08/09/2014

Tournai : une ville sportive ?

La Culture et le plaisir avant le Sport !

Tournai est une ville culturelle, une ville de festivals, est-elle une ville où le sport est roi, où les clubs sportifs font encore sa renommée ? La réponse à cette interrogation amène parfois des surprises.

Le "Ramdam Festival", de janvier, le rendez-vous international du film qui dérange, le "Tournai Jazz Festival" de février, "Les (Rencontres) Inattendues", du mois d'août mêlant musique et philosophie, "MusiCa", le festival de musique organisé en septembre dans la cathédrale Notre-Dame, le "Next festival" de novembre, la bisannuelle "Piste aux Espoirs", la vitrine internationale des arts circassiens en mars, les "Journées du Patrimoine" de septembre, le cycle de découvertes "Exploration du Monde" ou le vaste programme concocté par la Maison de la Culture, voici des rendez-vous qui attirent une foule nombreuse, avide de découvertes. Le public semble avoir déserté les stades et les salles de sport au profit de l'ambiance plus feutrée des théâtres ou des cinémas.

Le "Carnaval" du Laetare, "L'accordéon, moi j'aime" en mai, "Tournai et ses cortèges" et "la fête de la Musique" en juin, "Tournai enchanté" du 21 juillet,  "la Revue du Cabaret Wallon", l'annuel rendez-vous d'octobre, "Les Scènes à Noël" du Créa-Théâtre ou "les Nouvelles de l'Espace", le rendez-vous satyrique de la salle la Fenêtre sont quelques uns parmi les nombreux spectacles élaborés tout au long d'une année permettant aux Tournaisiens d'oublier les mauvaises nouvelles distillées quotidiennement par l'information.

Le football, le parent pauvre ! 

Au début du siècle (il n'est plus tout neuf, il a déjà quatorze ans), les clubs de football de la Royale Union Sportive Tournaisienne (club fondé en 1903) et du Royal Racing Club Tournaisien (un rival naît en 1908) ont fusionné pour donner naissance au Football Club de Tournai, les couleurs "Rouge et Vert" des uns et "Jaune et Noir" des autres ont été remplacées par le "Sang et Or". Au niveau du football local, de l'or, hélas, il n'y en a plus que dans l'évocation des teintes du maillot.

Ce mariage forcé, voulu par le bourgmestre de l'époque, C. Massy, allait exiler la nouvelle entité dans un tout nouveau stade érigé à Kain, aux abords de l'autoroute, au lieu de construire celui-ci sur la plaine des Manœuvres, au cœur même de la cité des cinq clochers. Cette union a fait perdre au football tournaisien de très nombreux supporters, des gens attachés viscéralement à leurs couleurs, des personnes plus âgées qui se rendaient à pied au stade, des hommes et des femmes vivant au rythme des annuels derbies. Ce rapprochement  imposé a fait perdre un élément important du folklore local et il a surtout permis à un des deux clubs, en grande difficulté, de sauver la face et à ses dirigeants de prendre, peu à peu, les rênes du pouvoir dans la nouvelle structure. Il fallait être natif de Tournai pour comprendre l'importance des deux clubs dans le cœur des habitants de la cité. Au cours de leur existence, les deux clubs tournaisiens avaient découvert des talents régionaux qui partirent par la suite faire les beaux jours de clubs plus huppés comme Jean Marie Van Laecke (Charleroi), Julien Ochin, Paul Deneubourg (Crossing), Pierre Crombez (Racing-White), Claude Carbonnelle et Didier Quain (Kortrijk), Patrick Voiturier (Harelbeke) ou lancé des talents étrangers comme Jules Bocande parti ensuite à Seraing, Metz et au PSG.

Au début, cependant, le nouveau club a fait merveille : une rencontre de coupe disputée brillamment contre le prestigieux Sporting Club d'Anderlecht et un tour final des mieux classés de la Division II nationale, l'antichambre de l'élite du football belge. Ce ne fut, hélas, qu'un feu de paille, l'argent, le nerf de la guerre, vint rapidement à manquer, le club rencontra des difficultés financières avec la régie autonome, propriétaire des installations kainoises, les meilleurs joueurs émigrèrent vers d'autres cieux. Les spectateurs commencèrent à déserter les gradins, quelques centaines d'irréductibles les garnissent encore et, lors de certaines rencontres, les visiteurs sont parfois aussi nombreux que les locaux. Il y a eu la chute en division III et, cette saison, après cinq rencontres, le club occupe, seul, une peu enviable dernière place avec le triste bilan de 0 points sur les quinze mis en jeu et un "average "de 3 buts marqués pour 14 encaissés, prouvant sa faiblesse dans tous les secteurs. On ne pourrait faire pire ! Bien sûr dans ces cas-là, on évoque toujours la malchance, mais n'est-ce finalement pas se mentir à soi-même que de sortir, chaque semaine, le même argument. N'est-on pas, tout simplement, trop faible par rapport à l'opposition ? En attendant, les sponsors, une denrée qui devient rare en cette période de crise, se tournent vers d'autres activités sportives susceptibles de faire leur publicité.

