19/10/2016

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (2)

Voici le deuxième volet de l'étude concernant cette région de Wallonie picarde dont la cité des cinq clochers est appelée la capitale.

Les soins de santé.

Le bien-être d'une population passe par une offre de soins qui, même si elle est de plus en plus rationalisée, doit restée importante et de qualité. Le niveau de développement d'une région repose également sur ce critère. 

En 2014, le territoire de la Wallonie picarde recensait 1 médecin généraliste pour 690 habitants, c'est un peu mieux que pour la province de Hainaut (1/708) mais moins bien que pour la Flandre (1/639) et la Belgique (1/604). Elément plus interpellant pour l'avenir à moyen terme, les médecins âgés de plus de 50 ans représentaient, déjà à cette époque, 67,9 %

Par contre, l'offre hospitalière est des plus attractives. Le CHWapi résultant d'une fusion entre les quatre hôpitaux tournaisiens (la clinique Notre-Dame, la clinique la Dorcas, l'Institut Médico-Chirurgical et l'Hôpital Civil) dans un but avoué de rationaliser les coûts, offre 795 lits et emploie près de 2.500 membres du personnel. Le Centre Hospitalier de Mouscron propose 350 lits. Dans le cadre d'une coopération sanitaire franco-belge, ce dernier travaille en collaboration avec le centre hospitalier de Tourcoing (F), le fruit de ce rapprochement fait qu'annuellement environ 2.150 patients belges sont soignés à Tourcoing et 1.500 patients français à Mouscron (chiffres de juin 2016). A Ath, le Centre Epicura offre 236 lits. Au niveau des hôpitaux psychiatriques, les "Marronniers" à Tournai accueillent 436 lits auxquels s'ajoutent les 180 lits de Saint-Jean de Dieu à Leuze-en-Hainaut, les 90 lits de la Clinique de Bonsecours et les 60 de Saint-Charles à Wez. 

Une récente étude parue dans la presse fait apparaître que le ChWapi à Tournai n'est pas classé parmi les meilleurs établissements de soins de Belgique, il serait même quelque peu à la traîne, peut-être parce que le rodage de la nouvelle infrastructure est toujours en cours (à Tournai, on dirait que le nouveau-né fait ses "gourmes"). Une étude à laquelle les gestionnaires devront, cependant, être attentifs car la réputation et la confiance en un établissement hospitalier se gagne lentement mais se perd rapidement. Patient régulier des divers établissements tournaisiens, la seule plainte que je n'aie jamais eu à émettre est la trop longue attente au niveau du service des Urgences (lors d'une visite, notamment, j'ai été oublié dans la salle d'attente, durant plus de quatre heures. Mon anamnèse réalisée par une infirmière à mon arrivée, le matin, se trouvant toujours, à midi, enfouie sous des documents déposés sans trop d'attention). Hélas, malgré une offre de médecins suffisante et la présence de plusieurs maisons médicales, trop de personnes se rendent directement aux urgences pour soigner le moindre "bobo", le moindre refroidissement ce qui encombre inutilement ce service et retarde la prise en charge de cas plus sérieux.

En Wallonie picarde, une attention particulière est posée sur le confort de fin de vie. Il existait en 2014, 6.536 lits en maisons de repos et de soins, ce qui représentait une possibilité d'accueil de 20,9% de la population âgée de plus de 75 ans. Ce taux est de 17,4% dans la province du Hainaut, de 15,7% en Wallonie et 13,5% en Belgique. La renommée des nombreux établissements d'accueil de personnes âgées situés entre Comines et Péruwelz a très largement dépassé la frontière et de nombreux séniors français viennent couler des jours paisibles dans les maisons de retraite de Wallonie picarde où ils trouvent un excellent accueil, un meilleur encadrement et surtout un coût nettement moins élevé qu'en France. 

Il est important de relever qu'en Wallonie picarde, jusqu'à l'âge de 54 ans, le nombre d'hommes est supérieur à celui des femmes. Cette tendance s'amenuise peu et peu et s'inverse à partir de 60 ans. La population des plus de 65 ans représente 18,1% de celle de Wallonie tandis que celle des moins de 20 ans s'élève à 23,4% (chiffres 2015).

Il est également intéressant de signaler un créneau social fort développé en Wallonie picarde, celui de l'accueil des personnes handicapées. Entre Mouscron et Péruwelz, de nombreuses institutions se sont, depuis bien longtemps, spécialisées dans l'accueil et l'apprentissage pour les jeunes handicapés (polyhandicapés, autistes, jeunes présentant d'importants retards scolaires...). Là aussi, la réputation de ces établissements a largement dépassé la frontière et ils attirent des personnes handicapées habitant une zone comprise entre le Nord de la France et la région parisienne. Des maisons exclusivement destinées à l'accueil de personnes handicapées issues de l'Hexagone ont été ouvertes tout au long de la frontière (à Tournai, Mont Saint-Aubert, Orcq, Bonsecours...). A défaut de réduire les listes d'attente sur lesquelles sont inscrites, depuis parfois longtemps, des personnes handicapées de la région, ces maisons ont le mérite d'avoir créé de l'emploi. 

L'enseignement.

Comme nous allons le voir, les chiffres ne plaident pas en faveur de notre région.

En 2011, 14,3% de la population de Wallonie picarde ne disposait pas d'un diplôme d'études primaires (14,1% en Hainaut, 12,5 % en Wallonie et 12,8% en Belgique). Les extrêmes se trouvaient à Mouscron (19,5%) et à Silly (9,3%).

48,6% de la population avait acquis un diplôme de l'enseignement secondaire (50,9% en Hainaut, 49,4 % en Wallonie et 46,1% en Belgique)

21,8% de la population de Wallonie picarde disposait d'un diplôme de l'enseignement supérieur (universitaire et non universitaire) pour 20,1% en Hainaut, 23, 9 % en Wallonie, 25,1% en Belgique. Les extrêmes se trouvaient à Silly (32,5%) et à Comines (13,4%).

Lors de la décennie 2001-2011, le niveau d'instruction de la population de Wallonie picarde a augmenté en ce qui concerne l'enseignement secondaire et supérieur. Par contre, on ne s'explique pas les raisons pour lesquelles il stagne en ce qui concerne le primaire alors qu'à cette période de la vie, l'enseignement est obligatoire. Pour aider ces personnes dans les démarches administratives, une association telle que les "Ecrivains Publics de Wallonie Picarde" a donc bien sa raison d'être. 

Dans l'enseignement supérieur, la Haute Ecole de la Communauté Française en Hainaut est implantée à Tournai, elle offre un campus pédagogique (carrière dans l'enseignement), un campus social (fonctions dans le secteur social) et un campus économique (bachelier en droit, assistanat de direction, tourisme).

