30/09/2009

Tournai : l'année 2004 sous la loupe (3)

L'année 2004 sera marquée par de nombreux évènements sur le plan social. Le jeudi 12 février, les Ateliers Louis Carton (ALC) déposent le bilan, 85 ouvriers et 25 employés sont concernés par cet aveu de faillite. Les ALC vendaient leur produits dans la "zone dollars", ils ont souffert ces deux dernières années d'une monnaie européenne forte freinant les exportations. L'entreprise tournaisienne existait depuis le 23 octobre 1874 lorsque Louis Carton avait acheté un terrain à la chaussée d'Antoing et y avait installé un petit atelier de métallurgie. Elle avait occupé jusqu'à 400 ouvriers en 1913. Le vendredi 24 juin, c'est l'imprimerie Campin (ex-imprimerie Desclée), implantée à la rue Barthélémy Frison qui fait aveu de faillite. 35 personnes (28 ouvriers et 7 employés) perdent leur emploi. L'entreprise était active dans le secteur de l'édition du livre (BD, romans, livres scolaires...) mais aussi dans celui des affiches publicitaires. Ses clients se répartissaient entre la France et la Belgique. Vieille maison tournaisienne, la firme Lotigier, spécialisée tout d'abord dans les déménagements nationaux et internationaux et ensuite dans le transport est en faillite, l'annonce est faite au personnel, le jeudi 29 juillet. 15 chauffeurs et 4 employés se retrouvent au chômage. L'entreprise située rue de la Prévoyance, derrière la Plaine des Manoeuvres, existait depuis 1920 et était réputée pour son sérieux tant au niveau local que national ou international. .Autre maison d'édition à connaître des difficultés que chacun espère passagères, la Renaissance du Livre obtient le concordat judiciaire, le mardi 21 septembre, en manque de liquidités, la maison d'édition tournaisienne spécialisée dans le livre luxueux attend un repreneur et dispose désormais d'un délai de six mois pour payer ses fournisseurs. 

En cette année 2004 s'ouvre à Arlon le procès qu'on qualifie "du siècle", celui de Marc Dutroux. Pour la première fois depuis sa libération de la cache de Marcinelle, Sabine Dardenne va se retrouver devant son bourreau. Passée de l'enfance à l'âge adulte, la jeune tournaisienne supportera, sans faillir, le regard de l'odieux personnage et racontera courageusement, par le détail, à la Cour et aux jurés, le calvaire qu'elle avait subi. En cette même année, dans un besoin de se reconstruire et d'exorciser définitivement cette période noire de sa vie, elle décrira ce sordide fait divers dans un livre intitulé "J'avais 12 ans, j'ai pris mon vélo et je suis partie à l'école...".

Pour se changer les idées, oublier la morosité ambiante et l'actualité souvent bien sombre, les Tournaisiens ont toujours la culture et les nombreuses occasions de se distraire. Comme celles qui l'ont précédée, l'année 2004 aura ses points d'orgue au niveau culturel : la Piste aux Espoirs, le festival international de cirque amateur en mars, le Festival du Clown et de la Magie, en mai, les Quatre Cortèges organisés par les Amis de Tournai en juin, la Procession Historique, le deuxième dimanche de septembre, le Festival international de Folklore à la fin du mois de septembre, le Festival international des Imitateurs en novembre, le concert viennois en décembre ... Nous passerons en revue ces évènements culturels dans le prochain article.

12/08/2009

Tournai : l'année 2001 sous la loupe (1)

L'année 2001 débute par une fusion, celle de la Police et de la Gendarmerie, deux corps regroupés sous le vocable de Police Fédérale. Celle-ci fait suite aux évènements de l'année 1996 et à l'affaire Dutroux. On s'est rendu compte, à cette occasion, de la rivalité exacerbée qui régnait entre ces deux corps de forces de l'ordre, chacun allant jusqu'à faire de la rétention d'informations afin de pouvoir être le premier à résoudre les disparitions d'enfants. Attitude puérile d'une hiérarchie qui recherchait plus les honneurs que l'efficacité sur le terrain et qui a, très certainement, abouti à la mort de jeunes victimes innocentes enlevées par un monstre. Cette fusion va entraîner quelques modifications à Tournai. A partir du lundi 15 janvier 2001, les plaintes devront être, désormais, uniquement déposées à l'ancien commissariat de police de la rue de l'Athénée, tandis qu'à la rue de la Citadelle, dans la caserne de l'ancienne gendarmerie, subsisteront le centre de communication et une centaine d'hommes chargés des interventions et de la circulation. Situation transitoire dans l'attente de la construction d'un bâtiment unique qui regroupera l'entièreté des services. Le commissaire Jacques Minne sera désigné pour prendre en main les destinées de ce nouveau corps et aura une mission délicate à mener, l'intégration de deux mentalités différentes, naguère concurrentes. De plus, la population constatera rapidement que si le législateur a pris une bonne mesure en instaurant cette fusion, il ne donna cependant pas à la nouvelle entité des moyens financiers suffisants pour assurer une bonne protection de zones de police parfois démesurées, comme l'est celle de Tournai. Alors que la sécurité devient un argument sans cesse évoqué dans les sondages effectués auprès du citoyen, les gouvernements successifs se montreront sourds aux demandes des communes. Finalement cette fusion tant attendue se révèle une demi-mesure et les policiers sont trop peu nombreux pour exercer toutes les tâches qu'on leur demande de remplir.

