03/04/2013

Tournai : l'ancien bâtiment des Archives de l'Etat.

Situé au pied de la cathédrale, sur la place Paul Emile Janson, le bâtiment qui a abrité le dépôt tournaisien des Archives de l'Etat n'a toujours pas trouvé de destination, trois ans après le déménagement de son ancien occupant vers la rue des Augustins.

Un peu d'Histoire

Le bâtiment ne compte certainement pas parmi les plus anciens de la cité des cinq clochers mais le terrain sur lequel il est érigé a connu de nombreuses modifications et porte en lui un fragment de l'Histoire de la cité. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que la cathédrale Notre-Dame put s'offrir dans son entiéreté à la contemplation des amoureux du patrimoine, avant, elle était entourée de petites maisons basses ne présentant aucun intérêt architectural qui disparurent peu à peu. Déjà, dans le courant du XVIIe siècle, on procéda à la démolition d'une douzaine de ces maisons dans la Lommerie, une voie qui correspond à une partie de l'actuel tracé de la rue des Chapeliers. Rien n'évolua plus durant des décennies et le côté nord de la nef romane restera caché par le cloître qui ceinture le cimetière des chanoines et par l'église paroissiale Notre-Dame accolée au bas côté, érigée en 1516. Il est également important de préciser que, dans l'actuelle rue du Curé Notre-Dame, des bâtiments étaient édifiés jusqu'à la hauteur de l'actuelle rue de l'Hôpital Notre-Dame, face au bâtiment qui abrita le "Courrier de l'Escaut". En 1837, une de ces maisons, située au n°13 de la rue, deviendra l'Hôtel des Postes attenant à l'école Saint-Luc.

En 1896, la régie des Postes souhaite agrandir cet hôtel et la Fabrique d'église Cathédrale cède à l'Etat belge, à cet effet, le terrain situé à l'angle de la rue du Curé Notre-Dame et de la place des Acacias. Face au projet qui souhaite adjoindre à ce nouveau bâtiment, une tour téléphonique visible de la gare, "légère et trop modeste pour offusquer les cheonq clotiers", des voix s'élèvent, on souhaite dégager la vue sur la cathédrale, permettre d'admirer, au maximum, son architecture. Une association présidée par Eugène Justin Soil de Moriamé (1853-1934), magistrat, archéologue et historien, voit le jour le 31 octobre 1900. Auteur de nombreux ouvrages dont le plus connu est "L'habitation tournaisienne du XI au XVIIIe siècle", une bible pour les amoureux du patrimoine architectural tournaisien, celui-ci prône le dégagement complet de l'édifice et l'aménagement des abords de manière réfléchie et appropriée. La pétition que l'association adresse aux différents ministères concernés reçoit un avis favorable et c'est ainsi qu'en 1903, on procède à la démolition du mur de clôture de l'ancienne école Saint-Luc. Pendant quelques temps, il subsistera à cet endroit un terrain vague.

En 1912, la Poste sera transférée provisoirement au Bas-Quartier avant de trouver un nouveau bâtiment, une vingtaine d'années plus tard, à la rue des Chapeliers.

La bibliothèque. 

A cette époque, la bibliothèque qui occupe le premier étage du bâtiment des Anciens Prêtres sur la place de l'Evêché est, de plus en plus, à l'étroit, Adolphe Hocquet, son gestionnaire sollicite un agrandissement auprès des autorités communales. Il est impossible de réaliser ce voeu au sein du bâtiment également occcupé par de nombreux prêtres émérites. La construction d'un nouveau bâtiment doit être envisagée et en 1931, le conseil communal propose de construire une extension sur le jardin lapidaire, un nouveau bâtiment annexé à l'immense salle de lecture existante. Ce n'est qu'en 1937 que débuteront les travaux de construction et l'achèvement définitif aura lieu en novembre 1940, durant l'occupation allemande. L'entrée de la bibliothèque se fait désormais par la place des Acacias, par une porte monumentale située en haut d'un escalier de quelques marches. Au deuxième étage se trouve la jonction avec la salle de lecture, située dans le bâtiment des Anciens Prêtres. 

