12/01/2017

Tournai : la crainte justifiée des chantiers !

Ils durent une éternité !

Lors d'un récent déplacement à l'étranger, j'ai rencontré une personne qui était venue visiter Tournai, celle-ci m'a demandé si les chantiers étaient enfin terminés dans la cité des cinq clochers !

"Presque !" lui ai-répondu, faisant là un pieux mensonge afin de ne pas nuire à l'image de la ville que j'aime et à son tourisme malmené ces dernières années par la vision d'une ville en perpétuels travaux.

Des chantiers, il y a en encore à l'horizon 2017 mais aussi à celui de 2018, 2019, 2020 et peut-être même 2021 ! Avec le chantier du pont Notre-Dame, des boulevards Walter de Marvis et des Combattants, de la chaussée de Bruxelles et de la rue de la Lys, du plateau de la gare, de la rue Royale, de la place Verte, du nouveau Pont-à-Pont, du Pont des Trous et de ses abords, de la halte nautique, de l'élargissement de l'Escaut à hauteur du quai Saint-Brice, du quartier Saint-Piat, sans oublier la restauration de la cathédrale Notre-Dame, entamée il y a plus de dix ans... l'agenda affiche complet !

Il est vrai que les travaux durent depuis (trop) longtemps à Tournai mais ils sont nécessaires pour revitaliser le cœur de la ville et mettre en évidence ces trésors patrimoniaux. C'est un peu la formule que nous distillent nos autorités communales depuis de nombreuses années, tentant d'éteindre constamment un feu qui couve chez les commerçants du centre-ville régulièrement impactés par des fermetures de voiries.  

Ce n'est pas tant la multiplication des chantiers qui pose question mais la durée de ceux-ci. Le Tournaisien voit lorsqu'ils commencent, il attend (très) longtemps pour les voir se terminer. Les firmes soumissionnaires ne semblent pas faire preuve d'un grand dynamisme et d'une excellente organisation pour les réaliser. Peut-être n'ont-elles pas tout simplement la dimension nécessaire pour mener à bien et rapidement ce qui leur a été attribué. C'est sans doute un mal belge !

Prenons comme exemple, la rénovation, dans les deux sens, des six kilomètres d'autoroute entre Kain et la frontière française. Ce chantier entamé depuis près de deux ans entre dans sa phase ultime et la fin de celle-ci est annoncée pour les congés de 2017 (sauf retard résultant de mauvaises conditions météorologiques et sans tenir compte de la pose des écrans anti-bruit qui sera réalisée ultérieurement). Il va bientôt falloir autant de temps pour rénover ce secteur qu'il n'a fallu pour le construire à la fin des années soixante alors qu'on dispose d'un matériel plus performant qu'il y a quarante-cinq ans. Encore faut-il constater une activité fébrile sur le chantier laissé parfois des jours, voire des semaines sans ouvriers ("on laisse sécher" nous répète avec un magnifique sourire la charmante porte-parole du SPW !). 

Autre exemple, la rénovation des quais Saint-Brice, Dumon et de la place du Becquerelle : ce chantier a débuté au début du mois de mars 2016 et n'est toujours pas terminé. Mieux même, depuis la mi-décembre, on ne constate plus beaucoup d'activité (en partie en raison des congés) et, depuis cette semaine, on voit même des ouvriers occupés à ouvrir de nouveaux trous dans la rue du Becquerelle. Il reste à placer l'éclairage et il semble, une fois de plus, que la coordination de tous les corps de métiers intervenant fait défaut !

En attendant, le quai Saint-Brice n'est ouvert qu'à la circulation locale et se termine en impasse grâce à des blocs de béton. Dans quelques jours vont débuter les travaux de rénovation du pont Notre-Dame. Celui-ci va être interdit à la circulation pendant une dizaine de semaines (si tout va bien car on doute de tout désormais !). Cela signifie que la rue Royale se terminera à hauteur de la rue des Campeaux puisqu'un automobiliste distrait qui irait au-delà serait obligé de faire une marche arrière étant dans l'impossibilité, face au pont levé, de virer à gauche (sens interdit) ou à droite (quai en cul de sac).  

Au mois d'avril débutera le méga-chantier des Bastions fermant l'entrée de la ville aux très nombreux automobilistes arrivant à Tournai par la chaussée de Bruxelles et coupant la circulation sur les boulevards de ceinture entre le complexe des Bastions et la rue d'Amour. Cela va être un fameux casse-tête pour l'échevin de la Mobilité et la police communale pour diriger ce flux important de véhicules vers les chaussées de Renaix et d'Antoing, déjà saturées aux heures de pointe. Il ne faut surtout pas oublier que jusqu'au mois de juillet, la bretelle d'accès à l'autoroute E42-E429 vers Bruxelles ou Mons restera fermée à Froyennes et les usagers dirigés vers les bretelles d'accès de la même chaussée de Renaix. Les travaux sont prévus pour sept mois mais une fois encore nous doutons de la célérité des intervenants car les chantiers dans notre région, comme ailleurs, sont souvent réalisés par un petit nombre d'ouvriers qui ne travaillent pas en continu comme cela se fait dans d'autres pays, économies et austérité obligent ! 

Pauvres automobilistes tournaisiens, il vous reste simplement à ronger... votre frein !

S.T. janvier 2017.

10:11 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, chantiesr, bastions, becquerelle, spw |

03/11/2016

Tournai - des chantiers en pagaille !

L'automobiliste tournaisien va devoir ronger son frein !

