23/08/2016

Tournai : promenade le nez en l'air (3)

A l'ombre des cinq clochers, la promenade continue !

Cette fois encore, nous allons partir à la découverte d'éléments architecturaux ou insolites que nos yeux de Tournaisiens habitués à déambuler dans la ville ne voient plus et que certains touristes ignorent totalement durant leur visite. 

 

Le chapiteau de l'homme qui tombe.

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Dans la nef de la cathédrale Notre-Dame, à proximité de l'entrée par la porte du "Capitole", une colonne représente un "homme qui tombe". J'ai entendu plusieurs versions concernant cette représentation. La plus généralement admise évoque l'hommage d'un sculpteur à ceux qui se tuèrent lors de l'édification de l'édifice au XIIème siècle. Un chanoine y voyait plutôt une colonne posée à l'envers. Pour ce religieux, le personnage aurait dû être placé dans le bas et aurait ainsi symbolisé l'humanité qui souffre sous le poids des péchés. La troisième version, plus coquine, se rapproche de l'avertissement contenu dans la pierre gravée, placée sous l'arche formée par la chapelle Saint-Vincent qui relie l'évêché à la cathédrale. Cet avis s'adresse directement aux "malpropres qui, sentant venir un besoin urgent, sont invités à passer leur chemin". Etant libellé en latin, il est dommage que les "malpropres" de notre époque connaissent de moins en moins ce qu'on appelle les langues mortes. Cette colonne, retournée, aurait ainsi fustigé, ceux qui se soulageaient (et continuent à le faire) le long des murs de la cathédrale. 

 

La rosace.

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Lorsque des touristes font une visite du prestigieux édifice, en compagnie d'un guide, celui-ci ne manque pas de leur décrire la rosace située au-dessus des grandes orgues et de l'entrée principale. Au centre, on trouve une représentation de la Vierge Marie puisque la cathédrale lui est dédiée. Autour d'elle, seize petits cercles représentent des angelots, les seize cercles suivants de taille moyenne représentent les signes du zodiaque, trois par trois, séparés par des personnages représentant les saisons. Les seize cercles extérieurs de plus grande taille représentant les prophètes mais aussi Salomon et Moïse. Cette rosace a été placée dans le courant du XVIIIe siècle. Placée au nord-ouest de l'édifice, elle ne brille malheureusement de mille feux qu'à la tombée du jour. 

 

La statue de Notre-Dame la Brune.

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Cette statue en bois représentant une vierge à l'enfant a été offerte, en 1568, par un officier durant l'occupation espagnole en remplacement de celle brisée par les iconoclastes, en 1566. Cette vierge au visage de teinte brune a fait l'objet d'une restauration à l'IRPA, voici quelques années. Pour les historiens, c'est probablement la polychromie de sa robe d'origine qui lui a valu ce vocable. Pour d'autres, c'était la couleur foncée du bois qui l'assimilait aux vierges noires qu'on trouve dans les pays du Sud de l'Europe. Au cours de cette restauration, on a découvert que la teinte "bronzée" n'était pas celle qu'elle présentait à l'origine mais qu'elle résultait probablement de fumées. Les Amis de la Cathédrale ont souhaité la présentait au public sous l'aspect qu'elle avait au XVIème siècle. Me trouvant à l'accueil de la cathédrale au moment de son retour, de nombreuses personnes, surtout âgées, m'ont faire part de leur étonnement et même d'une pointe de déception, elles avaient perdu leur "vierge noire". Peut-être craignaient-elles qu'elle n'exauce plus leurs prières ? 

 

 

 

 L'abbaye de Saint-Martin

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On retrouve les premières traces de cette abbaye au début du XIème siècle, celle-ci allait s'étendre pour occuper les terrains sur l'entièreté du parc communal actuel et possédait de nombreuses propriétés dans la région.Le plan de cette abbaye disparue au moment de la Révolution française apparaît sur le mur d'une habitation de l'Enclos Saint-Martin. A partir du parc communal, on peut découvrir le cloître reconstitué faisant aujourd'hui partie des bâtiments de l'hôtel de Ville. 

 

 

 

 

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L'Histoire de la ville résumée sur un bâtiment officiel.

Combien de personnes ont déjà pris le temps d'observer minutieusement les cartouches qui se trouvent sur le bâtiment des services administratifs de l'Administration Communale ! Ceux-ci reprennent chronologiquement (de droite à gauche) une succession de faits historiques : la louve allaitant Romulus et Remus rappelle la création de Rome, c'est à l'époque romaine que la cité des cinq clochers est apparue, les abeilles d'or de Childéric, père de Clovis, le roi des Francs qui avait fait de Tournai sa capitale, les drakkars des invasions des Vikings, la construction de la cathédrale Notre-Dame... le dernier représente les bombardements de la cité en 1940.