La nouvelle Police Fédérale sera confrontée, dès le mercredi 9 février, au blocage de la ville par des centaines de tracteurs. Les agriculteurs en colère ont décidé de bloquer les accès au centre-ville en s'installant aux différents carrefours situés sur les boulevards de ceinture. Alors que cela n'était pas prévu, ils débordent les forces de l'ordre et envahissent les rues de la ville provoquant une immense pagaille. La situation économique n'est pas bonne, les fermiers se plaignent, que dire alors des 18 personnes encore occupées par l'entreprise New Unisac à l'Avenue de Maire. Jadis fleuron de l'industrie tournaisienne, héritière de la firme "le Monobloc" installée à la chaussée de Lille, appelée Unisac alors qu'elle appartenait aux Papeteries de Genval, cette firme spécialisée dans la fabrication de sacs en plastique, ayant fourni de l'emploi à des centaines de personnes, annonce sa fermeture le 30 avril 2001. New Unisac avait été bâtie sur les... cendres de l'entreprise devenue propriété d'un actionnaire allemand et victime, par le plus grand des hasards, de plusieurs incendies successifs qui allaient précipiter sa perte.

Et la série noire devait, hélas, se poursuivre.... Le 10 octobre, les Ateliers Louis Carton annoncent un licenciement collectif de 25 employés sur les douze mois à venir. Pour justifier ceux-ci, la direction de l'entreprise parle de "l'effet Toulouse", l'explosion de l'usine AZF et d'une situation économique cahotique qui s'est installée après les attentats du 11 septembre à New-York, le carnet de commande souffrant de l'incertitude créée au niveau de l'économie mondiale par ces faits récents ! Une autre entreprise, bien connue à Tournai, dépose son bilan, la firme SHS (Soft and Hardware Solution) est en faillite. Fondée en 1988 et tout d'abord établie à la rue d'Espinoy, son développement rapide lui avait permis d'ouvrir une antenne à Mouscron en 1990 et à Ath en 1992. L'entreprise s'était ensuite établie à l'avenue Delmée où se trouvaient ses bureaux et magasins. Elle occupait une dizaine de personnes à temps plein et s'appuyait également sur un réseau de travailleurs indépendants. Spécialisée dans la vente de matériel informatique, la mise en place de logiciels et de programmes spécifiques pour les entreprise, la bureautique et les télécommunications, la société tournaisienne s'adressait aux particuliers, aux professions libérales et aux établissements scolaires. Une concurrence impitoyable a fait perdre de nombreux marchés à la firme SHS qui avait régné durant 13 ans sur ce secteur de pointe... La série des faits divers n'aura rien à envier à celle de l'année précédente, nous en parlerons dans le prochain article !

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30/04/2009

Tournai : l'année 1996 sous la loupe (2)

Sur le plan social, l'année 1996 à Tournai fut encore marquée par de nombreux évènements. Au début du mois de février, on apprend que l'entreprise Unisac, située à l'avenue de Maire, a été revendue pour le franc symbolique à un consultant strasbourgeois, le géant allemand Schoeller s'est débarrassé, le mardi 6 février, de la totalité de ses actions. Le consultant viendra rencontrer les membres du personnel tournaisiens, l'usine occupe encore 140 travailleurs dont une centaine d'ouvriers. Il n'y aura pas de miracle, face au gouffre financier, les banques refusent toute nouvelle ouverture de crédit et le lundi 19 février, la société tournaisienne se voit contrainte de déposer son bilan. Une fois de plus, une entreprise jusqu'alors performante tombée dans le giron d'un grand groupe international n'a pas obtenu le renforcement espéré de ses activités mais, au contraire, a été vidée de sa substantifique moëlle. Dans les mois qui suivirent, des candidats repreneurs se manifesteront mais se heurteront à un véto catégorique de la part de la banque allemande qui veut récupérer l'entièreté du crédit accordé, même une solution de reprise par des anciens cadres de la firme tournaisienne échouera.

