23/01/2017

Tournai : le cœur de la Wallonie picarde (15)

Afin de respecter l'ordre alphabétique habituel de présentation des communes formant la Wallonie picarde, l'entité de Péruwelz devait être évoquée mais des recherches étant toujours en cours et des renseignements devant toujours être reçus, c'est à la découverte de l'entité de Rumes que nous partons.

Rumes.

Le village de Rumes, situé le long de la Nationale 508 reliant Tournai à Douai (F), est distant d'environ neuf kilomètres de la cité des cinq clochers et d'un peu plus de trois kilomètres de la frontière française.

Lors de la fusion des communes du 1er janvier 1977, les villages de La Glanerie et de Taintignies lui ont été rattachés. Ces trois villages sont essentiellement agricoles et leurs paysages bucoliques sont exempts de sites industriels. 

Une découverte d'outils en pierre faite, il y a quelques années, lors de travaux effectués le long de la chaussée de Douai démontre que des hommes y habitaient déjà durant la préhistoire.

Le patrimoine de la commune est composé de "l'église Saint-Pierre" qui s'élève sur la place, entourée de son ancien cimetière (le nouveau se trouve à l'extérieur du village sur la route menant à Esplechin). L'édifice actuel a été construit en 1784 en style néo-roman, à l'emplacement où s'élevait, jadis, une église propriété de l'abbaye de Saint-Amand-les Eaux. L'ancien chœur en style gothique tardif a d'ailleurs été conservé. A l'intérieur, on peut découvrir le double Mausolée des Comtes de Beauffort, érigé en 1650, afin de perpétuer la mémoire des seigneurs de Rumes. Y sont inhumées les dépouilles de Philippe de Beauffort, conseiller et Chambellan de Charles-Quint et de son épouse Jehanne de Halluin, ainsi que celles de Georges de Beauffort, de son épouse et d'un enfant probablement mort en bas-âge. 

A la sortie du village sur la route qui mène à Esplechin s'élève un calvaire dont la première pierre a été posée le lundi de Pentecôte, 28 mais 1855. Ses colonnes sont en pierre de Maffle, les socles, bases et chapiteaux en pierre de Tournai. Il abrite un Christ en croix entouré de deux saintes femmes dont la Vierge Marie. 

La "Stèle de la Résistance" rappelle que le 2 septembre 1944, les résistants belges de l'Armée secrète entourés de la population du village accueillirent le premier régiment américain de la 2ème D.B. USA "Hell on Wheels". 

En plus de sa braderie annuelle, Rumes organise le dernier week-end de septembre "l'Fiête de l'penn'tière d'ichi" (la fête de la pomme de terre de chez nous), trois journées festives consacrées à ce tubercule omniprésent dans la cuisine belge. Dégustations culinaires, conférences, spectacles pour enfants, concerts, balades en tracteurs anciens, rallye vélo, marches... voilà quelques activités notamment inscrites au riche programme de ce week-end qui amène de très nombreux visiteurs venus tant de Belgique que du Nord de la France. 

Le dernier week-end de novembre se tient "BD Rumes", le festival de la bande dessinée auquel participent de nombreux auteurs belges et français qui y dédicacent leurs œuvres.

Au cours des différentes festivités organisées à Rumes, vous rencontrerez certainement le géant "Gaston l'Machon". Il est le véritable symbole des trois villages de l'entité où, jadis, de nombreux habitants exerçaient la profession de maçon. La plupart d'entre-eux étaient des ouvriers frontaliers qui se rendaient quotidiennement dans le Nord de la France pour travailler dans le secteur de la construction. 

On ne peut parler de Rumes sans évoquer le parcours qu'accomplit un de ses enfants, Hubert Plovier, fils de Marc et de Myriam Créteur, né le 20 juin 1990, cadet d'une fratrie de quatre enfants. Après les maternelles et les études primaires effectuées à l'école Saint-André à Tournai, le jeune Hubert choisit le Collège Notre-Dame dans la cité des cinq clochers pour les Humanités. Très jeune, ses parents s'aperçoivent qu'il est curieux de tout et, dès l'âge de onze, il participe aux camps de l'association "Jeunes et Nature" de la localité dont il deviendra animateur cinq ans plus tard. Après des études universitaires à Namur, dans le cadre du projet Erasmus, il part une année à Göteborg afin de parfaire son bagage scientifique. Revenu au pays, il est désormais chercheur au F.N.R.S. et doctorant en sciences biomédicales et pharmaceutiques sur le site de Louvain en Woluwe. Intégré à l'équipe du Professeur Patrice Cani (titulaire du Grand Prix Brillet Latour 2016), il participe actuellement à une importante étude sur la bactérie "Akkermansia Muciniphila" susceptible d'apporter de réels progrès dans la lutte contre le diabète de type 2, l'obésité et probablement l'inflammation de l'intestin (débouchant parfois sur des cancers). La protéine AMUC 1100 est actuellement au second stade de la recherche et les espoirs que sa découverte a fait naître pourraient apporter un réel progrès dans ce domaine de la santé. 

