31/12/2013

Tournai : Bonne Année

L'année 2013 se termine ce soir ! 

A minuit, aux sons des feux d'artifice, 2014 fera sa joyeuse entrée.

L'Optimiste formule pour ses lecteurs des vœux de bonne et heureuse année, que celle-ci vous apporte la Paix, la Joie et la Santé !

Edmeond et Fifinne i-m'ont d'mindé d'vous transmette les souhaits qui forme'tent pou vous eautes.

(aujourd'hui il n'y a pas de traduction, le service est fermé pour cause de congé de Saint-Syvestre).


Bilan 2013 :

Dans les entreprises, le 31 décembre est le moment de faire le bilan de l'année écoulée, voici celui (tout relatif) du blog :

Au 31 décembre 2013, le blog est riche de 1.465 articles consacrés à l'Histoire et à l'actualité de la cité, aux Tournaisiens bien connus et à notre patois.

A la fin de l'année dernière, depuis sa création le 15 avril 2007, il avait enregistré 540.400 visites, ce soir, nous aurons probablement dépassé le cap des 627.000.

Les lecteurs ont laissé 955 commentaires.

 

Objectifs 2014 :

Nous poursuivrons l'étude de l'Histoire de la ville des cinq clochers de 1850 à 1899, nous évoquerons aussi des dates marquantes dans la rubrique "ce jour-là", nous dresserons les portraits de Tournaisiens qui se font connaître dans les domaines aussi différents que le sport, la langue picarde, la musique, l'écriture... Dans expressions tournaisiennes, nous donnerons toujours la parole à Edmeond et Fifinne, deux personnages à l'esprit frondeur, parfaite illustration des titis tournaisiens qui sont devenus nos incontournables amis du samedi, mais également à leurs amis et connaissances.

2013 se termine, portons tous nos espoirs en 2014.

(S.T. décembre 2013)


12:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, bilan, voeux |

10/05/2012

Tournai : 1914-1918, la vie quotidienne sous la loupe (5)

La fin du conflit.

Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé, la guerre est terminée ! C'est un bref moment de joie précédant des lendemains qui déchantent. On tire un premier bilan de ces quatre années de guerre. On estime les pertes à 28.000 hommes tués sur le champ de bataille, à près de 15.000, ceux qui moururent des suites de leurs blessures ou qui ne revinrent pas de captivité. Environ 6.000 civils furent tués pendant les différents combats et beaucoup d'autres moururent en déportation en Allemagne. Le conflit a fait au moins 50.000 victimes. Pendant cette période la croissance naturelle de la population belge a connu un arrêt, même un léger recul, il y eut moins de naissances et plus de décès résultant des privations, de la misère et de la difficulté d'apporter les soins que nécessitaient certaines maladies.

La situation politique est trouble. Pour éviter l'anarchie qui pointe le bout de son nez dans certains pays où de nombreuses grèves sont déclenchées, le gouvernement Cooreman démissionne et un gouvernement "d'union sacrée" regroupant six Catholiques, trois Socialistes et trois Libéraux est constitué le 25 novembre, il est dirigé par le Catholique Léon Delacroix. On constate également qu'au sein de celui-ci, l'influence flamande est réduite. Les nouveaux responsables du pays héritent d'une situation dramatique, on compte près d'un million de chômeurs, l'industrie est à son plus bas niveau, les voies de communication sont détruites, la situation économique est désastreuse, il va falloir emprunter, probablement à l'étranger, pour reconstruire. 

Le "Courrier de l'Escaut" reparaît à partir du 12 novembre sur une seule feuille et de façon irrrégulière mais cela nous permet de revivre les derniers jours de guerre dans la cité des cinq clochers. Il y a lieu d'assembler les différentes pièces d'un puzzle pour reconstituer les évènements.

Le jeudi 7 novembre, quiconque ose s'aventurer dans la rue prend d'énormes risques, boulets et mitrailles sont échangés depuis dix-sept jours. Des soldats allemands complétent fébrilement leurs préparatifs en vue de la destruction des ponts sur l'Escaut. Par pure vandalisme, sentant déjà le vent de la défaite, certains d'entre-eux abattent la statue de Barthélémy du Mortier qui se dresse sur le quai des Salines. Ce geste gratuit déshonnore un peu plus l'occupant et provoque une grande indignation parmi la population. Au fil du temps et des exactions les Allemands sont devenus pour tous les "Boches". 

Durant la nuit du 7 au 8 novembre, vers 2h30, les différents quartiers de la ville sont secoués par une série de violentes explosions, les différents ponts s'effondrent dans le lit du fleuve et les maisons situées le long des quais sont détruites ou fortement endommagées. 

