05/08/2008

Tournai : analyse des années soixante.

Si les années cinquante furent celles de la reconstruction, de la disparition de la plupart des cicatrices laissées par la seconde guerre mondiale, les années soixante seront, pour la ville de Tournai, celles des mutations et de la modernisation, celles aussi de la recherche de distractions nouvelles. Le commerce se développe, partout en ville s'ouvrent de nouveau magasins et nait aussi le premier hypermarché avec le GB de la rue de la Tête d'Or. De nouvelles voiries sont créées, d'autres sont rénovées. Peu à peu, parfois au grand dam des défenseurs du patrimoine, le charme des pavés cède la place au confort de l'asphalte. De grands projets sont menés à bien : reconstruction de l'Hôtel de Ville et de l'Hôtel des Anciens Prêtres, érection du nouvel Hôpital Civil, de la maternité Notre-Dame, démolition de quartiers à l'habitat suranné comme la Galterie Saint Jean ou le Luchet d'Antoing, élargissement de l'Escaut.

Au niveau culturel, la création de la Maison de la Culture sera un des sommets de cette décennie marquée par la venue à Tournai de spectacles et de concerts de qualité. Des vedettes de l'époque viennent se produire dans la cité des cinq clochers : Adamo, Richard Anthony, Hughues Auffray, Jacques Brel, Pétula Clarck, Léo Ferré, Claude François, Françoise Hardy, Georges Moustaki, Claude Nougaro, les Surfs, Sylvie Vartan notamment y donnent leur récital. Les mélomanes peuvent compter sur le Festival Musical International du Hainaut pour leur offrir les meilleurs concerts donnés par des musiciens venus du monde entier. De grandes conférences sont organisées qui amènent à leur tribune des orateurs tels Bernard Clavel, l'abbé Pierre, Raoul Follereau, Frédéric Pottecher, Léon Zitrone et bien d'autres. Les comédies dites de "boulevard" rendues célèbres par l'émission télévisée "Au théâtre, ce soir" de Pierre Sabbagh remplissent la Halle-aux-Draps grâce à Anne Marie Carrière, Roger Dutoit, Christiane Lenain, Jacques Lippe, Marthe Mercadier, Jacques Morel, Michel Piccoli, Françoise Rosay, Pierre Vernier pour ne citer que les principaux comédiens à l'affiche. Les orchestres régionaux fleurissent et Rock Crosy, les Polaris, les Jaguars, les Dauphins... animent les bals qui se déroulent chaque week-end de l'année.

Au niveau sportif, de nombreux passages et une arrivée du Tour de France, des épreuves cyclistes pour coureurs professionnels, l'organisation d'un championnat d'Europe et du Monde de billard, les exploits de Jacques Henrard et de Roselyne Larsy en natation, les excellentes prestations du Racing et de l'Union, les galas de boxe, les courses hippiques sur la Plaine des Manoeuvres comblent les amateurs tournaisiens..

Il y avait eu Mai 68 et le fol espoir d'une jeunesse éprise de liberté (il est interdit d'interdire), il y eut la marche de l'homme sur la Lune (un petit pas pour l'Homme....), les exploits d'Eddy Merckx (surnommé le Cannibale), il avait le plein emploi. Il y avait eu le mouvement "beatnick" et les "hippies" (c'était le temps des fleurs, on oubliait les pleurs, les lendemains avaient un goût de miel). Tout cela avait fait oublier : les mouvements sociaux de 1960, la guerre du Vietnam, la guerre froide, la course à l'armement et les essais nucléaires, l'édification du mur de Berlin, la tragédie du Congo, la création de la frontière linguistique divisant le pays entre le Nord et le Sud, le "Wallen Buiten" des étudiants nationalistes flamands à Louvain. Peut-être que sous des aspects de légèreté, de frivolités, d'insouciance, les années soixante portaient-elles déjà le germe de nos soucis futurs ? La décennie suivante allaient ramener les plus optimistes à une dure réalité. Nous le verrons bientôt !

(si les années soixante vous ont laissé un excellent souvenir, n'hésitez pas à me le faire savoir dans la rubrique "commentaires").

08:28 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, hippies, annees soixante, beatnicks |