05/09/2016

Tournai : une sensible amélioration du cadre de vie !

Il n'y a pas que du mauvais... à Tournai !

Voilà une étude qui rejoint un article qu'un lecteur a fait parvenir au quotidien "le Courrier de l'Escaut" et qui est paru ce jour, sous le titre : "Il y a du bon à Tournai".

Sa lecture m'a fait replonger cinq années en arrière, à une époque où le "Nord-Eclair", autre quotidien régional, avait publié, en septembre 2011, les résultats d'un sondage sur "les dix points principaux qui énervaient les Tournaisiens".

Reprenant ceux-ci, j'ai essayé de voir ce qui était encore d'actualité en 2016. Ces points sont repris dans l'ordre d'importance attribué par les lecteurs d'alors et, en gras, on retrouvera ce qui ne s'est pas amélioré depuis lors ou qui s'est même parfois dégradé. 

Point 1 : Les pavés qui secouent

Si depuis la parution de ce sondage, des rues ont été rénovées dans le centre-ville, principalement dans le quartier cathédral, d'autres ont continué à se dégrader et à faire pester ceux et celles qui les empruntent quotidiennement. On peut placer sur une même ligne les rues Royale, Saint-Martin, de la Citadelle, la placette aux Oignons (qu'on aurait pu refaire en même temps que la rue Perdue dont elle est le prolongement) et des Jésuites

Entre-temps, le catalogue des voiries en mauvais état s'est enrichi de la place Verte, de la Grand-Place dont les pavés descellés cliquettent au passage de chaque véhicule et de la rue de la Madeleine qui ressemble à une véritable tôle ondulée en raison des nombreuses tranchées mal rebouchées par les divers intervenants et qui forment des "casse-vitesse" involontaires ou de légers effondrements de chaussée. 

Point 2 : La saleté dans les rues.

C'est un problème endémique à la Wallonie, au point où on est en droit de se poser la question de savoir si les habitants du Sud du pays sont devenus, peu à peu, de véritables cochons. Sacs d'immondices abandonnés sur les trottoirs ou déposés plus de 24 h avant la collecte, canettes jetées après usage, mégots de cigarettes (surtout aux portes des établissements de l'Horéca), papiers s'envolant des tables des terrasses situées sur la Grand-Place, herbes folles poussant le long des bâtiments communaux ou de particuliers, trottoirs pas ou mal entretenus par les habitants, filets d'eau encombrés de détritus, objets divers laissés sur la voie publique... Arrêtons là la description, le tableau est déjà assez réaliste.

Depuis la décision prise par la Région Wallonne d'interdire les désherbants (dans un but louable de protéger les nappes phréatiques et la santé des habitants) aucune solution valable de remplacement n'a été trouvée. Comme toujours dans notre pays et pour paraphraser l'ancien ministre Achille Van Acker : "J'agis et puis je réfléchis"! 

Point 3 : les cafés et boites de nuit qu'on ferme trop tôt pour les noctambules.

Une fermeture du secteur Horéca à 1h du matin en semaine et à 3h lors des week-ends et jours fériés est une solution plus que raisonnable. On sait que plus la nuit avance plus le risque de tapage nocturne, de bagarres, de dégradations et d'accidents de la circulation (avec souvent de lourds bilans) augmente en raison de la fatigue et de l'imprégnation alcoolique des noctambules. Hélas, le nombre de "oisifs" étant de plus en plus important, beaucoup, aujourd'hui, dorment durant la journée et vivent la nuit, au grand dam de ceux qui travaillent !

Point 4 : la longueur des feux de circulation au carrefour des Quatre Coins Saint-Jacques. 

Le problème est résolu, suite aux travaux réalisés pour la rénovation de la rue de Courtrai, ces feux ont disparu et la priorité de droite est désormais en vigueur.

Point 5 : Les mendiants et les marginaux.

La situation fluctue. il y a toujours des mendiants aux portes des banques que ce soit sur la Grand-Place ou dans la rue Royale. Il y en a même plus qu'il y a cinq ans. Contrairement à ce que certaines "bonnes âmes" pensent, il ne s'agit pas de "pauvres" au sens réel du terme mais de personnes qui ont fait le choix d'une vie aux crochets de la société. Certaines demandent de la nourriture qu'elles jettent ensuite aux pigeons à l’affût sur les toits. Ces volatiles sauvages sont des vecteurs de maladie, on semble l'ignorer, comme on semble aussi méconnaître le fait que plus un animal trouve de la nourriture en abondance, plus il se reproduit !

En cinq ans, les marginaux sont devenus plus nombreux. Jusqu'il y a peu, on trouvait des "bandes" d'individus dans la rue Royale ou sur le quai Saint-Brice buvant, braillant, se disputant et agressant les passants. A cause d'eux, le sentiment d'insécurité parmi la population a nettement augmenté depuis le sondage de 2011. 

