18/12/2007

Tournai : le Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu

Durant le XVe siècle, à la fin de la guerre de Cent Ans, la ville de Tournai, jusqu'alors haut lieu de la draperie fut économiquement fort affaiblie. Dans le courant de seconde moitié du siècle, un art nouveau, la tapisserie, allait peu à peu remplacer la draperie. La famille Grenier fut à la base de ce nouvel essor économique et de la renommée des ateliers tournaisiens. Plus d'une centaine de liciers y travaillaient et la production était écoulée dans l'Europe entière, notamment en Angleterre, en France, au Vatican.

Le souvenir de ce passé prestigieux est conservé au Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu situé dans un ancien hôtel de Maître de style néo-classique, oeuvre de l'architecte tournaisien Bruno Renard, à la place Reine Astrid. Il est le siège de collections permanentes et d'expositions temporaires mais aussi un lieu d'activités pour les licières et les restaurateurs d'oeuvres d'art textile. Le musée possède également un centre de recherche et d'expérimentation en art textile contemporain.

Les tapisseries tournaisiennes des XVe et XVIe siècles constituent, bien entendu, les oeuvres maîtresses du musée. Tapisseries extraordinaires dont la couleur et la richesse des matières sont au service de la narration d'exploits de l'époque. Elles sont aussi le témoignage du raffinement d'alors, des us de l'époque, de ses luxueux costumes. En sommeil durant quatre siècle, la tapisserie de haute lisse a fait sa réapparition à Tournai au XXe siècle grâce au groupe Forces Murales après la seconde guerre mondiale, grâce aussi à des créateurs comme Edmond Dubrunfaut, récemment décédé, qui signèrent de magnifiques cartons modernes, riches en couleurs.

Musée relativement récent, il a été inauguré en juin 1990, le Musée de la Tapisserie et des Arts du Tissu offre un panorama évolutif de la tapisserie et du textile en Communauté française. Il est est également le point central de la triennale de la tapisserie qui se tient dans la ville et attire de très nombreux visiteurs étrangers. Mesdames Mol (conservateur) et Pennant (conservateur-adjoint) veillent jalousement sur les collections qui, ces dernières années, ont particulièrement attiré des touristes asiatiques, les 2è et 3è étages de l'immeuble abritent d'ailleurs les services de la Fondation de la Tapisserie.