12/06/2012

Tournai : J-20 pour le Tour.

La 99e édition du Tour de France se déroulera du samedi 30 juin au dimanche 22 juillet 2012, sur une distance de 3.478 km, (inférieure de 805 km par rapport à l'édition de 1966). 

Cadel Evans, le vainqueur de l'édition précédente, et Bradley Wiggins, double vainqueur des deux dernières éditions du Tour du Dauphiné s'imposent comme les deux grands favoris. Les frères Frank et Andy Schleck, fort effacés depuis le début de saison, restent les points d'interrogation, l'italien Vicenzo Nibali a montré des signes inquiétants de méforme lors du dernier Dauphiné (à moins qu'il ne cache son jeu), Jurgen Van Den Broeck devrait apporter des satisfactions aux supporters belges, Pierre Roland et Thomas Voeckler aux passionnés de cyclisme de l'Hexagone. 

Le Tour 2012 débute par un prologue chronométré, disputé individuellement, sur un parcours de 6,4 km dans les rues de Liège. La première étape mènera les coureurs de Liège à Visé (une ville inédite dans la longue série des cités qui ont accueilli le Tour) et, tout comme en 1966, Tournai sera le terme de la seconde étape prenant son départ à Visé, après un périple de 207,5 km (soit 7,5 km de plus que celle de 1966).

L'arrivée se jugera à nouveau sur le boulevard Bara (parkings et infrastructures de la Maison de la Culture et de la salle des Sport CET obligent) mais la fin d'étape n'empruntera pas les mêmes routes qu'en 1966. De Ghislenghien (carrefour avec la route de Soignies) à Tournai (carrefour de Marvis), les coureurs ne quitteront pas la Nationale 7 durant 34 kilomètres. Lors de l'entrée en ville, ils vireront cette fois à droite, passeront devant la gare, au rond-point Imagix prendront la voie de gauche (celle qui longe le Jardin de la Reine), aborderont le boulevard Léopold, après avoir franchi par la gauche le rond'point de l'Europe, sur la bande de circulation venant de la porte de Lille qui vient d'être refaite. A la Porte de Lille, il leur restera environ 300 mètres pour rejoindre la ligne d'arrivée tracée à la hauteur de l'immeuble portant le n°23 (à proximité de la rue Jean Noté)

C'est une étape qualifiée de "plaine" et donc favorable aux sprinters. Une victoire au terme d'un sprint massif devrait donc sourire à des Cavendish, Greipel ou Goss. En l'absence de Tom Boonen, on voit peu de coureurs belges seront capables de rivaliser avec ces maîtres de la discipline.

Comment rejoindre Tournai ?

Les villes de Lille, Mouscron, Courtrai, Bruxelles, Liège, Namur, Charleroi, Mons sont accessibles par autoroutes, Orchies et Valenciennes par des nationales, il ne sera donc pas difficile de rejoindre la cité des cinq clochers. Pourtant, dès le 1er juillet, le stationnement des véhicules, dès 22h00 et ensuite la circulation, dès minuit, seront interdits sur l'entièreté du parcours et sur le site d'arrivée, ASO (Amaury Sport Organisation) y installant ses infrastructures. Le centre-ville restera accessible par les quais : du pays Blanc en venant d'Antoing, des Vicinaux en venant de Kain ou Donat Casterman pour les automobilistes venant de Froyennes. La réouverture à la circulation sur l'itinéraire emprunté par le Tour est prévue, le 2 juillet, à 19h30.

Des parkings réservés au public seront disponibles au quai Donat Casterman, rue Catters, avenue de Maire, au cinéma Imagix en venant par le quai des Vicinaux, à la rue Paul Pastur, rue de la Paix, quai du Luchet d'Antoing, rue Galterie Saint-Jean, rue de la Citadelle et chaussée d'Antoing. Le parc d'activité économique de Tournai-Ouest à Orcq permettra d'accueillir de nombreux véhicules et, dès 10h du matin, des navettes de bus emmèneront les visiteurs à proximité du site d'arrivée, le dernier retour vers Orcq étant prévu à 22h. Le site de la plaine des Manoeuvres sera interdit à toute personne non invitée par l'organisation qui y installera son village V.I.P. et ses infrastructures techniques. 

