31/01/2009

Tournai : l'année 1988 sous la loupe (4)

Si vous êtes des fidèles de nos articles, vous aurez appris que les plus grands cirques européens (Médrano, Pinder, Tony Boltini, Althoff, le Cirque de Moscou, Jean Richard, Bouglione, Kröne, American Circus...) ont toujours fait une halte à Tournai. La population de notre ville aime les arts circassiens, aussi n'est-il pas étonnant que, réfléchissant à la création d'un festival-évènement qui aurait pour but d'assurer le renom, à l'étranger, de la cité des cinq clochers, des organisateurs songent à mettre sur pied un festival international de cirque amateur.

L'Administration communale, la Maison de la Culture, No Télé et quelques mécènes s'associent, en cette année 1988, pour créer "La Piste aux Espoirs". Celle-ci se déroulera, pour la première fois, en mars 1988, elle sera ouverte aux amateurs et aux élèves issus des écoles de cirque. Séduite par le projet, Mme Annie Fratellini propose de l'organiser sous le chapiteau de l'Ecole nationale du Cirque français qu'elle dirige. Il sera dressé sur la Plaine des Manoeuvres à proximité de la Maison de la Culture. Le projet à peine connu, les demandes d'inscriptions affluent de différents coins d'Europe. Le 13 mars 1988 a lieu la première édition d'un festival qui a fêté ses vingt années d'existence, il faut refuser des spectateurs, le jury est composé, outre Annie Fratellini, de Patrick Hourdequin, le tournaisien régisseur du Festival de Cirque de Monaco, de Noël Coeck, journaliste et artiste et de Jean Paul Lenglez, libraire de la place de Lille, amateur inconditionnel, ami des plus grands directeurs de cirque avec lesquels il a de nombreux et réguliers contacts. Parmi les lauréats de la première édition retenons les clowns "Elastique et Bigoudi". Comme la plupart des vainqueurs qui se succèderont à Tournai, Elastique a fait carrière dans le monde du spectacle.

Le 6 avril, trois semaines après le festival, le cirque Achile Zavatta fait étape à Tournai. Autre excellente nouvelle en ce début d'année 1988, Bruno Coppens, le magicien des mots originaire de Blandain, commence à se faire un nom dans le monde de l'humour et se produit à Paris, au "Tintamarre", le théâtre de la rue des Lombards, situé dans le IVe arrondissement, il y a obtenu un contrat pour le premier semestre de l'année 1988. Evènement culturel également exceptionnel , le 19 février, en l'église Saint-Paul, à l'occasion du millénaire du baptême de la Russie (en 988), un concert oecuménique par la Chorale et les l'Orchestre, les XVI, de Charleroi, y est organisé au profit du fond "Monastère Danilov". Enfin au mois d'avril, le public tournaisien découvre un nouvel artiste, le jeune Dominique Tratsaert. Il a trouvé un lieu original pour exposer ses oeuvres, le hall du cinéma des Variétés, à la rue du Cygne. Exposant pour la première fois, le jeune artiste a pris pour thème l'univers de la BD et du Polar. Décors dignes de séries noires mêlant personnages inquiétants, tableaux emprunts d'un soupçon de fantastique, d'une légère touche d'érotisme, un genre tout à fait nouveau pour l'époque...