Le village de Taintignies (anciennement nommé Taintegnies ou en patois Tainch'nies) s'étend autour de son église Saint-Amand inaugurée le 7 septembre 1891. Il présente la particularité de posséder également un temple protestant édifié en 1909, en remplacement du tout premier érigé en 1869. En effet, depuis 1830, une communauté protestante avait vu le jour au sein du village. 

Le village de Glanerie jouxte la France sur presque toute sa longueur, il en est séparé par un ruisseau, l'Elnon, qui trace la frontière au-delà de laquelle se trouve le village français de Mouchin.

Le 2 septembre 2009, personnalités militaires et civiles, belges et étrangères s'y donnèrent rendez-vous afin d' inaugurer le mémorial aux héros de la libération de 1944. Au centre d'un petit square fleuri, formant un carrefour à la jonction des routes menant à Howardries d'une part et à Mouchin d'autre part, se dresse la statue d'un motard de l'armée américaine. Celui-ci, chargé de la reconnaissance, était entré par inadvertance sur le territoire belge, le 2 septembre 1944. 

Le 15 août, le village organise la "Fête de la Moisson à l'ancienne". Après un office religieux sous chapiteau, la participation au marché artisanal et à l'apéro, il est donné aux nombreux visiteurs, venus de France et de Belgique, l'occasion d'assister à diverses animation représentant le travail agricole de jadis. Hommes, chevaux, matériel et tracteurs anciens, troupeaux de moutons (avec démonstration du travail du chien de berger) transportent le spectateur au milieu du siècle dernier lorsque l'agriculture n'était pas encore mécanisée. 

Les paysages de l'entité de Rumes incitent à la balade pédestre ou cycliste, une occasion sera donnée aux promeneurs de Belgique et de France qui voudraient découvrir cette campagne verdoyante par le "Beau Vélo de Ravel" qui y fera étape en cette année 2017.

(sources : site de la commune - recherches personnels et visites sur place).

S.T. janvier 2017

19/08/2013

Tournai : l'année 2007 sous la loupe (2)

Voici la suite de la rétrospective des événements qui marquèrent l'actualité tournaisienne en cette année 2007 avec ceux survenus durant le printemps.

Avril. 

Le mois d'avril débute par deux tragiques accidents de la circulation. Le même jour, un samedi, tôt le matin, un jeune Lillois trouve la mort au cours de la perte de contrôle d'un véhicule dans le tristement célèbre virage Tentalu à Ramegnies-Chin. Vers la fin de la matinée, un père et son fils revenant en moto de Tournai et se dirigeant vers Leuze-en-Hainaut sont fauchés par un véhicule sur la chaussée de Bruxelles à Barry-Maulde. Celui-ci avait dévié de sa trajectoire suite à une hésitation d'un conducteur qui le précédait.  

Le dimanche 8 avril, près de 7.000 marcheurs escaladent les pentes du Mont Saint-Aubert à l'occasion de la traditionnelle "marche à bâton" du Lundi de Pâques.

Le samedi 15 avril 2007 débute l'aventure du présent blog "Visite Virtuelle de Tournai".

Lors d'un chantier qui a pour cadre le bâtiment de l'ancien hôtel "Aux Armes de Tournai", sur la place de Lille, on découvre un linteau sculpté sous la porte cochère, représentant " La fuite en Egypte". Ce dernier avait été recouvert depuis bien longtemps, on pensait même que cette scène biblique était disparue pour toujours. Un autre linteau, découvert par la même occasion, est sculpté d'un visage d'ange et porte une date gravée dans le bois : 1640.

Du 20 au 24 avril, le cirque français Amar fait halte dans la cité des cinq clochers, bizarrement, il dresse son chapiteau non pas sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe mais bien sur le parking de Tournai Expo.

