18/02/2013

Tournai : quartier du Château ou Saint-Nicolas (2)

Nous poursuivons notre visite dans le quartier du Château.

Les premières transformations.

Construit sous Louis XIV, l'arsenal s'élevait au bout du quai qui a longtemps porté son nom, au lieu dit "bout du Zart", entre Escaut et rempart. Sa dernière occupation le fut par les troupes hollandaises au début du XIXe siècle. En 1832, le bâtiment fut reconverti en bureau des douanes et accises, par la suite intégré à l'abattoir avant d'être démoli vers 1840 pour faire place à la gare. 

Inaugurés en 1835, les abattoirs communaux étaient situés sur l'emplacement d'une ancienne blanchisserie à la rue de la Planche. Modernisés au XXe siècle, ils sont restés à cet emplacement jusque dans le milieu des années septante avant leur transfert sur des terrains entre l'avenue de Maire et l'Escaut, sur la rive gauche. Paradoxe, m'étant rendu à la maternité Notre-Dame voisine (celle-ci a d'ailleurs intégré et restauré un des bâtiments de l'ancien abattoir pour en faire ses cuisines, sa salle polyvalente et son restaurant, l'été lorsque les fenêtres étaient ouvertes, on pouvait distinctement entendre les derniers cris des animaux qu'on allait abattre se mêlant aux vagissements des enfants qui venaient de naître. Situation qui fut heureusement temporaire pour les âmes sensibles. 

Erigée peu après 1840, la première gare de Tournai se situait sur le quai de l'Arsenal. il s'agissait d'une gare dite à rebroussement, disparue en 1888 suite à la mise en service de l'actuelle gare de passage, elle occupait l'espace entre le Pont des Trous et l'actuel Pont de Fer. 

Une gravure peinte par Bozière dans le courant du XIXe siècle montre l'existence d'un estaminet à l'enseigne "Au Petit Château", juste au pied de l'église Saint-Nicolas, à l'emplacement de l'actuel jardin qui fait l'angle de la rue du Château et de la rue du Curé du Château. 

Dans la rue du Château se trouvait jadis, le home Sainte-Anne accueillant des personnes âgées, l'institution a fermé ses portes, à la fin des années quatre-vingt, le bâtiment repris par le Centre Public d'Aide Sociale (CPAS) permet désormais de donner un toit à des personnes démunies.

Que deviendra la Tour Henri VIII ? 

Ayant abrité le musée des armes avant son transfert, il y a quelques années, dans des locaux plus spacieux à la rue Roc Saint-Nicaise, le Tour Henri VIII semble désormais à l'abandon. Cédée pour l'euro symbolique a un promoteur chargé de la restaurer, elle s'est vue cerclée d'un échafaudage et recouverte d'un dome plastifié. Des ouvriers ont commencé à enlever la couverture herbeuse qui entourait la terrasse d'observation à son sommet. Et puis, les travaux ont été abandonnés, la tempête a soufflé et le dome a été emporté, la "grosse tour" semble désormais laissé à son triste sort. On avait évoqué pour elle un lieu d'accueil pour les nombreux touristes britanniques qui visitent chaque année la cité des cinq clochers, on a dit tant de choses mais la réalité est que le dernier vestige de la citadelle d'Henri VIII ne semble plus préoccuper grand monde, autre élément du patrimoine tournaisien, comme le sont aussi le conservatoire de musique, la Maison des Anciens Prêtres ou l'église Sainte-Marie Madeleine, laissé en l'état, offert aux outrages du temps qu'il fait ou qui passe !

 

Ils y ont habité.

Sur le quai de l'Arsenal (actuel quai Sakharov) demeurait Adrien Alexandre Marie Hoverlant, né à Tournai, le 9 mars 1758 et y décédé le 10 septembre 1840. Avocat et juge de paix, il est connu pour l'énorme ouvrage qu'il a légué intitulé "Essai chronologique pour servir à l'histoire de Tournai",  de Jules césar au XVIIIe siècle, pas moins de 114 volumes et 3 volumes de tables et atlas in folio dont la rédaction lui pris cinquante-deux années. on lui doit égalment "Mémoires sur l'état de servitude au royaume des Pays-Bas", un ouvrage en deux volumes et d'autres études un peu moins connues. Adrien Hoverlant possédait une bibliothèque personnelle d'une telle ampleur qu'il fallut pas moins de quinze jours pour réaliser sa vente complète. 