Au début du mois de mars, No Télé organise, en direct, à la Maison de la Culture, un débat télévisé sur l'enseignement, alors que celui-ci est en pleine tourmente suite aux propositions de la Ministre de l'Education Nationale, Laurette Onkelinckx. Celle-ci, invitée à y participer, ne se dérobe pas et fait front à la "haie d'honneur" de manifestants assez virulents, la huant copieusement. En juillet, une nouvelle entreprise dépose son bilan, la société Darwin à Orcq, spécialisée dans le préfabriqué. Elle présentait un passif de plusieurs dizaines de millions de francs belges. Durant l'automne, d'autres problèmes vont surgir à Delphy Orcq et aux Ateliers Louis Carton. A la fin du mois d'octobre, les ouvriers de cette dernière usine, située à la chaussée d'Antoing, partent en grève. Le lundi 4 novembre, des négociations entamées entre les représentants du personnel et la direction débouchent sur une convention acceptée à l'unanimité (moins deux abstentions). Le personnel est appelé à consentir un nouvel effort, on évoque une dizaine de licenciements à la place des 46 précédemment annoncés. Les jours de repos compensatoires sont réduits de 17 à 15. Selon la direction, une restructuration était nécessaire en raison de la mauvaise situation économique. ... Dans le prochain article nous évoquerons l'année culturelle 1996 à Tournai.

09:12 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, no tele, unisac, ateliers louis carton |

28/01/2009

Tournai : l'année 1988 sous la loupe (1)

En cette année 1988, la mandature communale, entamée six ans plus tôt, vient à échéance. Le 9 octobre, les Tournaisiens se rendent aux urnes pour élire leurs représentants à la tête de la commune. Trente-neuf sièges sont à pourvoir, le PS (Parti Socialiste) en emporte 18, le PSC (Parti Social Chrétien) 10, le PRL (Parti Réformateur Libéral) 8, Ecolo (les Verts) 2 et le PC (Parti Communiste) un seul. Raoul Van Spitael se succède à lui-même, il entame son troisième mandat depuis 1976 et reconduit l'alliance avec le PRL au grand dam du PSC et de son chef de file, Georges Sénéca.

Ces élections se déroulent au cours d'une année durant laquelle le climat social est plus que morose. Dès les premiers jours de janvier, on apprend que de lourdes menaces pèsent sur l'avenir de la section fonderie des Ateliers Louis Carton. La quinzaine d'hommes occupés dans celle-ci débutent l'année dans l'inquiétude de perdre leur emploi. La direction de l'entreprise se veut néanmoins rassurante se déclarant soucieuse d'éviter les licenciements et souhaitant sauvegarder l'emploi des personnes concernées par la disparition d'une section de l'usine. En février, c'est au tour de l'entreprise de vente par correspondance, "Les Trois Suisses" à Orcq d'annoncer une restructuration concernant 10% du personnel, 84 personnes qui risquent de perdre leur emploi. Si le mois de mars est calme en ce qui concerne les mauvaises nouvelles asur le plan niveau social, avril apporte un nouveau coup dur, la société Dunlop qui a repris les établissements Colmant et Cuvelier, annonce le prochain licenciement de 47 personnes, les effectifs passeront ainsi de 127 à 80 membres du personnel. La société est spécialisée dans la confection de bandes transporteuses pour chantiers miniers. La direction multiplie les contacts afin de ne pas brusquer les choses et c'est finalement au mois de décembre qu'elle annoncera un investissement de 75 millions de francs belges (env. 1,86 million d'Euros) et la perte des 40 emplois. Au sein de l'entreprise, on espère que sacrifice et investissement dégageront l'horizon bien sombre.

