03/09/2012

Tournai : les Journées du Patrimoine 2012

Chaque année, de nombreux touristes belges et étrangers visitent la cité des cinq clochers dans le cadre des "Journées du patrimoine". Les samedi 8 et dimanche 9 septembre verront se dérouler la 24e édition de cette heureuse initiative en faveur de la découverte d'un riche passé.

Cette année, ces journées ont pour thème "les grandes figures de Wallonie".

Un programme alléchant, des visites inédites

De nombreux lieux seront à nouveau accessibles au public. 

Outre la visite de sa chapelle de style renaissance, de sa cour du XVIIe siècle, du couloir principal dans lequel le palmares des premiers prix orne les murs, de ses caves où se réfugièrent, lors des bombardements, les élèves et professeurs durant la seconde guerre mondiale..., l'Athénée Royal Jules Bara, à la rue Duquesnoy, vous présentera une exposition à cet homme d'état tournaisien qui lui donne son nom depuis 1979 ainsi qu'aux camps de concentration du XXe siècle. Visite les samedi et dimanche après-midi.

Point de chute pour les touristes venant par le rail, la gare de Tournai, édifice de style néo-renaissance permettra de découvrir celui qui en dessina les plans à la fin du XIXe siècle, le courtraisien Henri Beyaert, un des plus grands architectes belges du XIXe siècle. Les visites ont lieu les samedi et dimanche à 10h et 15h.

Dans le quartier Marvis, le Séminaire de Choiseul, construit entre 1683 et 1692 par Arnould Joseph Thiery, architecte du Roi Louis XIV, présentera une exposition relative à son fondateur, l'évêque Gilbert de Choiseul de Plessis Praslin (1613-1689). Les visites sont programmées les samedi et dimanche à 10h30 et 16h00.

Le public qui le désire pourra également visiter le service des Archives de l'Etat, situé à la rue des Augustins, où seront présentées, au travers des archives, les grandes figures wallonnes régionales : l'écivain Henri Verne, le créateur de Bob Morane qui habita la cité (voir sa biographie sur le présent blog), les patrons tournaisiens Casterman, Meura et Carton, les peintres Edmond Dubrunfaut et Lionel Vinche, les architectes Pierre Petit et André Winance, l'organiste Abel Debourle ou encore les politiciens régionaux comme Pierre Deschamps qui fut Président du Parlement européen ou Jean Delvoye, ancien bourgmestre de Frasnes-les-Anvaing. Les visites ont lieu les samedi et dimanche, le matin et l'après-midi.

Les membres de l'ASBL Pasquier Grenier vous convient à la visite d'un hôtel particulier comme il en existait de très nombreux au XIXe siècle, l'hôtel de la famille Desclée de Maredsous, à la rue Saint-Jacques, au pied de l'église, une demeure de style néogothique. Les renseignements peuvent être obtenus auprès de l'ASBL Pasquier Grenier. La visite a uniquement lieu le samedi 8 à 10h et 14h00.

La cathédrale Notre-Dame vous invite à découvrir deux de ses évêques, figures marquantes de l'histoire du diocèse de Tournai, Monseigneur François Joseph Hirn et Monseigneur Gaspard Labie (dont l'Optimiste vous a déjà parlé). En raison de la Grande Procession du dimanche après-midi, les visites sont uniquement possibles le samedi à 10h30 et 16h00.

En compagnie du conservateur du patrimoine des cimetières tournaisiens, Jacky Legge (voir sa biographie sur le présent blog), le public pourra découvrir l'ultime demeure de personnalités tournaisiennes, cela se passe au cimetière du Sud, une visite de deux heures programmée le samedi 8 à 10h.

Au départ de la Cour d'honneur de l'Hôtel de Ville, l'association des Guides de Tournai vous proposent un circuit pédestre dans les rues de la cité afin de mieux connaître Bruno Renard, l'architecte communal de la transformation de Tournai au XIXe siècle. Cette promenade a lieu le samedi à 15h.

Au départ du square Bonduelle, face à la statue du peintre Louis Gallait, les guides vous convient également à un circuit pédestre vous permettant de découvrir les oeuvres de l'architecte Victor Horta qui dessina les plans du Musée des Beaux-Arts de Tournai. Ces visites ont lieu les samedi et dimanche à 14h et 16h. 

Les Journées du Patrimoine vont permettront de découvrir ou de redécouvrir le musée d'Archéologie, situé à la rue des Carmes qui présente pour l'occasion une rétrospective consacrée au roi Mérivingien Childéric, roi des Francs Saliens, qui avait fait de Tournai la capitale de son royaume. Accessibilité les samedi et dimanche à 10h00 et 17h30.

A la rue des Jésuites, le Séminaire épiscopal vous ouvre ses portes, le samedi après-midi, afin de découvrir les grandes figures qui marquèrent son histoire. 

