01/11/2007

Tournai : vie quotidienne au XXIe siècle (11)

Agée de plus de huit siècles, la cathédrale Notre-Dame de Tournai, est une vieille dame respectable qui a besoin d'un sérieux lifting.

Le 13 août 1999, à la fin d'une chaude journée, un violent orage se déchaîna sur la ville accompagné d'une tornade (phénomène rare dans nos régions) qui traversa la cité du sud au nord. Les cinq clochers subirent les assauts de vents violents avant que le tourbillon ne provoque des dégâts considérables dans le quartier situé derrière la gare. Il n'y eut heureusement aucune victime et à voir l'étendue des ravages, ce fut un vrai miracle !

Au lendemain de l'office de l'Assomption, on ferma l'édifice de façon provisoire, estimait-on, pour réaliser un audit des cicatrices infligées au prestigieux bâtiment par cette tempête soudaine. Celles-ci furent relevées minimes comparées aux "désordres" constatés et résultant de la vieillesse de la construction. Ainsi la tour Brunin qui domine la Place Paul Emile Jeanson (aussi appelée par les vieux tournaisiens, place des Acacias) présentait un déport de 80 cm entre sa base et son sommet. Avec le temps et en raison de l'instabilité du sous-sol, elle avait tout simplement pris des allures de Tour de Pise. Eprise de liberté, elle entraînait, dans son besoin de se désolidariser de ces quatre autres soeurs, l'arc de la partie nord du transept et menaçait tout simplement de s'effondrer sur les Archives de l'Etat situées à son pied. La sage décision fut alors prise de fermer immédiatement et pour longtemps la cathédrale et d'entamer, le plus rapidement possible, les travaux de stabilisation de cette tour pas "très bien portante" .

Cela demanda près de cinq ans. Par la technique du Jet Grounting, on injecta du béton, à haute pression, dans les fondations de façon à former plus d'une centaine de pieux qui venaient se fixer directement dans la roche située au sous-sol et apporter une assise nouvelle à la tour chancelante. Par précaution, on l'avait attachée à ses voisines semblant demander à celles-ci de soutenir dans l'adversité leur soeur affaiblie. Chantier surveillé en permanence par un système de monitoring, on constata que le traitement avait été bien choisi et que la partie malade était sauvée.

Entretemps, en l'an 2000, la cathédrale avait son apparition au patrimoine mondial de l'Unesco et en 2003, le 100è évêque de Tournai avait été désigné en la personne de Monseigneur Guy Harpigny. Un chef-d'oeuvre désormais mondialement connu qu'on ne pouvait visiter et un évêque sans cathédrale, cela faisait un peu anormal, aussi la prestigieuse église, ne présentant plus de danger, fut-elle réouverte au culte et aux visiteurs uniquement dans sa partie romane. Depuis lors un bataillon de bénévoles dénommés "Anges Gardiens" veille toute la journée à la sécurité des lieux et de ses visiteurs, tandis que l'Association des Guides de Tournai a retrouvé le plaisir de faire découvrir aux touristes, de plus en plus nombreux, les richesses de ce patrimoine religieux.

Durant le mois d'octobre 2007, en l'Hôtel de Ville, le schéma directeur de la restauration de l'édifice mais aussi de son périmètre culturel qui s'étend de la Grand'Place à l'Escaut a été présenté à la population tournaisienne qui par ses nombreuses et pertinentes questions montra combien ces travaux étaient attendus par elle. Nous vous parlerons de cet important chantier qui devrait occuper le centre de la cité épiscopale durant, au moins, les douze années à venir. Faut-il demander aux "infants de Noter-Dame" de la prier pour que le projet reçoive les subsides nécessaires et puisse être mené à bien car il est à la base de l'importante et nécessaire revitalisation de cette partie de la ville et de la sauvegarde d'un témoignage du riche passé de la cité de Clovis...