23/10/2008

Tournai : le mémorial aux pilotes disparus (2)

Jacques De Ceuninck a reconstitué la journée du 28 janvier 1945 qui fut fatale au bombardier B-17, n°39055 appartenant au 335e squadron du 95e Bomb Group de la 8e armée de l'USAAF piloté par Robert Mercer. C'était la 269e mission pour ce groupe de bombardiers. Son objectif : la zone industrielle de Duisbourg près d'Essen en Allemagne.

Aux commandes de l'appareil se trouvent le second Lieutenant Robert Mercer et son co-pilote, le second Lieutenant Charles Taylor et avec eux 7 autres membres d'équipage. Le décollage a eu lieu à 9 heures du matin, à l'est de l'Angleterre, en haute altitude, les 900 quadrimoteurs se regroupent et, vers 11h, l'armada met le cap sur l'Allemagne via la Hollande. L'objectif se rapproche et les premiers nuages d'éclatement d'obus de la Flak commencent à apparaître. Arrivés sur la zone de largage, les portes de la soute à bombes des appareils sont ouvertes. Autour, les éclatements de la défense anti-aérienne allemande protégeant particulièrement les sites industriels sont devenus très précis et innombrables. Plusieurs impacts des canons de la Flak viennent toucher le B-17, celui-ci vire et commence à perdre de la hauteur. Il doit larguer ses bombes sur un objectif secondaire proche. L'équipage se rend vite compte que les impacts sur les moteurs sont très importants. L'appareil, revenant vers la Belgique, avec ses deux moteurs droits arrêtés et un moteur de gauche tournant irrégulièrement, a perdu beaucoup de sa hauteur. Melsbroeck, saturé par la présence d'avions alliés de toutes sortes ne peut servir d'aérodrome de secours, Bob Mercer reçoit l'ordre de continuer et de se poser à Merville, aérodrome de secours situé à l'ouest de Lille.

Très proche de la zone à l'est de Tournai, l'aile gauche s'enflamme (c'est là que se trouvent les réservoirs de carburant). L'appareil n'est presque plus manoeuvrable. C'est fini. Le pilote donne l'ordre à ses hommes de sauter, dans l'extrême urgence mais méthodiquement. Les parachutes se posent à Tournai, Warchin et à la limite de Kain. Restant volontairement aux commandes, Bob Mercer, chef d'équipage se sacrifie, Charles Taylor, le second pilote, se tuera car le parachute ayant subi des dégâts dus aux éclats de la DCA allemande ne s'ouvrira qu'imparfaitement. Le bombardier en feu évitera, dans les toutes dernières secondes, les maisons du haut de la rue Pierre, l'église de la Tombe, la petite école et les quelques maisons de la rue de l'Eglise. Il s'écrasera dans les espaces cultivés, actuellement bâtis. De "Bob" Mercer, on ne retrouvera que quelques restes. Les autres hommes étaient sains et saufs. ... Par son courage, Robert Mercer avait sauvé la presque totalité de son équipage mais avait aussi évité de nombreuses victimes au sol. Son sacrifice et celui de son second pilote, ont mérité amplement l'édification du mémorial dont nous avons parlé hier.

(sur un texte de M. Jacques De Ceuninck que je remercie)

08:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, b-17, kain, bob mercer, charles taylor |