19/10/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (2)

Voici le deuxième volet de l'étude concernant cette région de Wallonie picarde dont la cité des cinq clochers est appelée la capitale.

Les soins de santé.

Le bien-être d'une population passe par une offre de soins qui, même si elle est de plus en plus rationalisée, doit restée importante et de qualité. Le niveau de développement d'une région repose également sur ce critère. 

En 2014, le territoire de la Wallonie picarde recensait 1 médecin généraliste pour 690 habitants, c'est un peu mieux que pour la province de Hainaut (1/708) mais moins bien que pour la Flandre (1/639) et la Belgique (1/604). Elément plus interpellant pour l'avenir à moyen terme, les médecins âgés de plus de 50 ans représentaient, déjà à cette époque, 67,9 %

Par contre, l'offre hospitalière est des plus attractives. Le CHWapi résultant d'une fusion entre les quatre hôpitaux tournaisiens (la clinique Notre-Dame, la clinique la Dorcas, l'Institut Médico-Chirurgical et l'Hôpital Civil) dans un but avoué de rationaliser les coûts, offre 795 lits et emploie près de 2.500 membres du personnel. Le Centre Hospitalier de Mouscron propose 350 lits. Dans le cadre d'une coopération sanitaire franco-belge, ce dernier travaille en collaboration avec le centre hospitalier de Tourcoing (F), le fruit de ce rapprochement fait qu'annuellement environ 2.150 patients belges sont soignés à Tourcoing et 1.500 patients français à Mouscron (chiffres de juin 2016). A Ath, le Centre Epicura offre 236 lits. Au niveau des hôpitaux psychiatriques, les "Marronniers" à Tournai accueillent 436 lits auxquels s'ajoutent les 180 lits de Saint-Jean de Dieu à Leuze-en-Hainaut, les 90 lits de la Clinique de Bonsecours et les 60 de Saint-Charles à Wez. 

Une récente étude parue dans la presse fait apparaître que le ChWapi à Tournai n'est pas classé parmi les meilleurs établissements de soins de Belgique, il serait même quelque peu à la traîne, peut-être parce que le rodage de la nouvelle infrastructure est toujours en cours (à Tournai, on dirait que le nouveau-né fait ses "gourmes"). Une étude à laquelle les gestionnaires devront, cependant, être attentifs car la réputation et la confiance en un établissement hospitalier se gagne lentement mais se perd rapidement. Patient régulier des divers établissements tournaisiens, la seule plainte que je n'aie jamais eu à émettre est la trop longue attente au niveau du service des Urgences (lors d'une visite, notamment, j'ai été oublié dans la salle d'attente, durant plus de quatre heures. Mon anamnèse réalisée par une infirmière à mon arrivée, le matin, se trouvant toujours, à midi, enfouie sous des documents déposés sans trop d'attention). Hélas, malgré une offre de médecins suffisante et la présence de plusieurs maisons médicales, trop de personnes se rendent directement aux urgences pour soigner le moindre "bobo", le moindre refroidissement ce qui encombre inutilement ce service et retarde la prise en charge de cas plus sérieux.

En Wallonie picarde, une attention particulière est posée sur le confort de fin de vie. Il existait en 2014, 6.536 lits en maisons de repos et de soins, ce qui représentait une possibilité d'accueil de 20,9% de la population âgée de plus de 75 ans. Ce taux est de 17,4% dans la province du Hainaut, de 15,7% en Wallonie et 13,5% en Belgique. La renommée des nombreux établissements d'accueil de personnes âgées situés entre Comines et Péruwelz a très largement dépassé la frontière et de nombreux séniors français viennent couler des jours paisibles dans les maisons de retraite de Wallonie picarde où ils trouvent un excellent accueil, un meilleur encadrement et surtout un coût nettement moins élevé qu'en France. 

Il est important de relever qu'en Wallonie picarde, jusqu'à l'âge de 54 ans, le nombre d'hommes est supérieur à celui des femmes. Cette tendance s'amenuise peu et peu et s'inverse à partir de 60 ans. La population des plus de 65 ans représente 18,1% de celle de Wallonie tandis que celle des moins de 20 ans s'élève à 23,4% (chiffres 2015).