Alors que des ouvrages ont déjà été transférés dans le bâtiment en voie d'achèvement, les bombardements allemands du 17 mai 1940 vont toucher la nef de la cathédrale, détruire l'église paroissiale qui sera par la suite entièrement rasée, incendier le bâtiments des Anciens Prêtres et faire disparaître en fumée des ouvrages précieux, rares, toute la mémoire de la cité.

A la fin de la guerre, un montant d'un million de francs sera consacré à la réparation de ce nouveau bâtiment et la bibliothèque communale s'installera dans ses nouveaux locaux, en 1948. A une époque où les distractions n'étaient pas celles que nous connaissons actuellement, le prêt de livres remportait, auprès de la population, un franc succès, au point qu'en 1964, les gestionnaires scindèrent les sections pour adultes et pour enfants. La bibliothèque communale restera à cet endroit durant près de 38 ans jusqu'à son déménagement, le 25 avril 1986, vers l'avenue des Frères Rimbaut, dans les nouveaux bâtiments de la Maison de la Culture, fraîchement érigés sur la plaine des Manoeuvres.

Le dépôt des Archives de l'Etat.

Le bâtiment de la place des Acacias, connue désormais sous le nom de place Paul Emile Janson, ne restera pas vide longtemps, un an plus tard, le dépôt des Archives de l'Etat s'y installe. Celui-ci a vu le jour en 1834 et rassemble à l'origine les archives des anciens états du Tournaisis et celles de l'ancien Conseil Provincial de Tournai-Tournaisis, conservées tout d'abord à l'abbaye Saint-Médard et ensuite disséminées dans les greniers et mansardes de l'Hôtel de Ville et du Tribunal civil. Le dépôt a connu de nombreux déménagements, on le trouva à la rue Garnier, dans les bâtiments de l'ancien Mont de Piété à la rue des Carmes, dans l'ancien palais de justice avant d'être supprimé et centralisé à Mons, en raison de l'état déplorable des collections, en 1895.

Les Archives de l'Etat ne reviendront à Tournai qu'en 1964, à nouveau dans la rue des Carmes. Deux ans plus tard, elles seront logées à la rue du Sondart avant d'arriver, en 1987, dans le bâtiment libéré par la bibliothèque communale. Elles y resteront jusqu'à la fin de l'année 2009, moment où elles s'installeront dans les anciens locaux de l'imprimerie Casterman, totalement réaménagés pour les accueillir dans un cadre moderne et fonctionnel.

Quid de l'avenir ?

Ce jour-là, notre bâtiment de la place Paul Emile Janson s'est endormi, indifférent aux bruits provoqués par la rénovation de la nef romane de la cathédrale, inconscient du tumulte provoqué par le projet de tour ultra-moderne qu'on voulait y construire.

Depuis lors, les informations à son sujet ont fusé, certains voulaient y voir s'installer un hôtel 4*** avec salles de séminaires englobant l'Hôtel des Anciens Prêtres lui aussi totalement vide, d'autres jetèrent leur dévolu pour y loger l'école d'architecture Saint-Luc. Des projets qui ont fait long feu en raison de la crise économique, d'un manque de volonté, d'un manque d'argent. On lui voit une nouvelle destination, un centre européen d'évocation des cathédrales, un lieu splendide pour héberger le Trésor de la cathédrale qui mérite des locaux beaucoup plus spacieux que ceux qui existent. Tout cela à un coût et on ne doit pas perdre de vue que la Ville de Tournai est déjà engagée dans des rénovation tous azimuts (cathédrale Notre-Dame, quartier cathédral, nouveau centre de Tourisme, élargissement de l'Escaut et ses conséquences, conservatoire de Musique...), on peut donc estimer que ce n'est donc pas demain la vieille que le bâtiment apportera de l'animation au pied de la cathédrale !   