Depuis plusieurs années, Tournai vit à l'heure des chantiers routiers. Les Tournaisiens ont tout d'abord vécu ceux qui concernent la pose d'impétrants comme le renouvellement des conduites d'eau pour éliminer le plomb ou celui des anciennes conduites de gaz en acier par des nouvelles beaucoup plus souples, le remplacement de câbles électriques dont certains commencent à poser problème ou la pose du câble optique pour la télédistribution et les liaisons téléphoniques. Il y a eu également les intempestives ruptures de canalisations et les découvertes fortuites d'anciens égouttages surannées (et inconnus) qui provoquèrent des affaissements de chaussée (au boulevard du roi Albert, à la rue de Barges, au parvis du beffroi et maintenant à la rue du Parc). Tout ces chantiers engendrent, inévitablement, des problèmes de circulation, celle-ci se déroule alors, soit sur une voirie rétrécie (rue Saint-Eleuthère), soit réglée par des feux (chaussée de Roubaix) ou est totalement impossible (depuis deux mois déjà dans la rue des Aveugles et, depuis le week-end de Toussaint, le long du Conservatoire).

Mieux vaut choisir la marche à pied !

Il y a également les chantiers de rénovation du centre-ville qui, après avoir concerné l'entièreté du quartier cathédral, se sont déplacés vers le quai Dumon et le quartier du Becquerelle. Tout devrait être terminé dans quelques semaines. Hélas, on constate déjà des réouvertures ponctuelles des voiries à peine terminées, c'est actuellement le cas à la rue du Four-Chapitre (au pied d'une cabine électrique) et à la rue de Courtrai (face à un magasin). La question que se posent les Tournaisiens est la suivante : la pose des impétrants a-t-elle été bricolée ou bien est-on systématiquement dans l'impossibilité d'appréhender certains problèmes ?

La fin des gros chantiers actuels ne signifie pourtant pas que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes comme l'aurait dit d'Aldous Huxley. La presse locale et le site du SPW viennent de dresser un tableau "apocalyptique" de la circulation automobile, dans et aux alentours immédiats de Tournai, lors des deux prochaines années. Qu'on en juge !

Le quai Donat Casterman.

On semble les connaître depuis toujours, ces tours jumelles appartiennent au paysage de ce qu'on appelait, jadis, le quai de déchargement des péniches, à deux pas du pont Delwart. En raison de sa vétusté, une des deux centrales à béton de la firme Thiébaut est en cours de démantèlement, depuis ce mercredi 2 novembre. Il faut dire qu'elle datait de 1963 et sa construction avait été réalisée par des firmes alors bien connues à Tournai, les Ateliers Louis Carton, la Maison Caucheteux et les pompes Déplechin. Pour d'évidentes raisons de sécurité, la circulation sur le quai se déroule alternativement entre la rue des Roctiers et l'ancien entrepôt de la douane, réglée au moyen de feux tricolores. Ce quai est emprunté quotidiennement par les clients se rendant à la zone commerciale de Froyennes et par les automobilistes qui souhaitent éviter le rond-point de l'Europe et les files de l'avenue de Maire aux heures de pointe. Pendant une semaine, voilà donc un itinéraire bis un peu moins efficace, heureusement que nous sommes en période de congés scolaires. 

L'autoroute E42/A8 à "Tournai Froyennes".

Dans quelques jours va débuter la phase 4 de la rénovation en profondeur de l'autoroute E42/A8, commencée voici près de deux ans. Celle-ci sera exécutée dans la section comprise entre l'échangeur de Marquain et l'embranchement de la liaison vers Bruxelles à hauteur de Kain. Ce chantier va engendrer le fermeture des bretelles d'accès et de sorties de Froyennes (vers Pecq et vers Bruxelles). Une déviation sera mise en place et les véhicules concernés devront emprunter les entrées et sorties de "Tournai-Nord" (chaussée de Renaix). Cette situation qui devrait durer quelques mois (fin prévue aux grandes vacances de 2017) augmentera sensiblement la circulation sur l'axe de pénétration qu'est la chaussée de Renaix à Rumillies, une voie déjà presque saturée aux heures de pointe !

Le carrefour de la chaussée de Bruxelles.

Lorsque les travaux d'extension de la zone commerciale des Bastions seront terminés (en 2018), on devra faire face à une augmentation de la circulation puisque le nouveau parc commercial comprendra alors 90 cellules. Un plan de transformation de l'accès à Tournai par la chaussée de Bruxelles va donc entrer en vigueur et nécessite, dès à présent, d'importants aménagements. Un problème va se poser en terme de mobilité, il s'agit du carrefour le plus fréquenté, après le rond-point de l'Europe, avec un flux de 28.600 véhicules/jour, très loin devant la Porte Saint-Martin avec ses 17.800 véhicules/jour.

Le chantier va s'étendre du carrefour de la rue de la Lys (boulevard Walter de Marvis) à la rue d'Amour (boulevard des Combattants). Il concernera la modification du carrefour existant à hauteur de la rue de la Lys, celui-ci sera équipé de feux tricolores pour faciliter l'accès à la nouvelle zone commerciale et la rénovation totale du boulevard Walter de Marvis. Il concernera ensuite le carrefour de la chaussée de Bruxelles et nécessitera, durant plusieurs mois, la fermeture de cet axe  à la Porte de Marvis. Comme à l'avenir, il sera interdit d'entrer en ville par le début de la rue de Marvis, dont le dernier tronçon sera mis en sens unique vers la sortie de ville, les véhicules qui souhaitent y entrer seront obligatoirement déviés vers la droite et un rond-point sera aménagé au carrefour avec la rue de la Lys.

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La dernière rénovation du carrefour Marvis datait de 1978 (photo presse locale), il faut lire Nationale 7 !