Il est également intéressant de signaler un créneau social fort développé en Wallonie picarde, celui de l'accueil des personnes handicapées. Entre Mouscron et Péruwelz, de nombreuses institutions se sont, depuis bien longtemps, spécialisées dans l'accueil et l'apprentissage pour les jeunes handicapés (polyhandicapés, autistes, jeunes présentant d'importants retards scolaires...). Là aussi, la réputation de ces établissements a largement dépassé la frontière et ils attirent des personnes handicapées habitant une zone comprise entre le Nord de la France et la région parisienne. Des maisons exclusivement destinées à l'accueil de personnes handicapées issues de l'Hexagone ont été ouvertes tout au long de la frontière (à Tournai, Mont Saint-Aubert, Orcq, Bonsecours...). A défaut de réduire les listes d'attente sur lesquelles sont inscrites, depuis parfois longtemps, des personnes handicapées de la région, ces maisons ont le mérite d'avoir créé de l'emploi. 

L'enseignement.

Comme nous allons le voir, les chiffres ne plaident pas en faveur de notre région.

En 2011, 14,3% de la population de Wallonie picarde ne disposait pas d'un diplôme d'études primaires (14,1% en Hainaut, 12,5 % en Wallonie et 12,8% en Belgique). Les extrêmes se trouvaient à Mouscron (19,5%) et à Silly (9,3%).

48,6% de la population avait acquis un diplôme de l'enseignement secondaire (50,9% en Hainaut, 49,4 % en Wallonie et 46,1% en Belgique)

21,8% de la population de Wallonie picarde disposait d'un diplôme de l'enseignement supérieur (universitaire et non universitaire) pour 20,1% en Hainaut, 23, 9 % en Wallonie, 25,1% en Belgique. Les extrêmes se trouvaient à Silly (32,5%) et à Comines (13,4%).

Lors de la décennie 2001-2011, le niveau d'instruction de la population de Wallonie picarde a augmenté en ce qui concerne l'enseignement secondaire et supérieur. Par contre, on ne s'explique pas les raisons pour lesquelles il stagne en ce qui concerne le primaire alors qu'à cette période de la vie, l'enseignement est obligatoire. Pour aider ces personnes dans les démarches administratives, une association telle que les "Ecrivains Publics de Wallonie Picarde" a donc bien sa raison d'être. 

Dans l'enseignement supérieur, la Haute Ecole de la Communauté Française en Hainaut est implantée à Tournai, elle offre un campus pédagogique (carrière dans l'enseignement), un campus social (fonctions dans le secteur social) et un campus économique (bachelier en droit, assistanat de direction, tourisme).

La Haute Ecole Provinciale du Hainaut-Condorcet possède des implantations à Ath, Irchonwelz, Maffle, Mouscron et Tournai.

La Haute Ecole Louvain en Hainaut est implantée à Leuze-en-Hainaut, Mouscron et Tournai.

La réputation de l'école Jeanne d'Arc à Tournai attire de nombreux étudiants, notamment français, intéressés par les carrières paramédicales ou au sein du personnel infirmier.

L'enseignement artistique est représenté par l'Académie des Beaux-Arts de Tournai et l'Ecole Supérieure des Arts de l'institut Saint-Luc à Tournai (Ramegnies-Chin).

2014.03 orchestre à cordes (2).jpgL'enseignement musical est dispensé au Conservatoire de Musique de Tournai, à l'Académie de Musique Saint-Grégoire de Tournai et dans les Académies de Musique d'Ath, Beloeil, Enghien, Mouscron et Péruwelz.

 

photo : répétition de l'Orchestre à cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Mme Christiane Diricq. 

 (à suivre).

(sources : "Atlas socio-Economique de la Wallonie picarde" - 2e édition 2016 édité par l'asbl Wapi25 et recherches personnelles).

S.T. octobre 2016

14/12/2015

Tournai : la ville en statistiques.

Les chiffres apportent parfois une meilleure vision qu'un long discours.

Une ville peut être présentée avec des mots, les exploits de ses habitants peuvent être contés avec lyrisme, son histoire peut-être racontée en long et en large mais il parfois nécessaire de faire appel aux chiffres pour mieux la définir.

Voici la carte d'identité de la cité de Clovis.

Nom : Tournai qui se traduit en néerlandais par Doornik.

surnoms : la cité aux cinq clochers, la cité de Clovis.

La ville de Tournai est considérée comme la capitale de la Wallonie Picarde (ancien Hainaut occidental). 