(sources : étude de Béatrice Pennant parue dans le n° 95 de décembre 2008 de la revue de l'asbl Pasquier Grenier - plaquette éditée par le service presse de la régie des Bâtiments en 2009 lors du déménagement du dépôt des Archives de l'Etat à la rue des Augustins).

S.T. avril 2013. 


03/09/2012

Tournai : les Journées du Patrimoine 2012

Chaque année, de nombreux touristes belges et étrangers visitent la cité des cinq clochers dans le cadre des "Journées du patrimoine". Les samedi 8 et dimanche 9 septembre verront se dérouler la 24e édition de cette heureuse initiative en faveur de la découverte d'un riche passé.

Cette année, ces journées ont pour thème "les grandes figures de Wallonie".

Un programme alléchant, des visites inédites

De nombreux lieux seront à nouveau accessibles au public. 

Outre la visite de sa chapelle de style renaissance, de sa cour du XVIIe siècle, du couloir principal dans lequel le palmares des premiers prix orne les murs, de ses caves où se réfugièrent, lors des bombardements, les élèves et professeurs durant la seconde guerre mondiale..., l'Athénée Royal Jules Bara, à la rue Duquesnoy, vous présentera une exposition à cet homme d'état tournaisien qui lui donne son nom depuis 1979 ainsi qu'aux camps de concentration du XXe siècle. Visite les samedi et dimanche après-midi.

Point de chute pour les touristes venant par le rail, la gare de Tournai, édifice de style néo-renaissance permettra de découvrir celui qui en dessina les plans à la fin du XIXe siècle, le courtraisien Henri Beyaert, un des plus grands architectes belges du XIXe siècle. Les visites ont lieu les samedi et dimanche à 10h et 15h.

Dans le quartier Marvis, le Séminaire de Choiseul, construit entre 1683 et 1692 par Arnould Joseph Thiery, architecte du Roi Louis XIV, présentera une exposition relative à son fondateur, l'évêque Gilbert de Choiseul de Plessis Praslin (1613-1689). Les visites sont programmées les samedi et dimanche à 10h30 et 16h00.

Le public qui le désire pourra également visiter le service des Archives de l'Etat, situé à la rue des Augustins, où seront présentées, au travers des archives, les grandes figures wallonnes régionales : l'écivain Henri Verne, le créateur de Bob Morane qui habita la cité (voir sa biographie sur le présent blog), les patrons tournaisiens Casterman, Meura et Carton, les peintres Edmond Dubrunfaut et Lionel Vinche, les architectes Pierre Petit et André Winance, l'organiste Abel Debourle ou encore les politiciens régionaux comme Pierre Deschamps qui fut Président du Parlement européen ou Jean Delvoye, ancien bourgmestre de Frasnes-les-Anvaing. Les visites ont lieu les samedi et dimanche, le matin et l'après-midi.

Les membres de l'ASBL Pasquier Grenier vous convient à la visite d'un hôtel particulier comme il en existait de très nombreux au XIXe siècle, l'hôtel de la famille Desclée de Maredsous, à la rue Saint-Jacques, au pied de l'église, une demeure de style néogothique. Les renseignements peuvent être obtenus auprès de l'ASBL Pasquier Grenier. La visite a uniquement lieu le samedi 8 à 10h et 14h00.

La cathédrale Notre-Dame vous invite à découvrir deux de ses évêques, figures marquantes de l'histoire du diocèse de Tournai, Monseigneur François Joseph Hirn et Monseigneur Gaspard Labie (dont l'Optimiste vous a déjà parlé). En raison de la Grande Procession du dimanche après-midi, les visites sont uniquement possibles le samedi à 10h30 et 16h00.

En compagnie du conservateur du patrimoine des cimetières tournaisiens, Jacky Legge (voir sa biographie sur le présent blog), le public pourra découvrir l'ultime demeure de personnalités tournaisiennes, cela se passe au cimetière du Sud, une visite de deux heures programmée le samedi 8 à 10h.