Paul Clerbaux (1879-1960), architecte, demeurait au 14 de la place Victor Carbonnelle. Il fut responsable de la construction du couvent de Passy à Ramegnies-Chin (devenu l'école Saint-Luc) et auteur des écoles Saint-Brice, Notre-Dame Auxiliatrice, de l'hôpital d'Ath, des églises de Néchin, Hollain, Jollain, Pottes, d'une clinique à Mons et de la façade de l'immeuble du journal "Le Courrier de l'Escaut". Il fut également conseiller communal de 1921 à 1938 et échevin des Beaux-Arts de 1927 à 1932, Président de la Société d'Architecture de Belgique et Président du comité provincial des membres correspondants de la Commission Royale des Monuments et des Sites.

Robert Boucart (19.6.1924-18.6.2011), Ingénieur commercial Solvay-ULB, demeurait à l'avenue Leray. Professeur de sciences économiques à l'Athénée Royal de Tournai, il fut également Commissaire du gouvernement honoraire des universités de Mons, Fucam et Gembloux. Venu en politique sur un tard au sein du parti libéral, il fut échevin des Sports, premier échevin et échevin des Finances de la Ville de Tournai. Sportif, passionné de tennis et de hockey, il fut également nommé, en 1978, Président du Royal Tennis Club Tournaisien. 

Habitat, écoles et bureaux se partagent l'espace.

Dans le quartier du Château, on trouve indifférement des hôtels de maître, des maisons bourgeoises, des immeubles Art Déco et des résidences modernes qui côtoient des bâtiments scolaires comme le lycée Campin, l'école Saint-André, l'école Saint-Nicolas et les écoles primaires communales dites du Château et de Paris ou des immeubles à usage de bureaux. 

C'est au n°5 de la place Victor Carbonnelle qu'on découvre une magnifique maison Art Déco, extrêmement bien restaurée à la fin des années nonante par son propriétaire, l'architecte Walter Devaux (1912-2008). Elle fut construite par l'architecte Georges de Porre (Gand 1859-Tournai 1926), conseillé par l'archéologue Paul Rolland, pour un dénommé Valentin Hoër, bijoutier allemand, dans le courant des premières années du XXe siècle. Menuiseries aux courbes élégantes, sgraffites, pierres travaillées, l'immeuble est un exemple de cet art qui envahit le domaine de la construction à l'aube des années 1900. Cette rénovation a obtenu le prix décerné par l'asbl Pasquier Grenier en 2000.

Si on excepte un cyber-café à l'angle des rues du Château et du Rempart et une sanswicherie à l'angle des reus du Château et Delmée, il n'y a pas de petits commerces dans cette partie de la ville.

Un bâtiment qui éveille des souvenirs

Jadis se trouvait à la rue du Rempart un magasin bien connu des Tournaisiens, la "Coopérative l'Avenir". De l'alimentation à la lingerie en passant par la droguerie et autres articles, c'était l'ancêtre de nos grandes surfaces actuelles. Les clients coopérateurs recevaient, chaque année, une ristourne en fonction du montant des achats effectués. On y venait parfois de loin et la Coopérative livrait même à domicile. Hélas, les années soixante allaient être fatales à cette vénérable institution commerciale, l'ouverture du Grand Bazar au centre ville venu s'ajouter aux moyennes surfaces qu'étaient Sarma et Unic, l'incendie de l'Innovation et la sévérité des normes de sécurité exigées suite à celui-ci, l'aspect peu fonctionnel et peu attractif du bâtiment furent les raisons de sa disparition. On avait bien tenté de le moderniser, mais la décision fut probablement prise trop tard, la gestion en bon père de famille par des administrateurs vieillissants réalisée sans ces coups d'audace nécessaires au commerce moderne amena sa fermeture au début des années septante. Le bâtiment resta longtemps à l'abandon avant que le Ministère des Finances ne le rachète dans le courant des années nonante pour le rénover et y installer les services des contributions directes, du cadastre, de la TVA... disséminés jusqu'alors dans la ville. Le bâtiment accueille de nouveaux "coopérateurs" peut-être un peu moins enthousiastes que ceux qui le fréquentaient à la fin de la guerre.