La police fait son possible pour empêcher ces rassemblements mais ces gens-là ne font plus preuve d'aucune retenue et provoquent même parfois les forces de l'ordre. 

Point 6 : L'absence ou le manque de pistes cyclables. 

Tournai est devenue une ville cyclable. En cinq ans, par la création de pistes ou de couloirs destinés aux cyclistes ou par l'organisation de brevets en faveur des jeunes des écoles qui souhaitent utiliser le vélo pour se promener ou se rendre aux cours, la ville a résolu ce point de la meilleure des façons. 

Point 7 : le stationnement délicat et le peu de zone bleue.

Le stationnement est toujours aussi délicat, comme il l'est ailleurs, car, depuis ce sondage le stationnement payant dans le centre a été étendu à de nouvelles rues et la zone bleue concerne désormais tout l'intra-muros. Par contre, de nombreuses places ont été perdues dans les rues rénovées du quartier cathédral (rue de Courtrai, du Curé Notre-Dame, place de l'Evêché ou rue de l'Hôpital Notre-Dame pour ne citer que celles-là). Il y a plus de mécontents que de personnes satisfaites puisqu'aucune solution de remplacement (création de nouveaux parkings de délestage) n'a été réalisée. Il s'agit d'une demande de la Région Wallonne qui accorde des subsides à condition de chasser les voitures du centre des villes, hélas, sans penser aux personnes âgées ou à celles qui se déplacent difficilement. "J'agis et après je réfléchis !". 

Point 8 : L'insécurité sur les quais

Il n'y a plus d'insécurité à Tournai ! Tout au moins si on en croit la presse locale qui ne répercute plus aucun fait divers ou très peu. La police intervient à de nombreuses reprises au long d'une journée et plus encore durant la nuit, ceux qui se promènent en ville en sont témoins, mais cela se fait maintenant en toute... discrétion. Museler la presse pour donner une belle image de marque de sa ville est une idée wallonne qui a été prise à Tournai comme à Charleroi, à Mons ou ailleurs.... On appelle cela la politique de l'autruche ou la méthode Coué. "Dormez tranquille, braves citoyens, ce qui ne se sait pas, ne nuit pas".

Point 9 : Les travaux de la rue des Puits l'Eau et du piétonnier.

Ce problème spécifique n'est plus d'actualité, les travaux du quartier cathédral sont terminés. Toutefois, il s'est reporté sur une voie de grande circulation à hauteur du quai Dumon et de la rue Becquerelle en travaux depuis trois mois et bientôt, il concernera les quais depuis le Luchet d'Antoing jusqu'au pont Notre-Dame en raison du chantier de l'élargissement de l'Escaut.

Point 10 : Les embouteillages aux heures de pointe sur les boulevards et l'avenue de Maire

Les files aux heures de pointe se forment dans toutes les villes du royaume. Tant que chaque automobiliste se rendra individuellement à son travail ou conduira ses enfants à l'école en voiture, les files s'allongeront. La décision du S.P.W de réduire à une bande la circulation, dans chaque sens, la chaussée de Bruxelles a encore terni un peu plus le tableau mais comme vous le savez désormais : "J'agis et après je réfléchis". 

Quatre points sur dix ont été améliorés, c'est bien, mais nos édiles peuvent mieux faire. Refait à notre époque, ce sondage donnerait probablement d'autres résultats et il ne faut pas être devin pour se dire que "insécurité", "saleté" et "état des voiries" seraient les maîtres mots des lecteurs, les médailles d'or, d'argent et de bronze remportées par nos édiles. 

Je ne me lancerai pas dans un sondage mais...vos commentaires sont les bienvenus tout en restant dans la limite de la correction !

S.T. septembre 2016.

17/03/2015

Tournai : une petite ville qui a tout d'une grande !

Plan communal de mobilité, plan de stationnement, horodateurs, zones bleues, parking souterrain, embouteillages aux heures de pointe, insécurité, incivilités... tout cela n'est pas ou n'est plus l'apanage des grandes cités, il est, en effet, terminé le temps des petites villes de province bien tranquilles où il ne se passait pratiquement rien et où les habitants goûtaient la joie de vivre dans la plus grande des quiétudes !

La mobilité.

Il suffit de se déplacer aux heures de pointe pour constater que les routes menant aux entrées de la ville se caractérisent, matin et soir, par de longues files de véhicules qui amènent ou reconduisent ceux qui ont encore la chance d'y avoir un emploi et surtout les très nombreux écoliers et étudiants fréquentant les différentes formes d'enseignement (ils sont plus de 7.000). Parmi ceux-ci, les Français représentent un contingent non négligeable, preuve de la qualité de l'enseignement tournaisien d'une part et de la difficulté de trouver des possibilités dans l'Hexagone d'autre part.