Au départ de la Cour d'honneur de l'Hôtel de Ville, l'association des Guides de Tournai vous proposent un circuit pédestre dans les rues de la cité afin de mieux connaître Bruno Renard, l'architecte communal de la transformation de Tournai au XIXe siècle. Cette promenade a lieu le samedi à 15h.

Au départ du square Bonduelle, face à la statue du peintre Louis Gallait, les guides vous convient également à un circuit pédestre vous permettant de découvrir les oeuvres de l'architecte Victor Horta qui dessina les plans du Musée des Beaux-Arts de Tournai. Ces visites ont lieu les samedi et dimanche à 14h et 16h. 

Les Journées du Patrimoine vont permettront de découvrir ou de redécouvrir le musée d'Archéologie, situé à la rue des Carmes qui présente pour l'occasion une rétrospective consacrée au roi Mérivingien Childéric, roi des Francs Saliens, qui avait fait de Tournai la capitale de son royaume. Accessibilité les samedi et dimanche à 10h00 et 17h30.

A la rue des Jésuites, le Séminaire épiscopal vous ouvre ses portes, le samedi après-midi, afin de découvrir les grandes figures qui marquèrent son histoire. 

Depuis 1945, ce lieu n'a jamais été accessible au public, le château de la Marlière à Orcq, propriété de la famille Crombez, a servi de logement à des personnages illustres (Henri VIII, Alexandre Farnèse, Henri Baraillon de Brocard, général d'artillerie du roi Louis XIV...), la visite, sur réservation préalable, aura lieu les samedi et dimanche à 10h30 et 16h, rendez-vous à la chaussée de Lille, face aux usines Trois Suisses. 

A Vaulx, le château César, construit au XIIIe siècle, sur un éperon rocheux dominant l'Escaut, présentera deux figures tournaisiennes Pierre de Melun et son épouse Christine de Lallaing. les visites ont lieu les samedi et dimanche à 10h et 18h.

Voilà un programme copieux qui peut s'articuler autour de la Grande Procession historique qui aura lieu le dimanche 9 septembre à 15h.

Pour la plupart de ces visites, renseignements et inscriptions à l'Office du Tourisme, au pied du beffroi. 

(S.T. septembre 2012)

10/02/2012

Tournai : bel avenir pour la construction.

Si il y a un secteur qui ne risque pas de chômer à Tournai, c'est bien celui de la construction. Dans son émission "Sept jours H.O" du samedi 4 février, No Télé a présenté les nombreux projets immobiliers en cours ou qui verront le jour dans les semaines ou mois à venir.

Déjà un peu partout les grues fleurissent dans le paysage tournaisien, elles marquent l'emplacement de chantiers de construction parfois déjà bien avancés.

Dans quelques semaines, les premiers appartements seront livrés aux nouveaux propriétaires de la résidence l'Olivier sur le site de l'ancien hôpital militaire "quartier major de Bongnie", du côté de la rue Allard l'Olivier. A terme, ce seront 80 appartements qui abriteront environ 250 personnes. 

A la rue des Fougères, à deux pas de la chaussée de Saint-Amand, les travaux de gros oeuvre de la résidence La Renardière sont terminés, la phase des aménagements intérieurs débutent, 52 appartements seront bientôt mis à la disposition des acheteurs.

A la rue Guillaume Charlier, 31 appartements sont en cours de finition. 

A la rue Paul Pastur, on voit monter les murs d'une nouvelle résidence qui comptera 45 appartements moyens.

Des travaux de construction d'une petite résidence de quelques appartements ont débuté au boulevard du Roi Albert.

Dans les rues Robert Campin et de l'Arsenal, la dernière phase de constructions de logements entamée il y a près de trois ans se termine. 

