17/04/2011

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (5)

Penchons nous, aujourd'hui, sur les noms de rues qui rappellent le souvenir d'hommes politiques tournaisiens.

A proximité de la gare, la place Crombez est le point de départ de grandes avenues que sont les rues Royale, Childéric et de l'Athénée. Des artères percées à la fin du XIXe siècle, dans le style parisien d'Haussman, lors de la construction de la nouvelle gare de Tournai. Plusieurs personnalités connues dans la cité des cinq clochers répondent à ce patronyme.

Henry, né en 1893 à Lombarsijde, est issu d'une famille de la bourgeoisie tournaisienne. Aviateur, il participa au Tour de Belgique aérien en 1911 et se classa troisième de la coupe Gordon-Bennet en 1913. Il décéda à Bruxelles le 28 janvier 1960.

Benjamin, né en 1832, fut un disciple du ministre libéral de l'époque, Jules Bara et l'un des protecteurs des écoles laïques et professionnelles. Mécène, il destina une partie de ses revenus à des oeuvres de charité, aux colonies de vacances et à la diffusion de la Libre pensée. Il intervint financièrement pour l'agrandissement de la scène du Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. On retiendra aussi de lui qu'il fut à l'origine de la station balnéaire de Nieuport-Bains, citée qui devint le lieu de rendez-vous des musiciens, chanteurs, chorégraphes... Gounod y fit même sa résidence préférée.

Toutefois, le nom de place Crombez donné à l'espace devant la gare où se tient le samedi matin les marchés aux légumes, fruits et volailles commémore le souvenir de ce député libéral de Tournai, né en 1818, Vice-Président de la Chambre de 1865 à 1870, Bourgmestre de la cité de 1872 à 1883. A cette époque, il mena à bien le travail de démantèlement de la Citadelle et la fin de chantier de la construction de la nouvelle gare, érigée sur des plans de d'Henri Beyaert, architecte courtraisien. Il fit don de l'hôtel familial situé à la rue de l'Hôpital Notre-Dame pour y établir le corps des volontaires-pompiers. Il est mort dans sa résidence de Vendeuvres en Bresne (F) le 7 mars 1895.

Sur la place Crombez s'élève la statue de l'homme politique libéral Jules Bara. Le boulevard Bara se trouve à l'opposé de la gare, entre la rue saint-Martin et la place de Lille, face à la plaine des Manoeuvres aujourd'hui appelée Esplanade du Conseil de l'Europe. Jules Bara est né à Tournai, le 23 août 1838. Fils de médecin et petit-fils d'un chirurgien par le côté maternel, après des études secondaires à l'Athénée Royal de Tournai, il sera docteur en droit, docteur en sciences politiques et administratives de l'Université libre de Bruxelles. Ministre de la Justice de 1865 à 1870 et de 1878 à 1884, il sera fait Ministre d'Etat pour les services rendus. Il décèdera en 1900 à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles). Près de la gare du Midi (Bruxelles-Sud), dans la commune d'Anderlecht, on trouve une autre rue Bara rappelant son souvenir.

Pas très loin de la place Crombez se situe la place Victor Carbonnelle, auparavant dénommée place de l'Entrepôt. Ce tournaisien, né en 1840, se lancera dans la politique. Bien qu'issu d'une famille catholique à la tête d'une brasserie-distillerie située le long de l'Escaut à Kain, c'est sur la liste libérale qu'il sera élu conseiller communal en 1868, à l'âge de 28 ans. Echevin de l'Instruction Publique de 1870 à 1875 et de l'Etat Civil à partir de 1878, il deviendra Bourgmestre de la ville en 1883 et assumera le mandat jusqu'en 1907. Succédant à Louis Crombez, il terminera les travaux de la gare et la création du nouveau quartier qui lui fait face. On lui doit également, entre-autres, les deux bassins avec jets d'eau, construits à ses frais, pour une somme de 12.500 francs-or, dans le parc communal face à la place Reine Astrid. A la place Victor Carbonnelle, plus précisément au numéro 5, on découvre une maison de style "Art-Nouveau", construite au début d'un XXe siècle par un bijoutier allemand du nom de Valentin Hoër et rénovée totalement, il y a une quinzaine d'années. Cette réalisation a été primée par l'asbl Pasquier Grenier en 2001.

Enfin dans le même quartier, on découvre  la rue Henri Paris qui relie la place Crombez au square sur lequel s'élève la Tour Henri VIII (ou "grosse tour" comme on la définit à Tournai). Ce Tournaisien est né le 1er avril 1793 et mort en 1885. Elève des écoles militaires de la Flèche et de Saint Germain, il obtint son brevet de sous-lieutenant au 7e Hussards mais abandonna la vie militaire au lendemain de la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815. Revenu dans sa ville natale, il y devint lieutenant-adjudant de la garde bourgeoise. On le retrouve à la tête des volontaires tournaisiens qui apportèrent leur concours à l'indépendance de la Belgique en septembre 1830. Sa mère étant établie au château du Biez, en 1831, il devint bourgmestre de Pecq, important village situé à 10 kilomètres à peine de la cité des cinq clochers, il le restera jusqu'en 1866. A Tournai, on lui doit la création de l'école d'arboriculture. En plus d'une rue à son nom, l'administration communale a donné son nom à une école primaire de l'enseignement communal située à la rue du Sondart.

(sources : "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefevre, ouvrage paru en 1990).

 

18:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, crombez, carbonnelle, bara, paris |