03/02/2016

Tournai : une cité qui mérite plus de visibilité et même plus de respect !

On ne prête qu'aux "riches" dit-on !

A la fin du siècle dernier, les gens qui nous gouvernent ont souhaité élever une ville au titre de "Capitale culturelle du Hainaut". La ville de Tournai avait espéré hériter de cette dénomination. Le choix des décideurs s'est porté sur Mons, chef-lieu de province. Rien de surprenant, dans les milieux politiques, le mot cumul des titres, fonctions ou mandats est d'une telle banalité que cela n'a choqué personne... et puis, la cité des cinq clochers, depuis la disparition de René Lefebvre, n'avait plus jamais eu un ministre pour la soutenir ou la défendre au niveau des différents niveaux de pouvoir.  

On sait depuis longtemps que la politique wallonne ne jure que par quatre grandes villes : Liège, Namur, Charleroi et Mons, ces cités ont trop tendance à se partager la gestion de toute la région wallonne, malheureusement, en se servant largement au passage. Les autres régions sont considérées par elles de la même façon, qu'en France, Paris snobe tout ce qui est provincial. Pour certains lecteurs, les termes utilisés vont, peut-être, paraître outranciers et pourtant, même les médias nationaux, la RTBf et surtout RTL-TVI en tête, ignorent le plus souvent l'existence de Tournai et leurs reporters n'envahissent nos rues que pour un fait délictuel très grave, une catastrophe ou pour dresser le portrait de Dodo la Saumure, une "réputation" dont on se serait bien passé ! 

Les arguments qui plaidaient en faveur de la ville.

Son riche patrimoine immobilier, témoin de l'Histoire :

La cathédrale Notre-Dame aux cinq clochers du XIIe siècle, mêlant style roman et gothique et possédant 2005 Tournai la Halle-aux-Draps.JPGun Trésor d'une grande richesse culturelle, ses nombreuses églises dont les plus anciennes datent des XIIe et XIIIe siècle (arguments probablement trop catho pour la mentalité qui prévalait), un beffroi de la même époque, rénové voici une vingtaine d'années, une Halle-aux-Draps du XVIIe siècle également restaurée, un Pont des Trous de la fin du XIIe et début du XIIIe siècle, une des dernières portes d'eau existant en Europe du Nord, la tour Henri VIII, toujours dans l'attente de rénovation tout comme les tours Marvis, vestiges de la dernière enceinte de Tournai mais aussi le Fort Rouge, la Tour Saint-Georges, la Tour de la Loucherie, la Tour du Cygne, les souterrains de la citadelle construite sous Louis XIV par de Mesgrigny sur des plans de Vauban, le Mont-de-Piété, le séminaire de Choiseul, l'Hôtel de Ville érigé à l'emplacement de la puissante abbaye de Saint-Martin, les maisons "art nouveau", dont la plupart sont situées dans le quartier de la gare,les maisons romanes du quartier Saint-Brice et les maisons gothiques de la rue des Jésuite.2006 Tournai St Brice maisons romanes (1).JPG

 

Son passé prestigieux :

Ville près de deux fois millénaire, Tournai est parfois appelée, le "berceau de la France", car première capitale du royaume Franc, Clovis, fils de Childéric 1er, y est né et y a vécu avant de rejoindre Paris (Lutèce) pour poser les fondations de la France. La cité royale peut s'enorgueillir d'avoir accueilli les plus illustres personnages de l'Histoire : Philippe-Auguste, Saint-Louis (Louis IX), Henri VIII d'Angleterre, Charles-Quint, Louis XIV... entre autres.

Parmi les documents les plus anciens retrouvés et conservés à Tournai figure notamment la "Messe de Tournai", la plus ancienne messe polyphonique qui soit parvenue jusqu'à nous, elle est reprise sur un document anonyme datant du début du XIVe siècle.

