05/11/2009

Tournai : 1950-2005, l'évolution sportive.

Juste après la seconde guerre mondiale, le sport-roi à Tournai était, comme partout ailleurs, le football. Les distractions étant peu nombreuses à l'époque, la rencontre dominicale attirait donc pas moins de quatre à cinq mille personnes au stade, un nombre de spectateurs qui ferait l'envie de certains clubs de la Division Un actuelle ! On y venait à pied, à vélo, en bus et en voiture, on y venait de la ville mais aussi des villages voisins, lieux de résidence de l'un ou l'autre joueur. Les clameurs poussaient dans les tribunes de la rue des Sports pouvaient s'entendre jusqu'au centre de la ville et après la rencontre tout ce petit monde s'éparpillait dans les différents cafés apportant une franche animation aux soirs de victoires.

La Royale Union Sportive Tournaisienne évolua au sein de l'élite du pays, la Division d'Honneur, et les Tournaisiens purent ainsi accueillir ces clubs prestigieux qu'étaient alors Anderlecht, le Standard de Liège, le Daring ou l'Antwerp. Le rêve ne dura qu'une saison, insuffisament préparée pour ce niveau, l'équipe qui avait forcé les portes de la Division 1 redescendit l'année suivante. Cinq ans plus tard, le club rival des Rouge et Vert, le Royal Racing Club de Tournai connut lui aussi son heure de gloire en remportant la Coupe de Belgique aux dépens de Verviers. Ce match laissa sans voix, le plus célèbre des reporters de l'époque appelé à le commenter sur les ondes de la radio nationale, Luc Varenne, enfant de Tournai et supporter numéro Un des Jaunes et Noir. La victoire dans cette compétition nationale ne donnait cependant pas encore le droit de jouer en coupe d'Europe. Par la suite, "Infants" et Rats", les surnoms donnés aux clubs, évoluèrent entre Division 2 et Promotions, l'Union connaissant même un bref passage par la Provinciale. En 1964, lors d'un homérique combat pour le titre entre l'Union et le White Star Lauwe, on enregistra même, lors de la rencontre décisive disputée à la rue des Sports, pas moins de 10.500 spectateurs entassés autour du terrain. Deux clubs au sein d'une même ville de l'importance de Tournai ne pouvaient que vivoter, le nouveau bourgmestre, Christian Massy l'avait compris, il fut l'artisan d'un rapprochement qui donna naissance à la fusion en 2002. Les couleurs Rouge et Vert et Jaune et Noir disparurent au profit des Sang et Or. Désormais, dans son nouveau stade Luc Varenne, situé à Kain, le Football Club Tournai évolue en Division 2 nationale et il disputa même le tour final pour la montée en division un lors de la défunte saison. Le stade de l'avenue de Maire a fait place à au nouvel arsenal des pompiers et celui de la rue des Sports voit actuellement la construction d'une aile complémentaire de l'Hôpital voisin.

Une autre discipline s'affirma voici quelques années. Jusqu'alors, en basket-ball, les clubs tournaisiens s'appelaient Asart (Association sportive de l'Athénée Royal de Tournai), Union (le club de basket de la rue des Sports), BC Tournai. Au début des années 2002, le BC Estaimpuis se retrouva privé de salle, les responsables de la ville de Tournai l'accueillirent, à bras ouverts, en la salle CET, nouvellement construite sur la Plaine des Manoeuvres. Décrochant le titre en Division 2, le BC Tournai-Estaimpuis avait conquis le droit de se mesurer aux meilleures formations nationales. Loin de faire de la figuration, ils firent trembler les meilleurs et de Mons à Liège ou d'Anvers à Gand, on commença à entendre parler du club de la cité des cinq clochers. Lui aussi se qualifia, dès la première saison, pour le tour final désignant le champion de Belgique. Hélas, de graves problèmes financiers liés à des dissensions parmi les dirigeants précipitèrent le club dans la faillite en 2003. L'émulation créée en à peine trois saison avait cependant rejailli sur des clubs comme le Tournai-Mini et les dames prirent le relais de leurs collègues masculins en évoluant, elles aussi, au plus haut niveau en compagnie du Dexia Namur ou de clubs néerlandophones. Dans le prochain article nous parlerons des autres disciplines qui évoluèrent positivement ou négativement durant ces cinquante cinq années...