Ce chantier sera réalisé en une phase continue. Il débutera au printemps de l'année 2017 et durera environ six mois (sans aléas !) mais... comme "chat échaudé craint l'eau", ce délai paraît un peu court pour réaliser ce chantier qui s'étend sur plus d'un kilomètre. Pour cela, il faudra une bonne coordination de toutes les entreprises chargées de poser les impétrants, une disponibilité de nombreux ouvriers présents quotidiennement sur la chantier et aucune interruption dans le déroulement des travaux. Des exemples récents (notamment celui de l'autoroute E42) ont démontré que pour des raisons diverses, les ouvriers étaient parfois absents pendant de nombreux jours. Comme la période des congés d'été se situera également dans le calendrier, l'Optimiste redoute (et il n'est pas le seul) que ce chantier dure un peu (beaucoup) plus longtemps. Les automobilistes qui empruntent ordinairement cet axe pour conduire les enfants à l'école ou pour se rendre au travail seront invités à utiliser des axes parallèles (mais ceux-ci ne sont pas déserts d'ordinaire !).

A la fin des travaux de la zone commerciale, il y aura aussi lieu de réinstaurer la liaison entre le parking et la rue de la Lys, interrompue depuis le début du chantier. 

Gérer le flux de circulation sera un véritable casse-tête pour l'échevin de la Mobilité et pour les responsables de la police chargés de la circulation. Le diriger vers la chaussée de Renaix et la chaussée d'Antoing ne fera qu'amplifier les embouteillages aux Porte de Morelle ou de Valenciennes. Quant à une déviation vers l'avenue de Maire par l'autoroute, elle ne sera possible que si les travaux sont terminés sur cet axe qui contourne la ville. 

La place Verte.

Dans le courant de l'année 2017, d'importants travaux seront également entrepris à la place Verte. Depuis trois ans, régulièrement, l'Optimiste vous informe que la voirie entre la rue de l'Epinette et du Sondart a été extraite à la circulation en raison des dangers d'effondrement d'un égout principal. Le chantier concernera la réparation de cet égout, la pose d'impétrants et la réhabilitation de la chaussée. L'Administration communale a rappelé que la circulation et le stationnement y sont interdits mais de nombreux automobilistes semblent ignorer le danger. Il est pourtant courant sur les sites internet de voir, un peu partout, des véhicules "avalés" par une route dont le sous-sol a été fragilisé ! Un risque que certains n'hésitent pas à prendre afin de bénéficier d'une facilité (!) et d'une gratuité de parking.

La rénovation du plateau de la gare et de la rue Royale.

L’administration communale détient depuis longtemps un projet de réhabilitation du plateau de la gare et de la rue Royale. C'est un pieux souhait de rendre plus convivial et plus attractif cet axe emprunté par les visiteurs venus dans la cité des cinq clochers par le train. Des rumeurs insistantes fixent le début du chantier juste après la fin de celui du Becquerelle dont il formerait une continuité. Celui-ci devrait impacter également une section de la ceinture des boulevards et cette dernière est située à un peu plus d'un kilomètre du carrefour de la chaussée de Bruxelles.

L'élargissement de l'Escaut.

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Le projet suit son cours, on discute et on pinaille encore sur l'aspect à donner au futur Pont des Trous. Comme toujours dans ce genre de débat, on fluctue entre le choix rétrograde pur et dur et le snobisme futuriste. Un juste milieu semblait pourtant avoir été trouvé lors de réunions citoyennes mais ne satisfait pas entièrement les uns et les autres. Il est toujours impossible de récolter une unanimité. Cela ne devrait pourtant pas retarder le début du chantier d'élargissement dont les prévisions, déjà maintes fois modifiées, le fixent dans le courant de l'année 2017.

 

Il faudra également construire un nouveau Pont-à-Pont et cela nécessitera, là aussi, de dévier la circulation. Il ne restera plus que deux ponts disponibles dans le centre-ville : le pont Notre-Dame et le pont de Fer. Ces deux points de passage devront canaliser toute le circulation passant d'une rive à l'autre du fleuve ! Des déviations, il en sera encore question durant les travaux d'élargissement du fleuve dans la section entre le Luchet d'Antoing et le quai Saint-Brice. 

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Déjà en 1963 la presse locale évoquait une possible démolition du Pont-à-Pont avant que n'intervienne, en 1977, la solution de l'alternat préconisée par Raoul Van Spitael. 

 

Utiliser les moyens modernes de transport !

Face à cette situation délirante, l'Optimiste songe sérieusement à acheter un "segway" ou une trottinette électrique et, pour se former à la conduite, il ira demander conseil à un échevin tournaisien, spécialiste de ce genre d'engin.

(sources : "Le Courrier de l'Escaut", édition du 2 novembre - recherches personnelles, photos de la presse locale Courrier et Nord-Eclair, document du Pont des Trous : collection personnelle).

S.T. Novembre 2016. 

 

10/10/2016

Tournai : un point sur les chantiers

Des chantiers aux quatre coins de la ville.

Régulièrement le blog "Visite Virtuelle de Tournai" fait le point sur les chantiers en cours dans la cité des cinq clochers. La dernière mise-à-jour date déjà d'avant les congés.

Les chantiers routiers.

1. Les alentours du CHWApi.

Depuis une semaine, l'important chantier qui impactait, depuis plus d'un an, toutes les voiries situées autour du nouveau centre hospitalier est terminé. Rappelons que celui-ci comprenait la rénovation de la rue Général Piron dans sa section entre la chaussée de Willemeau et la rue des Sports, de cette même rue des Sports, de la rue de la Citadelle dans la section comprise entre la rue des Sports et la rue de Barges et la transformation complète de cette dernière rue. Parallèlement à ces travaux de voirie, un parking destiné aux membres du personnel du CHWApi a été aménagé sur un terrain de la rue Général Piron, à l'angle que celle-ci forme avec le prolongement de la rue de Barges.

