15/09/2015

Tournai : Notre patois ne périra pas !

Un cri d'alarme !

il y a quelques semaines, la presse s'est interrogée sur la place du Wallon, en général, et des patois locaux, en particulier, une langue qui semblait être en voie de disparition, une façon de communiquer en pleine extinction.

Le patois, ce langage local, qu'on parlait, jadis, au sein des familles a, peu à peu, disparu après la seconde guerre mondiale, rejeté par une forme de snobisme qui a fait du français, la seule langue qui devait être parlée et écrite par les générations futures de petits écoliers.

On cria "Haro" sur ceux qui s'avisaient, bien à leur aise, de proférer un mot qui s'écartait de la langue française ! Pire même, le patois devint l'apanage des classes populaires, le symbole de personnes primaires. Pour peu, le parler, c'était se montrer inculte ou grossier.

Le patois était pourtant toujours là.

Heureusement, grâce à de nombreuses troupes et compagnies, le patois a reconquis ses lettres de noblesse. De Mouscron à Liège, en passant par Tournai, le Borinage, le Centre, la région de Charleroi ou de Namur, les comédies patoisantes ont continué à attirer les foules, soucieuses  d'entretenir ou de redécouvrir la langue de chez nous.

Le patois est une langue belle comme dirait Yves Duteil, c'est celle de nos aïeux, celle des fileurs, des roctiers et des mineurs, celle à Liège de Tchantchès et Nanesse, à Ath de Gouyasse et à l'ombre des cinq clochers de Jojo et Nénesse. C'est la langue des ces ouvriers qui ont ciselé ses mots lui conférant ainsi sa noblesse. Le patois, n'en déplaise à ceux qui le considère comme une bassesse est un héritage, un patrimoine, que dis-je, une richesse.

Le patois de chez nous.

Le patois tournaisien fait partie de la langue picarde qu'on parle dans l'Ouest du Hainaut mais aussi dans le Nord de la France. Depuis plus de cent ans, il est entretenu fièrement, chez nous, par la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. Depuis sa fondation en 1907, près d'une centaine de membres ont enrichi son patrimoine par des chansons, des poèmes, des monologues. D'Adolphe Wattiez, Walter Ravez et Adolphe Prayez aux membres actuels du Cabaret, combien de pièces d'anthologies sont-elles nées sous la plume de ces auteurs féconds ?

On y retrouve, bien entendu, ces hymnes à la cité que sont : "Les Tournaisiens sont là" d'Adolphe Delmée, "Ch'est ainsin dins no ville" d'Eugène Landrieu, "Les Gosses de Tournai" d'Henri Thauvoye, "Mon cœur est rouge et blanc" d'Eloi Baudimont, mais aussi, "L'Lindi parjuré" d'Achille Viehard, "L'Maclotte" de Fernand Colin, "L'cancheon d'nos clotiers" d'Edmond Godart, "On minche bin à Tournai" de Georges Delcourt, "L'Lapin du lindi perdu" d'Albert Coens ou encore "Holà, la patreonne" de Max François, des chansons tournaisiennes qu'on aime tellement bien qu'on en perdrait son haleine à chanter leurs refrains. Combien de fois ces airs n'ont-ils pas retenti au cours de banquets de communions, de mariages et même parfois... de funérailles quand, après quelques verres, on évoque les souvenirs les plus gais de celui qui nous a quittés.

N'ayons pas peur de l'avouer, à la fin du vingtième siècle, le Cabaret, alors unique conservatoire de notre patois, a bien failli disparaître. Il venait de faire face à la disparition brutale de plusieurs de ses auteurs et non des moindres. Celui qui fut le gardien de l'héritage, Lucien Jardez, ne souhaitait pas qu'il lui survive. Il commença par enterrer la gazette du Cabaret "Les Infants d'Tournai" qui compta jusqu'à près de 2.500 abonnés, justifiant ce choix par le fait que les jeunes auteurs n'avaient pas, selon lui, la qualité requise pour reprendre la succession. Après avoir donné de nouvelles lettres de noblesse à la langue tournaisienne, Lucien Jardez, peut-être aigri, préféra la faire mourir que de la voir lui survivre. La roche tarpéienne est toujours proche du Capitole !

D'autres membres (René Godet, Jean-Pierre Verbeke, Philippe De Smet...) aidés de jeunes auteurs venus renforcer la compagnie, reprirent le flambeau et rallumèrent la flamme pour que notre patois continue à briller de mille feux au firmament tournaisien.