Des variétés.

Qui dit Tour de France dit grande fête du vélo mais également soirées festives. Un podium de variétés attirera la toute grande foule sur la Grand'Place pour un spectacle qui se terminera vers 21 h.

Les Tournaisiens à Orchies, le 3 juillet.

La candidature commune des villes de Tournai (Belgique) et Orchies (France) a séduit les organisateurs du Tour de France. Un geste hautement symbolique qui démontre la réalité de l'Europe qui se construit lentement. "Ensemble, on est plus fort" ont dit le Bourgmestre de Tournai et le Maire d'Orchies. Orchies accueillera donc, le lendemain 3 juillet, le départ de la caravane du Tour de France. Depuis trois ans, des liens d'amitiés se sont créés entre les deux villes distantes du vingtaine de kilomètres à peine. A ne pas douter que les habitants d'Orchies seront présents à Tournai, le 2 juillet comme les Tournaisiens leur rendront leur visite, le lendemain pour le départ donné à 12h30 de la "cité de la Chicorée" pour Boulogne. Loin de diviser, le Tour de France fédère les régions traversées, la preuve le 2 juillet, à Tournai, où l'arrivée est prévue entre 17h00 et 17h35.

Une anecdote.

Jacqueline, fidèle lectrice de ce blog, m'adresse un mail pour me conter une anecdote qu'elle a vécue lors d'un passage du Tour à Tournai. La description de l'itinéraire qu'elle me fait situe ce passage soit en 1967 lors de l'étape reliant Roubaix à Jambes remportée par le coureur français Roger Pingeon qui sera le vainqueur final à Paris, soit en 1977 lors de l'étape Roubaix-Charleroi remportée par Patrick Sercu, ces deux fois, les coureurs traversaient la ville en passant par la Grand'Place, la rue de la Wallonie, la rue de la Tête d'Or et la rue de Pont (lors du passage de l'étape de 1977, je me rappelle que Patrick Sercu était échappé et que le maillot jaune était alors porté par le coureur allemand Ditriech Thuraü). Dans le cas présent, je pense que ce fait s'est  passé en 1967, le Tour étant disputé, cette année-là, par équipes nationales. Elle m'écrit : "Soudain, un coureur (belge) s'arrêta à ma hauteur dans la rue de la Wallonie, descendit de vélo l'air pas très heureux, me donna sa bicyclette - qu'est-ce que vous voulez que je fasse avec ça lui ai-je dit -, mon amie riait aux larmes, il attendit son mécanicien qui lui passa un autre engin tandis qu'il reprenait le vélo, cadeau malheureusement provisoire, de mes mains". Voilà au moins un coureur qui, sous le coup de la déception, n'a pas jeté sa machine sur le bas-côté de la route comme on le voit parfois faire sur les images de la télé. On ignorera toujours le nom de ce garçon soucieux du matériel qui lui était confié !

Si comme Jacqueline, vous avez des souvenirs de passages du Tour de France dans la ville des cinq clochers, n'hésitez pas à mettre un commentaire.

09:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, tour de france, arrivée, orchies |

11/06/2012

Tournai : J-21 pour le Tour

Le lundi 2 juillet 2012, Tournai accueillera pour la seconde fois une arrivée du Tour de France. La précédente et unique fois que les coureurs du Tour firent escale à Tournai remonte déjà à 46 ans.

Ce jour-là, le 22 juin 1966 !

La 53e édition du Tour de France se déroule du 21 juin au 14 juillet 1966 sur 4.303 kilomètres. Centre-trente concurrents sont au départ de Nancy. Raymond Poulidor est le favori du public français, lui, l'éternel second, détient la toute grande forme. Jacques Anquetil, son rival, dispute, sans le savoir, son dernier Tour, il a emporté l'épreuve à cinq reprises en 1957, 1961, 1962, 1963 et 1964. En 1965, il n'a pas pris le départ d'une Grande Boucle dont le vainqueur final fut le coureur italien Felice Gimondi. 

