02/01/2011

Tournai : l'année 1921 sous la loupe.

Après la parenthèse des fêtes de fin d'année, nous reprenons les articles consacrés à l'actualité des "années folles" à Tournai et nous abordons l'année 1921.

De nombreux évènements vont marquer cette année 1922 au niveau international. En France, Landru est condamné à mort, le 1er décembre, reconnu coupable d'avoir assassiné huit femmes, le 27 juillet, le chercheur canadien Frederick Grant découvre l'insuline, le 6 juin, l'auteur Georges Feydeau décède à Rueil Malmaison tandis que le 2 août, un des plus grands ténor, l'italien Enrico Caruso, s'éteint à Naples. En décembre, on notera encore la mort du compositeur Camille Saint-Saëns à Alger.

Si les accidents de la circulation ne sont pas encore très nombreux à l'époque car le parc automobile n'est pas très développé, on notera quand même cette tragédie de la route survenue le dimanche 30 octobre, vers 19h, sur la chaussée de Douai, à hauteur de la briqueterie Bodart. En compagnie d'un ami, un cycliste tournaisien, âgé de 37 ans, revient de Willemeau, un véhicule en provenance de Tournai se déporte vers le bord de la chaussée et semble foncer délibérément sur les deux cyclistes, l'un évitera la collision tandis que l'autre sera projeté dans un fossé. Le malheureux cyclo souffre d'une fracture du crane et succombe rapidement à ses blessures quant à l'automobiliste, il poursuit sa route en direction de la France ! La victime laisse une veuve et deux enfants.

Les faits divers qui marquèrent surtout les années vingt sont les vols. La nuit du 21 au 22 janvier, des individus s'introduisent dans la fabrique de draps Bertouille, rue de l'Ecorcherie et emporte le coffre-fort contenant 750 francs de l'époque et les livres de comptabilité. Le coffre a été transporté au moyen d'une charrette à bras laissée dans la cour de la fabrique, il sera retrouvé, éventré, entre les villages de Ramegnies-Chin et d'Esquelmes. Il était sur le sol, à côté de la charrette, et contenait encore la comptabilité de l'usine, seul l'argent avait disparu. La police ouvre l'enquête et le 28 janvier, une semaine plus tard, trois individus sont arrêtés à Bruges. Deux d'entre eux avaient travaillé à Tournai après la guerre et avaient souvent été envoyés par leur patron pour des courses à la fabrique Bertouille.

En ce même mois de janvier 1921, ce sont les usines Philippart, rue des Moulins, qui sont elles aussi victimes d'un vol. Cette fois les malandrins ne peuvent emporter le coffre et jettent leur dévolu sur une machine à écrire et un appareil téléphonique.

Le vol le plus audacieux a lieu la nuit du 18 au 19 septembre. Une bande de voleurs bien organisés dérobe deux véhicules dans une concession automobile du boulevard Delwart. La valeur de ce vol est estimée à 50.000 francs d'alors. C'est à Bruxelles qu'on retrouve, tout d'abord, la trace des véhicules volés. Le gang est composé d'un Bengalais, d'un Anglais, de deux Bruxellois et d'un... Kainois. Les véhicules sont entreposés chez un garagiste de Deinze à côté d'un autre véhicule, lui aussi probablement volé mais dont on recherche le propriétaire. Tous les membres du gang seront sous les verrous à peine quelques semaines après avoir perpétré ce vol.

Il est remarquable de constater que sans disposer d'Internet, de téléphones mobiles et même automatiques (il fallait passer par une téléphoniste pour obtenir les numéros appelés), de faxs, de véhicules rapides permettant de se déplacer partout en Belgique, de méthodes de recherches sophistiquées, les policiers de l'époque parvenaient à résoudre leurs enquêtes avec un minimum de moyens, en un minimum de temps et... à arrêter les auteurs. C'était il y a presqu'un siècle !