Ses enfants célèbres :

2006 Tournai statue de Louis Gallait.JPGDu peintre Rogier de le Pasture (Van der Weyden) né à Tournai en 1399 à l'actuel2005 Tournai monument Rogier de la Pasture.JPG humoriste Bruno Coppens, Tournai a vu naître, entre autres, le peintre primitif flamand Jacques Daret en 1404, le célèbre tapissier Pasquier Grenier en 1447, l'homme politique Barthélémy Dumortier, fondateur du Courrier de l'Escaut (le plus vieux journal de Belgique), impliqué dans la Révolution de 1830 et parlementaire né en 1797, le peintre romantique Louis Gallait né en 1810, le sculpteur Guillaume Charlier né en 1854, le poète symbolique et romancier Georges Rodenbach, né en 1855, le baryton à l'Opéra de Paris, Jean Noté, né en 1858, le sculpteur Georges Grard, né en 1901, le sculpteur, peintre, graveur et céramiste Pierre Caille, né en 1911, le romancier, auteur de Bob Morane, Henri Verne, né à Ath en 1918 mais qui a vécu à Tournai pendant sa jeunesse et de nombreux auteurs qui ont donné à son patois ses lettres de noblesse (Delmée, Walter Ravez, Adolphe Prayez, Lucien Jardez, Albert Coens, Eloi Baudimont). 

Ses musées :

la ville compte huit musées réputés :

le musée des Beaux-Arts, dont le bâtiment est l'œuvre de l'architecte Victor Horta. Il abrite des œuvres provenant en grande partie du legs d'Henri Van Cutsem et du fonds Gallait signées Edouard Manet, Claude Monet, Louis Gallait, Seurat, James Ensor, Pierre-Paul Rubens, Rogier de le Pasture, Pieter Brueghel le jeune, Jacob Jordaens, Léonce Legendre, Jules Bastien-Lepage, Georges Grard, Charlier, Piat Sauvage, Eliane de Meuse, Vincent Van Gogh (dessins), Delacroix, Van der Stappen, Roméo Dumoulin ou encore Jan Gossaert.

Le Musée militaire où on retrouve des collections d'armes et d'uniformes datant de la bataille de Fontenoy, du premier et du second conflit mondial et une pièce entière dédiée à la résistance.

Le Musée de Folklore dans lequel des personnages, mis en scène, présentent objets d'antan et traditions tournaisiennes, mais aussi le plan en relief de la ville de Tournai.

Le Musée d'Histoire Naturelle et son vivarium, un des plus anciens de Belgique.

Le Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu, Tournai étant jadis un lieu réputé pour sa tapisserie de haute lisse.

Le Musée des Arts de la table et décoratifs, où on retrouve notamment des porcelaines issues des ateliers qui firent la réputation de Tournai au sein des cours européennes.

Le Musée d'Histoire et d'Archéologie qui présente une très importante collection d'objets trouvés lors des nombreuses fouilles effectuées, à différentes époques, dans la ville. On peut notamment y voir un sarcophage bien conservé de l'époque gallo-romaine.

Le Musée de la Marionnette de la Communauté Wallonie-Bruxelles et son Créa-Théâtre présentent des marionnettes du monde entier.

Ses industries qui sont ou furent connues bien au-delà de nos frontières :

L'imprimerie Casterman, éditrice des aventures de Tintin, de Martine, de Quick et Flupke  qui remporta aussi, au travers de ses auteurs, de nombreux prix au festival BD d'Angoulême.

L'imprimerie Desclée-de Brauwer, éditrice de livres religieux et profanes.

Les entreprises Dufour spécialisées dans le levage, le transport, la manutention, la récolte des déchets... intervenant lors de travaux délicats ou de précisions en Belgique et à l'étranger.

Les actuelles éditions Wapica soucieuses de présenter le patrimoine tournaisien dans le plus bel écrin.

La biscuiterie Desobry, les nombreuses brasseries (la "Tournay", la "Saint-Martin"...), la fabrique de "Ballons de Tournai", la maison Marquette spécialiste de la gaufre "Succès du Jour", la chaudronnerie lourde de chez Meura ou Carton ayant livré du matériel sur les cinq continents, les filatures Philippart et Wattiez, la fabrique de courroies Colmant et Cuvelier... des nom connus, un peu partout, comme l'étaient jadis la fabrique de Porcelaine ou la Manufacture Royale de Tapis

Tournai est une ville fréquentée chaque jour par des milliers d'élèves et d'étudiants, parmi lesquels un grand nombre de jeunes Français, de la maternelle aux hautes écoles en passant par l'enseignement spécialisé. 

Le "Culturel" et "l'Evènementiel".