Le vendredi 8 novembre, à l'aube, on constate que les soldats allemands ont évacué la rive gauche du fleuve et se sont réfugiés, à l'abri des mitrailleuses, dans les immeubles qui bordent l'Escaut sur la rive droite. Les premiers soldats anglais apparaissent et sont acclamés par la population tournaisienne. Rapidement les maisons situées sur la rive gauche, libérée, s'ornent de drapeaux belges, anglais et français, on porte également ces couleurs à la boutonnière. L'euphorie générale est rapidement tempérée par l'annonce de la mort tragique de deux personnes dans l'exercice de leurs fonctions. Mr. Augustin Guyot, employé au service de distribution d'eau, est allé vérifier l'installation, à proximité du pont de Fer, il est abattu d'une balle tirée depuis l'autre rive par un soldat ennemi. Le garde-champêtre du faubourg de Lille, Mr. Lethorey trouve la mort, dans son quartier, par un éclat d'obus allemand. 

Pendant près de trois heures, en cet après-midi du 8 novembre, l'artillerie allemande prend pour cible les quartiers de la rive gauche. Lors de ce dernier épisode, un garçon de quatorze ans est tué sur la Grand'Place. La nuit suivante, profitant de l'obscurité, les soldats allemands décampent. 

Le 9 novembre, dans la matinée, la rive droite est également libérée par les troupes anglaises. Le dimanche suivant, le roi Albert I, la reine Elisabeth et le jeune prince Léopold rendent une rapide visite à la cité des cinq clochers.

Au lendemain de l'armistice, Mr. Louis Duquesne Watelet de la Vinelle est de retour en ville, il reprend son poste de commissaire d'arrondissement. Pendant son séjour en Angleterre, il fut le Président de la commission centrale de recrutement et Président de la commission permanente qui siégeait à Folkestone. A ce titre, il organisait de nombreuses hôtelleries où les jeunes belges qui avaient pu rejoindre l'Angleterre, recevaient, dès leur arrivée, une hospitalité complète tant au point de vue logement que nourriture. 

Même si la ville de Tournai vit désormais en paix, la sinistre guerre va continuer à faire des victimes collatérales. Deux enfants qui jouent sur la plaine des Manoeuvres, Léon Thys, 9 ans et René Derasse, 10 ans, découvrent un stock de cartouches abandonnées par l'occupant allemand, en manipulant un des engins trouvés, ils le laissent tomber et s'en suit une explosion. L'un sera gravement blessé à la jambe, l'autre à l'oeil. Ils ont néanmoins eu beaucoup de chance car à proximité du lieu de l'explosion se trouvait une réserve d'obus ! A l'occasion de ce fait, la presse rappelle aux parents qu'il y a lieu, durant quelques temps, de conserver les enfants à la maison, trop d'endroits étant encore dangereux. 

La situation en ville est des plus précaires, l'exploitation des vicinaux est inexistante, les allemands ont emporté le matériel roulant, détruit les locomotives, volé le matériel des ateliers jusqu'au plus petit marteau. La navigation sur l'Escaut est impossible en raison de l'effondrement des ponts dans le fleuve. Des ponts provisoires ont rapidement été construits par les troupes du génie anglais et permettent le passage d'une rive à l'autre, mais ces ponts immobiles et peu élevés représentent aux aussi autant d'obstacles à la navigation. Deux semaines après la signature de l'armistice, l'éclairage est rétabli sur la rive gauche, une semaine plus tard sur la rive droite. 

Le mercredi 27 novembre, Mr Hippolyte Meurisse, marchand de charbon, demeurant dans le quartier Saint-Jacques, sort de chez son fils au boulevard du Nord. Il est atteint par un éclat d'une explosion déclenchée pour enlever les débris du pont Morel. Transporté en clinique, il décède durant la nuit. 

La période est troublée, les dirigeants en sont conscients, aussi pour éviter tout désordre, la Députation permanente du Hainaut interdit la consommation d'alcool dans les lieux publics, les ateliers, bateaux, chemins de fer et ateliers. Tout contrevenant est passible d'une peine de huit jours de prison et d'une amende de deux cents francs. De plus, les locaux où les faits ont été constatés seront fermés par ordre de police. 

Dès le vendredi 29 novembre 1918, le gaz est rétabli durant quelques heures pendant la journée. Cela permet de réchauffer les logements à un moment où l'hiver s'installe. 

On annonce la visite du roi d'Angleterre le samedi 7 décembre.

Le ravitaillement reste problématique et les ménagères tournaisiennes se plaignent de ne pouvoir acheter du sucre, une denrée importante, alors que dans la ville d'Ath, il est possible de recevoir un kilo par personne. 

A la fin du mois de décembre, il y a quarante jours que la guerre est finie mais les difficultés pour la population sont loin d'être terminées, elles seront encore au centre de l'actualité de l'année 1919.

(sources : le Courrier de l'Escaut)

S.T. mai 2012

10:17 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, guerre, armistice, bilan, albert i |