01/12/2010

Tournai : le bureau de bienfaisance

La notion d'aide sociale est relativement récente, elle est apparue dans le courant du XXe siècle. Par contre les notions de misère, de pauvreté sont aussi vieilles que l'Humanité. Une image est présente à toutes les époques de notre histoire, celle du mendiant, du pauvre qui, allongé sur le sol, tend la main pour obtenir de quoi manger, de quoi tout simplement survivre.

 

A Tournai, c'est la loi du 7 frimaire de l'an V de la République française (27 novembre 1796) et l'arrêté du 11 pluviôse de l'an VI de l'administration municipale qui ont instauré le Bureau de Bienfaisance. Composée de cinq membres, son administration tenait ses pouvoirs du conseil communal. A partir de 1826, les membres seront aidés de commissaires qu'on appelera "maîtres des pauvres". Ceux-ci se répartiront dans chaque paroisse et seront chargés de répartir les secours à domicile.

 

Des subsides sont accordés aux écoles primaires pour la distribution de pain et de vêtements, d'autres le sont pour le traitement du personnel des salles d'asile et l'entretien du mobilier, d'autres encore pour l'octroi de bourses à l'occasion d'un mariage, d'une entrée en religion, du suivi de différentes études, pour des frais de pharmacie, de médecin, d'accouchements, d'allaitements ou d'inhumations. Le rôle du bureau est donc de s'occuper des indigents en les aidant à faire face aux difficultés financières rencontrées lors des évènements de la vie.

 

En 1836, le nombre de bénéficiaires du Bureau de Bienfaisance s'élève à 12.140 individus, ce qui représente pratiquement un tiers de la population tournaisienne de l'époque. Des abus existent déjà, certains considèrent, en effet, cette aide comme une revenu auquel ils ont droit au lieu d'un secours qui leur est accordé. Il faudra même rayé une centaine de personnes qui furent reconnus comme propriétaires de biens.

 

Les revenus du Bureau de Bienfaisance sont importants, ils se gonflent chaque années de dons et de legs. Pour exemple, alors que les revenus du bureau, à son origine, ne dépassaient pas 45.000 francs de l'époque, le compte de 1861 fait apparaître une recette générale de 275.441,96 francs et une dépense de 259.131,13 francs, soit un boni de 16.310,65 francs. De plus, le bureau est propriétaire de 1.316 hectares de terre. Province et commune participent à son financement.

 

C'est un arrêté du 28 septembre 1835 qui a établi les asiles. Sept asiles voient le jour à Tournai, à la rue Claquedent, de Bève, des Croisiers, des Cachets, As-Poids, au faubourg de Lille et au Hameau d'Allain. A cette époque, on voit également fleurir des Fondations, elles sont l'oeuvre de personnes aisées qui, par legs devant notaire, apportent propriété(s) et/ou argent pour soulager la misère en octroyant des lieux de vie pour des veuves, des orphelines, pour accorder des bourses, pour distribuer des revenus mais aussi du pain ou du charbon à des familles nécessiteuses, pour l'achat de vêtements pour les plus démunis.

 

Toutes ces actions ne portaient pas le nom d'actions sociales mais bien de "Charité", dans le sens noble du terme qui est de porter secours à autrui, d'aider celui qui est dans le besoin.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne d'A.F.J. Bozière)

(S.T. décembre 2010)

18:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, bureau de bienfaisance, asiles, hospices, fondations |