28/11/2012

Tournai :la construction a le vent en poupe !

Avant de céder son fauteuil mayoral, le 3 décembre prochain, le bourgmestre de Tournai a tiré, devant la presse, un bilan des douze années passées à la tête de la cité des cinq clochers. On a notamment appris que son souhait le plus cher était de voir la population de la ville augmenter et il a ainsi cité le chiffre de 72.000 habitants à l'horizon 2020. Pour rappel, on dénombre actuellement un tout petit moins que 70.000 habitants.

Les nouveaux venus, parmi lesquels les Français ne seront certainement pas les moins nombreux, trouveront largement à (bien) se loger puisque des projets immobiliers de qualité fleurissent aux quatre coins de la cité de natale de Clovis. Un notaire m'annonçait dernièrement que dans les quatre prochaines années, environ neuf cents logements seront mis en vente ou en location sur le territoire de la ville.

Deux projets ambitieux viennent de démarrer. L'un se situe entre la rue As-Poids et la place de Lille, l'autre en face du jardin de la Reine. 

Depuis quelques jours, des tracteurs évacuent des tonnes de terre et de gravats de terrains situés à l'arrière de l'église Sainte-Marguerite. On va édifier, en cet endroit, un parking sur deux étages et transformer l'ancien hôtel à l'enseigne des "Armes de Tournai" ainsi que l'ancienne cure en appartements de standing. L'église elle-même vient d'être vendue à un promoteur qui souhaite y aménager là aussi des appartements  avec vue unique sur la cité tout en réservant le rez-de-chaussé à une destination plus culturelle. Espérons qu'au cours de ce chantier ne disparaîtra pas la cartouche "La fuite en Egypte", redécouverte il y a peu de temps et qui avait disparu sous un recouvrement probablement après la seconde guerre mondiale. Les défenseurs du patrimoine tournaisien peuvent, en effet, émettre logiquement certaines craintes car le promoteur n'est autre que celui qui a procédé à la restauration de la façade du 10 rue des Maux, l'ancienne "grange aux dîmes" de l'abbaye de Saint-Martin, au cours du laquelle le sablage a fait disparaître les dorures qui recouvraient les inscriptions des cartouches ainsi que la polychromie qui identifiait les armes de l'abbaye et de l'abbé constructeur. Tout cela probablement, une fois de plus, au nom de la rentabilité financière, ce terme à la mode qui nous a plongé dans la situation économique que nous connaissons ! On n'a pas le droit de gaspiller le riche patrimoine tournaisien conservé par nos ancêtres et de s'ériger en juge de ce qui doit être conservé ou peut disparaître. 

Les Tournaisiens amoureux de leur passé doivent également se presser s'ils veulent garder un souvenir de ce fugace "Casino" dont l'Optimiste vous a déja parlé. Depuis cette semaine, un puissant engin est occupé à attaquer la façade située à l'angle du boulevard Léopold et de l'avenue de Troyes. A la place s'élèvera un bâtiment de trente-trois appartements de très haut standing, au sein d'un écrin de verdure. Le rez-de-chaussée do nouvel immeuble sera occupé par une société de banque-assurance, une fiduciaire et une société immobilière. Une quinzaine d'emplacements de parking seront mis à la disposition de leur clientèle.

Dans la rue des Fougères, proche de la chaussée de Saint-Amand, la phase 1 de la résidence "la Renardière" se termine. Les fondations de la deuxième phase ont débuté. Là aussi quelques dizaines d'appartements confortables seront bientôt mis en vente.

Les appartements érigés sur le domaine de l'ancien Hôpital militaire de Bongnies, à la rue Allard l'Olivier, sont pratiquement terminés, certains ont déjà trouvé preneur.

Au boulevard du roi Albert, à l'emplacement d'une ancienne maison d'accueil pour personnes âgées, une petite résidence est également en construction. 

Dans la rue Jean Cousin, les travaux d'édification d'une importante résidence de plusieur dizaines de logements se poursuivent tandis que sur la plaine des Manoeuvres, face à l'avenue Montgoméry, la première phase de "la Corne Saint-Martin", autre projet de plusieurs dizaines d'appartements ayant la particularité d'être passifs évolue rapidement.