La Haute Ecole Provinciale du Hainaut-Condorcet possède des implantations à Ath, Irchonwelz, Maffle, Mouscron et Tournai.

La Haute Ecole Louvain en Hainaut est implantée à Leuze-en-Hainaut, Mouscron et Tournai.

La réputation de l'école Jeanne d'Arc à Tournai attire de nombreux étudiants, notamment français, intéressés par les carrières paramédicales ou au sein du personnel infirmier.

L'enseignement artistique est représenté par l'Académie des Beaux-Arts de Tournai et l'Ecole Supérieure des Arts de l'institut Saint-Luc à Tournai (Ramegnies-Chin).

2014.03 orchestre à cordes (2).jpgL'enseignement musical est dispensé au Conservatoire de Musique de Tournai, à l'Académie de Musique Saint-Grégoire de Tournai et dans les Académies de Musique d'Ath, Beloeil, Enghien, Mouscron et Péruwelz.

 

photo : répétition de l'Orchestre à cordes du Conservatoire de Tournai sous la direction de Mme Christiane Diricq. 

 (à suivre).

(sources : "Atlas socio-Economique de la Wallonie picarde" - 2e édition 2016 édité par l'asbl Wapi25 et recherches personnelles).

S.T. octobre 2016

10/10/2016

Tournai : un point sur les chantiers

Des chantiers aux quatre coins de la ville.

Régulièrement le blog "Visite Virtuelle de Tournai" fait le point sur les chantiers en cours dans la cité des cinq clochers. La dernière mise-à-jour date déjà d'avant les congés.

Les chantiers routiers.

1. Les alentours du CHWApi.

Depuis une semaine, l'important chantier qui impactait, depuis plus d'un an, toutes les voiries situées autour du nouveau centre hospitalier est terminé. Rappelons que celui-ci comprenait la rénovation de la rue Général Piron dans sa section entre la chaussée de Willemeau et la rue des Sports, de cette même rue des Sports, de la rue de la Citadelle dans la section comprise entre la rue des Sports et la rue de Barges et la transformation complète de cette dernière rue. Parallèlement à ces travaux de voirie, un parking destiné aux membres du personnel du CHWApi a été aménagé sur un terrain de la rue Général Piron, à l'angle que celle-ci forme avec le prolongement de la rue de Barges.

Un chantier réserve bien souvent des (mauvaises) surprises, ce fut le cas au niveau de la rue de Barges, lors des travaux de terrassement. Un égout, non repris sur la cartographie du sous-sol, y a été découvert. Les eaux de celui-ci se perdaient soudainement dans le sous-sol et étaient probablement à l'origine des tassements de terrains constatés au niveau de certains immeubles du boulevard du Roi Albert. Il a fallu ouvrir une partie de ce boulevard et du boulevard Lalaing durant plusieurs semaines. Un travail qui a nécessité une déviation des véhicules sur une voie unique, ce qui provoquait quelques problèmes aux heures de pointe. Un "vire à gauche" a été réalisé en haut du boulevard du Roi Albert afin de faciliter l'accès à la rue de Barges désormais régulièrement empruntée par les services de secours se rendant au CHWApi. 

Le visage de ce quartier, jusqu'alors tranquille, a été totalement modifié. Pour les riverains, le stationnement est devenu un véritable casse-tête, ceux-ci ont beau posséder une carte leur permettant de stationner près de chez eux, encore faut-il y trouver un emplacement, ce qui, en raison des voitures ventouses garées durant toute la journée, est devenu manifestement impossible ! Face à cette situation, l'édilité communale a décidé de transformer l'entièreté de ce quartier en zone bleue et faire contrôler le stationnement comme au centre-ville. Il est désormais limité à deux heures. Quotidiennement, le nombre de véhicules stationnés le long des trottoirs de ce quartier rappelle les jours de grands matches de football au stade, aujourd'hui disparu, de l'Union (mais à l'époque, ce n'était qu'une fois par quinzaine !).

Rappelons que l'hôpital possède un parking souterrain dont l'occupation n'a jamais été complète. La première heure y est même gratuite !

2 .Le quartier du Becquerelle.

Les travaux de rénovation du quartier du Becquerelle touchent peu à peu à leur fin. Cet important chantier entrepris au printemps dernier concernait les quais Saint-Brice et Dumon, la place et la rue du Becquerelle.

Le centre de la place a été redessiné, l'arbre qui trônait au milieu d'un petit square a été abattu et la stèle de la statue a été rénovée attendant de recevoir son buste. Actuellement les travaux se concentrent sur le quai Dumon jusqu'à l'angle de la rue Joseph Hoyois.

3. La rue des Jésuites.

Une partie de la rue des Jésuites dans la section comprise entre l'église Saint-Piat et la rue de la Ture a été soustraite à la circulation. On restaure certaines zones pavées en très mauvais état. Le chantier devrait ensuite progresser vers le parc communal. 

Les chantiers immobiliers.

1. La cathédrale Notre-Dame.

Les travaux avancent rapidement profitant certainement des excellentes conditions météorologiques (hiver doux et été très sec). Trois des cinq clochers (Marie, la Treille et Saint-Jean) ont déjà fait l'objet de restauration, on les découvre peu à peu. Les tours "Lanterne" et "Brunin" restent cachées à la vue des promeneurs sous leur protection plastifiée qui permet aux ouvriers de travailler à l'abri des intempéries. Durant le week-end des Fêtes de Tournai, grâce à des démonstrations effectuées sur la place Paul-Emile Janson, les Tournaisiens et les visiteurs ont pu voir à l'oeuvre les couvreurs chargés de la pose de la couverture en tables de plomb et les sculpteurs qui réalisent de nouvelles pierres en remplacement de celles qui sont détériorées. Le public a pu également inscrire son nom sur des rouleaux de papiers qui seront placés entre le charpente et le revêtement. L'Optimiste a participé à cette opération, preuve d'attachement au patrimoine de la cité des cinq clochers.  

2. Les nouvelles résidences

A la rue des Choraux, le gros-oeuvre du projet immobilier concernant la création de quinze appartements de standing et de cinquante places de parking est terminé, la phase de finition comprenant les techniques spéciales est en cours de réalisation. L'ancienne quincaillerie située à l'arrière, sur le Marché au Jambon, a été totalement restaurée en ne conservant que sa façade. Sur le terrain vague qui jouxte ce bâtiment, un nouvel immeuble reprenant le même style de façade a été construit donnant un aspect de continuité à cet ensemble.

A l'angle de la rue de l'Hôpital Notre-Dame et de la rue du Curé Notre-Dame, les travaux de construction d'une résidence de dix appartements de standing ont débuté. Le chantier concerne actuellement les fondations.

Un immeuble de style Louis-Quatorze fait l'objet d'une importante restauration dans de la rue de l'Hôpital Notre-Dame. La rénovation concerne tant l’extérieur que l'intérieur du bâtiment.

