée en ce début d'année scolaire. Sur le sol de la chapelle, un jeu de l'oie intitulé "le mystère du tertre" permettait de rappeler le sacrifice des soldats territoriaux de Vendée commandés par le Général Antoine de Villaret et le commandant Delahaye, héros des combats de la journée du 24 août 1914 à Tournai.

Quand nous sortîmes, deux heures venaient de s'écouler, deux tours d'horloge durant lesquels, Histoire locale et nostalgie, intimement mêlées, furent au rendez-vous.

La grande procession historique

Le samedi soir, à l'issue d'un office en la cathédrale célébré par l'évêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny et rehaussé par l'accompagnement musical de la Maîtrise et des grandes orgues, le bourgmestre Rudy Demotte venu avec les représentants des corporations et leurs bannières remit au responsable du diocèse la clé de la Ville, perpétuant ainsi un geste datant du Moyen-Age. Par cette action symbolique, autorisation était officiellement donnée à la procession de parcourir les rues de la cité, le dimanche matin.

Instituée par l'évêque Radbod en 1092, la procession a toujours parcouru les rues de la ville durant la matinée. C'est lors du huitième centenaire de sa sortie, en 1972, que le comité prit l'initiative de la déplacer durant l'après-midi. Depuis l'année dernière, la décision a été prise de revenir à la tradition et c'est, à nouveau, à dix heures que le cortège quitte la place de l'Evêché. Si ce changement d'horaire a permis de sérieusement étoffer les groupes aux costumes chatoyants, il a également révélé que les spectateurs, habituellement massés le long du parcours, font sans doute la grasse matinée. Il en est même qui vinrent l'après-midi ignorant probablement le changement intervenu l'année dernière. A notre avis, la procession souffre d'un déficit de publicité hors les murs de la cité et de nombreuses paroisses du diocèse la boudent pour Dieu seul sait quelle raison ! Les responsables doivent penser que le matin, le Tournaisien est retenu au lit et que l'après-midi, il a bien du mal de... sortir de table ou d'écourter sa sieste ! Paresse et gourmandise semblent faire bon ménage à l'ombre des cinq clochers.

La braderie de l'association des commerçants.

Ce lundi 15 septembre, il faudra encore se lever de bonne heure si on veut participer à la Braderie qui débute à huit heures pour se terminer à dix-huit heures. Commerçants locaux et ambulants vont occuper le pavé. Il faudra se munir d'une excellente paire de chaussures de marche car cette année, le "chineur" devra affronter des tronçons en chantier mais cela ne va certainement pas altérer l'enthousiasme des "bradeux" et nous pensons particulièrement aux joyeux drilles de la "Guilde du Mutiau et de la Mutiau" installés à la rue de l'Hôpital Notre-Dame et aux dévoués membres de la "Fondation Follereau", section locale des Amis du Père Damien, qui, eux, nous donnent rendez-vous à la rue de Courtrai et à la rue de la Wallonie. Au-delà des bonnes affaires, la braderie est aussi l'occasion de régaler le palais.

Je me souviens que les anciens disaient que la braderie de Tournai était la dernière occasion de se distraire à l'ombre des cinq clochers avant que n'arrive l'hiver. Déjà qu'on n'a pas eu d'été !

(S.T. septembre 2014) 

 

26/08/2013

Tournai : l'année 2007 sous la loupe (4)

Si les neufs premiers mois de l'année 2007 ont été plus ou moins calmes en ce qui concerne l'actualité, dans les divers domaines, les événement se sont bousculés au cours du dernier trimestre.

Octobre.

En ce lundi 1er octobre, la presse annonce qu'un incendie probablement d'origine criminelle a détruit entièrement les bâtiments de l'ancien lavoir "Le Cygne", à la rue Trenchon à Esplechin. plusieurs foyers y ont été découverts.

Le mercredi 3 octobre, vers 6h du matin, un bruit ressemblant à une explosion surprend les habitants de la place Paul Emile Janson et du piétonnier. Une puissante voiture vient de défoncer volontairement la vitrine du magasin Lambert. En peu de temps, de nombreux vêtements sont emportés par un homme jeune portant cagoule. La voiture démarre en trombe vers la rue du Curé Notre-Dame. Les témoins parlent de la présence de trois personnes dont une femme. A peine une semaine auparavant, c'est un magasin de la rue du Curé Notre-Dame qui avait connu pareille mésaventure. En 2005, 510 vols ont été commis dans les commerces tournaisiens, en 2006, le nombre s'est élevé à 706. Parmi ceux-ci, 76 ont eu pour cadre les environs immédiats de la cathédrale et de la place Saint-Pierre, 16, la rue Royale et 29, la Grand'Place.

Le Circuit Franco-Belge, course cycliste pour professionnels organisée par le Cazeau Pédale de Templeuve, se termine, le dimanche 7 octobre sur le forum tournaisien. Le coureur belge Geert Steegmans remporte l'ultime étape et s'adjuge également le classement final devant Mark Cavendish et Philippe Gilbert.

Le Conservatoire de musique devient peu à peu le monstre du Loch Ness tournaisien. Depuis des années le bâtiment (surnommé avant-guerre le "tambour à pattes") se dégrade lentement et, à de multiples reprises, les travaux de rénovation ont été annoncés. Cette fois, on est certain, la rénovation intérieure et extérieure aura bien lieu en...2009. C'est du moins ce qui est écrit dans la presse en ce mois d'octobre 2007.