Des demandes de permis de bâtir ont été introduites ces dernières semaines à l'Administration Communale concernant la création d'appartements aux étages de l'ancien immeuble de la "Vierge Noire" à l'angle du piétonnier et de la rue de la Tête d'Or ainsi que pour la transformatione en une trentaine d'appartements de l'ancienne usine Allard sur le quai des Salines. 

On attend le début des travaux de démolition des anciens bâtiments du "Courrier de l'Escaut" situés à l'angle de la rue du Curé Notre-Dame et de l'Hôpital Notre-Dame, appartements de grand confort au pied de la cathédrale, un lieu très prisé par les amoureux de Tournai. 

Le "Centre de Tourisme" sur la place Paul Emile Janson n'en finit pas... d'en finir. Son inauguration a été maintes fois repoussée, il semble, comme nous vous l'avons déjà dit, que ce chantier souffre d'une mauvaise coordination.

La rénovation complète des façades du piétonnier sera probablement terminée pour la Noël. Les puristes constateront qu'on y a fait du beau sans respecter le caractère historique, c'est souvent le danger quand un projet est confié à une firme étrangère qui ne (re)connaît pas le caractère du lieu ou s'en moque éperdument. Sur les pas de porte, des grandes pierres bleues ont été collées sur des trumeaux faussement reconstitués et les corniches à corbeaux ont disparu au profit de corniches d'une grande simplicité. Pratiquement toutes les vitrines ont été ramenées au bord de la voirie créant une uniformité discutable. Le caractère tournaisien des maisons a disparu, probablement au nom d'une rentabilité financière et d'une enveloppe qu'il ne fallait pas dépasser. 

On est toujours sans nouvelle du devenir du chancre que constitue l'ancien cinéma Palace où des appartements devraient se trouver au-dessus d'un rez commercial. Actuellement le terrain vague sert de lieu de stockage pour la firme Galère chargée des travaux de rénovations des rues dans le cadre du projet cathédral. On attend aussi le début de la construction d'un immeuble dans la rue de l'Arbalète à destination de kots pour étudiants. On n'évoque plus de l'installation de l'école Saint-Luc dans le bâtiment des Anciens Prêtres et des Archives de l'Etat à la place de l'Evêché et place Paul Emile Janson. L'affaire suit-elle son cours ou un nouveau rebondissement est-il à prévoir? La direction de l'école des Frères située dans la rue des Choraux, en face d'un des bâtiments pressentis, a démenti par presse interposée que leurs bâtiments étaient à vendre et que Saint-Luc y installerait des auditoires !

Au Becquerelle, l'important chantier de construction du siège d'Ideta, d'une trentaine d'appartements et de deux crèches avance rapidement, les fondations ont été réalisées, le rez-de-chaussée est en cours d'édification, un des bâtiments est déjà totalement sorti de terre. 

A la rue Paul Pastur, l'édification d'appartements se poursuit, le gros-oeuvre se termine. 

A l'avenue de Maire, la construction de l'école "le Petit Colysée" est en cours, les fondations sont terminées, on entame les murs du rez-de-chaussée. 

Un tout nouveau quartier a poussé comme un champignon à Warchin, à proximité de la chaussée de Bruxelles, plusieurs dizaines de maison ont déjà trouvé acquéreur, d'autres sont encore en construction.

Il nous reste à évoquer l'important chantier de rénovation de la cathédrale Notre-Dame entamé depuis déjà une décennie. Après la stabilisation de la tour Brunin et la restauration de la nef romane, voici que se profile une nouvelle phase, celle qui concernera les clochers et le transept. Dans quelques semaines débuteront les travaux de préparation de cette délicate opération puisqu'elle concernera un chantier se déroulant jusqu'à une altitude de 83 mètres. Il y a lieu de poser les échafaudages qui ceintureront l'ensemble, de créer un plancher qui servira de base aux ouvriers, de prévoir les moyens nécessaires pour hisser le matériel tout là-haut, de fermer le tout pour des questions de confort et de sécurité pour les ouvriers. A l'intérieur de l'édifice, on va totalement isoler la nef romane qui sera la seule partie encore accessible pour les visites et les offices. L'entrée du Trésor se fera comme durant la période de fermeture au début des années deux mille par la rue des Chapeliers. La durée de la préparation est d'environ six mois, celle de la rénovation est estimée à plus ou moins six ans. 

(S.T Novembre 2012)