Dans les années cinquante et soixante, il n'était pas rare d'entendre les Tournaisiens se plaindre du peu de distractions offertes par la cité des cinq clochers : "Tournai, ville d'art, ville en retard" entendait-on souvent. Quelques garçons et filles noyant leur oisiveté sur les banquettes du café "Le Moderne" à la rue de l'Yser tinrent même des propos qui traduisaient l'attente de la jeunesse, lors d'un rare reportage de la RTB sur la ville. Il est vrai que la majorité au pouvoir d'alors consacrait son énergie uniquement à la reconstruction d'une ville dont le centre avait été détruit par les bombardements de 1940 et 1944.

Tout a bien changé. Tout au long d'une année, les évènements culturels ou festifs se succèdent :

En janvier, on fête le "Lundi Perdu " en famille ou au restaurant, on se rend au salon "Bâtirama". Le cinéma Imagix est le lieu de rencontre des amateurs du "RamDam Festival", le festival du film qui dérange, les amoureux du patois se retrouvent en la Halle-aux-Draps pour les "Petits Cabarets" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

En Février, les meilleurs musiciens mondiaux envahissent la Maison de la Culture pour le "Tournai Jazz Festival", Tournai-Expo abrite le salon "Déco et Jardins", le week-end du Laetare, voit se dérouler le "Carnaval de Tournai", avec son grand rassemblement en ville précédé par la Nuit des Intrigues.

En mars, le "Bistrot Tournaisien" convie ses inconditionnels à son spectacle patoisant et, tous les deux ans, Tournai devient la capitale mondiale des arts circassiens pour amateurs avec "La Piste aux Espoirs".

En avril, ce sont "Les Filles, Celles picardes" qui donnent rendez-vous aux Tournaisiens et le "Festival européen des Quatuors à cordes" régale les mélomanes en invitant des musiciens venus des quatre coins de l'Europe.

En mai, le parking de l'Esplanade de l'Europe est envahi par la "Foire aux manèges" tandis que le quartier Saint-Pierre résonne aux accents du piano à bretelle pour la soirée "L'Accordéon, Moi j'aime".

En juillet, jeux pour enfants, stars de la chanson et orchestres animent la journée de la Fête nationale. En août, le hall de Tournai-Expo accueille les "Salon des Antiquités et belle Brocante".

Fin aout, ce sont "les Rencontres Inattendues", trois jours durant lesquels la musique épouse la philosophie. Un rendez-vous auquel participent les plus grands philosophes et des musiciens venus des quatre coins d'Europe et du Moyen-Orient.

En septembre, "la Kermesse" s'installe sur l'esplanade du Conseil de l'Europe tandis que le "Cortège des géants" sillonne les rues de Tournai tout comme la grande "Procession historique" le fait depuis plus de 900 ans. La "Braderie" amène dans les rues bonimenteurs et amateurs de bonnes affaires. A la Halle-aux-Draps se déroule le "Tournoi de Jeu de fer", un tradition bien régionale, tandis que sous le chapiteau de la plaine des Manœuvres, un autre jeu tournaisien typique "le Jeu de Boule carréaulé" attire de nombreux spectateurs

En octobre, c'est le festival "Découvertes, Images et Marionnettes", c'est aussi le "Grand Cabaret et la Revue" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et c'est encore "la Halle gourmande", le salon de la gastronomie des Amis de Tournai qui se tient en la Halle-aux-Draps. 

En novembre, la Maison de la Culture convie ses spectateurs au "Tour de Chauffe Festival" ouvert aux groupes musicaux de l'Eurométropole et, quelques jours plus tard, s'ouvre le "Next Festival", le rendez-vous des créations théâtrales en collaboration avec les villes de Valenciennes, Lille et Kortrijk. A la Halle-aux-Draps se déroulent les salons "Tournai, la Page", le rendez-vous des maisons d'édition et des auteurs et ensuite "Tournai-Toys", le salon du jouet.   

Décembre nous ramène les "Marchés de Noël", les illuminations des rues, le traditionnel "Gospel for Life" en l'église Saint-Jacques et le grand "Concert Viennois" de la Confrérie des Cinq clochers à la Maison de la Culture.

Durant la saison d'hiver, la "Chapelle Musicale de Tournai" comble les mélomanes grâce à une série de concerts qui accueillent les plus grands noms de la musique classique belge et étrangère.