Spectacle de désolation au centre-ville, au petit matin du 11 octobre. Durant la nuit, vers 0h30, on ne sait pour quelle(s) raison(s), un chauffeur polonais amène son semi-remorque dans les rues du centre-ville pourtant interdites à la circulation à ce type de transport. Il commence par percuter des véhicules en stationnement dans la rue de Courtrai. Arrivant à l'angle de la place Paul Emile Janson et de la rue Soil de Moriamé, le puissant véhicule grimpe sur le trottoir et arrache le mobilier urbain, des arbustes, des blocs décoratifs en pierre dont l'un pèse plus de deux tonnes ainsi que les panneaux didactiques qui ceinturent le chantier de la cathédrale. A moindre d'être dans un état second, le chauffeur a normalement été forcé de se rendre compte des dégâts qu'il venait de commettre, néanmoins, il poursuit sa route imperturbablement et arrache de nouveaux panneaux touristiques dans la rue des Chapeliers. Les contrôles effectués par la police arrivée sur place révéleront que l'homme n'était pas ivre. Doit-on mettre ce rodéo sur le compte de l'énervement ou de l'abus d'autres substances que l'alcool ?

Le samedi 13 octobre, la salle la Fenêtre, à la rue des Campeaux, affiche complet pour la soirée des "Insolents". Leur invitée d'honneur n'est autre que Marie-Christine Marghem qui en surprend plus d'un, non seulement pour son sens de la répartie (on sait qu'elle exerce la profession d'avocat) mais aussi par son talent extraordinaire de chanteuse.

Surprenante découverte à l'avenue Bozière lors de travaux d'égouttage, les ouvriers exhument une série d'éperons plantés au sein de l'enceinte communale, ceux-ci sont situés face au rempart Lenglez, de l'autre côté de la voirie.

Le dimanche 21 octobre sera marqué par une tragédie de la route. Sur l'avenue Montgomery, le long de la plaine des Manœuvres, une puissante voiture immatriculée en France heurte un véhicule en stationnement régulier. Le choc est terrible, le véhicule tamponné est littéralement coupé en deux à hauteur des sièges avant et une des parties est projetée à soixante mètres du point d'impact. Le véhicule tamponneur, quant à lui, heurte un poteau d'éclairage qui est cisaillé et termine sa course dans une façade. Les secours vont désincarcérer les trois occupants blessés, l'état d'un d'entre eux inspire les plus vives inquiétudes. Ces jeunes revenaient d'une soirée bien arrosée et le conducteur (qui avait bu un peu moins que les autres) ne possédait pas de permis de conduire. Il y a bien longtemps que les nuits de week-end sont redoutées par les membres des différents services de secours.

Au cours de ce mois d'octobre, une figure populaire tournaisienne a définitivement quitté cette cité des cinq clochers qui l'avait adopté et qu'il aimait tant, François Sinke, mieux connu sous le surnom de "François du bateau", poissonnier sur le quai du Marché au Poisson est décédé à la veille de son 71e anniversaire. Venu de Hollande, il s'était à ce point intégré dans sa ville d'adoption qu'il en était devenu un des guides touristiques faisant découvrir, avec son épouse, le riche patrimoine tournaisien principalement aux touristes de langue néerlandophone.

Le 29 octobre, la salle de la Halle-aux-Draps est comble pour accueillir les "King's Singers" dans un concert "a cappella" programmé par les responsables de la Maison de la Culture. Le public ne ménage pas ses applaudissements à cet extraordinaire ensemble anglais qui se produit dans le monde entier depuis plus de trente ans.

Le mois d'octobre va, hélas, se terminer par une nouvelle tragédie de la route. Des travaux ont lieu sur l'autoroute E42, à hauteur de Froyennes, la circulation est canalisée sur une seule bande et dès l'embranchement des autoroutes venant de Mons et de Bruxelles des files se forment. Un camion chargé de gravier déboule à pleine vitesse, son chauffeur remarque trop tard la file de véhicules et écrase littéralement les deux dernières voitures contre le camion qui les précédait. Ce drame fera trois victimes, les occupants des deux autos et deux blessés graves, les chauffeurs des camions. Un nouveau drame de la vitesse mal adaptée ou bien celui de transporteurs astreints à des cadences infernales pour des questions de rentabilité, l'obsession des dirigeants d'entreprises de notre époque dans l'impitoyable guerre que se livrent les différents acteurs de la vie économique. Toute la circulation est déviée par les boulevards de ceinture ce qui provoque une importante pagaille autour et dans la ville.

A la fin du mois d'octobre, après neuf rencontres de championnat de Division 2 nationale, le Football Club de Tournai occupe une peu glorieuse avant-dernière place. Avec un actif de huit points, ils précèdent Geel (4 pts), l'autre montant de division 3. Ces piètres résultats sont certainement à l'origine de la démission de l'entraîneur français, Jean Marc Varnier.

Novembre.

Au début du mois de novembre; la presse locale consacre un long article à Clément Holvoet, un jeune musicien tournaisien qualifié pour la finale du "Dexia Classics" de violon. Il s'y produira dans des œuvres de Mozart, Wienieski et Devreese.

La Maison de la Culture a programmé, en ce milieu de mois, un concert des "Ogres de Barback", une salle comble et conquise accueille les groupe de chanteurs engagés.

Le jeudi 22 novembre, nouveau succès pour les responsables de la programmation de la Maison de la Culture. Il n'y a plus moyen de trouver une seule place libre dans la salle Jean Note pour la venue de Julien Clerc. C'était un temps où les responsables de la Maison de la Culture, avec un choix universel, pouvait satisfaire l'ensemble du public tournaisien, ils en avaient encore les possibilités 

Le samedi 24 novembre, on a de nouveau refusé du monde pour le "Festival des Imitateurs" de Tournai, cher à André Michel. Le Luron d'or de l'imitation est décerné au français Yann Janet tandis que la vedette invitée n'est autre que l'humoriste belge Virginie Hocq. Les bénéfices de cette soirée vont à la fondation Follereau, antenne de l'action Damien à Tournai et au home pour personnes handicapées adultes "Valère Delcroix".

Le même jour, l'ASBL Michaël organise son concert annuel, celui-ci se déroule en l'église Saint-Brice. "Chœurs et Cuivres" permet d'entendre l'ensemble vocal du Conservatoire de Tournai sous la direction de Michel Jakobiec et l'orchestre des cuivres dirigé par Thierry Cuvelier. Plus de 300 personnes sont présentes pour cet événement philanthropique. 