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Nous finirons notre promenade par des lieux peu connus du grand public mais dont l'histoire mérite d'être contée. 

(documents photographiques : F. Bauduin et collection personnelle).

S.T. août 2016.

11/02/2013

Tournai : la Piste aux Espoirs 2013

Du 27 février au 4 mars, la ville de Tournai va vivre sa 22e Piste aux Espoirs, le Festival international d'Artistes de Cirque.

La Piste aux Espoirs, quatre mots qui ravivent les souvenirs de notre jeunesse parmi lesquels la mythique "Piste aux Etoiles" produite et réalisée par Gilles Margaritis et présentée par Roger Lanzac, rendez-vous incontournable des soirées du mercredi sur l'ORTF, devenue mensuelle sur Antenne2, d'une exceptionnelle longévité puisqu'elle dura du 11 janvier 1956 au 29 octobre 1978. 

En nous résonnent les airs de l'orchestre de cirque dirigé par Bernard Hilda qui rythmait les numéros à couper le souffle venus du monde entier, en nous remontent les images des intermèdes d'Achille Zavatta, un des clowns les plus populaires de l'après-guerre.

Le cirque, un monde magique, un univers féérique pour petits et grands, une bulle de lumières où les exploits les plus fous prennent vie. Le cirque, une ambiance particulière, des senteurs qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Le cirque, l'endroit où rêve et réalité se rejoignent pour le plus grand bonheur des spectateurs. 

Tournai a accueilli les plus grands chapiteaux itinérants que furent ou sont encore Médrano, Pinder, Bouglione en passant par Althoff, Toni Boltini, David Chipperfield, le Cirque de Moscou d'Oleg Popov ou encore le Grand Cirque de France, le cirque Plume, Annie Fratellini, Kröne et l'American Circus. Il n'est donc pas étonnant qu'on trouve au sein de la cité des cinq clochers de nombreux passionnés des arts circassiens.

Parmi ceux-ci Patrick Hourdequin, un Tournaisien installé à Monaco où il collabore au festival du cirque de Monte Carlo, Jean Paul Lenglez, libraire, grand ami des directeurs des plus grands cirques européens et Noël Coeck, journaliste et créateur d'un trio de clowns ont été, en mars 1988, parmi les fondateurs de ce festival international qui voulait encourager les artistes amateurs et les jeunes issus des écoles de cirques. L'appel qu'ils lancèrent trouva un écho plus que favorable dans le monde de la Piste. Ils furent des centaines à répondre à l'invitation des organisateurs tournaisiens et, tous les ans, ils vinrent de divers horizons, de l'école française de Châlon, du Lido de Toulouse, de Rosny sous Bois, de Marne la Vallée, de Chambéry, de l'école de cirque de Lyon, mais aussi de l'école de cirque de Montréal, du Théâtre de Suisse, du collège d'Etat et de Variétés de Kiev, de Wiesbaden, de Chine, de Hongrie, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de l'Ecole supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles et de Mômes Circus, l'école tournaisienne de cirque. 

Si la présence des grandes écoles de cirque apporta son lot de vainqueurs, des artistes belges furent néanmoins révéler par le festival : le clown Elastique et les Okidoks (les Tournaisiens Benoit Devos et Xavier Bouvier) notamment. 

En 2005, les nouveaux organisateurs sous la houlette de François Guilbert, qui ont pris le relais des anciens, décident de modifier la formule. La compétition entre artistes est définitivement supprimée. Finie la remise des Piste d'Or, d'Argent ou de Bronze, terminée l'attribution des Prix du Public ou de la Presse, oubliée la saine émulation entre les différents artistes qui se liaient d'amitié dans le Foyer des Artistes durant les journées que durait la Piste aux Espoirs. Le festival se transforme en "Biennale des Arts du Cirque", tout en conservant le nom qui fit sa réputation dans le monde entier de Pékin à Montréal, de Paris à Moscou, de Tournai à Toulouse. Une évolution que certains regretteront et que d'autres applaudiront, éternelle lutte entre les Anciens et les Modernes, entre les défenseurs des Traditions et les fanatiques du Progrès. 

La prochaine 22e édition de la Piste aux Espoirs sera donc la quatrième biennale du genre.

