13/07/2016

Tournai : évolution de la ville lors des six dernières décennies.

Tournai dans les années cinquante.

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Comme le montre cette photo prise à la rue de la Wallonie, au début de la première décennie que nous évoquons, la ville se redresse peu à peu de ses ruines et gomme les cicatrices laissées par le second conflit mondial. En 1945, il ne restait pratiquement plus rien des immeubles qui se dressaient fièrement encore onze ans plus tôt. Les bombardements allemands de 1940 et alliés de 1944 ont anéanti des quartiers entiers. Eglises, bâtiments publics et monuments ont également souffert de la barbarie qui a envahi le monde. L'hôtel de Ville est en ruine et les service de l'administration communale ont été provisoirement transférés au Musée des Beaux-Arts. 

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Entre 1950 et 1959, la reconstruction va bon train et la ville retrouve peu à peu son visage d'antan. Durant ces dix années, il faut reconstruire tous les ponts qui enjambent l'Escaut. Un document photographique nous permet de découvrir le Pont-à-Pont (encore parfois appelé, comme jadis, le pont-aux Pommes) dans sa nouvelle structure en 1954.

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En cette même année 1954, les boulevards périphériques vont prendre l'aspect qu'on leur connaît encore actuellement. Les étroites voiries pavées qui ceinturaient jusqu'alors la ville en épousant le parcours de la dernière enceinte démolie dans la seconde partie du dix-neuvième siècle vont être remplacées par de larges avenues asphaltées désormais éclairées par le néon. Au niveau des boulevards Léopold, Bara, Lallaing et du Roi Albert les voies de circulation seront séparées par une voie cyclable centrale. Cette solution apparaîtra de plus en plus dangereuse en raison de l'augmentation de la circulation automobile et des nombreux accidents souvent graves qui se produiront aux différents carrefours. La photo ci-dessus représente la réalisation du rond-point de l'Europe et une vue sur le boulevard Léopold. Sur la gauche, on aperçoit, l'éphémère Casino transformé par la suite en salle de sports, en dancing "le Paradise" et finalement démoli pour faire place à une résidence de standing. 

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La plupart des Tournaisiens ont sans doute oublié qu'en 1956, suite au conflit déclenché par la nationalisation du canal de Suez décrétée par le Président égyptien Nasser, l'approvisionnement en pétrole fut impacté et eut pour conséquence l'établissement des premiers dimanches sans voiture. Sur la photo prise au poste frontière d'Hertain, on remarquera que la Nationale 7, connue sous le nom de chaussée de Lille, était encore pavée.

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Le pont levant Notre-Dame fut un des derniers à être reconstruit, ce n'est qu'à la fin de l'année 1957 qu'il fut ouvert à la circulation.  Il mettait en liaison la rue de l'Hôpital Notre-Dame et la rue Royale.

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Les années cinquante furent glorieuses pour le sport tournaisien, les supporters de l'Union et du Racing connurent des moments euphoriques.  En 1951, les "Infants" de la rue des Sports décrochèrent le titre, après une dernière rencontre palpitante à Alost, et accédèrent à la Division d'Honneur. Pendant une saison, ils allaient être opposés aux plus grands clubs belges. Tandis qu'en 1956, battant le C.S Verviers sur le score de 2-1 lors de la finale, les Rats remportaient la Coupe de Belgique.

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Déjà en 1955, l'excellent joueur tournaisien Jean Dedonder avait été sélectionné en équipe nationale et lors de la rencontre disputée à Courtrai, contre le Luxembourg, il inscrivit la bagatelle de trois buts.

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A la fin de la décennie, une photo de la rue Garnier prise en 1959 montre que, quinze années après la fin de la guerre, la reconstruction de la ville était désormais une réalité.

Nous allions entrer dans les "Golden Sixties"... mais cela est une autre histoire à vous raconter.

(documents photographiques : photo de la rue de la Wallonie transmise par Melle J. Driesens. Autres documents tirés du journal le Courrier de l'Escaut. Je remercie Jean-Paul Foucart pour sa collaboration)

S.T. juillet 2016.

20/05/2008

Tournai : analyse des années cinquantre

Nous venons de terminer la revue des évènements qui se déroulèrent dans la cité des cinq clochers durant les années cinquante et celle-ci nous apporte un éclairage particulier sur la vie à Tournai à cette époque.

