01/08/2007

Tournai et ses villages : Béclers

Entouré de Thimougies au Nord, de Maulde à l'Est, de Gaurain au Sud et d'Havinnes à l'Ouest, le village de Béclers compte environ 1.350 habitants et s'étend sur une superficie de 884 hectares. Le rieu d'Amour y prend sa source et reçoit ensuite ceux de Thimougies et de la Fontaine Josaphat avant de traverser Havinnes et Warchin où il grossit des eaux du Follet et rejoindre enfin l'Escaut.

Village dépendant jadis du Conseil souverain du Hainaut, Béclers, sous l'Ancien Régime, comprenait une enclave de la châtellenie de Lille, la seigneurie de Pétrieux. Ce domaine avec son château et son bois, voisin de celui des Houppes, se situe à l'extrémité du village à la limite de celui d'Herquegies. Jusqu'en 1803, l'actuel territoire de Thimougies était rattaché à la paroisse de Béclers. En 1769, par la Convention des Limites, Louis XIV cède la seigneurie de Pétrieux à Marie-Thérèse d'Autriche. En 1789, celle-ci est rattachée au Tournaisis. Plusieurs institutions réligieuses se partageaient alors Béclers : la cure dépendait du chapitre d'Antoing, le seigneurie du hameau du Bois était la propriété du chapitre de Leuze et des terres appartenaient à l'abbaye de Saint Martin de Tournai. Il existait aussi d'autres seigneuries : celles de Giberchies, de Sartrie, de Lannoy et des Rosières. Le village comprenait alors de nombreuses fermes dont deux plus importantes, celle de Lannoy était la propriété des Chartreux de la Bouteillerie (établie dans le Pas de Calais), celle de Delegaize appartenait à l'abbaye du Saulchoir à Kain.

Village exclusivement rural, Béclers avec ses petites routes étroites et pentues, serpentant entre les cultures, est un paradis pour les cyclo-touristes. Le centre équestre du Vert Bois est situé dans la rue du même nom qui, par une pente assez raide, mène vers le village voisin de Thimougies. Lors de l'électrification de la ligne 94 (Tournai-Bruxelles), le village a été au centre d'un débat entre les partisans et les opposants à la suppression de la courbe décrite par les convois ferroviaires à partir du lieu-dit le Sabot à Havinnes jusquà celui des Petits Bois à Maulde. Les uns y voyaient un gain de temps pour les trains reliant Tournai à la capitale, les autres souhaitaient éviter un massacre de terres agricoles et le disparition probable de la ferme de Grau. Herman de Croo, ministre des communications de l'époque, sur invitation du bourgmestre de Tournai, Raoul Van Spitael, rencontra les deux parties en l'hôtel de ville. Finalement le bons sens l'emporta, on évita un investissement colossal pour un gain de deux à trois minutes qui serait quand même perdu à l'entrée de Bruxelles, puisque la ligne 94 cède systématiquement la priorité aux convois venus de Flandres.

Peu de Tournaisisiens se rappellent que c'est à Béclers que naquit en 1905, Lucien Fourez. Après des études au Collège Notre-Dame de Tournai, il partit pour les Facultés universitaires de Namur étudier le droit et fréquenta aussi celles de Louvain où il étudia la science historique. Sa remarquable thèse de doctorat " le droit héraldique dans les Pays-Bas catholiques" sera publiée en 1932 aux Editions Universelles. Avocat au barreau de Tournai, il est mobilisé en 1939 et passera cinq longues années dans un camp de prisonniers en Allemagne. A son retour, il sera nommé juge, il exercera la fonction de Président au Conseil de Guerre, à la première Chambre civile, à la Chambre correctionnelle et à celle du Conseil. En 1949, il deviendra le conservateur du Musée d'Histoire et d'Archéologie de Tournai et en 1953, Président de la Société d'Histoire et d'Archéologie. Il prendra une part importante aux fouilles réalisées à Tournai lors de la reconstruction de la ville, notamment à celle de la villa romaine de la Loucherie, exercera une part prépondérante dans l'organisation de prestigieuses expositions (Arts du Hainaut, Scaldis, Roger de la Pasture) et s'investira dans la préparation du huitième centenaire de la cathédrale. Il décèdera à Dinant en 1976.

(sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre et recherches personnelles).