Les membres du Cabaret n'étaient cependant plus les seuls, d'autres amoureux de notre langue picarde étaient aussi apparus tel Bruno Delmotte et ses ateliers patoisants, traducteur en Tournaisien de certains albums de Tintin, telles "les Filles, Celles Picardes", à qui ce serait faire injure de simplement les réduire à un cabaret au féminin, tant elles ont développé des spectacles de qualité qui s'écartent des sentiers battus par leurs aînés, tels les membres du "Bistro patoisant". Il y a aussi l'troupe des "P'tits Rambilles" qui animent par leurs chansons tournaisiennes les cortèges des Amis de Tournai. Un peu partout des chantres se sont levés pour maintenir vivace ce patois tant décrié au milieu du siècle dernier.

Aujourd'hui, notre patois vit sur les ondes de Vivacité dans l'émission présentée, le lundi soir, par Annie Rack, tournaisienne d'origine elle-même impliquée dans des prestations en terre montoise. Il a droit de cité sur les antennes de No Télé, la télévision communautaire de Wallonie Picarde, qui capte et diffuse les spectacles du Cabaret Wallon et des Filles Celles Picardes. Il a même eu l'honneur des programmes de la RTBF du temps où André Gevrey enregistrait "l'Orvue de l'Karmesse" (la revue de la Kermesse). Lors de la Fête du Pain, au Mont Saint-Aubert, l'office religieux est dit en patois et... modestement, car il n'a pas le même talent, l'Optimiste tente, à sa manière, de vous le faire découvrir dans ses expressions tournaisiennes du samedi.

Notre patois ne périra pas, il vit même une seconde jeunesse et, ce prochain dimanche, il sera fêté, par le Cabaret, en l'Hôtel de Ville avec la chanson wallonne.

Vous qui avez lu ce texte, il me serait agréable de connaître votre opinion vis-à-vis du patois, qu'il soit de Tournai ou d'ailleurs, n'hésitez donc pas à mettre un commentaire.

S.T. septembre 2015

10/09/2015

Tournai : Philippe De Smet, l'éclectisme au service du Cabaret Wallon !

tournai,cabaret wallon tournaisien,philippe de smet,pianiste,patrick salmon,andré dumortier,frère maxence,conservatoire de tournai,filles celles picardesA l'instant où j'ai rêvé de brosser le portrait de Philippe De Smet (ancien Président et toujours pianiste-accompagnateur de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien), j'ai probablement approché ce qu'un peintre ressent devant sa toile encore vierge ou ce qu'un sculpteur éprouve devant le bloc brut qu'il faut tailler, l'interrogation : "Mais pa dusque j'vas qu'mincher ?" ("mais par où vais-je commencer", traduction à l'intention de lecteurs qui ne maîtrisent pas totalement notre patois tournaisien).

Les jeunes années.

La solution la plus simple consiste à débuter la biographie de celui qu'on souhaite présenter tout simplement... au moment de sa naissance.

Un homme au talent universel comme Philippe De Smet ne peut être né qu'à la veille de l'inauguration de l'Exposition de Bruxelles, le 16 avril 1958. Quatrième enfant d'une famille qui en comptera cinq, il va faire ses études à l'Ecole des Frères de la rue des Choraux où le réputé Frère Maxence le refusera dans sa chorale. Excellent pédagogue, le sévère Frère montra à cette occasion qu'il était loin d'être aussi bon prophète ! Lors des études secondaires, il tâtera du latin et du grec avant de bifurquer vers les sciences humaines.

Une rencontre déterminante.

Alors qu'il était encore bien loin d'être attiré par la musique, le directeur du conservatoire et professeur de piano au Conservatoire Royal de Bruxelles, Maître André Dumortier (comme Philippe l'appelle encore respectueusement) sollicita auprès de ses parents son inscription dans la toute nouvelle section des humanités musicales mises sur pied au Lycée Royal (actuel Athénée Campin). Il entama par la suite des études de piano au conservatoire de Bruxelles et, après trois années, celles d'orgue au Conservatoire Royal de Mons.

