27/10/2016

Tournai : le coeur de la Wallonie picarde (4)

Tourisme en Wallonie picarde.

En pleine reconversion industrielle, la Wallonie picarde possède un atout qui fut trop rarement exploité par le passé : le tourisme. Ses sites naturels exceptionnels, son patrimoine architectural et son folklore sont parmi les plus riches et les plus intéressants et l'inscription de nombreux éléments au patrimoine mondial de l'Unesco en est une preuve supplémentaire.

Pour le visiteur soucieux de découvrir les richesses de notre région, il est possible de consacrer une année complète de balades, tant le programme culturel et festif qui s'offre à lui est copieux. Il suffit de passer en revue ce que proposent les 23 communes composant notre Wallonie picarde.

Antoing.

Cette petite ville située à cinq kilomètres de Tournai, regroupe les anciennes communes de Maubray, Péronnes-les-Antoing, Fontenoy, Bruyelle et Calonne. C'est le cœur du bassin carrier du Tournaisis.

La ville est dominée par le donjon du château des Princes de Ligne bâti au XIIème siècle par un des seigneurs d'Antoing. Suite à la mort d'Hugues V d'Antoing à la bataille des Eperons d'Or, sans héritier, le château passa dans la famille de Melun et bien plus tard, par successions et mariages, à la famille des princes de Ligne. 

Antoing le château (1).JPG

La cité, entourée de carrières, est appelée "la capitale du Pays Blanc" et d'anciens fours à chaux du XIXe siècle se visitent régulièrement : le four "Saint-André" et le four "Soufflet-Leblond".

Le Musée de la Pierre est actuellement en cours de réaménagement.

Le parc archéologique avec son Tumulus à tambour et enclos funéraire nous font remonter aux premiers siècles de notre ère. Il s'élève au lieu-dit "Guéronde".

Jouxtant Antoing, le village de Péronne-les-Antoing est connu, de part et d'autre de la frontière, pour son vaste plan d'eau de 45 ha situé au confluent du canal Péronne-Blaton-Nimy et de l'Escaut. Réalisé au cours des années soixante, il possède, à chaque extrémité, une écluse permettant à la navigation de franchir un dénivelé de 18 mètres. Bien nommé, "le Grand Large", grâce au centre Adeps, est le rendez-vous idéal pour la pratique des sports nautiques et l'apprentissage de la voile mais aussi pour la pêche, les balades nature à pied, à vélo ou en V.T.T. ou le pique-nique au bord de l'eau.

Le nom du village de Fontenoy apparaît dans tous les livres d'Histoire. C'est là en effet que se déroula la célèbre bataille du 11 mai 1745 sous les yeux du roi de France Louis XV et de son fils, le Dauphin. Les troupes françaises du Maréchal Maurice de Saxe combattirent celles du duc de Cumberland, à la tête d'une coalition d'Anglo-Hanovriens et de Hollandais. La France y remporta la victoire mais le prix en vies humaines fut important : les Français ont perdu entre 7.000 et 7.500 hommes, les troupes du duc de Cumberland plus de 13.000 !

Au sein du village, on peut découvrir "la Vierge" offerte par Louis XV pour remercier les habitants d'avoir inhumé les corps des soldats, la "Croix celtique" offerte par les comtés irlandais de Dublin, Londres et New-York, inaugurée le 25 août 1907, un mémorial-ossuaire et différentes plaques commémoratives.

Sur une colline du village de Maubray se dresse le moulin du Maugré. Suite au film tourné en ce lieu, il y a une quarantaine d'années, le village peut se targuer du titre de "capitale du Maugré" ou haine de cense. 

Au chapitre des festivités notons qu'à Antoing, chaque année, le 3ème dimanche de septembre, le site de Saint-Druon accueille la "Fête des Courges" qui en était à sa 14ème édition en 2016. Organisée par L’ASBL "Les jardins biologiques du Hainaut", cette manifestation qui attire des milliers de visiteurs venus de Belgique et de France, amoureux de cette cucurbitacée, transforme, le temps d'un week-end, la capitale du pays Blanc en "Capitale wallonne du Potiron".

Ath.

"Ath, c'est Géant", ces mots interpellent et peuvent même paraître audacieux pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette cité, aussi appelée "la Capitale du pays Vert", située à trente kilomètres de Tournai.