Des "mammouths" au coeur du quartier.

Entre le Ministère des Finances et l'église Saint-Nicolas se sont terminés en 2012 les travaux de construction d'un nouveau bâtiment destiné à accueillir certains services du Ministère de la Justice, à l'étroit dans un Palais de Justice vieillissant (mal). 

Autres bâtiments imposants au sein du quartier du Château, ceux de la clinique Notre-Dame et du Centre de diagnostics Léo Chevalier. Clinique et maternité dépendant des Mutualités Chrétiennes ont fusionné avec l'Hôpital Civil, l'Institut Médico-Chrirugical et la clinique La Dorcas pour formé le Centre Hospitalier de Wallonie picarde (CHWAPi). Lorsque les travaux de construction de l'immeuble regroupant les services de chirurgie et de soins seront terminés sur les anciens terrains de l'Union à la rue des Sports (site Hôpital Civil), les bâtiments  de l'avenue Delmée seront destinés à accueillir le "pôle mère-enfant", en regroupant les services de néo-natalité, de pédiatrie...

On trouve également dans ce quartier quelques hôtels particuliers comme l'Hôtel de Lannoy à la rue Joseph Hoyois mais aussi comme celui du baron Raoul du Sart de Bouland situé à l'angle de la rue du Curé du Château et de la rue Saint-Bruno. Raoul du Sart de Bouland est né à Tournai le 20 décembre 1857 et est décédé à Moustier le 9 juillet 1915. Il fut le gouverneur de la province de Hainaut de 1893 à 1908 et membre du Conseil Colonial. Son immeuble fut racheté en 1882 par Alphonse Stiénon du Pré (1853-1918), sénateur et bourgmestre de Tournai. Son épouse étant infirme, celui-ci y fait construire une chapelle privée où des Pères Camilliens venaient célébrer la messe régulièrement. L'hôtel est partagé désormais entre l'atelier d'architecture "Archipel" qui a intégré la chapelle et en a fait un lieu de convivialité, à la rue Saint-Bruno, et un restaurant à l'enseigne du "Château de Cartes".

C'est aussi au sein du quartier du Château que se trouvait jusque dans les années septante, le siège de le firme de pronostics "Prior" (rue Beyaert, avenue Henri Paris). juste après-guerre, de nombreuses personnes y travaillaient afin de contrôler chaque bulletin et déterminer ainsi le nombre de joueurs ayant bien pronostiqué les résultats de douze rencontres de football. Faire un douze à Prior, à cette époque, était aussi bien fêté que trouver les numéros gagnants de l'actuelle grille de Lotto. 

Les boulerversements du quai Dumon.

C'est le plus large quai de Tournai. Entre les numéros 1 et 7, les bâtiments ont souvent changé d'affectation entre la seconde guerre mondiale et notre époque. La Banque du Tournaisis, au n°5, a été reprise, avant la guerre, par la Banque de Bruxelles qui en a fait un siège régional. Dans les années septante, l'institution bancaire a racheté et rénové, tout en conservant leur caractère, les immeubles situé au n°3, hôtel particulier appartenant à un notaire, et au n°1, un ancien estaminet à l'enseigne du "Grand Saint-Georges". Suite à la fusion, au milieu des années septante, avec la Banque Lambert pour donner naissance à la BBL (Banque Bruxelles Lambert), l'institution a fait ériger un bâtiment moderne et fonctionnel, bien intégré dans l'ensemble des immeubles du quartier, pour y loger, sur trois niveaux, des services administratifs. Ainsi au début des années nonante, le siège de la Banque Bruxelles Lambert s'étendait pratiquement de l'angle de la rue de l'Epinette au n° 5 du quai Dumon. La mondialisation est passée par là et, dans le courant des années nonante, la Banque de Bruxelles a été rachetée par le groupe néerlandais de bancassurances ING. Comme c'est presque toujours le cas, les instances néerlandaises prirent la décision de supprimer le siège de Tournai (ainsi que d'autres) au nom de la rentabilité (à outrance). Que représentait la ville de Tournai pour un dirigeant occupé à Amsterdam, peut-être n'y est-il jamais venu, peut-être que ce nom lui était inconnu ?  Le nouveau bâtiment du Becquerelle, vieux d'à peine quinze ans, fut racheté et occupé par le Service d'Aide à la Jeunesse, un particulier racheta l'ancien café faisant l'angle du quai avec le Becquerelle, le S.A.J. racheta également l'ancienne maison du notaire située au n°3. En à peine cinq ans, la banque se retrouva, à nouveau, cantonnée dans ses bâtiments d'origine. Ce qui passa inaperçu pour la plupart des Tournaisiens furent les pertes d'emplois. Près de deux cents sont ainsi disparus par regroupement sur d'autres sites à Namur ou Bruxelles. Des deux cent cinquante membres du personnel, il reste désormais à peine une quarantaine. On peut se demander jusqu'à quand ?