Comme il avait obtenu le premier prix d'orgue et comme, depuis toujours, les organistes sont devenus une denrée rare au sein des églises, en 1978, on vint lui demander de tenir l'instrument de l'église Saint-Quentin. Il s'agissait encore d'un orgue électronique. Pour ce faire, il se perfectionnera à l'école Saint-Grégoire de la rue Massenet à Tournai, sous la houlette du chanoine Abel Delzenne, Maître de Chapelle de la cathédrale Notre-Dame.

Le Conservatoire de Tournai.

En 1979, il est engagé au conservatoire de sa ville pour animer l'atelier d'éveil à la musique, fréquenté par des enfants âgés de quatre à six ans. Durant seize années, il suscitera des vocations musicales parmi les petites "têtes blondes" (une expression commune pourtant si discriminative !). Il sera également l'accompagnateur du cours de danse dispensé par Mme Monique Caulier. De son entrée dans le temple de la musique tournaisienne, il se souvient qu'il fut le premier étudiant sortant du conservatoire de l'ère André Waignien mais également le premier professeur engagé par lui.

Le monde de l'enseignement.

En 1986, un ami vient frapper à sa porte et lui demande s'il est intéressé par la fonction de professeur de musique dans l'enseignement secondaire. Une offre qui ne se refuse pas, ainsi il est engagé pour un intérim en remplacement de la titulaire en congé de grossesse au sein de l'école de la Sainte-Union de la chaussée de Lille. Il donnera probablement satisfaction au directeur puisque son engagement sera renouvelé pour de nombreuses années.

La Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Le talent de Philippe De Smet n'avait pas échappé à Anselme Dachy, pianiste-accompagnateur des chansonniers tournaisiens et chef de l'orchestre qui les accompagnait lors des Revues de l'époque. En 1982, il entra au sein de ce dernier et, afin de décharger Anselme Dachy, souffrant d'arthrose dans les doigts, exerça le rôle de pianiste-répétiteur. Il est alors âgé de 24 ans. A partir de 1988, il supplée A. Dachy lors des multiples prestations extérieures des chansonniers tournaisiens et, lorsque le "maître" démissionne en 1989, tout naturellement, "l'élève" le remplace au clavier du cabaret. Modeste, Philippe suivra la filière classique d'admission au sein de la société. Aspirant en octobre 1991, il fut admis à titre définitif en septembre 1992.

Hélas, rapidement, le ciel allait s'assombrir, la vieille société tournaisienne se retrouva dans la tourmente, on assista à l'éternelle dissension entre les Anciens et les Modernes, une lutte vieille comme le monde qui allait déboucher sur les démissions du Président Lucien Jardez et de Marcel Roland et sur le retrait progressif de certains membres plus âgés. Ce profond désaccord allait-il être fatal ? Non, heureusement, car tout le monde ne souhaitait pas la disparition de cette véritable institution tournaisienne. Du sang neuf avait, entretemps, fait son entrée et tel le Phénix, après une année sabbatique, la Royale Compagnie renaissait de ses cendres. Le 4 décembre 1996, les membres allaient élire Philippe De Smet à la tête de la société en remplacement de Lucien Jardez.

Sous son impulsion, la compagnie prit un nouveau départ, adepte d'un renouveau nécessaire, Philippe eut l'intelligence de réaliser celui-ci dans le respect des traditions. Sous sa présidence, soucieux de donner un local propre à la compagnie, il sollicita et obtint de l'administration communale, un local dans un bâtiment situé au n°54 de la rue Saint-Martin. SDF durant plus de nonante années (il erra de cafés en tavernes), le Cabaret avait trouvé enfin un toit bien à lui !

Le Cabaret new-look avait opté, lors de sa transition, pour une modification des habitudes, désormais le président ne serait élu que pour un terme de cinq ans, comme le centième anniversaire se profilait à l'horizon, Philippe prolongea légèrement son mandat avant de céder le flambeau à Michel Derache. 

En 2002, suite à la fusion des deux clubs de football tournaisiens, il compose l'hymne des Sang et Or dont le texte est écrit collectivement par les autres membres.

Entre amis, une idée germe.

En 2003, Philippe De Smet fait la connaissance de Patrick Salmon, le musicien français, directeur de la musique d'Hem, organiste à Paris, professeur de conservatoires, entre autres, un musicien qui a, lui aussi, plus d'une corde à son... arc(het) ! Lors d'une réunion gastronomique en compagnie des fines fourchettes que sont Christian Chuffart et Xavier Nys, est née l'idée d'un duo intitulé "Les deux pianistes". Celui-ci s'est régulièrement produit, des deux côtés de la frontière, remplissant salles et églises, le plus souvent dans un but philanthropique. Philippe de Smet est un habitué des spectacles musicaux, ainsi durant une dizaine d'années, il a joué, dans le Nord de la France, au sein de l'orchestre de danse de salon de Gérard Hever et il a accompagné le chanteur Christian Bécart dans ses spectacles pour enfants.