(à suivre)

(sources : presse locale et nationale)

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14/12/2010

Tournai : souvenirs des années folles (4)

Au fur et à mesure que les années passaient, la maison familiale achetée, en 1922, par Louis et Joséphine, les parents de Georges, se transformait. Le confort était encore rudimentaire. La "pièce de devant" comme appelait alors le salon situé en façade était très peu occupée, on y allumait le poêle lorsqu'on avait des invités et bien entendu, le 1er janvier, jour des visites de l'an. Ce jour-là, on préparait les biscuits, les galettes faites la veille dans le gaufrier, on essuyait les verres à goutte, on préparait les liqueurs et... on mettait "chambrer" le vin derrière le foyer. Acte qui doit faire bondir tous les sommeliers qui me lisent ! 

Il n'y avait pas de salle de bain, on se lavait dans une grande bassine d'eau chauffée sur le foyer et les soirs d'hiver quand les fleurs de givre décoraient les fenêtres, une brique, mise au préalable à chauffer dans un des petits compartiments du poêle-crapaud, était enveloppée d'un linge et placée au fond du lit. Plus tard apparut la bouillotte qu'on remplissait d'eau chaude et dont on vérifiait la fermeture du bouchon pour éviter d'inonder les draps.

Dans le courant des années trente, la santé de Georges donna quelques inquiétudes, on le trouvait pâle, il perdait du poids. Un soir, au retour du travail, il alla se coucher sans manger, pris de nausées et de vomissements. Alarmée, Valentine enfila son imperméable et s'en alla chez le Docteur Henri T. qui habitait à quelques minutes à peine de son domicile.

Contrairement à notre époque de surconsommation dans tous les domaines, l'appel au médecin était très rare. On utilisait des traitements connus de chaque famille que l'on qualifierait aujourd'hui de "remèdes de rebouteux" : des tisanes à base de plantes comme la très célèbre tasse de camomille pour se relaxer ou pour digérer, des cataplasmes de farine de lin ou autre pour dégager les voies respiratoires, du lait chaud avec une cuillerée de miel pour adoucir la gorge, des ventouses qu'on appliquait sur le dos et qui étaient sensées "aspirer" le mal et des sangsues pour éviter les "coups de sang" chez les personnes dites trop puissantes. Pour vaincre la toux, la meilleure potion était le "sirop de limace" ! Il n'était pas rare non plus que les personnes âgées placent sous leur lit, attaché au sommier, un petit sac confectionné avec de la toile contenant du savon de Marseille et un marron pour éviter les crampes nocturnes tandis que les enfants étaient fortifiés à l'huile de foie de morue, de sinistre réputation. Chez certains adultes, le meilleur remède pour lutter contre le froid était encore l'bistoule, ce qui était appelé le "café français", un café bien chaud avec une (large) rasade d'alcool, bien souvent du genièvre ou du rhum.

Le Docteur T. était un homme de grande taille, à l'allure massive, une force de la nature qui cachait un coeur d'or et un dévouement inlassable au service des malades. N'ayant eu que quelques rares consultations durant l'après-midi, il interrompit son repas du soir, passa son loden, se couvrit d'un chapeau, empoigna sa serviette et suivit Valentine, tout en l'interrogeant, chemin faisant, sur les symptômes constatés. La description que lui fit l'épouse de Georges l'alarma mais il ne fit rien paraître. Après avoir longuement examiné le malade, il s'avéra que son diagnostic était juste, Georges souffrait de crises d'urémie, une maladie résultant d'une déficience rénale grave, pratiquement incurable à cette époque.

Les crises furent de plus en plus fréquentes, un soir d'avril 1937, Georges devait finalement succomber. Pour faire la toilette du défunt, on fit appel aux Petites Soeurs Servantes des Pauvres qui préparèrent la dépouille pour la veillée funèbre à laquelle étaient conviés la famille mais aussi les voisins et les connaissances. Le corps reposé sur le lit, les mains jointes enserrant un chapelet, une bougie brûlait sur la table de nuit. Au pied du lit, on avait pris soin de placer un vase en cuivre rempli "d'eau bénite", un rameau permettait aux visiteurs de tracer un signe de croix en guise de bénédiction. Une voisine était venue proposer son aide et faisait du café pour offrir aux visiteurs. On avait attaché un crêpe noir à la porte d'entrée de la maison, tradition qui servait à rappeler aux passants qu'une personne y était morte, à la vue de celui-ci le ton de la conversation baissait, bien souvent, en signe de respect pour le défunt et sa famille. Les funérailles furent célébrées trois jours plus tard en l'absence de l'épouse comme le voulait la coutume, après l'office religieux en l'église Sainte-Marguerite, un long cortège suivit le corbillard jusqu'au cimetière du Sud. Comme le voulait la tradition, la veuve prenait le deuil pendant un an, vêtue au début des vêtements noirs et d'une voilette, habits qui prendraient une teinte grise par la suite.