Il n'est pas présomptueux de déclarer que la réputation de cette ville de 29.000 habitants a dépassé depuis bien longtemps les frontières et est notamment connue aux Etats-Unis en raison, non seulement, de la présence, à quelques kilomètres, des installations du Shape mais surtout à cause de son cortège des Géants qui se déroule le 4ème dimanche d’août. Depuis 2005, cet événement exceptionnel est, en effet, repris comme chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité par l'Unesco. Des milliers de personnes assistent, dès le samedi après-midi, au mariage du géant Goliath (Gouyasse en patois local) avec Madame Gouyasse en l'église Saint-Julien, un édifice religieux construit à la fin du XIVème siècle. Ce dernier abrite "el grosse cloque" (la grosse cloche) qui sonne pour l'ouverture de la ducasse, le samedi midi. 

Le mariage terminé, la foule se déplace vers la Grand-Place, face à d'l'Hôtel de Ville, pour vivre le combat entre le berger David, un rôle tenu par un jeune enfant de la cité et le Géant philistin. Une légende raconte que si l'enfant parvient à placer une balle dans la petite ouverture pratiquée dans le géant pour permettre au porteur de se guider, il y aura du bonheur à Ath pendant toute l'année. Le contraire ne se vérifie heureusement pas !

Le lendemain, le cortège va parcourir deux fois les rues de la ville, en matinée et durant l'après-midi, entre deux rangées compactes de spectateurs venus souvent de très loin. C'est durant la ducasse qu'on déguste la célèbre "tarte à mastelles" que les vrais athois accompagnent d'un verre de vin de Bourgogne ou... d'une bière de la Brasserie des Géants.  

Une promenade dans la cité des géants permettra aux visiteurs de constater que les Athois vouent une véritable admiration à leurs "postures" comme ils les appellent (Samson, l'Aigle à deux têtes, Mam'zelle Victoire, le cheval Bayard, Ambiorix, Goliath et Madame Goliath). Commerces, restaurants, cafés portent bien souvent des enseignes à leur effigie ou à leur nom. 

La "Maison des Géants" est LE musée à visiter en premier lieu lorsqu'on arrive dans cette cité située au confluent des deux Dendres. On le trouve à la rue de Pintamont, juste à côté du syndicat d'initiative, dans le château Cambier. On ne manquera pas de visiter également "l'espace gallo-romain" qui se trouve dans les bâtiments de l'ancienne Académie de dessin.

Au cœur de la ville, on découvre encore :

une grand-place possédant des bâtiments remarquables comme la "Grand-Garde" qui fut jadis la halle des bouchers, l'Hôtel de Ville ou la Maison espagnole de 1564.

la "Tour Burban", donjon anglo-normand du XIIème siècle, construction carrée de vingt mètres de hauteur et de 14 mètres de côté, possédant des murs de quatre mètres d'épaisseur,

la Salle des Fête, "le Palace", le centre culturel local, immeuble de style art-nouveau,

l'Hôpital et la chapelle Saint-Jacques, ancien gîte pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle,

le "château Bourlu", jadis hôtel de maître, abritant aujourd'hui la Justice de Paix.

Parmi les villages rattachés à Ath, celui de Mainvault est connu pour son calvaire du sculpteur sonégien J.J. Bottemane qui vécut au XVIIIème siècle. Il représente une mise au tombeau comme on en érigeait un peu partout en France dans le courant du XIVe siècle. 

Ath est un pays de moulins, on peut encore en voir trois dans le centre ville, on s'arrêtera donc aussi à Moulbaix pour voir le "Moulin de la Marquise" mis en activité en 1752, toujours opérationnel et à Ostiche pour découvrir le "Blanc Moulin" restauré au XXème siècle, tirant son nom de ses murs de briques badigeonnés à la chaux.  

Votre promenade vous emmènera probablement dans les 15 autres villages également rattachés à la cité d'Gouyasse !.

(sources : recherches personnelles - site des villes d'Antoing et Ath).

photos : transmises par D. Glissoux que je remercie

S.T. octobre 2016.

18/07/2012

Tournai : "capitale" de la Wallonie picarde (4)

Troisième balade en Wallonie picarde, vers le Pays Vert.

Nous voici déjà au rendez-vous de notre troisième escapade à la découverte de la Wallonie picarde. Au départ de la cité des cinq clochers, nous allons emprunter la Nationale 7 (bien différente de celle chantée par Charles Trenet). Après vingt kilomètres, nous la quitterons pour entrer dans la première ville que nous visiterons.

Leuze-en-Hainaut, aussi appelée "la cité bonnetière" en raison de l'activité textile qui s'y développa jadis mais qui est aujourd'hui presque disparue, portait, en langue latine, le nom de Lutosus qui désigne un endroit marécageux. La ville s'étend sur 73,5 km2 et compte un peu plus de 13.500 habitants. Depuis la fusion des communes intervenue en 1976, elle regoupe les villages de Chapelle à Oie, Chapelle à Wattine, Blicquy, Gallaix, Grandmetz, Pipaix, Thieulain et Willaupuis. 