Quand le pianiste devient un homme-orchestre !

Il a eu la chance d'accompagner Isabelle Kabatu, lauréate du concours reine Elisabeth, Robert Cogoi et d'autres chanteurs ou chanteuses. Philippe a joué dans de grandes salles françaises à Bourges, à l'Hôtel Georges V à Paris, à l'hôtel Intercontinental à Bercy... mais aussi à Lourdes, où il accompagna une chorale internationale lors de la procession aux flambeaux. On l'a vu également accompagner le Cercle Choral Tornacum.

Actuellement Philippe De Smet cumule les fonctions de professeur à la Haute Ecole en Hainaut de la rue des Carmes, connue anciennement sous l'appellation d'Ecole Normale de l'Etat.

Bien qu'ayant quitté le Conservatoire de Tournai, il y retourne régulièrement en qualité de bénévole apportant sa participation à des spectacles.

En tant qu'organiste, il est en charge de cinq paroisses de la ville : Saint-Quentin, Saint-Jacques, Saint-Brice, Saint-Jean et Kain Saint-Omer. Lorsqu'il est absent, il n'est pas rare de voir Patrick Salmon le suppléer au clavier.

Il s'investit toujours auprès de ses amis du Cabaret. Marié, Catherine, son épouse est membre des... "Filles... Celles Picardes", voilà une union marquée par un cœur rouge et blanc, celui des "Infants d'Tournai".

Voilà le portrait d'un garçon d'une grande simplicité dont on remarquera l'éclectisme. Un élément n'a pas pu prendre place dans ce tableau, la sympathie naturelle qui se dégage du personnage. Il ne m'étonnerait pas que dans son jardin secret, Philippe cultive, depuis toujours, la fleur la plus précieuse entre toutes : l'Amitié.

S.T. septembre 2015.

08/07/2013

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (1)

Depuis la création de ce blog en avril 2007, nous avons déjà eu l'occasion de feuilleter la presse locale des années 1900 à 2005. Nous continuons la rétrospective des évènements qui ont rythmé la vie tournaisienne dans le domaine politique, sportif, culturel et des faits divers en abordant cette fois l'année 2006. Sept ans nous séparent de celle-ci mais certaines informations nous semblent déjà si lointaines ou ont peut-être déjà été oubliées.

La présentation a volontairement été bouleversée, nous suivrons une progression chronologique mais, afin de ne pas raviver des blessures récentes chez des lecteurs directement concernés par ceux-ci, certains faits dramatiques comme les suicides, les morts par overdose ou les accidents de la route seront volontairement omis. Ce serait, à mon sens, du voyeurisme de bas-étage.

2006 dans le monde et en Belgique.

Comme nous en avons pris l'habitude, il est important de remettre les évènements qui marquèrent l'actualité locale dans le contexte de ce qui s'est passé dans la monde ou en Belgique. Les sportifs se rappelleront que cette année 2006 a été celle de la Coupe du Monde de football disputée en Allemagne et remportée par l'Italie face à la France. On se souviendra aussi que le maître à jouer français, Zinedi Zidane, a quitté la partie... sur un coup de tête. 

Parmi les personnalités décédées durant ces douze mois, retenons les noms de Wilson Pickett (64 ans), véritable légende américaine de la soul-music, de Benno Besson (83 ans), metteur en scène suisse bien connu des habitués de la Maison de la Culture de Tournai où furent souvent programmées ses créations, de Jean Roba (75 ans), dessinateur belge, père de Boule et Bill, de Ferenc Puskas (79 ans), légende du football hongrois et d'Augusto Pinochet (91 ans), ancien dictateur chilien.

La convention relative aux droits des personnes handicapées est adoptée le 13 décembre 2006 au siège de l'ONU. C'est le premier grand traité du XXIe siècle en matière des droits de l'homme. 