Les travaux se poursuivent en ce qui concerne la construction de différentes résidences avec appartements de standing sur l'ancien site des "Erables" au quai des Salines.

L'immeuble de la Vierge Noire à l'angle de la rue de la Tête d'Or et du piétonnier est en cours d'aménagement. On y crée sept lofts qui seront livrés bruts, l'aménagement intérieur se faisant au goût du propriétaire. 

3. Les projets commerciaux en périphérie.

tournai,chwapi,rue des jésuites,quartier du becquerelle

tournai,chwapi,rue des jésuites,quartier du becquerelle

Le chantier des Bastions génère des murailles de terre et pose des problèmes de stockage de celles-ci.

Depuis quelques mois a débuté l'important chantier de rénovation et d'extension du centre commercial "Les Bastions". Ce projet concerne une rénovation en profondeur des galeries existantes, l'extension du centre commercial sur 16.000 m2, la création d'un parking souterrain d'une surface de 29.000 m2 sur deux niveaux et l' aménagement des abords. 

A Froyennes, la zone commerciale se transforme également. Le projet "Equilis" vient d'être inauguré. L'ancienne zone sur laquelle s'élevait jadis le magasin du groupe Mestdagh a été réaménagée par la construction de surfaces commerciales sur deux niveaux. Prochainement, le nouveau bâtiment accueillant le magasin Décathlon ouvrira ses portes, il se situe entre la station-service et le magasin Carrefour. Le parking de la zone commerciale fait également peau neuve : on y crée une entrée destinée aux voitures et une autre spécifique aux bus, la zone de stationnement sera mise en giratoire et des portiques empêcheront les très nombreux camions d'y entrer. Il faut savoir que ce parking est régulièrement squatté par des transporteurs internationaux qui y passent le week-end.

Une nouvelle zone commerciale est en cours d'aménagement, à la rue de la Borgnette à côté du club de tennis et face au service de Travaux de la Ville. 

Diverses constatations.

Si tous ces chantiers perturbent profondément la vie des habitants de Tournai, il existe un mal plus sournois qui mécontente une partie de la population. On a beau améliorer le cadre de vie, nous vivons une époque de vandales et de voleurs et les dégradations volontaires ne manquent pas. Il y a tout d'abord les tags qui ne représentent pas de l'Art urbain comme certains voudraient nous faire croire mais restent avant tout des gribouillages d'artistes en mal de reconnaissance, d'individus qui n'ont aucun respect pour les propriétés publiques ou privées. A ce sujet, la Ville de Tournai a entamé une procédure de nettoyage systématique de ces incivilités et de poursuite de leurs auteurs. Ces derniers jours, des tagueurs parisiens venus, un jour, exercer leur minable "talent" sur des immeubles de la cité des cinq clochers viennent d'en faire l'amère expérience, ils ont été sommés de rembourser les frais inhérents au nettoyage des endroits qu'ils ont souillés et seront poursuivis en justice en cas de non-paiement. On déplore également la disparition de nombreux éléments constituant le '"fil d'or" placé dans les rues rénovées du quartier cathédral afin de guider les visiteurs et leur indiquer les bâtiments remarquables. Une surveillance citoyenne des "voleurs de métaux" s'impose ! Les citoyens regrettent également la dégradation du mobilier urbain qui est parfois démoli, à peine posé, oeuvre de oisifs qui ne savent comment occuper leur "temps libre".  

photos : R. Rauwers.

S.T. octobre 2016.

10/11/2014

Tournai : le point sur les chantiers de novembre

Comme tous les mois, voici un petit point sur les (trop) nombreux chantiers qui empoisonnent la vie quotidienne des Tournaisiens.

Au centre-ville.

Tournai, ville martyre, offre toujours ce spectacle désolant de tranchées (qui n'ont rien à voir avec celles de l'Yser), de trous, de rues barrées et de multiples déviations. Tous les jours ouvrables, les rues résonnent du bruit des marteaux de paveurs, d'engins de chantier creusant ou déversant des dalles, de camions évacuant des gravats...

Le parvis du beffroi.

Cela fait près d'un mois que le parvis du beffroi est interdit à toute circulation, excepté celle des piétons à condition qu'il ne s'agisse de groupes. Un trou de grande dimension ouvert à l'entrée du Marché aux Poteries est le prélude aux travaux d'égouttage qui y seront réalisés lorsqu'on aura découvert une solution pour réparer les égouts à moindre frais.

La place Paul-Emile Janson.

On a dallé la partie située le long des immeubles faisant face à la cathédrale. Une bande d'environ cinq à six mètres est toujours en attente de dalles, le litige entre les différents intervenants dans le problème de l'importante fuite d'eau survenue au mois de janvier dernier ne semble pas encore résolu et à tout moment des ouvertures peuvent encore être réalisées. Lenteur des expertises et méthodes procédurières sont au rendez-vous en raison de l'importance du dédommagement qui devra être alloué aux différents habitants évacués depuis cette date.    

La rue de Courtrai.

Les travaux de pavement de cette axe qui fait partie de la jonction Ouest-Est traversant le centre-ville progressent, les ouvriers sont presque parvenus au carrefour des Quatre Coins Saint-Jacques. On peut espérer qu'à la fin de ce mois de novembre, la circulation pourra être enfin rétablie (les travaux ont débuté dès avant les congés). Les commerçants l'espèrent à l'approche de Noël et de la fin d'année, période habituellement favorable au chiffre d'affaires.

La place du Becquerelle et le quai Saint-Brice.

Les crèches sont en activité depuis quelque temps déjà, l'intercommunale Idéta est dans ses nouveaux locaux depuis un mois, on termine les appartements sur le quai Saint-Brice. Il faudra probablement attendre la fin complète des travaux pour que les trottoirs soient réalisés et que le quai retrouve un aspect plus agréable, enfin débarrassé de ses nombreux containers de chantier.

La rue Royale.

Le chantier touche à sa fin, il concerne la partie entre les quais et la rue des Campeaux. Si la route n'est plus barrée, la circulation y reste cependant difficile et les croisements parfois hasardeux ! 

La rue des Croisiers.

C'est LE chantier pourri par excellence. Quelques intervenants l'ont traité avec un certain laxisme au point de provoquer des inondations lors de chaque importante averse. Dans la section entre l'église Saint Jean-Baptiste et la rue Saint-Brice, la circulation se fait sur du laitier. On a récemment appris par la presse locale que les trottoirs vont être à nouveau ouverts pour la pose de canalisation d'eau. Il est déplorable de constater que les intérêts des uns (riverains et commerçants) et des autres (distributeur) ne peuvent être coordonnés, c'est malheureusement le mal dont souffrent depuis toujours les travaux publics en Wallonie, un manque flagrant de coordination des divers intervenants. On attend (sans plus trop espérer) un peu plus d'intelligence et un peu moins de sectarisme au niveau des personnes qui doivent mener à bien ces chantiers.

