02/12/2007

Tournai : découvertes archéologiques

Les travaux de rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Tournai ont nécessité de mettre à jour les fondations de l'édifice, des fissures ayant été constatées à certains endroits. Ce chantier a débuté en l'an 2000 et des fouilles archéologiques dirigées par le Professeur Brûlet ont été entreprises à cette occasion. Peu à peu la cathédrale a livré de nombreux secrets, laissant apparaître des éléments avérés ou supposés, amenant également des surprises.

Les fouilles débutèrent dans le déambulatoire Nord. A l'extrémité de celui-ci, à quelques mètres de profondeur, on découvrit les vestiges d'un petit bâtiment datant de l'époque romaine tardive, à l'autre extrémité, en se rapprochant du transept, c'est un baptistère de l'époque carolingienne qui est apparu, parfaitement conservé. Les travaux se concentrèrent alors à l'extrémité de la nef romane, à l'intersection avec le transept. On y découvrit la présence d'une église antérieure à la cathédrale actuelle, probablement de la fin du premier millénaire, donnant peut-être ainsi satisfaction aux adeptes de la légende d'une église de l'an 1000. On mit à jour, une avancée en pierre qui devait servir à l'officiant pour s'adresser à la foule des fidèles, sorte d'ancêtre de nos chaires de vérité.

Ces découvertes venaient corroborer des connaissances sur l'histoire de la ville. La première surprise fut enregistrée en novembre 2006 lors de l'ouverture d'une sépulture découverte sous le choeur de cet édifice antérieur. Il s'agissait, sans aucun doute, des inscriptions et anneau le prouvant, de la dépouille de Bauduin 1er, évêque de Noyon-Tournai, qu'on pensait mort à Noyon et enterré dans la région parisienne.

Un an plus tard, presque jour pour jour, une seconde sépulture a été ouverte et présentée à la presse ce jeudi 29 novembre. Le caveau funéraire était recouvert d'une dalle en calcaire de Tournai, brisée en trois morceaux. Les parois, en moellons de taille moyenne, sont recouvertes d'un enduit à l'ocre rouge friable. Le squelette est relativement bien conservé, toutefois le bas du corps, des pieds jusqu'au bassin, a été écrasé par l'effondrement de la dalle. Le tronc est bien préservé, le bras droit est disposé le long du corps et la main revient légèrement sur le bassin. La main gauche est relevée sur la bas-ventre mais elle a presque totalement disparu. La tête est insérée, comme pour Bauduin, dans une loge céphalique, il ne reste que l'arrière du crâne garni de quelques cheveux et la mâchoire inférieure pourvue d'une courte barbe d'apparence rousse. Le squelette est vêtu, depuis les genoux jusqu'aux épaules, d'un tissu partiellement conservé, qui présente une encolure en U. Des fils d'or ont été retrouvés, en mauvais état, au niveau des chevilles, un galon, cousu de fils d'or figurant des motifs géométriques, est présent à gauche du bassin. Les pieds sont recouverts d'un fragment de cuir difforme. Les mains portent de fins gants en tissu. Une crosse funéraire en tau a été déposée à la droite du squelette. En bois et brisée au niveau du bassin, elle a pratiquement disparu dans la partie inférieure de la sépulture. Le bâton, dont il subsiste une longueur d'environ un mètre, est de section circulaire. Au niveau de la clavicule, il est orné d'un anneau en bronze gravé de deux rangées de lettres, il est sommé d'un globe dont la matière a cristallisé et se termine par un retour perpendiculaire probablement de la même matière. Le majeur droit porte une bague en métal doré serti d'une petite pierre rouge.

On ignore encore l'identité de ce prélat. S'agit-il de l'évêque Hughes (1030-1044), le prédécesseur de Bauduin ou de Radbod II (1068-1098), celui qui, en 1092, fut à l'origine de la Grande Procession de Tournai instaurée pour demander à Notre-Dame la délivrance de la ville du fléau de peste qui y sévissait. L'avenir nous le dira...

Il y a quelques semaines également lors de travaux d'égouttage à l'avenue Bozière, des vestiges des anciennes fortifications de la ville ont été mis à jour, on imaginait leur présence car elles se trouvent dans le prolongement des Tours Marvis, toutefois leur emplacement exact n'avait pas encore été défini.

(sources : en ce qui concerne la découverte récente,de la sépulture, éléments transmis par Mr. Francis Vandeputte, responsable du groupe des "Anges Gardiens" de la cathédrale de Tournai et recherches personnelles).

13:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cathedrale notre-dame, bauduin 1er |