02/07/2007

Tournai : le faubourg de Lille (2)

Après avoir survolé l'histoire du faubourg de Lille, nous partons aujourd'hui à sa découverte. Au-delà de la plaine des Manoeuvres, entre chaussées de Douai et de Lille, les rues de la Prévoyance et de la Culture sont principalement constituées de maisons d'habitations. Dans la rue de la Culture existaient les usines textiles Philippart avant que celles-ci n'émigrent vers Ere, l'institut technique Don Bosco occupe maintenant les bâtiments en extension de ceux du boulevard Léopold.

La rue Charles Mauroy qui relie les rues de la Culture et Barthélémy Frison a été ainsi appelée en hommage à ce magistrat né à Quevaucamps en 1920 et décédé à Tourpes en 1976. Docteur en droit de l'Université libre de Bruxelles, avocat à la cour d'appel de la capitale, il arrive à Tournai en 1927 où il exercera les fonctions de substitut au parquet, de juge au Tribunal de première instance et de juge d'instruction de 1931 à 1937. On le retrouve ensuite, à sa demande, juge de paix pour les cantons de Tournai et de Celles. Durant la guerre, il sera désigné le 28 mai 1940, par les Allemands, pour exercer la fonction de bourgmestre jusqu'à son remplacement un mois plus tard par Louis Casterman. Président de la Croix-Rouge, il deviendra également procureur du Roi en 1946 jusqu'à son admission à la retraite en 1970.

La rue Barthélémy Frison tient son nom de ce sculpteur tournaisien né en 1816 et décédé à Paris en 1877. Elève de Paul Dumortier à l'académie de dessin, il émigre ensuite à Paris dans l'atelier de Ramey et de Dumont. La ville de Paris lui confia la décoration de la place Napoléon, devenue ensuite place du Louvre. il est aussi le père de deux des hurlus du beffroi de sa ville natale. Une grande partie de la rue Barthélémy Frison est occupée par les bâtiments de l'ancienne imprimerie Desclée-de Brouwer. La famille Desclée (qui prit le nom de Desclée de Maredsous lorsque ses membres furent anoblis par le roi Albert en 1914) très connue à Tournai, avait fondé cette imprimerie au XIXème siècle. En 1920, après la destruction de leurs locaux de l'avenue de Maire par un officier allemand, la veille de l'armistice de 1918, les frères Vincent et Gérard Desclée achètèrent des terrains situés derrière la plaine et y construisirent les importants ateliers qui s'y trouvent toujours. Spécialisé à l'origine dans le livre d'Art et religieux, l'entreprise évoluera vers le livre profane par la création des éditions Gamma en 1964 et en 1970 prendra le nom de GEDIT (Générale Edition Diffusion Imprimerie Tournai). A partir de l'année 1990, elle sera connue sous le nom d'Imprimerie Campin avant de fermer ces portes en 2008.

Derrière l'imprimerie, longeant la plaine des Manoeuvres, l'ITMA (Institut Technique des Métiers de l'Alimentation) dont la réputation a dépassé nos frontières, prépare les jeunes, en grande partie issus de France, aux carrières dans l'Horéca. Chaque année, ses élèves remportent de nombreux prix lors de concours organisés en présence de chefs prestigieux.

La rue Bonne Maison rappelle la présence de la Maladrerie du Val d'Orcq aussi appelée Bonne Maison du Val.

Evoquons enfin la rue du Tir à la Cible qui mène comme son nom l'indique à un stand de tir couvert, domaine militaire où des générations de miliciens se sont exercés au maniement des armes. Il est aussi devenu le local d'un cercle de tir dénommé les "Vieux Fusils", fréquenté par des amateurs d'armes anciennes qui se réunissent régulièrement pour faire parler la poudre.

(sources : G. Lefebvre "Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" et recherches personnelle).