Boulevards de ceinture.

Des travaux vont prochainement débuter afin de placer des câbles électriques au boulevard des Combattants et Walter de Marvis. La circulation risque d'être rendue plus difficile en raison de ceux-ci. Comme c'est le prolongement de la voie empruntée par les automobilistes venant de la chaussée de Bruxelles (nationale 7) réduite à une bande de circulation entre le rond-point "Ma Campagne" et la porte Marvis, le temps de parcours aux heures de pointe risque d'être encore un peu plus allongé. A l'heure où on demande des économies structurelles à tous les niveaux, aucune personne n'est capable (ou ne veut comprendre) que les pertes de temps dans les embouteillages quotidiens coûtent des dizaines de millions d'euros chaque année !

Extra-muros.

Avenue des Peupliers.

La réalisation des trottoirs de l'avenue des Peupliers (dernier opus du chantier de rénovation du quartier Beau-Séjour-Vert Bois) a débuté voici quelques semaines, un côté est presque réalisé. Un aspect négatif doit cependant être signalé : dans la section de voirie comprise entre le chemin Willems et la jonction avec l'avenue Beau-Séjour, le passage continu des lourds engins de chantier a créé des nids de poules et parfois même... d'autruches. Emprunter cette voirie, surtout le soir, exige la prudence du sioux et la capacité de slalomer si on veut conserver son véhicule en bon état. L'état des finances communales ne nous permettent pas d'espérer une rénovation rapide de ce tronçon mais au moins pourrait-on, proprement, reboucher les trous autrement qu'en y mettant un peu d'asphalte à froid et en tapant dessus avec une pelle pour l'aplanir, ce qui a pour effet de remplacer comme on dit à Tournai "eine fosse pa eine bosse (un trou par une bosse) !

Les chantiers immobiliers.

Ceux-ci se poursuivent aux quatre coins de la cité de Clovis : résidence à la rue Jean Cousin, résidence de la Corne Saint-Martin à la plaine des Manœuvres, salle culturelle et appartements de standing en l'église Sainte-Marguerite à la place de Lille, rénovation de la toiture de la salle des Sports à la plaine des Manœuvres, résidence aux anciennes usines Allard au quai des Salines, garde-meuble, commerces et appartements aux anciens établissements Roland à la rue Saint-Eleuthère, partie résidentielle dans l'immeuble Ideta sur le quai Saint-Brice, construction de l'hôpital sur le site Union du Chwapi, extension des locaux de la clinique sur le site Notre-Dame de ce même Chwapi, extension de la zone commerciale des Bastions dans la rue éponyme, zone résidentielle sur le site de l'ancienne usine "Sacallain" à Allain, construction de la nouvelle concession Renault à Froyennes...

A la rue de l'Hôpital Notre-Dame, on a (enfin) évacué l'énorme tas de briques sur lequel était juché un engin de chantier. Cet important mont de gravats était tout ce qui restait du restaurant italien qui se dressait à cet endroit, à l'angle de la rue de l'Arbalète, jusqu'il y deux mois environ. Il n'y a toujours pas de fumée blanche pour la démolition des anciens bâtiments du "Courrier de l'Escaut", à l'angle de la rue du Curé Notre-Dame, ni pour l'occupation de l'Espace Depardieu, il semble que tout cela soit interdépendant.

Il fut un temps où on disait : "quand le bâtiment va, tout va", c'est bien loin d'être le cas désormais ! 

(S.T. novembre 2014)

 

18/02/2013

Tournai : quartier du Château ou Saint-Nicolas (2)

Nous poursuivons notre visite dans le quartier du Château.

Les premières transformations.

Construit sous Louis XIV, l'arsenal s'élevait au bout du quai qui a longtemps porté son nom, au lieu dit "bout du Zart", entre Escaut et rempart. Sa dernière occupation le fut par les troupes hollandaises au début du XIXe siècle. En 1832, le bâtiment fut reconverti en bureau des douanes et accises, par la suite intégré à l'abattoir avant d'être démoli vers 1840 pour faire place à la gare. 

Inaugurés en 1835, les abattoirs communaux étaient situés sur l'emplacement d'une ancienne blanchisserie à la rue de la Planche. Modernisés au XXe siècle, ils sont restés à cet emplacement jusque dans le milieu des années septante avant leur transfert sur des terrains entre l'avenue de Maire et l'Escaut, sur la rive gauche. Paradoxe, m'étant rendu à la maternité Notre-Dame voisine (celle-ci a d'ailleurs intégré et restauré un des bâtiments de l'ancien abattoir pour en faire ses cuisines, sa salle polyvalente et son restaurant, l'été lorsque les fenêtres étaient ouvertes, on pouvait distinctement entendre les derniers cris des animaux qu'on allait abattre se mêlant aux vagissements des enfants qui venaient de naître. Situation qui fut heureusement temporaire pour les âmes sensibles. 

Erigée peu après 1840, la première gare de Tournai se situait sur le quai de l'Arsenal. il s'agissait d'une gare dite à rebroussement, disparue en 1888 suite à la mise en service de l'actuelle gare de passage, elle occupait l'espace entre le Pont des Trous et l'actuel Pont de Fer. 

Une gravure peinte par Bozière dans le courant du XIXe siècle montre l'existence d'un estaminet à l'enseigne "Au Petit Château", juste au pied de l'église Saint-Nicolas, à l'emplacement de l'actuel jardin qui fait l'angle de la rue du Château et de la rue du Curé du Château. 

Dans la rue du Château se trouvait jadis, le home Sainte-Anne accueillant des personnes âgées, l'institution a fermé ses portes, à la fin des années quatre-vingt, le bâtiment repris par le Centre Public d'Aide Sociale (CPAS) permet désormais de donner un toit à des personnes démunies.

Que deviendra la Tour Henri VIII ? 

Ayant abrité le musée des armes avant son transfert, il y a quelques années, dans des locaux plus spacieux à la rue Roc Saint-Nicaise, le Tour Henri VIII semble désormais à l'abandon. Cédée pour l'euro symbolique a un promoteur chargé de la restaurer, elle s'est vue cerclée d'un échafaudage et recouverte d'un dome plastifié. Des ouvriers ont commencé à enlever la couverture herbeuse qui entourait la terrasse d'observation à son sommet. Et puis, les travaux ont été abandonnés, la tempête a soufflé et le dome a été emporté, la "grosse tour" semble désormais laissé à son triste sort. On avait évoqué pour elle un lieu d'accueil pour les nombreux touristes britanniques qui visitent chaque année la cité des cinq clochers, on a dit tant de choses mais la réalité est que le dernier vestige de la citadelle d'Henri VIII ne semble plus préoccuper grand monde, autre élément du patrimoine tournaisien, comme le sont aussi le conservatoire de musique, la Maison des Anciens Prêtres ou l'église Sainte-Marie Madeleine, laissé en l'état, offert aux outrages du temps qu'il fait ou qui passe !