Le Crédit du Nord Belge, voisin de la BBL, avait montré l'exemple et cessé ses activités à la fin des années quatre-vingt, le bâtiment qu'il occupait a été transformé en une résidence avec appartements de standing, là aussi quelques emplois passèrent à la trappe sans émouvoir les politiques locaux, pourtant cette fuite des emplois doit laisser des traces dans le budget communal !

Avec le départ de BNP Fortis, de la Banque Nationale, elle aussi située jadis au Becquerelle, et la fusion d'autres institutions, la désertification économique de Tournai a été l'oeuvre du monde financier. 

A l'angle du quai et de la rue Joseph Hoyois, la papeterie Michenaud a fermé ses portes à la fin du siècle dernier, dans ses locaux s'est ouvert un bureau financier. 

Il est également cocasse de constater que le commissariat de police de la ville se trouve désormais au Becquerelle, jadis endroit lieu vague, mal famé, amas d'habitations infimes, séjour ordinaire de gens sans aveu comme le décrit Bozière.  

Fièvre la semaine, sérénité le week-end.

Durant la semaine, aux heures de pointe, en raison de la présence des bureaux, des écoles et de la clinique où se rendent des milliers de personnes quotidiennement, le quartier du Château connaît une certaine effervescence. Situé, de plus, à deux pas du rond-point du Viaduc (certains préfèrent le nommer, par facilité, Imagix à cause de la proximité du cinéma), il est aussi une voie de pénétration en ville. 

Bureaux, écoles et centre de diagnostic étant fermés le week-end, on peut souvent s'y promener sans parfois y voir âme qui vive. 

Cette sérénité a pourtant été troublée dans le courant des années nonante, des meurtres, pour la plupart non élucidés, de femmes seules ont fait craindre à la population l'existence d'un sérial killer. On n'a pourtant jamais pu prouver qu'il y avait un lien entre les divers faits. 

La place Verte fut, jusque dans les années nonante, le lieu de rendez-vous des amateurs de jeu de balle, son ballodrome a accueilli régulièrement, pour des joutes parfois homériques, des équipes comme Chapelle, Wangenies, Gilly où évoluaient alors les Cassart, Coart..."stars" de la petite balle blanche de l'époque. La place était aussi, annuellement, le lieu de ralliement des éléveurs régionaux venus participer aux concours de bovins. Dès 8h, le matin, le voisinage résonnait des meuglements des bestiaux et du crachotement des tracteurs. Désormais, le ballodrome se meurt lentement, les vieux habitants repensent avec nostalgie à ces centaines de personnes qui  y venaient et terminaient leur journée à "l'Hôtel de la Fontaine d'Or", aujourd'hui disparu. Lors des soirées d'été, on y voit des habitants se mesurer à la pétanque. A part cela, il n'y a plus que les contrôleurs de City-Parking qui y déambulent du lundi au vendredi traquant (et le mot n'est pas trop fort) l'automobilsite qui aurait malheureusement omis de placer son disque de stationnement bien en évidence. Autre époque... autre moeurs !