Le football tournaisien n'est plus le porte-drapeau de la cité dans le domaine du sport. Il ne ferait plus vibrer ces deux anciens reporters sportifs de notre radio nationale, Luc Varenne (supporter des Rats de l'avenue de Maire) et Georges Malfait (supporter des Infants de la rue des Sports), tous les deux originaires de la cité des cinq clochers.

Le sport cycliste a toujours pignon sur... le pavé tournaisien !

La ville se tourne vers le cyclisme. Les précurseurs du développement de cette discipline ont pour nom Jean Leclercq qui mit sur pied le "Trèfle à Quatre Feuilles," une épreuve qui se déroula de 1968 à 1978 et qui amena la participation des ténors belges ou étrangers de l'époque (Herman Van Springel, Frans Verbeek, Harry Steevens, Jean René Bernaudeau, Eric Leman...), Léon Foucart qui permit à la ville d'obtenir un championnat de Belgique des amateurs remporté par Jean Luc Vandenbrouck et celui des professionnels remporté par Etienne De Wilde. Il y eut l'arrivée d'une étape du Tour de France en 1966 remportée par Guido Reybroeck et en 2012 remportée par Mark Cavendish. Il y a de régulières arrivées du "Tour de Wallonie" et l'annuel terme de la dernière étape du "Tour de l'Eurométropole" (ancien circuit Franco-Belge) cher à Louis Cousaert. Un Tournaisien, André Lurquin a été professionnel de 1984 à 1989 au sein des équipes Tönissteiner et Lotto, participant au Tour de France et champion du monde militaire, dans le contre-la-montre par équipe, en 1982.

Les disciplines sportives qui montent

Ce sont des disciplines considérées comme plus confidentielles, il y a encore quelques décennies qui font, désormais, flotter bien haut les couleur de la cité de Clovis. Le Cercle des Nageurs de Tournai (le C.N.T), de nombreuses fois champion de Belgique de water-polo et vainqueur de la Coupe de Belgique, participe à la coupe d'Europe, le Vautour Tennis Club de Vaulx est à nouveau champion de Division I en interclubs tennis ce week-end. Le Tournai Hockey Club évolue en ligue 1, tout comme l'Estudiantes Handball Club joue lui aussi en première nationale. Il y a les clubs de basket-ball et de volley qui progressent chaque année dans les divisions nationales. Il y a encore Cédric ("Pupuce") Merchez qui évolue dans les plus grands clubs belges et du Nord de la France de Tennis de table et dans, cette même discipline, le club Don Bosco.

Comme on le voit, le football n'est plus la vitrine du sport tournaisien et, s'il continue dans la voie actuelle, il ne risque pas de le redevenir, il ne reste plus au stade Luc Varenne, pour justifier son existence et l'argent englouti, que de se transformer en "mini stade de France" afin d'accueillir des manifestations autres que celles liées au ballon rond.

Dans la rencontre fictive opposant la Culture au Sport, le score actuel est de 1-0 !

(S.T. septembre 2014)  

06/07/2010

Tournai : une ville où le cyclisme est roi (2)

Dans le cadre du passage du Tour de France, ce mardi 6 juillet, dans notre région, nous nous sommes penchés, dans l'article précédent, sur les grandes épreuves cyclistes organisées à Tournai. ... Aujourd'hui, nous évoquerons les noms de ceux qui ont, en qualité de coureurs cyclistes professionnels, attiré l'attention des sportifs régionaux, ont connu leur heure de gloire et possédé de nombreux supporters.

 

Tournai est la capitale de la Wallonie Picarde, cette région située entre France et Flandre qu'on appelait naguère le Hainaut Occidental, chaque ville et village qui la composent ont vu, un jour, au moins un jeune se lançait dans ce sport exigeant qu'est le cyclisme. 