En cette fin du mois de novembre, deux événements sont encore à noter. Tout d'abord le soulagement pour les habitués du magasin G.B de la rue de la Tête d'Or. On apprend, en effet, que, dès le 3 janvier 2008, un franchisé reprendra la moyenne surface ouverte en 1962 et que tous les travailleurs conserveront leur emploi. Il y a également la découverte d'une seconde tombe au sein de la cathédrale Notre-Dame. Est-ce celle de l'évêque Hugues ou de Radbod II ? A ce moment-là, on sait qu'elle est postérieure à celle de Baudouin 1er découverte précédemment, la dalle funéraire est de meilleure facture mais le squelette est moins bien conservé.

Décembre.

En ce mois de décembre, on évoque le futur transfert des résidents du home Saint-Georges pour personnes âgées vers le site de la Verte Feuille programmé pour la fin de l'année 2008. A cette époque, la direction souhaite démolir des bâtiments afin d'en reconstruire de plus modernes.

A la mi-décembre, alors que Thierry Pister a pris la succession de Jean Marc Varnier, après quatorze rencontres disputées, le Football Club de Tournai occupe toujours l'avant-dernière place du classement, au sein de ce championnat de division 2 qu'il découvre, le club a remporté quatre victoires, réalisé trois partages et perdu à huit reprises. Avec 12 points, le club précède Geel de cinq unités. 

Le "Concert Viennois" mis sur pied par la Confrérie des Cinq Clochers au profit de l'enfance défavorisée du Tournaisis recueille son habituel succès. 

(sources : le Courrier de l'Escaut, le Nord-Eclair et souvenirs personnels).

S.T. août 2013 

08/07/2013

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (1)

Depuis la création de ce blog en avril 2007, nous avons déjà eu l'occasion de feuilleter la presse locale des années 1900 à 2005. Nous continuons la rétrospective des évènements qui ont rythmé la vie tournaisienne dans le domaine politique, sportif, culturel et des faits divers en abordant cette fois l'année 2006. Sept ans nous séparent de celle-ci mais certaines informations nous semblent déjà si lointaines ou ont peut-être déjà été oubliées.

La présentation a volontairement été bouleversée, nous suivrons une progression chronologique mais, afin de ne pas raviver des blessures récentes chez des lecteurs directement concernés par ceux-ci, certains faits dramatiques comme les suicides, les morts par overdose ou les accidents de la route seront volontairement omis. Ce serait, à mon sens, du voyeurisme de bas-étage.

2006 dans le monde et en Belgique.

Comme nous en avons pris l'habitude, il est important de remettre les évènements qui marquèrent l'actualité locale dans le contexte de ce qui s'est passé dans la monde ou en Belgique. Les sportifs se rappelleront que cette année 2006 a été celle de la Coupe du Monde de football disputée en Allemagne et remportée par l'Italie face à la France. On se souviendra aussi que le maître à jouer français, Zinedi Zidane, a quitté la partie... sur un coup de tête. 

Parmi les personnalités décédées durant ces douze mois, retenons les noms de Wilson Pickett (64 ans), véritable légende américaine de la soul-music, de Benno Besson (83 ans), metteur en scène suisse bien connu des habitués de la Maison de la Culture de Tournai où furent souvent programmées ses créations, de Jean Roba (75 ans), dessinateur belge, père de Boule et Bill, de Ferenc Puskas (79 ans), légende du football hongrois et d'Augusto Pinochet (91 ans), ancien dictateur chilien.

La convention relative aux droits des personnes handicapées est adoptée le 13 décembre 2006 au siège de l'ONU. C'est le premier grand traité du XXIe siècle en matière des droits de l'homme. 

En Belgique, l'alerte à la grippe aviaire amène l'obligation de claustration des volailles de février à mai. C'est aussi l'année de l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer sur les lieux de travail et celle du meurtre de Jo Van Holsbeek, le 12 avril, en pleine gare centrale de Bruxelles, par deux jeunes qui voulaient s'emparer de son baladeur numérique. Deux semaines plus tard, une marche blanche en sa mémoire réunira près de 80.000 personnes dans les rues de la capitale.  

Janvier . 

En ce tout début d'année 2006, on apprend que la ville des cinq clochers compte 67.500 habitants, c'est environ 300 de plus qu'au 1er janvier 2000. Ceux-ci sont répartis sur un territoire de 214 km2, la densité de population est donc de 315 habitants/km2. Pourtant sans bouger de chez eux, en ce début d'année, près de 15.000 Tournaisiens vont devoir modifier leur adresse, conséquence d'un changement de dénomination des noms de rues afin de satisfaire les exigences des services postaux en évitant que plusieurs villages de l'entité tournaisienne ne portent le même nom, exemple : rue de l'Yser à Tournai-Ville et à Kain, rue du Château à Tournai-Ville et à Ere et les très nombreuses rues des Combattants, de la Place ou du Curé... Pour rappel, cette situation dure depuis la fusion des communes intervenue au... 1er janvier 1977, vingt-neuf années plus tôt. Mieux vaut tard que jamais !

Un duo de Tournaisiens fait parler de lui dans la capitale française, Les "Okidoks", Benoit Devos et Xavier Bouvier (voir article qui leur est consacré dans ce blog) prolongent leur spectacle débuté le 29 novembre au Ranalagh jusqu'au 20 janvier. A Paris, c'est environ 700 spectateurs qui assistent à chacune des représentations, un succès mérité. 

Deux politiciens de sensibilités différentes, Pol Olivier Delannoy (PS) et José Lericque (CDH Estaimpuis) initient une conférence de soutien à Ingrid Bétancourt, otage détenue en Colombie. 