24/09/2009

Tournai : l'année 2003 sous la loupe (4)

Poursuivons notre rétrospective de cette année 2003. Nous sommes toujours au mois de mars. Le parvis de la gare de Tournai sert de décor au tournage d'un court métrage de 26 min. réalisé par le tournaisien Claude Codogno, intitulé "Le retour". Trois jeunes actrices françaises : Valérie Daplemont, Anne Conti et Agnès Delbarre en sont les vedettes principales, le rôle masculin est tenu par le bruxellois Gérard Gradzyck. C'est l'histoire d'une jeune marginalisée qui tente de s'extraire de son milieu et qui retrouve son père par hasard. Le lundi 10 mars, Axelle Red met le feu à la salle Jean Noté de la Maison de la Culture. La flamboyante chanteuse belge attend un heureux évènement pour le mois de juin mais n'en a pas pour autant perdu le rythme. Du 29 avril au 3 mai, la Maison de la Culture présente "Eva Peron" de Copi par l'Atelier du Jeune Théâtre National. Une farce présentant une Evita aux antipodes du rôle interprété par Madonna, un spectacle décapant, caricatural. Un mois plus tard, du 29 avril au 3 mai, le Grand Cirque d'Etat des Pays de l'Est est présent dans la ville des cinq clochers.

Le samedi 19 juillet, le Beau Vélo de Ravel fait escale à Tournai. Au départ de la Grand'Place près de 4.000 cyclistes emmenés par Adrien Joveneau et le bourgmestre Christian Massy partent pour un périple à travers les villages du Grand Tournai. A leur retour, sur le podium, Mousta Largo, William Dunker, Jean Louis Daulne, Fabian Delahaut et Herbert Léonard mettent un paraphe musical à la fin d'une (très) chaude journée. Les Tournaisiens attendaient un spectacle exceptionnel en clôture de la Fête Nationale, le 21 juillet, le concept "Symphony on Tour" s'était, en effet, emparé de la Grand'Place afin de la mettre en valeur par le biais d'éclairages et d'effets pyrotechniques soigneusement étudiés. En fait, les spectateurs qui avaient rallié le forum tournaisien ne virent que... beaucoup de fumée au travers de laquelle se devinaient de fantomatiques jeux de lumière, une grande déception assurément ! 

Le dimanche 7 septembre, une semaine avant la Grande Procession, c'est le monde religieux tournaisien qui est en fête, une foule considérable a envahi la cathédrale et la place de l'Evêché. Guy Harpigny devient le 100e évêque de Tournai, il succède à Jean Huard, décédé. Le nouveau chef du diocèse est né à Luttre en 1946 et a été le doyen principal de la région de Mons-Borinage de 1997 à 2003. Le 24 octobre, le Rouge Fort est inauguré, cette tour d'enceinte datant du XIe siècle, appelée ainsi en raison des tuiles rouges qui la couvraient, a été restaurée dans le cadre de la rénovation du site des XII Césars, elle avait été détruite lors des bombardements de 1940. Du 11 au 13 novembre, la Maison de la Culture présente "Fenêtres" de Mathurin Bolze, issu de l'Ecole de Cirque de Châlon. Dans un cube, sa maison, il vole, court, grimpe aux murs, course à l'air libre, course au vertige qui enthousiasme le public. Le 8 novembre, c'est François Pirette qui présente son nouveau spectacle "Libre et ego" sur la scène du centre culturel tournaisien. Le samedi 22 novembre, "les Vamps" sont les invitées-vedettes du Festival international des Imitateurs de Tournai, le Français Grégory Jupin de Senlis remporte le Luron d'Or 2003 devant Thierry Garçin et Arthur Joeka. Le samedi 29 novembre, les Tournaisiens de la Compagnie du Tarmac emmenés par Xavier Sourdeau sont à l'affiche du "Plus Grand Cabaret du Monde" de Patrick Sébastien. Le 30 novembre, Christophe donne son récital à la Maison de la Culture. A 60 ans, Daniel Bevilacqua vient de remonter sur scène après 27 années de silence. Les Marionnettes, Aline, Señorita, les Mots Bleus ou encore Paradis Perdu rivalisant avec de nouvelles créations ravivent la nostalgie de ses fans venus, nombreux, écouter un chanteur qui a conservé la voix de ses vingt ans. Après le traditionnel "Concert Viennois" de la mi-décembre mis sur pied par la Confrérie des Cinq Clochers en faveur de l'enfance deshéritée du Tournaisis, ce sont les groupes de rock "Hooverphonic" et "Sharko" qui sont en concert dans le cadre du festival "D'Hiver Rock" 2003 organisé le 20 décembre par la Maison de la Culture.

