10/05/2017

Tournai : Froyennes, la sérénité à proximité de la cité ! (1)

Froyennes, un charmant village aux portes de la cité des cinq clochers.

Le village de Froyennes est situé à moins de cinq kilomètres du centre de la cité des cinq clochers. Pour le découvrir, il suffit quitter la chaussée de Lannoy (la route qui relie Tournai à Roubaix) et d'emprunter la rue Abbé Nestor Frère. Celle-ci nous emmène vers l'étang qui se trouve tout à côté de l'église et de la place communale. de préférence, la visite se fait à pied car ce village invite à la flânerie quelle que soit la saison. 

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Pièces d'eau et espaces verts sont omniprésents dans ce village dédié à la promenade.

Le château de Beauregard.

Face à l'étang se dresse le château de Beauregard. De style néoclassique, au cœur d'un splendide domaine, il appartient depuis 1791 à la famille Le Bègue de Germiny. Il est l'oeuvre de l'architecte et officier du génie belge, Antoine Payen, dit 'l'Ainé", à qui on doit également le château de Laeken et le celui du Belvédère. Son parc comporte des espèces rares d'arbres et un étang qui s'étend sur près deux hectares. 

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En 1995, le château a servi de cadre pour le tournage d'une scène du film "Le huitième jour" de Jaco Van Dormael. Ce dernier permit à Daniel Auteuil et à Pascal Duquesne d'obtenir, conjointement, le prix d'interprétation masculine au festival de Cannes 1996. Ceux qui ont vu le film se remémoreront la scène au cours de laquelle le jeune Georges (Pascal Duquesne) voit les autres jeunes partir en vacances avec leurs parents alors que lui attend, vainement, une maman qui ne viendra plus. Pour les besoins du scénario, une allée centrale avait été créée au travers de la pelouse. Repérage des lieux et tournage demandèrent plusieurs jours pour une apparition d'une durée d'à peine une minute dans le film. 

Le domaine a été récemment mis en vente par ses propriétaires qui n'habitent plus Tournai et une étude est actuellement réalisée afin d'étudier la possibilité d'y créer un hôtel 4* et des thermes. 

La fontaine Saint-Eloi.

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La fontaine Saint-Eloi a été restaurée en 2012 grâce à l'intervention d'un mécène

Voici une résurgence d'eau qui date de bien longtemps. Au XIXème siècle, on disait d'elle qu'elle soignait les crampes d'estomac et les problèmes intestinaux. De nombreuses personnes venaient régulièrement puiser un peu de cette eau. En ce qui me concerne, au début des années soixante, avec des copains de classe, j'allais y pêcher l'épinoche au moyen d'une canne confectionnée d'une simple branche d'arbre et d'une corde munie d'un nœud coulant. Un simple ver de terre attirait par dizaines ces hôtes voraces. L'eau du ruisseau qui s'échappe de la fontaine foisonnait alors de ces petits poissons.

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Le bassin de la résurgence.

Partant de la fontaine, longeant un chemin fait d'ombre et de lumière, entre murs et jardins, le petit ruisseau s'écoule lentement vers l'étang. Peu pressé de le rejoindre, il semble, au contraire, prendre tout son temps, coulant mollement au sein d'un paysage bucolique où gazouillent pinsons et alouettes, où chantent les merles et roucoulent les pigeons ramiers.  

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 Il vient parfois lécher des demeures magnifiquement restaurées se mirant dans ses eaux limpides.

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et flirte sans honte avec d'anciennes tourelles émergeant d’îlots de verdure.  

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Dans le prochain article, nous allons continuer à le longer afin de découvrir son parcours au cœur du village et de faire d'autres rencontres tout aussi pittoresques.

(à suivre)

S.T. mai 2017.

23/07/2007

Tournai et ses villages : Froyennes

Quittant Tournai par la rue Saint Eleuthère ou la chaussée de Roubaix, on entre sans transition dans le village de Froyennes. S'étendant sur 550 hectares, il compte pas moins de 2.300 habitants.