Ajoutons à cela la programmation éclectique de la "Maison de la Culture" amenant les plus grands comédiens, les artistes de la chanson en tournée et les humoristes, les rendez-vous de la salle "La Fenêtre", de "la Petite Fabriek", de la "Guelière" ou du "Watermoulin". Rappelons les cycles de conférences de "l'Université du Temps disponible", d'Exploration du  Monde, de "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui" ou des "Conférences-Santé". Enfin n''oublions pas le Conservatoire de Musique, fréquenté par plus d'un millier de jeunes, dont sont issus de nombreux talents connus par les mélomanes belges et étrangers.

La ville de Tournai organise également la "Triennale des Arts du tissu".

Avant que les intégristes de Gaïa ne viennent s'immiscer dans le monde du cirque et détruire le rêve de milliers d'enfants, Tournai fut visité par les plus grands cirques de Médrano à l'Américan Circus en passant par Althoff, le Grand Cirque de France, le cirque de Moscou, Jean Richard, Toni Boltini, Pinder, Bouglione... actuellement seul Alexandre Bouglione reste fidèle à la cité des cinq clochers car il ne présente plus d'animaux sauvages.

Tournai est aussi la ville natale des Okidoks, le duo de clowns-acrobates connus bien au-delà de nos frontières.

Tout au long d'une année, il y a des centaines d'événements au programme, peut-on, dès lors, encore dire que Tournai est une ville morte ? On ne prête qu'aux riches, disais-je en titre, Tournai a sans doute était considérée par certains qui n'y sont jamais venus comme une pauvre ville de province aux confins de la Flandre et de la France, aux habitants tristes et au paysage désolé. Il est temps de redorer son blason et d'attirer ce qui ignorent encore que cette ville vit, que son cœur palpite et qu'elle a tant à offrir à ceux qui veulent la découvrir.  

Voilà un article au ton un peu "chauvin" mais quand on aime sa ville natale, aucun argument n'est outrancier pour la défendre.

(S.T. janvier 2016).

16:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, culture, événements, patrimoine, enfants célèbres |

14/12/2015

Tournai : la ville en statistiques.

Les chiffres apportent parfois une meilleure vision qu'un long discours.

Une ville peut être présentée avec des mots, les exploits de ses habitants peuvent être contés avec lyrisme, son histoire peut-être racontée en long et en large mais il parfois nécessaire de faire appel aux chiffres pour mieux la définir.

Voici la carte d'identité de la cité de Clovis.

Nom : Tournai qui se traduit en néerlandais par Doornik.

surnoms : la cité aux cinq clochers, la cité de Clovis.

La ville de Tournai est considérée comme la capitale de la Wallonie Picarde (ancien Hainaut occidental). 

Age : près de 2.000 ans d'existence (période gallo-romaine).

Superficie : 213,75 km2, ce qui en fait la commune la plus étendue du royaume.

Subdivision de la superficie : environ 70% de terres agricoles, 23% de terrains bâtis et 5 % de terres non cultivées.

Nombre de communes rattachées suite à la fusion de 1976 : 29.

Voies de communications : fluviale : l'Escaut.

Ferroviaires : lignes vers Liège, Bruxelles, Lille, Mouscron et Courtrai.

Routières : liaisons autoroutières vers Liège et l'Allemagne (E42), vers Bruxelles (A8/E429), vers Lille (E42) et vers Courtrai et Bruges (A17/E403).

Aéroport à proximité : Lille-Lesquin (F) à 25 km.

Grandes villes à proximité : Lille (25Km), Courtrai (25km), Douai (32 km), Valenciennes (35km), Mons (50 km), Bruxelles (85 km).

Nombre d'habitants : 69.204 Tournaisiens (septembre 2015),  approximativement 48 % d'hommes et 52 % de femmes, +/- 10% d'étrangers.

Subdivisions des habitants : 37.500 habitants demeurent dans le centre-ville et les faubourgs immédiats.

36% de ceux-ci vivent à l'intérieur des boulevards périphériques, zone qui est considérée comme étant le centre-ville, soit : +/- 13.500 habitants.

45%  de ceux-ci habitent les faubourgs de Maire, de Lille, Saint-Martin, de Valenciennes et Warchin soit 16.875 habitants.

19% habitent l'ancienne commune de Kain soit 7.125 habitants

Environ 31.700 habitants demeurent dans les vingt-huit autres villages.

Gaurain/Ramecroix avec 3.600 habitants est le plus peuplé et Hertain avec +/-250 habitants, le moins peuplé.

Enseignement : 16.900 élèves et étudiants fréquentent les établissement scolaires de la ville.