Age : près de 2.000 ans d'existence (période gallo-romaine).

Superficie : 213,75 km2, ce qui en fait la commune la plus étendue du royaume.

Subdivision de la superficie : environ 70% de terres agricoles, 23% de terrains bâtis et 5 % de terres non cultivées.

Nombre de communes rattachées suite à la fusion de 1976 : 29.

Voies de communications : fluviale : l'Escaut.

Ferroviaires : lignes vers Liège, Bruxelles, Lille, Mouscron et Courtrai.

Routières : liaisons autoroutières vers Liège et l'Allemagne (E42), vers Bruxelles (A8/E429), vers Lille (E42) et vers Courtrai et Bruges (A17/E403).

Aéroport à proximité : Lille-Lesquin (F) à 25 km.

Grandes villes à proximité : Lille (25Km), Courtrai (25km), Douai (32 km), Valenciennes (35km), Mons (50 km), Bruxelles (85 km).

Nombre d'habitants : 69.204 Tournaisiens (septembre 2015),  approximativement 48 % d'hommes et 52 % de femmes, +/- 10% d'étrangers.

Subdivisions des habitants : 37.500 habitants demeurent dans le centre-ville et les faubourgs immédiats.

36% de ceux-ci vivent à l'intérieur des boulevards périphériques, zone qui est considérée comme étant le centre-ville, soit : +/- 13.500 habitants.

45%  de ceux-ci habitent les faubourgs de Maire, de Lille, Saint-Martin, de Valenciennes et Warchin soit 16.875 habitants.

19% habitent l'ancienne commune de Kain soit 7.125 habitants

Environ 31.700 habitants demeurent dans les vingt-huit autres villages.

Gaurain/Ramecroix avec 3.600 habitants est le plus peuplé et Hertain avec +/-250 habitants, le moins peuplé.

Enseignement : 16.900 élèves et étudiants fréquentent les établissement scolaires de la ville.

Les établissements de la rive gauche en accueillent : 9.500, ceux de la rive droite : 5.500, Kain : 1.900. Avec ses 1.777 étudiants, la Haute Ecole de la Communauté Française est l'établissement le plus peuplé. Notons également les 1.195 étudiants qui fréquentent l'Institut d'Enseignement Professionnel Provincial de la chaussée de Lille et les 907 du Collège Notre-Dame. L'arrivée de Saint-Luc en 2016 dans le quartier Saint-Jean représentera environ 550 étudiants supplémentaires.

Emplois : la ville génère 20.000 emplois dont 11.000 se situent dans le centre-ville (commerces, PME, services, administrations, enseignement).

La zone d'activité économique de Tournai-Ouest implantée sur les villages de Marquain, Blandain, Orcq et Froyennes offre environ 2.500 emplois. 

Les zones commerciales des Bastions (430) et de Froyennes (400) ainsi que Kain (200) complètent ce tableau. Suite à l'extension des Bastions de nombreux emplois seront créés en 2016.

Taux de chômage : il est d'environ 15 % de la population.

Langues parlées : le français et le patois picard qui revient à la mode après avoir été snobé par la bourgeoisie qui, au début du XXe siècle, le trouvait vulgaire ! 

Culture :

Monuments à visiter : la cathédrale Notre-Dame du XIIe siècle (inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco), le beffroi du XIIe siècle, le plus ancien de Belgique (inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco), le Pont des Trous (fin du XIIIe - début du XIVe siècle), la Halle-aux-Draps érigée au XIIIe siècle mais reconstruite en 1610, le fort rouge, le séminaire de Choiseul, l'Hôtel de Ville construit à l'emplacement de l'abbaye de Saint-Martin, les souterrains de la citadelle, les églises Saint-Jacques (fin XIIe - début XIIIe), Saint-Quentin (XIIe), Saint-Piat (XIIe), Saint-Brice, Saint-Jean Baptiste...

Les musées : Musée d'Histoire et d'Archéologie, Musée militaire, Musée des Beaux-Arts, Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu, Musée de Folklore, Musée d'Histoire naturelle, Musée des Arts décoratifs, Centre de la Marionnette de la communauté française.

Salles de spectacles : Maison de la Culture, salle La Fenêtre, Halle-aux-Draps, salle Saint-Lazare, La Petite Fabriek (Froyennes), la Gueulière (Froyennes), le Foyer Saint-Eloi (Froyennes), cinéma Imagix.