Le dimanche 22 avril, au soir de la vingt-huitième journée de championnat de football de Division 3 nationale, Le Football Club Tournai partage toujours la tête du classement avec Diegem.

Le vendredi 27 avril, la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, accueille Michel Jonasz venu, dans son tour de chant, rendre hommage à la chanson française. Les répertoires de Brel, Brassens, Piaf, Ferré, Mouloudji, Gainsbourg seront notamment visités par l'artiste français.

Mai.

Avec plus de 7.000 participants, la ville de Tournai bat un nouveau record au "Beau Vélo de Ravel", organisé de main de maître par le Tournaisien d'origine Adrien Joveneau et Vivacité. 

La violence est de plus en plus présente au cœur de la ville, mais peu de personnes pensaient que celle-ci se déchaînerait au sein même de l'évêché de Tournai, au pied de la cathédrale Notre-Dame. Durant le nuit du jeudi 3 au vendredi 4 mai, deux individus s'introduisent dans l'enceinte de l'évêché en escaladant un mur situé face à la porte du Capitole. Pénétrant dans les bâtiments, ils agressent violemment Mgr Guy Harpigny au moyen d'armes blanches et d'une masse. Le prélat sera torturé afin de lui faire ouvrir un coffre dont il ne possédait pas la clé, son calvaire va durer des heures. Finalement, les deux malfrats quittent les lieux en ayant emporté une somme dérisoire de 300 euros, l'anneau épiscopal et quelques bijoux. Enfermé dans la chambre de ses appartements, ce n'est qu'au petit matin que l'évêque parviendra, par une fenêtre, à alerter la femme de ménage qui venait de prendre son service. Alors que les enquêteurs se rendent sur les lieux, Guy Harpigny sera conduit en clinique pour examens, la face tuméfiée et présentant de nombreux hématomes. La presse publiera un portrait robot des deux agresseurs qui, selon la victime s'exprimaient entre eux probablement en Portugais.

Le dimanche 6 mai, la joie déferle dans les rues de la ville, suite à sa victoire à Meerhout sur le score sans appel de 0-3 et au partage du co-leader Diegem à Wetteren (3-3), le Football Club de Tournai est champion de division 3 Nationale et a ainsi acquis le droit d'évoluer dans l'antichambre de l'élite. Le F.C Tournai termine avec un actif de 61 points pour 59 à Geel et Diegem. Lorsque les cars ramenant les joueurs et supporters arrivent, bien tard, au stade Luc Varenne, ils sont accueillis par des centaines de supporters et le cortège gagne le centre-ville. Une liesse populaire, une joie bon enfant qui n'a vraiment rien à voir avec les débordements et dérapages souvent vus à la télévision lors de victoire de grands clubs étrangers.

Nouvel acte de violence, le jeudi 10 mai vers 18h, dans un magasin de chaussures de la zone commerciale de Froyennes. Deux hommes casqués y font irruption et ordonnent aux membres du personnel et aux derniers clients présents de se coucher à terre, parmi eux, se trouvent des enfants. Ils se font ouvrir le coffre par une vendeuse et négligent le contenu des caisses. Après leur départ, un jeune enfant sera transféré en clinique dans un profond état de choc.

Le 20 mai, la Maison de la Culture présente un événement exceptionnel "Mali, Mali", un projet né de la rencontre du musicien et chef de fanfare tournaisien, Eloi Baudimont avec un musicien traditionnel malien Baba Sissoko. Suivront la naissance d'un CD et un déplacement au Mali pour présenter ce concert haut en couleurs. 

Du 22 au 28 mai, le Petit Théâtre d'Aquitaine pose ses valises pour présenter son nouveau spectacle de Guignol sur le Quai Dumon. Le propriétaire de ce théâtre ambulant, Alain Kerwich, est un habitué de la cité des cinq clochers, il a déjà occupé la place Crombez et la place Reine Astrid.

En cette fin de mois de mai, Templeuve possède son géant, à l'image d'Ath et de Tournai. "Omer" prend les traits d'Omer Droulez, personnage authentique du village rattaché à Tournai. Au même moment et au même endroit, Enrico Macias est en tournage pour un télé-film produit et diffusé par France 3, "Monsieur Molina". Le restaurant " La Grande Maison" est envahi par les caméras pour la réalisation de quelques scènes. Le propriétaire des lieux n'est autre qu'Alain Padou, un motard qui participa au début des années quatre-vingts au Paris-Dakar.