Au coeur de la cité, on visitera la collègiale Saint-Pierre, érigée en 1745 et aussi un endroit extraordinaire pour les passionnés d'automobiles, le Musée Mahymobile, créé en 1997 dans les bâtiments d'une ancienne bonneterie. Celui-ci totalise plus d'un millier de véhicules de toutes les époques retraçant l'histoire de l'automobile du début du XXe siècle à nos jours. On peut aussi y découvrir une salle réservée à des collections de miniatures.

La ville de Leuze-en-Hainaut est jumelée avec celles de Loudun en France, Carencro aux USA et Ouagadougou au Burkina Faso.

Un autre musée nous attend dans le village de Pipaix, le Musée des 18 jours commémore les évènements de la seconde guerre mondiale et les hauts faits de la résistance dans la région.

Les connaisseurs du breuvage national qu'est la bière connaissent les brasseries leuzoises : la brasserie Dubuisson à Pipaix qui brasse notamment la Bush, la brasserie Dupont à Tourpes, créatrice de la Moinette et de la Saison-Dupont et la Brasserie à vapeur à Pipaix qui produit la Saison de Pipaix, la Vapeur en folie et même la Vapeur...cochonne ! Toutes ces bières sont à déguster avec modération !

Comme nous n'avons pas abusé de la dive bouteille, nous pouvons reprendre la Nationale 7 et nous diriger à une dizaine de kilomètres plus au Nord pour parvenir à Ath, "la cité des Géants", aussi dénommée la "capitale du Pays Vert". La ville, située sur la Dendre, et les communes fusionnées en 1976, occupent 127 km2 et comptent environ 28.600 habitants. Depuis le 1er janvier 1977, Ath regroupe donc Arbre, Bouvignies, Gibecq, Ghislenghien, Houtaing, Irchonwelz, Isières, Lanquesaint, Ligne, Maffle, Mainvault, Meslin l'Evêque, Ormeignies, Ostiches, Rebaix, Villers Notre-Dame et Villers Saint-Amand. 

Notre promenade en ville nous amènera au pied de la Tour Burbant, donjon anglo-normand du XIIe siècle, bâtiment carré de 14 mètres de côté dont les murs ont une épaisseur approximative de 4 mètres. On peut y voir les vestiges de l'enceinte communale du XIVe siècle. Sur la Grand'Place, l'Hôtel de Ville date du XVIIe siècle, pas bien loin, l'église Saint-Julien, consacrée au début du XVIe siècle fut détruite par un incendie en 1817, elle a été reconstruite, quelques années plus tard, sur des plans de l'architecte athois Gabriel François Florent. 

Chaque année les Athois vivent au rythme de "leur" ducasse, évènement folklorique inscrit au patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Celui-ci se déroule entre le 4e dimanche du mois d'août et le 8 septembre. Les points d'orgue sont le mariage de Mr et Mme Goliath (Gouyasse en athois), lors de vêpres qui se déroulent, en l'église Saint-Julien, le samedi après-midi. L'union sans cesse renouvelée de ces deux géants, symboles de la cité précède le combat entre David et Goliath, devant l'hôtel de ville, moment attendu par les habitants car si le jeune berger David parvient à terrasser le géant Goliath en lançant, à un mètre de distance, une balle dans la petite ouverture pratiquée dans le panier pour la vision du porteur, ce sera une année de bonheur pour la cité ! Le lendemain, des milliers de visiteurs venus de Belgique, de France mais aussi de pays lointains envahiront les rues de la ville pour assister au "cortège des Géants", ceux-ci sont portés et dansent devant une foule considérable qui jette des pièces de monnaie afin d'encourager et de remercier les porteurs de leur offrir ce moment de pur bonheur attendu depuis 365 jours ! 

Si vous participerez un jour à la ducasse d'Ath, vous ne manquerez pas de déguster la spécialité, uniquement fabriquée à cette occasion, la "tarte à masteilles" (macarons) que les vrais athois accompagnent toujours d'un verre de vin de Bourgogne.

La ducasse se temine par le Grand Prix de la ville d'Ath de balle pelote, appelé le 8 de septembre, suivi par plusieurs centaines d'amateurs de ce sport si populaire dans notre région, Chapelle à Wattine ayant eu une des meilleures équipes nationales dans le courant du XXe siècle. 