En Belgique, l'alerte à la grippe aviaire amène l'obligation de claustration des volailles de février à mai. C'est aussi l'année de l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer sur les lieux de travail et celle du meurtre de Jo Van Holsbeek, le 12 avril, en pleine gare centrale de Bruxelles, par deux jeunes qui voulaient s'emparer de son baladeur numérique. Deux semaines plus tard, une marche blanche en sa mémoire réunira près de 80.000 personnes dans les rues de la capitale.  

Janvier . 

En ce tout début d'année 2006, on apprend que la ville des cinq clochers compte 67.500 habitants, c'est environ 300 de plus qu'au 1er janvier 2000. Ceux-ci sont répartis sur un territoire de 214 km2, la densité de population est donc de 315 habitants/km2. Pourtant sans bouger de chez eux, en ce début d'année, près de 15.000 Tournaisiens vont devoir modifier leur adresse, conséquence d'un changement de dénomination des noms de rues afin de satisfaire les exigences des services postaux en évitant que plusieurs villages de l'entité tournaisienne ne portent le même nom, exemple : rue de l'Yser à Tournai-Ville et à Kain, rue du Château à Tournai-Ville et à Ere et les très nombreuses rues des Combattants, de la Place ou du Curé... Pour rappel, cette situation dure depuis la fusion des communes intervenue au... 1er janvier 1977, vingt-neuf années plus tôt. Mieux vaut tard que jamais !

Un duo de Tournaisiens fait parler de lui dans la capitale française, Les "Okidoks", Benoit Devos et Xavier Bouvier (voir article qui leur est consacré dans ce blog) prolongent leur spectacle débuté le 29 novembre au Ranalagh jusqu'au 20 janvier. A Paris, c'est environ 700 spectateurs qui assistent à chacune des représentations, un succès mérité. 

Deux politiciens de sensibilités différentes, Pol Olivier Delannoy (PS) et José Lericque (CDH Estaimpuis) initient une conférence de soutien à Ingrid Bétancourt, otage détenue en Colombie. 

Tournai a déjà souvent servi de décor à des téléfilms, en ce mois de janvier 2006, la RTBf va débuter le tournage d'une série intitulée "Septième ciel Belgique", un feuilleton sur fond d'astrologie dont les extérieurs auront pour décors différents quartiers de la ville, même la salle des Concerts sera utilisée. 

Toujours en ce mois de janvier, à l'initiative du service club Richelieu, une première aventure de Martine, l'héroïne de BD créée en 1954 par Marcel Marlier et Gilbert Delahaye est traduite en picard grâce au talent de Bruno Delmotte. "Martine à l'cinse" permettra peut-être aux jeunes (et moins jeunes) de sa familiariser avec le patois, une langue qui fut (trop) longtemps décriée dans les milieux de l'enseignement, considérée comme trop populaire.

Culture et humour font souvent bon ménage, le 19 janvier "Le Jeu des Dictionnaires-La Semaine Infernale", une émission radiophonique animée par Jacques Mercier, fait escale à l'école des Frères. Les bénéfices de cette soirée sont destinés à la Fondation Follereau de Tournai, organisatrice de l'évènement. 

Le 21 janvier, la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps affiche "complet" pour la première représentation des "Filles, Celles Picardes", un cabaret patoisant au féminin alliant charme, chansons et comédie, tout le monde se dit que cette joyeuse troupe a de beaux jours devant elle. 

Rire encore le 25 janvier à la Maison de la Culture qui accueille dans la salle Jean Noté, l'humoriste d'origine algérienne Fellag et son spectacle d'auto-dérision, "Le dernier chameau". 

Un fait divers tragique se déroule la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 janvier, l'immeuble situé au n° 21 de la rue de la Ture est la proie des flammes, son habitant y perd la vie, Alain Leroy, employé des services du Cadastre à Bruxelles est bien connu à Tournai. A la fin des années soixante, il fut le chanteur de l'orchestre les "Aigles Stars" animant de nombreuses soirées dansantes régionales.

Février .

Le mois de février s'ouvre par la présentation d'un important projet, celui de la construction d'un nouvel hôpital sur le terrain de l'Union, club de football ayant émigré à Kain suite à la fusion avec le Racing pour donner naissance au Football Club de Tournai. Les travaux devraient débuter dans le courant de cette année 2006.

La Maison de la Culture accueille quatre acrobates et deux musiciens dans un spectacle dénommé "Tangentes", une création de Mathieu Bolze.