On y a découvert des traces d'habitat datant de la période paléolithique (période qui voit apparaître l'ancêtre direct de l'homme, l'homo sapiens sapiens, et la naissance de l'industrie de la pierre). Durant l'époque romaine, Froyennes devient le site d'une villa. Au XIIème siècle, les écrits parlent du village alors dénommé Frogana, déformation probable du latin Frugana désignant une terre à céréale à l'époque gallo-romaine. Son nom se déformera encore au fil des siècles, Frogana deviendra Froiana, passera par divers autres noms pour devenir Froyane au XIVème siècle et Froiesne au XVIème siècle. Le nom de Froyenne apparaît pour la première fois au XVIIème siècle. En 1108, celui qui nous accompagne de visites en visites, le pape Pascal II confirme au chapitre Notre-Dame de Tournai la possession de la chapelle de Froyennes. Jusqu'alors fief du roi de France, le territoire sera vendu au seigneur de Mortagne d'Audenaerde au XIIIèmes siècle, deviendra ensuite propriéré des Ribemont (XIVème), des Chin et ensuite des Le Lombart (au XVème). Durant cette période, les invasions furent nombreuses, ainsi en 1302, les Flamands pillèrent le village et incendièrent la ferme de l'abbaye de Saint Martin. En 1478, ce sont les troupes de Maximilien d'Autriche qui causent d'importants dommages lorsque, celles-ci en guerre contre Louis XIV, l'envahissent. En 1566, les Calvinistes dévastent l'église. En 1640, lors de la guerre entre la France et l'Espagne, Froyennes se voit à nouveau pillé par les troupes régulières mais aussi par des brigands.

Evoquons trois témoins de cette histoire : le château de Beauregard, actuellement propriété du Comte de Germiny, au centre d'un vaste parc avec plan d'eau et prairies est inconsciemment connu dans le monde entier puisqu'une scène du film le "Huitième Jour" de Jaco Van Dormael avec Pascal Duquenne et Daniel Auteuil, primés au Festival de Canne, y a été tournée en 1995. Il s'agit de la scène où Georges, le jeune mongolien, voit partir pour les vacances les autres résidents de l'institution dans laquelle il vit depuis la mort de sa mère. Le moulin à eau, probablement érigé dans le courant du XIIème siècle, reconstruit en 1682 et rénové pour la dernière fois en 1967 est situé en contre-bas du grand vivier, il a cessé toute activité en 1962. Faisant face à l'imposant couvent des Soeurs de la Sainte Union, il est l'endroit préféré des photographes à qui sont confiés les reportages de mariages. L'église Saint Eloi datant de 1840 avec sa tour occidentale, sa nef et collatéraux à cinq travées, son chevet semi-hexagonal avec sacristie domine la petite place du village.

Jaillissant de la Sainte Fontaine, appelée "Fontaine Saint Eloi", l'eau forme un ruisseau qui donne naissance à deux viviers, situés derrière l'église, sur lesquels évoluent canards et poules d'eau. Son débit a fortement diminué depuis la création de l'autoroute dont les travaux de drainage ont récolté les eaux des nombreuses sources qui l'alimentaient. Le dimanche, Froyennes est le lieu préféré de promenades des amoureux mais aussi des jeunes couples qui peuvent laisser gambader leurs enfants en toute liberté.

Témoin, aujourd'hui disparu d'une autre époque, la Maison Mamour située le long de l'ancienne chaussée de Courtrai était réputée pour ses "Tartes aux preones" (prunes) et était l'annuel rendez-vous des "cousettes" (ouvrières employées dans la confection) qui venaient y fêter la Saint Anne, à la fin du mois de juillet. Les frondaisons de la drève de Maire qui mène de Tournai à Froyennes étaient alors parcourues par des dizaines de jeunes filles ou jeunes femmes portant leurs plus belles toilettes d'été, protégées du soleil sous leurs ombrelles. Depuis quelques temps cette tradition a cependant disparu, désormais, à cette époque de l'année, les cousettes du XXIème siècle se dorent sur les plages d'Espagne, de Tunisie ou tout simplement de la Mer du Nord. Dans les années nonante, l'ancien café du "Pont Royal", situé entre l'ancienne et la nouvelle chaussée de Courtrai a été transformée en restaurant "Chez Léon" de Bruxelles. Depuis le début des années septante entre l'Escaut, l'autoroute et la chaussée de Courtrai a été créé le zoning commercial de Froyennes avec ses dizaines de magasins : Carrefour, Lidl, Aldi, la Foirefouille, E5 mode, O'Cool... Dans les années quatre-vingt, les services de la Poste y ont fait érigé un centre de tri ultra-moderne... juste avant que celui-ci ne soit regroupé avec d'autres à Fleurus et un bureau de poste qu'ils ont fermé en 2010 au profit d'une nouvelle implantation située sur l'avenue de Maire à Tournai.

(sources : Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "Répertoire des sanctuaires de Belgique" édition 1982, " Le moulin de Froyennes" de Jean Louis Pion, édition 1970 et recherches personnelles).