Dans les environs, de nombreux villages attirent notre attention, ils sont disséminés dans une nature verdoyante et offrent, au-delà de leurs paysages enchanteurs, quelques attraits touristiques non négligeables comme le "calvaire avec sa mise au tombeau du Christ", récemment rénové, au sommet du Mont de Mainvault, le Mausolée d'Oultremont à Houtaing de style néo-gothique flamboyant, le Moulin de la Marquise à Moulbaix, moulin à vent rénové en 2006, toujours en activité ou le Blanc Moulin d'Ostiches construit en 1789 et restauré au XXe siècle. 

A une vingtaine de kilomètres au Nord d'Ath, toujours le long de la Nationale 7, la ville d'Enghien (Edingen) ou "cité d'Arenberg" est une autre commune à facilités de notre région bordant la frontière linguistique. Elle s'étend sur une superficie de 40,6 km2 et compte un peu plus de 13.600 habitants. Elle regroupe les villages de Marcq et son hameau de Labliau et de Petit-Enghien. 

Si vous êtes adeptes de promenades, Enghien vous offre un parc de 182 hectares où se dresse la château d'Arenberg. En 1607, Charles de Ligne qui prendra par la suite le nom de Charles d'Arenberg est prince d'Arenberg et du Saint-Empire, militaire et diplomate. Le roi Henri IV lui vendra cette propriété en 1607. Depuis lors ses descendants l'ont toujours entretenue avec un souci de préserver la nature. 

Pas loin de la place, la Maison Jonathas est un ancien donjon roman qui est aujourd'hui transformé en musée, on peut notamment y découvrir les tapisseries du XVe siècle qui firent la renommée de la ville à cette époque. 

A Enghien, vous ne manquerez pas la "Foire de Jardin" qui se déroule en avril et les "Rencontres musicales internationales" qui se déroulent lors de la seconde quinzaine du mois d'août.

La commune de Petit-Enghien chevauche la frontière linguistique, elle possède une partie francophone et une autre néerlandophone. Un évènement, peut-être oublié ou méconnu des sportifs, s'y déroula, le 1er octobre 1961, un tout jeune coureur bruxellois qui n'avait jusqu'alors participé qu'à une douzaine d'épreuves, remporte celle organisée à Petit-Enghien, première victoire d'un des plus beaux palmarès du cyclisme sur route, il s'appelait...Edouard (Eddy) Merckx  !

Par l'autoroute pour gagner du temps ou par la Nationale pour musarder nous revenons à Tournai.

Voici un troisième itinéraire pour une découverte de la Wallonie picarde !

(S.T. juillet 2012)

10/08/2011

Tournai : Cédric "Pupuce"Merchez,

Au sein de l'article paru le 5 novembre 2009 sur le présent blog "Visite Virtuelle de Tournai", l'Optimiste a déjà évoqué celui qui a apporté ses lettres de noblesse au tennis de table tournaisien.

Cedric Merchez est né le 21 mars 1979, le jour de naissance du printemps, deuxième garçon, au sein de la famille formée par Pierre et Eliane. Si le papa est un inconditionnel supporter du Racing Club Tournaisien, il est surtout un pongiste qui évolue au Luna Club de Marquain et c'est là que, dès son plus jeune âge, le petit Cédric passe ses soirées du samedi soir en compagnie de son frère, des ses oncles et cousins. Peut-être sera-t-il bercé par le son de la petite balle qui rebondit sur la planche et loin de s'y ennuyer, il va s'intéresser rapidement à ce qu'on appelait alors le "ping-pong" (une dénomination aujourd'hui disparue). Après les rencontres, il n'hésitait pas à empoigner une raquette et à défier d'autres participants. Sa passion pour le tennis de table venait de naître et allait prendre, jour après jour, un peu plus d'ampleur. En raison de sa petite taille qui lui permettait à peine de dépasser le filet, il reçut le surnom amical de "Pupuce", une expression emprunte de sympathie qui n'allait plus le quitter.

A six ans, il participe à son premier championnat et un an plus tard, en 1986, il évolue parmi l'équipe des préminimes de l'Essor Luna Marquain et il remporte treize des quinze tournois auquel il participe dont le "Championnat du Hainaut", le "Critérium de Masse" et le "Grand prix de la province du Hainaut". Ses brillants résultats le font remarquer par les instances fédérales et il est intégré aux entraînements provinciaux sous la houlette de Michel Salsac. Son premier classement date de l'année 1988, il est D4. Dans la catégorie des préminimes, il remporte 51 tournois et sera récompensé du "Trophée génération Barcelone" en 1989. Cette même année, il est convoqué pour suivre les entraînements nationaux à Jambes. Ainsi, pendant huit ans, après les cours à l'Ecole des Frères, ses parents feront le trajet Tournai-Namur, trois fois par semaine. Satisfaire une passion est souvent envahissant sans en avoir conscience.