Les établissements de la rive gauche en accueillent : 9.500, ceux de la rive droite : 5.500, Kain : 1.900. Avec ses 1.777 étudiants, la Haute Ecole de la Communauté Française est l'établissement le plus peuplé. Notons également les 1.195 étudiants qui fréquentent l'Institut d'Enseignement Professionnel Provincial de la chaussée de Lille et les 907 du Collège Notre-Dame. L'arrivée de Saint-Luc en 2016 dans le quartier Saint-Jean représentera environ 550 étudiants supplémentaires.

Emplois : la ville génère 20.000 emplois dont 11.000 se situent dans le centre-ville (commerces, PME, services, administrations, enseignement).

La zone d'activité économique de Tournai-Ouest implantée sur les villages de Marquain, Blandain, Orcq et Froyennes offre environ 2.500 emplois. 

Les zones commerciales des Bastions (430) et de Froyennes (400) ainsi que Kain (200) complètent ce tableau. Suite à l'extension des Bastions de nombreux emplois seront créés en 2016.

Taux de chômage : il est d'environ 15 % de la population.

Langues parlées : le français et le patois picard qui revient à la mode après avoir été snobé par la bourgeoisie qui, au début du XXe siècle, le trouvait vulgaire ! 

Culture :

Monuments à visiter : la cathédrale Notre-Dame du XIIe siècle (inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco), le beffroi du XIIe siècle, le plus ancien de Belgique (inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco), le Pont des Trous (fin du XIIIe - début du XIVe siècle), la Halle-aux-Draps érigée au XIIIe siècle mais reconstruite en 1610, le fort rouge, le séminaire de Choiseul, l'Hôtel de Ville construit à l'emplacement de l'abbaye de Saint-Martin, les souterrains de la citadelle, les églises Saint-Jacques (fin XIIe - début XIIIe), Saint-Quentin (XIIe), Saint-Piat (XIIe), Saint-Brice, Saint-Jean Baptiste...

Les musées : Musée d'Histoire et d'Archéologie, Musée militaire, Musée des Beaux-Arts, Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu, Musée de Folklore, Musée d'Histoire naturelle, Musée des Arts décoratifs, Centre de la Marionnette de la communauté française.

Salles de spectacles : Maison de la Culture, salle La Fenêtre, Halle-aux-Draps, salle Saint-Lazare, La Petite Fabriek (Froyennes), la Gueulière (Froyennes), le Foyer Saint-Eloi (Froyennes), cinéma Imagix.

Tournaisiens célèbres : Childéric, Clovis, Christine de Lallaing, Rogier de le Pasture (Van der Weyden), Jacques Daret, Robert Campin, Pasquier-Grenier (tapissier, fournisseur de la Maison de Bourgogne), Louis Gallait (peintre romantique), Barthélémy Dumortier (homme politique), Jean Noté, Georges Rodenbach, Hélène Dutrieu (aviatrice), Jules Bara (homme politique), Gabrielle Petit (résistante et espionne), Georges Grard (sculpteur), Frank Olivier Bonnet (comédien), Henri Vernes (le père de Bob Morane), Bruno Coppens (humoriste)...

(sources : Administration communale de Tournai - PV du collège communale - plan communal de mobilité - résumés des articles parus dans le blog Visite Virtuelle de Tournai)

S.T. décembre 2015.

 

13:57 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, superficie, culture, emploi, enseignement |

22/06/2009

Tournai : analyse des années nonante (3)

Si durant cette décennie, le monde économique tournaisien a connu de nombreux et importants remous, que dire alors des conditions atmosphériques. Les années nonante venaient à peine de débuter que la région allait connaître sa première violente tempête le 25 janvier 1990, des vents de plus de 110km/h provoquent de très nombreux dégâts. En avril 1991, c'est un violent orage qui est à l'origine de l'incendie du clocher de l'église Notre-Dame Auxiliatrice, celui-ci sera complètement détruit mais rapidement restauré. En 1997, une importante vague de froid va s'abattre sur le Tournaisis, la navigation fluviale sur l'Escaut sera interrompue par les glaces, avec la neige, le verglas et le brouillard, les conditions de circulation seront très pénibles durant quelques semaines. Mais l'évènement majeur au niveau météorologique sera la tornade du 14 août 1999 qui dévastera une partie du centre de la ville et particulièrement le quartier Nord faisant des dizaines de millions de FB de dégâts.