Le mardi 29 mai, des enquêteurs perquisitionnent les locaux du stade Luc Varenne et des bureaux de l'Hôtel de Ville. C'est la gestion de la régie communale autonome du stade Luc Varenne qui semble être mise en cause. 

Juin.

Sont-ce les mêmes auteurs qu'à Froyennes ? C'est possible ! Le lundi 11 juin, deux motards braquent le magasin Colruyt de la chaussée de Renaix, en présence d'une quarantaine de clients. Les malfrats qui réclament l'ouverture du coffre doivent se contenter du contenu des caisses, le transporteur venant juste d'emporter les fonds contenus dans la zone sécurisée. Après leur départ, une caissière a été transportée à l'hôpital en état de choc.

Le 12 juin, une centaine de spécialistes du logement social sont invités par le Logis Tournaisiens dans le cadre d'un colloque du "Réseau habitat et francophone" qui regroupe des professionnels de 25 pays de langue française. Durant cette journée, Tournai devient la capitale mondiale francophone du logement social. 

Le 16 juin, la presse se fait l'écho d'un projet d'installation de huit éoliennes sur les territoires de Saint-Maur, Bruyelles et Jollain-Merlin. ce projet est loin de ravir les riverains.

En ce mois de juin, le groupe Carrefour annonce un vaste plan de restructuration engendrant la fermeture ou le passage sous franchise d'un certain nombre de magasins. Cette nouvelle apporte l'inquiétude auprès des 66 membres du personnel de la surface tournaisienne située à la rue de la Tête d'Or mais aussi auprès de clients et de commerçants voisins. Marianne Leclercq, une cliente, sollicite une entrevue avec l'échevin du commerce et lance une pétition pour le maintien de la surface commerciale en ville. Une manifestation rassemblant plus d'un millier de participants va parcourir la ville le 31 mai. (à suivre)  

(sources : le Courrier de l'Escaut de l'année 2007 et souvenirs personnels).

S.T. août 2013

16/07/2013

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (3)

Nous continuons à prendre connaissance des évènements qui caractérisèrent cette année 2006 et arrivons au troisième trimestre.

Au point de vue météorologique, l'été 2006 est des plus contrastés. Il débute le 1er juin dans la plus grande fraîcheur, la nuit du 1er au 2, les températures sont mêmes proches du 0° et à certains endroits, on enregistre des gelées au sol. Changement de registre une semaine plus tard puisqu'on subit la première vague de chaleur de l'année, durant trois jours consécutivement, on va même enregistrer des températures supérieures à 30°. Dans la foulée, le mois de juillet sera un des mois les plus ensoleillés et les plus chauds, le 19 le thermomètre monte jusqu'aux environs de 36°. On pense revivre l'été 1976 qui reste à ce moment là le plus chaud et le plus sec depuis bien longtemps. Hélas, le mois d'août sera extrêmement pluvieux, peu ensoleillé et frais. Il faudra attendre le mois de septembre pour retrouver des valeurs normales pour la saison.

Juillet.

Sous un ciel tout bleu et un soleil omniprésent, le samedi 8 juillet, la cité des cinq clochers accueille le "Beau Vélo de Ravel". Ils seront plus de 7.000 participants à quitter la place Crombez pour une balade de 33,5 km dans la campagne environnante en compagnie d'Adrien Joveneau.

Le 21 juillet, jour de festivités, les Tournaisiens ont le choix, soit se rendre au stade Luc Varenne pour applaudir Hervé Villard, soit rester sur le forum où se produisent sur un podium Kamel, Dexter Connection et Alex Mention (Léopold Nord et Vous) et admirer ensuite le feu d'artifice tiré à l'occasion de la Fête Nationale. 

En ce caniculaire mois d'été, les Tournaisiens apprennent le décès de Clotaire Ladam, professeur de musique au Conservatoire et chef d'orchestre. Il laisse pas moins de 1.300 compositions. Il fut élève des conservatoires de Bruxelles et de Paris, maîtrisant le piano, l'orgue, le solfège et la direction d'orchestre. On ignore parfois qu'il fut le compositeur de l'hymne écrit pour les trente ans de l'indépendance d'Israël et auteur de plusieurs messes. Il était âgé de 75 ans. 