Un chantier réserve bien souvent des (mauvaises) surprises, ce fut le cas au niveau de la rue de Barges, lors des travaux de terrassement. Un égout, non repris sur la cartographie du sous-sol, y a été découvert. Les eaux de celui-ci se perdaient soudainement dans le sous-sol et étaient probablement à l'origine des tassements de terrains constatés au niveau de certains immeubles du boulevard du Roi Albert. Il a fallu ouvrir une partie de ce boulevard et du boulevard Lalaing durant plusieurs semaines. Un travail qui a nécessité une déviation des véhicules sur une voie unique, ce qui provoquait quelques problèmes aux heures de pointe. Un "vire à gauche" a été réalisé en haut du boulevard du Roi Albert afin de faciliter l'accès à la rue de Barges désormais régulièrement empruntée par les services de secours se rendant au CHWApi. 

Le visage de ce quartier, jusqu'alors tranquille, a été totalement modifié. Pour les riverains, le stationnement est devenu un véritable casse-tête, ceux-ci ont beau posséder une carte leur permettant de stationner près de chez eux, encore faut-il y trouver un emplacement, ce qui, en raison des voitures ventouses garées durant toute la journée, est devenu manifestement impossible ! Face à cette situation, l'édilité communale a décidé de transformer l'entièreté de ce quartier en zone bleue et faire contrôler le stationnement comme au centre-ville. Il est désormais limité à deux heures. Quotidiennement, le nombre de véhicules stationnés le long des trottoirs de ce quartier rappelle les jours de grands matches de football au stade, aujourd'hui disparu, de l'Union (mais à l'époque, ce n'était qu'une fois par quinzaine !).

Rappelons que l'hôpital possède un parking souterrain dont l'occupation n'a jamais été complète. La première heure y est même gratuite !

2 .Le quartier du Becquerelle.

Les travaux de rénovation du quartier du Becquerelle touchent peu à peu à leur fin. Cet important chantier entrepris au printemps dernier concernait les quais Saint-Brice et Dumon, la place et la rue du Becquerelle.

Le centre de la place a été redessiné, l'arbre qui trônait au milieu d'un petit square a été abattu et la stèle de la statue a été rénovée attendant de recevoir son buste. Actuellement les travaux se concentrent sur le quai Dumon jusqu'à l'angle de la rue Joseph Hoyois.

3. La rue des Jésuites.

Une partie de la rue des Jésuites dans la section comprise entre l'église Saint-Piat et la rue de la Ture a été soustraite à la circulation. On restaure certaines zones pavées en très mauvais état. Le chantier devrait ensuite progresser vers le parc communal. 

Les chantiers immobiliers.

1. La cathédrale Notre-Dame.

Les travaux avancent rapidement profitant certainement des excellentes conditions météorologiques (hiver doux et été très sec). Trois des cinq clochers (Marie, la Treille et Saint-Jean) ont déjà fait l'objet de restauration, on les découvre peu à peu. Les tours "Lanterne" et "Brunin" restent cachées à la vue des promeneurs sous leur protection plastifiée qui permet aux ouvriers de travailler à l'abri des intempéries. Durant le week-end des Fêtes de Tournai, grâce à des démonstrations effectuées sur la place Paul-Emile Janson, les Tournaisiens et les visiteurs ont pu voir à l'oeuvre les couvreurs chargés de la pose de la couverture en tables de plomb et les sculpteurs qui réalisent de nouvelles pierres en remplacement de celles qui sont détériorées. Le public a pu également inscrire son nom sur des rouleaux de papiers qui seront placés entre le charpente et le revêtement. L'Optimiste a participé à cette opération, preuve d'attachement au patrimoine de la cité des cinq clochers.  

2. Les nouvelles résidences

A la rue des Choraux, le gros-oeuvre du projet immobilier concernant la création de quinze appartements de standing et de cinquante places de parking est terminé, la phase de finition comprenant les techniques spéciales est en cours de réalisation. L'ancienne quincaillerie située à l'arrière, sur le Marché au Jambon, a été totalement restaurée en ne conservant que sa façade. Sur le terrain vague qui jouxte ce bâtiment, un nouvel immeuble reprenant le même style de façade a été construit donnant un aspect de continuité à cet ensemble.

A l'angle de la rue de l'Hôpital Notre-Dame et de la rue du Curé Notre-Dame, les travaux de construction d'une résidence de dix appartements de standing ont débuté. Le chantier concerne actuellement les fondations.

Un immeuble de style Louis-Quatorze fait l'objet d'une importante restauration dans de la rue de l'Hôpital Notre-Dame. La rénovation concerne tant l’extérieur que l'intérieur du bâtiment.

Les travaux se poursuivent en ce qui concerne la construction de différentes résidences avec appartements de standing sur l'ancien site des "Erables" au quai des Salines.

L'immeuble de la Vierge Noire à l'angle de la rue de la Tête d'Or et du piétonnier est en cours d'aménagement. On y crée sept lofts qui seront livrés bruts, l'aménagement intérieur se faisant au goût du propriétaire. 

3. Les projets commerciaux en périphérie.

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Le chantier des Bastions génère des murailles de terre et pose des problèmes de stockage de celles-ci.

Depuis quelques mois a débuté l'important chantier de rénovation et d'extension du centre commercial "Les Bastions". Ce projet concerne une rénovation en profondeur des galeries existantes, l'extension du centre commercial sur 16.000 m2, la création d'un parking souterrain d'une surface de 29.000 m2 sur deux niveaux et l' aménagement des abords. 

A Froyennes, la zone commerciale se transforme également. Le projet "Equilis" vient d'être inauguré. L'ancienne zone sur laquelle s'élevait jadis le magasin du groupe Mestdagh a été réaménagée par la construction de surfaces commerciales sur deux niveaux. Prochainement, le nouveau bâtiment accueillant le magasin Décathlon ouvrira ses portes, il se situe entre la station-service et le magasin Carrefour. Le parking de la zone commerciale fait également peau neuve : on y crée une entrée destinée aux voitures et une autre spécifique aux bus, la zone de stationnement sera mise en giratoire et des portiques empêcheront les très nombreux camions d'y entrer. Il faut savoir que ce parking est régulièrement squatté par des transporteurs internationaux qui y passent le week-end.