 

Ils y ont habité.

Sur le quai de l'Arsenal (actuel quai Sakharov) demeurait Adrien Alexandre Marie Hoverlant, né à Tournai, le 9 mars 1758 et y décédé le 10 septembre 1840. Avocat et juge de paix, il est connu pour l'énorme ouvrage qu'il a légué intitulé "Essai chronologique pour servir à l'histoire de Tournai",  de Jules césar au XVIIIe siècle, pas moins de 114 volumes et 3 volumes de tables et atlas in folio dont la rédaction lui pris cinquante-deux années. on lui doit égalment "Mémoires sur l'état de servitude au royaume des Pays-Bas", un ouvrage en deux volumes et d'autres études un peu moins connues. Adrien Hoverlant possédait une bibliothèque personnelle d'une telle ampleur qu'il fallut pas moins de quinze jours pour réaliser sa vente complète. 

Paul Clerbaux (1879-1960), architecte, demeurait au 14 de la place Victor Carbonnelle. Il fut responsable de la construction du couvent de Passy à Ramegnies-Chin (devenu l'école Saint-Luc) et auteur des écoles Saint-Brice, Notre-Dame Auxiliatrice, de l'hôpital d'Ath, des églises de Néchin, Hollain, Jollain, Pottes, d'une clinique à Mons et de la façade de l'immeuble du journal "Le Courrier de l'Escaut". Il fut également conseiller communal de 1921 à 1938 et échevin des Beaux-Arts de 1927 à 1932, Président de la Société d'Architecture de Belgique et Président du comité provincial des membres correspondants de la Commission Royale des Monuments et des Sites.

Robert Boucart (19.6.1924-18.6.2011), Ingénieur commercial Solvay-ULB, demeurait à l'avenue Leray. Professeur de sciences économiques à l'Athénée Royal de Tournai, il fut également Commissaire du gouvernement honoraire des universités de Mons, Fucam et Gembloux. Venu en politique sur un tard au sein du parti libéral, il fut échevin des Sports, premier échevin et échevin des Finances de la Ville de Tournai. Sportif, passionné de tennis et de hockey, il fut également nommé, en 1978, Président du Royal Tennis Club Tournaisien. 

Habitat, écoles et bureaux se partagent l'espace.

Dans le quartier du Château, on trouve indifférement des hôtels de maître, des maisons bourgeoises, des immeubles Art Déco et des résidences modernes qui côtoient des bâtiments scolaires comme le lycée Campin, l'école Saint-André, l'école Saint-Nicolas et les écoles primaires communales dites du Château et de Paris ou des immeubles à usage de bureaux. 

C'est au n°5 de la place Victor Carbonnelle qu'on découvre une magnifique maison Art Déco, extrêmement bien restaurée à la fin des années nonante par son propriétaire, l'architecte Walter Devaux (1912-2008). Elle fut construite par l'architecte Georges de Porre (Gand 1859-Tournai 1926), conseillé par l'archéologue Paul Rolland, pour un dénommé Valentin Hoër, bijoutier allemand, dans le courant des premières années du XXe siècle. Menuiseries aux courbes élégantes, sgraffites, pierres travaillées, l'immeuble est un exemple de cet art qui envahit le domaine de la construction à l'aube des années 1900. Cette rénovation a obtenu le prix décerné par l'asbl Pasquier Grenier en 2000.

Si on excepte un cyber-café à l'angle des rues du Château et du Rempart et une sanswicherie à l'angle des reus du Château et Delmée, il n'y a pas de petits commerces dans cette partie de la ville.

Un bâtiment qui éveille des souvenirs

Jadis se trouvait à la rue du Rempart un magasin bien connu des Tournaisiens, la "Coopérative l'Avenir". De l'alimentation à la lingerie en passant par la droguerie et autres articles, c'était l'ancêtre de nos grandes surfaces actuelles. Les clients coopérateurs recevaient, chaque année, une ristourne en fonction du montant des achats effectués. On y venait parfois de loin et la Coopérative livrait même à domicile. Hélas, les années soixante allaient être fatales à cette vénérable institution commerciale, l'ouverture du Grand Bazar au centre ville venu s'ajouter aux moyennes surfaces qu'étaient Sarma et Unic, l'incendie de l'Innovation et la sévérité des normes de sécurité exigées suite à celui-ci, l'aspect peu fonctionnel et peu attractif du bâtiment furent les raisons de sa disparition. On avait bien tenté de le moderniser, mais la décision fut probablement prise trop tard, la gestion en bon père de famille par des administrateurs vieillissants réalisée sans ces coups d'audace nécessaires au commerce moderne amena sa fermeture au début des années septante. Le bâtiment resta longtemps à l'abandon avant que le Ministère des Finances ne le rachète dans le courant des années nonante pour le rénover et y installer les services des contributions directes, du cadastre, de la TVA... disséminés jusqu'alors dans la ville. Le bâtiment accueille de nouveaux "coopérateurs" peut-être un peu moins enthousiastes que ceux qui le fréquentaient à la fin de la guerre.

Des "mammouths" au coeur du quartier.

Entre le Ministère des Finances et l'église Saint-Nicolas se sont terminés en 2012 les travaux de construction d'un nouveau bâtiment destiné à accueillir certains services du Ministère de la Justice, à l'étroit dans un Palais de Justice vieillissant (mal). 

Autres bâtiments imposants au sein du quartier du Château, ceux de la clinique Notre-Dame et du Centre de diagnostics Léo Chevalier. Clinique et maternité dépendant des Mutualités Chrétiennes ont fusionné avec l'Hôpital Civil, l'Institut Médico-Chrirugical et la clinique La Dorcas pour formé le Centre Hospitalier de Wallonie picarde (CHWAPi). Lorsque les travaux de construction de l'immeuble regroupant les services de chirurgie et de soins seront terminés sur les anciens terrains de l'Union à la rue des Sports (site Hôpital Civil), les bâtiments  de l'avenue Delmée seront destinés à accueillir le "pôle mère-enfant", en regroupant les services de néo-natalité, de pédiatrie...