Tournaisiens célèbres : Childéric, Clovis, Christine de Lallaing, Rogier de le Pasture (Van der Weyden), Jacques Daret, Robert Campin, Pasquier-Grenier (tapissier, fournisseur de la Maison de Bourgogne), Louis Gallait (peintre romantique), Barthélémy Dumortier (homme politique), Jean Noté, Georges Rodenbach, Hélène Dutrieu (aviatrice), Jules Bara (homme politique), Gabrielle Petit (résistante et espionne), Georges Grard (sculpteur), Frank Olivier Bonnet (comédien), Henri Vernes (le père de Bob Morane), Bruno Coppens (humoriste)...

(sources : Administration communale de Tournai - PV du collège communale - plan communal de mobilité - résumés des articles parus dans le blog Visite Virtuelle de Tournai)

S.T. décembre 2015.

 

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23/01/2012

Tournai : l'année 1903 sous la loupe (1)

Ouvrons cette nouvelle rétrospective, celle consacrée aux évènement de l'année 1903, par des informations composant l'actualité internationale. La plupart des évènements qui se déroulent en Europe orientale passent peut-être inaperçus à l'ombre des cinq clochers mais détermineront par la suite l'avenir de ces régions : le 11 juin, assassinat en Serbie du roi Alexandre 1er Obrénovitch, de son épouse et de ses principaux ministres par des officiers nationalistes, le 23 août, victoire des partisans de Lénine au 2e congrès du parti ouvrier social-démocrate russe à Londres, le 9 septembre, opposition de Trotski à Lénine, le 2 octobre, accord entre l'empereur François Joseph d'Autriche-Hongrie et le tsar de Russie, Nicolas II, à propos d'un plan de réformes en Macédoine. Le 20 juillet, le pape Léon XIII s'éteint à Rome, jusqu'à la désignation de son successeur, toutes les éditions du Courrier de l'Escaut paraîtront bordées de noir. Le 4 août, le très conservateur cardinal italien, Giuseppe Melchior Sarto est désigné comme son successeur, sous la pression de l'Autriche-Hongrie, il prendra le nom de Pie X. Le 19 juillet se termine à Paris, le premier Tour de France cycliste, remporté par Maurice Garin qui a bouclé les 2.428 kilomètres à une moyenne horaire légèrement supérieure à 25km/h.

Une des principales informations de cette année 1903 dans l'actualité nationale nous informe que trop d'enfants ne fréquentent pas l'école ou s'y rendent irrégulièrement. Cette constatation est notamment faite par le député Adolf Allard qui défend un projet d'enseignement obligatoire auquel s'opposent vivement les élus catholiques, défenseurs de l'enseignement libre et privé accessibles aux familles de la bourgeoisie. Le principal opposant est le catholique Arthur Verhaegen, défenseur de la liberté du père de famille. Tous les catholiques ne sont pourtant pas conservateurs, l'année 1903 révèle au public, surtout flamand, l'abbé Adolf Daens, un chrétien démocrate qui s'oppose, avec hargne, au parti Catholique en place. Interdit de toute fonction écclésiastique en raison de ses idées jugées extrémistes, il avait posé sa candidature aux élections et avait été élu député en 1902. Au parlement, le 11 mars, il attaque les députés catholiques en les accusant de vouloir maintenir volontairement le petit peuple, le monde ouvrier dans la plus grande misère et dans l'ignorance totale. L'Eglise réagit et menace d'anathème les chrétiens qui voteraient pour d'autres partis que le parti catholique. La vie romancée de ce prêtre ayant pris fait et cause pour les ouvriers des filatures de Flandres a été portée à l'écran par Stijn Coninx en 1991. Pour la petite histoire, notons que dans le village d'Ecaussinnes est organisé, le lundi de la Pentecôte, le premier goûter matrimonial. 

