02/04/2008

Tournai : Henri Vernes et Bob Morane

En juillet 1953, Charles Dewismes prend le pseudonyme d'Henri Vernes et le 16 décembre, "La vallée infernale", la première aventure de Bob Morane, paraît aux éditions Marabout Junoir. Tandis que la littérature s'enrichit d'un nouvel aventurier, son père sprituel se rend aux Caraïbes, pendant toute l'année 1954, il visitera la Martinique, Haïti, la Colombie et, de là-bas, enverra en Belgique les manuscrits de "La Galère engloutie" et de "Sur la piste de Fawcett". Il publie également "A la recherche du monde perdu" sous le pseudo de Ray Stevens et plus tard, en 1956, "Les Zombis ou le Secret des Morts-vivants", un livre consacré aux coutumes d'Haïti. Pour la collection Marabout, il publiera également "Les secrets de la flibuste".

A partir de 1954, l'écrivain produit environ de 5 à 6 nouvelles aventures de son héros parmi lesquelles "Le Sultan de Jarawak", "La Vallée des brontosaures", "La Marque de Kali", "Les Monstres de l'espace" et un numéro spécial "Les Dents du tigre" en 1958. En 1959, il va trouver un adversaire à la mesure du personnage qu'il a crée, l'Ombre Jaune, l'énigmatique Monsieur Ming, représentant de ce qu'on appelait alors le péril jaune, il apparaîtra désormais régulièrement sur la route de l'aventurier. Bob Morane devient le héros préféré des jeunes, on en tire une pièce de théâtre, "Le Sarcophage englouti" qui sera joué, en 1961, à la Halle-aux-Draps de Tournai en matinée scolaire, le cinéma s'empare de l'oeuvre et, la même année, sort à Bruxelles, "L'Ennemi aux cent visages" avec Jacques Santi dans le rôle du Commandant Morane. Le magazine français destinés aux jeunes , "Pilote" publie à parir de 1962 les aventures en BD et en 1963, treize teléfilms sont tournés avec Claude Titre (Bob Morane) et Billy Kearns (Bill Ballantine).

En 1970 paraît la centième aventure de Bob Morane, "Commando de l'épouvante". En 1976, suite aux difficultés des éditions verviétoises Marabout, c'est Hachette qui reprend le flambeau, la dernière aventure éditée par Marabout sera "Dans le triangle des Bermudes", la collaboration entre Marabout et Henri Vernes aura duré près de 25 ans. Bob Morane est devenu un phénomène de société, au même titre que Tintin ou Astérix dans la bande dessinée, ainsi en 1979, François Robey présente son mémoire "Les jeunes et le mythe de Bob Morane" à l'Université libre de Bruxelles. Romans, BD, cinéma, télé, il restait la chanson qui ne s'était pas encore emparée de Bob Morane, ce sera fait en 1982 lorsque le groupe rock français Indochine sortira son succès "L'Aventurier". En 1986, un club Bob Morane est créé. Henri Vernes quittera Hachette pour Fleuve Noir et ensuite pour les éditions Lefranc à Bruxelles. En 1995, il est l'invité de la foire du livre de Québecq. En 1997, il sera récompensé du Prix du Crayon d'Or pour l'ensemble de son oeuvre. En 1999, un film lui est consacré, "Henri Vernes, aventurier de l'imaginaire". En 2006, Henri Vernes est fait Citoyen d'honneur de la ville de Bruxelles et Citoyen d'honneur de Saint-Gilles. En 2007, il rencontre à Forest National, un de ses admirateurs, Nicolas Sirkis du groupe Indochine. En octobre dernier, la ville de Tournai lui rend hommage, il est l'invité-vedette du salon "Tournai, La Page" en la Halle-aux-Draps, où il dédicace en compagnie de l'auteur Daniel Fano, le livre de sa vie qui nous a servi de base pour raconter l'histoire de cet enfant de Tournai. Bob Morane est-il le fils d'Henri Vernes ou tout simplement son double ? Lire sa biographie c'est y trouver un début de réponse !

01/04/2008

Tournai : Bob Morane est tournaisien

Après avoir évoqué le souvenir de Géo Libbrecht, le poète tournaisien, à ce jour le plus prolixe, nous découvrons un auteur qui a probablement donné le goût de la lecture à des centaines de milliers de jeunes sur les cinq continents les faisant rêver d'aventures, abordant le fantastique, Henri Vernes, le père de Bob Morane ! Bien que tournaisien, Charles, Henri, Jean Dewisme est né à Ath, le 16 octobre 1918. Son père Alphonse Léon Dewisme et sa mère Valérie Dupuis habitaient, en effet, la capitale du Pays Vert durant le premier conflit mondial. Après l'armistice, la famille Dewisme rejoint son domicile de la cité des cinq clochers et, peu de temps après leur retour, les parents se séparent. Charles ira habiter chez ses grands-parents.

En 1924, il fait son entrée à l'école Paris, à la rue du Sondart et, l'école primaire terminée, il est inscrit au Collège des Jésuites, rue des Augustins. C'est au cours de ses études secondaires qu'il découvre les romans de Jean Ray et les aventures du détective "Harry Dickson". En 1934, Charles a seize ans, il décide brusquement de quitter l'école et va travailler dans la boucherie familiale. Deux ans plus tard, on le retrouve néanmoins interne à l'Athénée Royal de Mons. En 1937 commence une vie d'aventurier qui n'a finalement rien à envier à son futur héros. Il fait la connaissance à Anvers d'une certaine Madame Lou, une jeune chinoise, de seize ans son aînée. Muni de faux papiers (il est encore mineur), il embarque à Marseille et se rend à Hong Kong, Canton et Shangaï, en faisant escale à Port Saïd, Djibouti, Colombo, Singapour, Saigon. Quelques mois plus tard, il revient à l'Athénée de Mons, la tête remplie de souvenirs. En 1938, après des séjours à Berlin et Istamboul, il rencontre la fille d'un diamantaire anversois, Gilberte Lenaerts, âgée de dix-huit ans.

En février 1940, il sera mobilisé au 51e régiment de Ligne et se retrouvera avec celui-ci dans le S.O de la France. Charles Dewisme reviendra à Tournai et épousera le 26 septembre 1940, sa promise. Il s'installera à Anvers où il travaillera avec son beau-père. Pas bien longtemps car l'année suivante, il divorce et revient à l'ombre de sa cathédrale. En 1942, il entre dans la résistance et, voyageant entre Tournai, Mons et Bruxelles, livre des papiers d'identité aux réfractaires, résistants recherchés et aviateurs anglais et américains devant être évacués du sol belge. Durant la guerre, il fera la connaissance de deux personnes qui auront une influence déterminante sur l'auteur de romans qui vient de naître : Jean Ray et Bernard Heuvelmans. En 1946, Charles Dewisme part pour Paris où on le retrouve reporter pour l'Overseas News et correspondant pour deux journaux du Nord de la France (Nord-matin et Nord-Soir). En 1953, après avoir publié quelques romans ("la Porte ouverte", "la Forêt du temps"," La Belle Nuit pour un homme mort"), il fait une rencontre qui va bouleverser son existence, celle de Jean Jacques Schellens, directeur littéraire aux éditions Marabout. Ce dernier vient de lancer une édition destinée aux jeunes, "Marabout Junior". Charles Dewisme s'efface au profit d'Henri Vernes. Dans le prochain article, nous parlerons de la production de cet écrivain que Tournai vient d'honorer lors du dernier salon "Tournai, la Page" d'octobre 2007....

09:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : henri vernes, bob morane, marabout junior |