 

Georges avait 38 ans au moment de son décès, Valentine à peine 34 ans, il laissait deux enfants de 12 et 7 ans. En ce printemps 1938, au-delà de notre frontière de l'Est, des bruits de bottes se faisaient entendre tout comme les hurlements et les délires d'un homme en fureur, petit peintre autrichien, un raté adulé des foules teutonnes, dont le rêve était de devenir le maître du monde. Bientôt, avec lui, les "années folles" prendraient fin...

(S.T. décembre 2010)

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13/12/2010

Tournai : souvenirs des années folles (3)

Nous reprenons l'évocation des "années folles" vécues par un famille tournaisienne grâce aux souvenirs de mon arrière-grand-mère.

Il est peu probable que mes grand-parents se laissèrent influencer, au moment de leurs achats, par les "réclames" qu'on trouvait alors à la dernière page des journaux. Les ayant consultés, j'ai ainsi appris que sur la Grand'Place, au numéro 21, tenu par Georges Delrivière, se trouvait "l'Hôtel du Grand Bock", "un restaurant de premier choix offrant des menus du jour, à la carte, le steak frites mais aussi des chambres pour voyageurs. Les cycles Légia, garantis cinq ans, étaient en vente à la maison J. Tranchant, au 29 de la rue du Cygne. C'est chez Lacoste et Fils, une maison fondée en 1858, au Quai Dumon qu'on pouvait acheter un poêle-crapaud, une écrémeuse Normandy ou une pompe agricole. La concurrence entre les marques faisait déjà rage, ainsi dans le courant du mois de janvier 1920, on découvrait une annonce d'un tiers de page libellée comme suit : "Savez-vous que le plus grand ennemi qui ruine la santé des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards est la constipation. Heureusement, il existe les Pilules Rouges, les seules pilules purgatives dont la formule ait été approuvée par l'Académie de Médecine, à l'exclusion de toutes les autres. On vend pour 50 centimes la boîte d'essai de quatre pilules, 1,25 francs les 14 et 2 francs la boîte de 25".

Trois jours plus tard, la même surface de publicité était occupée par "les Pilules de santé Défense, le seul purgatif qu'il faut employer en lieu et place du sel anglais, amer et mauvais à prendre et de l'huile de ricin, sans action sur la bile et ne produisant aucun effet dépuratif" ! Il ne restait qu'aux "Pilules de Vichy" de débuter une campagne qui fit son apparition au début du mois de février.

Par contre, je me souviens qu'au début des années cinquante, on utilisait encore à la maison, pour se protéger du froid, la ouate le Thermogène dont la publicité représentait un diable vert crachant des flammes.

Je me voudrais de terminer cette page de réclames d'alors sans évoquer le "Nouveau London", à base végétale qui était sensé faire disparaître les cheveux gris en peu de jours, tout en fortifiant la chevelure et en ne tachant pas la peau, il était en vente dans les pharmacies, les drogueries, les parfumeries et chez les coiffeurs, ou encore "La Milanaise" que toutes les mères du royaume étaient invitées à utiliser sur la tête de leurs enfants, car ce produit nettoyait, fortifiait, embellisait les cheveux tout en éliminant, lentes, poux, crasses (sic), pélicules et démangeaisons" ! 

 

Georges avait fait l'acquisition de deux gros volumes abondamment illustrés intitulés "La guerre du Droit", des ouvrages qui présentaient la chronologie de la guerre 14-18 avec les cartes superposées qui permettaient de visualiser l'avancée des troupes. A l'âge de onze ans, Suzanne fit sa communion solennelle en l'église Sainte-Marguerite, ce jour-là, les communiantes étaient habillées comme des mariées, avec robe blanche et voile, gants assortis et premier missel pour l'occasion tandis que les garçons étrennaient, bien souvent, le pantalon long et les cheveux gominés. Deux ans de catéchisme avaient préparé au grand évènement et une retraite dans un couvent de religieuses avait occupé les trois jours précédents le dimanche. Sur deux rangs, les garçons d'un côté, les filles de l'autre, cierge à la main montaient vers l'autel sous l'oeil attendri des parents et connaissances. La journée se terminait par un grand repas de famille pour lequel on avait économisé depuis bien longtemps, des agapes interrompues par les Vêpres de l'après-midi. La vie réserve des joies mais aussi des peines cruelles comme nous le verrons dans le prochain article.