Une nouvelle zone commerciale est en cours d'aménagement, à la rue de la Borgnette à côté du club de tennis et face au service de Travaux de la Ville. 

Diverses constatations.

Si tous ces chantiers perturbent profondément la vie des habitants de Tournai, il existe un mal plus sournois qui mécontente une partie de la population. On a beau améliorer le cadre de vie, nous vivons une époque de vandales et de voleurs et les dégradations volontaires ne manquent pas. Il y a tout d'abord les tags qui ne représentent pas de l'Art urbain comme certains voudraient nous faire croire mais restent avant tout des gribouillages d'artistes en mal de reconnaissance, d'individus qui n'ont aucun respect pour les propriétés publiques ou privées. A ce sujet, la Ville de Tournai a entamé une procédure de nettoyage systématique de ces incivilités et de poursuite de leurs auteurs. Ces derniers jours, des tagueurs parisiens venus, un jour, exercer leur minable "talent" sur des immeubles de la cité des cinq clochers viennent d'en faire l'amère expérience, ils ont été sommés de rembourser les frais inhérents au nettoyage des endroits qu'ils ont souillés et seront poursuivis en justice en cas de non-paiement. On déplore également la disparition de nombreux éléments constituant le '"fil d'or" placé dans les rues rénovées du quartier cathédral afin de guider les visiteurs et leur indiquer les bâtiments remarquables. Une surveillance citoyenne des "voleurs de métaux" s'impose ! Les citoyens regrettent également la dégradation du mobilier urbain qui est parfois démoli, à peine posé, oeuvre de oisifs qui ne savent comment occuper leur "temps libre".  

photos : R. Rauwers.

S.T. octobre 2016.

08/04/2015

Tournai : les maisons de commerce disparues !

Lors d'un article récent, j'ai abordé la crainte affichée par l'Association des commerçants tournaisiens face à l'extension du complexe commercial des Bastions situé le long du boulevard Walter de Marvis. Le doublement des surfaces commerciales et l'arrivée de nouvelles enseignes auront-ils un effet néfaste sur un commerce local, peu florissant en ce moment en raison de la crise et des chantiers du centre-ville qui s'éternisent ?

Le nombre de cellules commerciales vides semble, hélas, leur donner raison. Ainsi rien que dans la rue Gallait, trois magasins voisins ont déjà fermé ou vont fermer prochainement leurs portes (MS-Mode, Phildar et Eros) tandis que plus loin, la vitrine du "Love me Tender" affiche encore les décors de Noël peints par un artiste pour rendre la rue moins triste en cette période de fêtes. Le phénomène est le même dans les rues du Curé Notre-Dame (où Gérard Depardieu semble avoir renoncé à ouvrir sa vinothèque), de l'Yser ou des Chapeliers, rues commerçantes par excellence.

Le blog "Visite Virtuelle de Tournai" a pour vocation de raconter la cité des cinq clochers au travers de l'Histoire, des grands et petits événements qui ont marqué les différentes époques de cette ville comptant parmi les plus anciennes de Belgique avec Arlon et Tongres. Il dresse le portrait de citoyens connus contemporains ou disparus, il fait vivre son patois et évoque l'actualité.

La disparition des magasins est-elle un phénomène récent ?

La nature humaine semble ne retenir que les faits du présent et il est vrai qu'actuellement, lors de chaque promenade à Tournai, force nous est de constater la disparition rapide d'enseignes commerciales. Toutefois, il y a aussi la création de quelques nouveaux commerces sans pour autant que ce soient ces éternels magasins de nuit ne proposant qu'alcool, cigarettes, tabac et cartes de téléphone.

L'étude à laquelle je me suis adonné va probablement paraître intimiste et ne rappeler des souvenirs qu'aux plus vieux Tournaisiens, c'est cela aussi le but de ce blog, remémorer des lieux disparus.

Si on veut dresser un bilan des disparitions de magasins ou de maisons bien connues à Tournai, il ne nous faut pas remonter jusqu'à Mathusalem, mais s'arrêter aux cinquante dernières années. On serait surpris du résultat !

Magasins disparus (depuis 1965).

Dans le secteur vestimentaire :

Adria (rue de l'Hôpital Notre-Dame), A la Bonne Fermière (rue des Puits l'Eau), A la Bourse (Grand-Place), A la Diva (rue Royale), A Paris-Mode (rue de la Cordonnerie), Au Canadien Nylon (rue Tête d'Argent)? Au Coin de Paris, Maison Vitos (rue de Courtrai), Aux Milvêtements (rue du Curé Notre-Dame), Au Renard Bleu (angle de la rue Saint-Martin et de la rue du Parc), Auteuil Couture (rue de Courtrai), Au Soldeur (rue des Puits l'Eau), Babyshop (rue du Curé Notre-Dame), Baprix (rue du Curé Notre-Dame), De Meire (rue de l'Yser), Dhondt-Van Peteghem (rue du Cygne), Exclusif (Grand-Place), Favril (rue des Chapeliers), Haute Couture Sélection (rue Royale), Ganterie Chemiserie Bruxelloise (rue de l'Yser), Hit Boutique (Grand-Place) Impersport (rue des Chapeliers), Inedit Couture (Grand-Place), La Chemiserie Eton (rue de l'Yser), La Corsetière Madame Glorieux (rue Gallait), La Maison Amelinck-Lenoir (Grand-Place), La Maison du Bas (place de l'Evêché), Le Palais de l'Enfant (rue de Courtrai), Le Palais des Enfants Mme Picq (Vieux Marché aux Poteries), la Maison Courtois (rue Gallait), La Maison Decocq (rue de la Cordonnerie), la Maison Defontaine (rue de l'Hôpital Notre-Dame), La Maison Jules (rue des Chapeliers), La Maison Muyle (rue des Puits l'Eau), La Maison Vilain-Durieux (rue des Puits l'Eau), la Maison Waterproof-Scheefhals (Quatre Coins Saint-Jacques), le Magasin Français (rue des Puits l'Eau), le tailleur Meurant (angle de la rue Soil de Moriamé et de la place Paul Emile Janson), les Magasins Réunis (rue Royale), Madame Herman (rue de Pont), Les Tissus Ryckaert (rue de l'Yser), Les Tissus Vervietois (rue Royale), Lindor (rue de Courtrai), Lintex (rue Royale), Luxeuil (Grand-Place), Marvan (rue de Pont et ensuite rue de la Wallonie), Pacherchic (rue Royale), Printania (rue de Courtrai), Pour Elle (rue Saint-Martin) Toufait (rue des Chapeliers)...