Un fait divers sordide a pour cadre la place Saint-Pierre. Durant la nuit du 10 au 11 février, un habitant de Brunehaut, sorti d'un café pour passer un appel téléphonique, est enlevé par les occupants d'un véhicule immatriculé en France. Délesté de tout ce qu'il possédait, il a été éjecté de la voiture quelque part dans le Nord de la France et est rentré à Tournai en stop avant d'aller conter sa mésaventure à la police. 

Dans son local d'alors, le café Le Trianon à la chaussée de Frasnes à Rumillies, la troupe du "Bistrot Patoisant" souffle ses dix bougies lors des représentations qui se tiennent durant ce deuxième mois de l'année. 

Un autre café, dans le quartier Saint-Piat, est à la une de la presse locale pour d'autres raisons beaucoup moins festives. Il est tout simplement le coeur d'un vaste trafic de drogues et faisait l'objet d'une surveillance discrète depuis de nombreuses semaines par le S.E.R. (Service d'Enquêtes et de Recherches). Lors d'une descente de police des armes sont également découvertes et cinq personnes sont arrêtées.

Mars.

Au début du mois de mars, un chantier démarre en haut de la rue Perdue, à l'emplacement de l'ancien théâtre communal détruit par les bombardements allemands de mai 1940. Ce terrain abandonné pendant plus de soixante ans, jamais reconstruit et où croissaient les herbes folles, a servi, durant tout un temps, de parking pour les agents d'un bureau syndical installé en face. On va y ériger une résidence-services pour personnes âgées qui prendra le nom de "Résidence du Théâtre".

La presse annonce l'arrestation d'un escroc international. Parmi un panel de délits, il avait notamment fait croire aux responsables du club de basket de Division I, le "B.C Tournai", en difficultés financières, qu'il allait éponger les dettes. L'homme est un habitué des tribunaux, il se déclarait aussi être le grand patron d'une radio privée.

Le lundi 6 mars, le propriétaire de l'armurie située dans la rue de l'Hôpital Notre-Dame est réveillé, vers 5h45, par un énorme fracas, le volet de fer qui protège sa vitrine vient d'être arraché par un véhicule. Arrivé dans le magasin, il tombe nez à nez avec des malfrats encagoulés qui sont occupés à faire main basse sur des armes de poing, une imitation de kalachnikov tirant des billes et un fusil à lunette. Abandonnant au milieu de la rue le véhicule immatriculé en France qui leur avait servi pour pénétrer dans l'armurerie, ils fuient au volant d'une Porsche Carrera de teinte noire. Celle-ci sera retrouvée quelques heures plus tard à Esplechin, à deux pas de la frontière française. 

Quelques jours plus tard, la nuit du 15 au 16 mars, une voiture signalée volée en France est repérée à proximité du boulevard Léopold. Deux individus s'enfuient et trouvent refuge dans les locaux abandonnés de l'ancien Casino et dancing Le Paradise. Les forces de l'ordre cernent le vaste immeuble et appellent les pompiers pour venir éclairer les lieux au moyen de puissants projecteurs. La fouille du véhicule laisse apparaître qu'il s'agit probablement des auteurs du casse de la semaine précédente dans la rue de l'Hôpital. Dans le coffre rempli d'armes, on retrouve des cagoules, des gants et également une écharpe noire comme celle portée par un des malfrats aperçu par l'armurier. Il apparaît vite que ces deux individus ont également commis de nombreux méfaits en France.

Les 8 et 10 mars, la Maison de la Culture accueille la pièce "Mesure pour Mesure" de William Shakespeare dans une mise en scène de Philippe Sireuil. 

Le 15 mars, au Palais de justice, se déroule, en soirée, un (faux) procès, celui fictivement intenté à la langue française qui attire, en deux séances, la toute grande foule. "Impro Justitia" est une pièce dans laquelle on retrouve, parmi d'autres, les humoristes Bruno Coppens et Virigine Hocq, Dieudonné Kabongo... et maître Pannier dans son propre rôle d'avocat.

En cette seconde partie du mois de mars 2006, la presse locale révèle que les Ateliers Louis Carton (ALC) situés à la chaussée d'Antoing qui occupent encore trente-cinq ouvriers et vingt employés sont passés dans le giron du groupe Socom Metallurgy basé à Marcq-en-Baroeul dans le Nord de la France.