Une information sportive éclipse toutes les autres en cette année 2003, le BC Tournai-Estaimpuis est mis en liquidation au mois de septembre, n'ayant pas obtenu sa licence en mai et retrogradé en Division 2 nationale, le club de basket tournaisien présentait une ardoise estimée à 700.000 Euros, le Président Bouche, un français jusqu'alors inconnu dans les milieux sportifs avait succédé à Jean Pierre Fröelich, celui qui avait amené le club de la provinciale au tour final de la Division I nationale en quelques saisons seulement. Le nouveau Président n'avait pas été capable de... "boucher" le trou financier ! Cette mauvaise nouvelle pour les nombreux supporters tournaisiens clôture cette rétrospective des évènements de l'année 2003 à Tournai.

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bc tournai-estaimpuis, tournai, maison de la culture |

31/08/2009

Tournai : l'année 2002 sous la loupe (4)

En cette année 2002, après des années de disette, les sportifs tournaisiens vont vivre une folle saison . Fin avril, une semaine avant la fin du championnat de promotion B, grâce à sa victoire sur le score de 3-0 face à Braine conjuguée à la défaite de Waregem sur le score de 0-1, le club de football de l'Union de Tournai est sacré champion de la série et accède à la Division 3 Nationale. La semaine suivante, les Rouge et Vert terminent par une victoire acquise sur le terrain d'Eernegem. Avec un actif de 61 points représenté par 17 victoires, 10 nuls, trois défaites et un goal-average de 49 buts marqués pour 20 encaissés, les "Infants" (surnom des joueurs unionistes) devancent Waregem (57 points) et Winkel (51). Le Racing de Tournai termine à la huitième place du classement à 17 points du rival de la rue des Sports. Les supporters qui, au soir de la montée, laissent éclater leur joie dans les rues de la cité ne la savent pas encore mais ce sera là le dernier titre remporté par le club cher au Président Mauro Tognelli, le 6 mai, à 21h15, on apprend, en effet, que l'Union et le Racing vont disparaître pour donner naissance au Football Club de Tournai, les fusionnés porteront les couleur Sang et Or et évolueront sous le matricule 26 (celui de l'Union). Fondée en 1903, l'Union ne fêtera pas son centenaire l'année suivante, le folklore local perd un de ses fleurons (le derby) mais le sport tournaisien partira peut-être à la conquête de nouveaux exploits. Christian Massy, le bourgmestre de la cité des cinq clochers, rêvait depuis longtemps de doter sa ville d'un club de football capable d'évoluer au sommet de la hierarchie, un premier pas vient d'être accompli, il présidera aux destinées du nouveau club entouré de dirigeants des clubs disparus. Dans un premier temps, le F.C. Tournai évoluera dans les installations de la rue des Sports car sur le terrain du Racing, à l'Avenue de Maire, s'érigera dans les mois qui suivent le nouvel arsenal des pompiers. On parle de la création d'un nouveau stade, il sera érigé près du hall de Tournai-Expo à Kain, à l'embranchement de l'autoroute.

Les supporters de football ne sont pas les seuls à se réjouïr en ce printemps 2002, en handball, les joueurs de l'Estudiantes obtiennent leur ticket pour évoluer dans le championnat de Division 2 Nationale et en basket-ball pour sa première apparition parmi l'élite, le BC Tournai-Estaimpuis qui évolue en la salle des sports CET sur la Plaine des Manoeuvres se qualifie pour les Play-Off. Le club a enregistré 15 vicoires et 15 défaites. Les organisateurs du circuit Franco-Belge, course par étapes pour coureurs cyclistes professionnels, ont choisi Tournai comme lieu d'arrivée de l'ultime étape de leur épreuve. Le 29 septembre, le français Sandy Casar remporte au pied des cinq clochers la 4eme et dernière étape. Au classement final, Robbie Mac Ewen devance Tom Boonen et l'allemand Van Kleinsorgen.  Notons enfin que la ville de Tournai sera choisie pour être le décor du téléfilm "L'année de mes sept ans" dont les vedettes sont Marie Josée Nat et Clémence Meyer. Entre le 10 et le 13 avril, les pentes du Mont Saint Aubert et la rue de la Marnière à Tournai servent de décor et, entre les prises de vue, les habitants du quartier peuvent converser avec la comédienne française dont la simplicité frappe tout ceux qui ont la chance de l'approcher.

Dans le prochain article nous terminerons la revue de l'actualité de l'année 2002 à Tournai en ouvrant une (longue) page culturelle...