Entre sept et neuf heures et quinze et dix-huit heures, sur la Nationale 7 (Bruxelles-Ath-Tournai), c'est une longue procession de véhicules qui commence au rond-point Lemay (à la sortie de l'autoroute E42) pour atteindre la Porte de Marvis. Les problèmes sont similaires sur toutes les autres axes permettant l'entrée dans la cité des cinq clochers (carrefour des Résistants, porte Saint-Martin, Porte de Lille, rond-point de l'Europe ou du Viaduc). Le problème semble insoluble car trop de véhicules arrivent ou partent en même temps. Si on y regarde de plus près, on verra qu'une majorité de ceux-ci est occupée par le seul conducteur et que les transports en commun sont bondés, parfois même à la limité de la capacité des véhicules. Une réduction drastique de la circulation passe donc par la solution du covoiturage qui permettrait d'aérer les rues, au propre comme au figuré !

Le stationnement.

Voilà, le casse-tête permanent de l'échevin de la mobilité : où stationner tous ces véhicules qui entrent en ville ? On estime à environ huit mille places de stationnement disponibles à l'intérieur de la ceinture des boulevards. Avant même l'arrivée des itinérants journaliers, il faut déjà compter les véhicules appartenant aux habitants permanents de la cité qui ne possèdent pas tous un garage. Il faut tenir compte des étudiants étrangers possédant un kot à Tournai et qui mobilisent une place "à la semaine". On a donc déjà réduit d'une bonne moitié, le nombre de places disponibles. Celles qui restent vont être âprement disputées ! Il faut alors intégrer la demande des commerçants de l'intra-muros qui souhaitent une rotation des véhicules pour faciliter l'accès à leur commerce par la clientèle, il faut intégrer les places destinées aux personnes à mobilité réduite, il faut aussi assurer aux riverains la possibilité de stationner à proximité de leur habitation. On découvre ainsi les éléments de la quadrature du cercle qui empoisonnent ceux qui souhaitent trouver des solutions au problème !

Le nouveau plan communal qui entrera en vigueur le 1er avril prochain tente de répondre à ces diverses demandes contradictoires. Le stationnement sera réglementé sur l'entièreté du territoire compris entre les boulevards de ceinture : dans l'hyper-centre, il sera payant comme auparavant. Ces dernières semaines, on a remplacé les vieux horodateurs par de nouveaux modèles intégrant pièces de monnaie et carte de banque. On a introduit la notion de "premier quart d'heure gratuit" permettant d'effectuer une visite rapide dans un commerce (achat d'un journal, de pain...), un disque est d'ailleurs prévu à cet effet. Le reste des rues sera en "zone bleue" limitée à deux heures (les zones "quatre heures" plus excentrées du centre ont été supprimées).

Cela va-t-il résoudre tous les problèmes et mettre les automobilistes sur le même pied d'égalité ? Peut-être, si ...les automobilistes étrangers qui stationnent sans vergogne se moquant de la réglementation sont également poursuivis et payent la même redevance de 15 euros par demi-journée pour non-respect des règles de stationnement. On chassera ainsi les voitures ventouses qui squattent les places pour une longue durée.

Le parking souterrain de la rue de Perdue.

Celui-ci, réclamé à cors et à cris par les commerçants pour qui il constituait une possibilité supplémentaire de stationnement à proximité des commerces du centre, est loin de faire recette. Plus d'un an après son ouverture, il est sous-utilisé, ses gestionnaires évoquent un taux d'occupation d'à peine 50%. Il est pourtant plus avantageux que le parking en surface.

Il est donc à la limite inconcevable de constater qu'alors que ce parking affiche toujours la mention : "libre", des conducteurs, le plus souvent étrangers à la ville, stationnent leur véhicule en dépit du bon sens et surtout dans le non-respect du code de la route. On les retrouve sur les passages pour piétons ou sur les trottoirs (rue Perdue), devant des panneaux interdisant le stationnement, ou en dehors de la zone prévue pour celui-ci (rue des Maux, Grand-Place, rue du Four-Chapitre ou rue de Courtrai) ou encore, là où il est totalement interdit de circuler (plateau de la gare)... Ils profitent probablement d'un sous-effectif de notre police communale qui a malheureusement bien d'autres chats à fouetter lors des week-ends ou d'une certaine mansuétude de leur part. Si tout un chacun remarque et peste parfois contre ces faits, les patrouilles régulières qui parcourent les rues de la ville ne sont pas sans l'observer.

L'insécurité.

Soyons très prudents lorsqu'on aborde la problématique de l'insécurité, ce mot devient, peu à peu, le symbole d'une époque où la violence est plus marquée. Le sentiment d'insécurité est-il objectif ou subjectif ? N'est-il pas parfois amplifié par certains pour justifier leur vision ultra-sécuritaire ? Quel jeu joue la presse "à sensation" dans cette problématique ?