Tournai a déjà souvent servi de décor à des téléfilms, en ce mois de janvier 2006, la RTBf va débuter le tournage d'une série intitulée "Septième ciel Belgique", un feuilleton sur fond d'astrologie dont les extérieurs auront pour décors différents quartiers de la ville, même la salle des Concerts sera utilisée. 

Toujours en ce mois de janvier, à l'initiative du service club Richelieu, une première aventure de Martine, l'héroïne de BD créée en 1954 par Marcel Marlier et Gilbert Delahaye est traduite en picard grâce au talent de Bruno Delmotte. "Martine à l'cinse" permettra peut-être aux jeunes (et moins jeunes) de sa familiariser avec le patois, une langue qui fut (trop) longtemps décriée dans les milieux de l'enseignement, considérée comme trop populaire.

Culture et humour font souvent bon ménage, le 19 janvier "Le Jeu des Dictionnaires-La Semaine Infernale", une émission radiophonique animée par Jacques Mercier, fait escale à l'école des Frères. Les bénéfices de cette soirée sont destinés à la Fondation Follereau de Tournai, organisatrice de l'évènement. 

Le 21 janvier, la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps affiche "complet" pour la première représentation des "Filles, Celles Picardes", un cabaret patoisant au féminin alliant charme, chansons et comédie, tout le monde se dit que cette joyeuse troupe a de beaux jours devant elle. 

Rire encore le 25 janvier à la Maison de la Culture qui accueille dans la salle Jean Noté, l'humoriste d'origine algérienne Fellag et son spectacle d'auto-dérision, "Le dernier chameau". 

Un fait divers tragique se déroule la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 janvier, l'immeuble situé au n° 21 de la rue de la Ture est la proie des flammes, son habitant y perd la vie, Alain Leroy, employé des services du Cadastre à Bruxelles est bien connu à Tournai. A la fin des années soixante, il fut le chanteur de l'orchestre les "Aigles Stars" animant de nombreuses soirées dansantes régionales.

Février .

Le mois de février s'ouvre par la présentation d'un important projet, celui de la construction d'un nouvel hôpital sur le terrain de l'Union, club de football ayant émigré à Kain suite à la fusion avec le Racing pour donner naissance au Football Club de Tournai. Les travaux devraient débuter dans le courant de cette année 2006.

La Maison de la Culture accueille quatre acrobates et deux musiciens dans un spectacle dénommé "Tangentes", une création de Mathieu Bolze.

Un fait divers sordide a pour cadre la place Saint-Pierre. Durant la nuit du 10 au 11 février, un habitant de Brunehaut, sorti d'un café pour passer un appel téléphonique, est enlevé par les occupants d'un véhicule immatriculé en France. Délesté de tout ce qu'il possédait, il a été éjecté de la voiture quelque part dans le Nord de la France et est rentré à Tournai en stop avant d'aller conter sa mésaventure à la police. 

Dans son local d'alors, le café Le Trianon à la chaussée de Frasnes à Rumillies, la troupe du "Bistrot Patoisant" souffle ses dix bougies lors des représentations qui se tiennent durant ce deuxième mois de l'année. 

Un autre café, dans le quartier Saint-Piat, est à la une de la presse locale pour d'autres raisons beaucoup moins festives. Il est tout simplement le coeur d'un vaste trafic de drogues et faisait l'objet d'une surveillance discrète depuis de nombreuses semaines par le S.E.R. (Service d'Enquêtes et de Recherches). Lors d'une descente de police des armes sont également découvertes et cinq personnes sont arrêtées.

Mars.

Au début du mois de mars, un chantier démarre en haut de la rue Perdue, à l'emplacement de l'ancien théâtre communal détruit par les bombardements allemands de mai 1940. Ce terrain abandonné pendant plus de soixante ans, jamais reconstruit et où croissaient les herbes folles, a servi, durant tout un temps, de parking pour les agents d'un bureau syndical installé en face. On va y ériger une résidence-services pour personnes âgées qui prendra le nom de "Résidence du Théâtre".

La presse annonce l'arrestation d'un escroc international. Parmi un panel de délits, il avait notamment fait croire aux responsables du club de basket de Division I, le "B.C Tournai", en difficultés financières, qu'il allait éponger les dettes. L'homme est un habitué des tribunaux, il se déclarait aussi être le grand patron d'une radio privée.

Le lundi 6 mars, le propriétaire de l'armurie située dans la rue de l'Hôpital Notre-Dame est réveillé, vers 5h45, par un énorme fracas, le volet de fer qui protège sa vitrine vient d'être arraché par un véhicule. Arrivé dans le magasin, il tombe nez à nez avec des malfrats encagoulés qui sont occupés à faire main basse sur des armes de poing, une imitation de kalachnikov tirant des billes et un fusil à lunette. Abandonnant au milieu de la rue le véhicule immatriculé en France qui leur avait servi pour pénétrer dans l'armurerie, ils fuient au volant d'une Porsche Carrera de teinte noire. Celle-ci sera retrouvée quelques heures plus tard à Esplechin, à deux pas de la frontière française. 

Quelques jours plus tard, la nuit du 15 au 16 mars, une voiture signalée volée en France est repérée à proximité du boulevard Léopold. Deux individus s'enfuient et trouvent refuge dans les locaux abandonnés de l'ancien Casino et dancing Le Paradise. Les forces de l'ordre cernent le vaste immeuble et appellent les pompiers pour venir éclairer les lieux au moyen de puissants projecteurs. La fouille du véhicule laisse apparaître qu'il s'agit probablement des auteurs du casse de la semaine précédente dans la rue de l'Hôpital. Dans le coffre rempli d'armes, on retrouve des cagoules, des gants et également une écharpe noire comme celle portée par un des malfrats aperçu par l'armurier. Il apparaît vite que ces deux individus ont également commis de nombreux méfaits en France.