Dans le domaine culturel, Tournai affirme sa vocation qui aurait dû faire d'elle, en toute logique, la véritable capitale culturelle de la Wallonie si elle avait eu, elle aussi, un homme politique d'envergure nationale pour défendre sa candidature. Sa cathédrale, son beffroi, ses nombreux monuments, ses sept musées, son important patrimoine historique, sa procession séculaire, ses artistes anciens et modernes, ses industries d'art dans le domaine de la porcelaine et de la tapisserie de haute lisse, sa dynamique Maison de la Culture plaidaient déjà, par le passé, pour cette reconnaissance et durant les années nonante, on constate que la Piste aux Espoirs, Festival international de Cirque amateur a fait connaître la cité des cinq clochers dans le monde entier. Les artistes et écoles de cirque viennent d'Allemagne, de France, de Grande Bretagne, des Pays-Bas, de Suisse, de Hongrie et de Russie notamment en ce qui concerne les européens, ils viennent également du Maroc, de Tunisie, du Canada et de Chine. La Piste aux Espoirs de Tournai est un "must" dans les arts circassiens. Le Festival international de Folklore attire également chaque année, durant près d'une semaine, de très nombreux spectateurs venus applaudir des troupes ambassadrices des cinq continents. Le Festival international des Imitateurs, nouveau venu, est connu au-delà de nos frontières, de nombreux artistes français ou suisses sont venus se joindre aux nouveaux talents belges en matière d'imitation. IL attire, en outre, les plus grands humoristes (Roland Magdane, Popeck, Anne Roumanof, les Taloche...). Autre festival qui est né durant cette décennie, "L'accordéon, moi j'aime" en collaboration avec le quartier de Wazemme à Lille, qui vient animer, en mai, les rues de Tournai comme la Fête de la Musique les anime en juin. Tournai a présenté durant les années nonante de prestigieuses expositions, "les Celtes" en 1998, la "Porcelaine de Tournai" ou "Les Céramiques du IIe au VIe siècle à Tournai" dans l'auditorium d'un organisme financier et bien d'autres.

En sport, cette décennie sera marquée par la révélation de Sandrine Hennart, recordwoman et championne de Belgique en athlétisme dans les catégories 100 et 200 m, relais et saut en longueur. Elle verra aussi les titres de champion de Belgique et victoire en coupe pour le CNT en water-polo, les cinq titres consécutifs des Cardinals en football américain. Dans le domaine des variétés, c'est la révélation de Mélanie Cohl, 6e au Grand Prix Eurovision de la Chanson et choisie par les studios Disney pour l'interprétation française des chansons du dessin animé Mulan. Voici un article qui résume tout ce que vous avez pu découvrir quotidiennement sur les années nonante, est-il emprunt de chauvinisme ? Peut-être, mais on défend toujours ce qu'on aime !

10:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, meteo, culture, piste aux espoirs |

20/05/2008

Tournai : analyse des années cinquantre

Nous venons de terminer la revue des évènements qui se déroulèrent dans la cité des cinq clochers durant les années cinquante et celle-ci nous apporte un éclairage particulier sur la vie à Tournai à cette époque.

Au niveau politique tout d'abord, le clivage "gauche-droite" est nettement marqué même dans la presse locale. Des évènements comme la mort de Staline, la déstalinisation qui a suivi, l'invasion de la Hongrie par les troupes du Pacte de Varsovie sont préjudiciables à un parti qui semble de plus en plus représenter pour l'opinion publique la pensée unique de Moscou. Aussi, lorque le P.S et le P.L s'allient à celui-ci pour faire échec au PSC au lendemain des élections de 1958, on va droit vers d'importantes difficultés au niveau de la gestion de la commune. Cette alliance, que certains n'hésitent pas à proclamer contre nature, sera de courte durée, surtout qu'au même moment, le parti libéral de Mr. René Lefebvre, le ministre régional, a conclu une alliance avec ce même PSC au niveau national.