L'Optimiste a consulté les chiffres de la criminalité en région wallonne publié par la police fédérale. Ils peuvent paraître révélateurs mais il ne faut pas tomber dans le piège de la  comparaison car, chacun sait que "comparaison n'est pas raison".

En Wallonie, chaque région possède ses particularités. Plus la cité est étendue et peuplée, plus les chiffres seront élevés, seul le ratio entre les faits et l'importance de la population peut apporter une certaine indication. Tournai n'est pas Liège ou Charleroi.

Certaines régions sont marquées par le chômage engendré par la crise économique et financière qui marque ce début de siècle, on sait que l'oisiveté est mère de tous les vices mais, là aussi, il ne faut pas en faire une généralité. D'autres lieux sont situés en zone frontalière et on constate que la criminalité s'exporte plus facilement.

Nous avons comparé trois villes de Wallonie picarde : Ath, Mouscron, Tournai. La ville d'Ath ne peut être assimilée à la zone frontalière, comme ses consœurs d'Enghien et de Lessines, elle s'apparente plus à une ville-dortoir pour les personnes travaillant à Bruxelles ou à Mons.  

En 2014, on a enregistré, en région wallonne, 15.566 cambriolages dans les habitations (Ath : 121, Mouscron : 277 et Tournai : 313), 339 arrachages de sac (Ath : 1, Mouscron 3, Tournai : 27), 2.946 vols avec violence mais sans possession d'arme pour les perpétrer ( Ath : 13, Mouscron : 39, Tournai : 84), 8.380 faits de dégradation de véhicules : (Ath : 81, Mouscron : 169, Tournai : 209), 12.530 vols dans un véhicule (Ath : 81, Mouscron : 295, Tournai : 321),  2.649 vols de véhicules  (Ath : 11, Mouscron : 96, Tournai : 58),  1.246 vols de bicyclettes (Ath : 36, Mouscron : 96, Tournai : 58), 2.943 vols à la tire (Ath : 10, Mouscron : 23, Tournai : 70), 3.049 vols à l'étalage (Ath : 18, Mouscron : 49, Tournai : 123) enfin 929 vols à main armée ont été recensés (Ath : 3, Mouscron : 26, Tournai : 25).

La violence à Tournai (vols à l'étalage, vols de GSM, agressions de personnes) est avant tout le fait d'une bande d'individus, bien connus des services de police, souvent multirécidivistes ou de bandes urbaines du Nord de la France, ayant, un jour, pris le quai du Marché aux Poissons et les environs de la place Saint-Pierre pour donner libre cours à leur violence.

Notons que le récent carnaval s'est déroulé dans une atmosphère bon-enfant, il y a bien eu quelques individus, imbibés d'alcool et cherchant la bagarre qui ont subi une arrestation administrative mais cela ne se distingue pas par rapport à la normalité. Il y a et il y aura toujours des poivrots enclins à chercher noise aux autres, il y a et il y aura toujours l'un ou l'autre qui roulera dans le caniveau, il y a et il y aura toujours des "camés" à la recherche d'argent facile pour acheter leur dose, cela a toujours existé mais n'obtenait pas l'écho qu'une certaine presse, avide de sensations, met en exergue quotidiennement !

L'installation souvent annoncée de caméras et le renfort des effectifs de police devraient être deux excellentes mesures pour rassurer la population et l'inviter, comme avant, à se promener tranquillement à Tournai, le soir. Pourvu que la volonté politique soit présente ! "Sécurité et Civisme" étaient les maîtres-mots du discours de Pol-Olivier Delannoy en janvier 2015.

Les incivilités.

Fléau de notre époque, le manque de civisme flagrant est également à la base d'un sentiment d'insécurité. Paquets de frites, cannettes, papiers jetés sur la voie publique, tags sur les bâtiments du centre-ville, déjections canines, poubelles traînant sur les trottoirs quelques jours avant la collecte bihebdomadaire ou hebdomadaire... les "petits hommes verts" ont bien du souci à se faire. Pour avoir pris la défense de l'honnête citoyen, l'échevin délégué à la fonction mayorale a, de suite, été qualifié de "sheriff" par ceux et celles qui sont peut-être à la base de ces incivilités. On vit une époque où la moindre remarque choque profondément celui qui se sent concerné, la liberté dont nous jouissons ne nous donne pas le droit de tout faire comme on a envie.

Un peu plus de civisme de la part des habitants et des visiteurs rendrait à la ville cette notion de cité où il fait bon vivre qui fut la sienne jusqu'il y a une ou deux décennies ! 

(sources : statistiques de la police fédérale, presse locale).

S.T. Mars 2015.