 

La région de Mouscron-Comines a été le berceau de Marc et Serge Seynhaeve et de Bernard Van De Kherkhove, une équipier de Rik Van Looy au sein du team Solo Supéria, qui disputa son premier Tour de France en 1964 et porta le maillot jaune durant trois journées. Il récidiva l'année suivante, dans un Tour qui vit la victoire de l'italien Felice Gimondi, en portant le maillot jaune de Roubaix jusqu'au pied des Pyrénées. Installé désormais à La Panne, il est le directeur de la course par étapes, les Trois Jours de La Panne.  Jean Jacques, Jean Luc et Frank Vandenbroucke ont été les représentants de Ploegsteert, un petit village frontalier à quelques kilomètres d'Armentières. Si Jean Jacques a vite abandonné le vélo pour s'occuper de sa famille, Jean Luc, son frère, et Frank, son fils, ont donné au cyclisme hennuyer ses lettres de noblesse remportant des victoires dans les classiques et épreuves par étapes. On connait, hélas, le destin tragique du plus jeune de la famille...

 

Deux Acren, petit village près de Lessines, a été connu grâce à Claude Criquelion, champion du monde sur route mais aussi vainqueur de nombreuses épreuves et un des meilleurs coureurs régional du Tour de France. Claude Criquelion est devenu échevin dans la commune de Lessines. Son neveu, Sébastien Demarbaix, de Bois-de-Lessines, participa à trois Tour de France sous le maillot de Lotto et d'AG2R. ... Thierry Marichal, originaire de Leuze-en-Hainaut, participa à cinq Tour de France, quatre sous le maillot de l'équipe Lotto et un sous celui de Cofidis. ... Frédéric Amorisson est quant à lui originaire de Basècles, il vient de remporter sa seconde victoire de la saison sous les couleurs du Crédit Agricol Belge (Landbouwkrediet).

 

La cité des cinq clochers a, elle aussi, donné naissance à des "forçats de la route". ... André Lurquin y est né le 27 août 1961. Dans la catégorie des "Amateurs" (requalifiée Espoirs par la suite), il remporta 5 victoires en 1981 (Bernissart, Comines, Velaines, Hollain, Angreau), fut sacré champion du monde militaire en 1982 et décrocha une nouvelle victoire à Hollain. Il s'imposa à trois reprises, l'année suivante à Adinkerke, Roosdaal et Péruwelz, il collectionna également un très grand nombre de places d'honneur. ... En 1984, il devient professionnel et défend les couleur du team Tönisteinner-Lotto. Au cours de cette saison cycliste, on enregistre une 4e place à Beveren-Waregem, une 16e au Grand Prix E3 à Harelbeke, une 28e place au Tour de Belgique, une 34e place au Circuit du Dauphiné et une 67e place à la Flèche Wallonne. ... Il reste fidèle à la même équipe en 1985 et on le retrouvera ainsi 7e du Tour de Belgique, enlevant le maillot du Meilleur Jeune, 8e des Trois Jours de La Panne, 16e du Tour du Limbourg, 39e du Circuit Het Volk, 50e du Tour de Suisse, 73e de Gand-Wevelgem et 123e du Tour de France, une épreuve qu'il termine lors de sa première participation. ... En 1986, passé sous le maillot Lotto, il est 9e de Binche-Tournai-Binche, 34e du Tour de Belgique, 57e de Paris-Roubaix, 60e du Championnat de Belgique, 78e du Critérium International mais il doit abandonner au Tour de France sur chute. ... L'année 1987 ne sera pas des meilleures, André Lurquin est marqué par la malchance, il terminera 18e du Grand Prix de Wallonie et 20e des Quatre Jours de Dunkerque. ... Resté fidèle à Lotto, en 1988, on le voit terminer 3e à Grammont, 23e au Tour du Luxembourg, 31e au Tour de Hollande, 83e au Championnat de Belgique. ... Pour sa dernière année, en 1989, il enrichira son palmarès d'une 4e place à Laigueglia, une 10e au Tour du Haut Var, une 19e à l'Etoile de Béssège, une 62e au Grand Prix de Cholet-Pays de Loire, une 75e au Critérium International. Dans Paris-Nice, il est contraint à l'abandon alors qu'il occupait une 14e place au classement général. ... Ayant mis un terme à sa carrière, André Lurquin est entré, par la suite à la Police Communale de Tournai au sein de la brigade canine. Les Tournaisiens qui ont fait leurs études à l'Athénée Royal se souviennent probablement de son grand'père, préfet des études jusqu'en 1963, un homme qui attachait énormément d'importance à la discipline, une qualité essentielle dont son petit-fils a hérité et qui lui a permis de souffrir sur le vélo.