Dans l'actualité locale, l'instruction s'invite également au Conseil communal de la cité des cinq clochers. Voici ce que relate, à ce sujet, le Courrier de l'Escaut, alors journal d'obédience catholique : "Constatant que le bureau de bienfaisance distribue aux indigents une moyenne annuelle de 14 francs (pour relativiser cette somme rappelons que l'abonnement annuel au journal coûte 10 francs de l'époque), Mr Allard trouve que l'assistance de l'indigent est insuffisante et que d'autre part, le salaire de l'ouvrier tournaisien est, en général, trop modique parce qu'il ne possède pas une instruction professionnelle suffisante pour pouvoir exiger un plus fort. Il demande donc qu'on augmente cette instruction professionnelle des pauvres et, en général, tout enseignement puisque l'instruction est la base des classes laborieuses. A Tournai, dit-il, il existe 21% de miliciens illétrés alors qu'ils ne seraient que 0,15 % en Allemagne. L'enseignement professionnel communal n'a pas assez d'élèves et l'enseignement ménager est nul". Les partisans de l'enseignement libre s'opposent à ces propositions. 

En ce début d'année 1903, le journal officiel, le Moniteur Belge, publie la loi portant sur la nouvelle classification des communes. Conséquence de celle-ci, à Tournai, le nombre de conseillers est porté de 21 à 23 (non compris les quatre conseillers supplémentaires patrons et ouvriers). Cette année 1903 est une année électorale sur le plan communal, les états majors des partis fourbissent leurs armes et durant les conseils communaux tout est prétexte pour railler l'adversaire politique et le ridiculiser aux yeux de l'opinion publique, le combat entre les élus du parti catholique et les anti-cléricaux a encore de beaux jours devant lui. (à suivre).

09:10 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, instruction, enseignement, trotski, lénine |

23/09/2010

Tournai : un enseignement de qualité (3)

Evoquer chaque établissement scolaire tournaisien serait le fruit d'un travail de bénédictin, long et fastidieux pour le lecteur, j'ai donc fait le choix de traiter le sujet de façon très générale. Les éléments auxquels je fais référence datent, pour certains, d'environ 30 ans mais peuvent toujours constituer une référence.

 

Vingt trois classes maternelles étaient rattachées à l'enseignement primaire communal,le Lycée Royal (devenu Athénée Campin) et l'Ecole normale dépendant de la Communauté française possédaient également un enseignement maternel (qu'on appelle communément "écoles gardiennes"), dix écoles de l'enseignement libre ont aussi adjoint des classes maternelles à leurs écoles primaires.

 

L'enseignement primaire est partagé entre le réseau officiel et libre. Si Tournai compte vingt-quatre écoles primaires, sept d'entre elles sont communales. La plus importante est celle de l'institut Notre-Dame, dirigée par les Frères des Ecoles Chrétiennes, dont l'origine remonte à 1824 et qui se situe à proximité de la cathédrale entre le rue du Four-Chapitre et des Choraux. La plus ancienne est l'école dirigée par les Soeurs de l'ordre des Ursulines de l'Union Romaine, installée à la rue des Carmes depuis 1667. Les écoles des Soeurs de la Sainte Union des Sacrés-Coeurs à la rue des Campeaux (1873), des Soeurs de Saint-André, à la rue du Château (1860), de Saint-Louis, rue des Ingers (1879), des Salésiens de Don Bosco, boulevard Léopold (1895), de Saint- Joseph, chaussée de Lille (1898) sont fréquentées par plusieurs centaines d'élèves. L'école primaire la plus récente est l'école Saint-Michel, à la rue Saint-Eleuthère qui a connu un essor considérable suite à la création d'un tout nouveau quartier résidentiel à la fin des années soixante.

 

Dans l'enseignement dit "moyen", les institutions sont partagées entre la Communauté française (Athénée Bara, Athénée Campin, Ecole Normale) et l'enseignement libre (Institut Notre-Dame mieux connu sous le nom d'Ecole des Frères, collège Notre-Dame, collège Notre-Dame de la Tombe à Kain, Ursulines, Saint-André à Ramegnies-Chin, Sainte-Union).

 