Les 8 et 10 mars, la Maison de la Culture accueille la pièce "Mesure pour Mesure" de William Shakespeare dans une mise en scène de Philippe Sireuil. 

Le 15 mars, au Palais de justice, se déroule, en soirée, un (faux) procès, celui fictivement intenté à la langue française qui attire, en deux séances, la toute grande foule. "Impro Justitia" est une pièce dans laquelle on retrouve, parmi d'autres, les humoristes Bruno Coppens et Virigine Hocq, Dieudonné Kabongo... et maître Pannier dans son propre rôle d'avocat.

En cette seconde partie du mois de mars 2006, la presse locale révèle que les Ateliers Louis Carton (ALC) situés à la chaussée d'Antoing qui occupent encore trente-cinq ouvriers et vingt employés sont passés dans le giron du groupe Socom Metallurgy basé à Marcq-en-Baroeul dans le Nord de la France.

La nuit du jeudi 23 au vendredi 24 mars, à la résidence Marcel Carbonnelle, une main criminelle boute le feu à deux garages situés en sous-sol. L'incendie est à ce point important que les fumées envahissent les immeubles situés au n°114 et 119. Il faut rapidement évacuer leurs habitants vers l'école communale toute proche. Maîtres du sinistre, les pompiers autorisent les locataires à regagner leurs appartements vers 1h30. Hélas, cet incendie fera indirectement une victime. Retournant dans le noir, un homme est tombé dans une bouche d'évacuation du parking souterrain ouverte pour dissiper les fumées. Gravement blessé, il décèdera à l'hôpital dix jours plus tard. 

Dans l'optique du prochain Carnaval de Tournai, le vendredi 24 mars se tient l'élection du Roi Carnaval, ils sont pas moins de vingt candidats issus de différentes confréries à briguer ce titre éphémère. Le samedi 25, les "carnavaleux" envahissent les rues de Tournai. Un des héros de celui-ci, "l'Bourguémette" (le bourgmestre) Pierre Vandenbroeck qui déclare avec la sobriété qu'on lui connaît : "Un p'tit pas pou l'bourguémette, un grand pas pou tous les rambiles" (la confrérie dont il est issu). 

(sources : presse local de l'année 2006).

S.T. juillet 2013

 

28/01/2013

Tournai : les festivités de février

A la lecture de l'agenda des festivités, on ne se rend pas compte que le mois de février est le plus court du calendrier.


Samedi 2, Salle la Fenêtre, 20h, "Les Nouvelles de l'Espace", en invité Rudy Demotte, l'actualité nationale et locale passée à la moulinettes avec humour et une petite pointe d'autodérision.

Mardi 5, Auditoire du Séminaire, 13h45, "Le triple désastre du 11 mars 2011 au Japon, le début d'une nouvelle ere ?" conférence par Dimitri Van Hoverbeke dans le cadre du cycle Connaissance et Vie d'Aujourd'hui.

Mercredi 6, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "le Mouton et la Baleine" par la Cie entre chiens et loups/Yasmina Douieb.

Jeudi 7, Maison de la Culture, "les Mosaïques de Ravenne, splendeur et enchantement" conférence par Monique Parmentier-Speck dans le cadre de l'Université du Temps Disponible. 

Vendredi 8, Halle-aux-Draps, 20h, "L'ormisse à nuef", spectacle patoisant des Filles, Celles picardes.

Samedi 9, après-midi, le carnaval de Kain.

Samedi 9, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 16h, "la petite Evasion" par le Théâtre de la Guimbarde/Théâtre de l'Ephémère. Spectacle familial avec Roland Denayer, Cachou Kirsch, Olivier Prémel.

Samedi 9 et dimanche 10, Tournai Expo, "Journées internationales de l'Elevage et de l'Agriculture de Tournai", Marché fermier, show équestres, expos...

Samedi 9 et dimanche 10, Halle-aux-Draps, "GénéaTournai", salon de la généalogie, organisé par les Amis de Tournai

Dimanche 10, Halle-aux-Draps, 15h, "L'ormisse à nuef", spectacle patoisant par les Filles, Celles picardes.

Dimanche 10, Maison de la Culture, 16h, "Franck Michaël" en concert.

Vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17, Tournai Expo, salon "Brocante, Antiquités et Collections".

Samedi 16, Vaulx, salle Pas du Roc, départ du cortège "Carnavô", le carnaval de Vaulx.

Samedi 16, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "Roberto Bellarossa", lauréat de "The Voice Belgique 2012" en concert. 

Samedi 16, 20 h et dimanche 17, 15h, Halle-aux-Draps, "L'ormisse à nuef", spectacle patoisant par les Filles, Celles picardes

Mardi 19, auditoire du Séminaire, 13h45, "Les Réseaux sociaux, toujours innocents ?" par Olivier Bogaert de la Computer Crime Unit dans le cadre du cycle Connaissance et Vie d'Aujourd'hui. 

Mercredi 20, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "Les Enfants de Jehovah" par la Cie Artra/Fabrice Murcia, avec Cécile Maidon, Magalie Pinglaut, Anne Rousseau...

Jeudi 21, Maison de la Culture, "Schisme ou rapprochement des attitudes politiques en Flandre et en Wallonie", conférence par Yves Dejaeghere, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 22, Halle-aux-Draps "Souper fromages et charcuteries" organisé par la Marelle et l'Entracte, services d'accueil de jour et résidentiel pour personnes adultes handicapées. 

Vendredi 22, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "Alain Souchon" en concert.

Vendredi 22 et samedi 23, Tournai Expo, salon "S.I.E.P" consacré aux études et professions. 

Dimanche 24, cimetière du Sud, "La morgue du cimétière, un musée de poche", visite en compagnie de Jacky Legge, conservateur des cimetières tournaisiens. 

Dimanche 24 février, Conservatoire de Musique, 11 h, "Arc en Ciel", concert de Christiane Diricq (cello) et Marie Chantal Cauffriez (piano) dans des oeuvres de Chostakovitch, Bridge, Schumann et Miakoswsky, présentation de Martine Léonard.