15/08/2009

Tournai : l'année 2001 sous la loupe (4)

Dernier coup d'oeil dans le rétroviseur avant de refermer la rétrospective des évènements de l'année 2001 à Tournai, nous restons dans le domaine culturel et de la distraction. Les 2, 3 et 4 mars, les artistes chinois de la troupe acrobatique de Gangzhou (Canton) raflent les trois prix les plus importants de la Piste aux Espoirs : la Piste d'Or, le Prix du Public et celui des Enfants. une seconde Piste d'Or est attribuée à la canadienne Andriane Leclercq. La Piste d'Argent revient à Michaël Vassereau dans un spectaculaire numéro aux sangles aériennes tandis que le duo composé d'Hella Stichmaier et de Klaus Bartl de la compagnie allemande Jonglobat remporte la Piste de Bronze récompensant un numéro alliant jonglerie et acrobaties. En catégorie "Amateurs" sont primés les frères Socrates et Angelo (Mikiz Minier Matsakis) qui remportent la Piste d'Or, originaire d'Allemagne, Miriam Willems remporte la Piste d'Argent et Sonia Vandame aux cerceaux retournera à Paris avec une Piste de Bronze. Depuis 1986 et la prestation d'Elodie et Chloé, pas un seul artiste local n'était parvenu à conquérir le public, Jean Michel Pipers comble cette lacune dans un numéro d'acrobaties sur vélo. Autre révélation de cette nouvelle édition de la Piste aux Espoir, le Babelout's Brass Band, dirigé par Eloi Baudimont qui anime musicalement les intermèdes. Amoureux des arts circassiens, les Tournaisiens auront encore l'occasion de se rendre au Cirque des Etats de Russie qui dresse sa tente du 24 août au 2 septembre sur la Plaine des Manoeuvres et au cirque suisse Fligenpiltz qui revient à Tournai, trois ans après son premier passage, il plante son chapiteau sur le parking de Tournai Expo. Le nom de ce cirque ne vient pas, comme c'est souvent le cas, d'un nom de famille comme les Bouglione, Amar ou Rancy mais bien de l'appellation allemande de l'Amanite Tue-Mouche dont la couleur et la forme ressemblent à celles du chapiteau du cirque. Présentant une tente à quatre mâts centraux, ce cirque peut accueillir 1.200 spectateurs, il propose des numéros avec hippopotame, zèbres, dromadaires, lamas et cochons mais aussi un embrasement de gigantesques jets d'eau en final.

Autre rendez-vous annuel, le Festival international des Imitateurs, il fête, en cette année 2001, son dixième anniversaire et se déroule pour l'occasion sur deux soirées, les 16 et 17 novembre. Thierry Garcin de Carcassonne remporte le prix du Grand Jury et Raphaël Lacour de Lyon celui de la Presse et du Public. Berlu, lauréat du Luron d'Or en 1995, chauffe la salle le vendredi, Olivier Laurent lui succède tandis que Popeck clôture la première soirée. Le samedi, c'est Yves Lecocq accompagné de six danseuses qui assure la seconde partie de soirée d'un festival d'une cuvée extraordinaire. Relevons encore pour les mélomanes, le concert du Choeur byzantin de Grèce, qui, le samedi 22 septembre, fait résonner la chapelle du séminaire dans la plus pure tradition du Mont Athos et le Concert des Nations, une semaine plus tard, dirigé par Jordi Savale qui se produit pour la première fois en Belgique.

Au niveau sportif, notons que l'Union de Tournai réalise un beau parcours durant la première partie du championnat 2001-2002, après 15 rencontres, le club tournaisien occupe la première place du classement de la promotion B (4e Division) avec un actif de 36 points représentant 11 victoires, 3 nuls et une seule défaite, le second Wetteren est à 8 points, le Racing de Tournai, en sixième position, accuse déjà un retard de 10 points sur les leaders Rouge et Vert. Le 26 décembre, c'est de Tournai que s'élance la caravane du Bénélux du Paris-Dakar. Le site de Tournai-Expo accueille le bivouac provisoire et les véhicules belges sont visibles dans le hall des expositions où le public assiste au traditionnel show du "Dakar". Durant l'heure de midi, les participants se rendent, en cortège, sur la Grand'Place où le départ est donné pour Arras, la famille et les amis du Rumois Michel Vinckier sont venus le saluer avant son odyssée. Cette manifestation qui a attiré un nombreux public est une réussite pour Olivier Deplechin et Vincent Leclercq, les deux chevilles ouvrières locales de TSO Bénélux . En cette année 2001, Tournai a accueilli le club de Basket d'Estaimpuis qui, jouant en la salle CET, a pris le nom de BC Tournai-Estaimpuis, il rivalise avec les meilleurs en Division 1 Nationale et occupe une sixième place à la fin de l'année 2001, dans la première partie du championnat. ...