Autre immeuble dont la construction a débuté, celui de la première phase de la réalisation de la Corne Saint-Martin sur la plaine des Manoeuvres, à la chaussée de Douai. A terme, ce seront quatre bâtiments passifs érigés autour d'un espace vert avec plan d'eau qui verront le jour. Une nouvelle offre de 197 appartements à basse consommation d'énergie sera ainsi mise sur le marché immobilier. 

Nous vous avons parlé dernièrement de la démolition de la clinique Saint-Georges, si l'angle formé par le quai et le place sera dévolu à l'édification du siège social de l'intercommunale Ideta, trois crèches et une vingtaine d'appartements de haut standing complèteront l'ensemble immobilier. En plein centre-ville, en bord de fleuve, bénéficiant d'une vue imprenable sur les cinq clochers, il est à parier que il y aura plus de candidats acheteurs que de logements disponibles sur le quai Saint-Brice et à la place du Becquerelle

Pour être complet, signalons qu'un chantier de construction a également débuté à la rue Saint-Brice à l'angle de la rue Pierre Caille, il en est la phase des fondations.

A quelques centaines de mètres, la rue Jean Cousin relie la chaussée de Douai à la chaussée de Willemeau, dans cet endroit calme, à moins de 3 minutes du centre-ville, seront construits prochainement 60 appartements de standing. Le chantier devrait débuter cette année encore. 

Deux bâtiments, autrefois à usage industriel, vont aussi faire l'objet d'une rénovation et d'une transformation en lieux d'habitations. Sur le quai des Salines rénovés en 2011, les anciennes usines Allard ont hébergé un atelier protégé, "les Erables" jusqu'à son déménagement, il y a environ deux ans. A cet endroit viendront s'ajouter 80 appartements. A la rue Barthélémy Frison, c'est sur le site de l'imprimerie Campin qui a cessé ses activités en 2004 qu'on verra, dans quelques temps, la création de 96 logements, d'une galerie d'art et de bureaux. 

A plus longue échéance, on devrait assister à la démolition du Casino (qui abrita aussi, il y a une vingtaine d'année, le dancing le Paradise) et des anciens locaux de la distribution d'eau. A l'avenue de Troyes, dans un parc situé à cette entrée de ville, face au jardin de la Reine, à deux pas du centre de Tournai, on va créer 33 appartements de standing, une localisation qui sera sans nul doute prisée par les amateurs d'espaces verts.   

Il reste aussi le chancre de la rue de l'Hôpital Notre-Dame, là où s'élevait le Multiscope Palace, on vient d'apprendre que trois promoteurs se sont associés pour ériger un ensemble immobilier, sur ce site privilégié, au pied de la cathédrale. Si nos informations sont exactes, là aussi plusieurs dizaines de logements de standing et sociaux (en partenariat avec le Logis Tournaisien) verront le jour, au-dessus de rez-de-chaussé commerciaux. Notons que dans la rue de l'Arbalète, un des trois promoteurs construira des kots pour étudiants. On parle même de la constrcution, en sous-sol, de parkings accessibles aux habitants du quartier. 

Jusqu'à présent si le quartier cathédral fait bien souvent la "Une" des informations en raison des travaux entamés depuis la fin 2009 qui posent énormément de problèmes aux commerçants du quartier, on ne parlait plus beaucoup de l'Hôtel que les édiles voulaient absolument faire construire en transformant la Maison des Anciens Prêtres sur la place de l'Evêché et le bâtiment des Archives de l'Etat. Depuis l'abandon de la tour Michelin, du nom de l'architecte français, concepteur du projet, et le désistement d'un promoteur du Nord de la France, on n'évoquait plus ce projet. Voilà que soudain, la semaine dernière, Saint-Luc a jeté une sorte de pavé dans la mare de la place Paul Emile Janson en proposant le rachat des locaux, pour une somme de 2,550 millions euros, une manne céleste pour la ville et un CPAS à la recherche de fonds. Beaucoup se mirent donc à rêver : on maintiendrait les bâtiments dans leur structure actuelle, on revitaliserait cette place qui a en a bien besoin, on relancerait le commerce de proximité moribond et les kots de la rue de l'Arbalète trouveraient facilement acquéreurs. Toutefois, les autorités communales n'ont pas abandonné l'idée de construction de leur hôtel désormais trois étoiles en cet endroit en demandant même une modification du plan de secteur pour élargir les bâtiments jusqu'à hauteur de la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Que nous réserve l'avenir ?