Depuis 1945, ce lieu n'a jamais été accessible au public, le château de la Marlière à Orcq, propriété de la famille Crombez, a servi de logement à des personnages illustres (Henri VIII, Alexandre Farnèse, Henri Baraillon de Brocard, général d'artillerie du roi Louis XIV...), la visite, sur réservation préalable, aura lieu les samedi et dimanche à 10h30 et 16h, rendez-vous à la chaussée de Lille, face aux usines Trois Suisses. 

A Vaulx, le château César, construit au XIIIe siècle, sur un éperon rocheux dominant l'Escaut, présentera deux figures tournaisiennes Pierre de Melun et son épouse Christine de Lallaing. les visites ont lieu les samedi et dimanche à 10h et 18h.

Voilà un programme copieux qui peut s'articuler autour de la Grande Procession historique qui aura lieu le dimanche 9 septembre à 15h.

Pour la plupart de ces visites, renseignements et inscriptions à l'Office du Tourisme, au pied du beffroi. 

(S.T. septembre 2012)

14/06/2007

Tournai : le quartier Saint Brice (5)

Tournant le dos à l'église Saint Brice et au monument de Gabrielle Petit dont avons retracé l'histoire, trois rues s'ouvrent à nous : à gauche la rue de Monnel relie la place Clovis à la rue Royale, elle est traversée en son centre par la rue Childéric du nom du roi franc dont nous vous avons entretenus de la découverte du tombeau.

La rue de Monnel tient son nom d'une dénommée Anne de Monnel, fondatrice d'une école pour jeunes filles située à proximité. Face à nous, sur la gauche également, le rue de l'Athénée ainsi appelée en raison de la présence de cet établissement d'enseignement. Jusqu'en 2005, cette rue abritait le commissariat de police de Tournai, logé dans des locaux vétustes et qui a déménagé vers la rue du Becquerel dans un bâtiment aux allures futuristes, éclairé la nuit de rangées de néons bleus qui pourraient apporter une sérieuse méprise sur les activités qui se déroulent à l'intérieur !

La rue Childéric donne une perspective sur la gare à partir de la place Clovis. La trosième voie de circulation est, sur la droite, la rue du Quesnoy dont on retrouve déjà la trace dans des écrits du XIIIème siècle où elle était appelée Moriau porte ou porte Morel. Au XVème siècle, Bozière nous dit qu'elle semble avoir perdu son nom, on la désigne par "la rue qui s'étend entre la vieze Morel-Porte et l'atre de Saint Brice".

La rue du Quesnoy doit son nom à une déformation d'un mot latin "quereetum", devenu en roman quesne, qui désigne un lieu planté de chênes. On l'appelait aussi rue des Noviciats en raison du couvent des Jésuites qui s'y était installé. Situés jadis à la rue des Allemands, les Jésuites achetèrent le refuge des dames Bernardines du Saulchoir qui se trouvait à la rue du Quesnoy. Il s'agit d'un couvent classique avec cour, jardins, bâtiments pour le logement des religieux et une chapelle dont la première pierre a été posée en 1609. Elle fut consacrée en 1612 par Jean Richardot, évêque de Cambrai. Les Jésuites furent expulsés en 1773, Marie Thérèse transmit les bâtiments au chapitre cathédrale et on y ouvrit des classes et un pensionnat pour y dispenser l'enseignement des humanités. Peu à peu l'orientation philosophique de l'institution se modifia, il y eut, tout d'abord, un rapprochement avec l'autorité communale qui assura à partir de 1810, sous l'administration de Mr. De Rasse, le paiement des traitements des professeurs et en 1846, le principal nommé par l'Evêque fut remplacé par un laïc. En 1850, l'école devint propriété de l'Etat. Depuis lors, la renommée de l'Athénée Royal ne cessa de croître, de nombreuses personnalités tournaisiennes ont fréquenté cette vénérable institution de la rue du Quesnoy. Jusqu'alors réservé aux garçons, Il y a une trentaine d'année, on y introduisit la mixité et il prit le nom d'Athénée Jules Bara du nom de ce ministre tournaisien dont nous vous avons déjà entretenus. La chapelle a été entièrement rénovée et est devenue un lieu d'expositions temporaires et d'organisations de concerts où Bach, Lulli ou la musique de Chambre ont parfois été suivis par les chants moins "classiques" de la Chorale de l'ULB.

Dans le prolongement de la rue du Quesnoy, la rue Morel s'appelait, jadis, la rue du Faubourg et menait à la Morelporte. Après avoir franchi la ceinture des boulevards et le pont Morel qui enjambe les voies de chemin de fer, on parvient au faubourg Morel.

(sources "A-FJ Bozière, Tournai ancien et moderne" et recherches personnelles.)

09:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : athenee jules bara, tournai |