A cette époque, on entre directement dans le vif du sujet, il n'y a pas encore de prologue chronométré pour attribuer le premier maillot jaune. Les coureurs rejoignent Charleville, terme de la première étape longue de 208,5 km. Peu avant l'entrée à Charleville, l'allemand Rudi Altig, par ailleurs équipier d'Anquetil, se détache et l'emporte avec 47" d'avance sur le peloton dont le sprint est enlevé par Willy Planckaert devant Georges Vandenbergue et Rik Van Looy.

Le 22 juin, les coureurs quittent la capitale des Ardennes pour la cité des cinq clochers, unique intrusion en Belgique, une étape longue de 198 km. 

Les coureurs arrivent par le boulevard du Roi Albert, en très légère montée, empruntent le boulevard Lalaing et descendent le boulevard Bara, après avoir viré à 180° dans le carrefour de la Porte de Lille, ils remontent le même boulevard, le long de la plaine des Manoeuvres, une ligne droite d'environ 400 mètres. Six coureurs se détachent légèrement après le passage de la porte Saint-Martin, Guido Reybroeck de l'équipe Smith l'emporte devant le hollandais Jan Janssen, Edouard Sels, Arie Den Hartog, Harings et l'italien De Pra. Le 7e, le belge Walter Bouquet, à 7 secondes, précède le flandrien Frans Brands à 8 secondes, tandis que le sprint d'un premier groupe de 21 coureurs est enlevé par Willy Planckaert. Au sein de celui-ci on retrouve, le maillot jaune Rudi Altig, Jacques Anquetil, Raymond Poulidor et un certain Lucien Aimar, coureur fort peu connu de la formation du quintuple vainqueur du Tour. 

Certains se souviennent d'un sprint massif, il n'en est rien puisque le peloton termine à 1'18" et certains coureurs concèdent plus de dix minutes. Les deux derniers de l'étape, les italiens Ugo Combo et Manucci finissent 20m 45 sec après le vainqueur. Une chute avait marqué la fin d'étape, Raymond Poulidor, légèrement retardé, avait pu reprendre sa place dans le premier peloton. 

Le lendemain, la foule est présente aux aurores pour assister à l'étape contre la montre par équipe disputée sur un circuit de 20,8 km passant par la village de Saint-Maur. Les rois de cette spécialité sont les hollandais de l'équipe Televizier (Henk Nijdam, Jo De Roo, Gerben Karstens...) qui l'emportent devant les belges de Smith (Guido Reybroeck, Vandenberghe, Frans Brands...), les français de Pelforth-Sauvage-Lejeune (Groussard, Edouard Delberghe, Jan Janssen...), l'équipe Mann-Grundig (Herman Van Springel, Jos Huysmans, Jan Boonen, Walter Bouquet...), Solo-Supéria (Edouard Sels, Rik Van Looy, Willy Derboven, Edgard Sorgeloos...) suivent Kas-Kaskol (Julio Jimenez...), Ford France (Rudi Altig, Jacques Anquetil, Lucien Aimar, Jean Stablinski...), Molteni (De Pra...), Fagor, Mercier-BP (Poulidor, Van Schils...), Filotex (Franco Bitossi), Kamome et Peugeot-BP-Michelin (Ferdinand Bracke, Tom Simpson...). La dernière équipe enregistre un retard de 9min40. Le résultat ne bouleverse pas le classement général puisque cette étape ne comptait que pour le classement par équipe attribuant à l'époque les casquettes jaunes distinctives. 

A 13h, la toute grande foule dit adieu aux Géants de la Route, le départ fictif a lieu sur la Grand'Place, les coureurs traverseront en cortège la ville derrière la voiture du Directeur de course, Jacques Godet et de son assistant Félix Lévitan. Le départ réel est donné à la sortie de la ville, les coureurs rejoignent Dunkerque où, au terme de cette demi-étape longue de 131,5 km, le véloce hollandais Gerben Karstens l'emporte devant Jos Boons et Willy Planckaert à 1 sec. 