A la fin du mois, "Les Amis de la Cathédrale" annoncent le retour de restauration d'un panneau de tapisserie datant du XVIIe siècle, une oeuvre de 220 cm sur 260 cm représentant une procession triomphale amenant les reliques de Saint-Norbert de Mariengaard à l'abbaye du Roeulx. La tapisserie du Roeulx est désormais exposée au Trésor de la cathédrale. 

Août.

Du 11 au 14 août, le Beach Volley est roi sur la Grand'Place tandis que sur des terrains annexes, le "Conseil Consultatif de la personne handicapée" organise un tournoi de pétanque réservé aux moins valides. Celui-ci remporte un énorme succès et voit la participation d'institutions de la région. 

Du 25 au 27 août se déroule la traditionnelle kermesse du quartier Saint-Antoine avec son cabaret patoisant, son barbecue, ses numéros de music-hall et en vedette Christian Vidal. 

Le lundi 28 août, l'autoroute Mons-Lille est le théâtre de deux accidents. Vers 8h, à hauteur de Gaurain-Ramecroix, trois véhicules de l'armée anglaise transportant du matériel de la seconde guerre mondiale destiné à être exhibé dans des manifestations historiques, deux camions transporteurs et une Land-Rover, sont impliqués dans une collision avec un camion d'une firme leuzoise qui transporte du gravier. Trois militaires anglais sont légèrement blessés et hospitalisés. Suite au ralentissement engendré par cet accident, dans la file qui s'est formée, un autre camion militaire faisant partie du même convoi entre en collision avec une voiture particulière, la conductrice de celle-ci est également blessée. Ces deux faits ont provoqué d'importants bouchons sur l'autoroute, entre Maubray et Tournai, en cette période de vacances. 

Septembre.

Un spectacle complet composé d'évocations du passé, notamment de l'industrie lourde, du travail minier ou sidérurgique, intitulé "HT 06" (comme Hainaut 2006) financé par la Province est présenté le 1er septembre sur la place Crombez. Une mise en scène allant crescendo, savamment orchestrée et dont le bouquet final, un spectacle pyrotechnique a épaté les spectateurs présents. Etait-ce en raison de la fin des vacances ou d'une publicité peu importante mais on ne se bousculait pas aux abords de la gare de Tournai, ce soir-là. Pour y avoir assisté, on peut dire que les absents eurent tort !

Le samedi 16 septembre, dans le quartier Saint-Jacques est organisé, dans le cadre du Festival de Wallonie-Hainaut 2006, un "Mozart Day" qui se clôture à 21 h par l'interprétation du "Requiem en ré mineur" du célèbre compositeur par l'orchestre de chambre de Wallonie sous la direction de J.J. Maertens.

Une sorte de monstre du Loch Ness tournaisien ressurgit au cours de ce mois de septembre 2006. Le directeur de l'entreprise chargée des travaux de restauration de la Tour Henri VIII annonce le début prochain des travaux. Une partie de ceux-ci seront exécutés, principalement l'enlèvement de la couverture herbeuse au sommet de l'édifice militaire, mais laissés à l'abandon par la suite. 

Les samedi 23 et dimanche 24, Tournai vit à l'heure de "Euromédiévales". De la Grand'Place à la place de l'Evêché ou au pied du beffroi, dans un cadre intemporel, les habitants de la cité des cinq clochers sont invités à revivre l'atmosphère, les images, les scènes, à goûter les saveurs du Moyen-Age. Des joutes, des cortèges de personnages en costumes d'époques, des balades en chariot, des cracheurs de feu ou des bouffons transportent le public quelques siècles en arrières.

Au même moment, des voleurs doublés de vandales sont à l'oeuvre dans la cathédrale Notre-Dame, ils se sont probablement introduits par les échafaudages du chantier et ont emporté la sonorisation prévue pour les offices, dégradé une pierre tombale, jeté des bougies sur le sol et fortement endommagé la maquette didactique de l'édifice religieux confectionné avec de pinces à linge par un retraité vouant une passion au prestigieux monument.  

La nuit suivante, ce sont les panneaux placés à divers endroits de la ville et des villages qui sont arrachés et jetés à terre. Cela se passe au pied de l'église Saint-Brice mais aussi à Kain et au Mont-Saint-Aubert. A première vue on pense que ce vandalisme est l'oeuvre d'une sorte de groupe anti-politique mais, finalement, on découvre que les auteurs sont en réalité quatre étudiants français revenant d'une soirée de baptême un peu trop arrosée. Dans la foulée, la police retrouve également les auteurs des tags apposés sur les façades d'immeubles du quai. Il s'agit également d'étudiants français scolarisés à Tournai, probablement des fils à papa qui n'ont que faire des études payées par leurs parents. 