Dimanche 24, Musée de la Tapisserie, 16h, "Quatuor Scaldis" (B) dans le cadre des "Voix Intimes" le 11e Festival Européen des Quatuors à Cordes de Tournai. 

Dimanche 24, Halle-aux-Draps, 16h, "Cabaret philantropique" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien au profit de la Fondation Follereau de Tournai dans le cadre de son 50e anniversaire. 

Mardi 26, auditoire du Séminaire, 13h45, "Faut-il diaboliser les vaccins aujourd'hui", conférence par le Dr. Yves Van Laethem dans le cadre du cycle Connaissance et Vie d'Aujourd'hui.

Mercredi 27 et jeudi 28, esplanade du Conseil de l'Europe, sous chapiteau, "L'Homme Cirque" de et avec David Dimitri, spectacle proposé en ouvertue de la 20e Piste aux Espoirs qui se déroulera un peu partout en ville, dans les salles et dans la rue du 27/2 au 4/3.

Samedi 28, Salle la Fenêtre, 20h, "Mes nuits avec Robert", spectacle de et avec Véronique Gallo.

 

Les expositions :

Jusqu'au 17 février : Maison de la Culture, "Roland Denayer et Colette van Poelvoorde, inventions à deux voix".

Jusqu'au 24 février : Maison de la Culture, "Phil, portrait d'un serial killer au repos" exposition conscrée à Phil Durant, artiste et auteur de BD Belge disparu en 2012.

Du 22 au 28 avril : Maison de la Culture, "Lionel Vinche, l'envers du tableau-Endroit/envers (en droit et en vers)".

Du 28.2 au 3 mars, Esplanade du Conseil de l'Europe, dans 2 containers et 6 caravanes, "Les Manouches sur la Piste", travail réalisé par les étudiants de l'ACA et de l'ESA Saint-Luc, dans le cadre de la 20e Piste aux Espoirs de Tournai.

jusqu'au 14 avril, Musée d'histoire et des Arts décoratifs : "Regards sur les faïences fines de Tournai, le don Cosyns".

(cet agenda est susceptible d'ajouts et ou de modifications).

 

12/09/2012

Tournai : les mémoires du faubourg de Lille

Le doyen des faubourgs de Tournai ?

Il est aux portes de Tournai un lieu né d'une léproserie, un faubourg de fermes, de bergeries et de moulins, d'immeubles bourgeois et d'habitations ouvrières, de villas et de maisons sociales, un endroit où depuis bien longtemps déjà la mixité sociale a été perçue comme une richesse. Le faubourg de Lille, pour l'appeler par son nom, est probablement un des plus anciens à "flirter" avec la cité des cinq clochers, il en est certainement le plus campagnard.

Entre Plaine des Manoeuvres et barrière d'Orcq, entre chemin de la Ramée et Tir à la Cible, c'est une campagne qui se donne des allures de petite ville, c'est une cité largement teintée du vert de la nature, des près et des bosquets qui se prend pour la campagne.

Le faubourg de Lille est huit fois centenaire, son histoire est riche et ses habitants actuels ont accumulé un tas de souvenirs : des faits, des personnages, des lieux, des aventures émouvantes ou cocasses parfois profondément enfouis dans la mémoire mais qui ne demandaient qu'à être ravivés.

Bien intégrée au coeur du quartier, la quadragénaire maison des jeunes "Port'Ouverte" a souhaité fait revivre toute cette histoire, elle a confié la clé qui ouvre les souvenirs à l'équipe des Ecrivains Publics de Wallonie picarde. Ceux-ci avaient déjà réalisé, il y a trois ans, un travail similaire sur le quartier Saint-Piat, le plus ancien de la cité scaldéenne. 

Le réveil de la mémoire collective. 

Dès septembre 2011, l'idée était lancée, les personnes y résidant ou y ayant vécu ont été invitées à se rencontrer dans les locaux de l'avenue Minjean. A la veille de la première réunion, une question taraudait cependant les initiateurs du projet : combien seraient-ils à oser pousser la porte, dix, vingt peut-être, trente, plus encore ? Ce serait extraordinaire ! Catherine, Colette, Micheline, Monique, Nicole, Suzanne, Yvonne mais aussi Claude, Christian, Georget, Jacques, Jérome, Pierre, ... furent parmi la cinquantaine d'habitués qui se retrouvèrent régulièrement autour de Caroline, Annick, Dorothée, Eliane ou Denis, les Ecrivains Publics, animateurs des ateliers d'écriture.

Lors de chaque rencontre, un thème fut abordé : les écoles, les usines, les festivités, les figures populaires ou les personnages connus, les fermes, les moulins, les couvents, les cafés, les commerces, tous ces éléments qui façonnent la vie d'une petite entité, génèrent des souvenirs, lient les habitants par un dénominateur commun. Certains ne s'étaient plus vus depuis vingt, trente ou quarante années, depuis la "petite" école ou la communion solennelle, depuis un mariage qui les avait éloignés de leur faubourg natal mais leurs souvenirs communs étaient toujours intacts, toujours vivaces. D'une première réunion un peu guindée, on passa rapidement à de mémorables soirées parfois teintées d'émotions, toujours de bonne humeur. Le thème à peine lancé, le voici qui rebondissait sur un autre, déliant les langues, faisant naître les rires ou nouant les gorges. Parfois le brouhaha s'installait au grand dam de ces pauvres Ecrivains publics qui devaient tout noter en n'omettant pas de traduire les sentiments exprimés, obligés souvent d'agiter une sonnette pour canaliser cet enthousiasme débordant. 