 

Dans le prochain article, nous parlerons d'autres cyclistes tournaisiens et nous découvriront une autre "tribu", celle des Vermote.

09:32 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cyclisme, tour de france, andre lurquin |

25/03/2009

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (5)

Terminons la rétrospective de l'actualité en cette année 1994 à Tournai. Trois évènements particuliers vont déplacés un très nombreux public. Le samedi 3 septembre, la ville aux cinq clochers fête le 50e anniversaire de sa libération par les troupes anglo-américaines. Un défilé militaire arrivant par la chaussée de Douai et composé de véhicules d'époque reconstitue l'ambiance de ce jour particulier où la première ville belge fut libérée, des milliers de personnes se massent tout au long de l'itinéraire emprunté par celui-ci. Il est également suivi par le Prince Andrew, duc d'York, le Prince Philippe de Belgique, Mme O'Leary, Secrétaire d'Etat américaine représentant le Président Bill Clinton, les généraux Massy pour la Belgique, Maddoy et Jamerson pour les Etats-Unis, Donaldson et Riley pour la Grande-Bretagne ainsi que les ambassadeurs américain et britannique et le conseil communal au grand complet. Ces personnalités déposent une gerbe au pied du beffroi sous la plaque commémorant cet évènement resté gravé dans le coeur des Tournaisiens. Comme au moment de la libération, la fête se poursuit le soir, sur la Grand'Place, avec un podium de variétés animé par Catherine Lara et Gilbert Montagné.

Autre évènement, la création d'un nouveau rendez-vous annuel qui fera, lui aussi, connaître Tournai au-delà de nos frontières. Après le Festival intenational de Folklore, après la Piste aux Espoirs et le rendez-vous d'aérostation, c'est le Festival des Imitateurs, créé à Frasnes-les-Anvaing et soucieux de grandir, qui vient s'installer dans les murs de la Maison de la Culture. La première édition se déroule le samedi 19 novembre et le lauréat en est Berlu, un imitateur dont l'originalité est de raconter une histoire truffée d'imitations. La seconde partie du spectacle est assurée par Popeck qui reçoit une véritable standing-ovation. Le troisième évènement avait eu lieu du 9 au 27 mai, les splendeurs qu'offre la porcelaine tendre tournaisienne s'exposaient en l'auditorium de la BBL sur le Quai Dumon. "Porcelaine de Tournay" attira un nombreux public. Les organismes financiers, encore belges à l'époque, organisaient régulièrement des évènements marquants pour la Ville, forme de mécénat, aujourd'hui, hélas disparu car que représentent encore des petites villes de province pour des conseils d'administration situés désormais à Amsterdam, Paris ou ailleurs en Europe.

La page sportive nous permet de parler de football, de cyclisme et d'athlétisme. Le dimanche 30 avril, à la clôture du championnat de Promotion, le Racing de Tournai termine en 5e position au classement avec 34 points, l'Union est 8e avec trente points. Le titre est enlevé par le Hernis de Gand. L'ancien coureur cycliste professionnel, André Lurquin ayant mis fin à sa carrière sportive pour entrer à la brigade canine de la Police communale, n'en a pas pour autant remisé la bycliclette et devient champion de Belgique cycliste chez les policiers et, le 8 juin, intégré au sein de l'équipe belge dirigée par Lucien Accou, devient également vice-champion d'Europe à Bristol en Grande-Bretagne. La médaille d'or est remportée par un policier autrichien, le podium est complété par un anglais. Le 4 juin, l'édition de la "Lucien Van Impe", une cyclo-sportive, attire 2.583 cyclotouristes venus des quatre coins de l'Europe pour découvrir le sélectif parcours concocté par les Audaxs. Wilfried Iwens boucle les 175 km en 5h03'. Enfin, le dimanche 15 mai, l'équipe masculine de la RUSTA devient championne de Division II (LBFA, Ligue Belge Francophone d'Athlétisme) et accède ainsi à l'élite. Au moment où l'année prend fin, l'Administration Communale présente le plan d'aménagement de la Grand'Place et des rues voisines. Un élément de celui-ci attire l'attention, dans ce projet initial, on songe à déplacer la statue de Christine de Lalaing qui quitterait le centre du forum tournaisien, affaire à suivre....