A la fin du mois de septembre, le cirque belge Monelly plante son chapiteau sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe (la plaine des Manoeuvres). Cela fait dix ans que ce cirque sillonne les routes de Belgique mais c'est la toute première fois qu'il fait escale dans la cité des cinq clochers, capitale des arts circassiens. Monique Holzmüller, sa propriétaire, présente un spectacle composé d'artistes venus du Mexique, de Hongrie, de Tchéquie, de Bulgarie, d'Italie et de Belgique.

Le 29 septembre, l'église Notre-Dame de la Tombe à Kain accueille "Les deux pianistes". Un régal pour les amateurs de musique et ils furent très nombreux, on se retrouva dans l'impossibilité de bouger un petit doigt et applaudir relevait de l'exploit. 

(sources : presse locale éditions de l'année 2006 et souvenirs personnels).

S.T. Juillet 2013

03/07/2012

Tournai : un week-end du roi vélo !

Quand Axelle Red quitta le podium installé sur la Grand'Place vers 21h, ce lundi 2 juillet, on éteignit définitivement les flonfons de la "fête du vélo" commencée deux jours plus tôt. Ces évènements qui ont marqué la vie de la cité des Cinq Clochers et animé les conversations depuis le mois d'octobre dernier seraient désormais rangés dans le tiroir des (excellents) souvenirs. 

Tout avait débuté, pratiquement aux aurores, le samedi 30 juin. Vers la Grand'Place convergeaient des centaines de cyclistes venus des quatre coins du pays, de la France toute proche mais aussi d'Angleterre, de Guadeloupe et du lac Saint-jean à Québecq. Sur le coup de 13h15, Hélène Ségara, en compagnie d'Adrien Joveneau, donna le signal du départ pour la première balade du Beau Vélo de Ravel, version 2012, trente kilomètres à parcourir, tout d'abord, le long de l'Escaut pour gagner, ensuite,Templeuve et la brasserie du Cazeau. Elle libéra les cyclistes impatients qui avaient totalement envahi la Grand'Place, le bas de la rue Saint-Martin et les abords de la rue de la Wallonie. Combien étaient-ils à composer ce peloton bigarré ? On parle de 7.000 paires de mollets, du cadet au vétéran, de la frêle jeune fille au plus routiné des cyclos, du cyclo moulé dans son beau maillot à un "Superman" tout de jaune vêtu. Pour donner une idée de la longueur de ce peloton, il suffit de savoir qu'il défila dans la rue des Chapeliers durant exactement 33 minutes et que des participants furent obligés de mettre pied à terre sur le quai Notre-Dame, confrontés à un bouchon aussi mémorable que ceux enregistrés aux plus beaux jours de l'été sur l'autoroute de la mer.

C'est un groupe beaucoup plus morcelé qui revint sur le forum tournaisien dans le milieu de l'après-midi. Après avoir jeté un oeil à l'écran géant diffusant les images du prologue du Tour de France à Liège, après avoir, pour l'un ou l'autre téméraire, descendu sur un câble depuis le haut du beffroi, ils se tournèrent vers l'immense podium dressé devant l'église Saint-Quentin où BJ Scott les entraîna dans un spectacle de qualité, ponctué par Suarez et clôturé par le tour de chant d'Hélène Ségara. Ils étaient plus de 5.000 qui durent soudain faire face à une "drache" nationale, une pluie violente mais brève qui éroda un peu le public mais qui n'eut pas raison de deux ou trois mille fans qui continuèrent à écouter leur idole sous une forêt de parapluies. "Jamais, autant de gens ne se sont mouillés pour moi" déclara la vedette à la fin de son spectacle. 

A 19h00, le rideau tomba sur le premier jour du triptyque consacré à la petite reine, mise en bouche de qualité car elle transforma les candidats spectateur du Tour de France en acteurs qui réalisèrent "leur" étape sur les routes du Tournaisis.   

Le soleil était à nouveau présent lors de la journée du dimanche 1 juillet, entremets concocté pour satisfaire les amoureux du vélo et les touristes déjà présents pour l'arrivée de l'étape du lendemain. Sur le podium, à proximité de l'écran géant qui emmena les spectateurs sur la route de Seraing, terme de la première étape du Tour, Sylva, Thierry Dell et Jean Pierre Mader se produisirent devant un public, il est vrai, un peu plus restreint que la veille, sans être pour cela confidentiel. 