"Walter Chabeot", "Marie trois côtelettes", "Valère" ou "la fille cigarette" étaient tout à coup ressucités tout comme l'accordéoniste Pierre Duchateau, Luc Varenne, l'instituteur Jean Pipart et son épouse, l'ancien bourgmestre Fernand Dumont ou encore les "Noirtes gueules", une famille de bougnats. On revivait les ducasses du lundi de Pentecôte, les rencontres de la Juventus Saint-Lazare, on évoquait les cafés dont la plupart sont aujourd'hui disparus : "le café du Garage", "le Petit Turcq" et son presque voisin "le Grand Turcq", "le Bras de Fer", on se rappelait le "Monobloc", "l'imprimerie Desclée" et la première fabrique de plumes de Belgique ! On alla même jusqu'à reconstituer un plan immense reprenant le nom des habitants des différentes maisons du faubourg, un travail de fourmi, une oeuvre de bénédictin ou... plutôt de bénédictines puisqu'il fut réalisé en un temps record par Monique et Colette. 

Une parution sur un air d'accordéon.

Ce joyeux temps de gestation a donné naissance, neuf mois plus tard, (quel heureux hasard !) à un livre, à une compilation des Mémoires du faubourg de Lille. Celui-ci paraîtra officiellement le vendredi 21 septembre prochain au cours d'une soirée de présentation, apothéose d'un travail collégial. 

Les invités se retrouveront, à 18h00, en la chapelle Saint-Lazare, mieux connue des habitants sous le nom de "chapelle des Lépreux", dernier vestige de la léproserie "la Bonne Maison du Val", véritable berceau du faubourg, pour un hommage à la Fondation Follereau et à celui qui en fut son chantre, René Godet, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, décédé il y a une année. 

Emmenés par l'accordéon de Laurent Pitot, élève de Pierre Duchateau, les participants gagneront ensuite l'église Saint-Lazare non sans avoir fait une halte face à la "Port'Ouverte" où se concrétisera bientôt le voeu cher à ces auteurs d'un jour, la création d'un jardinet, en haut de l'avenue Minjean, où il fera bon, dès l'été prochain, se reposer à l'ombre des essences locales. 

Au sein de l'église, les chansons sur le faubourg créées pour la circonstances seront interprétées par leurs auteurs avec un accompagnement de Philippe Desmet, ancien Président de la Royale Compagnie venu en voisin, des extraits du livre seront lus, l'exposition de photos (qui sera également visible les samedi 22 et dimanche 23) sera inaugurée, un verre de l'amitié servi. Une rencontre que personne ne souhaite ultime !

Le livre, largement illustré grâce à la précieuse collaboration de Monique, de Colette, de Claude et de Jacques pourra être acquis au prix réellement accessible de 8 euros, on pourra aussi se le procurer, par la suite, au Conservatoire de Musique ou chez les libraires du quartier.

Les "Mémoires du faubourg de Lille, une porte ouverte sur la campagne", un témoignage pris à la source et une modeste contribution à l'histoire de Tournai, est un ouvrage loin d'être nostalgique, une série de clichés qui, feuilletés les uns après les autres, créent l'atmosphère d'un endroit où il fait encore bon vivre.  

(S.T. septembre 2012)

12/05/2009

Tournai : l'année 1997 sous la loupe (2)

En cette année 1997, la ville continue à se transformer. Le premier maillon de cette rénovation avait été la réalisation de la Place de Lille. Le tronçon compris entre la Porte de Lille et la Place Roger de Le Pasture s'inscrivait dans un parcours allant jusqu'au bord de l'Escaut. Suite logique, c'est le forum tournaisien qui est, cette fois, concerné. Dès la mi-janvier, au moment où sévissait l'importante vague de froid, de lourds engins commencent à éventrer le sol. La Grand' Place sera en chantier durant toute l'année, son sous-sol sera livré aux archéologues qui y découvriront les fondations d'un ancien oratoire situé pratiquement en face de la Halle-aux-Draps, ainsi que le vieux puits s'érigeant jadis face à l'église Saint Quentin. Si la forme de l'oratoire sera concrétisée par un marquage au sol, la reconstruction du puits sera évoquée mais ne fera pas partie du projet de rénovation par manque de subsides. De plus, il faut sauver, à la demande des commerçants, un maximum de places de parking. Comme il est devenu difficile voir impossible pour des humains du XXIe siècle de faire quelques mètres à pied pour se rendre dans un commerce, ceux-ci craignaient une désertification des lieux. L'avenir à donner tort aux pessimistes puisque depuis sa rénovation, les terrasses des cafés et restaurants ont envahi la place disponible et les centaines de tables et de chaises sont occupées, en permanence, durant toute la période estivale et même si on a assisté à des regroupements dans ce secteur, les organismes financiers y ont toujours pignon sur rue ! La Grand'Place sera ouverte à la circulation pour les fêtes de fin d'année 1997.

Une construction éphémère comme celle de décors de cinéma sera érigée sur la Place de Lille au début du mois de juin. Elle fait partie du spectacle des Amis de Tournai " Tournai 1832-1997" créé dans le cadre de la Journée des Quatre Cortège. Le jour même de la représentation, le samedi 7 juin, durant l'heure de midi, un violent orage éclate sur le Tournaisis accompagné de trombes d'eau et de fortes rafales de vent, les décors seront jetés au sol et détruits. Le soir, le beau temps revenu, le spectacle se déroulera presque normalement. Comme un malheur ne vient jamais seul, on apprend que le baryton Jean Marie Joye qui tient le rôle principal de Jean Noté a été victime d'un accident de la circulation en venant dans la cité des cinq clochers, choqué mais non blessé, il interprètera cependant son rôle à la perfection. Le dimanche 14 décembre, les membres de la Fondation Follereau de Tournai ont donné rendez-vous à leurs amis et sympathisants, à la chaussée de Lille, au pied de la chapelle du Val d'Orcq, aussi appelée à Tournai chapelle des Lépreux puisqu'elle faisait partie de la léproserie qui s'y élevait au moyen-âge, ils y dévoilent, en présence des autorités communales, le monument surmonté du buste de Raoul Follereau. Ce défenseur de la cause des malades de la lèpre était venu de nombreuses fois dans la cité des cinq clochers et pour la dernière fois, vingt ans plus tôt, en mai 1977, pour l'inauguration de la rue "Fondation Follereau". ...

09:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, amis de tournai, fondation follereau |

02/12/2008

Tournai : l'année 1983 sous la loupe (3)

Consacrons cet article à l'actualité politique et sociale de cette année 1983. Le 4 janvier, le nouveau collège communal issu des élections d'octobre 1982 est installé. La nouvelle majorité est composée d'élus du P.S. (socialistes) et du P.R.L (Libéraux). Raoul Van Spitael garde le mayorat tandis que Robert Boucart est nommé premier échevin et échevin des Finances. Le très populaire Georges Sénéca prend la tête de l'opposition. Le nouveau collège communal inaugurera, le samedi 2 juillet, le nouveau pont Morel qui succède à l'ancien pont métallique démoli le 10 octobre 1981, (moins de 21 mois avaient été nécessaires à sa reconstruction).

Le mardi 12 juillet, bourgmestre, échevins et conseillers communaux accueillent en l'Hôtel de Ville, une délégation du Sanatorio San Francisco de Borja de Fontilles (Espagne) composée de membres du personnel soignants et de malades de cette léproserie qu'aide la Fondation Follereau de Tournai. A l'occasion de la réception organisée dans la crypte, Michel Devos, le responsable local de la Fondation dévoile le bilan de la Journée Mondiale des Lépreux de janvier. Malgré la crise, les chiffres sont encourageants au niveau de la cité des cinq clochers.

La nouvelle majorité sera aussi confrontée à des défis économiques. L'inquiétude s'installe à la fin de l'année à l'usine Meura de Warchin, chaudronnerie spécialisée dans le matériel brassicole. Au cours d'une séance tenue le 16 novembre 1983 au Conseil Régional Wallon, le député du Tournaisis, Marc Lestienne interpelle le ministre responsable de l'économie :"Que se passe-t-il chez Meura Tournai où 315 millions de Francs belges (7.809.000 Euros environ) ont été injectés en 3 ans par la Région Wallonne. Le Ministre lui répond, en substance, que cet argent était nécessaire au développement de l'entreprise, que l'utilisation des fonds étaient particulièrement bien surveillée par les responsables nommés à cet effet et qu'il n'y avait pas de raison de tenir des propos alarmistes même si l'entreprise de Warchin semblait connaître des difficultés passagères en raison de la persistance de la crise économique et de l'affaiblissement de son carnet de commandes. Le coeur n'est pas à la fête chez les ouvriers chaudronniers au moment de fêter, le 1er décembre, la Saint Eloi. Même l'Administration communale n'échappe à la crise. Afin de rétablir une situation financière qui plonge dans le rouge, les responsables communaux sont obligés de mettre fin au contrat d'environ quatre-vingt C.M.T (chômeurs mis au travail) tout en promettant que ceux-ci seraient réengagés en priorité lors de l'amélioration de la conjoncture. Dans le prochain, nous poursuivrons la rétrospective de cette année 1983 par la traditionnelle revue des évènements culturels et sportifs.

05/10/2008

Tournai : l'année 1977 sous la loupe (2)

Nous avons débuté notre restrospective de l'année 1977 avec le mot "Inquiétude", nous la poursuivons avec celui d'inauguration.

Inauguration, le 12 mars, d'un nouveau complexe cinématographique à la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Le cinéma "Palace" fréquenté par des générations de Tournaisiens cède la place au "Mutiscope Palace", un complexe de quatre salles (une à l'étage et trois au rez-de-chaussée) qui a nécessité pour sa transformation 450 tonnes de béton, 1.200 m2 de laine de roche, 5 kilomètres de câbles électriques, 1.500 m2 de tapis plain. Les appareils de projection sont de la dernière génération et une salle sera prochainement dotée du système Dolby stéréo. Le total de l'investissement s'élève à 20 millions de francs belges (500.000 Euros).

Inauguration également le dimanche 8 mai 1977. Ce jour-là, la Fondation Follereau de Tournai est en fête, elle reçoit celui qu'on a surnommé "l'Avocat des lépreux", Raoul Follereau accompagné de son épouse Madeleine venus inaugurer la rue "Fondation Follereau", la première du genre, située à proximité de la chapelle du Val d'Orcq (aussi appelée "chapelle des lépreux") sur le site de l'ancienne léproserie tournaisienne. C'est sous une pluie battante que le ruban symbolique est coupé en présence du bourgmestre Raoul Van Spitael, d'échevins et de conseillers communaux mais aussi de représentants de l'action Follereau de France, Suisse, Italie, Côte d'Ivoire et Haute Volta. En collaboration avec la Maison de la Culture, la Fondation tournaisienne y a mis sur pied, une exposition consacrée au thème de la lèpre, des progrès réalisés, de l'espoir d'éradication à l'horizon 2000. Elle a été inaugurée par le Ministre d'Etat Moyersoen, Président des Amis du Père Damien, l'échevin Georges Sénéca, René Godet et Michel Devos, les deux principales chevilles ouvrières de l'action locale Follereau.

Inédit en Belgique, le "2CV Cross" qui se déroule sur la Plaine des Manoeuvres, le dimanche 30 mai. L'épreuve fait partie d'un challenge européen dont la seconde manche sera disputée, en juin, à Saint Amand les Eaux (F) et la finale, en octobre, à Trefling (Linz) en Autriche. Le temps chaud et sec nécessite l'arrosage fréquent de la piste afin de permettre aux milliers de spectateurs de bénéficier totalement du spectacle offert par les vieilles "deuches" malmenées mais résistantes. ....Dans le prochain article, nous parlerons culture...

16:44 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, multiscope palace, fondation follereau, 2cv cross |