(S.T. décembre 2010)

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08/12/2010

Tournai : souvenirs des "années folles" à Tournai !

Les fidèles lecteurs du blog "Visite Virtuelle de Tournai" se rappelleront que nous avions détaillé l'actualité des années de guerre (14-18 et 40-45) et les évènements politiques, sportifs, culturels, les faits divers qui marquèrent la période entre 1946 et 2005. Nous allons prochainement évoquer la vie quotidienne à Tournai durant la période de l'entre-deux guerres qui restera dans l'Histoire comme étant ces des "années folles".

 

Combien de fois, Joséphine, mon arrière-grand-mère maternelle, ne m'en a-t-elle pas conté ses souvenirs, bien souvent au cours des longues soirées d'hiver, juste après le repas, à un moment où la télévision n'avait pas encore fait son apparition au sein de tous les foyers. Je l'écoutais presque religieusement sans avoir conscience qu'elle faisait là un travail de mémoire qui me permettrait aujourd'hui d'aborder ce sujet. L'écouter parler, rire, s'émouvoir à l'évocation de certains faits, de certaine situations me passionnait à un point tel que ma mère devait bien souvent me rappeler à l'ordre pour ne pas oublier l'heure du coucher. Cinquante années plus tard, j'ai remis de l'ordre dans tout ce qu'elle m'a dit et, en guise d'introduction à la chronologie des années vingt et trente à Tournai, je vous livre ce qu'elle m'a légué, hommage et remerciement d'un arrière-petit fils pour ce précieux héritage. Celle qu'on appelait "grand'maman", était pour moi, tout à la fois, Alain Decaux, Pierre Bellemare et Henri Guillemin. De ses longues histoires narrées bien souvent par le détail, j'ai tenté de reconstituer l'atmosphère qui devait régner durant l'entre-deux guerres dans une famille qui habitait à l'ombre des cinq clochers.

 

Faisons d'abord connaissance avec les personnages. Georges a 32 ans, il est comptable au sein d'une importante usine tournaisienne qui compte des centaines d'ouvriers, sa femme, Valentine, de quatre ans sa cadette est une mère au foyer, comme la plupart des épouses de son temps. Ils ont deux enfants, Suzanne née deux ans après leur mariage et Raymond, à peine âgé d'un an. L'union de Georges et Valentine avait été célébrée au début des années vingt.

 

Le mariage, à cette époque, marquait un des sommets de la vie de famille. Les relations entre les garçons et les filles étaient très surveillées, elles étaient basées sur des principes qu'on croyait immuables. On était loin d'imaginer dans les familles qu'elles soient de la bourgeoisie ou du monde ouvrier, une quelconque éducation sexuelle et on était très certainement à des années-lumière de penser que quarante années plus tard, au cours du mois de mai 1968, tous ces beaux et nobles principes allaient voler en éclat, que des tabous seraient brisés, que la liberté sexuelle naîtrait avec ses outrances parfois et ses nombreuses conséquences souvent, que la mariage serait considéré comme superflu, que l'union libre auraient raison des liens indissolubles entre un homme et une femme. 

