28/08/2008

Tournai : l'année 1973, celle de tous les projets.

Si au cours de l'année 1972, dont nous venons d'achever la rétrospective, les mandataires communaux tournaisiens eurent de nombreux projets à examiner, les douze mois qui suivirent furent marqués par une grande activité au sein du collège communal en raison des échéances qui se rapprochaient. Il y a tout d'abord la "saga" de l'Escaut. Fleuve d'ordinaire tranquille, le projet de son élargissement provoque bien des vagues au sein de l'hémicycle et dans les milieux sociaux-économiques de Tournai. Pourtant, peu à peu, une majorité se dégage au sein de l'Administration Communale qui se prononce finalement contre un élargissement en site propre. Tournai se remet à peine des affres de la guerre qu'on ne va pas recommencer des destructions de son patrimoine. Durant le Conseil du mois de juin, probablement las des tergiversations à ce propos, le bourgmestre Fernand Dumont, homme connu pour son flegme, sort de sa réserve et tonne : "Les plans pour l'élargissement du fleuve au coeur de la ville sont prêts !". Toutes ces gesticulations ne seraient-elles que du vent ? Non, car un mois plus tard, il a reçu l'assurance de la part du Ministère concerné que les études se poursuivaient et qu'aucune décision n'avait encore été prise. Tout cela ne rassure pourtant pas la population tournaisienne et principalement les riverains du fleuve, au point qu'au mois de septembre, le Président de l'Association des Commerçants décide de lancer une pétition contre cette ineptie de travaux au sein de la cité.

Autre projet soumis aux municipalistes, la prochaine "fusion des communes" voulue par le Ministre Michel qui souhaite réduire le nombre de celles-ci afin de réaliser des économies importantes. Une question est bien souvent débattue tant au sein de l'Hôtel de Ville tournaisien que dans les maisons communales des villages voisins : "Qui sera rattaché à qui ?". Il est clair que chacun veut conserver ses petites prérogatives. "Plutôt premier dans mon village que second à la ville !" pensent sans doute une majorité d'élus. Ainsi Froyennes désire garder son autonomie mais accepterait éventuellement de fusionner avec Tournai pour autant que la population de la nouvelle entité ainsi créée dépasse les 65.000 habitants ! A Kain, le bourgmestre Raoul Van Spitael est farouchement opposé à ce projet et va de meetings en réunions pour le proclamer haut et fort ! Les habitants de Gaurain qui ne paient que peu d'impôts communaux en raison de la présence des carrières qui "remplissent" les caisses de la commune ne sont absolument pas favorables à ce projet. Bref, chacun possède une bonne argumentation pour rester maître chez lui et... tous en veulent à l'amer Michel !

Autre projet, l'occupation de la Plaine des Manoeuvres. Les commerçants locaux voient d'un mauvais oeil l'implantation de deux grands magasins à cet endroit. L'échevin Robert Boucart espère que cette solution, au contraire, renforcera le pôle attractif de la ville par ses commerces, ses logements et sa zone de détente et de sports. Cette initiative n'est pas là d'aboutir en cette année 1973, le chantier qui s'y déroule est celui de l'unique Maison de la Culture.

La France vient de se doter d'un réseau de trains à grande vitesse et propose de relier Paris à Bruxelles par TGV. Le 8 novembre, la presse locale dévoile le parcours emprunté par le rail d'Esplechin (commune d'entrée en Belgique) vers Ath en passant par Rumes, Taintignies, Wez, Jollain Les propriétaires de terres agricoles, de terrains à bâtir ou d'habitations situés sur ce tracé commencent à se regrouper, ils vont mener un dur combat pour empêcher le projet d'aboutir ou pour obtenir les meilleures compensation de la part de la SNCB. On parle également, en cette année 1973, d'une liaison autoroutière entre Tournai et Bruges et entre la ville aux cinq clochers et Roubaix. Cette dernière ne résumera que par quelques centaines de mètres d'une voie rapide reliant l'autoroute Tournai-Bruges au village de Templeuve, se terminant brusquement à l'intersection d'une petite route, endroit cauchemardesque pour de nombreux automobilistes régulièrement surpris par cet arrêt brutal ! Escaut, TGV, Plaine des Manoeuvres, autoroutes, voilà autant de sujets qui animèrent les débats au conseil communal et rendirent les réunions parfois houleuses tant les avis divergeaient. Petite éclaircie, le 21 décembre, la liaison autoroutière entre Hautrage et Tournai est terminée, on peut donc se rendre désormais de Lille à Mons sans quitter la voie rapide, un réel progrès ! ... Dans le prochain article, nous parlerons des mouvements sociaux et des autres évènements qui marquèrent l'actualité tournsaisienne durant l'année 1973....

16:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, tgv, autoroute, escaut, plaine des manoeuvres |