La nuit du jeudi 23 au vendredi 24 mars, à la résidence Marcel Carbonnelle, une main criminelle boute le feu à deux garages situés en sous-sol. L'incendie est à ce point important que les fumées envahissent les immeubles situés au n°114 et 119. Il faut rapidement évacuer leurs habitants vers l'école communale toute proche. Maîtres du sinistre, les pompiers autorisent les locataires à regagner leurs appartements vers 1h30. Hélas, cet incendie fera indirectement une victime. Retournant dans le noir, un homme est tombé dans une bouche d'évacuation du parking souterrain ouverte pour dissiper les fumées. Gravement blessé, il décèdera à l'hôpital dix jours plus tard. 

Dans l'optique du prochain Carnaval de Tournai, le vendredi 24 mars se tient l'élection du Roi Carnaval, ils sont pas moins de vingt candidats issus de différentes confréries à briguer ce titre éphémère. Le samedi 25, les "carnavaleux" envahissent les rues de Tournai. Un des héros de celui-ci, "l'Bourguémette" (le bourgmestre) Pierre Vandenbroeck qui déclare avec la sobriété qu'on lui connaît : "Un p'tit pas pou l'bourguémette, un grand pas pou tous les rambiles" (la confrérie dont il est issu). 

(sources : presse local de l'année 2006).

S.T. juillet 2013

 

28/10/2009

Tournai : l'année 2005 sous la loupe (4)

En cette année 2005, le public tournaisien sera a nouveau confronté à un vaste choix au niveau culturel. Le mardi 11 janvier, le premier festival de "Danse et Compagnie" s'ouvre à des créateurs proches de l'école tournaisienne. Le public est convié à une semaine de découvertes dans les bâtiments de la place Gabrielle Petit. Cet évènement est né d'une rencontre entre Xavier Gossuin et Maxime Lampole. On peut y applaudir une création du danseur et maître de ballet tournaisien, "Variétés" mais aussi à des soirées mixtes avec "Les Voisins bien Urbains" ou encore "Le triomphe de Pinpin". Les Tournaisiens, attachés à leurs traditions et défenseurs de leur patois, avaient jusqu'à présent une seule référence de qualité, la "Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien", presque centenaire, dont les petits cabarets sont exclusivement réservés à un auditoire masculin, réminiscence des habitudes du début du XXe siècle où les femmes n'accompagnaient pas leur mari. Voici qu'en ce mois de janvier, quelques représentantes de la gente féminime souhaitent bousculer les traditions, elles créent leur propre cabaret patoisant et prennent le nom de "Filles, celles Picardes" (et non de Ficelles Picardes comme les avaient présentées certains journalistes qui, dans un probable inconscient réflexe macho, les comparaient peut-être à .. des crêpes). Leurs séances de cabaret se présenteront comme celles de leurs aînés masculins mais elles seront accessibles aux couples. Dès la première soirée le succès est au rendez-vous ! "Cabaret Wallon" et "Filles, celles Picardes", deux vues différentes de l'actualité de ville, traitées avec une sensiblité différente mais indispensables compléments pour faire vivre notre patois. 

Le 28 janvier, le rire est à nouveau omniprésent à la Maison de la Culture de Tournai avec le spectacle "La Contrebasse" de Michel Boujenah. Durant le mois de février, nous relèverons trois spectacles qui connurent le succès. Les 16 et 17 février, le programme concocté par les responsables de la Maison de la Culture propose "Plan B". Quatre acrobates en costume et cravatte de la compagnie 111 sont face à un plan incliné, une sorte de mur. Celui-ci sera l'espace de toute la scénographie et permettra aux artistes de montrer l'étendue de leurs talents acrobatiques, un spectacle visuel apprécié du nombreux public. "Les Taloches" viennent régulièrement à Tournai et, chaque fois qu'ils s'y produisent , le succès de foule est assuré. Bruno et Vincent Taloche sont à la Maison de la Culture afin de présenter leur nouveau spectacle, le samedi 19 février 2005. Le lendemain, le dimanche 20 février, le séminaire de Choiseul accueille une journée de colloques et de concerts consacrés à la "Musique interdite sous le 3e Reich". Quelques exemples d'oeuvres de milliers de compositeurs et d'interpètes, taxés de judaïsme, de bolchévisme ou de dégénérescence par les nazis. A cette occasion, les Tournaisiens peuvent applaudir le "Quatuor Kocian" de Tchéquie, fondé en 1972, lauréat du Grand Prix Charles Crox et du Diapason d'Or. Dans le prochain article, nous continuerons le survol de cette année culturelle...