Au niveau économique, les années cinquante sont celles de la reconstruction d'une ville dont la majeure partie a été rasée par les bombardements allemands de mai 1940 lors de l'invasion de la Belgique et par ceux de 1944 qui précédèrent la libération de notre région. Cette entreprise de longue haleine sera orchestrée et supervisée par un homme, Paul Bonduelle, un architecte qui a à coeur de donner une cohérence à ses projets. Avec lui, "on ne fera pas tout et n'importe quoi" comme on a parfois pris l'habitude de le faire par la suite, laissant les coudées franches à des promoteurs immobiliers plus appâtés par le gain que par l'esthétisme ! On préservera une image harmonieuse de la ville sans pour autant la reconstruire identique à celle d'avant-guerre. Le développement économique de la région est également au centre des préoccupations quotidiennes des gestionnaires de la cité. La reconstruction des ponts se fera en même temps que des projets d'élargissement du fleuve afin de permettre le passage de convois fluviaux plus imposants. La réalisation de la ceinture des boulevards laisse présager de l'importance que prendra la circulation automobile, la création du quartier industriel et du port fluvial démontrent également que Tournai se tourne vers le futur.

Au niveau culturel, la vie reprend également son cours, de grandes expositions sont organisées comme l'exposition Scaldis ou celle qui a lieu durant l'Expo 58. Tournai n'a plus de théâtre et n'a pas encore de salle pour les grandes manifestations commerciales comme les foires et salons. Que cela ne tienne, la vieille Halle-aux-Draps, en partie préservée lors du désastre de 1940, servira à la fois de théâtre, de lieu pour les foire et expositions, de salle pour les banquets officiels. Tous les grands cirques européens font une halte annuelle dans la ville et reçoivent un accueil triomphal de la part de la population. Ce succès présage déjà de ce titre de capitale mondiale du cirque amateur dont pourra s'enorgueillir Tournai à partir des années quatre-vingt avec la création de la "Piste aux Espoirs".

Les clubs de football tournaisiens vivent des heures de gloire, l'Union et le Racing ont accédé en Division 1 même si ce ne fut que pour une saison et les Rats ont remporté la Coupe de Belgique. Les stades attirent chaque semaine des milliers de spectateurs venus acclamer des vedettes locales, formées dans les deux clubs, ce qu'on ne verra plus par la suite, hélas ! 

Dans le domaine de de la sécurité, on peut se réjouir des exploits de la police, de la gendarmerie et de la police judiciaire d'alors. Disposant de peu de moyens, de véhicules peu nombreux et souvent poussifs, ne possédant pas de moyens modernes de communication (informatique, télex, fax, GSM...), avec des policiers effectuant encore des rondes à vélo ou à pied, réglant la circulation aux principaux carrefours, les résultats dans la lutte contre le banditisme et pour garder le calme en ville sont excellents. Combien de crimes ont été rapidement ou patiemment résolus, combien de voleurs ont été mis hors d'état de nuire. Il existait à cette époque une vraie police de proximité, des agents de quartier qui connaissaient tous leurs habitants et qui parcouraient leur secteur quotidiennement, à l'écoute des citoyens, intervenant pour régler les problèmes de voisinages avant que ceux-ci ne dégénèrent. Pourtant ces braves agents devaient aussi faire face à des constats systématques en cas d'accidents de la circulation (le constat à l'amiable n'ayant pas encore été imposé).

Les festivités de l'époque étaient simples, on allait écouter un concert, on fêtait les anniversaires des sociétés, on se rendait au café pour une partie de fer ou de cartes, on se réunissait le soir entre voisins. Les bals étaient animés par des orchestres qui avaient déjà leurs fans et non par des sonos hurlantes aux DJ déjantés qui empêchent désormais le voisinage de dormir lors des nuits de week-end en poussant les baffles au maximum de leur puissance ! Le Roi des Radis à Kain, la salle Provence au Réduit des Sions, chez Dudans étaient les lieux de rendez-vous de ceux qui aimaient danser et fréquenter (on ne disait pas encore flirter, encore moins draguer), à la porte de ces salles, il n'y avait pas encore de "dealers" venus de France pour proposer leur produit de mort.

Pour la population de la ville qui avait connu les atrocités de la guerre, les privations, la misère, tout ce qui se mettait en place alors tenait du rêve, du luxe. La solidarité entre les gens n'était pas un mot vidé de son sens comme désormais. Durant les années cinquante, Tournai se refaisait une beauté pour plaire aux touristes. Déxormais, nous suivrons les évènements qui marquèrent les années soixante à Tournai, les "golden sixties", des années d'espérance en des jours meilleurs qui porteraient en germe, les éléments positifs et négatifs de notre société actuelle...

08:52 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : annees cinquante, economie, securite, politique, festivites, culture |