27/05/2007

Tournai : le quartier du Parc (2)

Les rues voisines du parc communal portent le nom de personnages ou de faits historiques : la rue Rogier rappelle Charles Rogier, ancien député libéral de Tournai qui, pendant ses études à Liège, rejoignit les volontaires liégeois et alla aider les révolutionnaires des journées de septembre 1830. Il sera membre du gouvernement provisoire, d'abord député représentant Liège et ensuite député de Tournai en 1863 jusqu'à sa mort qui survint en 1885.

La rue du Chambge, rappelle le souvenir de deux chanoines de Tournai du 17ème siècle, dont l'un Nicolas, mort en 1638, fut le fondateur de l'office de Saint Eleuthère. Ils laissèrent des donations en faveurs de la jeunesse de Tournai.

La rue Albert Asou commémore le nom d'un politicien né à Tournai le 24 juin 1857 et ayant fait ses études à l'Athénée Royal. Devenu avocat, il réforma la Conférence du Jeune Barreau et en devint le premier Président. Conseiller communal en 1887, échevin de 1895 à 1911 et de 1921 à 1931, il sera conseiller provincial de 1904 à 1905 avant d'être élu bourgmestre de 1925 à 1927 et de 1932 à 1940. Il est décédé quelques semaines avant le début de la seconde guerre mondiale, ses funérailles furent célébrées le samedi 9 mars 1940.

La rue Vauban rappelle que cet architecte militaire de Louis XIV fortifia la ville, elle indique la direction de l'ancienne citadelle, dont quelques vestiges sont encore visibles entre le boulevard du Roi Albert et la rue... de la Citadelle, les nombreux souterrains peuvent encore être régulièrement visités et, chaque années, de nouvelles sections sont dégagées et sécurisés par les Amis de la Citadelle.

Parlons encore de la rue de Fontenoy, du nom de ce village proche d'Antoing où se déroula la célèbre bataille du 11 mai 1745 opposant les troupes de Louis XV aux troupes anglaises et irlandaises et où fut, selon l'histoire, prononcée cette phrase célèbre : "Tirez donc les premiers, Messieurs les Anglais", c'était peut-être la guerre en dentelles, mais les soldats qui s'y trouèrent la peau ne firent pas, eux, dans la... dentelle !

Le boulevard Lalaing a été ainsi nommé en hommage à Christine de Lalaing, princesse d'Espinoy, protestante qui, héroïquement, défendit la ville contre les troupes espagnoles en 1581. Sa statue se dresse au centre de la Grand'Place, hache à la main, elle est malheureusement tournée vers la cathédrale. Cette attitude fut parfois mal interprétée par les catholiques du début du 20ème siècle qui y virent un geste de défi. On raconte même que, pendant de nombreuses années, la grande procession de Tournai du deuxième dimanche de septembre évita le forum pour ne pas passer au pied de cette "protestante effrontée". Les temps ont changé, grâce un esprit d'oecuménisme et au fait que, peut-être, la tolérance a pris peu à peu le pas sur l'intolérance, ce détour a été supprimé au début des années 2000.

C'est dans ce quartier également que se trouve le palais de justice, oeuvre de l'architecte Vincent, inauguré en 1879. Bâtiment imposant, on y accède par un escalier monumental,. Quand une personne menace une autre de recourir à la justice pour régler un litige, elle lui dit parfois : "Je vous ferai monter les marches ! ", cette expression trouve ici tout son sens !

(sources : Gaston Lefebvre "Biographie Tournaisienne" et recherches personnelles).