Si un chapiteau se dresse encore sur la plaine des Manoeuvres, à proximité de la Maison de la Culture, co-organisatrice de l'évènement avec No Télé, les Amis de Tournai et la Ville de Tournai, les prestations des artistes auront lieu dans divers lieux que ce soit dans des salles comme La Fenêtre (siège de Mômes Circus), la Halle-aux-Draps, le Centre de la Marionnette, la Maison de la Culture, l'école des Frères ou sur la Grand'Place ou la place de l'Evêché, comme pour un retour aux sources, au temps où les saltimbanques du Moyen-Age, précurseurs de nos cirques itinérants se produisaient sur les places des villes et des villages. 

On pourra y applaudir des spectacles tels le "Petit cirque éphémère les Zampanos" (F), "l'Homme Cirque-David Dimitri" (Suisse), "Ni Omnibus de Jean Paul Lefeuvre" (F), "Bibeu et Humphrey-l'Attraction céleste" (F), "Milan Szypura-l'Ecole de Cirque de Palestine", "les Filles du 2ème-Lady Cocktail" (B), "la Cie Circoncentrique" (B), "Sinué-Feria Musica" (B), "Thibault Cordonnier Cir(k)us", "l'Homme Cornu-Kurt Demy et la Cie Rode Boom" (B), "Cuerdo-Karl Stets" (Danemark), "le Carrousel des Moutons de Cie d'Irque et Fien" mais aussi les "Espoirs du Cabaret Plôt" (B), pôle cirque Lille Tournai en collaboration avec le Prato, les rencontres d'amateurs de Mômes Circus (Tournai), les spectacles Entre Nous (création) ou Ooups, les fanfares Don Fiasko et Fanfare Toi-Même.

Laissons le dernier mot à Dominique Rombaut de No Télé qui, dans son édito, à la bouche nous amène déjà l'eau :

"Pour vous, partout dans la cité, frissons et rencontres à gogo, cirque en tribu, pirouette en solo, envol en duo. En salle, sur les pavés, sous chapiteau, histoires contées, exutoires de biscotos qui nous donnent chair de poule et trémolos. Zoom sur la voltigeuse et le costaud, les trapèzes et les cerceaux, exploits d'amateurs et de pros...".

Du 27 février au 4 mars, Tournai se rappelera les grandes soirées de cirque !

11/11/2012

Tournai : La grande Fête du Cirque 2012

Le public tournaisien, friand d'arts circassiens, attendaient, avec impatience, sa troisième "Grande Fête du Cirque", car dans une ville par où sont passés les plus grands chapiteaux européens, dans une cité qui a acquis ses lettres de noblesse avec la Piste aux Espoirs, le cirque est, pour la population, plus qu'ailleurs, l'endroit magique qu'il faut absolument visiter. 

Présent lors de la soirée d'ouverture, ce jeudi 8 novembre, je peux vous avouer qu'une fois encore le très nombreux public s'est retiré enchanté par la qualité du spectacle présenté. 

Le programme intitulé cette année "Surprises" en a réellement surpris plus d'un jusque dans sa présentation puisque que Monsieur Loyal n'était autre qu'Emmanuel Horwood, un passionné de cirque enghiennois, véritable homme orchestre de ce rendez-vous annuel. 

Pendant toute l'année, cet homme qu'on pourrait croire né parmi les gens du voyage s'en va à la rencontre de ces artistes qui se produisent sous les plus grands chapiteaux itinérants et les engagent pour les représentations de Namur,Tournai et à partir de cette année, Charleroi. Ce qui l'a émerveillé durant l'été, il nous donne à voir durant l'hiver. 

L'enchantement est total dès l'arrivée sous le chapiteau italien, rouge et jaune, loué à Londres et qui comporte deux mille sièges "baquets" extrêmement confortables, un confort augmenté par le chauffage de l'immense tente, un confort qui fait oublié ces travées de banquettes en bois qui ont parfois raison du dos si le spectacle est trop long. Il y a également les jeux de lumière, l'orchestre qui a pris place au-dessus de l'entrée des artistes, il ya le pop-corn, l'odeur des gaufres provenant de la roulotte installée dans l'avant-tente (véritable salon d'accueil), il y a la piste et sa sciure, bref, il y a... cette ambiance qu'on ne découvre nulle part ailleurs.