Les chaussures :

A la Mule du Pape (rue du Cygne), Alki (Grand-Place), Alva (rue de la Cordonnerie), Coisne (rue du Cygne), les Aubaines Coisne (rue de Courtrai), Les Chaussures Pavot (rue de la Tête d'Or), Chauss-Beau (rue Royale), les chaussures Delmée, Des-Bo (place Saint-Pierre), Daniel Bouchery chausseur (place Verte), Izegem Shoe Maison Driesens (rue de la Wallonie), La Maison Delvalle (rue du Chambge), Le cordonnier Louis Ducoulombier (place de Lille), la Maison Degobert (place de Lille), La Maison Dumoulin-Gillart (place Saint-Pierre), Nef (rue de Courtrai), Tivoli Boutique (rue des Chapeliers), Tivoli Galerie (rue de l'Yser), Tournai-Smel (quai du Marché aux Poissons), les chaussures Henry (rue des Chapeliers)....

Ces deux longues listes, non exhaustives, un peu fastidieuses à lire pour un lecteur étranger à la ville ne sont qu'un pâle reflet de ce que fut la disparition de commerces depuis 1965. Il en est de même pour les magasins de proximité : les boulangeries (trois dans la seule rue Saint-Martin), boucheries (plus d'une douzaine dans l'intra-muros), les poissonneries, (il n'y en a plus qu'une le long du quai du Marché aux Poissons), les crèmeries.

Des commerces plus spécifiques ont connu la même tendance : les magasins de jouets (Monnier à la rue Saint-Martin, Ménart à la rue des Chapeliers, Christiansen à la rue Royale), les drogueries (Waroquier à la rue de Pont, le Crocodile à la rue des Maux, Raverdy à la place Saint-Pierre, Mercier, A la ruche d'Or à la rue Royale...), les maroquineries (Delobbe à la rue des Chapeliers, Bagatelle à la rue de Pont, Favot à la rue de l'Yser), les chapelleries (Lecat à la Grand-Place, Lucas à la rue de Pont, Au Chapeau de Paris à la rue de la Madeleine...), les lustreries, les "poëleries" (Delcourt à la rue des Fossés, Holvoet à la rue Morel, Bayet à la rue de l'Yser, Wilfart rue du Curé Notre-Dame...), les merceries (Lefebvre-Leroy à la rue de Pont, Delwarde à la Grand-Place), les papeteries (Masse Fourez à la rue des Chapeliers, Lienard-Pottiez à la rue de Pont, Bouret à la rue de la Cordonnerie, Lesage au quai Saint-Brice, Michenaud à la rue Joseph Hoyois), les magasins meubles (Au Bon Marché à la rue Saint-Piat, Scholaert au pont Morel, les Meubles Ronse, les Meubles Lefebvre et Imexcotra à la rue Saint-Martin, Meuble-Centre à la rue du Curé Notre-Dame, EM Décor et Meurop à la rue de Pont, la Maison de Zutter à la rue de la Tête d'Or, Toubois à la rue du Cygne, la Galerie Saint-Jacques, rue des Maux, ...), d'électro-ménagers, téléviseurs (Le Coin Becquerelle, Delannay à la rue de Pont,  Blondez à la rue du Cygne, Futura Grundig à la rue de la Cordonnerie, Clinic-Radio à la rue de Courtrai, La Maison Duhaubois à la Grand-Place, les Ets Merchez à la rue Royale, Modern-Radio Snoeck à la rue Tête d'Argent, Electrolux à la rue de Courtrai, Ets Omer Fontaine à la rue des Jardins, les Ets Ch. Vandeputte à la place Crombez, les Ets Ervin-Olivier à la rue Saint-Piat), de cadeaux (Lecrénier à la rue des Chapeliers, la Maison Belin à la rue Royale, la Galerie Coquereau à la rue des Puits Wagnon,), d'instruments de musique (Smets à la rue Royale, J. Kerkhofs à la rue du Cygne) les teintureries (Nett-Eclair à la rue Royale et Godet rue du Bourdon Saint Jacques) et tant d'autres...

Les portraitistes Sam (rue des Maux), Jean-Pierre (rue de la Wallonie), Jules Messiaen (rue Royale), Séverin Messiaen (rue Saint-Martin)... ont rangé leur matériel de photographie ? Le numérique ayant eu raison de leur savoir-faire et de leur art !

De grandes maisons, véritables institutions tournaisiennes, ont fermé leurs portes : la Coopérative l'Avenir, les Tapis Leveugle, les magasins Sarma et Unic, les sièges régionaux des grandes banques (suite aux différentes fusions intervenues à la Banque de Bruxelles, à la Société Générale de Banque et à la banque Nationale), la Moutarderie Vilain, les Pronostics Prior, la Brasserie du Lion, l'Union des Coopérateurs du Tournaisis en abrégé U.C.T...

