20/07/2012

Tournai : "capitale" de la Wallonie picarde (5)

Quatrième balade en Wallonie Picarde, en guise de mise au vert.

Nous quittons Tournai, à nouveau par la Nationale7, nous bifurquerons vers la droite entre Ath et Enghien car, dans le prolongement du Pays Vert, se situent trois entités rurales mais aussi résidentielles, bon nombre de leurs habitants travaillant en effet à Bruxelles ou à Mons

La première commune que nous visiteront s'étend entre Ath et Enghien, Silly regroupe sept villages : Bassily, Fouleng, Gondregnies, Graty, Hellebecq, Hoves et Thoricourt pour une superficie totale de 67,7 km2 et une population d'environ 8.200 habitants. 

La commune est connue des mélomanes par son "Printemps musical" qui, depuis 1990, se déroule tous les deux ans, de mars à juin, biennale regroupant de jeunes musiciens amateurs et des professionnels de la musique venus transmettre leur art aux débutants. Les concerts ont lieu dans le cadre du château, des églises et parfois même dans la propriété d'un particulier. 

Dans le village de Thoricourt sé déroule, chaque année, en août, le festival intitulé "Théâtre au Vert", des spectacles tout public sont présentés par différentes troupes de comédiens dans des lieux exceptionnels, situés en pleine nature, comme à la ferme du Caillou, à la ferme de la Motte ou sous le chapiteau des Balladins du Miroir, fidèles du festival. 

On ne quittera pas la commune sans avoir goûté une des nombreuses bières brassées par la Brasserie de Silly. Celle-ci existe depuis 1850, tout d'abord au sein d'une grosse ferme dans laquelle on brassait l'orge et le houblon, "la Cense de la Tour" et actuellement dans des locaux de brasserie à part entière, on y produit la Double-Enghien, la Saison et le Scotch de Silly, la Divine et bien d'autres spécialités. 

Plus au Sud, jouxtant la ville d'Ath, Brugelette nous accueille. Commune s'étendant sur 28,5 km2, elle compte un peu plus de 3.500 habitants et regroupe les villages d'Attre, Cambron-Casteau, Gages et Mevergnies. 

La commune a longtemps vécu à l'ombre de sa sucrerie dépendant de la Raffinerie Tirlemontoise, véritable manne financière pour le budget communal, elle procurait encore de l'emploi pour une septantaine de personnes au moment de sa fermeture définitive en 2008, les bâtiments ont, depuis lors, été rasés.

Indéniable centre touristique de Brugelette, le village de Cambron-Casteau attire chaque année quelques centaines de milliers de visiteurs grâce au parc "Pairi Daiza" (le jardin clos en persan), appelé lors de sa création en 1993 "Paradisio". Si ce parc contribue à la sauvegarde d'espèces menacées, il n'est pas un jardin zoologique dans le sens strict du terme. C'est la reconstitution fidèle des lieux de vie des animaux et l'impression de liberté dans laquelle ils semblent évoluer qui font toute son attractivité. En le parcourant, on pénètre dans d'immenses volières où est reconstitué le biotope des oiseaux qu'elles accueillent. La visite de l'île aux gibbons, du jardin zen japonais, du royaume de Ganesha avec son temple des fleurs, ses éléphants, ses rizières, le vol des rapaces, le monde de la nuit des chauves-souris et autres nocturnes, la découverte d'un coin d'Afrique... tout contribue à dépayser le visiteur. Le parc est situé sur le domaine de l'ancienne abbaye cistercienne de Notre-Dame de Cambron fondée en 1148 et supprimée par les révolutionnaires en 1789, abbaye dont on peut encore voir la tour de l'abbatiale mais aussi le château construit par les comtes de Val Beaulieu après sa disparition.

Pas bien loin de Brugelette, le village d'Attre possède un magnifique château du XVIIIe siècle, de style néo-classique, entouré de son parc, un ensemble classé au patrimoine majeur de Wallonie. 

Quittons Brugelette et traversons la chaussée qui relie Ath à Mons pour arriver à Chièvres, une commune de 47km2 comptant environ 6.700 habitants, son nom latin "Cervia" désignait un lieu où se trouvait alors des cerfs et du gibier forestier, probablement une région de forêts profondes. La commune regroupe, depuis le 1er janvier 1977, les villages de Grosage, Huissignies, Ladeuze, Tongres Saint-Martin et Tongres Notre-Dames. Chièvres est connu par les passionnés d'aviation puisqu'il s'y trouve une base de l'Otan, construite par les... Allemands en 1917 et devenue après la première guerre mondiale, base de la Force aérienne belge avant d'accueillir l'alliance atlantique. On ne manquera donc pas d'y visiter le Musée international de la Base de Chièvres ouvert depuis 2003. 

Dans le village de Tongres Notre-Dame, la basilique est un haut lieu de pélerinage en province du Hainaut. On raconte que le 1er février 1081, le seigneur du lieu vit apparaître la Vierge dans son jardin. Au moment où cette apparition s'éteignit, il découvrit à l'endroit même une statuette que le curé du village fit placer dans l'église. Par deux fois, la statuette se retrouva dans le jardin du  seigneur enveloppée de lumière et de musique. A partir de 1093, le lieu attira de nombreux pélerins. La statue de Notre-Dame de Tongres est en bois sculpté, représentant la Vierge assise, tenant sur ses genoux, un Jésus adulte. Chaque année, la nuit du 1er au 2 février, une procession aux flambeaux est organisée, des centaines de pélerins venus de Belgique et de France y participent. 

Relevons encore que dans le village de Mevergnies est née la comédienne Emilie Dequenne, révélée par la film "Rosetta" des frères Dardenne pour lequel, elle reçut le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1999. Depuis lors on a pu la voir dans "le Pacte des Loups", "La femme de ménage", "Mariées, mais pas trop", "L'équipier" et bien d'autres longs métrages avant de tenir le rôle principal dans le film "A perdre la raison", présenté en 2012 à Cannes et pour lequel elle fut une nouvelle fois primée. Excellente comédienne, elle a aussi tourné dans huit téléfilms et interprété des rôles au théâtre.  

Voici encore un itinéraire qui permet de passer une excellente journée de détente en Wallonie picarde.


(S.T. juillet 2012)