Une nouvelle crise sociale se déroule durant le mois de septembre à la société Amil, située sur le zoning de Tournai-Ouest à Orcq. Ce sera la plus dure et la plus dramatique. Les 107 travailleurs (dont 50% de frontaliers français) que compte cette entreprise spécialisée dans la production de jantes en alu de seconde monte, mais qui produisait antérieurement des jantes d'origine (l'affaire ayant périclité suite à la perte de clientèle d'une des plus grands constructeurs français) partent en grève. Depuis la reprise en juin par le groupe italien Ruote O.Z, les conditions de travail se sont rapidement dégradées, les syndicats mettent en avant des problèmes de sécurité, d'hygiène, de de manque de respect envers les travailleurs et une impossibilité de communiquer avec un patron qui vient régulièrement d'Italie sans rencontrer les partenaires sociaux. N'obtenant aucune satisfaction à leurs revendications, les syndicats décident le blocus de l'entreprise le 26 septembre. Indifférente à ces évènements et à leur montée en puissance, la direction d'Amil reste dans sa tour d'ivoire faisant preuve d'arrogance, même vis-à-vis de la presse qui n'obtient que peu ou pas de déclarations de patrons qui semblent vouloir liquider l'affaire au plus vite pour transférer le tout en Italie, but probablement inavoué de leur rachat juste avant les congés.

Signalons encore que de nombreuses petites affaires jusqu'à là rentables (PME, entreprises familiales et même restaurant réputé) sont tombées en faillite durant cette année 1988. C'est dans ce climat social cahotique que, le 26 mai, le roi Bauduin assiste à la séance académique marquant le 75e anniversaire de la Chambre de Commerce et d'Industrie présidée par M. Michel Lemay. De nombreuses personnalités du monde politique et des affaires assistent à cet évènement parmi lesquelles Pierre Mauroy (Secrétaire du PS français et maire de Lille, ancien premier ministre), M. Rousseau, le Préfet du Nord, Arnaud De Cléty, ancien ministre et le patronat tournaisien au grand complet. De beaux discours de la part de professeurs d'université ou de dirigeants d'entreprises se veulent rassurants sur l'avenir économique de notre région. Wait and see... Dans le prochain article, nous consacrerons la rubrique aux faits divers de cette année 1988 à Tournai.

20/01/2009

Tournai : l'année 1987 sous la loupe (2)

Le monde socio-économique tournaisien continue à faire face à la crise. L'année 1987 sera difficile pour la Maison de la Culture de Tournai qui prépare son vingtième anniversaire. Citée en exemple dans le monde culturel, visitée par des délégations du Canada, d'U.R.S.S., des pays de l'Est, de France..., elle voit soudainement son avenir menacé par les nouvelles dispositions gouvernementales. A la fin 1986, le centre culturel tournaisien employait 10 permanents et un mi-temps, 9 cadres spéciaux temporaires (CST), 3 membres du personnel issus du troisième circuit de travail (TCT) et un objecteur de conscience. Les décisions du conseil des Ministres, prisent à Val-Duchesse, risquent de créer des coupes sombres dans cet effectif de 23,5 gestionnaires et animateurs. Elles vont envoyer à la trappe les 9 CST et la fonction occupée par l'objecteur de conscience sera tout simplement supprimée au terme de la période correspondant au service militaire.

Avenir sombre pour le temple tournaisien de la Culture, plus serein par contre pour la société "La Lactilithe", déclarée en faillite à la fin de 1986 mais qui pourrait être reprise par Plasticam, une petite société d'Overijse. Il faut dire que la société de Kain produisait les "sacs-poubelles" pour la Ville de Tournai et occupait 19 ouvriers et employés, elle avait compté jusqu'à 35 membres du personnel. Au mois de septembre, de nouvelles menaces sur l'emploi naissent, une nouvelle restructuration touche les Ateliers Louis Carton, entreprise spécialisée dans la construction de matériel destiné aux industries lourdes (chimie, cimenterie, sidérurgie). Filiale du puissant groupe allemand Krüpp, l'usine occupait environ 400 travailleurs. Elle se voit dans l'obligation de réduire ses coûts d'exploitation de cent millions de FB (2,5 millions d'Euros). C'est la seconde restructuration connue par l'entreprise en moins de trois ans, elle avait déjà perdu 200 travailleurs, cette fois on parle de 49 emplois menacés.

En cette année 1987, le moral des travailleurs tournaisiens est au plus bas, en opposition le nombre de sans emplois alimenté par les travailleurs mis au chômage se maintient à un niveau élevé. Pour terminer sur une note différente l'actualité de cette année 1987, parlons de cet évènement qui eut lieu le 25 novembre à la clinique Notre-Dame de Tournai. A 13h59 exactement est né Jérémy, un garçon de 3 kilos. Dans une maternité, on enregistre plusieurs naissances chaque jour, celle-ci a retenu l'attention car il s'agit de ce qu'on appelait alors le premier "bébé-éprouvette" né à Tournai. Depuis lors, on parle de "fécondation in-vitro", terme plus élégant. Dans le prochain article consacré à cette année 1987, nous ferons notre habituel petit tour dans l'actualité culturelle...