Lorsqu'on se promène par les rues de la ville, on découvre désormais beaucoup plus de restaurants qu'il y a cinquante ans. A cette époque, la Maison Prandini (rue des Corriers), le Charles-Quint (Grand-Place), l'Ecu de France (Grand-Place), le Trou Normand (Grand-Place), les Neuf Provinces (place Crombez) ou le Grand Hôtel de la Cathédrale (place Paul Emile Janson), tous disparus, étaient les adresses les plus régulièrement fréquentées par la bourgeoisie tournaisienne. Aujourd'hui, outre la gastronomie française, on trouve le choix entre des restaurants italiens, espagnols, turcs, asiatiques, maghrébins, japonais, des pizzerias, des kebab ou des lieux de restauration rapide, ces "fast-food" qui se sont multipliés au cours de ces dernières décennies, autres temps, autres goûts ! 

On peut très certainement attribuer la disparition des commerces du secteur de l'alimentation à la multiplication des grandes surfaces en périphérie parce que tout se trouve dans le même magasin et il n'y a surtout aucun stress concernant la recherche d'un endroit de stationnement ou pour le temps passé au magasin. Dans l'intra-muros, l'horodateur ou les contrôleurs de City-Parking sont devenus de véritables générateurs de stress pour l'acheteur qui doit faire la file dans un magasin ! On peut aussi attribuer le succès des chaînes commerciales à la flexibilité des horaires dont elles font preuve et qui permet aux personnes qui travaillent d'encore pouvoir effectuer leurs commissions en soirée.

En ville, c'est à l'apparition de nouveaux magasins à laquelle on assiste désormais depuis quelques années, mentalité de notre époque oblige, celle des agences de voyages, immobilières ou d'intérims.

Les cellules vides quant à elles se transforment, de plus en plus souvent, en éphémères "magasins de nuit" tenus parfois par des personnes en situation irrégulière, lieu parfois de rassemblement d'individus désœuvrés, inconsciemment responsables d'un sentiment d'insécurité parmi la population tournaisienne et notamment les personnes plus âgées. Parfois, elles mutent temporairement en simples vitrines de promotion pour un magasin du quartier .

Pour conclure, il eut été plus facile pour moi de rechercher les maisons qui existaient déjà en 1965 et qui ont encore pignon sur rue en cette année 2015 (il y a en encore) mais là, ce n'aurait plus été un article "historique" mais un article publicitaire non autorisé par la charte de la plate-forme qui héberge mon blog.

Le secteur "Horeca" sera-t-il uniquement l'avenir du centre-ville ?

S.T. avril 2015. 

24/03/2015

Tournai : du changement dans les prochaines semaines.

Une ville qui vit ou... qui veut encore vivre !

Sans que cela fasse l'objet de reportages réguliers sur les chaînes des télévisions belges (la RTBf et surtout RTL-TVI) - bien plus enclines pour leurs sujets d'actualité à se déplacer à Liège  Namur, Charleroi ou Mons - depuis plus d'une décennie, la ville de Tournai se transforme et s'embellit. Lors de leurs promenades, les Tournaisiens risquent de rencontrer plus souvent les caméras de TF1 et de France 3 dans les rues de la ville pour la réalisation de reportages touristiques que les voitures aux couleurs de la télévision commerciale belge qui se déplace uniquement pour des sujets graves comme... les frasques de"Dodo la Saumure"!

Des commerçants inquiets pour leur avenir.

Soucieux de vérité, précisons de suite, que la très longue phase de rénovation urbaine est mal ressentie par une large partie des habitants et par presque tous les commerçants situés dans l'intra-muros. Seul, le secteur "Horéca" tire encore momentanément son épingle du jeu, les autres propriétaires de boutiques se morfondant en attendant un hypothétique retour de la clientèle.

Des actions ont été annoncées, récemment, par l'échevine du commerce pour redynamiser celui du centre-ville, c'est absolument nécessaire à l'heure où le regard des commerçants tournaisiens se tourne, avec un certaine inquiétude, vers l'extension du centre commercial des "Bastions" dont les travaux ont débuté ce lundi 23 mars.

Un géant qui fait peur !

Dans le faubourg Est de Tournai, à l'horizon 2018, les 18.500 m2 actuels de surfaces commerciales passeront à 43.000 m2 et le centre regroupera une centaine d'enseignes en lieu et place de la quarantaine actuelle. L'implantation d'immenses zones commerciales dans la périphérie des villes n'est pas un phénomène récent et n'est certainement pas l'apanage de la seule ville de Tournai. On pourrait même dire que ce qui ne serait pas construit à Tournai, le serait immanquablement ailleurs. Ce chantier, par son importance et sa durée (trois ans), va générer de nombreux emplois directs et indirects et, une fois terminé, il offrira également environ 150 emplois permanents supplémentaires. Un effort non négligeable à l'heure où le chômage, des jeunes notamment, n'a jamais été aussi important dans notre région.

Pour accueillir le chaland, plus de 2.000 emplacements de parking seront disponibles (1.091 en souterrain et 904 en surface). C'est un peu plus de 25% de l'offre en centre-ville (qui se réduit peu à peu) et c'est surtout un stationnement gratuit et d'une durée non limitée dans le temps.

En ce moment, deux camps se dessinent : celui des "optimistes" parmi lesquels on retrouve nos décideurs politiques qui voient là une occasion d'amener la clientèle à Tournai grâce aux grandes enseignes qui, de toutes façons, ne se seraient pas installées, par manque de place, au centre-ville et celle des "pessimistes" qui regroupent les tenanciers de petits commerces qui voient un détournement de clientèle de la ville vers la périphérie. Si les acheteurs trouvent tout ce dont ils ont envie à l'extérieur, à part visiter la ville, quelle sera leur motivation pour faire du lèche-vitrine ! Les commerces du centre ne se résumeront-ils pas, à l'avenir, à des cafés, des restaurants, salons de thé ou snacks, à des magasins spécifiques de souvenirs ou d'artisans présentant des spécialités locales (boulangers, bouchers, traiteurs ou chocolateries) ! 