Au niveau politique tout d'abord, le clivage "gauche-droite" est nettement marqué même dans la presse locale. Des évènements comme la mort de Staline, la déstalinisation qui a suivi, l'invasion de la Hongrie par les troupes du Pacte de Varsovie sont préjudiciables à un parti qui semble de plus en plus représenter pour l'opinion publique la pensée unique de Moscou. Aussi, lorque le P.S et le P.L s'allient à celui-ci pour faire échec au PSC au lendemain des élections de 1958, on va droit vers d'importantes difficultés au niveau de la gestion de la commune. Cette alliance, que certains n'hésitent pas à proclamer contre nature, sera de courte durée, surtout qu'au même moment, le parti libéral de Mr. René Lefebvre, le ministre régional, a conclu une alliance avec ce même PSC au niveau national.

Au niveau économique, les années cinquante sont celles de la reconstruction d'une ville dont la majeure partie a été rasée par les bombardements allemands de mai 1940 lors de l'invasion de la Belgique et par ceux de 1944 qui précédèrent la libération de notre région. Cette entreprise de longue haleine sera orchestrée et supervisée par un homme, Paul Bonduelle, un architecte qui a à coeur de donner une cohérence à ses projets. Avec lui, "on ne fera pas tout et n'importe quoi" comme on a parfois pris l'habitude de le faire par la suite, laissant les coudées franches à des promoteurs immobiliers plus appâtés par le gain que par l'esthétisme ! On préservera une image harmonieuse de la ville sans pour autant la reconstruire identique à celle d'avant-guerre. Le développement économique de la région est également au centre des préoccupations quotidiennes des gestionnaires de la cité. La reconstruction des ponts se fera en même temps que des projets d'élargissement du fleuve afin de permettre le passage de convois fluviaux plus imposants. La réalisation de la ceinture des boulevards laisse présager de l'importance que prendra la circulation automobile, la création du quartier industriel et du port fluvial démontrent également que Tournai se tourne vers le futur.

Au niveau culturel, la vie reprend également son cours, de grandes expositions sont organisées comme l'exposition Scaldis ou celle qui a lieu durant l'Expo 58. Tournai n'a plus de théâtre et n'a pas encore de salle pour les grandes manifestations commerciales comme les foires et salons. Que cela ne tienne, la vieille Halle-aux-Draps, en partie préservée lors du désastre de 1940, servira à la fois de théâtre, de lieu pour les foire et expositions, de salle pour les banquets officiels. Tous les grands cirques européens font une halte annuelle dans la ville et reçoivent un accueil triomphal de la part de la population. Ce succès présage déjà de ce titre de capitale mondiale du cirque amateur dont pourra s'enorgueillir Tournai à partir des années quatre-vingt avec la création de la "Piste aux Espoirs".

Les clubs de football tournaisiens vivent des heures de gloire, l'Union et le Racing ont accédé en Division 1 même si ce ne fut que pour une saison et les Rats ont remporté la Coupe de Belgique. Les stades attirent chaque semaine des milliers de spectateurs venus acclamer des vedettes locales, formées dans les deux clubs, ce qu'on ne verra plus par la suite, hélas ! 

Dans le domaine de de la sécurité, on peut se réjouir des exploits de la police, de la gendarmerie et de la police judiciaire d'alors. Disposant de peu de moyens, de véhicules peu nombreux et souvent poussifs, ne possédant pas de moyens modernes de communication (informatique, télex, fax, GSM...), avec des policiers effectuant encore des rondes à vélo ou à pied, réglant la circulation aux principaux carrefours, les résultats dans la lutte contre le banditisme et pour garder le calme en ville sont excellents. Combien de crimes ont été rapidement ou patiemment résolus, combien de voleurs ont été mis hors d'état de nuire. Il existait à cette époque une vraie police de proximité, des agents de quartier qui connaissaient tous leurs habitants et qui parcouraient leur secteur quotidiennement, à l'écoute des citoyens, intervenant pour régler les problèmes de voisinages avant que ceux-ci ne dégénèrent. Pourtant ces braves agents devaient aussi faire face à des constats systématques en cas d'accidents de la circulation (le constat à l'amiable n'ayant pas encore été imposé).