Longtemps décrié, l'enseignement technique connaît enfin une reconnaissance méritée et est fréquenté par des milliers d'étudiants dont de très nombreux issus de pays étrangers parmi lesquels les Français sont les plus nombreux : l'institut Don Bosco (boulevard Léopold) s'est spécialisé dans les métierss de la construction, la mécanique, l'informatique..., les Hautes Ecoles de la Communauté française dispensant les cours de nursing, des professions para-médicales, l'école Jeanne d'Arc forme des puéricultrices et des infirmière hospitalières. L'Académie des Beaux-Arts compte environ 350 inscrits lors de la dernière rentrée académique, l'école d'architecture Saint-Luc à Ramegnies-Chins, enseignement universitaire rattaché depuis peu à l'UCL vient d'enregistrer 267 inscriptions en première année en cette rentrée 2010.. Des étudiants français viennent chaque année tenter leur chance en participant à un tirage au sort depuis l'instauration d'un numérus clausus, ceux-ci ne proviennent pas uniquement des départements jouxtant la frontière belge mais sont aussi originaires du Sud-Ouest, de Bretagne ou de la région parisienne. L'Ecole d'Horticulture, située au Boulevard Léopold, dispense un enseignement technique pour les métiers de la terre. Le Conservatoire de Musique devient lui trop petit dans ses locaux de la place Reine Astrid. L'ITMA, Institut Technique des Métiers de l'Alimentation (chaussée de Lille) est reconnu dans son domaine et remporte souvent, grâce à ses élèves, de nombreux prix en Belgique et à l'étranger.

 

L'enseignement privé est apparu en 1831 et fut fondé par Julien Telle, un grammérien qui quittera Tournai pour la capitale française, auteur de nombreux ouvrages sur la langue française, il sera élu secrétaire de la Société libre des Sciences, Belles-Lettres, Arts et Industrie de Paris. Tournai connut également l'Ecole Madeleine Montagne, rue de l'Athénée, disparue en 1971, l'Ecole Jonet, rue Beyaert et l'Ecole de Coiffure tournaisienne fondée en 1957 à la rue de Monnel.

 

L'enseignement spécialisé et les institutions pour handicapés adultes feront l'objet d'un article prochainement.

 

Si environ 24.000 élèves ou étudiants étudient à Tournai, il nous faut remarquer que ce secteur est pourvoyeur de près de 2.500 emplois directs (instituteurs, professeurs, éducateurs,  personnel administratif, personnel d'entretien...) et de nombreux emplois indirects.

 

(sources : "Dossier Tournai-Tournaisis de 1830 à nos jours" paru en 1976, article de Mr. Théo Verheyden, édité par le Comité tournaisien de l'Association des Villes historiques et informations parues dans la presse locale).

18:13 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, enseignement |

22/09/2010

Tournai : un enseignement de qualité (2)

Quoi de plus naturel d'aborder ce long sujet consacré à l'enseignement tournaisien par un cours d'histoire. 

 

Celle que nous avons appris lors de nos études fait remonter l'organisation de l'école à Charlemagne, c'est également ce que proclamait, dans une chanson, France Gall dans les courant des années soixante. A Tournai, selon l'historien J. Cousin dans son ouvrage sur Tournai parue en 1620, il existait déjà, au Ve siècle, un lieu d'enseignement qu'avaient fréquenté Saint Médard et Saint Eleuthère. Plus certainement, durant le XIe siècle, l'écolâtre Odon enseigne à Tournai les sept arts libéraux à des élèves venus de Flandre, de Bourgogne et même d'Allemagne. Nous avons vu dans la série consacrée à la construction de l'Hôtel des Anciens Prêtres qu'une école capitulaire existait à proximité de la cathédrale. L'évêque Walter de Marvis avait créé, au XIIIe siècle, l'école dite des Bons Enfants.

 

En 1620, une maison du Réduit des Sions fut achetée par l'évêque Maximilien de Gand pour y installer le collège des Hibernois ou Irlandais, fréquenté à l'origine par des jeunes gens natifs d'Irlande. En 1690, on note l'existence à Tournai d'un Collège de Médecine sous l'invocation de Saint-Luc et en 1824, l'Administration Communale va créer, aux Croisiers, une Ecole de médecine qui sera supprimée en 1846. On y enseignait la physiologie, la botanique, la chimie, la pharmacie, l'histoire naturelle, la pathologie... Notons encore la création d'une école industrielle, de l'Académie de dessin sur proposition du sculpteur Antoine Gillis en 1757 et d'une école de musique ouverte en 1829. C'est en 1773 que l'impératrice Marie-Thérèse concéda les bâtiments du noviciat des Jésuites qui venaient d'y être expulsés au chapitre de la cathédrale pour y ouvrir des classes et un pensionnat. Le collège fut réorganisé en 1810 par le maire de Rasse et mis à la charge financière de la Ville, sa direction devint laïque. Ce collège qui portait le nom d'Athénée Royal passa dans le giron de l'Etat en 1850.   