Et puis, il y a le les numéros qui vont se succéder durant deux heures. Des prestations prodigieuses signées Elisa Triberi, une contorsionniste italienne qui nous donnait mal à aux articulations, Jefferson Weber, un brésilien qui s'envole tout là-haut sur sa bicyclette, Mathieu, le clown français qui interviendra régulièrement avec des gags qui déclencheront les rires des enfants très nombreux en cette première soirée (pourtant il y avait école le lendemain), une réprésentante de la dynastie Folco faisant évoluer, avec grâce, un élephant de plusieurs tonnes, le suisse Louis Knie junior et sa cavalerie composée de chevaux noirs et blancs, les quatre motards brésiliens dans un époustoufflant numéro de "boule de la mort", le trio humoristique suisse, les Starbugs, adeptes du hip-hop et des gags visuels, Alessio Fochesato, ses perroquets et perruches qui survoleront les spectateurs dans un ballet aérien multicolore, cet acrobate venu des pays de l'Est avec un numéro tout en équilibre et force...

Un régal pour les connaisseurs, une découverte pour certains. 

Je m'en voudrais d'oublier de vous signaler que parmi l'équipe initiatrice de cette féérie, on retrouve le tournaisien Jean Yves Lenglez, qui tel Obélix, est tombé dedans quand il était petit, pas dans le chaudron de potion magique mais bien dans le monde merveilleux du cirque traditionnel, celui qui fait rêver ! Le plus beau témoignage vint au moment de quitter le chapiteau, car même si certains étaient fatigués, tous les enfants avaient des étoiles dans les yeux !

Deux représentations ont encore lieu ce dimanche 11 novembre à 14h et 17h30, Esplanade du Conseil de l'Europe (plaine des Manoeuvres)

(S.T. Novembre 2012)


10/11/2011

Tournai : la Grande Fête du Cirque 2011

De cinq ans la cadette de celle organisée à Namur, la Grande Fête du Cirque de Tournai en est à sa deuxième édition. Elle se déroule depuis ce mercredi jusqu'à dimanche sous le chapiteau du cirque danois Arena dressé sur l'esplanade du Conseil de l'Europe.

L'immense "arène" dont la toile culmine à 15 mètres de hauteur et qui offre près de 1.700 places était remplie pour la soirée inaugurale prouvant, une fois de plus, que les Tournaisiens aiment les arts du Cirque.

Nous n'aurions voulu rater sous aucun prétexte cette occasion de retrouver cette atmosphère si particulière, mélange de lumières, de strass, de musique, le tout parfumé de l'odeur de sciure de la piste.

Le spectacle, présenté par un Monsieur Loyal, plus vrai que nature, en la personne du Tournaisien Jean Michel Van de Cauter ne connaît aucun temps mort, les numéros se succèdent à un rythme endiablé ponctués par l'orchestre situé, selon la tradition, au-dessus de l'entrée des artistes.

Car ce sont bien des artistes, maîtres de leur discipline qui ont emmené les spectateurs dans une féérie de près de trois heures. "Sensations" est le titre qui s'étale sur les affiches et le spectacle fut tout simplement...sensationnel. Parmi tous les numéros programmés, Yves Nicolls présenta un numéro de jonglerie comme il nous est rarement donné l'occasion de voir, le magyar Karah Kavhak tint les spectateurs en haleine avec son boa mais aussi ses cinq alligators dont l'un pèse près de 200 kilos kilos pour trois mètres de longueur, le duo Stoicev défia les lois de la pesanteur dans la roue de la mort à douze mètres du sol, la dynastie Folco présenta trois numéros de dressage de cinq poneys et d'un cheval tout d'abord, de chameaux ensuite et d'éléphants enfin. Jimmy Folco, le clown, récolta un tonnerre d'applaudissements à chacune de ses interventions, la troupe russe Pouzanov, clown d'or au festival de cirque de Monte-Carlo, enchaîna les plus grandes voltiges à la bascule, quatre jeunes filles venues de Mongolie offrirent un numéro de contorsions d'une touchante grâce... Les numéros étaient issus des plus grands cirques du monde et c'est à un véritable "best-of" qu'il nous a été donné d'assister.

La Grande Fête du Cirque de Tournai se poursuit ce jeudi à 20h, vendredi 11 novembre à  14h et 17h30, samedi à 15 et 20h et dimanche à 14h et 17h30.

Tournai, une ville qui a accueilli les plus grands spectacles (Médrano, Pinder, le Grand Cirque de France, Toni Boltini, Althoff, Kröne, l'Américan Circus, le Cirque de Moscou, Bouglione, Jean Richard, Amar, De Jongh...) et qui a vu la création de "la Piste aux Espoirs" méritait bien de rendre un hommage particulier à cet univers qui fait rêver petits et grands.