On trouve également dans ce quartier quelques hôtels particuliers comme l'Hôtel de Lannoy à la rue Joseph Hoyois mais aussi comme celui du baron Raoul du Sart de Bouland situé à l'angle de la rue du Curé du Château et de la rue Saint-Bruno. Raoul du Sart de Bouland est né à Tournai le 20 décembre 1857 et est décédé à Moustier le 9 juillet 1915. Il fut le gouverneur de la province de Hainaut de 1893 à 1908 et membre du Conseil Colonial. Son immeuble fut racheté en 1882 par Alphonse Stiénon du Pré (1853-1918), sénateur et bourgmestre de Tournai. Son épouse étant infirme, celui-ci y fait construire une chapelle privée où des Pères Camilliens venaient célébrer la messe régulièrement. L'hôtel est partagé désormais entre l'atelier d'architecture "Archipel" qui a intégré la chapelle et en a fait un lieu de convivialité, à la rue Saint-Bruno, et un restaurant à l'enseigne du "Château de Cartes".

C'est aussi au sein du quartier du Château que se trouvait jusque dans les années septante, le siège de le firme de pronostics "Prior" (rue Beyaert, avenue Henri Paris). juste après-guerre, de nombreuses personnes y travaillaient afin de contrôler chaque bulletin et déterminer ainsi le nombre de joueurs ayant bien pronostiqué les résultats de douze rencontres de football. Faire un douze à Prior, à cette époque, était aussi bien fêté que trouver les numéros gagnants de l'actuelle grille de Lotto. 

Les boulerversements du quai Dumon.

C'est le plus large quai de Tournai. Entre les numéros 1 et 7, les bâtiments ont souvent changé d'affectation entre la seconde guerre mondiale et notre époque. La Banque du Tournaisis, au n°5, a été reprise, avant la guerre, par la Banque de Bruxelles qui en a fait un siège régional. Dans les années septante, l'institution bancaire a racheté et rénové, tout en conservant leur caractère, les immeubles situé au n°3, hôtel particulier appartenant à un notaire, et au n°1, un ancien estaminet à l'enseigne du "Grand Saint-Georges". Suite à la fusion, au milieu des années septante, avec la Banque Lambert pour donner naissance à la BBL (Banque Bruxelles Lambert), l'institution a fait ériger un bâtiment moderne et fonctionnel, bien intégré dans l'ensemble des immeubles du quartier, pour y loger, sur trois niveaux, des services administratifs. Ainsi au début des années nonante, le siège de la Banque Bruxelles Lambert s'étendait pratiquement de l'angle de la rue de l'Epinette au n° 5 du quai Dumon. La mondialisation est passée par là et, dans le courant des années nonante, la Banque de Bruxelles a été rachetée par le groupe néerlandais de bancassurances ING. Comme c'est presque toujours le cas, les instances néerlandaises prirent la décision de supprimer le siège de Tournai (ainsi que d'autres) au nom de la rentabilité (à outrance). Que représentait la ville de Tournai pour un dirigeant occupé à Amsterdam, peut-être n'y est-il jamais venu, peut-être que ce nom lui était inconnu ?  Le nouveau bâtiment du Becquerelle, vieux d'à peine quinze ans, fut racheté et occupé par le Service d'Aide à la Jeunesse, un particulier racheta l'ancien café faisant l'angle du quai avec le Becquerelle, le S.A.J. racheta également l'ancienne maison du notaire située au n°3. En à peine cinq ans, la banque se retrouva, à nouveau, cantonnée dans ses bâtiments d'origine. Ce qui passa inaperçu pour la plupart des Tournaisiens furent les pertes d'emplois. Près de deux cents sont ainsi disparus par regroupement sur d'autres sites à Namur ou Bruxelles. Des deux cent cinquante membres du personnel, il reste désormais à peine une quarantaine. On peut se demander jusqu'à quand ?

Le Crédit du Nord Belge, voisin de la BBL, avait montré l'exemple et cessé ses activités à la fin des années quatre-vingt, le bâtiment qu'il occupait a été transformé en une résidence avec appartements de standing, là aussi quelques emplois passèrent à la trappe sans émouvoir les politiques locaux, pourtant cette fuite des emplois doit laisser des traces dans le budget communal !

Avec le départ de BNP Fortis, de la Banque Nationale, elle aussi située jadis au Becquerelle, et la fusion d'autres institutions, la désertification économique de Tournai a été l'oeuvre du monde financier. 

A l'angle du quai et de la rue Joseph Hoyois, la papeterie Michenaud a fermé ses portes à la fin du siècle dernier, dans ses locaux s'est ouvert un bureau financier. 

Il est également cocasse de constater que le commissariat de police de la ville se trouve désormais au Becquerelle, jadis endroit lieu vague, mal famé, amas d'habitations infimes, séjour ordinaire de gens sans aveu comme le décrit Bozière.  

Fièvre la semaine, sérénité le week-end.

Durant la semaine, aux heures de pointe, en raison de la présence des bureaux, des écoles et de la clinique où se rendent des milliers de personnes quotidiennement, le quartier du Château connaît une certaine effervescence. Situé, de plus, à deux pas du rond-point du Viaduc (certains préfèrent le nommer, par facilité, Imagix à cause de la proximité du cinéma), il est aussi une voie de pénétration en ville. 

Bureaux, écoles et centre de diagnostic étant fermés le week-end, on peut souvent s'y promener sans parfois y voir âme qui vive. 

Cette sérénité a pourtant été troublée dans le courant des années nonante, des meurtres, pour la plupart non élucidés, de femmes seules ont fait craindre à la population l'existence d'un sérial killer. On n'a pourtant jamais pu prouver qu'il y avait un lien entre les divers faits. 

La place Verte fut, jusque dans les années nonante, le lieu de rendez-vous des amateurs de jeu de balle, son ballodrome a accueilli régulièrement, pour des joutes parfois homériques, des équipes comme Chapelle, Wangenies, Gilly où évoluaient alors les Cassart, Coart..."stars" de la petite balle blanche de l'époque. La place était aussi, annuellement, le lieu de ralliement des éléveurs régionaux venus participer aux concours de bovins. Dès 8h, le matin, le voisinage résonnait des meuglements des bestiaux et du crachotement des tracteurs. Désormais, le ballodrome se meurt lentement, les vieux habitants repensent avec nostalgie à ces centaines de personnes qui  y venaient et terminaient leur journée à "l'Hôtel de la Fontaine d'Or", aujourd'hui disparu. Lors des soirées d'été, on y voit des habitants se mesurer à la pétanque. A part cela, il n'y a plus que les contrôleurs de City-Parking qui y déambulent du lundi au vendredi traquant (et le mot n'est pas trop fort) l'automobilsite qui aurait malheureusement omis de placer son disque de stationnement bien en évidence. Autre époque... autre moeurs !

(sources : "bulletin trimestriel n°64" de l'asbl Pasquier Grenier - article de Jacky Legge à propos de la chapelle privée paru dans le n° 108 de la revue de l'asbl Pasquier Grenier"-"Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière et souvenirs personnels datant de l'époque où j'habitais le quartier).