 

Dès le début du XVIIIe siècle, des écoles primaires virent le jour instituées par la charité privée ou par l'administration communale. C'est ainsi qu'on vit la création d'une école au local de Montifaut instituée par Marie Catherine du Chambge, le 10 janvier 1706. Dans la rue Blandinoise, une maison occupée par un écclesiastique dispensait également le savoir à de jeunes élèves. En 1819, des écoles gratuites qu'on désignait alors sous le nom de Jésuitesses furent ouvertes à la rue Madame et à l'impasse de la rue Dewasme. En 1858, une école primaire payante fut créée par l'Administration communale à la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Le XXe siècle apporta l'enseignement obligatoire tout d'abord jusqu'à l'âge de 12 ans pour être porté par la suite à 14, voire 16 ans. Aux écoles primaires de jadis, on allait adjoindre les maternelles accessibles dès l'âge de 3 ans, le quatrième degré qui prolongeait les études primaires, l'enseignement secondaire et l'enseignement technique supérieur. A la fin des années soixante se développa l'enseignement spécialisé d'abord primaire et ensuite secondaire qui permit aux enfants présentant un retard de développement, aux handicapés physiques ou mentaux de pouvoir apprendre à leur rythme. Un des pionniers dans le domaine à Tournai a été Gérard Canivet, fondateur avec son épouse, du Saulchoir à Kain. Rapidement le pouvoir communal ouvrit, à la Porte de Lille, les Horizons Nouveaux. Le décor est planté, l'histoire a été succintement résumée, nous pourrons désormais examiner les différentes possibilités qui sont offertes par l'enseignement, à notre époque, au sein de la ville des cinq clochers...

 

(sources : A.F.J Bozère "Tournai, Ancien et Moderne" édité en 1864 chez Adolphe Delmée, éditeur tournaisien) 

18:35 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, enseignement, histoire |

21/09/2010

Tournai : un enseignement de qualité.

Puisque les écoliers et étudiants ont repris le chemin de l'école, puisqu'on évoque ces jours-ci un projet d'allongement des études d'instituteurs de trois à cinq ans, l'Optimiste a décidé de se pencher sur le sujet de l'enseignement à Tournai.

 

La rentrée étant désormais effective dans tous réseaux, à Tournai, comme ailleurs, la circulation automobile est redevenue, en ce mois de septembre, un peu plus difficile aux heures de pointe et d'importantes files se forment sur les grands axes de pénétration dans la cité dès 7h30. Il y a bien entendu les navetteurs qui se rendant à la gare et les personnes qui travaillent au sein des services, des PME et des 780 commerces tournaisiens, il y a surtout près de 24.000 élèves et étudiants qui suivent des cours dans les différents établissement d'enseignement (chiffre qui m'a été fourni dernièrement par l'échevin de la mobilité). Un nombre réellement important par comparaison aux 30.200 habitants que compte la ville de Tournai sans les villages qui lui sont rattachés depuis la fusion des communes en 1976. Si trains et bus déversent quotidiennement un flot de jeunes, on relève également que, depuis une vingtaine d'années, une large majorité d'étudiants de l'enseignement supérieur viennent à Tournai au moyen de leur propre véhicule et que le co-voiturage n'y est pas encore entré de façon significative dans les moeurs. On n'est donc pas surpris de constater que les aires de stationnement de délestage situées aux entrées de la ville sont saturées dès 8h le matin. Il en va ainsi des parkings de la Maison de la Culture, du Halle des Sports de la CET, du quai Donat Casterman et des boulevards de ceinture. Bien malin, le visiteur occasionnel qui, en journée, voudrait trouver une place libre en voulant éviter le stationnement réglementé du centre de la ville. Cela devient aussi impossible que de décrocher la cagnotte d'Euro-millions !

 

Si à l'instar de Mons, Louvain-la Neuve, Namur ou Liège, la cité des cinq clochers n'est pas une ville à vocation universitaire, elle possède un enseignement allant de la maternelle aux hautes écoles en passant par les réseaux primaires, secondaires, techniques et l'enseignement spécialisé dont la spécificité est reconnue bien au-delà de nos frontières. L'enseignement dispensé à Tournai possède la particularité d'attirer de très nombreux étudiants français. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les cars spéciaux en provenance du Nord de la France amener quotidiennement des centaines de jeunes résidents dans l'Hexagone. Il est tout aussi facile de constater la présence de très nombreux véhicules immatriculés dans les départements du Nord, du Pas de Calais  et même de l'Aisne ou de la Somme qui stationnent durant la semaine, partout en ville. On ne compte pas non plus le nombre d'ambulances ou de véhicules médicalisés qui transportent de jeunes handicapés français vers les établissements dispensant l'enseignement spécialisé, certains viennent même de très loin, de régions situées aux portes de Paris.