Le lundi 2 juillet, dès 5h du matin, l'effervescence a battu son plein, sur le boulevard Bara, site magnifique choisi par les organisateurs d'ASO pour l'arrivée de l'étape Visé-Tournai. Des centaines d'ouvriers installèrent, en un temps record, l'énorme infrastructure qui allait accueillir public et invités. Le soleil avait probablement lui aussi reçu une accréditation car il brillait de mille feux dans un ciel tout bleu. Dès 10h00, les premiers spectateurs prirent place le long des boulevards, peu à peu les différents parkings situés aux entrées de la ville se remplirent. A la gare, on dénombra près de 5.000 voyageurs arrivés par trains. A partir 13h00, du rond-point de l'Europe à la plaine des Manoeuvres, il fut difficile d'encore trouver la meilleure place, de se poster en première loge. A cette heure, beaucoup avaient déjà terminé leur picotin. On assista, tout d'abord, à l'arrivée du peloton des anciens de l'US Army, des vétérans de la guerre du Golfe qui, chaque année, parcourent une étape entière du Tour, moment tout aussi émouvant pour des spectateurs qui ne ménagèrent pas leurs applaudissements lorsqu'apparut l'imposant peloton de personnes handicapées, accompagnées de leurs éducateurs, qui avaient réalisé les derniers kilomètres, toutes vêtues du maillot jaune frappé du sigle de l'Awiph. Avant le passage de la caravane publicitaire. On assista encore à l'arrivée des cadets et juniors du Tour, de jeunes coureurs issus des clubs d'Armentières, de Tournai, de Péruwelz-Bury, de Marchovelette ou encore de Charleroi. 

Les enfants l'attendaient avec impatience et la fièvre monta, une première fois, lorsqu'on entendit, au loin, les bruits de la caravane. Pour les spectateurs massés au boulevard Léopold, à quelques hectomètres de la ligne, la déception fut grande, jamais caravaniers du Tour de France ne se montrèrent aussi parcimonieux dans la distribution de gadgets, les pleines poignées de jadis jetées parmi la foule étaient remplacées par des jets individuels effectués tous les vingt ou trente mètres. Avaient-ils tout distribué en cours de route ou réservaient-ils le fond du panier pour l'arrivée ? Soudain le calme retomba jusqu'au moment où il fut rompu par le ronronnement des hélicoptères, une clameur s'éleva de la foule quand, au bas du boulevard Léopold, contournant la fontaine du Rond-Point de l'Europe, salué par le géant tournaisien Childéric et le cochon d'Orchies, la vague ondulante prit d'assaut la légère montée. Quelques instants plus tard Mark Cavendish émergeait d'un sprint royal devant André Greipel, Matthew Goss, Tom Veelers et Alessandro Petacchi. Parmi les dix premiers, on ne trouvait aucun coureur belge, ni français, il faut dire que leurs meilleurs sprinters sont restés à la maison visant une hypothétique victoire aux Jeux Olympiques. 

Ouvrons ici une parenthèse humoristique, Jean René Godard, l'excellent reporter de France 2 qui nous emmène, chaque année, durant le Tour de France à la découverte du résumé de l'étape du jour, salua la présence dans la tribune du Roi des Belges... Hassan II ! il y a bien un quartier au sud de Tournai qui s'appelle "la cité du Maroc" mais...

Du boulevard Bara à la Grand'Place, il n'y a que quelques hectomètres à parcourir, les plus rapides prirent possession des terrasses des cafés tandis que les autres se massèrent face au podium sur lequel "Lou and the Hollywood Bananas" et "Grand Jojo et les Fritkots" mirent le feu à une foule compacte formant des farandoles se frayant un difficile passage parmi un public estimé à au moins six mille, voire sept mille personnes. Vers 19h30, Axelle Red fit son apparition, dans une tenue "country". Même si on apprécie énormément la chanteuse belge, ambassadrice de l'Unicef, il faut bien dire que l'ambiance retomba lentement. Quand elle salua une dernière fois son public, on pouvait écrire le mot fin à un des plus beaux week-ends connus dans la cité des cinq clochers et ce n'est certainement pas demain la veille qu'on pourra faire aussi bien. 

(S.T. juillet 2012)