(S.T. février 2013)

26/10/2011

Tournai : l'hôpital capitulaire Notre-Dame

Il y a quelques temps, les Tournaisiens ont assisté au rapprochement et ensuite à la fusion des diverses institutions hospitalières de la cité des cinq clochers. Initié en 2004 et effectif depuis 2008, ce projet de centre régional a pris le nom de Centre Hospitalier de Wallonie picarde, en abrégé le CHWapi, né de la fusion de la clinique Notre-Dame (émanation des Mutualités Chrétiennes), de l'Institut Médico-Pédagogique (I.M.C. dépendant des Mutualités Socialistes), de l'Hôpital Civil (géré par le C.P.A.S) et de la clinique La Dorcas (ASBL). Cette méga-fusion a donné naissance au plus grand centre hospitalier régional et permet, au moment où le secteur des soins de santé est loin d'être bénéficiaire, de réaliser des économies d'échelle dans l'achat d'un matériel de diagnostic et de soins de plus en plus onéreux et de créer une complémentarité par une spécialisation momentanée de chaque site. A terme, c'est-à-dire dès la fin des travaux de construction du nouveau complexe érigé sur l'ancien terrain de la Royale Union Sportive Tournaisienne, la ville disposera d'un établissement de 875 lits. 

Notre intérêt se porte, aujourd'hui, sur le prédécesseur de l'Hôpital Civil, l'Hôpital capitulaire Notre-Dame aussi appelé Hôtellerie Notre-Dame et Charité du Gué.

On ignore la date précise de sa création. Selon Bozière, on sait que celle-ci est l'oeuvre du chapitre de la cathédrale, dont les membres suivaient la règle de Saint Chrodegang adoptée par le concile d'Aix la Chapelle en 816 qui leur demandait de créer des écoles et des lieux où on soignerait les malades et où on hébergerait les pauvres voyageurs. L'auteur de la chronique sur Tournai y voit donc la période durant laquelle on a fondé l'hôpital. Daniel Dupriez, licencié en histoire de l'Université libre de Bruxelles, dans une étude publiée en 1980, découvre une première trace matérielle dans un acte du XIIe siècle par lequel un chanoine nommé Gedulphe fait une donation de maisons, de terres et de biens lui appartenant pour le soin des pauvres et indigents. Certains émettent l'hypothèse que cet argent était destiné à restaurer l'hôpital existant mais se basant sur des recherches du professeur Jacques Pycke, notre historien contemporain émet l'hypothèse qu'il s'agit de l'acte de fondation s'inscrivant dans la réforme dite grégorienne lancée par le pape Grégoire VII. La création de l'Hôpital Notre-Dame serait donc intervenue vers 1112, à l'époque où allait débuter la construction de la cathédrale de Tournai.  

Si on ignore à quand remonte sa fondation, on connaît parfaitement sa localisation au sein de la cité, cette hôtellerie qu'on appelait aussi Maison-Dieu ou Hôtel-Dieu était située dans un quadrilatère compris entre l'actuel quai du Marché au Poisson, la rue de la Lanterne (longtemps dénommée rue du Nouveau Wez), la rue de l'Hôpital Notre-Dame et la rue de la Contrerie, une ruelle étroite qui séparait les bâtiments de l'Hôtel des Volontaires Pompiers, une petite voirie supprimée en 1784. 

Dans le prochain article, nous aborderons l'existence propremement dite de cet hôpital.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière paru en 1864 - Etude de Mr. Daniel Dupriez, parue dans une publication des Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie, tome 1, année 1980)

24/11/2010

Tournai : le point sur les chantiers

A l'intention de ceux qui s'intéressent aux transformations de la cité et tout particulièrement des Tournaisiens exilés, l'Optimiste publie régulièrement l'état d'avancement des divers chantiers qui remodèlent le paysage de la cité des cinq clochers.

 

La rue Perdue n'est plus qu'un gouffre de six à sept mètres de profondeur sur toute sa longueur, des tonnes de terre ont été évacuées depuis le début du chantier, actuellement on débute le nivellement de la base du parking souterrain qui y sera construit.

 

Le piétonnier de la Croix du Centre est éventré pour la pose des diverses canalisations et câbles. Un tel travail, réalisé dans une rue restée accessible aux piétons, ressemble à une délicate intervention chirurgicale et des incidents y ont été inévitablement relevés : coupure d'un câble à la rue Gallait privant le quartier de téléphone, rupture d'une ancienne arrivée d'eau toujours sous pression inondant la rue des Puits l'Eau et percement d'une autre canalisation à l'origine d'un geyser assez impressionnant dans la rue de la Cordonnerie. Les fêtes de fin d'année s'annoncent difficiles pour les commerçants des rues en chantier.

 

A la place Paul Emile Janson, l'ancien Hôtel de la Cathédrale dans lequel s'érigera le nouveau Centre de Tourisme de la Ville est toujours ouvert à tous les vents. il nous a été dit que l'état du bâtiment et des problèmes de stabilité ont obligé les architectes à mettre en oeuvre la technique dite du "façadisme" en démolissant tous les murs intérieurs ! Dans les premières projections du chantier, il était prévu, qu'à cette époque de l'année, le gros oeuvre serait en phase terminale, on est loin du compte. Quant au projet de construction de l'hôtel 4*** à la place Paul Emile Janson, celui-ci soulève, à nouveau, des critiques. Son gabarit, sa toiture plate, le béton employé pour la façade, son intégration dans l'ensemble des immeubles à reconstruire... ont fait l'objet de remarques d'associations de défense du patrimoine.

 

La rue de l'Hôpital Notre-Dame présente toujours un aspect sinistré, plus rien ne bouge et la végétation continue à proliférer dans les ruines de l'ancien cinéma Multiscope Palace. Le promoteur immobilier attend probablement de voir comment son projet va s'intégrer dans la rénovation du quartier cathédral qui n'a pas encore commencée à cet endroit.

 

Au quai des Salines, aux vues des conditions atmosphériques favorables dont a bénéficié le chantier depuis son ouverture, on pouvait raisonnablement espérer que celui-ci serait terminé, comme planifié, pour la Noël. On en est loin, il reste à paver un tronçon de rue et à réaliser les trottoirs entre l'entrée de la grande surface et le carrefour formé avec la rue de l'Yser, à aménager les abords du monument en hommage à Barthélémy Dumortier, à étaler des terres auprès des plantations et à nettoyer le chantier avant l'ouverture à la circulation. Tout cela paraît difficilement réalisable en trois semaines. 

 

A la rue de l'Athénée par contre, la réhabilitation de l'ancien commissariat de police par la création de quinze logements d'insertion semble suivre le planning fixé, les travaux de rénovation des façades, des toitures et corniches, le remplacement des châssis et des portes sont terminés. On procède actuellement aux aménagements intérieurs.