De même comment évoluera le projet de l'ilôt Cherquefosse à Saint-Piat où Ideta a transformé une partie du plan proposé à l'origine par les habitants du quartier. On parle très peu de celui-ci en ce moment mais cela ne veut pas dire qu'il est abandonné, les phases administratives prennent parfois du temps.

En attendant si le secteur de la construction va pouvoir tourner à plein régime pour la réalisation de tous ces projets et offrir de l'emploi, on peut aussi estimer à plus de 700 appartements neufs qui pourront ainsi accueillir de nouveaux habitants à Tournai. Parmi les acheteurs potentiels, relevons qu'environ 30% de ceux-ci viennent de France attirés par la qualité de vie, le patrimoine, la taille humaine de la cité et la toute grande proximité avec l'Hexagone qu'on peut rejoindre par autoroute en moins d'un quart d'heure. Si tel est le cas, avec environ 2.500 habitants supplémentaires, la population tournaisienne franchirait allègrement le cap des 70.000 habitants !

09/09/2011

Tournai : A la découverte de son (riche) patrimoine.

Dans le cadre des Journées du Patrimoine qui ont pour thème, cette année, "Des Pierres et des Lettres", la ville de Tournai va, une nouvelle fois, révéler son riche patrimoine à ses concitoyens et à ses visiteurs.

Les samedi 10 et dimanche 11 septembre, l'asbl Pasquier Grenier, dont la mission première est la sauvegarde du patrimoine architectural tournaisien, vous emmène dès 9h30, au départ de l'église des Rédemptoristes, au quai Notre-Dame, pour une balade sur les quais de l'Escaut, un fleuve qui a inspiré de nombreux artistes du peintre Edmond Dubrunfaut à l'écrivain Colette Nys-Mazure en passant par Roger Dudant, Damienne Flipo, Kurt Peizer, Alain Winance, Michelle Fourez, Jacques Vilet, Marc Quaghebeur, Pierre Nothomb, Michèle Vilet, Paul André, Michel Voiturier et bien d'autres...

Les Guides de Tournai vous feront découvrir, durant ces deux journées, la cathédrale Notre-Dame, l'église Saint-Jacques, le Séminaire épiscopal, la citadelle, le Musée de Folklore, les vieux quartiers qui bordent l'Escaut mais aussi l'église de Béclers, le château César à Vaulx, le chemin des poètes au Mont Saint-Aubert...

Les Archives de l'Etat, à la rue des Augustins, s'associent au programme de ses deux journées en proposant la découverte d'une partie des archives de l'éditeur Casterman, plus particulièrement "la bande dessinée" qui fit son renom dans le monde entier. Au sein de l'ilot Casterman, rue Claquedent et rue des Soeurs Noires, une équipe de l'institut du Patrimoine Wallon présentera son travail de restauration et de sauvegarde du patrimoine régional, on pourra aussi y admirer la collection de matériel d'imprimerie léguée, en 2009, par la SA Casterman au Patrimoine Wallon (collection visble toute l'année).

Point d'orgue pour les visiteurs, le dimanche après-midi, la sortie de la Grande Procession de Tournai, la plus ancienne de Belgique puisque son origine remonte à 1092. Les plus belles pièces d'orfèvrerie, les plus belles statues et les reliques qui constituent le patrimoine religieux tournaisien seront présentées au travers des rues de la cité. Le départ a lieu à 15h de la place de l'Evêché.

Avec un tel programme, nul doute que les amoureux du patrimoine et les touriste d'un jour ne manqueront pas d'inscrire, ce week-end, Tournai dans leur agenda.