Durant deux jours, les Tournaisiens avaient cotoyé les géants de la Route, les champions tels que Rudi Altig, Jacques Anquetil (cinq fois vainqueur), Franco Bitossi, Ferdinand Bracke (futur recordman de l'heure), André Darrigade (ex-champion du monde), Jan Janssen (futur champion du monde), Julio Jimenez, Willy Planckaert (futur maillot vert), Raymond Poulidor, Guido Reybroeck qui deviendra ensuite champion de Belgique, Jean Stablinski (qui fut champion du monde), Tom Simpson (champion du monde en titre, qui trouvera la mort sur les pentes du Mont Ventoux l'année suivante), Herman Van Springel (battu le dernier jour par Jan Janssen lors du Tour 1968). Il avait aussi, le Varois Lucien Aimar qui sera le vainqueur final de cette édition 1966, Johnny Schleck (le père d'Andy et de Frank) et un certain Jan Boonen...

Les souvenirs de l'Optimiste

C'est au cours de l'émission "Lundi Sport" de la RTB que furent connus les détails concernant le  site d'arrivée à Tournai. Grand amateur de cyclisme (il lui est arrivé de brosser les cours à l'Athénée pour ne rien manquer du Trèfle à Quatre Feuilles pour coureurs professionnels, organisé par Jean Leclercq), c'est avec satisfaction qu'il apprit lors de celle-ci que l'arrivée serait jugée face au n°32, là où il habitait à l'époque. Durant les deux jours, il occupa ainsi une place V.I.P. et parvint à se mêler aux coureurs après les arrivées des deux étapes. Sur l'arbre situé en face de chez lui, il avait placé un panneau, confectionné à la hâte, portant la mention "Où Huysmans passe, les grimpeurs trépassent", la photo de ce panneau est parue dans le "Miroir du Cyclisme spécial Tour de France". C'est là qu'il vit qu'il avait oublié un "s" à Huy(s)mans. Quand à Jos Huysmans, il ne parvint pas à suivre les meilleurs dans les étapes de montagne et termina 16e au classement général final, cruelle désillusion qui serait vengée trois ans plus tard par un certain... Eddy Merckx !

La plus grande ovation ne fut pas adressée à un coureur mais bien à Luc Varenne, reporter de la RTB, natif de la cité des cinq clochers, reçu à l'Hôtel de Ville après l'arrivée. Jacques Anquetil fut sans doute celui qui reçut le plus de huées et de sifflets, grand champion, élégant, racé, il n'avait malheureusement aucun charisme et avait toujours refusé de "communier" avec la foule lors de ses victoire se montrant trop distant à l'égard de celle-ci. Le Normand était ainsi fait et la foule se retrouvait mieux en la personne de Raymond Poulidor !

L'Optimiste possédait une bicyclette, une routière hybride puisqu'on y avait placé un guidon de course, un porte-bidon et une selle profilée, (soi-dit en passant, il faut un peu plus que cela pour transformer un honnête pédaleur en coureur cycliste). Il constata au soir de l'étape que celle-ci avait disparu, subissant les remontrances d'une mère qui louait son inconscience vu le monde qui se trouvait sur le boulevard Bara. Mais le vélo n'était pas bien loin, des journalistes italiens l'avaient emprunté pour faire une photo d'un de leurs coureurs. Lequel ? il ne le sut jamais. 

Dans la ville, de jeunes supporters faisaient la chasse aux autographes dans les quelques hôtels où logeaient les coureurs.

Les arrivées d'étape étaient marquées par de grandes fêtes populaires offertes par les sponsors et sur la plaine des Manoeuvres, à hauteur de la propriété Carbonnelle devenue l'ITMA, se dressait le podium d'Europe n°1. Présentés par Harold Kay, animateur de la station périphérique, on vit entre autres André Aubert, imitateur connu à l'époque (le célèbre Don Patillo pour les connaisseurs de spots puiblicitaires), les Haricots Rouges et leur jazz style Nouvelle-Orléans et Annie Cordy. 

(à suivre)