(sources : "bulletin trimestriel n°64" de l'asbl Pasquier Grenier - article de Jacky Legge à propos de la chapelle privée paru dans le n° 108 de la revue de l'asbl Pasquier Grenier"-"Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière et souvenirs personnels datant de l'époque où j'habitais le quartier).

(S.T. février 2013)

02/01/2008

Tournai : les jeux populaires (4)

Un jeu encore en vogue dans le Tournaisis est le "jeu de balle" ou "balle pelote". Ce sport est un lointain cousin du jeu de paume auquel il a succédé, il y a plus d'une centaine d'année. L'histoire nous dit qu'un jeu de paume était installée en la rue Perdue à Tournai et que lors du siège de Lille, au début du XVIIIe siècle, les ducs de Berry et de Bourgogne, logés à l'abbaye du Saulchoir, s'adonnaient à celui-ci en se rendant souvent en cette rue. A la différence du jeu de paume qui était pratiqué, en des espaces ouverts ou clos, par des joueurs munis d'une raquette, le jeu de balle se joue avec un gant, la balle étant récupérée et relancée avec la main. Maurice des Ombiaux, écrivain belge, lui a d'ailleurs trouvé un nom poétique, "la petite reine blanche". Les luttes (c'est ainsi qu'on appelle les parties de balle pelote) se déroulent sur un sol en terre battue, en briques pilées, sur l'asphalte ou le béton des places de villages. Tournai possède deux ballodromes permanents le premier, sur la place Verte et l'autre, sur la place du Cabaret Wallon, au sein du quartier du Maroc où ce sport a été longtemps vivace grâce à la société, "la pelote marocaine". Le terrain se compose d'un grand rectangle de 72 mètres de long sur 7 mètres de large, cette partie est appelée, le "petit jeu", elle se termine par un trapèze aux dimensions suivantes : une longueur de 30 m et deux bases de 19 et 7 mètres, appelé "le grand jeu". Celui-ci est prolongé par un petit rectangle de 5 mètres sur 3 qui sert à la livrée (mise en jeu de la balle). Les deux équipes qui s'affrontent se composent de cinq joueurs qu'on nomme cordiers, petit milieu, grand milieu et foncier suivant la position qu'ils occupent sur le terrain. Les luttes se déroulent en 15 jeux (ou armures) de quatre fois quinze, comme au tennis, soit 15, 30, 40 et jeu. Vu que la lutte se dispute en 15 jeux, il n'y a pas possibilité d'égalité, mais rares sont celles qui se terminent sur le score de 15 jeux à rien, on appelle cela "une espagnole". Dès qu'une équipe atteint huit jeux, on marque une pause, plus ou moins longue, et...tout le monde se retrouve au "café du coin" ou à la buvette, car le jeu de balle est aussi un moment de plaisir pour joueurs et spectateurs. Suivons une partie : un joueur s'élance dans la zone définie pour la livrée, après une course d'élan, il frappe la balle et tente de l'envoyer le plus loin possible, une balle qui atteint la limite des 72 m est déclarée "out" est le point est attribué à l'équipe qui vient de livrer. Les adversaires vont tenter de renvoyer la balle en la frappant de volée, soit après un seul rebond, on appelle cette action "chasser". L'objectif est bien entendu de chasser la balle le plus loin possible dans le camp de celui qui vient de livrer afin d'empêcher son équipe de s'introduire dans le camp et de pouvoir aisément placer une balle hors des limites. Les adversaires vont quant à eux contre-chasser !Le jeu de balle est spectaculaire, on y rencontre des "frappeux" qui expédie les balles bien loin, c'est pour cette raison qu'autour des surfaces de jeux, les fenêtres des habitations sont parfois munies d'un grillage le temps de la lutte.Chaque été, Tournai organise son annuel tournoi de balle pelote, hélas, alors qu'après la guerre, le "tournoi de la kermesse", aujourd'hui disparu, amenait plusieurs milliers de personnes sur la place Verte, ils sont encore quelques centaines de connaisseurs à applaudir les équipes qui se produisent au cours du tournoi. Certains villages du Tournaisis organisent durant la période hivernale des luttes de "balle au fronton" (contre un mur) qui permettent aux joueurs de garder la forme.