Les festivités de l'époque étaient simples, on allait écouter un concert, on fêtait les anniversaires des sociétés, on se rendait au café pour une partie de fer ou de cartes, on se réunissait le soir entre voisins. Les bals étaient animés par des orchestres qui avaient déjà leurs fans et non par des sonos hurlantes aux DJ déjantés qui empêchent désormais le voisinage de dormir lors des nuits de week-end en poussant les baffles au maximum de leur puissance ! Le Roi des Radis à Kain, la salle Provence au Réduit des Sions, chez Dudans étaient les lieux de rendez-vous de ceux qui aimaient danser et fréquenter (on ne disait pas encore flirter, encore moins draguer), à la porte de ces salles, il n'y avait pas encore de "dealers" venus de France pour proposer leur produit de mort.

Pour la population de la ville qui avait connu les atrocités de la guerre, les privations, la misère, tout ce qui se mettait en place alors tenait du rêve, du luxe. La solidarité entre les gens n'était pas un mot vidé de son sens comme désormais. Durant les années cinquante, Tournai se refaisait une beauté pour plaire aux touristes. Déxormais, nous suivrons les évènements qui marquèrent les années soixante à Tournai, les "golden sixties", des années d'espérance en des jours meilleurs qui porteraient en germe, les éléments positifs et négatifs de notre société actuelle...

08:52 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : annees cinquante, economie, securite, politique, festivites, culture |

12/03/2008

Tournai : A la découverte des années cinquante !

A partir de ce jour, nous allons régulièrement nous replonger dans la "petite" histoire tournaisienne, celle qui concerne la période allant des années cinquante à nos jours. Les Tournaisiens les plus âgés ou ceux qui ont quitté notre ville y retrouveront des souvenirs qu'ils pourront dater avec précision, les plus jeunes découvriront l'évolution de leur cité natale bien avant, peut-être, leur naissance, les lecteurs étrangers comprendront, au travers de ce feuilleton hebdomadaire, les combats parfois âpres menés par les dirigeants d'une ville de province ou par les associations de citoyens pour l'affirmer au sein d'une région, pour apporter le confort et la sécurité aux habitants, pour soutenir l'économie locale, pour embellir l'environnement tout en respectant au mieux les héritages du passé, les richesses architecturales, les sites touristiques prisés des visiteurs. L'Optimiste souhaite que le visiteur de ce blog prenne autant de plaisir à la lecture de ces faits que lui en a eu en partant à leur découverte.

Choisir l'année 1950 comme point de départ ne relève pas du simple hasard mais cette option est déterminée par la date de la fin du second conflit mondial, le 8 mai 1945, les quatre années qui suivirent furent celles du ravitaillement, du pansement des blessures encore très vivaces et qui, pour certains, ne cicatriseront jamais, elles furent également celles des premiers relèvements d'une cité rasée et ruinée par cinq années de guerre. 1950, est le point de départ d'un souffle nouveau pour la cité aux cinq clochers. Comme on le constatera on va modeler le paysage, façonner les quartiers, on va commettre des erreurs parfois et surmonter souvent des dissensions pour  donner à la ville, le visage que nous lui connaissons désormais. Notre attention ne se portera pas uniquement sur la reconstruction de la ville, sur le monde politique, sur les querelles qui surgirent à l'occasion mais aussi sur des faits plus anodins qui sont souvent plus révélateurs de la mentalité de l'époque et de son évolution au fil du temps. Grands et petits faits d'alors souvent bien lointains de nos préoccupations actuelles mais encore parfois bien présents dans nos approches face à des transformations. Afin d'observer la plus grande neutralité (gage de crédibilité), nous consulterons successivement les journaux locaux de toutes les tendances car...en ce temps-là... l'actualité journalistique était beaucoup plus orientée à droite ou a gauche que de nos jours et cela vaudra même des joutes mémorables dont nous vous ferons l'écho. Vous avez déjà l'eau à la bouche, nous vous donnons donc rendez-vous dan sle prochain article pour ouvrir cette saga tournaisienne avec le journal daté du 1 janvier 1950 !

13:50 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, annees cinquante |