22/12/2007

Tournai : le Musée des Beaux Arts

En 2008, le Musée des Beaux Arts de Tournai, situé à l'Enclos Saint Martin, à deux pas de l'Hôtel de Ville, a soufflé ses quatre-vingt bougies. Pourtant son histoire a commencé bien avant 1928, année de son inauguration.

C'est en effet en 1903 qu'un mécène bruxellois, Henri Van Cutsem, ami du peintre tournaisien Louis Pion, offrit à la ville de Tournai non seulement sa prestigieuse collection de peintures mais également une importante somme d'argent destinée à bâtir un nouveau musée. La ville de Bruxelles avait fait la fine bouche pour accepter ce don. Les plans du musée furent confiés à Victor Horta qui élabora un bâtiment répondant, dans sa disposition et son éclairage, aux exigences de la muséographie du XXe siècle.

Le musée des Beaux Arts de Tournai a été inauguré le 17 juin 1928. La collection Van Cutsem vint donc s'ajouter aux nombreuses peintures anciennes que possédait la Ville. On peut y découvrir des oeuvres des "primitifs", Robert Campin, Roger de la Pasture, Breughel, celles de maîtres des XVIIe et XVIIIe siècle tels Rubens, Jordaens, Watteau et Piat Sauvage. Les impressionnistes sont présents grâce aux tableaux de Monet, Seurat, Van Gogh mais aussi avec deux oeuvres maîtresses "Argenteuil" et "Chez le Père Lathuile" d'Edouard Manet.

Les artistes tournaisiens trouvent tout naturellement place aux cimaises (Louis Pion, Roméo Dumoulin, Leroy). Louis Gallait, le grand peintre romantique tournaisien est présent avec ses tableaux monumentaux dont "la Peste à Tournai", "les Têtes Coupées" ou le "Sacre de Charles Quint".

Dès l'entrée du musée, on est accueilli par une sculpture de Georges Grard intitulée "l'Ode au Soleil". Louis Pion, Serge le Bailly de Thilleghem ont été des conservateurs bénévoles, attentifs et attentionnés des richesses du musée, désormais la ville a opté pour un conservateur professionnel, le premier de l'histoire des musées tournaisiens. Celui-ci devra continuer l'oeuvre entamée par ses prédécesseurs mais probablement aussi entamer un combat pour faire prendre conscience aux responsables qu'un musée doit être l'objet d'un suivi régulier et faire entreprendre des travaux de rénovation nécessaires (hygrométrie, climatisation) afin d'éviter que ses véritables trésors ne souffrent de l'usure du temps (celui qui passe et celui qu'il fait), ennemi des toiles qu'il détend et décontracte au gré des caprices de la météo, craquant la peinture et laissant des cicatrices indélébiles. Encore un musée dont la visite d'impose aux connaisseurs, amateurs de peintures ou de sculpture, aux amoureux de l'Art...