 

A l'angle de la rue de l'Arsenal et de la rue Campin, la deuxième phase de travaux concernant la construction d'une résidence progresse, on y pose les charpentes, par contre les travaux réalisés à l'ancien immeuble situé à l'angle de la rue Campin et de la rue du Château sont à l'arrêt depuis plusieurs mois. La toiture a été refaite, les châssis ont été enlevés mais pas encore remplacés.

 

En ce qui concerne la Tour Henri VIII aussi appelée "Grosse Tour" par les Tournaisiens, la presse de ce matin nous renseigne les raisons pour lesquelles le chantier semble abandonné. Les précisions ont été données par le Bourgmestre lors du Conseil Communal qui s'est tenu ce dernier lundi. C'est en 2007 que la Tour a été achetée par un promoteur qui se chargeait de la restaurer et ensuite de la rétrocéder à la Ville. Hélas les nombreux fonctionnaires chargés, à différents niveaux, de l'étude du dossier ont bien eu du mal à se mettre d'accord sur des détails. C'est maintenant à la "Commission des Monuments et des Sites" qu'il revient d'approuver le projet définitif de restauration, cela devrait se faire lors de la réunion du 7 décembre prochain. (L'Avenir du 24.11.2010). 

 

Le chantier de rénovation de la cathédrale Notre-Dame se poursuit. L'échafaudage interne qui a permis de retirer les vitraux de la nef romane a été démonté, les travaux sont toujours en cours pour les murs extérieurs de la nef romane, ils sont effectués à l'abri des regards des passants grâce à de grandes toiles blanches reprenant de façon stylisée l'aspect de la cathédrale.

 

Le chantier de rénovation de l'église Saint Jacques se poursuit. Depuis quelques jours une énorme grue monte les blocs de pierre qui remplaceront ceux dont l'état était plus que déplorable et ne permettait plus un lifting plus ou moins correct.

 

Le chantier de l'ancien Hôpital militaire Major Médecin De Bongnies se poursuit, les immeubles à appartements qui se dresseront à la rue Allard l'Olivier sont sortis de terre, les bureaux de l'immeuble en façade sont opérationnels, on aménage l'intérieur du nouveau bâtiment qui abritera le CPAS.

 

Le chantier du nouvel hôpital du CHWApi progresse de jour en jour, néanmoins, pour en voir la fin, il y aura encore deux autres phases qui suivront celle en cours. Nous aurons donc souvent l'occasion de parler de l'état d'avancement de ce chantier mammouth.

 

D'autres chantiers sont encore en cours, mais ils sont réalisés dans des immeubles appartenant à des propriétaires privés.

(S.T. novembre 2010)

20/08/2009

Tournai : les chantiers fleurissent (2)

Nous poursuivons la balade entamée hier à découverte des chantiers qui fleurissent à Tournai en ce mois d'août 2009. Un important chantier vient de débuter et on nous annonce qu'il durera probablement plusieurs années. Sur l'ancien terrain de la Royale Union Sportive Tournaisienne, à la rue des Sports, les pelleteuses sont entrées en action pour creuser les fondations de l'extension de l'ancien hôpital civil intégré au sein du CHwapi (Centre Hospitalier de Wallonie picarde), terme que beaucoup à Tournai qualifie de barbare, simple acronyme créé, sans beaucoup d'imagination, par une administration dont la poésie ne sera jamais l'apanage. Depuis le lundi 10 août, des pelleteuses abreuvent en terre sablonneuse la noria de tracteurs chargés de l'évacuer. Là ou résonnèrent naguère les chants des supporters Rouge et Vert aux soirs des victoires des "Infants" s'élèveront deux bâtiments destinés à abriter, l'un, le "pôle mère-enfant" dans lequel, sur cinq niveau, on trouvera un service de néonatalogie, de fécondation in-vitro, le bloc obstétrique, la maternité et la pédiatrie. L'autre comportera, à terme, le service des urgences, le bloc opératoire, deux unités deux soins intensifs mais aussi des services comme la pharmacie et la stérilisation. Le nouveau complexe hospitalier aura une capacité de 650 lits qui viendront en complément des 250 lits offerts par le site de l'ancienne clinique Notre-Dame qui subsistera de l'autre côté de la ville.

Comme la Plaine des Manoeuvres, dans sa section entre la Maison des Sports CET et l'avenue Montgomery, avait besoin, depuis longtemps, d'être nivelée, l'apport des terres en provenance du chantier de la rue des Sports s'effectue par une incessante rotation de tracteurs, six jours sur sept, de 7h à 17 h. Une fois les 90.000 tonnes de terre étalées et ensemencées, on pourra y trouver, à côté de l'actuel terrain synthétique destiné au hockey, un terrain de football américain et de soft-ball et un autre pour le base-ball. Sur la partie restante un espace vert devrait être réalisé.

Dans un avenir proche, on nous annonce le début, attendu depuis longtemps, des travaux de rénovation et de construction sur le site de l'ancien hôpital militaire De Bongnies. A terme, les services du CPAS prendraient possession de l'immeuble construit le long de la rue Jean de Mesgrigny, tandis que des appartements construits dans le parc situé à l'arrière accueilleront eux aussi des centaines de locataires.

Des travaux de voirie compliquent la circulation routière. Depuis trois mois, l'important carrefour du Viaduc, emprunté chaque jour par les habitants de Kain pour pénétrer en ville, fait l'objet d'un chantier de construction d'un vaste rond-point sensé fluidifié la circulation aux heures de pointe. Les travaux semblent être arrivés dans leur dernière phase et on nous promet que la circulation pourra être rétablie à la mi-septembre. Comme ce carrefour est situé sur la ceinture des boulevards, à proximité de la clinique Notre-Dame et de nombreux bâtiments scolaires, la rentrée des classes risque d'être chaude ! Autre chantier qui s'éternise, celui entrepris par Ipalle, pour modifier l'égouttage du quartier Saint-Jacques, celui-ci va bientôt fêter, si ce n'est déjà fait, son deuxième anniversaire, au grand dam des riverains. Ce fut d'abord, les rue des Carmes et du Palais Saint-Jacques qui furent bloquées longuement, ensuite, la rue des Augustins, la rue des Soeurs Noires et le Floc à Brebis. Un accès temporaire fut rendu possible à la veille des congés mais le passage est de nouveau impossible depuis quelques jours, les travaux concernant désormais la rue Frinoise. Les responsables du chantier ont fait face à de nombreux imprévus, ils tombèrent sur des canalisations non répertoriées sur les plans ! Un chantier qui a duré à peine trois jours est celui de la réfection du Boulevard Bara dans sa section Porte de Lille vers la Porte Saint Martin. Un nouveau revêtement a fait disparaître les nids de poule, cauchemar des automobilistes. Dans un prochain article, nous évoquerons d'autres chantiers importants sans oublier celui de la cathédrale Notre-Dame.

09:40 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovation, chwapi, hôpital militaire de bongnies |