Classé C4 en 1989, sa progression sera constante et on le retrouvera A9 en 1996. Durant cette période passant de la catégorie des préminimes à celles des juniors et ensuite des moins de 21 ans, Cédric Merchez brillera, tant au niveau du championnat du Hainaut (en simple ou en double), de Belgique (en simple, double et double mixte) que dans des tournois internationaux en France ou en Allemagne (Trier), aux Jeux de la francophonie (Motry), à l'open de Bulgarie ou de Slovaquie, à Salamandre.

Au cours de la saison 1994/1995, alors qu'il évolue, depuis quatre saisons, au sein du club "Sparta Mouscron", en nationale et ensuite en super-division, il est obligé de stopper sa carrière en raison d'une opération à l'épaule. Il reprendra la saison suivante, plus fort encore, accumulant les succès en championnat du Hainaut et de Belgique, remportant au passage les "Jeux Fisec Street" en Angleterre et obtenant sa sélection nationale pour les rencontres contre la France, l'Angleterre, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie, la Turquie, la Finlande, la Hollande et la Hongrie.  A 15 ans, classé A11, il se voit décerner le "Mérite Sportif du Hainaut occidental".

A la fin de ses humanités, en 1997, Cédric fait le grand saut et part jouer en France au "4s Tours", là où avait évolué Jean Michel Saive, il participe aux championnats internationaux en Yougoslavie, Autriche et France (à Lyon). Un an plus tard, il revient en Belgique pour s'intégrer au club néerlandophone "Immo-Mortsel", en super-division, il y sera classé A7 et remportera, trois années de suite, le "Championnat des Flandres de série A" collectant, également, durant cette saison 25 victoires sur 26 participations. 

En 2009, on le retrouve dans la région car le club hennuyer d'Ath a beaucoup d'ambitions et compte sur son expérience pour encadrer les jeunes joueurs. Hélas, les résultats ne seront pas toujours au rendez-vous de cette équipe qui s'était pourtant donné les moyens de réussir. Cédric, soucieux de former les jeunes, a, entretemps, créé  "l'Ecole internationale de Tennis de Table Cédric Merchez Sport" et organisé, à la demande de la commune d'Estaimpuis, de nombreuses formations à Estaimbourg y créant un tournoi amenant les meilleurs joueurs.

En 2010, il passe dans le club de Virton, probablement le meilleur club belge après la Vilette de Charleroi. Au cours de la saison qui vient de s'achever, Cédric Merchez va connaître, néanmoins, sa plus grande désillusion. Depuis toujours, il vise une logique place dans le top 5 national, récompense de tous les efforts fournis au sein des clubs et des sélections pour faire progresser le tennis de table belge. Finaliste du Championnat de Belgique de simple (battu, à Enghien, par Jean Michel Saive après une excellente rencontre), vice-champion de Belgique par équipe, finaliste de la Coupe de Belgique et classé numéro "Un" au classement de la régularité des tournois de série A, il n'est classé qu'A6 par des instances fédérales dont le classement, je trouve et je ne suis pas le seul à le dire, manque sérieusement de crédibilité. D'ailleurs, en Belgique, dans beaucoup de disciplines sportives, si les joueurs apportent la notoriété à leur sport, les instances dirigeantes le ridiculisent par des attitudes puériles, voir chauvines, au contraire d'autres nations plus évoluées où les classements sont établis sur base des résultats et non au "feeling" ou à la sympathie (si nous étions méchant, nous dirions "à la tête du client"), privilégiant systématiquement la jeunesse à l'expérience !

Lors de la prochaine saison, Cédric Merchez évoluera encore dans le club gaumais mais grâce à la double-appartenance, il est aussi engagé dans le club de Bruille, il retourne ainsi en France, treize ans après son passage en Tourraine. Il y évoluera avec l'objectif d'emmener ce club dans l'antichambre de l'élite de l'Hexagone et il y retrouvera un de ses anciens élèves Ludovic Beuny et un autre tournaisien Julien Renard.

Cédric Merchez vient d'avoir 32 ans, petit par la taille mais grand par le talent, il y a vingt-huit ans qu'avec enthousiasme, "Pupuce" vise toujours plus haut, dans un sport qui a acquis, depuis lors, ses lettres de noblesse en Belgique.