 

Déjà au sein des écoles, la séparation était de rigueur, la mixité n'existait pas, il y avait encore l'école des garçons et celle des filles et cela était même gravé dans les frontons des écoles communales. Dans certains milieux scolaires, là où deux écoles étaient voisines, l'heure de fin des cours étaient différées de façon à ce que les demoiselles et les jeunes hommes ne fassent pas un bout de chemin ensemble. Décision hautement inimaginable désormais, un célibataire ne rencontrait pas son âme-soeur par hasard. Leurs familles se fréquentaient depuis bien longtemps et un arrangement secret avait été probablement pris à l'insu des tourtereaux. On multipliait alors les occasions de rencontres. Celui en qui on voyait le futur époux pouvait alors passer des moments avec la fille de ses rêves, toujours sous la surveillance discrète d'un chaperon, une amie de la famille, une tante ou une grand'mère, des personnes de confiance qui excellaient dans ce rôle de "gardienne de la Vertu". Les relations sexuelles étaient inimaginables, une grossesse encore moins, car elle serait le déshonneur suprème pour la famille et apporterait une mauvaise réputation sur la fille désignée comme une gourgandine. Ces premiers temps passés, une seconde épreuve attendait le futur marié, demander la main de celle pour qu'il avait un tendre sentiment. Le jour convenu, il passait son plus beau costume trois-pièces, avec un gilet souligné par une chaînette en or réliée à un gousset destiné à recevoir la montre reçue de sa marraine au jour de sa communion solennelle. Muni de ses gants, il rencontrait les membres de sa future belle-famille, après l'avoir écouté, il était d'usage que ceux-ci jouent les étonnés et marquent quelques hésitations bien souvent feintes avant de l'autoriser à "courtiser" leur fille. 

 

Les fiançailles duraient alors de deux à trois ans. Durant ce temps, il arrivait que le garçon doive effectuer son "terme", appellation populaire qui désignait le service militaire. On parlait ensuite de mariage, un grand jour préparé longtemps à l'avance. En secret, la jeune fille réalisait son trousseau et se rendait, en compagnie de sa mère, chez la couturière pour la confection de la robe blanche de mariée, symbôle de pureté. Le jeune homme avait en charge l'achat des alliances, lui aussi serait "rhabillé" et il ne faudrait surtout pas oublier un accessoire indispensable, le canotier, ce couvre-tête popularisé par Maurice Chevalier. La tache des parents étaient beaucoup plus importante, il fallait régler la cérémonie et le repas qui suivrait dans les moindres détails : rencontrer le prêtre qui officierait, faire publier les bans, coutumes désormais abandonnée lorsqu'il y a encore mariage religieux, imprimer les faire-parts, retenir les calèches et louer un maître de cérémonie pour les familles les plus aisées. Le repas de noce se teindrait dans la famille de la jeune épouse. Ayant sorti les costumes et les robes de la naphtaline, les oncles, tantes, cousins et cousines arriveraient de la ville ou du village pour ce jour de réjouissance.

 

Quelques années plus tard, le nouveau foyer s'enrichirait de la venue d'enfants. Rares étaient les gynécologues, tout aussi absent était le suivi médical. L'échographie n'étant pas encore inventée, l'enfant à naître restait une surprise jusqu'au jour de l'accouchement. il se trouvait bien une voisine ou une connaissance de la famille qui proclamait avoir le don de deviner le sexe de l'enfant par observation des attitudes ou des envies de la future mère, mais, il faut bien admettre que le risque d'erreur était de un sur deux, nettement bien mieux que la chance de gagner un gros lot à la loterie ! Lorsque le grand évènement se préparait, la fièvre s'emparait du foyer, les mères étaient appelées à la rescousse, diable elles avaient déjà de l'expérience, le père courait chercher la sage-femme, l'accoucheuse qui ne comptait plus le nombre d'enfants qu'elle avait mis au monde. A son arrivée, Bertha Renaud, la sage-femme souhaitait, en priorité, qu'un bassin d'eau et des linges lui soient rapidement préparés et elle s'empressait de faire sortir le père qui n'avait plus qu'à aller se morfondre dans une pièce vosine à guetter les premiers vagissements qui lui rendraient un peu de calme... ou accéléreraient les battements de son coeur.

 

Ainsi aller la vie au temps des années folles, nous allons nous attacher à suivre cette famille pendant une vingtaine d'année, jusqu'à la veille du second conflit mondial, nous nous attacherons à décrire ses joies et ses peines, à raconter son quotidien, son confort d'alors, ses distractions et nous pourrons ainsi constater que le quotidien des gens a subi une profonde modification en une génération. Au-delà, nous évoquerons l'actualité tournaisienne...

(S.T. décembre 2010)  

18:50 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, années folles, vie de famille |