 

Dans les articles qui vont suivre, nous allons parler de l'enseignement tournaisien, de son histoire et de son actualité. Nous voyageronsau sein des deux réseaux qui se côtoient, le libre et l'officiel, nous parelrons des écoles privées, un enseignement un peu plus confidentiel.  

10:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, école, enseignement |

05/11/2007

Tournai : vie quotidienne au XXIe siècle (14)

Victor Delplache quitte sa maison du faubourg de Lille, chaque matin vers 6h45, pour se rendre à la gare et embarquer dans le train de Bruxelles vers 7h05. Séverine, son épouse, ayant obtenu son transfert pour le siège local de son entreprise, lors de la naissance de leur fils, part une heure plus tard. Lorsque leurs deux enfants étaient en âge scolaire, elle les conduisait à l'école en partant au travail.

Tournai n'est pas une grande ville estudiantine dans le sens universitaire du terme, elle ne peut être comparée à Louvain-la-Neuve, Mons ou Liège, cependant, chaque jours, un très grand nombre de jeunes féquentent les différents établissements scolaires de la cité des cinq clochers. De nombreux établissements du réseau communal, communautaire ou du réseau libre subventionné offrent un choix multiple d'orientations. Qu'ils fréquentent le cycle maternel, primaire, secondaire ou les hautes écoles, ils y sont amenés par trains, cars ou voitures particulières, il est rare de s'y rendre en vélo et y aller à pied relève de l'exploit sportif. Circuler aux heures de pointe, le matin et le soir, en ville, est nettement plus difficile durant l'année scolaire que lors des périodes de vacances, preuve de ce nombre important de jeunes inscrits dans l'enseignement tournaisien.

La qualité de celui-ci est d'ailleurs reconnue au-delà de nos frontières et attire de nombreux jeunes du Nord de la France, du Pas de Calais et même de la région parisienne. On dénombre dans la ville plus d'une cinquantaine d'établissements scolaires. Le soir, après les cours, Hélène, la fille de Victor fréquentait également le Conservatoire de Musique, installé place Reine Astrid après avoir occupé durant de nombreuses années, des bâtiments à la rue Saint Martin, transformés désormais en Auberge de la Jeunesse.

L'Institut Saint Luc à Ramegnies Chin (architecture, ébenisterie, imprimerie), l'ITMA, chaussée de Lille (métiers de l'alimentation), l'Institut Don Bosco, boulevard Léopold (menuiserie, construction, imprimerie et informatique), la Haute Ecole Provinciale du Hainaut Occidental , rue Pol Pastur (kinésithérapie, ergothérapie, secrétariat médical, nursing), l'école Jeanne d'Arc, quai des Salines (professions para-médicales...), le Collège Notre-Dame, l'Athénée Royal, l'école des Frères, l'école d'Horticulture ou encore, le collège franciscain (langues), l'institut La Madeleine, de la Sainte Union et l'ITCF du Val d'Escaut, rue des Moulins, voilà quelques "fleurons" de l'enseignement tournaisien. Un autre type d'enseignement s'est développé ces quarante dernières années, l'enseignement spécial, le Saulchoir et les Colibris à Kain ainsi que les Horizons Nouveaux fondés à la porte de Lille avant de rejoindre Froyennes en ont été les précurseurs. Désormais, un large éventail est offert pour la scolarisation ou l'occupation de jeunes handicapés, là aussi de nombreux français ne trouvant pas de possibilités d'accueil chez eux passent chaque jour la frontière pour être accueilli dans des ambiances familiales.

"Il faut que j'aille conduire Pierre à l'entraînement" prévint Séverine. Pierre évolue au sein d'une équipe de Volley-Ball et participe au championnat de Division 3. Dans le prochain article, nous parlerons donc du sport à Tournai, non seulement celui de compétition mais aussi les activités sportives proposées à tous pour conserver la forme...

13:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, enseignement, enseignement special |