Comment revitaliser le centre-ville ?

Le but est d'amener au centre-ville, ces milliers de personnes qui se presseront dans la zone commerciale, comme le déclarait le bourgmestre sur l'antenne de No Télé, pour cela ne faudra-t-il pas prévoir une navette régulière (et gratuite) les incitant à venir visiter le riche patrimoine tournaisien.

Le nouveau plan qui entrera en vigueur le 1er avril prévoit de réglementer le stationnement dans toutes les rues situées à l'intérieur des boulevards périphériques, de ramener, partout, le temps autorisé avec disque à deux heures et de maintenir le stationnement payant dans l'hyper-centre. De même, le papillon qui sera déposé sur le pare-brise d'un automobiliste ayant négligé de retirer son ticket à l'horodateur ou de mettre son disque passera à 15 euros la demi-journée, coût d'une journée précédemment. En contrepartie, des cartes pour riverains, pour travailleurs et même pour certains étudiants, de plus de dix-huit ans, seront accessibles moyennant le paiement d'une redevance, des personnes qui pourront ainsi rester stationner au même endroit durant une longue durée, à condition de trouver une place libre près de chez eux ou près de leur lieu de travail !

Beaucoup sont d'avis (et l'Optimiste le partage) que cela ne va rien changer par rapport à la situation qui prévaut actuellement. Le plan de stationnement a été mis en œuvre, il y a quelques années, par l'échevin de l'époque, Michel Leclercq, dans le but avoué de forcer une rotation des véhicules permettant ainsi de toujours trouver des emplacements disponibles pour les clients des commerces. Cela s'est avéré totalement erroné dans la pratique, les voitures ventouses sont toujours omniprésentes et les chasser relève de l'exploit. La bonne idée de départ s'est tout simplement transformée en un "petit cochon-tirelire" pour la commune de plus en plus désargentée. Une bonne nouvelle est néanmoins apportée : la gratuité du samedi après-midi comme cela se faisait dans d'autres villes depuis toujours (Lille notamment) ! 

Autre aspect de la gestion communale qui amène de nombreuses réflexions (souvent négatives), le plan de mobilité communal. Résumons ce que nous avons entendu à ce sujet:  

"le futur plan de mobilité dont un des buts est d'empêcher la circulation de transit et de détourner ces automobilistes par les boulevards de ceinture va nuire au commerce local. De nombreux visiteurs qui sont également de nombreux acheteurs potentiels qui auraient pu découvrir la ville et avoir envie d'y revenir plus longuement seront ainsi détournés et iront voir ailleurs, là où ils se sentiront mieux accueillis ou moins rejetés !".

Je partage, en partie, cette remarque, elle concerne surtout les personnes étrangères qui voudraient traverser la ville afin de découvrir un lieu qu'elles ne connaissent pas ou peu. Par contre, les automobilistes locaux qui viennent, par exemple, de la chaussée de Lille pour se rendre directement à la chaussée de Bruxelles, de Renaix ou d'Audenarde réduiraient sérieusement les bouchons en empruntant les boulevards. Hélas, comment faire le tri entre ces différents types de "transit" !

Gérer un problème (stationnement et mobilité en sont indéniablement deux présents à Tournai), c'est se poser tout d'abord les bonnes questions, c'est émettre des solutions et étudier toutes les implications de celles-ci, malheureusement, c'est souvent là que le bât blesse chez les sociétés chargées des études : on répond à une demande sans se tracasser du reste !

L'avenir ?

Une étape importante dans l'amélioration des conditions de survie de nos commerçants sera la fin de ces longs travaux mais, ce n'est pas pour demain la veille, car il reste à :

- rénover la rue du Curé Notre-Dame et le Marché au Jambon (en mai paraît-il),

- à placer le mobilier urbain et l'éclairage public, à revoir le problème posé par le "fil d'or", à tracer certaines zones de stationnement (quand ?),

- à reconstruire des immeubles à l'emplacement des chancres que sont devenus le cinéma Palace et l'ancien immeuble du Courrier de l'Escaut (un promoteur est intéressé, un autre est depuis longtemps désigné !),

- à rénover la ruelle d'Ennetières, le Chevet Saint-Pierre, la rue Poissonnière, à construire un plateau face à l'ancien hôtel des pompiers et à refaire la place Saint-Pierre (les travaux ont débuté et vont durer jusqu'en automne),

- à rénover des façades d'immeubles typiques du Bas-quartier (les containers de chantier viennent d'être placés à la rue des Puits l'Eau)

- à terminer le chantier du conservatoire (le chantier en cours devrait se terminer à la fin de l'année),

- à réaliser le nouveau plateau de la gare (les travaux devraient débuter en avril),

- à rénover la place Verte dont une partie est interdite à la circulation depuis plus de deux ans,

- à terminer l'immense chantier de la cathédrale Notre-Dame (débuté en 2002 par la stabilisation de la tour Brunain et dont on n'a pas d'échéance pour l'achèvement).

La plupart de ces travaux achevés, on évoquera alors le remplacement du Pont à Ponts,  l'élargissement de l'Escaut, la transformation du Pont des Trous, la rénovation du Becquerelle et du quai Dumon (tout cela débuterai en 2016)...

Il faudra vivre vieux pour voir la fin des chantiers à Tournai et enfin pouvoir contempler le visage qu'on veut donner à la cité !

S.T. mars 2015.

10:54 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, commerce, bastions, stationnement, mobilité |