29/10/2007

Tournai : vie quotidienne au XXIe siècle (8)

Pour connaître le programme des films présentés au cinéma, Victor consulte désormais le site Internet. Il est bien loin le temps où pour s'informer des films de la semaine, ses parents François et Zandrine attendaient que les cafetiers installent les affiches à leurs vitrines, bien souvent le vendredi matin, au lendemain de l'hebdomadaire jour de relâche. Le samedi, une voiture munie d'une amplification parcourait alors les rues de la ville pour faire de la "réclame" pour les différentes salles.

Des huit salles de cinéma que comptait Tournai juste après la guerre, il ne reste désormais qu'un seul complexe cinématographique. Seule distraction du week-end, parfois concurrencée par le théâtre, le cinéma faisait recette et les "super-productions" restaient à l'affiche durant des semaines. A cette époque il n'était pas rare de voir des files de spectateurs se formaient une heure avant le début de la séance aux portes des salles, ce fut le cas lors de la projection de grands classiques comme "Les Dix Commandements", "Cléopâtre", "Ben-Hur", "Le Jour le Plus Long" ou encore les films interprétés par Louis de Funes.

Chaque salle avait ses spécificités : les westerns à l'Astra à Saint Brice, les films d'horreur ou d'aventures au Kursaal, sur le Quai des Salines, les films érotiques et le "cinéma de minuit" à la Scala, rue des Maux, les films tout public au Cinéclair (le cinéma des familles) à Notre-Dame Auxiliatrice ou au Forum, rue Blandinoise, les films en rediffusion à l'Eden, rue Frinoise et les grandes premières que se disputaient le cinéma des Variétés, rue du Cygne et le Palace, rue de l'Hôpital Notre-Dame.

La multiplication des distractions, l'apparition des dancings désormais fréquentés du vendredi soir au dimanche matin par une jeunesse avide de bruit et aussi, malheureusement, de sensations "fortes", la généralisation de la télévision sonnèrent peu à peu le glas des salles tournaisiennes qui présentèrent, tour à tour, leur "dernière séance". Le Cinéclair début des années soixante, l'Eden (1962), le Kursaal (1970), l'Astra (1972), la Scala (1976), le Forum qui n'accueille plus que de rares galas cinématographiques dont les bénéfices vont à des oeuvres caritatives, les Variétés en 1993 fermèrent ainsi leurs portes. Le Palace se transforma en Multiscope Palace et remplaça sa grande salle avec parterre et mezzanine par cinq salles permettant de multiplier les programmes hebdomadaires. Mais Hubert et Peter Carpentier, les propriétaires, avaient un autre projet dans leurs cartons, doter Tournai d'un grand complexe cinématographique.

C'est ainsi qu'Imagix est né le 22.11.2005 au cours d'un grand show auquel fut conviée la population tournaisienne. Avec ses 3.000 m2 au sol, ses neufs salles d'une capacité totale de près de 2.500 places, ses 1.100 places de parking faciles d'accès et ses sorties cinématographiques en même temps que les grandes villes belges, Imagix offre un choix important aux cinéphiles tournaisiens. Le complexe a atteint peu à peu sa vitesse de croisière et parviendra probablement à attirer annuellement les 600.000 visiteurs espérés (soit une fréquentation doublée par rapport au cinéma Multiscope Palace). Quel film détronnera à l'avenir les records établis par la projection de "Titanic "(34.000 entrées en 9 semaines) ou "Le Huitième Jour "avec Daniel Auteuil et Pascal Duquenne (21.500 entrées) ? Les paris sont ouverts mais il ne nous étonnerait pas que ce diable d'Harry Potter ou le dynamique "Ratatouille" parviennent à les égaler."

J'préfère el théat'e, avec François, t'mopère, on i alleot al feos, vir "La Fille du Tambour Major", "Andalousie" ou acor "les Mousquetaires au Couvent", là j'éteos bénaisse (heureuse)"" s'exclama Zandrine alors que Victor lui résumait le film "L'invité" qu'il venait d'aller voir, on continuera donc à parler de la vie culturelle à Tournai...

10:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, cinémas, imagix, palace, astra, eden, cineclair, forum, variétés, kursaal |